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Centre culturel français d’Alger : Des activités variées et accessibles

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  • Samedi 17 Octobre 2009 -- Le Centre culturel français abrite, depuis mercredi 7 octobre et jusqu’au 28 du même mois, un cycle cinématographique ayant pour thème La guerre d’Algérie dans le cinéma français. Trois films de référence sont programmés ?* cette occasion : Muriel ou le temps d’un retour d’Alain Resnais, projeté mercredi 7 octobre, Nuit noire d’Alain Tasma projeté le 14 avec une présentation du professeur d’histoire Dahou Djerbal et enfin Mon colonel de Laurent Herbier prévu pour le 28 du mois en cours. Sorti en 1963, Muriel ou le temps d’un retour a obtenu le prix de la critique de la Mostra de Venise la même année. Réalisé par un pionnier du cinéma d’auteur français, Alain Resnais, il aborde la question de la torture pendant la guerre en Algérie. Mais, avec Resnais, la question est approchée différemment en ce sens qu’il s’agit beaucoup plus de souvenirs obsessionnels après le retour d’un jeune soldat d’Algérie qui l’empêchent de reprendre une vie normale. Nuit noire d’Alain Tasma est sorti en 2005 et aborde les ignobles massacres perpétrés contre les manifestants algériens ?* Paris le 17 octobre 1961. Poignant et objectif, cette œuvre était ?* l’origine un téléfilm produit par Canal+ et diffusé ?* la télévision le 10 juin 2005. Il est sorti en salle, quelques mois plus tard, le 19 octobre 2005. À travers les destins croisés de plusieurs personnages, ce film revient sur la nuit meurtrière qui coûta la vie ?* des centaines de manifestants algériens et maghrébins sortis dans les rues de Paris en faveur de l’indépendance de l’Algérie, bravant le couvre-feu qui a été improvisé le jour même. Surnommé L’autre affaire Papon (Maurice Papon était préfet de police ?* l’époque), ce massacre demeure jusqu’?* aujourd’hui l’une des atrocités les plus condamnables qu’a commises la France coloniale contre le peuple algérien. Sans verser dans le subjectivisme infondé, ce film réussit ?* dépeindre avec force l’aspect inhumain et déshumanisant de cette guerre, de toutes les guerres, dont les premières victimes sont toujours de simples civils innocents. Nuit noire remet en cause, par ailleurs, l’engagement dit «spontané» et «patriotique» des immigrés algériens en France en nous montrant des images de pères de famille et d’adolescents tirés de force de leurs bidonvilles par les hommes de l’OS pour participer ?* la manifestation. Malgré cela, le film demeure un appel ?* la reconnaissance et la repentance de l’Etat français quant ?* ce «massacre que la France veut oublier». Le dernier film programmé est Mon colonel de Laurent Herbier, sorti en 2006. Plus analytique et légèrement subjectif, ce film dénonce ?* la fois la torture et la machine répressive de l’administration coloniale et les bas jeux politiques qui voulaient faire de l’armée la seule responsable. Le côté algérien n’est pas non plus épargné car le film revient sur l’éternelle question de l’authenticité du soutien populaire accordé ?* l’ALN. Questions légitimes, certes, puisque le but d’une œuvre artistique est de soumettre, avant tout, des doutes et non d’affirmer des évidences, mais on peut tout de même trouver un peu «culotté» le fait de déresponsabiliser en partie l’armée française quant aux centaines de milliers de victimes innocentes.

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    • Jaoudet Gassouma :


      Dimanche 18 Octobre 2009 -- Demain ?* 19 h au Centre culturel français d’Alger, les musiciens Pierre Laniau et Nima Sarkechik mèneront les mélomanes dans d’étranges sonorités aux mystères les plus insolubles dans les méandres les plus insolites de quelques cabinets de curiosités d’un savant perdu. Ce ?* quoi nous avait habitué l’étrange et atypique musicien classique Erik Satie, dont les musiques fortement originales meublent encore nos rêves les plus fous et qui fait l’objet d’un hommage particulier. En ce qui concerne Pierre Laniau, il fit des études ?* l’Ecole normale de musique de Paris (Alfred-Cortot) avec les maîtres Alberto Ponce et Narciso Yepes, ce qui le mena dans les larges avenues d’une carrière internationale qui l’a conduit ?* jouer dans 80 pays. Il s’est donc produit en Espagne, Italie, Allemagne, France, Suisse, Suède... En pionnier, il fut le premier guitariste français ?* être invité dans les grandes salles de Pékin et de Shanghai, en Chine. Son originalité réside dans son répertoire. Par ses recherches, il a su renouveler le répertoire de la guitare, en l’élargissant notamment vers la guitare baroque, et a contribué ?* faire redécouvrir de nombreux compositeurs inédits qu’il joua sur un instrument de 1652. Il a cherché ?* élargir l’horizon musical traditionnel du guitariste, en adoptant la guitare ?* dix cordes et en apprenant le luth, le trombone ou bien en suivant les cours de musique électro-acoustique du GRM. Il a aussi ouvert la guitare ?* tout un répertoire jusqu’?* présent ignoré des guitaristes, en jouant Satie, Debussy, Copland, Gershwin… Ses programmes ont été primés pour leur intérêt par Cultures France (l’AFAA) et la fondation Yehudi Menuhin, au bicentenaire de la Révolution, l’Année Mozart ou la célébration de la découverte des deux mondes. Son pendant de musique suit aussi un parcours éloquent.

      En effet, Nima Sarkechik est un habitué des récompenses qui le distinguent et qui témoignent d’une étonnante personnalité musicale. Il est diplômé du C.N.S.M. de Paris, où il a étudié auprès de G. Pludermacher et F. F.Guy (...). Il remporta en 2004 le 1er prix au concours international de piano «Son Altesse Royale la princesse Lalla Meryem». En 2005, il est devenu lauréat de la prestigieuse fondation du groupe Banque populaire, puis de la fondation Meyer, en 2006. L’année suivante, il remporta le prix du public et le prix du jury au concours les «Jeudis du piano» ?* Genève. Il fut également choisi pour participer au programme «Déclic», développé par Cultures France. Ils nous rendent ainsi les notes d’Erik Satie, un compositeur français qui brille d’une originalité quasiment gênante par ses aspects magiques. Satie est né ?* Honfleur en 1866. Il commença ?* étudier l’orgue, l’harmonie et le piano. Il abandonna rapidement toute étude musicale systématique et entama une vie de bohème, jouant dans les cabarets de Montmartre, tout en écrivant des pièces pour piano aux titres excentriques et ironiques et tournant en dérision ?* la fois les fantaisies modernistes et le pédantisme classique. Préludes flasques (pour un chien) ou Sonatine bureaucratique sont les noms donnés ?* ces œuvres. Au cours de cette période, il a écrit notamment, en 1888, ses célèbres Gymnopédies. Il inspira Debussy, ainsi que la plupart des compositeurs français des années 1900 ?* 1920, malgré ses relations difficiles avec le monde musical dit «sérieux». Car ce n’est pas seulement dans la forme qu’il s’y oppose ou le tourne en ridicule, mais aussi dans son esthétique. Par exemple, il inventa la «musique d’ameublement» où divers instrumentistes sont placés ?* plusieurs endroits d’une pièce et jouent des œuvres sans rapport les unes avec les autres. Il est aussi l’un des premiers ?* utiliser et introduire le jazz en France. À 40 ans, il étudia, ?* la Schola Cantorum de Paris, les techniques de composition les plus «classiques», comme la fugue ou le contrepoint. Quelques années plus tard, il publia son autobiographie qu’il intitula : Mémoires d’un amnésique.

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      • Jaoudet Gassouma :


        Lundi 9 Novembre 2009 -- Beaucoup d’étrangeté en ce mardi avec un concept pour le moins insolite qui consiste ?* mêler Yann Apperry, un auteur, avec Claude Barthélemy au maniement du luth. Ils créent tout deux ce concept de bruit blanc qui, selon eux, «est un sigle, un état d’esprit, une formation ouverte, un laboratoire. Son noyau dur, nous le constituons avec Claude Barthélemy, partageant l’écriture des textes, des parties chantées, des images projetées». Cet insolite duo est né en 2006, lors du désormais cultissime festival des Correspondances de Manosque, développe son répertoire de bruits blancs et propose au public algérois sa dernière création, Steel Blue. Celle-ci est une traversée folk blues et vaudou de l’Amérique, c’est l’équipée d’un bluesman noir et de son neveu blanc, du Montana ?* la Nouvelle-Orléans. Créé en Allemagne et repris en quatuor aux Correspondances de Manosque, il mêle les langues et les idiomes musicaux. Les deux protagonistes nous mènent ainsi entre mots divers et musique mélancolique dans les profondeurs moites et suantes du bayou. L’auteur, Yann Apperry, est né en 1972. Il réalise de nombreuses choses en parallèle ?* son travail de romancier. Le théâtre est une de ses passions. En 1997, il a été pensionnaire de la villa Médicis et a reçu la bourse «Jeune écrivain», allouée par la fondation Hachette. On note parmi ses publications : Qui vive (Minuit, 1997), Paradoxe du ciel nocturne (Grasset, 1999), Diabolus in musica (prix Médicis, Grasset, 2000) et Farrago (prix Goncourt des lycéens, Grasset, 2003). Quant ?* son pendant de l’autre côté des mots, il se nomme Claude Barthélemy et reste par son talent l’une des figures majeures du jazz. Compositeur, guitariste et joueur de luth, il demeure un chef de plusieurs orchestres qui sont sous sa baguette magique bien savants et bien sauvages. Claude Barthélemy est directeur par deux fois de l’Orchestre national du jazz et compagnon de route du grand Michel Portal avec tant d’autres… Il est l’auteur, entre mille autres, de vers autobiographiques : Tout m’arrive ?* la fois et Mon âme papillonne au bout de l’impensé. Voici deux personnages hauts en couleur qui ne manqueront pas d’apporter une note bleue, une note bleue et fantaisiste en cette soirée du mardi 10 novembre, au Centre culturel français d’Alger, ?* 19 h.

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        • Mercredi 11 Novembre 2009 -- «Lumière sur le noir» est une exposition de l’artiste peintre français Pierre Fava qui se tient au Centre culturel français d’Alger depuis le 5 novembre et durera jusqu’au 26 du même mois. Jeune artiste trentenaire originaire de Corse, Pierre Fava a depuis ses débuts dans le monde de l’art suscité l’intérêt et l’admiration des critiques et du public. Son histoire avec la peinture n’est pas des plus ordinaires, puisque ?* ses débuts, il éprouvait une grande difficulté ?* dessiner. De l?*, il découvrit sa préférence pour le contact direct avec la matière et, surtout, son penchant pour l’abstraction et par-dessus tout, pour la couleur noire. «Lumière sur le noir» fait partie de ces expositions qui captivent, d’emblée, le visiteur, par la sobriété et la puissance esthétique de ces toiles. Les dix peintures exposées au CCF d’Alger sont toutes dédiées au noir, comme couleur et comme concept philosophique. La fascination de l’artiste pour cette couleur s’explique par son enfance difficile et son parcours jonché de difficultés et de déceptions, mais aussi par l’apport esthétique considérable qu’elle offre ?* l’œuvre artistique. Pierre Fava nous propose donc une série de tableaux qui interrogent. Il explore le noir sous toutes ses nuances et tente d’en extraire le mystère et l’essence. En résulte alors une œuvre contemporaine dont l’artiste maîtrise parfaitement la technique, tout en se permettant des libertés bien personnelles. Le grand format en fait partie. Fava affectionne tout particulièrement les tableaux de grande dimension, et ce pour la liberté de mouvement «physique» que celle-ci lui procure. Peintre gestuel avant tout, il estime que le grand format permet de mieux exploiter la totalité de son énergie corporelle. Ainsi, la peinture chez cet artiste naît d’un geste brachial entier, allant de l’épaule au poignet. Il ne s’agit donc plus du rapport classique avec la toile, mais d’une sorte de fusion, de contact direct et charnel, d’où naît une expression picturale puissante et un tantinet agressive. La symbolique profonde de la couleur noire, alliée ?* la force visuelle du trait, font que l’œuvre de Pierre Fava fasse partie d’une nouvelle tendance dans la peinture contemporaine des années 2000. Ses monochromes font le bonheur des galeries parisiennes et trouvent souvent acheteurs parmi le public, conquis par la force et l’esthétique de ses coups de pinceau. Né ?* Toulon en 1979, Pierre Fava vécut une enfance difficile qui restera ancrée dans son œuvre. Il déserta les bancs de l’école et fuit un environnement familial et social peu structurant. Autodidacte talentueux, il commença ?* peindre et découvra son attirance pour le grand format et la couleur noire. Il est souvent affilié au peintre français Pierre Soulage et aux expressionnistes abstraits américains. Employant souvent la technique de l’acrylique sur toile, il accorde une grande importance ?* la pureté du trait et de la couleur et ?* l’essence cachée de la matière. Ses peintures sont de ce fait aussi rugueuses qu’un roc, mais ne perdent pas la douceur et la souplesse de l’eau. Cette duplicité entre la rudesse originelle de la matière et l’épurement extrême que cherche Fava en polissant son sujet, lui donne ce cachet particulier qui séduit et étonne. Cette exposition offre donc au visiteur algérois l’occasion de découvrir un jeune peintre contemporain qui a, sans le moindre doute, de beaux jours devant lui.

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          • Jeudi 26 Novembre 2009 -- Un concert-théâtre intitulé Stabat mater furiosa aura lieu au Centre culturel français d’Alger le lundi 7 décembre. Le texte, écrit par le dramaturge et poète français Jean-Pierre Siméon et publié aux éditions Les solitaires intempestifs, relate la révolte d’une femme, d’une mère contre la guerre, contre toutes les guerres. Des mots crus, parfois brutaux et tantôt pleins d’espoir giclent de la bouche d’une femme qui n’a plus de larmes pour pleurer la mort absurde des soldats. La douleur est donc submergée par la colère et l’invective face ?* cet «éternel masculin» qui n’en finit pas de semer terreur, ruine et malheur partout où il pointe son arme. La teneur et l’intensité du message véhiculé sont autant d’éléments favorisant la théâtralisation du texte. Pour ce faire, il ne s’agit nullement de faire dans le classique puisque la furiosa (fureur) du personnage requiert une puissance dans l’interprétation et une farouche créativité dans la mise en scène. L’idée consiste ?* transmettre au spectateur cet état d’indignation, d’âpre douleur et de dénigrement face au «meurtre perpétuel». Le spectacle est donc une sorte de fusion entre monologue et musique. La voix d’Anne Conti, comédienne française très réputée, s’élèvera au milieu de résonances parfois rock parfois plus douces variant selon l’état du personnage. Les musiciens sont d’autant plus impliqués dans l’accomplissement de cette mélopée moderne que les bruits de la guerre (cris, tirs, pas de soldats…) doivent être «transplantés» sur scène afin de rendre, le plus fidèlement possible, l’inénarrable atrocité des conflits armés… Cette formation scéno-musicale a pour premier objectif de transporter le spectateur, de le rendre partie prenante du tourment coléreux du personnage, de le sensibiliser en quelque sorte sans pour autant verser dans le prêche ou la moralisation désuète. Le but est tout d’abord d’impliquer l’auditoire dans cette révolte contre la guerre, quelle qu’en soit la cause ou la finalité. C’est un refus radical et sans concession auquel nous sommes invités ?* apprécier la ténacité et l’émotion. Stabat mater furiosa s’avère être une œuvre collective par excellence puisque chaque élément y a un rôle important ?* jouer. Hormis les musiciens Rémy Chatton aux cordes et Vincent le Noan aux percussions, c’est aussi l’éclairagiste Stéphane Zuliani qui doit faire des siennes puisque la lumière est d’une importance capitale dans le spectacle, sans oublier la costumière Catherine Lefebre. L’auteur du texte, Jean-Pierre Siméon, est un dramaturge, poète et romancier français né en 1950. Agrégé de lettres modernes, il a ?* son actif une quinzaine de recueils poétiques, cinq romans, des livres pour la jeunesse et plusieurs pièces de théâtre. Il occupe actuellement le poste de directeur artistique du Printemps des poètes, une festivité consacrée ?* l’art poétique en France.

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            • Jaoudet Gassouma :


              Dimanche 29 Novembre 2009 -- Le Centre culturel français d’Alger présentera une exposition du jeudi 3 décembre 2009 au lundi 4 janvier 2010. Le plasticien français nous présentera une très belle exposition intitulée «La soupe des renards» (exposition Talmart 2008), qui constitue l’ensemble de la trilogie aveyronnaise de Pascal Colrat auquel on doit notamment les affiches du Tarmac de La Villette. Pascal Colrat est un artiste ?* part ; il est sur la frontière ténue de tous les arts possibles, photographe par ci, graphiste par l?*. Cependant la charge esthétique qui est portée par ses expressions multiples laisse pantois du fait de son originalité. Si l’on considère son travail dans un sens précis d’expression, on sera surpris de voir les effets magnifiés des formes les plus inattendues, pendant que l’on s’extasie sur ses graphismes nerveux ou sereins – cela dépend du travail fourni et de sa destination – on finit par réaliser qu’il n’y a pas de photomontage ni d’effets surannés dans son élaboration plastique. Pour cette fois, au CCFA, Pascal Colrat nous propose le troisième volet de son triptyque «Du bois dont on se chauffe, Une affaire de famille» aveyronnais, une plongée dans un passé familial de mensonges, de viols et de meurtres : «La soupe des renards». Le photographiste comme il se définit lui-même joue ici sur le tableau de l’intime le plus personnel, du personnel le plus sensible, ce qui contraste avec son goût des armes froides. Le résultat démontre néanmoins la parfaite cohérence plastique de toute sa production. «La soupe des renards» est, techniquement, exempte de truquage numérique. Chaque photo a demandé le déploiement d’une énergie particulière de fabrication ainsi qu’une imagination féconde. Que dire de plus en fait sur ce photographe qui ne triche assurément pas, mais qui reste un visionnaire étonnant. C’est ainsi qu’il prévoit, qu’il organise, avec ce que l’organisation la mieux préparée réserve aussi de surprises tel lever de lune, tel coup de vent, tels degrés de lumière. Ce travail fait une différence immédiatement visible avec toute espèce de trafic des images issues, par exemple, de Photoshop et autres logiciels de création virtuelle aux effets non moins virtuels. Tout cela est mis en scène dans un élan ironique ?* la limite de l’effrayant. C’est alors que cette fameuse exposition «La soupe des renards» pousse l’enquête familiale jusqu’?* ses limites les moins fréquentables. À découvrir ?* tout prix pour le plaisir de l’effroi. Le vernissage, en présence de l’artiste, le jeudi 3 décembre ?* 18 h, au CCF.

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              • Mardi 8 Décembre 2009 -- Réalisée par le photographiste français Pascal Colrat, l’exposition intitulée «La soupe des renards» est ?* voir au Centre culturel français d’Alger jusqu’au 4 janvier prochain. «La soupe des renards» est le troisième volet du triptyque aveyronnais de l’artiste («Un bois dont on se chauffe» en 2005 et «Une affaire de famille» en 2006). Pour cette exposition du CCF d’Alger, inaugurée le 3 décembre dernier, Pascal Colrat nous propose une quinzaine de photographies ancrées dans la vie quotidienne, avec ses moments banals, ses incidents et ses accidents. Séduit par les détails de l’infiniment intime, attiré par les révélations graphiques d’un événement ou d’un état d’âme, l’artiste nous offre une mosaïque de décors, de personnages et de paysages, ?* la fois ordinaires et exceptionnels. Exempte de tout truquage numérique, cette collection s’avère naître d’un énorme déploiement d’efforts physique et mental, en ce sens où Colrat cherche, pour chaque photo, une mise en scène particulière qui exige souvent de grands moyens et un ensemble de conditions extérieures. Connu surtout pour la conception d’affiches et d’installations design, Pascal Colrat s’avère être un touche-?*-tout prolifique et non moins attaché ?* la qualité artistique de son travail. Ainsi, après plusieurs affiches réalisées pour des théâtres, des opéras et des événements musicaux, il s’intéresse ?* la conception de cartes postales puis ?* l’utilisation d’animaux empaillés dans des installations design. En 2005, il entame la réalisation d’une trilogie de photographies liée d’abord ?* ses origines provinciales (Aveyron) puis ?* des préoccupations de plus en plus esthétiques, émotionnelles et personnelles. «Du bois dont on se chauffe» revient sur le milieu du travail en Provence et analyse, ?* la fois sobrement et passionnément, l’envers du décor du monde ouvrier. Quant ?* «Une affaire de famille», il s’agit plutôt d’un regard porté sur sa propre famille, son histoire, ses mensonges et ses meurtres. «La soupe des renards», elle, semble plus détachée, plus focalisée sur le contact visuel avec le public, auquel l’artiste semble présenter une fresque de vie humaine dans tous ses états. Sur ces photos, on peut croiser un accident de voiture tellement réel et empli de détails véridiques que l’on peinerait ?* croire qu’il s’agit d’une mise en scène. Plus loin, on peut admirer un arbre au milieu d’une route déserte, une jeune femme enlaçant un poteau électrique, une chaise longue posée au milieu d’un jardin, les pieds nus d’une femme sur des bris d’un néon, un incendie ou encore un crash d’avion. Tout cela titré avec la plus grande sobriété qui pourrait évoquer un P-V de police ou une pièce ?* conviction. L’ensemble des œuvres exposées dégage non seulement une beauté captivante mais aussi une puissance dans le message graphique, dans les détails minutieusement étudiés, dans le souci presque obsessionnel de l’artiste de reconstituer un moment de vie en le gorgeant d’authenticité et d’émotion. «La soupe des renards» est donc une exposition plus qu’intéressante où se côtoie esthétique, puissance et qualité graphique. À découvrir...

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                • Dimanche 13 Décembre 2009 -- Jeudi dernier, cinq membres très influents du PER (Parti d’en rire) ont été les invités du Centre culturel français pour tenter de répondre ?* cette question : peut-on rire de tout ? Il s’agit des dessinateurs et journalistes Georges Wolinski, Slim, Chawki Amari, Mustapha Benfodil et Luc Chaulet alias Omar Zellig (modérateur). Face ?* une salle archicomble, composée essentiellement de jeunes étudiants, les quatre intervenants, dont l’humour demeure vif et incisif, ont eu des avis divergents sur la question. Chawki Amari, dessinateur et chroniqueur ?* El-Watan, soutient que : «Oui, on peut rire de tout.» Car, selon lui, l’Algérien ne s’impose aucune limite en matière de dérision et ne se sent pas intimidé par le caractère sacré de certains sujets. «Oui, tout le monde rit de tout, mais dans les canaux officiels, on ne peut rire de rien !» fulmine-t-il. Wolinski, qui a fait ses armes dans des titres prestigieux de la presse française (Hara-Kiri, Charlie Hebdo, l’Humanité et actuellement Paris Match) affirme, pour sa part, que tout n’est pas sujet ?* dérision car l’humoriste, bien qu’il soit un être insolent et irrespectueux de nature, se doit d’avoir une opinion politique et un engagement qui ne lui permettent pas toujours de tout désacraliser. Interrogé sur la liberté d’expression dans son pays, il dresse un tableau reluisant de la situation et se dit satisfait de l’avancée considérable qu’ont connue les libertés en France, notamment après mai 1968, dont il a été un témoin privilégié. «Ces vingt dernières années, tous les tabous et prudences ont disparu.» Une affirmation qui ne fait certainement pas l’unanimité puisque, comme l’a souligné Chawki Amari, plusieurs sujets demeurent encore intouchables. D’aucuns n’ont pas oublié, en effet, le licenciement par le directeur de Charlie Hebdo de l’intraitable caricaturiste Siné et les procès intentés ?* l’humoriste controversé Dieudonné pour le simple «délit» d’avoir mis en cause la victimisation exagérée du peuple juif. Le père de Bouzid, Slim, ce personnage mythique de la BD algérienne, estime que la liberté d’expression a connu une nette régression par rapport aux années 1970. En témoigne, selon lui, son expérience avec le défunt journal satyrique El-Manchar, où «l’on pouvait dire et faire ce qu’on voulait». Mustapha Benfodil a préféré lire un texte dont l’humour, noir et irrévérencieux, a fait littéralement plié la salle en deux. Le caractère détendu, osé, libertaire et presque anarchiste de cette rencontre lui a donné tout son intérêt. Les enfants terribles d’une presse qui lutte pour sa liberté et son indépendance ont réussi, l’espace d’un débat, ?* redonner leur droit ?* l’humour, ?* la joie et au rire. Car, comme le dirait Amari, «on doit sortir l’humour dans le domaine public. C’est la seule arme de protestation qui nous reste». Le public a ainsi passé deux heures de rires, de bonne humeur et de malicieuse dérision. Peut-on rire de tout ? Chacun a son avis sur la question, mais il est certain que les invités du CCF ont su faire apprécier ?* tous les présents les vertus de ce remède miracle contre les soucis du quotidien.

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                  • Jeudi 7 Janvier 2010 -- Trente-quatre illustrateurs pour la jeunesse, venus d’Afrique subsaharienne, exposent leurs planches ?* la médiathèque du Centre culturel français d’Alger, jusqu’au 31 du mois en cours. C’est une exposition itinérante qui a été inaugurée le 8 avril 1999 par le président de la République du Mali, Alpha Omar Konaré, ?* l’occasion de la Foire internationale du livre pour enfants de Bologne (Italie). Depuis, elle fait le tour des pays africains tels que le Togo, le Bénin, l’Afrique du Sud, le Cameroun, etc. Elle a atterri en ce début d’année 2010 au Centre culturel français d’Alger. Usant de différentes techniques, ces illustrateurs s’inspirent essentiellement de la culture populaire de leurs pays respectifs, mais aussi du quotidien de leurs concitoyens. Couleurs pastel ou chatoyantes, traits gras ou discrets, accompagnées de textes courts, ces illustrations ont pour premier but de rapprocher l’enfant africain du livre. Le Camerounais Christian Kingué Epanya raconte l’histoire d’un enfant assistant ?* l’accouchement de sa mère dans la pure tradition locale. Quant au Congolais Dominique Mwankumi, il nous décrit le quotidien d’un enfant de la rue, abandonné par ses parents, passant ses nuits dans un carton et s’amusant avec les jouets qu’il fabrique lui-même. Autant d’images et d’histoires riches en couleurs qui, même si touchant en premier lieu l’enfant de l’Afrique subsaharienne, peut aussi intéresser le jeune lectorat algérien. Une louable initiative que d’inviter cette exposition ?* Alger, sachant surtout l’état des lieux du livre pour enfants dans notre pays. Il semble, en effet, que cette tranche du lectorat algérien ne bénéficie que de peu d’intérêt de la part de nos maisons d’édition. Très chichement présent au Salon international du livre d’Alger et dans les librairies algéroises, le livre pour enfants n’enregistre pas de grandes ventes dans le marché livresque. Cela renvoie évidemment ?* la crise de lecture que connaît le pays depuis quelques années. Crise qui se voit aggraver par le foisonnement des nouveautés technologiques et des gadgets destinés aux enfants, qui volent sa place sacrée au livre. Il est également ?* souligner que la production algérienne du livre pour enfants n’est que rarement attachée ?* la qualité de l’ouvrage et aux attentes du lectorat. Les sujets sont dépassés, le dessin est, pour ainsi dire, «rudimentaire» et le texte frôle parfois l’indigeste ! Cette exposition, légère, abordable et d’un intérêt incontestable pour ce qui est de la promotion des livres pour enfants, ne saura que plaire aux jeunes visiteurs. Le jeune lectorat algérois aura donc jusqu’?* la fin de janvier pour découvrir cette charmante série d’illustrations, signée par des dessinateurs africains ancrés dans la culture populaire et le richissime univers coloré de ce continent.

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                    • Dimanche 17 Janvier 2010 -- Dans un retour ?* la liste mémorielle de l’histoire culturelle de l’immigration maghrébine en Europe, une communication de Naïma Yahi, docteur en histoire culturelle, sera donnée aujourd’hui, dimanche 17 janvier, de 17h ?* 19h au Centre culturel français d’Alger. L’histoire est emplie de toutes les turpitudes d’un passé vécu en commun, même si c’est de l’un ou de l’autre coté de la barrière coloniale. Pourtant, malgré cette passion vivace de ces blessures non cicatrisées, on notera que «les histoires culturelles française et maghrébine s’enrichissent de l’expérience artistique et culturelle de centaines de milliers de Maghrébins qui, malgré la violence de la nuit coloniale et des conditions de vie difficiles, ont produit un discours et des œuvres exceptionnels tout au long du XXe siècle. Poésie, chanson, littérature mais aussi peinture ou presse, les Maghrébins de France ont constitué de fait, après une longue période d’adaptation et de longues nuits d’assimilation forcée et d’acculturation, un patrimoine d’envergure, mais hybride, faisant de leur présence en France un caractère souvent fidèle aux origines, mais aussi avec des variants culturels abreuvés dans le pays d’accueil. Avec, pourtant, ?* l’origine une difficulté de trouver sa place et sa voie sans renier son être dans une France qui n’a jamais digéré l’indépendance algérienne.

                      Il va sans dire aussi que la présence de l’immigration maghrébine dans toute sa large composante ouvrière, artistique ou simplement sociale sera d’un apport mi- figue mi-raisin par un caractère souvent aussi festif, enjoué et méditerranéen que maussade, nostalgique et regardant de l’autre côté de la mer. Ce qui, assurément, enrichit toujours notre héritage issu de cette présence outre-mer, fortement paradoxale car étant inscrite dans le pays spoliateur mais pourtant ô combien originale dans son expression et fortement créative. Que dire de plus que la douleur reste capable des plus belles poésies». La conférencière, Naïma Yahi, fille d’émigrés algériens, a voulu d’abord être journaliste. Elle opte pour la recherche dans un premier temps, poursuit ses études ?* Grenoble et obtient un DEUA en histoire culturelle. Elle exercera quelques années dans le milieu banquier avant de revenir ?* la recherche et d’entamer un doctorat sur l’histoire culturelle des artistes algériens en France de 1962 ?* 1987. On connaît d’elle plusieurs éditions avec, notamment, Générations : Un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France (Yahi Naïma, Gastaut Yvan et El-Yazami Driss, Gallimard 2009), et l’Aventure du catalogue arabe Pathé Marconi 1950-1970 (Ecarts d’identités, numéro spécial 2009). Dans sa communication de ce soir, elle ne manquera pas de faire le partage d’une expérience éclairée dans cette fabuleuse histoire algéro-française qui ne cesse de nous révéler des pans nouveaux d’un destin commun aux directions pourtant bien différentes.

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                      • Sarah Haidar :


                        Jeudi 21 Janvier 2010 -- «L’histoire culturelle de l’immigration maghrébine», tel est le thème d’une conférence animée par Naïma Yahi, au Centre culturel français d’Alger dimanche dernier. Précisant que l’histoire de l’immigration maghrébine n’a été traitée par les chercheurs français que sous ses deux aspects social et politique, la doctor en histoire naturelle, Naïma Yahi, dit s’être intéressée ?* l’apport des artistes maghrébins en général et algériens en particulier ?* la culture française. C’est le thème de sa thèse de doctorat, dirigée par le célèbre historien Benjamin Stora. La conférencière affirme, en outre, que la recherche dans le domaine demeure malheureusement limitée et rencontre souvent divers obstacles. Sa thèse de doctorat s’avère donc l’une des rares études portant sur un sujet digne d’intérêt ?* plus d’un égard. Car force est de constater que le cliché répandu, pendant l’ère coloniale, sur la communauté maghrébine vivant en France, qui veut en faire une simple main-d’œuvre ayant contribué ?* l’essor économique du pays, subsiste ?* ce jour. Or, l’apport des immigrés ne se limite pas aux aspects économique et social, mais touche également la vie culturelle. C’est dans un esprit de revalorisation et de recherche approfondie que s’inscrit donc la démarche de Mme Yahi. Parmi ses réalisations, il est ?* noter la tenue d’une exposition très intéressante jusqu’au 18 avril prochain, ?* la Cité nationale de l’histoire de l’immigration de Paris, intitulée «Générations : un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France». Comme son titre l’indique, il s’agit d’un véritable trésor d’archives collecté en quatre ans d’investigations et de contacts avec les instances concernées, dont une association parisienne de valorisation des archives publiques et privées, la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), l’Institut national de l’audiovisuel, la radio, etc. Cette exposition comporte des photos, des vieux disques et des pochettes d’albums de chanteurs algériens ayant débuté leur carrière en France. Mme Yahi précise, ?* ce propos, que la production artistique maghrébine, contrairement ?* l’idée répandue, a commencé dans les années 1910. Production qui s’est vue, au fil des années, courtisée par les éditeurs de disques français, en raison de l’intérêt commercial qu’elle représente. Mais la chercheuse affirme que la forte présence maghrébine sur la scène culturelle française ne se limite pas ?* la chanson. Il s’agit aussi d’écrivains, d’artistes peintres, de dramaturges et de réalisateurs qui ont fait et font encore aujourd’hui le bonheur des bibliothèques, galeries et cinémas parisiens. Cette richesse du patrimoine matériel et immatériel légué par la communauté algérienne immigrée doit, selon l’intervenante, nous interpeller quant ?* la nécessité de la préservation des archives et, éventuellement, leur restitution ?* l’Algérie. À propos de l’accueil fait ?* ladite l’exposition, Naïma Yahi affirme que le grand public parisien, français, immigrés et pieds-noirs, tous confondus, ont été agréablement surpris par ce long travail de recherche qui a abouti ?* une revalorisation de la culture maghrébine, une révision positive des clichés souvent réducteurs, répandus sur cette communauté.

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                        • Tarek Chaouch :


                          Lundi 25 Janvier 2010 -- Mari Kobayashi, mezzo-soprano, que l’on a déj?* entendue il y a quelques semaines, en compagnie de l’Orchestre symphonique national, sera de retour cette fois-ci, ce soir ?* 19 h, au Centre Culturel français d’Alger. Lors du concert initié par le Centre culturel français d’Alger, la cantatrice émérite sera accompagnée au piano par le compositeur et maestro japonais Fuminori Tanada. Le duo de prestige entamera un large répertoire classique et les surprises ne manqueront pas d’être au rendez-vous. En ce qui concerne Mari Kobayashi, elle suit un parcours éloquent. Après des études musicales dans son pays natal, le Japon, où elle obtient une maîtrise puis un doctorat ?* l’université nationale de musique de Tokyo. Elle poursuit sa formation au CNSM de Paris où elle obtient, en 1987, le prix d’art lyrique puis, en 1989, le prix d’interprétation de musique vocale ancienne. Son vaste répertoire s’étend du baroque ?* la musique contemporaine. Elle est lauréate de plusieurs prix internationaux prestigieux. Pour ce qui est de Fuminori Tanada, pianiste et compositeur japonais, il est résident français né en 1961 ?* Okayama. Il étudie la composition, l’écriture et l’accompagnement ?* l’Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tokyo avec Yoshio Hachimura et Henriette Puig-Roget. De 1984 ?* 1987, il est boursier du gouvernement français. Il est admis au Conservatoire de Paris dans les classes de Claude Ballif, Paul Méfano, Serge Nigg, Betsy Jolas. Après avoir obtenu trois premiers prix en composition, orchestration et accompagnement au piano, il suit le cycle de perfectionnement en composition. Pianiste de l’ensemble l’Itinéraire, Fuminori Tanada est très actif en tant qu’interprète du répertoire contemporain. Parmi ses œuvres, citons : Miroirs, pour douze musiciens (1989), créé par l’Ensemble 2e2m dirigé par Paul Méfano, Chants des lumières I pour saxophone alto et orchestre (1991), créé par Jean-Marc Pongy et l’Orchestre du conservatoire dirigé par Pascal Rophé, F pour flûte en ut (1991), créé par Pierre-Yves Artaud, la série des Mysterious Morning I pour harpe (1995), II pour quatuor de saxophones sopranos (1996), III pour saxophone soprano (1996), IV pour deux harpes et ensemble (1996-1997), plus récemment, les Echoing Forest pour clarinette (2007) et Echoing Forest II pour violon et piano (2007), Echoing Waves I pour deux trompettes (2009) et Echoing Waves II pour saxhorn (ou euphonium) et piano (2009). Actuellement, il travaille sur une nouvelle version du quatuor avec flûte (2001-...) et sur l’extension et la révision en deux mouvements du sextuor. Nos deux amis, empreints de toute la rigueur et l’élégance de leur art nageant entre baroque et contemporain, donneront le meilleur ce soir, où l’entrée sera libre dans la limite des places disponibles.

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                          • Sarah Haidar :


                            Lundi 1 Février 2010 -- Un concert de chant lyrique, animé par le baryton camerounais Jacques-Greg Belobo, aura lieu ce soir ?* 19 h, au Centre culturel français d’Alger. Il sera accompagné ?* la guitare par Atahualpa Ferly, professeur au Conservatoire national de musique du Havre. Ayant commencé sa carrière musicale en autodidacte ?* Yaoundé, Jacques-Greg Belobo entame sur le tard des études au Conservatoire régional de Nice, où il obtient la médaille d’or de chant en 1998. Cette bourse d’études ?* Nice, accordée ?* l’issue d’un concours au Cameroun, lui ouvrit les portes de la reconnaissance internationale. À Paris, il intègre le Conservatoire national supérieur de musique et de danse dans la classe de chant d’Isabelle Guillaud. Ayant obtenu un diplôme supérieur de chant en 2001, il enchaîne depuis les prix dans plusieurs concours européens. Reconnu par ses pairs et apprécié par le public, il anime dès lors des concerts un peu partout dans le monde sous la baguette des plus grands chefs d’orchestre, tels que Fabio Luisi, Michel Piquemal, Samuel Bacheli, dans plusieurs pièces de musique classique, dont la Messe du couronnement, de Mozart, Stabat Mater, de Dvorak, les Cantates, de Bach, le Requiem, de Fauré. Il est aussi le premier chanteur lyrique africain ?* obtenir le prix prestigieux décerné par la BBC : Best Singer in the World (le meilleur chanteur au monde). Sa renommée internationale ne fait que croître ?* partir des années 2000 faisant de lui l’un des artistes africains les plus médiatisés, primés et sollicités dans le monde. Jacques-Greg excelle, en effet, dans l’opéra, qu’il considère comme son domaine de prédilection. Il fait aussi un travail de promotion du chant lyrique en Afrique ?* travers des concerts réguliers qu’il anime sur tout le continent. Pour le concert de ce soir, il sera accompagné du talentueux guitariste guadeloupéen Atahualpa Ferly. Ce dernier débute précocement dans la musique. Il commence son apprentissage de la guitare ?* l’âge de 8 ans. À 14 ans, il participe au festival Le carrefour de la guitare dirigé par le célèbre compositeur cubain Léo Brouwer. Il poursuit ses études supérieures ?* Paris, où il obtient plusieurs prix. Il se produit régulièrement en tant que soliste ou chambriste, notamment avec Jacques-Greg Belobo avec qui il a fait plusieurs tournées en Afrique et en Europe. Ce duo saura certainement offrir aux visiteurs du CCFA une belle soirée musicale, où la voix puissante de Belobo, accompagnée des rythmes savants de Ferly, ne pourra que charmer le public. À ne pas rater.

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                            • Mercredi 3 Février 2010 -- Le long métrage de Serge Le Péron, J’ai vu tuer Ben Barka, sera projeté aujourd’hui, mercredi 3 février, ?* 15 h et 18h30, au Centre culturel français d’Alger. En inaugurant un cycle de films politiques, le Centre culturel français d’Alger nous propose chaque mercredi du mois en cours trois films. D’abord, J’ai vu tuer Ben Barka, du réalisateur parisien Serge Le Péron. Ensuite, le Cas Pinochet, de Patricio Guzmán (Chili, France, Canada, Belgique, 2000), et enfin le Caïman de Nanni Moretti (Italie, France). M. Le Péron est également coscénariste de ce film portant sur l’affaire de l’opposant marocain, Mehdi Ben Barka, avec Frédérique Moreau et Saïd Smihi. C’est dire qu’il n’est pas simple d’écrire une fiction historique sur un homme politique marocain, enlevé devant la brasserie Lipp, ?* Paris, le 29 octobre 1965, puis porté disparu. M. Ben Barka, le leader socialiste qui a milité pour la cause des pays d’Afrique et dudit Tiers-Monde, a dû s’exiler pour éviter la répression dans son propre pays. Il s’est retrouvé condamné ?* mort, le 22 novembre 1963, par contumace pour complot et tentative d’assassinat contre le roi Hassan II. Il est passé par Alger où il a rencontré Ernesto Che Guevara, Am?*lcar Cabral et Malcolm X. Puis, il est allé au Caire, ?* Rome, ?* Genève et ?* La Havane, afin de fédérer les mouvements des pays du Tiers-Monde, et ce avant la Conférence tricontinentale (janvier 1966 ?* La Havane). Il a alors affirmé lors d’une conférence de presse : «Les deux courants de la révolution mondiale y seront représentés : le courant surgi avec la révolution d’Octobre et celui de la révolution nationale libératrice.» En tant que président de la commission préparatoire, il visait notamment la solidarité envers les mouvements de libération, le soutien ?* Cuba soumis ?* l’embargo américain, la suppression des bases militaires étrangères et l’abolition de l’Apartheid en Afrique du Sud. Pour l’historien René Galissot, «c’est dans cet élan révolutionnaire de la Tricontinentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka». Nombre de films ont été produits sur ladite affaire Ben Barka ou ont été inspirés de cette histoire, qui a ébranlé aussi bien le royaume chérifien que la France de De Gaulle. À lire le titre de l’œuvre de Le Péron, tout porte ?* croire qu’il est intéressant d’aller apprécier un tel sujet. Pour la critique, il aurait mieux fallu s’abstenir de réaliser une fiction et opter, plutôt, pour un documentaire.

                              Synopsis : janvier 1966, la police découvre le cadavre de Georges Figon, l’homme qui a fait éclater le scandale de l’affaire Ben Barka et ébranlé le pouvoir gaulliste. Un an plus tôt, Figon, lassé des affaires douteuses et des escroqueries minables, est ?* la recherche d’un coup juteux. Proche du «milieu» depuis ses années de prison, il se voit confier une mission de grande envergure : produire un documentaire sur la décolonisation, écrit par Marguerite Duras et réalisé par Georges Franju, avec l’aide du célèbre opposant marocain Mehdi Ben Barka, engagé comme conseiller historique. Ce projet de film est un piège...

                              J’ai vu tuer Ben Barka, de Serge Le Péron
                              France, 2005
                              Scénario : Serge Le Péron, Frédérique Moreau, Saïd Smihi
                              Avec Charles Berling, Simon Abkarian, Josiane Balasko, Jean-Pierre Léaud, Fabienne Babe, Mathieu Amalric
                              Photo : Christophe Pollock
                              Musique : Pierre-Alexandre Mati, Joan Albert Amargòs
                              Durée : 1h41
                              Sortie : 2 novembre 2005

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                              • Sarah Haidar :


                                Samedi 6 Février 2010 -- Projeté, mercredi dernier, au Centre culturel français d’Alger dans le cadre du cycle consacré au film politique, le film J’ai vu tuer Ben Barka, réalisé par Serge Le Péron, traite des derniers jours de l’opposant marocain. Aborder l’assassinat ignoble du célèbre opposant marocain Mehdi Ben Barka, dont le corps n’a jamais été retrouvé, d’un point de vue cinématographique n’est pas une mince affaire. Cette figure historique du tiers-monde est, en effet, très difficile ?* cerner. Son combat pour la démocratie et pour la décolonisation et son mépris viscéral pour la corruption et le capitalisme déshumanisé ont fait de lui l’un des leaders les plus respectés de l’opposition marocaine en particulier et tiers-mondiste en général. Serge Le Péron, conscient de la difficulté de sa tâche, a préféré jeter un faisceau de lumière sur les derniers jours de Ben Barka, au lieu de réaliser un bio-pic ordinaire. L’approche du réalisateur se fait ?* travers le personnage de Georges Figon, un ancien détenu et escroc français, abordé par des personnalités marocaines pour produire un documentaire sur la décolonisation qui serait écrit par Margueritte Duras, réalisé par Georges Franju et dont le conseiller historique serait Mehdi Ben Barka. Ce dernier se passionne alors pour le projet, ne doutant ?* aucun moment qu’il s’agit d’un piège pour l’attirer ?* Paris, où il est kidnappé, séquestré, torturé puis tué. Georges Figon est l’homme par qui le scandale arrive : après la mort de l’opposant, il offre des informations juteuses et des scoops ?* tout-va aux journaux français contre des sommes d’argent.

                                Dans l’affaire Ben Barka, personne n’est innocent, semble nous dire le réalisateur. Georges Figon, retrouvé assassiné plus tard dans sa chambre d’hôtel pour n’avoir pas su garder le secret, n’est sans doute qu’un pion dans cet immense échiquier criminel. Le kidnapping et le meurtre de l’opposant marocain impliquent non seulement les autorités de son pays, ?* commencer par le général Oufkir qui, dans le film, exécute lui-même la victime, mais aussi les autorités françaises ; Ben Barka ayant été kidnappé et livré ?* ses bourreaux par des policiers de la Ve République. J’ai vu tuer Ben Barka montre du doigt les assassins et rompt avec l’ambiguïté coupable qui entourait jusque-l?* l’affaire. Ne manquant pas d’humour ni de cruauté, le réalisateur donne ?* dire ?* ses acteurs des répliques cinglantes ?* propos de l’histoire, de la politique et du militantisme : «On ne choisit pas sa femme. On ne choisit pas sa mort non plus. On ne choisit pas grand-chose en réalité…», nous dit le cadavre de Georges Figon dès le début du film. L’ingénuité de la réalisation n’est pas le seul mérite de ce film. La prestation remarquable des acteurs est un élément essentiel ?* la réussite du film. Charles Berling, dans le rôle de Georges Figon, est tout simplement époustouflant compte tenu de l’exubérance et de la dualité entre le bien et le mal que représente son personnage. L’acteur d’origine arménienne, Simon Abakrien, interprétant Ben Barka, est plus que convaincant : il a su avec excellence traduire la force tranquille et l’aura magistrale du «Che» maghrébin. Quant ?* Josiane Balasko, dans la peau de l’immense Margueritte Duras, on ne peut qu’applaudir non seulement le travail remarquable qu’elle a effectué sur son physique pour ressembler ?* la romancière, mais aussi sa prestation pesante et émouvante tout au long des 100 minutes du film. J’ai vu tuer Ben Barka s’avère être, au bout du compte, un pamphlet incendiaire contre la complicité criminelle dont s’est rendue coupable la République française et contre l’immonde machine de la mort dont sont victimes les combattants de la liberté et des droits de l’homme dans les pays totalitaires et même dans les pays se disant démocratiques !

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