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Centre culturel français d’Alger : Des activités variées et accessibles

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  • Centre culturel français d’Alger : Des activités variées et accessibles

    Lundi 19 mars 2007 -- Le Centre culturel français d’Alger organise depuis sa réouverture plusieurs activités culturelles. Des manifestations variées, gratuites et accessibles au public. Demain, par exemple, il invite, à partir de 17h00, le littéraire Waciny Lardj qui animera une conférence débat autour de son dernier ouvrage le Livre de l’émir.

    Né à Tlemcen en 1954, Waciny Laredj a été professeur de littérature moderne à l’université d’Alger jusqu’en 1994. Il vit actuellement à Paris, où il enseigne à l’université Paris-III Sorbonne nouvelle. Il est l’auteur d’une dizaine de romans en langue arabe, dont trois ont été traduits en français : la Gardienne des ombres aux éditions Eden en 2002, le Miroir des aveugles aux éditions Gobas en 1998 et Fleurs d’amandier aux éditions Sindbad/Actes Sud en 2001.

    Il a publié en français un essai, Kabylie : la lumière du sens aux éditions Gobas en 1998. Lors de sa parution en arabe, les Balcons de la mer du Nord a obtenu le prix du roman algérien en 2002. Le Livre de l’émir, paru aux éditions Sinbad Actes Sud, est son dernier ouvrage pour lequel il a obtenu à Alger le prix des libraires 2006.

    Une autre activité est très attendue par les amoureux du 4e art, la représentation théâtrale le dimanche 25 mars à partir de 18h00 de Encore plus demain. Une pièce de théâtre mise en scène par Arno Chéron (Compagnie du désordre) avec Caroline Michel et dont la scénographie est de François Bunel, d’après un texte d’Isabelle Pinçon.

    Après quelques années entre la musique, le théâtre et l’Université de Caen, Arno Chéron intègre la première promotion de l’académie théâtrale du Centre dramatique national du Limousin de 1997 à 1999 où il travaille, notamment, sous la direction de Silviu Purcarete (De Sade), de Fadhel Jaïbi (Grand ménage).

    Il suit des stages dispensés par Carlotta Ikeda, Emilie Valantin, Mladen Materic,... Il jouera ensuite sous la direction de Filip Forgeau et d’Eric Lacascade. Il est également le metteur en scène de Un fils, Encore plus demain et la Révolution.

    Formée au conservatoire des arts dramatiques de Montpellier et à la classe supérieure des arts dramatique de Paris, Caroline Michel a travaillé sous la direction de nombreux metteurs en scène : Christian Benedetti, Serge Sandor, le Lituanien Eimuntas Nekrosius, Stefano Fogher, Roberto Paci Dal, Michel Brusat et récemment sous la direction d’Arnaud Chéron dans Encore plus demain, d’après des poésies d’Isabelle Pinçon pour qui «les auteurs vivants ne sont pas tous morts».

    Elle participe actuellement à la création de Beyrouth Adrenaline mise en scène par Hala Ghosn (Bellac 2006). François Bunel est diplômé des Beaux-Arts de Caen et son activité se partage entre le graphisme, le multimédia, la vidéo et la scénographie.

    Il réalise en outre des catalogues d’artistes et plusieurs scénographies et vidéos pour la Compagnie du désordre. Son prochain projet, en collaboration avec Arno Chéron, l’amènera à réaliser dessins et constructions éphémères à partir du Mystère bouffe de Vladimir Maïakovski.


  • #2

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    • #3
      Mercredi 9 mai 2007 -- Le Centre culturel français d’Alger accueille ce soir à partir de 19 h la représentation de la pièce Moha... le vent des sables. Cette pièce est adaptée et mise en scène par Karim Tayeb, d’après le livre Moha le fou, Moha le sage, de Tahar Ben Jelloun.

      La scénographie est l’œuvre de Baudoin Luquet. Moha est un torrent qu’on n’arrête pas, fou à jamais dans la vision des autres. Du pouvoir, il peut continuer à parler ; personne ne lui prête la moindre attention. Pourtant, ses paroles sont autant de feux d’artifice lancés sur la place publique.

      Alors, il parle, seul ou avec les autres. Moha…. le vent des sables est une création du Théâtre de l’autre. Une compagnie qui œuvre dans cette voie de connaissance et de reconnaissance pour une découverte sensible des mémoires de là-bas et d’ici.

      «L’autre» que l’on regarde mais qu’on ne voit pas, qu’on croise mais qu’on ne touche pas, qu’on entend mais qu’on n’écoute pas ! Ancien élève du Conservatoire national de Lille, Karim Tayeb passe par le théâtre populaire des Flandres, la Rose des vents, le Théâtre de la métaphore Daniel-Mesguich, avant un passage de quatre années à Strasbourg.

      En 1990, il prend alors le parti de travailler sur la francophonie du Sud. Karim Tayeb est à l’origine de plusieurs créations dont la Poudre d’intelligence de Kateb Yacine. Quant à Baudoin Luquet, le scénographe, il est diplômé des arts décoratifs de Paris.

      Il enseigne à l’école d’architecture de Lille et développe une pratique de l’espace par des structures qui évoquent les reliefs constructivistes et les collages modernes. Ceux qui n’ont pas la chance de voir la pièce aujourd’hui pourront toutefois l’apprécier demain au Centre culturel à partir de 19 h.

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      • #4
        Samedi 9 juin 2007 -- La photographe plasticienne Catherine Poncin expose, lundi 11 juin à partir de 18 h, au Centre culturel français d’Alger. Constantine, ville des Ponts, Cirta, cité des mythes sont les thèmes de son travail. Le titre de son expo a ainsi intuitivement été trouvé, en réaction à la sensation de vertige que l’environnement de la ville procura à l’artiste.

        Cependant, la faille géologique du site ne représentait que la face visible de ceux-ci. D’autres vertiges devaient émaner de ces lieux : vertiges physiques, vertiges géographiques, vertiges des corps, vertiges de l’amour ; pour ne former alors plus qu’un : les vertiges de la vie.

        Attirée par cette faille géologique, interpellée par une multitude de visages voilés contenus dans Constantine, Catherine Poncin exprima le désir de les mettre en parallèle. Suite aux diverses rencontres et à l’appel à la population pour dénicher des images de femmes constantinoises, les Constantinois répondirent présents.

        Par le prêt de photographies de femmes dans les rues de Constantine, les Constantinois devinrent partenaires indissociables au projet. Ces images furent ensuite fragmentées par l’artiste, puis associées aux photographies de paysages des gorges du Rummel.

        Du fait de son histoire et de sa géographie, un rapport mythique lie l’environnement naturel, la ville et sa population. Ce lien implicite entre la nature et les Constantinoises se dégage ainsi clairement dans l’élaboration des œuvres réalisées : le rapport sensuel du paysage à la féminité.

        Au fil de ses résidences passées à Constantine, l’artiste rencontre de plus en plus d’habitants de tous âges et de toutes origines sociales. En parallèle à l’exposition, le CCF a donné les moyens à Catherine Poncin de réaliser un livre réunissant les photographies de l’artiste en associant de petits fragments de textes rédigés par des Constantinoises et des Constantinois.

        Cette autre création est éditée par Filigranes Editions et préfacée par Nourredine Saadi, écrivain originaire de Constantine. Chaque extrait de texte symbolise alors l’échange entre la population et l’artiste. Ces textes ont été placés en abyme dans le livre comme l’artiste l’a été dans la ville.

        Au terme de plusieurs heures de filmage, l’artiste a réalisé, en explorant les gorges du Rummel, une vidéo de douze minutes sur les ponts habités de Constantine. Le son du film est composé par les chants du rossignol et de l’ortolan qui annoncent le printemps… Le printemps du malouf.

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        • #5
          Lundi 18 juin 2007 -- Le Centre culturel français d’Alger organise, le 28 juin à partir de 19h30, à la salle Ibn Zeydoun, dans le cadre de juin en fête, un concert de hip-hop intitulé «du rap, mais pas que…» avec le chanteur Rocé. Ce rappeur est né à Bab El-Oued.

          Il est de père argentin et de mère algérienne. Il sera accompagné durant cette soirée par le DJ Sparrow en platines et de Sil Natadine en contrebasse. Rocé est une figure marquante de la scène hip-hop depuis une dizaine d’années. Il dégage des limites imposées par la casquette de rappeur et dit vouloir sortir le rap de l’impasse dans laquelle il s’est enfermé pour le ramener au combat initial, sans nostalgie pour le «bon vieux temps» du rap old school.

          «Le rap prétendait être aussi un combat. Il aurait aujourd’hui des leçons à prendre du free jazz, proche de certains mouvements de libération, et musique libre.» Et l’improvisation dans tout ça ? «Il n’y en a pas du tout dans ce que je fais.

          Je ne parle donc pas de free rap. Je m’associe au free jazz dans le mode de pensée et je laisse mes invités improviser. En aucun cas je n’échange les rôles. Chacun son talent.» Ils déménagent en France quand il est jeune, et il grandit en banlieue parisienne, à Thiais (94).

          Il choisit d’exercer son art sous le pseudonyme de Rocé. Son vrai nom est José Kaminsky. Sa première approche de la musique se fera grâce au violon, qu’il apprend au conservatoire. Après des études de philosophie et de mathématiques, il sort un premier album, Top Départ.

          Très influencé par le free jazz, il mêle une écriture acérée, portée par un flow puissant, à une musique riche en modulation, violente et pourtant mélodique. Il fait ses premières apparitions sur disque en 1996, puis en 1998 en livrant deux maxi-singles chez Chronowax.

          Avec ces deux disques, Rocé reçoit de nombreuses critiques élogieuses de la part du milieu du hip-hop et est repéré par DJ Mehdi qui inclut un de ses titres. En 2002, son 1er album Top départ sort logiquement sur Chronowax. 2 vidéo clips en sont extrait, Changer le monde» et On s’habitue.

          Fin 2005 et début 2006 sort un nouveau maxi comprenant deux nouveaux titres extraits du second album : Appris par cœur et Besoin d’oxygène. Le 9 mai 2006 sort le deuxième album de Rocé Identité en crescendo sur no Format, et est distribué par Universal Jazz.

          Cet album est co-écrit avec Djohar, musicienne, écrivaine, et poétesse. Les cloisonnements musicaux et identitaires sont balayés par cet opus de 13 titres sur lequel on retrouve des collaborations inattendues. Le légendaire Archie Shepp au saxophone, Antoine Paganotti du célèbre groupe Magma à la batterie, Potzi, le guitariste membre de Paris Combo, et Jacques Coursil, talentueux trompettiste sont les invités de cet album que Rocé défend sur scène avec un DJ, DJ Sparow et un contrebassiste membre d’Urban Dance Squad : Syl Matadin.

          L’année 2006 a déjà trouvé l’un de ses albums majeurs. La pochette est tirée d’une peinture de Jay One (BBC).

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          • #6
            Lundi 9 juillet 2007 -- Le Centre culturel français organise aujourd’hui, à partir de 20 h, une projection en plein air du film de Yakov Protozanov intitulé Aelita (la reine de Mars). Selon la critique, Aelita est un jalon important dans l’histoire des films de science-fiction, après les tentatives pionnières d’un Méliès et avant les anticipations percutantes du Metropolis, de Fritz Lang.

            Il contient d’ailleurs des éléments mêlant à la fois le merveilleux et la dimension scientifique. Pour le premier, des costumes martiens quelque peu extravagants et une prégnance de l’onirisme à travers les rêves de l’ingénieur Loss, qui le mettent en contact avec la réalité de Mars ; on pense ici plus à Edgar Rice Burroughs et à son John Carter qu’à Jules Verne.

            Quant au propos scientifique, il apparaît à travers l’architecture martienne, rapidement entrevue, et surtout les travaux du même Loss, désireux d’élaborer un engin spatial capable de se rendre sur la planète rouge de laquelle de mystérieux signaux télégraphiques ont été reçus, même si la source d’énergie nous reste inconnue, et que le voyage proprement dit est très rapidement évacué… Conçu comme un film à gros budget, tourné par le réalisateur russe le plus connu de l’époque, susceptible donc de montrer la force du nouveau régime russe, Aelita commence en URSS, au début des années 1920, période de reconstruction du pays, ruiné par la guerre mondiale et la guerre civile.

            Les deux personnages principaux du film sont un ingénieur, Loss, et sa jeune épouse, Natasha. On suit également en parallèle les itinéraires d’un soldat de l’Armée rouge en convalescence et d’une infirmière qui succombe à son charme.

            Tous ces individus nous sont montrés dans leur quotidien, et se caractérisent bien évidemment, souci d’exemplarité oblige, par une grande honnêteté (les tentatives de corruption à leur égard font systématiquement choux blanc) et un dévouement qui ne l’est pas moins, de Natasha, devenue directrice d’une maison d’enfants, à travers lesquels on devine le sort des orphelins soviétiques, jusqu’à Loss, qui s’investit dans son travail pour oublier ses peines de cœur.

            L’amour est en effet le fil directeur du film, Natasha étant courtisée par un ancien bourgeois, archétype du contre-révolutionnaire qui regrette le passé (avec quelques flash-back de la situation terriblement inégale de l’Ancien régime à l’appui) et se soucie seulement de tirer profit des faiblesses de la nouvelle Russie (les fêtes clandestines en sont un excellent exemple).

            Toute la première partie du film traîne d’ailleurs quelque peu en longueur en se concentrant sur ce progrès du doute dans l’esprit de Loss qui le conduit à s’éloigner de plus en plus de sa femme, jusqu’à commettre l’irréparable… Suit alors la partie la plus science-fictive, qui n’était présente jusque là que par les rêves de la planète Mars.

            L’expédition spatiale est finalement montée, et y participent, outre Loss, le militaire en mal d’action et le policier lancé à sa recherche, qui constituera d’ailleurs l’élément comique, d’autant qu’il tentera de demander l’aide des forces de l’ordre martiennes.

            La population martienne est en effet séparée en deux classes distinctes, celle des Aînés, qui domine sans travailler, et celle des ouvriers, confinés dans le sous-sol de la planète (on pense bien sûr à la métaphore de Wells dans La machine à explorer le temps).

            Aelita, la reine de Mars privée de son pouvoir par les hommes de sa classe, voit dans Loss non seulement un amour exotique, mais également un moyen de prendre le pas sur la domination exclusivement masculine.

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            • #7
              Mercredi 29 aout 2007 -- Du jeudi 6 septembre au jeudi 4 octobre, l’artiste plasticien Yazid Oulab organise dans les jardins du centre culturel français d’Alger une exposition intitulée Le radeau de l’innocence. Cette œuvre est inspirée de la Croisade des enfants, en juin 1212, qui, arrivés à Marseille, survivants de cet immense pèlerinage, espéraient voir le miracle qui allait ouvrir les eaux de la Méditerranée.

              Mais il ne se produisit guère. Néanmoins, ils ne considérèrent pas leur «guide» Étienne comme un charlatan et continuèrent leur prière. Après quelques jours d’attente, entre désespoir et malheur, deux commerçants de Marseille proposaient leur aide aux pèlerins : ils sont prêts à affréter sept bateaux pour atteindre la terre sainte.

              Comme Hugues Ferreus et Guillaume de Posqueres possédaient des sièges commerciaux à Acre, leur propre flotte étant en bonne réputation à Marseille, les marchands gagnaient la confiance d’Étienne et de ses partisans qui interprétaient cette promesse comme un signe envoyé par Dieu.

              À la fin du mois d’août, les bateaux se dirigaient avec 7000 croisés à bord vers Jérusalem. Mais les deux commerçants n’avaient pas l’intention de les amener jusqu’à la terre sainte ; ils ont prévu une autre destination. Arrivés en pleine mer, les jeunes croisés étaient enfermés dans les cales par les marins qui s’avérèrent être des marchands d’esclaves… «Tout mon travail est une réflexion politique sur la mémoire tronquée de l’Algérie, dont le passé culturel et philosophique est occulté, comme si tout avait commencé avec la guerre d’Algérie.

              Je veux montrer que d’autres racines nous nourissent», avait déclaré il y a quelques années Yazid Oulab. Né en 1958 à Constantine, diplômé de l’Ecole des beaux-arts d’Alger et de l’Ecole d’art de Luminy à Marseille, il vit et travaille à Marseille depuis 1988.

              Le plasticien, qui recourt volontiers à l’installation, au dessin, à la sculpture et à la vidéo, chante également à ses heures perdues. Ses nouvelles créations reviennent aux thèmes «du lien et de la transmission». Yazid Oulab expose depuis 1983.

              Des œuvres de l’artiste ont été acquises par le Musée national d’art moderne, le Centre Georges-Pompidou, le Fonds national d’art contemporain en France. La galerie Eric-Dupont en France, où il avait exposé il y a quelques années, avait écrit dans un communiqué de presse ce qui suit : «D’aucuns pourraient enclaver l’univers de Yazid Oulab dans un discours par trop spirituel.

              Mais si le soufisme, qu’il étudie assidûment, se révèle être sa principale source d’inspiration, cette mystique ne constitue pourtant qu’un des axes d’analyse de son vocabulaire formel. Yazid Oulab capte la poétique soufie. Mais, sans s’y apesantir, il déplace celle-ci dans des travaux d’une étourdissante polysémie.

              Il est regrettable que nous ne puissions évoquer l’ensemble des clés de lecture de son œuvre. Attardons-nous cependant sur la thématique de l’élève, métaphore centrale de son exposition.» Les dessins des stylites urbains sont dédiés aux ascètes qui s’exilaient au sommet d’une colonne pour mieux contempler l’œuvre de Dieu.

              La verticalité de l’édifice rappelle la graphie du premier mot que le divin révéla au Prophète. La lettre alif est la première lettre, en arabe, du mot «lis». Alifs tridimensionnels, les clous de bois exposés matérialisent également cette force descendant des cieux pour dicter sa parole et instruire les hommes.

              Il est amusant de rapprocher les Annonciations de Lorenzetti ou de Fra Angelico, dans lesquelles la descente de l’esprit sain est symbolisée par une colonne séparant Marie de l’ange Gabriel, et l’initiation du Prophète, chez Yazid Oulab, laquelle se voit aussi représentée par une colonne.

              Le clou est l’une des formes récurrentes de l’exposition. Loin de n’être qu’un équivalent spirituel à la tour du stylite, ce signe fait référence au travail d’ouvrier en bâtiment dévolu aux Maghrébins immigrés — l’artiste ayant lui-même exercé ce métier à son arrivée en France.

              Dans l’imaginaire de Yazid Oulab, le clou est encore l’outil qui permet de lier une culture à une autre, la française à l’algérienne. Petits clous taillés dans la craie, carreau d’ardoise métonymique du tableau noir des salles de classe : Oulab évoque ici les cours de français de son enfance.

              La craie plaque les connaissances au tableau et le clou les fait pénétrer dans l’esprit. Ces œuvres au contenu pluriel convergent vers la figure du novice : il s’agit tantôt de l’Algérien plongé dans un nouveau biotope, élève acquérant les connaissances qui lui permettront d’y vivre, et tantôt du Prophète, disciple de son Dieu qui lui enseigne.

              Yazid Oulab questionne la saturation vibratoire du vide et des objets. Dans Résonances, l’artiste place de petits personnages en méditation dans les nœuds d’un tronc d’arbre. Ces méditants constituent diverses communautés religieuses : chrétiennes, bouddhistes… Les nœuds du bois sont assimilés aux rayonnements vibratoires liant les êtres entre eux.

              Pour l’artiste, la vacuité est saturée de ce qui nous connecte. A l’instar du vide de Résonances, les colonnes des stylites urbains et les clous de bois sont des alifs symboliquement chargés d’énergie spirituelle. L’univers d’Oulab est empreint de violence : prégnance de formes agressives, symboles de pénétrations psychiques ou sexuelles, clous, pointes… Dans Peau de mouton, un couteau, ustensile sacrificiel, est reproduit dans la peau de l’animal sacrifié.

              Par ailleurs, l’objet évoque ses propres antonymes : la chaleur de la laine s’oppose à la froideur de l’acier, la douceur de la peau au tranchant de la lame. Le mouton, animal symbolisant la candeur, prend ici une forme menaçante. «Tu ne feras point d’image.» Conformément à cet interdit, les Orientaux ont délaissé l’icône au profit de la poésie et de la calligraphie.

              Dans Poème, l’artiste imagine une poésie bédouine traduite en langage des signes. Celle-ci est sous-titrée phonétiquement. Son esthétique noire et blanche dérive des calligraphies arabes. Poème se veut l’équivalent visuel des poésies soufies.

              Conçues comme des paraboles, celles-ci font appel aux symboles, mais le sens profond du texte échappe à l’assistance. Elles mettent donc en place un décollement du signifiant et du signifié que Poème reprend : d’un côté, la gestuelle des sourds-muets, les sous-titres, la voix du conteur, et, de l’autre, l’histoire dont nous ignorons le sujet.

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              • #8
                Samedi 1 septembre 2007 -- «La philosophie de la technique, Ellul, Simondon, Virilio», un thème que le Centre culturel français a choisi pour cette rentrée. Une discipline vieille comme le monde et mère de toutes les sciences, depuis Socrate, Platon et autres Spinoza, Alain… Cependant, chez nous, pour réduire les penseurs ou chercheurs algériens qui avaient des idées différentes des leurs, on leur appliquait le sobriquet de «faylassouf», au point que le verbe «philosopher» comportait une connotation négative.

                C’est d’ailleurs pour cette raison que le choix de ce thème est plus que nécessaire en cette période où les sciences et la technologie avancent à une vitesse vertigineuse et auxquelles s’ajoute la mondialisation avec ses influences culturelles et comportementales.

                Dans cette rencontre prévue le 20 septembre prochain, les professeurs et chercheurs Guillaume Zorgbibe et Jean-François Poitier feront découvrir aux hommes de culture et aux étudiants algériens trois célèbres philosophes contemporains qui, par leurs travaux de recherche, nous éclairent sur ce monde avec toutes ses vicissitudes.

                Ces philosophes sont Ellul, Simondon et Virilio. Ellul est critique de la société technicienne et de la modernité, historien et sociologue et auteur de plusieurs ouvrages philosophiques. Il écrivait dans un de ses livres : «Ce n’est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique (...) Ce n’est pas l’Etat qui nous asservit (...), c’est sa transfiguration sacrale (...)».

                Lors d’une conférence, il avait déclaré des choses très significatives qui ont retenu l’attention de plusieurs intellectuels et de personnes sensées : «Par conviction spirituelle, je ne suis pas seulement non violent, mais je suis pour la non- puissance.

                Ce n’est sûrement pas une technique efficace. (...) Mais c’est ici qu’intervient pour moi la foi. (...) On ne peut pas créer une société juste avec des moyens injustes. On ne peut pas créer une société libre avec des moyens d’esclaves.

                C’est pour moi le centre de ma pensée.» Quant à Paul Virilio, c’est un urbaniste français plusieurs fois primé pour ses nombreux travaux de recherche dans différents domaines. Outre ses activités d’enseignant à l’ESA et d’écrivain, Paul Virilio, participe à de très nombreux journaux et publications, tant en France qu’à l’étranger.

                Parmi ses nombreux ouvrages, citons Bunker archéologie, une étude sur l’espace militaire européen de la Seconde Guerre mondiale, l’Insécurité du territoire, un essai sur la géopolitique contemporaine, Vitesse et politique, un essai de dromologie, Défense populaire et luttes écologiques, l’Ecran du désert, des chroniques de guerre, la Bombe informatique, un essai sur les conséquences du développement de l’informatique, et beaucoup d’autres ouvrages qui peuvent intéresser notamment les politiques, les architectes et les urbanistes.

                Quant à Gilbert Simondon, il est connu essentiellement à travers son livre Du mode d’existence des objets techniques, qui a contribué à l’évolution de la pensée contemporaine. Philosophe, il fut professeur dans plusieurs universités.

                Ces principaux ouvrages ont pour nom l’Individu et sa Genèse physico-biologique, l’Individuation psychique et collective. Il murut à Palaiseau le 7 février 1989. L’œuvre de Simondon a influencé et inspiré des auteurs tels que Jean Baudrillard, le Système des objets, Georges Friedmann, la Puissance et la Sagesse, Abraham Moles, Théories des objets, ainsi que Gilles Deleuze, l’Image et le Mouvement, et Bernard Stiegler, la Technique et le Temps.

                Son œuvre n’est pas sans résonance avec celle de Leroi-Gourhan, Milieu et technique. Elle n’est pas non plus sans parenté avec le mouvement auquel appartient «le groupe Ethnotechnologie» qui a donné naissance à la revue Culture technique et, plus tard, les revues Terminal et les Cahiers de médiologie de l’emblématique Régis Debray.

                Ses idées et concepts se retrouvent aussi implicitement en sociologie de l’innovation au travers de la théorie de l’acteur réseau connue sous l’approche de la traduction (Madeleine Akrich, Michel Callon, Bruno Latour). Cette dernière essaie de montrer les conflits sociaux, les interactions, les rapports de force, les conflits qui se manifestent lors des processus d’innovation.

                Pour Simondon la technique doit être plus vue comme une médiatrice d’homme à homme ou d’homme à nature qu’un outil ou un instrument, qui plus est, au service d’une idéologie politique, sociale ou économique. Mais quelles que soient les recherches et l’évolution, les idées de Socrate et de Platon demeurent intemporelles et s’adaptent donc à tous les temps.

                Platon, lui, qui disait «l’objet technique, expression de l’ingéniosité humaine, peut cependant être considéré sous un autre angle, réaliste au sens du réalisme des idées chez Platon. En effet, l’objet technique est le fruit d’une adaptation, d’un désir ou d’un besoin au milieu, adaptation qui évoque celle qui modèle la vie».

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                • #9
                  Dimanche 16 septembre 2007 -- Comme chaque année et comme chaque rentrée sociale, le centre culturel français d’Alger (CCFA) ouvre ses portes avec des manifestations culturelles de tous genres. En plus de ses activités normales, le centre culturel a tenu compte du mois de ramadan pour fixer les horaires des manifestations.

                  Le CCFA ouvre le bal avec la littérature en invitant, en collaboration avec les éditions Barzakh, Mustapha Benfodil. Reporter dans un quotidien d’informations, Mustapha Benfodil est l’auteur d’un premier roman Zarta ! , paru aux éditions Barzakh en 2000.

                  En 2004, il a reçu le prix du meilleur roman, pour les Bavardages du seul. Il est également l’auteur des Six derniers jours de Bagdad, de nouvelles, de poèmes et de plusieurs pièces de théâtre. Il animera le mardi 18 septembre à 21h une rencontre autour de son dernier ouvrage intitulé Archéologie du chaos amoureux.

                  La deuxième partie du rendez-vous est une manifestation dédiée aux jeunes. Les passionnés du hip-hop découvriront dans un concert de rap festif le Group MAP (ministère des Affaires populaires) ce jeudi 20 septembre à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El-Feth.

                  Le ministère des Affaires populaires réunit deux mecs (Dias & HK), M. Hacène au violon, Jeoffrey à l’accordéon et Stanko aux machines. Tiraillés entre leurs racines méditerranéennes, leur vie de chtis et leur culture hip-hop, les deux mecs de MAP ont choisi...de ne pas choisir. Hypothétique pont tendu entre Lille et Alger, la musique de MAP brasse accents orientaux, tziganes, ou une musette dans un œcuménisme chaleureux. Les textes, eux, n’oublient pas d’être mordants. Violon et accordéon à l’appui, le groupe bouscule les habitudes et entend réveiller les consciences.

                  Au cours d’une autre conférence le 20 septembre à partir de 21 h qu’abritera le CCFA, le docteur en philosophie de l’université de Paris IV-Sorbonne, Guillaume Zorgbibe, sera présent avec Jean-François Poirier, philosophe et écrivain, pour animer une rencontre autour du thème «La philosophie de la technique : Ellul, Simondon, Virilio».

                  Enfin, le jeudi 27 septembre à la salle Ibn Zeydoun, place sera faite au concert de jazz avec Emile Parisien et son quartette. Le groupe est composé d’Emile Parisien au saxophone, de Sylvain Darrifourcq à la batterie, d’Ivan Gelugne à la contrebasse et enfin de Julien Touery au piano.

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                  • #10
                    Jeudi 20 septembre 2007 -- Le sémillant reporter du quotidien El Watan a tenu à présenter, avant-hier, au détour d’une soirée post-ftour son dernier roman au Centre culturel français. Il était accompagné de Rachid Mokhtari, écrivain et critique littéraire, de Selma Hellal, cofondatrice des éditions Barzakh, et de Nadia Sebkhi, poétesse venue déclamer certains passages du livre.

                    L’histoire du roman tourne autour de Yacine Nabolsi, un personnage tiraillé par la violence du sexe et celle de l’écriture. Celui-ci tue, par mégarde ou jalousie, sa petite sœur Kamélia et devient l’otage de la beauté voluptueuse de «sa très belle mère» Kheira.

                    Sa mère sombre alors dans la folie et se suicide. Incompris et frustré, Yacine décide de fuguer. Après trois ans de vie en reclus, il opte pour la création, avec un autre personnage, un passionné invétéré du sexe, Nazim Yogovski, d’un groupe «d’anartistes» pour reprendre l’expression déroutante de Benfodil.

                    Sa mission : changer le monde en optant pour une révolution de charme. Là encore, le personnage principal, tel un gavroche, connaît l’errance et la fréquentation des milieux interlopes algérois. Au dernier chapitre, l’auteur change de ton.

                    «Un coup de théâtre», précise le reporter. En annonçant que tout ce qui a précédé n’est que de la pure fiction, l’auteur des Six derniers jours de Bagdad semble animé d’une idée, celle de prendre de court son lecteur et redémarrer la trame à nouveau.

                    En effet, un personnage nouveau, en la personne du policier, intervient pour tenter d’élucider l’énigme de l’assassinat de Yacine au milieu de son carnet de bord, de tonnes de livres et de rats en putréfaction. «La mécanique du roman se déploie sur trois récits où le dédoublement, les jeux de mots, la tautologie, et l’ubiquité des noms sont omniprésents», explique M. Benfodil.

                    Une violence langagière s’exprime aussi à travers la misanthropie, la misogynie et l’obscénité des personnages. Benfodil justifie ce recours à la fidélité de sa plume de reproduire la réalité tel quelle. Menées à un rythme saccadé, les phrases, par bribes, s’entrechoquent et implosent à la façon des ressacs d’une mer en furie.

                    Autre nouveauté que seul l’auteur de Zarta a eu l’ingénieuse idée d’emprunter : le recours à une forme «d’hybridation suggestive, notamment la composition entre prénoms à consonances viriles et des noms de grands écrivains et philosophes étrangers», à l’exemple de Belaid-Mallarmé, pour paraphraser Rachid Mokhtari.

                    «Pour les noms des personnages, je voulais faire des choses universelles avec des noms «houmistes» [de quartier]», estime-t-il, ajoutant que le carnet de bord est un making-of du roman. Avec ce nouvel ouvrage, Mustapha Benfodil explore les frontières ludiques des mots et les refoulements d’une société sexuellement frustrée à toute épreuve, à travers une esthétique hardie et briseuse de tabous.

                    L’ironie et le sarcasme y sont décapants. Outre l’écriture romanesque, Mustapha Benfodil, né en 1968 à Relizane, est l’auteur de nouvelles, de poèmes et de pièces de théâtre. Il a déjà reçu le prix du meilleur roman en 2004 pour les Bavardages du seul.

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                    • #11
                      Lundi 1 octobre 2007 -- Le Centre culturel français d’Alger (CCFA) organise demain, à partir de 21 h, une lecture spéciale en hommage à René Char, et ce jeudi 4 octobre, également à partir de 21 h, «un concert littéraire» en hommage à cette figure de proue de la littérature française.

                      La lecture se fera par Gille Crépin, conteur, sous le signe de «La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil». Le parcours artistique de Gille Crépin se fait sur un chemin discret, mais fort de ses rencontres : histoires, lumières, sons,musiques, mais aussi, et surtout, sens.

                      Il alimente ainsi chaque création d’un nouveau matériau. Si le socle reste la parole, il cherche des équilibres entre celle-ci et la musique : la musique des mots, la musique des sons. De même, il cherche la mesure entre la parole et la lumière, simple ou sophistiquée.

                      Chez lui, la parole est multiple. Il se régale de s’exprimer à chaque fois, avec des notes différentes, qu’il s’agisse d’histoires pour enfants ou d’autres pour adultes, d’œuvres littéraires, etc. Le plaisir reste entier parce que son esprit est créatif et ses mots sont libres.

                      C’est ainsi qu’il oriente désormais son travail autour de deux axes : une écriture contemporaine où il explore des techniques narratives originales et sa pratique de comédien qu’il continue d’enrichir et d’épurer. Quant à la deuxième soirée, elle sera animée par Frédéric Pagès accompagné de Pascal Pallisco à l’accordéon.

                      A travers cette manifestation, y sera découvert un parcours poétique et musical en littérature amoureuse avec, comme fil lumineux, l’œuvre de René Char. Frédéric Pagès raconte sa relation avec cette parole dense et puissante qui possède des pouvoirs singuliers, qui révèle le sens caché des choses et peut même infléchir le cours d’une existence.

                      Avec la complicité de l’accordéoniste Pascal Pallisco, il chante et dit également les textes de quelques écrivains qui ont inspiré René Char, à l’instar de Rimbaud ou ceux qu’il a côtoyés comme Camus et Guy Levis Mano, ainsi que des poètes dont l’écriture est très proche de la musique : Pierre Louÿs, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo...

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                      • #12
                        Dimanche 7 octobre 2007 -- Le Centre culturel français d’Alger (CCFA) organise durant le mois courant deux grandes soirées. La première sera au rythme de la musique classique avec un récital du Quatuor Voce le samedi 20 octobre à partir de 19 h au centre culturel Aïssa-Messaoudi de la radio algérienne.

                        Ce groupe de jeunes est composé de Sarah Dayan comme 1e violon, Cécile Roubi comme 2e violon, Guillaume Becker comme alto et Julien Decoin comme violoncelle. Vainqueur du 61e concours de Genève, le Quatuor Voce s’est très rapidement fait remarquer depuis sa création en 2004.

                        Ces quatre artistes issus du conservatoire de Paris sont lauréats du concours international de Crémone et ont remporté le Grand Prix et le prix Héritage musical pour la meilleure interprétation d’une œuvre française, lors de la 21e édition du Forum musical de Normandie. Le quatuor Voce s’est produit dans de nombreux festivals et mène aujourd’hui une carrière d’envergure internationale.

                        La deuxième soirée sera consacrée à la littérature avec la manifestation intitulée un auteur, un livre. Pour cette nouvelle activité, le centre culturel aura pour invité Philippe Claudel.

                        Ce dernier présentera, le mardi 23 octobre à partir de 21 h son œuvre les Ames grises. Né en 1962 en Meurthe-et-Moselle, où il est toujours installé, Claudel a consacré une thèse à André Hardellet. Il est maître de conférences à l’université de Nancy où il enseigne à l’Institut européen du cinéma et de l’audiovisuel.

                        Il a aussi été le parrain du 16e festival du premier roman, à Chambéry en 2003. Très attaché à la Lorraine, il a présidé le prix Erckmann-Chatrian de 2003 à 2006. Depuis son premier roman, Meuse l’oubli, paru en 1999, l’écrivain lorrain enchaîne les succès littéraires.

                        J’abandonne, en 2000, lui a permis de recevoir le prix France Télévisions. Il enchaîne avec le Bruit des trousseaux, tiré de son expérience de professeur de français dans les prisons puis, les Petites Mécaniques sont récompensées par la Bourse Goncourt de la nouvelle en 2003.

                        Avec ses Ames grises, œuvre unanimement reconnue par la critique, Philippe Claudel est lauréat du Prix Renaudot en 2003. Il publie encore Trois Petites Histoires de jouets et la Petite Fille de monsieur Linh en 2005. Ponctuel, il revient l’année suivante avec le Monde sans les enfants, dans lequel il aborde les tabous de notre société, dont la maltraitance, la guerre ou la mort.

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                        • #13

                          Jeudi 18 octobre 2007 -- A travers la visualisation de ces longs métrages, les spectateurs pourront découvrir les points de vue idéologiques de chaque réalisateur. Métro, boulot, dodo! Une ritournelle bien connue de tous. «Le travail, c’est la santé», dit-on.

                          «Mais ne rien faire, c’est la conserver !», réplique-t-on. Si l’on comptabilise le temps consacré à notre travail, la place que celui-ci prend dans notre emploi du temps quotidien est loin d’être anecdotique. Chacun de nous est un jour confronté au monde professionnel et l’école nous y prépare depuis notre enfance.

                          Pourtant, jusqu’à présent, les cinéastes avaient été peu nombreux à se pencher sur ce sujet ; le travail ne serait-il pas un bon sujet cinématographique ? Si cela a été le cas, ce n’est plus vrai aujourd’hui : les films se multiplient et les plus grands réalisateurs s’y collent ! C’est dans ce sens d’ailleurs que Laurent Cantet réalise son long métrage de 100 minutes en 1999 intitulé Ressources humaines.

                          Ce film a été projeté hier à 15 h au CCFA. Etudiant en école de commerce à Paris, Franck choisit d’effectuer un stage au sein de l’usine où travaille son père depuis trente ans en tant qu’ouvrier. Affecté aux ressources humaines, c’est du plan de licenciement de douze personnes dont il est chargé.

                          C’est le vécu d’un autre personnage, Philipe, que Jean-Marc Moutout raconte dans son film intitulé Violence des échanges en milieu tempéré et en 99 minutes. A 25 ans, Philippe arrive de province pour intégrer à Paris un grand cabinet de consultants en entreprise.

                          Très vite, il doit choisir entre ses propres convictions et les lois tacites qui régissent le monde dans lequel il veut faire carrière. Cette histoire vous sera racontée le 24 octobre à 15 h et à 18h30. Enfin, le dernier réalisateur à nous exprimer son point de vu concernant le travail est Costa Gavras dans son film intitulé le Couperet.

                          L’histoire raconte la vie de Bruno Davert, un cadre supérieur dans une usine de papier. S’étant fait licencier avec quelques centaines de ses collègues pour cause de délocalisation, il est prêt à tout pour retrouver un poste à son niveau, même à tuer ses concurrents.

                          Vous aurez le plaisir de découvrir ce film dans la dernière projection du mois le 31 octobre à 15 h et 18h30.

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                          • #14
                            Lundi 22 octobre 2007 -- Depuis la rentrée sociale, le Centre culturel français d’Alger (CCFA) organise au moins trois activités par semaine. Cette semaine, deux activités très intéressantes sont au rendez-vous. La première manifestation est une conférence débat animée par Louis Weber autour du thème «Mondialisation : et si l’école était une entreprise...», le jeudi 25 octobre, à partir de 14h30.

                            L’objet de la conférence est de faire le point sur les nouveaux enjeux de l’éducation. Affirmer que l’éducation tend à devenir une marchandise et que des intérêts puissants agissent dans ce sens aurait fait sourire il y a une vingtaine d’années encore.

                            Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Dans beaucoup de pays, l’espace scolaire est devenu un lieu de consommation et de concurrence entre les établissements mais aussi entre les individus. Au plan international, ce sont des organismes de nature économique comme la Banque mondiale qui proposent les politiques éducatives.

                            L’Organisation mondiale du commerce a même inscrit l’éducation parmi les services dont le «commerce» devrait être «libéralisé». Il est à rappeler que Louis Weber a été professeur à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Créteil.

                            Il a été président de l’Institut de recherches de la FSU (1997-2006). Il est l’auteur de nombreux articles dans la revue Nouveaux regards et le Monde diplomatique. Il a à son actif plusieurs publications telles que le Nouvel Ordre éducatif mondial (OMC, Banque mondiale, OCDE, Commission européenne) écrit avec Christian Lava et édité chez Syllepse, Paris, 2002 et OMC, AGCS, vers la privatisation de la société ? édité aussi chez Syllepse en 2003 ainsi que la Laïcité, cent ans après (1905-2005), coécrit avec Evelyne Rognon et édité chez Syllepse en 2003.

                            Quant à la deuxième activité, pour le grand plaisir des amoureux du 4e art, ce sera une présentation de la pièce de théâtre Hyènes, samedi 27 et lundi 29 octobre à partir de 19 h. Cette pièce est mise en scène par Jean-Marie Lejude avec Gérald Maillet d’après le récit de Christian Siméon.

                            «Je suis parti d’un fait historique, la condamnation à mort de Théodore-Frédéric Benoît en 1832 pour le double meurtre de son amant José Formage et de celui de sa mère. Il a vingt-deux ans. Il sera guillotiné sans qu’on établisse sa culpabilité», dira Christian Siméon.

                            Ce dernier est l’auteur de douze pièces de théâtre : Hyènes, l’Androcée, la Reine écartelée, Crouchinades, Hécate, Factory, Vampires, Landru et fantaisies, la Priapée des écrevisses, Théorbe, et Les eaux lourdes. Le Cabaret des hommes perdus, la plus récemment créée, s’est jouée au théâtre du Rond-Point en automne 2006.

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                            • #15
                              Dimanche 28 octobre 2007 -- Le Centre culturel français d’Alger (CCFA) présentera le 11 novembre prochain à partir de 19h la pièce de théâtre Une passerelle autour de Mouloud Feraoun. Cette pièce de théâtre est interprétée par le chanteur Salah Gaoua et les deux comédiennes Magali Bonat et Sylvain Bolle-Reddat.

                              «Je me souviens, comme si cela datait d’hier de mon entrée à l’école. Un matin, mon père arriva de la djemaâ avec un petit air mystérieux et ému. J’étais dans notre cour crépie à la bouse de vache, près d’un kanoun où se trouvait une casserole de lait.

                              Ma mère venait de rentrer à la maison...» disait l’auteur du Fils du pauvre dans son œuvre. Durant les années 1960, à l’école primaire, en 4e année, l’équivalent du CM1 en France, les gamins de la génération post-indépendance ont tous appris et récité par cœur la première page du chapitre 7 du roman de Mouloud Feraoun, le Fils du pauvre.

                              Pour les jeunes Algériens, c’est le petit Fouroulou qui fut le témoin de leur entrée dans la vie. Le Fils du pauvre, c’est l’enfance, les montagnes, le bonheur, la famine, les parents, la simplicité et la dureté de la vie ; nostalgie d’une époque à jamais perdue.

                              Le Fils du pauvre fait partie de la mémoire collective algérienne. Aujourd’hui encore, ce chef-d’œuvre reste plus que jamais d’actualité. Les enfants de l’Algérie, surtout profonde, ont toujours le même plaisir à lire ce livre. Car chaque enfant vivant au sein d’une famille soudée, au milieu des problèmes quotidiens, aspire à changer son existence.

                              L’œuvre de Mouloud Feraoun reste jusqu’à nos jours le livre le plus lu en Algérie. Ce qui a sans doute poussé Abdenour Abdeslam à dire : «C’est par nos écrivains des années 1950 que le monde apprendra l’existence d’un peuple en souffrance, parmi les autres peuples de la Terre.

                              Le message dans l’œuvre de Mouloud Feraoun est universel. Il décrit l’homme en tant que soubassement et point de passage obligé à tout projet social, et il n’est pas un hasard de voir aujourd’hui tous ses romans traduits dans beaucoup de langues (en russe, en arabe, en allemand, en italien, en anglais, en espagnol).»

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