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Hnifa, une vie brûlée : Hnifa à l'écran

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  • Hnifa, une vie brûlée : Hnifa à l'écran

    Mardi 25 septembre 2007 -- Un film documentaire sur la vie et la carrière artistique de la chanteuse kabyle H’nifa (1924-1981) est en préparation. Long de 52mn, le film est produit et réalisé par Ramdane Iftini en collaboration avec Samy Allam. Intitulée Hnifa, une vie brûlée, cette réalisation cinématographique est inspirée d’un texte du journaliste Rachid Hamoudi.

    Un texte qui a servi de base à la rédaction du scénario, œuvre de Ramdane Iftini. Ce film documentaire sera projeté au festival du film amazigh qui aura lieu au mois de décembre à Sétif. Artiste au destin tragique, Hnifa est née dans un village de Haute Kabylie et, à l’époque, elle connut à l’instar du reste de ses congénères, l’émigration vers la Casbah d’Alger d’abord et vers la France ensuite.

    Elle a chanté l’amour, la misère, l’exil… en somme des thèmes qui décrivent la tourmente et les destins contrariés. De ses célèbres chansons, l’on peut citer Matebghidh ad amnegal, Ay aqcic à zher iw anda tenzidh, Drray-iw et Maci d-leghna, une chanson autobiographique. H’nifa s’est également intéressée au cinéma et à la comédie. Elle a interprété un second rôle dans El hariq de Mustapha Badie. C’était en 1973. Hnifa est décédée en 1981, dans un miteux hôtel parisien. Son cadavre est resté près d’un mois à la morgue, avant d’être enterré dans un cimetière de la banlieue parisienne. Grâce à sa fille et aux artistes de sa génération, ses ossements ont été rapatriés vers le cimetière d’El Alia.


  • #2

    Lundi 21 Janvier 2008 -- Vingt-huit ans après sa disparition, H’nifa, la diva de la chanson kabyle, revient. H’nifa, une vie brûlée, le documentaire réalisé par Ramdane Iftini et Sami Allam, adapté d’un texte écrit par le journaliste Rachid Hammoudi, vient en effet de réhabiliter une femme qui a, durant une quarantaine d’années, symbolisé la chanson féminine d’expression kabyle.

    Plus que la représentation, qui constitue une première, le documentaire a reçu une distinction quelques jours après sa finalisation. Il a été consacré «Olivier d’or» dans la catégorie documentaire, lors de la 8e édition du festival du film amazigh qui s’est déroulé au début de ce mois à Sétif. Le documentaire, d’une durée d’une heure, a pu sortir des tiroirs grâce à la ténacité du producteur et coréalisateur Ramdane Iftini ainsi que du réalisateur Samy Allam, aidés, il faut le mentionner, par le ministère de la Culture ainsi que le Festival du film amazigh.

    L’œuvre n’a pas été facile, à entendre Samy Allam, puisque l’équipe a été confrontée à plusieurs obstacles, notamment celui des témoignages. Cela, en plus du fait que les enregistrements filmés de l’artiste disparue n’existent pratiquement pas. Les recherches ne sont tombées que sur les images du film, l’Opium et le Bâton, le seul dans lequel H’nifa avait joué en 1967. Il ne reste, donc, que les supports audio à explorer. La récompense du documentaire au Festival du film amazigh est en soi une réussite, pour une œuvre qui a mis beaucoup de temps à voir le jour.

    Les producteurs de H’nifa, une vie brûlée ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils vont présenter leur production en avant-première nationale, mercredi prochain, au cinéma l’Algeria où le film sera à l’affiche pendant un mois. Ils vont également produire le film en DVD en trois versions (kabyle, arabe et français) et, pour une large diffusion, ils aspirent à le voir passer sur des chaînes de télévision.

    Le trio composé de Ramdane Iftini, Samy Allam et Rachid Hammoudi est déjà sur un autre projet. Il s’agit d’un documentaire fiction qui traitera de l’opération «Oiseau bleu», l’une des mémorables opérations clandestines que l’armée d’occupation française a menées contre les troupes de l’ALN (Armée de libération nationale) dans les maquis kabyles, durant la guerre d’indépendance.

    «Au début de la guerre d’Algérie, à l’automne 1956, fut tentée, par les services secrets français, en Kabylie, chez les Iflissen Lebhar, l’opération ‘‘Oiseau bleu’’. Elle consistait en la création de “contre-maquis” clandestins destinés à discréditer le FLN. Or, c’est à l’avantage de ce dernier qu’a tourné cette affaire, les hommes recrutés et armés par les services français s’étant révélés être des ‘‘rebelles”. Ce drame, longtemps tenu secret est encore largement ignoré deshistoriens», rapporte l’ethnologue française Camille Lacoste-Dujardin dans son livre Opération Oiseau bleu - Des Kabyles, des ethnologues et la guerre d’Algérie - publié en 1997 aux éditions la Découverte.

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    • #3

      Samedi 26 janvier 2008 -- L'avant-première du film documentaire de Ramdane Iftini et Sami Allam, Hnifa, une vie brûlée,a eu lieu mercredi dernier à la salle Algeria d'Alger. Il s’agit de remettre en séquences l’adaptation du livre de Rachid Hamoudi, qui retrace la vie tumultueuse d'une artiste à la voix unique, Hnifa, depuis sa naissance en 1924 jusqu'à son décès en 1981.

      Ce documentaire a été présenté comme le récit d’une vie et d’un parcours hors du commun au format fiction. Finalement, sur 52 minutes à deux minutes près de fiction, pourtant cette dernière avait sa place vu le manque d'images et de son de Hnifa, hormis ses chansons, son passage dans le film l'Incendie et quatre photos, que le réalisateur a choisis de présenter façon Marilyn Monroe par Andy Wahrol. Ce manque flagrant d'archives apparaît dès les premiers plans du film où l'on s'est attardé beaucoup plus sur des images de l'époque mélangées à des plans récents mais en noir et blanc... La fiction est faite.

      Les témoignages ne sont pas nombreux, c'est principalement Kamel Hamadi, qui fut l’un de ses auteurs compositeurs, qui raconte toute l'histoire, pas seulement de Hnifa, mais du mouvement des artistes entre les années 1950 et jusqu'après l'Indépendance, parsemée de passages d'artistes tels que Hadj El Anka, Slimane Azem, Iguerbouchène et d'autres. La voix off, qui ne s'arrête pratiquement pas du début à la fin, semble faire une lecture sur un ton monocorde qui devient agaçant par moments. Un témoignage d'une amie d'enfance de Hnifa est placé furtivement çà et là ; il est pourtant le plus touchant et dit bien plus de choses.

      Le film est encore à l'affiche pour un mois à la salle Algeria. Sorti dans le cadre d' Alger, capitale de la culture arabe, avec le soutien du ministère de la Culture et le Festival du film amazigh, où il a reçu l'Olivier d'or dans sa dernière édition qui a eu lieu à Sétif, le film est projeté avec un sous-titrage en français — année de la culture arabe oblige ! — et dans une qualité vidéo, à partir d'un lecteur virtuel. Peut-être qu'il vaille mieux lire le livre de Rachid Hamoudi en premier, histoire de faire le plein d'images de Hnifa avant d’aller voir le film.

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      • #4

        Lundi 7 Avril 2008 -- L’avant-première du film documentaire Hnifa, une vie brûlée a été projetée jeudi dernier au cinéma de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Le documentaire de Ramdane Iftini, qui porte sur la vie de la défunte chanteuse kabyle Hnifa, a obtenu l’olivier d’or du meilleur film documentaire lors de la dernière édition du festival du film amazigh qui s’est déroulée à Sétif.

        Le réalisateur a retracé le parcours de la diva depuis sa naissance le 4 avril 1924 à Aït Mehni, dans la localité d’Azeffoun. Hnifa, de son vrai nom Zoubida, n’a pas vécu en Kabylie. Sa famille s’est déplacée quelques années après à La Casbah d’Alger où elle s’est définitivement installée. M. Iftini, qui s’est intéressé aux moindres détails de la vie de la chanteuse et a tenté de les rapporter avec un maximum de fidélité, a raconté que celle-ci avait un caractère introverti depuis sa tendre enfance.

        Zoubida ne jouait pas avec les enfants de son âge. Elle se retirait même de ses sept frères et sœurs et passait son temps à chanter toute seule. Ses parents sont allés jusqu’à consulter des médecins pour s’assurer de la santé de leur fille. Un jour, son père a décidé de prendre l’avis d’un taleb. Celui-ci lui dira que «le destin de Zoubida était noir et qu’elle traversera de dures épreuves dans sa vie. Ce fut réellement le cas. Le film raconte que Hnifa a été mariée dès son jeune âge à un vieil homme de la Casbah, un ami de son père. Ne pouvant plus supporter la vie qu’elle menait auprès de cet homme, la jeune femme a fui le domicile conjugal pour retourner auprès de ses parents.

        En 1947, lorsqu’un nouveau prétendant s’est présenté, son père n’a pas hésité à la marier, sans pour autant le connaître. Après avoir vécu quelques années ensemble et avoir eu deux filles, dont l’une seulement est restée en vie, Zoubida a découvert que son mari était déjà marié et père d’un enfant. Elle l’a quitté de suite et est retournée une nouvelle fois chez ses parents. N’ayant pas toléré l’échec de son mariage, son père l’a renvoyée du domicile. Divorcée, avec à sa charge une fille à nourrir, Hnifa s’est rendue chez sa sœur qui, malheureusement, avait refusé de l’héberger.

        Dès lors, Hnifa s’est installée dans un bidonville de la capitale et a exercé de petits métiers pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa petite Leïla. C’est durant cette période aussi, soit début des années 1950, qu’elle a commencé à prendre contact avec des chanteurs et des musiciens de la radio et à se découvrir un talent et une voix exceptionnels. Elle a fait ses premiers pas dans la chorale polyphonique de la chaîne kabyle en 1952 avec Djamila, Chérifa, Anissa et tant d’autres voix féminines algériennes.

        C’est en novembre de la même année qu’elle a signé ses premières chansons avec Amar Ouzellaguène et Ldjida, avant de commencer à composer pour elle-même. C’est à partir de là qu’a été réalisée sa fameuse chanson D rray iw it ikhedmen, avant d’enregistrer en mai 1953, en France, trois disques dans lesquels figuraient Allah ya Rebbi farredj. En 1955, elle a enregistré cinq autres chansons. Hnifa qui commençait à prendre son envol, n’a cessé de rappeler la détresse des femmes kabyles qui est également la sienne.

        Son malheureux destin et sa jeunesse «brûlée» au milieu des misères reviennent souvent dans ses poèmes. La défunte reconnaît cependant sa part de responsabilité dans Drray iw amechum et d’rray iw it ikhedmen. A zher iw anda tenzid et Wi yufan zher is d saâ, chansons qui ont marqué le parcours de Hnifa en particulier, et la chanson kabyle en général. En 1956, cette femme au destin mitigé s’est installée en France en compagnie de son troisième mari, Mustapha Hasni, musicien de son état. Elle n’a pas tardé à intégrer Radio Paris, avec l’aide de Mustapha Laânqa. Elle a chanté en chorale avec Taleb Rabah et en duo avec Kamel Hammadi qui deviendront ses principaux compositeurs.

        Après l’indépendance, elle est retournée en Algérie et a animé des galas avec plusieurs artistes, comme Fadhéla Dziria à Alger. Elle s’est également produite à El-Oued, Ouargla et Touggourt où elle a eu la chance de chanter auprès de Dalida. Entre 1968 et 1969, elle a enregistré A yafrukh-iw, D rray-iw id sebba et A sidi Abderrahmane et A yelli, composées par Kamal Hammadi. En 1975, Hnifa a joué un rôle secondaire dans le feuilleton l’Incendie, de Mustapha Badiî.

        Les six années restantes de la vie de cette femme qui a toujours défié la société ont été un péril. Libérée de toute obligation, sa fille étant mariée, elle s’est installée de nouveau en France. Pour alléger ses peines, Hnifa passait la majeure partie de son temps dans les bars. Tout l’argent qu’elle gagnait partait dans ces boîtes et hôtels qui étaient son seul refuge. Sa dernière œuvre artistique a été sa participation, en 1978, dans le film les Chevaux du soleil, avec Chikh Nordine.

        Les souffrances de Hnifa ont pris fin le 22 novembre 1983 dans une chambre d’hôtel à Paris où elle a été retrouvée morte en possession de quelques sous qu’elle avait pu gagner au bar d’Akli Yahiatène, qu’elle fréquentait les derniers mois de sa vie. Son corps a été rapatrié vers Alger quelques jours plus tard avant d’être enterré au cimetière d’El-Alia. C’est donc la vie brûlée d’une femme qui n’a trouvé de solution à son mal que dans la chanson et l’alcool, lesquels l’ont démolie.

        Ramdane Iftini s’est basé, pour la réalisation de ce film documentaire, ô combien touchant, sur les témoignages des membres de la famille de la diva Hnifa, de ses voisins et des artistes qui l’ont côtoyée tout au long de son parcours. Il a même filmé quelques scènes pour accompagner le texte et donner plus de crédibilité et de force à son œuvre. Le réalisateur qui a fait preuve de beaucoup d’objectivité a bien mérité le prix du meilleur film documentaire, obtenu lors du festival du film amazigh.

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        • #5

          Mercredi 17 Mars 2010 -- Hanifa une vie brûlée (Algérie 2007, 52’) a ému la majorité des femmes présentes, le 8 mars dernier, à la maison de la Culture de Béjaïa, qui ont découvert ce jour-là la vie tourmentée d’une artiste, d’une autre génération, dont le combat pour son émancipation a marqué toute sa vie. Ce film expose la vie tumultueuse d’une femme qui a subi les affres de la persécution, de la marginalisation et de l’exil. Née en avril 1924 à Ighil M’henni (Azzefoun, Tizi Ouzou), c’est de là que Zoubida a commencé à refuser l’ordre établi par le père qui la maria à un homme qu’elle ne connaissait pas. Profitant de l’absence du mari, elle quitta la maison conjugale. Comme un oiseau qui se refuse à rester en cage, elle n’a jamais accepté le mariage arrangé que lui ont imposé ses parents, sachant bien que sa place est dans la chanson et non cloîtrée entre quatre murs. Hanifa, une femme prenant déjà une voie tracée vers la chanson, en animant talentueusement des galas de femmes (ourar) dans son village. Elle divorça deux autres fois, ce qui a emmené son père à la renier, constatant qu’elle ne serait jamais en mesure de fonder un foyer. Elevant une fille issue de l’un des deux mariages, elle habita à El-Madania (ex-Clos-Salembier), où elle fit la connaissance de Cherifa, celle qui l’a guidée vers la chanson en la présentant à Cheikh Nourdine, l’animateur de la radio kabyle de l’époque. Elle fit son entrée à la radio en 1952, sous le pseudonyme de Hanifa, grâce à l’appui de Cheikh Nourdine qui apprécia la voix chaude et suave de celle qui ne tarda pas à devenir la diva de la chanson kabyle. Elle partit en France où elle s’engagea pleinement dans la chanson au quartier Saint-Michel, carrefour des chanteurs arabes. Grâce à Kamal Hamadi, qui lui a composé la quasi-totalité de ses chansons, Hanifa, connue comme la porte-parole des démunis et des laissés-pour-compte, ne tarda pas à s’imposer comme une voix importante de la chanson kabyle des années 1950, en interprétant des dizaines de chansons ayant pour thématique : l’amour, la misère, l’exil… De retour au pays à l’indépendance, elle subit les pires affres de la vie. Comme une âme blessée, elle regagna une seconde fois la France, en 1975, sans toutefois trouver la paix et les amis qu’elle recherchait. Le parcours honorable d’une chanteuse qui a su propulser la chanson kabyle au plus haut sommet se termina un certain 29 septembre 1981. Elle fut happée par la mort à l’âge de 57 ans, au moment où elle pouvait donner beaucoup plus à la chanson kabyle. Au cinéma, elle a joué dans le feuilleton l’Incendie. Pour immortaliser cette voix pure, un disque de dix titres de cette chanteuse au destin tragique est actuellement sur le marché.

          Synopsis

          Portrait de la défunte Hanifa, depuis sa naissance en 1924, jusqu’à sa mort en 1981. C’est le vécu de la chanteuse qui est porté à l’écran pour dire son destin tragique et romanesque, souvent comparé à celui d’Edith Piaf. Cette dame, dont le nom figure dans le répertoire culturel et artistique contemporain de l’Algérie, est devenue célèbre grâce à sa voix particulière qui oxygéna la radio dans les années 1950, mais aussi grâce au ton et aux thèmes qu’elle interprétait.

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