Jeudi 25 Mars 2010 -- Mariés depuis deux ans et demi, Christine et Idriss Merouani ne vivent pas ensemble. Le consulat a refusé au mari algérien le visa qui lui permettrait de rejoindre son épouse en France. Le Conseil d'Etat tranchera. Comme tous les couples, chaque soir, Christine et Idriss Merouani parlent de ce qu'ils ont fait pendant la journée. Ils ne le font pas dans la cuisine, en préparant le dîner, ou dans le salon, en se prélassant dans le canapé. Chaque soir, Christine s'installe dans son minuscule bureau, flanqué entre deux murs dans l'entrée de son appartement. Elle allume son ordinateur et sa webcam. C'est ainsi qu'elle discute avec son mari, Idriss, qui vit à Batna, au nord de l'Algérie.
« Je l'assumerai financièrement »
Christine, 44 ans, et Idriss, 36 ans se sont rencontrés en 2004. Ils ont une fille, Lina, 4 ans. Leur mariage, célébré il y a deux ans et demi en Algérie, a été validé par le consulat de France d'Annaba. Christine, maman de quatre grands garçons nés de son premier mariage, a toute sa vie à Alençon. « Depuis que nous sommes mariés, notre objectif est de faire venir mon mari en France. » Mais la demande de visa effectuée par Idriss en novembre 2008, « pour établissement en qualité de conjoint d'une ressortissante française », a été refusée par le consulat : « La préfecture de l'Orne a émis un avis défavorable à votre venue en France, suite à l'enquête préfectorale effectuée dans le cadre de l'étude de votre dossier » dit le courrier reçu en février 2009.
Cette enquête a été réalisée par un policier, au domicile de Christine Merouani, en janvier 2009. Il s'agit alors de vérifier si l'union de l'Alençonnaise et de l'Algérien n'est pas un mariage blanc. « Il m'a posé des questions sur mes sentiments. » Il y a un an, Christine s'est rapprochée de la Cimade (qui aide notamment les étrangers à faire respecter leurs droits) pour faire appel de la décision du consulat. S'il y a soupçon de mariage blanc, « le consulat doit le motiver », explique-t-on à la Cimade. Le recours est resté lettre morte. « Deux mois de silence constituent un rejet implicite. »
Préfecture, mairie et même lettre au président de la République, Christine multiplie les démarches. Le critère des ressources n'est pas retenu pour le rapprochement des conjoints mais l'Alençonnaise estime que le problème est peut-être là. Elle était en congé parental quand l'enquête a été réalisée. Elle suit actuellement une formation pour être assistante de vie. « Mon mari gère les stocks d'une pharmacie en Algérie. S'il vient en France il n'aura plus de travail, c'est sûrement ce qui embête. Mais j'ai de l'argent de côté, je l'assumerai. Idriss ne vient pas vivre sur le dos des Français. »
Son avocat parisien a déposé un pourvoi devant le Conseil d'Etat le 6 janvier 2010 pour s'opposer au refus de visa. « La question que soulève Mme Merouani est sérieuse. A priori, on ne voit pas ce qui peut motiver un refus », explique un collaborateur de Me Foussard. L'avocat ne sait pas quand aura lieu l'audience. Le délai moyen de jugement est d'un an. « Aujourd'hui, on n'a pas d'autres choix que d'attendre. »
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25th March 2010 15:30 #1
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Elle se bat pour faire venir son mari d'Algérie
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27th March 2010 01:19 #2
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Samedi 27 Mars 2010 -- Mariés depuis deux ans et demi, Christine et Idriss Merouani ne vivent pas ensemble. Le consulat français à Annaba a refusé au mari algérien le visa qui lui permettrait de rejoindre son épouse en France. Pour voir son mari, en effet, Christine est obligée de se rendre en Algérie. Elle y reviendra d’ailleurs début avril, a rapporté le quotidien français Ouest France dans son édition de jeudi. Introduisant cette affaire en justice, l’avocat de Christine a déposé un pourvoi devant le Conseil d’Etat le 6 janvier dernier pour s’opposer au refus de visa. «La question que soulève Mme Merouani est sérieuse. A priori, on ne voit pas ce qui peut motiver un refus», explique un collaborateur de Me Foussard. L’avocat ne sait pas quand aura lieu l’audience. Le délai moyen de jugement est d’un an. «Aujourd’hui, on n’a pas d’autres choix que d’attendre», a-t-il signalé.
Préfecture, mairie et même lettre au président de la République, Christine multiplie les démarches. Le critère des ressources n’est pas retenu pour le rapprochement des conjoints mais Mme Merouani estime que le problème est peut-être là. Elle était en congé parental quand l’enquête a été réalisée. Pour ce faire, Christine Merouani suit actuellement une formation pour être assistante de vie. «Mon mari gère les stocks d’une pharmacie en Algérie. S’il vient en France, il n’aura plus de travail, c’est sûrement ce qui embête. Mais j’ai de l’argent de côté, je l’assumerai. Idriss ne viendra pas vivre sur le dos des Français», a-t-elle relevé. Pour se contacter régulièrement, le couple Merouani s’échange la discussion, chaque soir, via un ordinateur et une webcam. C’est le seul contact permanent qui existe depuis que ce couple s’est uni en Algérie, il y a de cela deux ans et demi.
Christine, 44 ans, et Idriss natif de Batna, 36 ans, se sont rencontrés en 2004. Ils ont une fille, Lina, 4 ans. Notons que ce mariage a été validé par le consulat de France d’Annaba. Christine, maman de quatre grands garçons nés de son premier mariage, a toute sa vie à Alençon. «Depuis que nous sommes mariés, notre objectif est de faire venir mon mari en France». Mais la demande de visa effectuée par Idriss en novembre 2008, «pour établissement en qualité de conjoint d’une ressortissante française», a été refusée par le consulat. Et d’expliquer que la préfecture de l’Orne a émis un avis défavorable à la venue en France de son mari Idriss, notamment à la suite de l’enquête préfectorale effectuée dans le cadre de l’étude du dossier de demande de visa réalisée en 2009.







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