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Kateb Yacine :

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    Lundi 12 Avril 2010 -- La filmothèque Mohamed-Zinet (Riadh El Feth) a abrité, avant-hier soir, l’avant-première du documentaire dédié à l’œuvre poétique et théâtrale de Kateb Yacine, la Patrie dans le cœur, de Djilali Khellas. Se basant sur des témoignages d’universitaires et de membres de la troupe de Kateb Yacine, ce documentaire de 77 minutes est sans doute l’un des plus intéressants et des plus profonds réalisé sur l’auteur du Cadavre encerclé, ces dernières années. Djillali Khellas démarre de l’idée que si Kateb Yacine était un nationaliste, de quelle manière l’a-t-il été ? Et quel a été l’impact des massacres du 8 mai 1945 (ce qui l’a contraint à quitter l’école) sur son œuvre ? Comment l’histoire de l’Algérie a-t-elle marqué son œuvre artistique ?

    L’auteur de Kateb Yacine, le cœur entre les dents, Benamar Mediène, les universitaires Mohamed Lakhdar Maougal et Abdelaziz Boubakir ont évoqué, dans le documentaire, les stigmates de la guerre de Libération nationale dans l’œuvre de Kateb Yacine, notamment dans la poésie avec Soliloques, et dans le théâtre avec le Cadavre encerclé. L’universitaire Ahmed Cheniki s’est intéressé, quant à lui, au théâtre katébien, à l’influence qu’a eu Brecht sur lui. Selon Cheniki et Maougal, le Cadavre encerclé, telle qu’elle a été écrite la première fois, est une pièce tragique, mais la rencontre de Kateb avec Jean-Marie Serrault changera sa vie. La mise en scène de cette pièce change complètement la donne et élargit le champ des perspectives de Kateb Yacine. L’universitaire et spécialiste de la littérature orale et populaire, Abdelhamid Bourayou, a expliqué que contrairement à Alloula, qui a utilisé el halqa et el goual dans son œuvre, les manifestations de la culture orale chez Kateb Yacine étaient dans le texte à travers des petits indices, notamment l’utilisation de Lakhdar, un prénom qui prend deux dimensions chez Kateb, avec les symboliques du peuple et de la terre. Mekhlouf Boukrouh est revenu sur la polémique qui a entouré la pièce Mohamed prends ta valise. À sa sortie, certaines chapelles bien pensantes ont estimé qu’il y avait une connotation religieuse et blasphématoire avec l’utilisation du prénom Mohamed. “J’ai vu la pièce plusieurs fois et jamais, je n’ai perçu ou ressenti un blasphème ou une insulte”, déclare Mekhlouf Boukrouh dans le documentaire.

    Poète des causes justes

    La tragédienne Fadéla Assous et son époux Hassan Assous, anciens membres de la troupe de Kateb Yacine, ont relaté leur expérience avec lui. C’est une partie très touchante dans le docu qui donne une dimension très humaine à l’auteur de Nedjma, puisque les Assous révèlent (ou rappellent) les qualités humaines de Kateb, notamment sa ponctualité et sa rigueur dans le travail, ainsi que ses amis. Tous des grands hommes qui ont marqué le siècle passé, à l’exemple d’Issiakhem, Youcef Chahine ou encore Mohamed Kheireddine. Au commencement, il y avait la poésie. Même si Kateb Yacine s’est tourné vers le roman, puis le théâtre, il a toujours gardé son âme de poète. Après la guerre de Libération nationale, il s’est mis du côté des peuples qui souffraient et a milité pour les causes qu’il estimait justes. Mais sa plus grande histoire d’amour, il l’a vécue avec l’Algérie. Une Algérie plurilingue. Une Algérie qui vivrait avec ses identités dans la sérénité. Cette réflexion, qui semblerait utopique, est plus que jamais d’actualité. Elle est même au centre des débats d’aujourd’hui. Kateb Yacine ne se demandait pas que faire de l’Algérie, mais à quelle Algérie, les générations à venir auraient affaire. Cependant, on connaît encore très mal l’œuvre katébienne, puisque ses pièces ne sont plus jouées et les ennuyeuses conférences et tables rondes sur Kateb Yacine ne font que survoler son œuvre. Sans courage (et parfois sans compétence), les intervenants à ces rendez-vous sporadiques n’abordent presque jamais la réflexion qui se cache derrière des textes d’exception.

    ***
    Fiche technique

    La Patrie dans le cœur : le Théâtre de Kateb Yacine
    Genre : Documentaire-fiction
    Durée : 77 minutes
    Conception et réalisation : Djillali Khellas
    Réalisateur exécutif : Nazim Souissi
    Producteur exécutif : Belkacem Bellil
    Producteurs : Elka Productions/ministère de la Culture (Fdatic)
    Support vidéo : PAL
    Son : Stéréo

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