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Hommage à Malek Haddad :

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  • Hommage à Malek Haddad :

    Jeudi 7 juin 2007 -- Contrairement à Kateb Yacine qui concevait la langue française comme «un butin de guerre», qu’il fallait conserver et exploiter, Malek Haddad, a dit : «Nous écrivons le français, nous n’écrivons pas en français» pour souligner que la langue n’est qu’un instrument excluant toute aliénation culturelle.

    Né le 5 juillet 1927 à Constantine, Malek Haddad a fait ses études à Constantine et a été instituteur pendant une courte période avant de s’inscrire à la faculté de droit en France. Il a abandonné ses études, après 1954, pour travailler comme ouvrier agricole en compagnie de Kateb Yacine, dans le nord de la Camargue, puis dans le Fezzan (région désertique du sud-ouest de la Libye).

    Pendant la guerre de libération, Malek Haddad a collaboré à plusieurs revues parmi lesquelles Entretiens, Progrès, Confluents, et Lettres françaises. Il a travaillé à la radiodiffusion française et a écrit des romans entre 1958 et 1961.

    Après 1962, il s’est installé à Constantine. Il a collaboré à l’hebdomadaire Atlas et à la revue Novembre et a dirigé, de 1965 à 1968, la page culturelle d’Ennasr qui paraissait alors en langue française. Il a fondé la revue Promesses quand il a été chargé de la direction de la culture au ministère de l’Information (1968 à 1972).

    En 1974, il a été nommé secrétaire général de la nouvelle Union nationale des écrivains algériens. Constantine, sa ville natale, lui a consacré cette année, durant trois jours, un séminaire lors duquel ses œuvres ont été débattues.

    Mais est-ce suffisant pour cet illustre homme de lettres et poète. Beaucoup de personnes, hommes de lettres ou enseignants se demandent pourquoi l’école algérienne enseigne à nos enfants des écrivains étrangers et tourne le dos aux hommes de lettres algériens.

    Dans l’un de ses poèmes, on lit : «Je suis le point final d’un roman qui commence Non pas oublions tout, non pas niveau zéro Je garde dans mes yeux intacts ma romance Et puis sans rien nier, je repars à nouveau Je suis le point final d’un roman qui commence (...) De mes deux Sahara, je ferai des chansons Je garde dans mes yeux intacts ma romance Je suis en vérité l’élève et la leçon (...) Oh mon Dieu, cette nuit tant de nuit dans mes yeux Maman se dit yema et moi je dis ma mère J’ai perdu mon burnous, mon fusil, mon stylo.» Malek Haddad, écrivain de talent, même s’il a été traduit dans quatorze langues, demeure peu connu, même dans son propre pays.


  • #2
    Sarah Haïdar :


    Samedi 5 Juin 2010 -- L’hommage tant attendu à Malek Haddad, dans le cadre du 3e Festival international de la littérature et du livre de jeunesse, a eu lieu ce mercredi 2 juin à la salle portant le nom du défunt écrivain, à l’esplanade de l’Office Ryad el-Feth. «Le silence n’est jamais un suicide », disait Malek Haddad en 1964 lorsqu’il prit cette terrible décision de cesser d’écrire, lui qui considérait désormais la langue française comme «un exil». L’universitaire et essayiste algérienne, Aïcha Kassoul, modératrice du débat sur Malek Haddad dont on a commémoré, ce mercredi, le 32e anniversaire de sa mort, estime que l’auteur constantinois était «l’écrivain du silence». Ce silence qu’elle ne semble pas pardonner au défunt, précisant que «pour un écrivain, le silence est un suicide, contrairement à ce qu’affirme Haddad».

    Parmi les conférenciers invités à cet hommage baptisé «Journée Malek Haddad», la professeur de langue française Mennouba Hadj Maâmar qui a consacré un livre pédagogique à l’auteur intitulé A la rencontre de Malek Haddad, a choisi de nous présenter son ouvrage qui traite de l’aspect plus ou moins technique de l’œuvre du défunt. Pour elle, il s’agissait d’analyser «le secret du plaisir tiré de la lecture et de la relecture de Haddad». Pour ce faire, «il est nécessaire de passer de la lecture empirique à une lecture distanciée afin de se mettre à la place d’un lecteur qui se poserait des questions». C’est à partir de là que Mennouba aborde la psychologie de l’auteur et le contexte historique qui a vu naître son œuvre. L’intervenante, dont l’ouvrage s’adresse à un jeune public, entreprend de ce fait la tâche de disséquer l’étymologie haddadienne, en analysant notamment le choix de ses titres. L’institutrice retraitée, insistant sur l’aspect engagé de l’œuvre de Haddad, n’a su malheureusement pas dépasser les quelques clichés répandus sur cette dernière. En effet, c’est ne pas lui rendre justice que de se focaliser uniquement sur cet aspect de l’œuvre. L’écrivain étant avant tout un poète de génie et un romancier hors pair, dont les mots se suffisent à eux-mêmes, même si le contexte de ses romans était la guerre d’indépendance algérienne. L’esthétique de Malek Haddad échappe à tout confinement historique ou politique ; lui qui prônait l’amour et la poésie dans ses textes est loin d’être un Mufdi Zakaria ou un Samih El Kassem. Car, dans le flot des violences et des injustices vécues par les Algériens pendant la guerre, il a réussi à célébrer la beauté et à affirmer sans sourciller : «C’est pour des gazelles et des harmonicas que l’on se bat.»

    L’écrivaine et universitaire Djouher Amhis est une passionnée de Malek Haddad. Elle a choisi de nous offrir une analyse pour le moins pertinente d’un de ses romans : Je t’offrirai une gazelle. Cet ouvrage dont le titre est à lui seul un poème, constitue selon l’intervenante la preuve que Haddad, dans son engagement pour la libération de son peuple, considérait que l’amour, la beauté et la poésie n’étaient point dissociés de la lutte pour la liberté. Ce roman, publié en 1958, en pleine guerre d’Algérie, est en effet l’œuvre la plus lyrique, la plus «dégagée» (ce mot étant, en littérature, l’antonyme d’engagé) de l’auteur. En publiant Je t’offrirai une gazelle, Malek revendique sa liberté d’écrivain et défend son droit de résister à l’infériorisation et à l’aliénation de l’Algérien par le colonisateur, en prouvant que dans cette Algérie meurtrie, il existe un désert où l’amour est possible. Ce désert où Yaminata et Moulay vivent une passion pure, loin des bombes et des tracas de la cité. Mme Amhis estime que dans cet ouvrage, l’écrivain voulait avant tout «combattre la violence par la symbolique poétique (la gazelle associée à l’amour) et la beauté des lieux décrits dans le texte, notamment le désert». Cette intervention, pour le moins intéressante, a plongé le public présent dans l’un des romans les plus fabuleux de Haddad, dont Mme Amhis nous gratifia par la lecture de quelques passages. Je t’offrirai une gazelle, c’est un Malek Haddad au sommet de sa passion pour l’écriture, mais c’est aussi un Malek Haddad harassé par le doute et tourmenté par cette question cruciale : «La littérature est-elle inutile ?». Ce dilemme, ces incertitudes et ces questionnements ont engendré une œuvre maîtresse de l’écrivain qui, du point du vue de plusieurs de ses lecteurs, est aussi géniale sinon plus que ses trois autres romans le Quai aux fleurs ne répond plus, l’Elève et la leçon et la dernière impression».

    Malek Haddad est l’une des figures inoubliables de la littérature algérienne. Un écrivain au verbe magique et à la strophe onirique qui, malgré la concision de son héritage, demeurera parmi les grands auteurs de notre littérature moderne. On retiendra cette date du 2 juin 2010 puisqu’il s’agit du premier hommage officiel à l’écrivain mort depuis 32 ans. L’Algérie qui, comme l’a si bien souligné Mme Aïcha Kassoul, a été injuste envers lui, essaie aujourd’hui de se rappeler ce géant de la littérature algérienne avec trente ans de retard ! Cette rencontre, organisée à l’occasion du 3e FELIV, n’a cependant pas été à la hauteur de l’homme et de l’écrivain qui mérite plus qu’un maigre après-midi pour lui rendre hommage.

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    • #3

      Lundi 7 Juin 2010 -- Des universitaires, des écrivains et des poètes se sont rencontrés, le 1er juin, au Théâtre régional de Constantine (TRC) pour rendre hommage à l’écrivain Malek Haddad. Initiée par la direction de la culture, la rencontre autour de l’œuvre et la vie de l’écrivain Malek Haddad est une manifestation contre l’oubli et le silence. Une pléiade d’universitaires, écrivains et poètes se sont rencontrés, le 1er juin, au TRC, pour commémorer le 32e anniversaire de la disparition d’un des pionniers de la littérature francophone algérienne. L’hommage, à titre posthume à Malek Haddad, organisé dans sa ville natale, est un ensemble de témoignages de ceux qui ont eu le privilège de le connaître. Ils ont révélé ses différentes facettes, fait des lectures d’extraits de ces poèmes et abordé la plume raffinée et l’âme sensible du poète et écrivain. M. Mohamed Arbaoui, ancien P/APC de la ville des Ponts et camarade de classe de Malek Haddad au lycée d’Aumale, aujourd’hui Rédha-Houhou, a évoqué le brillant élève que Haddad était. «Sa parfaite maîtrise de la langue française faisait des jaloux», a-t-il indiqué. Malek Haddad était toujours choisi pour exposer un travail de recherche, a affirmé le conférencier. Et de poursuivre : «Il avait du talent. Il était voué à l’écriture, ça se sentait.» Après avoir décroché leur baccalauréat, leurs chemins se séparèrent. Chacun est parti enseigner dans une ville. M. Arbaoui raconte que les amis se sont revus trente ans après, à l’occasion du décès de la mère de Malek Haddad. «Il était frappé dans sa racine et dans sa chair», disait-il. Le conférencier a lu aussi une lettre que Malek Haddad lui a envoyée et dans laquelle il le remerciait de l’avoir conforté, de l’avoir aidé à dépasser sa souffrance.

      Quant à M. Djamel Ali Khodja, maître de conférences au département de langue et littérature française et également neveu de Malek Haddad, il a consacré son intervention au rôle qu’à joué la mère de l’écrivain dans la formation de sa personnalité. «Sa mère a façonné sa sensibilité. Elle avait le talent de raconter des histoires et était très attentive à ses débuts littéraires», a-t-il déclaré. Le qualifiant de «marchand d’espoir», le conférencier s’est aussi étalé sur ses promenades avec Malek Haddad à Constantine, la ville qu’il portait dans son cœur, et à laquelle il a consacré une série d’articles, et aussi sur leurs échanges littéraires. L’écrivain évoquait l’exil de la langue et la passion de l’écriture. S’en sont suivies des lectures d’extraits des recueils le Malheur en danger, Ecoute et je t’appelle et du roman le Quai aux fleurs ne répond plus, ou des débats intérieurs de celui qui affirmait : «Nous écrivons le français, nous n’écrivons pas en français.» Ses émois, ses bouffées de tendresse ou encore d’amertume sont ressentis et transmis. De son côté, le romancier Waciny Laâredj s’est dit honoré d’avoir été convié à célébrer Malek Haddad. Le romancier n’a pas omis de rappeler que perpétuer Malek Haddad et ses œuvres, le faire connaître aux jeunes générations passe nécessairement par l’introduction des ses écrits en arabe et en français dans les manuels scolaires, comme ce fut le cas dans les années soixante-dix.

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