Dimanche 22 Mars 2009 -- Après la nationalité payante, le gouvernement britannique franchit un nouveau cap en décidant d’une taxe dont les étudiants et les immigrés, originaires de pays se trouvant hors de l’Union européenne, doivent s’acquitter à leur entrée au Royaume-Uni. Cette mesure, annoncée jeudi dernier, vise, selon Hazel Blears, ministre chargée des Communautés, à renflouer les caisses des services publics, comme l’éducation, la santé, l’habitat, la police… dont une partie des fonds sert à la prise en charge et à l’aide des immigrés. Le montant des taxes collectées devrait atteindre 70 millions de livres dans deux ans. “Cet argent devra contribuer à diminuer la pression sur les services publics”, a indiqué Mme Blears. Ce qui n’est pas de l’avis de tout le monde.

S’exprimant sur la valeur de la taxe, Migrationwatch — un organisme chargé de l’analyse du phénomène migratoire — évoque une goutte d’eau dans l’océan. Pour cause, le flux des immigrés coûte 517 millions de livres au gouvernement chaque année. Les frais couvrent l’apprentissage de l’anglais (289 millions). Une subvention de 187 millions est accordée, par ailleurs, aux établissements scolaires qui accueillent beaucoup d’élèves d’origine étrangère (une récente étude a montré qu’un élève sur sept de l’école primaire ne parle pas l’anglais comme une première langue). Enfin, les programmes visant l’intégration des familles immigrées dans leur nouvel environnement social coûtent à l’État environ 17 millions annuellement.

Contestant différemment la décision gouvernementale, l’Institut de recherche sur la politique publique (IPPR) considère que la taxe est de nature à exacerber l’hostilité des Britanniques à l’égard des étrangers, dans la mesure où elle laisse penser que l’installation et le séjour des immigrés rognent sévèrement les fonds publics. Par ailleurs, l’Institut fait remarquer que les arrivants, majoritairement jeunes, travaillent et participent amplement au renflouement des caisses du Trésor public à travers les impôts sur le revenu et les différentes formules de cotisations.

La taxation des migrants intervient au moment où le gouvernement britannique multiplie les mesures pour freiner l’arrivée des étrangers sur son territoire. Le système de l’immigration à points y contribue largement. Il y a quelques jours, Phil Woolas, ministre en charge de l’Immigration, a annoncé le renforcement des contrôles aux frontières pour empêcher l’entrée des clandestins. Selon lui, 19 000 individus ont été refoulés en 2008. Jeudi, la ministre de l’Intérieur Jacquie Smith a inauguré le plus grand centre de rétention de tout le pays. Situé à proximité de l’aéroport de Gatwick, il dispose de 426 places.