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Centre culturel français d’Alger : Des activités variées et accessibles

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  • Sara Kharfi :


    Mardi 21 Avril 2009 -- Elle a perdu son Nord pour trouver au fond d’elle-même son Sud. Et, depuis, sa vie n’a plus jamais été la même et sa plume a été influencée par ce Sud si lointain et si fantasque. Lui, il a quitté son Orient pour l’Ouest, avec des rêves plein la tête, mais dans ses textes, il est toujours revenu vers cet Orient déserté. Pour le plus grand plaisir des spectateurs du Centre culturel français d’Alger, Nancy Houston et Mohamed Kacimi ont proposé un moment magique ?* travers des lectures croisées de leurs textes. Un aller simple au pays des mots. Le Centre culturel français d’Alger a offert ?* son public une union improbable, en recevant dimanche dernier deux prestigieux invités, deux talentueux auteurs, géographiquement aux antipodes, toutefois, en plus de leur amitié qui dure depuis une dizaine d’années, leur littérature est traversée par les mêmes questionnements et les mêmes interrogations.

    L’écrivaine francophone d’origine canadienne, Nancy Houston, et l’écrivain (également dramaturge) algérien, Mohamed Kacimi, ont lu des extraits de leurs textes, respectivement Nord perdu et l’Orient après l’amour. Cette lecture a également été ponctuée par des lectures de petits poèmes extraits du beau livre intitulé Tu es mon amour depuis tant d’années (titre aussi d’un célèbre poème de René Char), et qui a été illustré par Rachid Koraïchi. Ces petits poèmes ont servi de préambule et d’une présentation indirecte de Nancy Houston, avant de passer aux choses sérieuses.

    En effet, sans transition aucune et face ?* un silence assourdissant d’une assistance attentive, Nancy Houston a commencé la lecture d’un extrait de Nord perdu qui est, pour rappel, un livre écrit il y a déj?* une dizaine d’années et qui s’articule autour de réflexions sur son Nord perdu, puisqu’elle est d’origine canadienne et vit en France depuis 35 ans. Le premier texte qu’elle a lu traitait de l’exil, un thème qui fait partie des questionnements majeurs de Nancy Houston. Son texte dévoilera les contours de l’exil : les sentiments de censure et de culpabilité, l’accent, l’inscription dans deux cultures et la communication comme un moyen d’aller ?* la rencontre de l’autre et de ne dévoiler qu’une partie de soi. L’exilé porte toujours un masque qu’il voudrait arracher pour révéler le véritable Moi, le Moi le plus profond.

    L’écrivaine lira également des extraits de son roman, Une adoration, qui emprunte au polar la manière de construire l’intrigue, mais qui se veut fantaisiste. Nancy Houston a également écrit sur l’Algérie sans jamais fouler son sol. Elle cultive une grande passion pour ce pays et compte beaucoup d’amis algériens, notamment Leïla Sebbar avec qui elle a écrit Lettres parisiennes en 1986, ou encore Mohamed Kacimi qu’elle a connu en 1992 pour les besoins de l’élaboration de l’ouvrage collectif Enfance d’ailleurs (qui a rassemblé 17 écrivains).

    De son côté, Mohamed Kacimi décrit l’exil, dans un de ses textes, comme étant “une distance”, “un malentendu”, notamment avec sa propre famille et qu’on nomme “choc des cultures”. En fait, il arrive un temps où l’être s’aperçoit qu’il ne partage plus de valeurs avec ceux qui l’ont enfanté. “Vous ne parlez plus leur langue.” Il y a comme un sentiment d’étrangeté et de méconnaissance vis-?*-vis des siens. Il dit plus tard : “Choisir ?* l’âge adulte de quitter son pays, c’est accepter ?* jamais de vivre dans l’imitation, le faire semblant, le théâtre.” Toutefois, Mohamed Kacimi avoue que l’être humain ne prend conscience de sa culture et n’apprend vraiment ?* connaître ses propres traits culturels qu’en étant en contact avec d’autres cultures. Il est donc question de confronter les deux cultures.

    Après des lectures chacun de son côté, Mohamed Kacimi a associé Nancy Houston ?* sa lecture, pour une nouvelle intitulée Kerkennah après l’amour. Un texte magnifique et bouleversant qui démarre d’une idée toute simple : les souvenirs qui finissent toujours par nous rattraper… Mais comme imperceptibles et surtout insaisissables, les souvenirs ne sont en fait qu’une version améliorée de nos rêves. L’histoire de cette nouvelle est également très intéressante puisque Kerkennah après l’amour a été écrite par Mohamed Kacimi lors d’une résidence d’écrivains en Tunisie. Et pour clore ce moment riche en émotions, Mohamed Kacimi a lu un extrait de l’Orient après l’amour intitulé “Jour tranquille au Caire”. Drôle et touchante ?* la fois, son histoire a fait sourire, déclenché des fous rires et expliqué l’inexplicable logique du Moyen-Orient. Et une dernière leçon avant de partir : “Dans la vie comme dans la poésie, il ne faut jamais se tromper de mot.”

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    • Jeudi 30 Avril 2009 -- Né ?* Zwickau en 1810 et décédé en 1856 ?* Bonn, Robert Schumann a réussi au cours de sa courte vie ?* s’imposer comme un des plus grands compositeurs allemands. Qualifié de compositeur littéraire, il a été une des plus grandes figures du romantisme. Sa musique s’inscrit pleinement dans ce mouvement qui révolutionna les idées et surtout les arts dans l’Europe du début du XIXe siècle. Ses sonates seront interprétées par un talentueux musicien, Tristan Pfaff. Né en 1985, cet artiste qui a fait ses premières études au Conservatoire national de région de Nantes a obtenu en 2003, le prix du Conservatoire national supérieur de musique de Paris avec la mention très bien. . Il est considéré comme une valeur montante de la scène musicale classique en Europe.

      Lundi 4 mai ?* 19 h au CCF d’Alger. Entrée libre dans la limite des places disponibles

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      • Dimanche 3 Mai 2009 -- Depuis le 23 avril dernier, la salle d’exposition du Centre culturel français d’Alger abrite l’exposition du photographe palestinien Taysir Batniji, intitulée “Fathers /Pères”. Cette exposition s’étalera jusqu’au 19 mai. Né en 1966 ?* Gaza, en Palestine, il vit et travaille ?* Paris. La série “Fathers /Pères” présente des portraits photographiques élaborés dans des boutiques, cafés, usines et autres espaces. Le thème principal est les portraits encadrés des maîtres des lieux, père fondateur de ces lieux – c’est-?*-dire le commerce – disparu, ou le patron actuel, mais rarement. Ces portraits, le plus souvent accrochés derrière le comptoir ou mis en évidence sur les rayonnages (peut-être pour attirer le regard du client ?), ou des fois dissimulés parmi un amas de produits et/ ou de marchandises… En fait, l’emplacement du cadre du “Père” dépend de la spécificité du magasin ! Avec cette série de portraits photographiques, c’est le retour ?* l’ordre patriarcal en quelque sorte. Un retour ?* l’époque où les commerces avaient leur cachet ou spécificité grâce au portrait accroché. C’est une sorte de tradition d’habitude très répandue dans les pays arabes au Moyen-Orient, surtout après la mort du propriétaire, une manière de perpétuer sa mémoire. De plus, et ?* bien regarder les photos exposées, une certaine magie en ressort. Une magie dans le sens où l’on a l’impression d’être happés par le contenu, de faire un voyage dans le temps, plus précisément dans un passé, qui peut être aussi très récent. Chaque photo véhicule une histoire, un passé riches… Riches en évènements, en authenticité… Riches en vie tout simplement ! Avec ses portraits photographiques, Taysir Batniji nous raconte une histoire, celle de son enfance, celle de sa vie, celle de son pays. Il nous livre ou plutôt se livre – ?* travers ses photos – ?* cœur ouvert. D’ailleurs, on peut qualifier l’exposition “Fathers/Pères” de livre de contes ouvert, mais qui commence par n’importe quelle photo, il n’y pas d’ordre chronologique ?* suivre. Il suffit juste de se laisser aller, de se raconter son histoire, de l’écrire, de partir puis d’y revenir et y apporter des modifications si nécessaire ! Un beau voyage dans le temps, dans le passé, dans l’histoire d’un peuple, de personnes qui nous confient des secrets. Des secrets de toute une vie, d’une époque, belle ou pas, ce n’est pas si important que ça, riche en sentiments et en sensations. À rappeler que la série “Fathers/Pères” composition inconsciente, mais ô combien riche, a été exposée pour la première fois ?* Paris, en novembre 2007, par la Galerie Talmart, et qu’elle a fait l’objet d’une publication dans un livre portant le titre très évocateur Pères (éd. Talmart, Paris, 2007).

        ***

        L’exposition “Fathers/Pères” se poursuivra jusqu’au 19 mai prochain au Centre culturel français d’Alger

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        • Samedi 9 Mai 2009 -- « L’Union pour la Méditerranée (UPM) est une mauvaise idée et les pays du Sud n’auront pas ?* gagner grand-chose de ce projet », affirme le géographe et historien français, Yves Lacoste. Le projet du président français, Nicolas Sarkozy, risque de connaître, selon lui, le même sort que le processus de Barcelone. Et ce pour diverses raisons. Outre le fait que l’initiateur de ce projet n’a pas tiré les leçons de l’échec du processus de Barcelone dû ?* un manque de financements, l’UPM rencontre, estime-t-il, une opposition acharnée des pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et de l’Allemagne. « C’est cette opposition qui a conduit d’ailleurs au changement de l’appellation du projet baptisé initialement : Union pour la Méditerranée », déclare-t-il, lors d’une conférence-débat sur le thème « Géopolitique de la Méditerranée » organisée, hier ?* Alger, par le Centre culturel français (CCF).

          Selon ce professeur, spécialiste en géopolitique, la position des pays baltes trouve son explication dans leur crainte de voir les financements dont ils bénéficient diminués. Estimant que l’UPM n’est pas un projet stratégique, Yves Lacoste soutient que les pays de la rive sud de la Méditerranée n’auront pas grand-chose ?* gagner de ce projet. « On peut dire qu’ils joueront le rôle de gendarme contre l’immigration clandestine. » La question de l’UPM permet ainsi de comprendre les problèmes géopolitiques de la Méditerranée. Définissant la géopolitique comme « une rivalité de pouvoir ou d’influence sur des territoires », le conférencier précise que les problèmes de la Méditerranée sont beaucoup plus profonds. « Les problèmes géopolitiques en Méditerranée sont multiples, dangereux et enchevêtrés. Ce sont, en effet, ceux de vingt-cinq Etats, auxquels s’ajoute le rôle de puissances extérieures ?* ce bassin. Les rivalités de pouvoirs dans cette région ne peuvent pas y être réduites ?* un schéma d’affrontement Nord-Sud, ni ?* une rivalité entre l’Islam et une chrétienté laïcisée. Il faut tenir compte des conflits qui se déroulent plus ou moins loin de la Méditerranée, car leurs contrecoups se répercutent en Europe occidentale », souligne-t-il. Pour étayer ses dires, Yves Lacoste cite d’abord l’influence des pays baltes qui sont loin de la Méditerranée sur le projet du président français. Faisant une rétrospective de l’histoire des pays méditerranéens, il relève l’existence des contrastes économiques et sociaux ?* l’Ouest. Mais aujourd’hui, les problèmes géopolitiques les plus graves sont ceux de la Méditerranée orientale où le conflit israélo-palestinien a des implications sur le Moyen- Orient et toute la région. « Sur ce petit espace s’affrontent les influences de divers pays musulmans (notamment l’Iran et la Syrie) et de la puissance américaine », précise-t-il.

          Sollicité pour expliquer les graves crises qui peuvent peser présentement sur le monde, Yve Lacoste évoque celles que peuvent générer notamment la question du nucléaire iranienne et le Pakistan où les talibans se renforcent et se rapprochent dangereusement de la capitale pakistanaise. Au Maghreb, pense-t-il également, « la situation n’est pas aussi paisible ». Le conflit du Sahara occidental, rappelle-t-il, a entravé la construction de l’Union maghrébine (UMA) dès le début des indépendances. « Dans la région du Maghreb, les conflits géostratégiques ont des liens avec l’histoire très ancienne de la région (plusieurs siècles avant le colonialisme) », explique-t-il. Evoquant la position de l’Algérie dans l’espace géopolitique, Yves Lacoste dira qu’elle occupe une place très importante. « L’Algérie joue un rôle très important dans la gestion des problèmes qui surviennent dans la région du Sahel. Elle le fait très bien. De par le passé, elle jouait également un rôle important sur le marché pétrolier », indique-t-il. Selon lui, : « L’Algérie est présente dans une série d’affaires très difficiles. L’ONU sollicite des diplomates algériens qui ont une expérience et une notoriété. »

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          • Mercredi 3 Juin 2009 -- Les jardins du Centre culturel français d’Alger sont ouverts, aujourd’hui mercredi, dès 20h00 pour une soirée de rock avec French cowboy. Le chanteur Federico Pelligrini et ses trois comparses jouent dans la soirée d’aujourd’hui en plein air, comme s’ils étaient dans les vastes territoires de l’Ouest américain. Avec Gaëtan Chataigner ?* la basse, Stéphane Louvain ?* la guitare et Eric Pifeteau ?* la batterie, Federico ferait probablement du rodéo s’il le pouvait dans les jardins du Centre culturel français. Lui et sa bande de beach boys, ils se la jouent far west, mais avec classe artistique et assurance. Le voil?* donc ce Federico Pellegrini dans son nouveau projet French cowboy. Ce chanteur de feu The Little Rabbits (disparu en 2005), groupe nantais majeur de la scène française, hérite notamment de sept albums. Il s’en va avec ses compagnons de toujours – des musiciens excellents – au désert de l’Arizona où les surfer-girls sont devenues des héroïnes de Johnny Cash. Il réalise alors un bel album de country pop rock mixé ?* Tucson. Le décor de ces cow-boys reflète donc la campagne avec ses couleurs de saison et ses bâtisses délabrées ou abandonnées. Seulement, ce personnage français ne porte pas de santiags, ne monte pas ?* cheval ?* Nantes ou ?* Paris et ne dégaine pas ?* la première confrontation. En 2006, Federico Pellegrini avait collaboré avec Helena, Baby Face Nelson et Dillinger Girl pour la réalisation d’un album. Produit qui n’a pas eu de succès. Enregistré en même temps que le précédent et publié sous le nom de French Cowboy, il est pourtant différent et Federico avait retrouvé les Rabbits qui avaient rejoint la bande de Katerine. Les rockers sont ainsi, ils tentent chaque fois de nouvelles expériences. Parfois, ils le font avec extravagance en offrant des textes graves mais beaux, des chants sans poésie mais significatifs. Federico avait une fois rendu hommage au controversé personnage de Serge Gainsbourg dans Ballade de Baby Face Nelson. Ça n’a sûrement pas plu ?* tout le monde, mais c’est le fruit de rockers qui n’ont pas froid aux yeux.

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            • Mohamed Rediane :


              Jeudi 11 Juin 2009 -- Guitariste et chanteuse, la Tunisienne Amel Mathlouthi débarque ?* Alger pour la première fois, pour une performance dans les jardins du Centre culturel français. Energique et envoûtante sur scène, elle est auteure et compositeur. L’écriture, elle l’a exercée dès son enfance, avant de prendre conscience de sa passion pour la chanson. Elle était pourtant portée sur le théâtre et le spectacle. La voil?* qui se met ?* la guitare acoustique, après avoir écouté du rock, le mythique «Nirvana», «Metallica», etc. Elle fonde un groupe nommé «Idiom». Un nom qui évoque alors sa grande envie de discourir, de s’exprimer sur des sujets brûlants. Cette aventure ne dure que trois ans, mais elle lui semble suffisante pour se relancer dans une carrière en solo, en s’orientant vers le style de Joan Baez. Tout comme l’Algérienne Souad Massi, qu’elle a rencontrée un jour lors d’un concert ?* Paris, ?* l’Institut du monde arabe. Amel s’intéresse aussi ?* Bob Dylan, Marcel Khelifa, Cheikh Imam, la diva Faïrouz et ?* d’autres musiques du monde. Elle a fait du chemin depuis son premier concert réussi, en 2003. Avec ses musiciens, elle tourne bien et compte plus de quarante concerts jusqu’?* présent. Elle participe ?* plusieurs festivals, notamment le Cheikh Imam 2005/2006 et le Festival méditerranéen de la guitare 2004/2005. Amel enfante ensuite son premier album, en décembre 2006, intitulé «Peur». Une œuvre personnelle et engagée avec des mélodies enchanteresses. Elle chante l’espoir au pluriel, elle qui est native de Tunis et porte au cœur son pays, tout en restant ouverte ?* l’universalité. Ayant imposé son indépendance artistique, elle offre un répertoire au cachet oriental avec lyrisme. L’une des caractéristiques de sa musique est qu’elle soit également folk, mixée aux modes du Maghreb et teintée parfois de musique tzigane, flamenco, celtique, gnawa ou ragga. Elle chante avec séduction pour la liberté en disant :

              Sous le charme d’une voix de soleil, de libertés de poussière et dans tes yeux la lumière...
              Nous sommes des hommes libres qui n’ont pas peur
              Nous sommes des secrets qui ne meurent pas
              Nous sommes la voix de ceux qui ont résisté
              Dans le chaos nous sommes le sens
              Nous sommes le droit des opprimés...

              Amel Mathlouthi se produit avec Karim Attoumane (guitare, chœurs), Boris Kulenovic (basse Mei Tei Sho),
              Germain Samba (batterie Mei Tei Sho), Laura Caronni (violoncelle)

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              • Sarah Haidar :


                Samedi 13 Juin 2009 -- Lors de sa première visite en Algérie, l’auteure-compositeur tunisienne, Amel Methlouti, a réussi sans nulle difficulté ?* conquérir le public qui a envahi, dans la soirée de ce jeudi 11 juin, les jardins du Centre culturel français d’Alger. La jeune chanteuse lyrique ?* la voix envoûtante explore et interroge sans cesse divers répertoires dont le folk, le maghrébin et l’oriental, avec une touche tzigane ou flamenca pour en faire jaillir une musique singulière, mirifique qui n’a laissé personne indifférent. À son talent pour la guitare et le chant, s’ajoutent ses performances scéniques : Amel laisse son corps s’exprimer et accompagner sa voix dans une ascension vertigineuse vers un nirvana musical des plus étourdissants. Extase dont le public s’est imprégné avec délectation. Grattant les cordes de sa guitare, la chanteuse balance aisément entre l’adagio et le rock n’roll, marquant ce passage par une voix qui s’avère capable de muer d’un registre ?* un autre sans la moindre fausse note. Liberté sacrée, déceptions d’amour et la Tunisie, son pays natal, tels sont les thèmes de ses chansons qui, pour être engagées, n’en sont pas moins libérées de toute pesanteur, qu’elles soient de style ou de fond. Nous avons très vite l’impression qu’Amel chante comme si elle l’a toujours fait tant l’aisance et la fluidité de la voix sont épatantes. À cela s’ajoute la charge d’émotion enfouie dans chaque chanson, dans le moindre refrain. Ces états d’âme sont merveilleusement accentués et mis en valeur par un quatuor en symbiose : la guitare acoustique d’Amel, la basse de Boris Kulenovic, la batterie de Germain Samba et la guitare électrique de Karim Attoumane. Après son premier album sorti en 2006 intitulé «Peur», voil?* son deuxième nouveau-né : «Helma» (Rêve). Elle en a présenté quelques titres, jeudi dernier au CCF. Si «Peur» était, comme toute première œuvre, acerbe et déchaînée, nous notons dans «Helma» une certaine sérénité sans que l’engagement en soit ébranlé. Ce nouvel opus est une hymne ?* l’amour, ?* la patrie et ?* la liberté ; l’ensemble est baigné dans une musique douce qui empreinte souvent des crescendos ?* la fois vifs et mélancoliques, au grand bonheur des auditeurs. Ces derniers, après la dernière chanson dédiée ?* l’Algérie, se sont attroupés près de la scène ; qui pour se faire signer un autographe, qui pour prendre une photo avec la star. Malgré la fatigue, Amel, le sourire aux lèvres, abdique aux requêtes de ses nouveaux fans et consacre assez de temps ?* une séance-dédicace improvisée, pour la vente de son nouvel album. Vers 22h, les spectateurs quittent les lieux avec une once de regret : Pourquoi était-ce si bref ?

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                • Mercredi 2 Septembre 2009 -- Le 6 septembre prochain, Ali Haroun, avocat et ancien dirigeant de la Fédération de France du FLN, rendra hommage, aux côtés de l’historienne Marie-Pierre Ulloa, au regretté Francis Jeanson, animateur du réseau de soutien ?* la guerre de libération nationale, dans une conférence organisée par le CCF d’Alger. De prime abord, l’homme qu’est Francis Jeanson reste méconnu des générations postindépendance. En Algérie, nous n’avons pas cultivé cette tradition de médiatiser ces étrangers qui ont soutenu la guerre de libération nationale. «La patrie, c’est le sang des autres», a écrit le philosophe Francis Jeanson, avant de décéder le 1er août dernier ?* l’âge de 87 ans. Ayant fondé en 1957 un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie, réseau dit des «porteurs de valise» ou «réseau Jeanson», l’homme est resté très proche de Jean-Paul Sartre, qui était lui-même dirigeant d’un vaste mouvement de solidarité ?* la cause nationale. Les militants français du réseau ont donc collecté et transporté des fonds et des faux papiers ?* travers plusieurs pays d’Europe pour les Algériens activant au sein de la Fédération de France du FLN. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Jeanson publie l’Algérie hors la loi puis Notre guerre en 1960 (saisi dans l’immédiat), expliquant ?* qui voulait l’entendre parmi ceux qui l’accusaient de trahison qu’il défendait les valeurs de la France qu’elle même trahissait. Jugé par contumace, condamné en octobre 1960 ?* dix ans de prison ferme au terme du procès de son réseau, il n’est amnistié qu’en 1966. Il a connu l’Algérie dès 1945 en devenant reporter ?* Alger républicain. Il rencontre Albert Camus et Sartre, qui lui confie la gérance de la revue les Temps modernes (1951-1956). Il dirige en même temps aux éditions du Seuil la collection Ecrivains de toujours. Cet intellectuel de gauche a toujours défendu les causes justes. Dans l’Algérie hors la loi, il dénonce l’échec du système d’intégration des Algériens en affirmant la légitimité des hors-la-loi du FLN. Tout en conjuguant sa pensée au combat, il accomplira un dernier combat avant de quitter ce monde, celui de la paix en ex-Yougoslavie. Evoquer Francis Jeanson, c’est se souvenir surtout que des Français ont risqué leur vie et mis en jeu leur liberté pour l’indépendance nationale de l’Algérie.

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                  • Jeudi 3 Septembre 2009 -- Une exposition de photographies intitulée Développement durable, pourquoi ? réalisée par le photographe Yann-Arthus Bertrand se tient depuis lundi 31 août ?* la médiathèque du Centre culturel français d’Alger. Pour les férus de la nature et les adeptes de l’écologie, le nom de Yann-Arthus Bertrand n’est pas méconnu. Ce photographe, réalisateur et écologiste français, se consacre dès l’âge de 30 ans ?* des recherches sur l’environnement, la faune et la flore. Il va même jusqu’?* passer trois ans au Kenya, au parc national Massaï Mara où il étudie le comportement d’une famille de lions qu’il photographie chaque jour. C’est grâce ?* ce séjour qu’il prend conscience de l’utilité et des opportunités qu’offre la photographie dans la lutte pour la préservation de l’environnement. Il se lance par la suite dans le reportage photographique, s’intéressant au sport, ?* l’aventure, aux paysages naturels, aux animaux et aux vues aériennes. De cette expérience naît l’album La terre vue du ciel qui regroupe un riche échantillon de photos aériennes issues de plus d’une centaine de pays. Cet album engendre ?* son tour le livre au titre éponyme. Ce dernier fut un best-seller et un phénomène éditorial des plus rares avec plus de trois millions d’exemplaires vendus en 24 langues. Fervent défenseur de la nature et des ressources de la terre, il réalise en 2009 son premier long métrage intitulé Home. Un travail gigantesque produit par Luc Besson et financé par le groupe PPR qui tente de démontrer avec force arguments les pertes considérables de richesses naturelles et les énormes risques qu’encourt la Terre ?* cause de l’acharnement industriel et la négligence des gouvernements du monde quant ?* la protection de nos ressources. Cette exposition de photographies au CCF d’Alger s’inscrit dans la même ligne. On voit la planète dans tous ses états : vues aériennes, photos d’animaux menacés de disparition, récifs de corail, montagnes et fleuves, etc. Ces images légendées constituent une plaidoirie pour la préservation de cette planète si fragile et si menacée qui, sans le concours de toutes les parties concernées, finira sans doute par sombrer dans une déchéance irréversible. Yann-Arthus Bertrand fait partie de ces chercheurs et militants qui ont passé le plus clair de leur vie ?* se battre pour la survie de la Terre, engagement qui n’est pas de tout repos.

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                    • Mercredi 9 Septembre 2009 -- Le Centre culturel français d’Alger rouvre ses jardins pour faire chanter les fleurs. Après une séance en hommage ?* Lili Boniche, offerte par Salah Gaoua, l’inspiration se tournera vers les Caraïbes en compagnie de Murat Jean Belony, plus connu sous le pseudonyme de Bélo. Il sera présent le jeudi 10 septembre ?* 21h30 dans les jardins du Centre culturel français d’Alger. Murat Jean Belony, alias Bélo, est né en octobre 1979 ?* la Croix-des-Bouquets, ?* Haïti. Il a grandi ?* Pétionville, au nord de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, dans un pays où la musique est omniprésente ?* travers les mérengue, compas, zouk et musique carnavalesque rare. Bélo se montre doué pour le chant dès son plus jeune âge. Sous le soleil d’Haïti, le cœur de Bélo penche plutôt pour le reggae. Il apprend d’abord ?* jouer de la guitare basse, puis choisit les douces sonorités de la guitare acoustique. Il sera encouragé par ses proches jusqu’?* ce qu’il multiplie les concerts et se forge une solide expérience scénique. À partir de 1998, Bélo enchaîne les collaborations musicales et remporte différentes distinctions ?* Haïti. Par la suite, il travaille sur «Lakou Tranquil», son premier album ?* dominante reggae. L’album s’avère très largement imprégné de soul music et influencé par la musique racine (roots) haïtienne. La jeunesse plébiscite ce jeune auteur-compositeur et interprète, dont les textes dénoncent les conditions de vie ?* Haïti et prônent l’unité. En novembre 2006, il remporte le prix RFI Découvertes. Avec cette distinction, Bélo gagne en renommée et rentre ?* Haïti en véritable star nationale. Il sera affublé du surnom Bélo Haïti. En 2008, il sort son second album intitulé «Référence». Enregistré en live, cet album multicolore met en exergue les talents de musiciens internationaux dont certains, ?* l’instar de Richard Bona (basse) ou de Jowee Omicil (saxophone), sont d’origine africaine. Tous sont des références dans le milieu de la musique, qu’ils soient artistes soul, jazzmen ou reggaemen. Il faut dire que Bélo, qui a obtenu le prix RFI Découvertes en 2006, a ainsi inscrit son nom aux côtés des grands artistes comme Tiken Jah Fakoly, Rokia Traoré, Sally Nyolo, Rajery, ou bien même le Haïtien Beethova Obas. À travers son premier album sorti en août 2005, le chanteur évoque les problèmes que vit son pays. Il fera d’ailleurs une grande tournée dans le continent africain en passant par le Mali, le Togo, le Ghana, le Niger, le Burkina Faso et le Sénégal. Bélo construit ainsi sa carrière sur les notes de la musique compas qui représente le mieux la musique haïtienne. L’influence du reggae est très forte. À Haïti, la musique reine est le compas. L’artiste fait ainsi toutes sortes de musique, avec un sens unique de l’originalité et, en évidence, la polyvalence qui prouve que les Haïtiens sont aussi caribéens, américains et africains, influencés par toutes sortes de style, une mosaïque de couleurs culturelles. Le reggae est l’une de ces musiques. C’est un art du message. Et dans ses albums, Bélo fait passer des messages d’amour, de paix. Il y a aussi des chansons ?* caractère social. Il ira sillonner les Amériques du Nord et du Sud et parcourir le monde pour chanter ses belles paroles. Il sera dans les jardins du CCF d’Alger le jeudi 10 septembre dès 21h30, pour une belle virée ensoleillée dans les arcanes de la ville d’Alger.

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                      • Jeudi 24 Septembre 2009 -- Une soirée dédiée au court métrage ayant pour but de présenter le Festival international du court métrage de Clermont Ferrand a eu lieu dernièrement au Centre culturel français d’Alger sous l’intitulé «Carte blanche au Festival international du court métrage de Clermont Ferrand». La plupart des six films projetés ?* cette occasion ont été primés au Festival de Clermont Ferrand, la plus grande manifestation consacrée au court métrage en Europe. Macadam Peau Rouge, un court métrage de 13 minutes signé par Arnaud Malherbe, raconte l’histoire d’un citoyen nécessiteux qui se rend dans un café, déguisé en indien, pour acquérir un cheeseburger pour son fils. Suivi de Schizein, un film du réalisateur français Jérémy Clapin, lauréat du prix du meilleur film d’animation francophone au Festival de Clermont Ferrand en 2009. Sur une durée de 13 minutes, ce court métrage verse dans un surréalisme serein et quasi classique. C’est l’histoire d’un jeune homme frappé par une météorite de 150 tonnes et qui vit suite ?* cet incident une expérience invraisemblable : il est loin de lui-même ?* une distance de 91 centimètres ! S’ensuivent alors des images et un monologue assez intéressants dans le sens où toute l’inquiétude et le marasme de la situation nous sont transmis avec légèreté et même avec humour. Quant au réalisateur italien Melo Prino, il réussit pendant les cinq minutes que dure son film muet intitulé Buongiorno ?* nous relater, dans un rythme cadencé mais turbulent, le calvaire d’un homme dont le reflet dans le miroir lui joue des tours pour le moins abracadabrants. Le Franco-Algérien Samir Guesmi, connu depuis les années 1990 pour ses long métrages, s’avère nettement moins inspiré pour le court métrage C’est dimanche, mais il a, néanmoins, obtenu le prix du public lors de l’édition 2008 du Festival de Clermont Ferrand. D’une durée de 30 minutes, ce film relate la relation père-fils, version maghrébine souvent abîmée par les lenteurs et les fioritures inutiles. La prestation du jeune Brahim, jouant le rôle d’un collégien mentant ?* son père sur ses résultats scolaires désastreux, est toutefois remarquable. Lauréat du Grand Prix Labo Clermont-Ferrand en 2008, Muto, un film d’animation de 6 minutes réalisé par l’Italien Blu, est un véritable petit trésor cinématographique. Inspiré par les tags dont regorgent les murs des cités, Blu en tire une expression artistique très attachante, jouant notamment sur les transformations graphiques et quelques notions philosophiques tels le renouvellement, le cycle de vie et l’éternel recommencement. Le dernier film projeté est signé par le Français Cédric Prévost et intitulé Alter ego. C’est l’histoire d’une rencontre via Internet qui tourne au cauchemar : Esther ne retrouve pas son prince charmant, l’architecte résidant ?* Neuilly que la toile lui a fait transparaître, mais un jeune arabe désœuvré qui en a marre de sortir avec les «Nassima, les Fatiha et toutes les cousines». Ce court métrage de 20 minutes a obtenu, en 2009, la mention spéciale d’interprétation et le prix de la presse au festival de Clermont-Ferrand. On retiendra avec bonheur de ces six projections l’incessante fertilité du cinéma italien qui nous gratifie, ?* chaque fois, de petits joyaux esthétiques dans tous les genres cinématographiques. Quant aux Français, s’il leur arrive parfois de signer des œuvres remarquables, ils sont souvent piégés dans une sorte de spirale où la lenteur le dispute aux clichés redondants.

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                        • Dimanche 4 Octobre 2009 -- La question d’identités, de frontières reste brûlante d’actualité. Entre visions différentes, la question sera déconstruite, élaborée et posée comme un postulat incandescent tant les visions que l’on soit placé au nord ou au sud diffèrent. Une communication autour du thème sera ainsi donnée par Rada Ivekovic, professeur au département de sociologie de l’université Jean Monnet de Saint-Etienne aujourd’hui, le 4 octobre ?* 17h00 au Centre culturel français d’Alger sur quelques concepts comme : «L’«identité» qui sans nul doute est quelque chose de provisoire qui tente infatigablement de s’imposer comme quelque chose de fixe, de stable et d’immuable. Or une identité est constamment construite, déconstruite, reconstruite. Les identités, figées ou fluides, ne se pensent que dans le cadre de frontières qui les délimitent et qui répondent ?* leur même description : une frontière est quelque chose de provisoire qui tente ?* s’imposer comme quelque chose de fixe, de stable et d’immuable. Tracer des frontières et édifier des identités est ?* la fois une stratégie de pouvoir et une stratégie de subjectivation en résistance ; elles apparaissent –bien que différemment– aussi bien dans les tentatives de dépossession de soi que dans celles d’affirmation du sujet.» Le sujet sera ainsi traité pour essayer de mieux appréhender cette notion d’identité et de frontière. On notera que le professeur Rada Ivekovic enseigne au département de sociologie de l’université Jean Monnet ?* Saint-Etienne. Elle est directrice de programme au Collège international de philosophie de Paris et chercheur ?* l’université Paris 10 et Paris 8. Elle est également chercheur associée au «Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie». Elle appartient aussi, en tant que dirigeante des thèses ?* Paris 8, ?* l’équipe de formation doctorale du département de philosophie de cette université, UFR arts, philosophie, et esthétique. Le professeur a aussi de nombreuses publications ?* son actif avec notamment parmi les publications Orients : Critique de la raison postmoderne, (Ed. Noël Blandin, 1992), Le sexe de la philosophie, Jean-François Lyotard et le féminin (L’Harmattan, 1997), Transeuropéennes 19/20, 2001, sous la direction de R. Ivekovic, Partitions : pays divisés, villes séparées (bilingue anglais/français). De la nation ?* la partition, par la partition ?* la nation (Occasional Paper), Le sexe de la nation (Léo Scheer 2003), Dame Nation : Nation et différence des sexes (Longo 2003). Elle apportera de fait un éclairage certain sur ces questions d’une actualité brûlante, ?* l’heure ou des exodes massifs se font dans une direction sud-nord sur ces blessures immondes que sont des frontières élaborées unilatéralement, en exacerbant et en cristallisant les autres sur cette délicate notion d’identité qui sera portée par les gens du sud comme une tare accentuée par le regard occidental. C’est donc une conférence qui tombe ?* point nommé pour mieux comprendre ce qui se passe dans un monde qui se referme de plus en plus sur lui-même.

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                          • Lundi 12 Octobre 2009 -- La séparation des pouvoirs, la différence entre le politique et le religieux, la notion dialectique des choses entre le blanc et le noir et d’évidents concepts qui nous balisent la vie seront l’objet d’une conférence donnée par Ahmed Ben Naoum, anthropologue et professeur de sociologie ?* l’université de Perpignan. Il est dit que : «Les sciences humaines — de l’anthropologie ?* la linguistique — ?* la suite de la philosophie et des mathématiques montrent qu’au principe de toute représentation, de tout discours, de toute langue, de toute religion, de toute culture et, au-del?*, de toute activité humaine, l’acte permanent de séparation, de distinction, de classification et d’articulation, œuvre ?* fonder les sociétés humaines et ?* les instituer hors du chaos, dans le cosmos. L’opposition binaire du bien et du mal, celle entre le concret et l’abstrait, mais aussi celle entre le sec et l’humide ou la droite et la gauche,s par exemple, trouve son origine dans la prise de conscience de la différence et de la distinction entre les sexes et, au-del?*, entre les genres.» L’histoire des systèmes politiques dans les sociétés humaines est animée par une contradiction permanente entre le sacré et le profane. La fonction politique naît de la fonction prophétique, le pouvoir trouve son origine dans le sacré. Cependant, l’un et l’autre ont tendance ?* se servir l’un de l’autre. C’est ?* examiner le devenir de cette relation de séparation et de confusion du religieux et du politique dans les écritures et les pratiques des trois expressions de la religion fondée par Ibrahim, que cette conférence est consacrée, sachant qu’en ces temps de crise, autant économique que sociale, les questions fondamentales restent posées. Encore faut-il se mettre au diapason d’une certaine réalité qui nous place dans l’une ou dans l’autre position dans la séparation des pouvoirs. L’avenir nous dira si la nécessité de séparer le sacré du profane dans la gestion quotidienne de la société reste utile, que l’on soit du point de vue occidental ou oriental. La réponse ou d’autres questions seront ainsi éclairées par la présence de M. Ahmed Ben Naoum, professeur de sociologie et d’anthropologie et responsable du groupe de recherche SALAM (Sociologie et anthropologie des labilités altérités et mobilités) ?* l’université de Perpignan (France). Il est, en outre, chercheur associé au Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) d’Alger.

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                            • Lundi 12 Octobre 2009 -- Depuis le 1er octobre, le Centre culturel français d’Alger abrite dans ses murs une exposition de photographies réalisées par le photographe français de renom, Gérard Rondeau. À travers les œuvres exposées, le public peut avoir un infime aperçu du talent avéré de cet homme de l’objectif. En réalité, c’est un regard ouvert sur l’ensemble de la carrière ou plutôt du travail d’un amoureux de la photographie. Une passion transformée en profession. Une profession qui date de plus de 15 ans et durant laquelle Gérard Rondeau a brillé par son talent mais surtout par son regard. Un regard totalement profond, totalement suggestif, mais très explicite. Son travail ne consistait pas ?* juste prendre en photo une personne, une bâtisse, un lieu, ou ?* faire des compositions. Il se devait de dépasser cet aspect, dévoiler, livrer, insuffler une vie, une âme ?* tout ce que son objectif prend, capte, voire "vole". Quinze années et plus de travail, écumant les musées, les galeries d’art, des expositions temporaires, tout cela au service de l’art et de la passion. Sa technique ? Le noir et blanc. Un choix judicieux car donnant plus de vie aux photographies. Ce noir et blanc n’agresse pas. Il n’est pas si noir ou si blanc, une légère teinte jaunâtre "surfe" sur l’image, comme un signe de vieillissement, usure du temps ! "Chroniques d’un portraitiste" est une exposition regroupant un certains nombres de photographies "prises", pour la plupart, dans les Galeries nationales du Grand Palais, alors que d’autres "délivrent" sous un autre regard un autre angle plusieurs musées nationaux : le musée d'Orsay, le musée Picasso, le musée de Port Royal des Champs, le musée Jean-Jacques Henner. Considéré comme un photographe qui fait parler l’image, "Gérard Rondeau s’est imposé depuis une quinzaine d’années comme l’un des photographes les plus reconnus et pourtant les plus insaisissables qui soient (…) Il est moins l’homme de l’instantané que de la durée. Raconter pour lui vaut mieux que montrer. (…) Quinze ans ?* explorer les musées nationaux. Le même temps ?* suivre les Médecins du Monde en Bosnie et au Kurdistan", dira de lui Frédéric Vitoux de l’Académie française (le Nouvel Observateur, novembre 2005). Tel un livre ouvert, chaque photographie raconte un moment fort de l’Histoire. Une sorte de feuilles volantes, une fois agencées et mises en ordre, elles nous livrent un vécu, pas forcément joyeux, pas forcément beau. Toutefois, la beauté réside dans la transmission et la manière de le présenter. "Quand on prend le temps de voir, tout se construit", avouera le photographe concernant son travail qui s’agence comme "un journal intime".

                              L’exposition "Chroniques d’un portraitiste" s’étalera jusqu’au 29 octobre 2009, au Centre culturel d’Alger

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                              • Sarah Haïdar :


                                Mercredi 14 Octobre 2009 -- Le photographe français Gérard Rondeau expose au Centre culturel français d’Alger, et ce jusqu’au 29 octobre, ses œuvres sous l’intitulé «Chroniques d’un portraitiste». Les férus de l’art du portrait et de la photographie réaliste trouveront certainement leur compte dans l’exposition de Gérard Rondeau, où l’on peut ?* la fois admirer le regard pénétrant et glamour de Paul Gaultier, le visage ridé d’Albert Cossery, les rues désertes de Sarajevo pendant le siège, les coulisses de musées et les ruelles étroites de Tanger. La part du lion de cette exposition revient au portrait. Gérard Rondeau tente de condenser toute une vie dans sa photo et s’attelle ?* y livrer toutes les expressions possibles que puisse renfermer un visage. Pour ce faire, le photographe accompagne souvent ses sujets pendant un certain temps, comme ce fut le cas avec l’artiste peintre Paul Rebeyrolle, avec qui il a réalisé un recueil de photographies intitulé «Rebeyrolle ou le journal d’un peintre». Dans le cadre de son travail pour le quotidien français le Monde, il a aussi réalisé plusieurs portraits d’intellectuels, écrivains, artistes, etc. Particulièrement attiré par une certaine poétique du visage, le photographe nous livre quelques clichés purement esthétiques de modèles au crépuscule de leurs vies respectives, tels que la photo représentant Albert Cossery, vieille carcasse décharnée, assis sur un banc ?* Paris et tenant nonchalamment sa cigarette. Et comment passer ?* côté de cette photo où Nathalie Sarraute incarne ?* la fois l’ingratitude du temps et la fierté d’une grande dame toujours debout. Ces hommes et femmes immortalisés dans les clichés de Rondeau ont, chacun, une histoire, l’empreinte d’une époque, le stigmate d’une blessure. Sobres, dénuées de toute sophistication inutile, ancrées dans la réalité, néanmoins pleines de rêves, ces photographies ressemblent davantage au témoignage qu’?* une représentation éphémère du réel. On le voit d’ailleurs dans les clichés faits ?* Sarajevo en période de siège. À la fois hantée par le fantôme d’une guerre sans merci et attachée ?* la vie, cette ville nous est présentée comme un espace où la vie et la mort se livrent un combat quotidien, d’où naît cette volonté inébranlable de renaître et de survivre. À côté d’une icône d’église brisée, on peut aussi admirer les rues enneigées de cette ville meurtrie, où des passants sans visages arpentent les ruelles, comme pour dire que la vie continue. Au fil de ses voyages un peu partout dans le monde, Rondeau choisit de réaliser des photos pour l’histoire. Il est avant tout préoccupé par l’actualité politique et sociale des pays qu’il traverse avec, toutefois, un regard artistique et lucide. Rondeau est sans doute conscient de l’impact de l’art photographique sur le cours de l’histoire. Il semble nous affirmer, ?* travers ces photos témoignages, qu’être photographe implique inévitablement un engagement des plus sacrés. En effet, qui mieux que l’image pourra renseigner, fidèlement et avec précision, les générations futures sur les événements et les hommes qui ont marqué les époques antérieures ? Mais ne nous méprenons pas : malgré cet aspect narratif de l’œuvre de Rondeau, elle demeure toujours un travail artistique qui s’inscrit dans la durée grâce ?* cette beauté naturelle et captivante mise en valeur par une étude scrupuleuse de la lumière, des ombres et même des silences qui traversent ses sujets. Dans l’ensemble, «Chroniques d’un portraitiste» parle d’une époque et livre quelques secrets, quelques histoires de vie et d’amour, ce qui lui confère une valeur humaine, historique mais aussi poétique. À découvrir.

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