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Poutakhine : Journal presque intime d’un naufragé, de Mehdi El Djazaïri

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  • Poutakhine : Journal presque intime d’un naufragé, de Mehdi El Djazaïri


    Mardi 29 Septembre 2009 -- Signé par Mehdi El-Djezaïri et édité à compte d’auteur, cet ouvrage fera immanquablement « jaser » dans les chaumières pour ne pas dire dans les hautes sphères. Et pour cause ! L’ensemble des éditeurs ont montré une certaine frilosité quant à sa publication qui risquerait de « fâcher l’establishment ». Car il s’agit d’un roman politiquement incorrect avec la gouvernance. Un regard sans concession, voire un véritable réquisitoire romancé, incisif et cursif à l’endroit des actants et acteurs du pouvoir depuis l’indépendance. Cependant, écrit de par un trait ambivalent au courant de sa plume. Un compromis entre fiction et réalité. Un roman au vitriol brocardant, persiflant et décriant apparemment le « système » et ce, à travers une « cour des miracles » où se croisent un harraga et un professeur de neurologie, Poutakhine, un colonel des services spéciaux, un curé très spécial, le père Clément, Sophie, une biologiste et une vache, Marquise. En compulsant ce roman, la trame plonge le lecteur dans la profondeur abyssale de la détresse humaine. Celle d’un harraga. Un narrateur criant sa rage de survivre, son désespoir et sans jeu de mots, sa planche de salut et décriant l’assourdissant silence des décideurs « autistes » à son cri du coeur. « C’est cette Algérie hideuse et humiliante que je montre dans toutes ses forfaitures et ses trahisons contemporaines. J’y interroge pour l’avoir fait en réel, en dehors de la fiction, ces jeunes desperados qui se jettent à la mer, presque surs de mourir, mais se jetant quand même pour un tout petit bout d’espoir d’arriver...Mon livre raconte cette Algérie-là des désepérés et des perdus qui n’ont rien à perdre... C’est un journal relatant 2000 ans d’histoire, de Hannibal à Bouteflika. Mon livre est une contribution modeste. Un balayage politique. Je parle de tous les héros nationaux, des harragas... D’ailleurs, au lieu de juger le système, on juge les victimes du système. Un système qui paupérise et humilie le pays. Notre drame, notre calamité, c’est le pétrole ! Mon livre est parfois pamphlétaire. Il relève du baroque, récit, poésie et de la fiction. À propos des personnages, quand j’évoque les Texans, ils se reconnaîtront...Il y a des passages anti-sionistes mais pas antisémites. Au contraire ! Il y a un hommage d’ailleurs aux Juifs morts pour l’Algérie comme Pierre Ghenaïssia tombé au champ d’honneur le 22 février 1957 à Chréa... « Poutakhine paraîtra en France, chez l’Harmathan et en Belgique aux éditions ‘’Oser dire’’ et ce, dans deux semaines » selon Mehdi El-Djezaïri. Aussi, l’auteur présentera son roman le jeudi 1er octobre à 16 h, à la Cinémathèque Mohamed Zinet, Riadh El Feth, Alger.

  • #2
    Fella Bouredji :


    Samedi 3 Octobre 2009 -- «Arrêtez ! Stoppez ! Ça va très mal !» Une phrase dite sans colère mais plutôt avec sérénité et conviction par Mehdi El Djazaïri à la filmathèque Zinet dans l’après-midi de jeudi dernier. Cet ancien journaliste, sondeur de métier, est soucieux de faire un état des lieux alarmant et négatif de la situation du pays. Pour ce faire, son verbe sera direct et sans concessions. Il est là pour présenter son livre, Poutakhine : Journal presque intime d’un naufragé, paru mercredi dernier à compte d’auteur après avoir été confronté à plusieurs refus de la part d’imprimeur publics et privés. Un livre jugé trop subversif pour être soutenu par nos éditeurs craignant les risques que cela peut impliquer. À l’étranger, il en va autrement, l’Harmattan insiste pour le diffuser, «Oser dire», maison d’édition belge est également très intéressée. L’auteur tient d’emblée à préciser : «Je n’écris contre personne mais pour l’Algérie.» Et d’expliquer : «Ce livre n’est pas écrit au vitriol mais avec mon cœur et ma sueur. L’Algérie est devenue un pays exportateur de jeunes. J’ai fait un travail sur le terrain en tant que sondeur… je veux mettre en avant cette mal vie et non-vie qui guettent les Algériens». Ce travail est circonscrit dans un ouvrage qui brasse toutes les formes pour décrire une société en mal de vivre. Vacillant entre fiction romanesque et essai journalistique, il fait parler les gens et touche du doigt les failles. Quoi de mieux que le thème de la harga, le plus lancinant et révélateur de tous ceux qui bouleversent notre société pour faire une critique politique et sociale de l’Algérie… Le livre raconte l’histoire d’un harag qui survivra à la traversée de la mer Méditerranée. C’est par sa voix que l’auteur retracera des siècles de notre histoire, d’Hannibal à aujourd’hui. Des mythes et des symboles du passé se mêleront à des faits et des repères du présent. Le tout pour porter une réflexion engagée et percutante. L’auteur en parlera de façon crue lors de cette rencontre : «Nous jetons nos enfants à la mer et nos richesses sous terre.» «Bouchons nos puits de pétrole et bougeons-nous… Passons de la gestion du pouvoir et de sa permanence à la gestion de l’Algérie et de son économie.» Un discours foisonnant, captivant, tant il touche à des problèmes réels et d’actualité. Des messages livrés en vrac et sans concessions. Entendre Mehdi El Djazaïri parler de son livre éveille toutes les curiosités, que l’on soit d’accord ou non avec ses positions, son livre mérite d’être lu, ne serait-ce que parce qu’il propose un regard critique et rébarbatif sur l’Algérie d’aujourd’hui. Ce dont elle a besoin, quelles que soient les positions et ce qu’on trouve à en dire…

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    • #3
      Nadir Iddir :


      Dimanche 4 Octobre 2009 -- Poutakhine, c’est le roman d’un auteur qui prend le risque de déplaire. Présent jeudi dernier à la filmathèque Mohamed Zinet (Riadh El Feth), Mehdi El Djezaïri, pseudonyme du responsable d’un institut de sondage connu sur la place d’Alger, affirme d’entrée qu’il n’a pas trouvé d’éditeurs en Algérie. « J’ai eu des refus directs ou indirects de la part d’éditeurs privés. Aucun n’avait osé le prendre sur lui remarquant la teneur critique du roman. Le contenu ne plaisait pas assurément. Il y a eu même un imprimeur qui l’a décalé », insiste-t-il en indiquant que le roman paraîtra en France chez L’Harmattan, mais aussi en Belgique, aux éditions Osé Dire. Des éclaircissements, l’auteur affirme qu’il en faut beaucoup pour faire comprendre les raisons qui ont poussé l’auteur qui « s’est trouvé souvent derrière la tapisserie », à écrire ce livre dérangeant. « Le texte n’est pourtant pas écrit au vitriol, comme le présentent certains. Je n’insulte personne, mais je m’en prends à ceux qui poussent ce pays à sa perte. Si quelqu’un travaille pour le bien du pays, on ne peut qu’en être solidaire », assène-t-il. L’auteur indique que son roman est tiré de faits réels. « Je n’ai rien inventé, tout y est vérifiable. Le livre relève toutefois pour une partie de la fiction, mais aussi de l’essai », explique-t-il. L’auteur affirme avoir côtoyé les personnages «de papier» au gré des rencontres hasardeuses de la vie. Le harrag souffrant, le professeur de neurologie, Poutakhine, le colonel des services spéciaux, le curé haut en couleur, Sophie la biologiste, mais aussi une vache, Marquise, ont tous un « alter ego » en chair et en os dans la vie réelle. « Cela fait plus de 20 ans que je parcours l’Algérie, j’en connais les moindres recoins. Ce qui m’a touché le plus, c’est de voir le phénomène de harraga prendre l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui. J’ai pu mesurer l’étendue de la souffrance des jeunes et de leurs parents en les côtoyant de près. Les jeunes qui veulent gagner à la nage l’autre rive ont des raisons de le faire », relève-t-il en mettant en avant la «bêtise» des gouvernants et une situation catastrophique qui a « macéré » au lendemain de l’Indépendance.

      La critique est acerbe : « Comment s’en prendre à ces harraga que la situation du pays pousse à la fuite. Depuis plus de 40 ans, on voulait insidieusement que l’Algérien ne pense qu’à manger et dormir. Les jeunes attendent une certaine qualité de vie qu’ils ne trouvent plus », assure Mehdi qui fait de la souffrance des clandestins la « trame » de ce livre touffu et agaçant par moments. En plus de l’«Algérie d’en bas» qui souffre, l’auteur affirme avoir approché les décideurs qui ne font pas trop cas des propositions. L’homme qui a fait du sondage d’opinion son métier donne une preuve : « Nos responsables veulent des sondages qui flattent. J’ai fait un sondage sur la ville commandé par Boukerza. Il s’est retrouvé au fond d’un tiroir, l’expérience pouvait pourtant servir pour mener des politiques sérieuses, mais qui en voulait vraiment ? » Un intervenant mettra en avant les « mérites de l’auteur ». « Connaître à la fois les hommes qui sont au pouvoir et ceux qui le subissent et les confronter est rare », assure-t-il. L’écrivain aigri s’en prend, par ailleurs, à une France «raciste» qui cherche à « mettre sous tutelle » les habitants de ce côté-ci de la Méditerranée. « Nous détestons ce racisme insidieux, caché ». Un bémol néanmoins : « La France supérieure, celle des idées, nous l’aimons. Parmi les Français, il y a ceux qui défendent la dignité humaine. Notre guerre en témoigne », assure-t-il. Mehdi El Djazaïri affirme qu’il écrira désormais de plus en plus. « Auparavant, des raisons alimentaires m’ont obligé à travailler plusieurs heures par jour, maintenant que mes trois enfants prennent la relève (l’institut de sondage), j’ai le temps d’écrire. J’écris jusqu’à six heures par jour », affirme-t-il.

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      • #4
        Chawki Amari :


        Vendredi 23 Octobre 2009 -- Auteur d’un roman fiction stoppé dans sa fabrication par la police, Mehdi El Djezaïri revient sur cette décision arbitraire qu’il qualifie d’ « acte de tyrans incultes qui nous gouvernent »

        Votre livre a été saisi au niveau de l’imprimerie et vous vous êtes temporairement exilé à l’extérieur d’Algérie pour voir venir la suite des événements. Que s’est-il réellement passé ?

        Oui, mon livre a été arrêté de fabrication par le commissariat de police de Bab Ezzouar, sans aucune raison légale. J’ai eu peur, je me suis enfui parce que je connais bien leurs méthodes de torture et d’humiliations. Pour eux, l’homme libre, l’expression, n’existent pas. Ils ne savent que cogner, frapper, torturer, humilier, c’est leur seule culture.

        Bien que parsemé d’envolées pamphlétaires contre le régime, votre roman est une fiction sans personnages réels où les attaques restent globales. Comment expliquez-vous alors cet acte de censure ?

        OK, mon livre, à ce jour, n’est pas censuré. À part ces gesticulations policières, le livre est distribué le plus normalement du monde sauf qu’il n’est plus disponible dans les librairies. Il le sera bientôt. À la fin du livre, on peut lire une dédicace particulière, « À Monsieur le président, demandeur servi de 3e mandat et tous les autres à venir », suivie d’une interpellation : « Quand l’Algérie saignait et pleurait ses enfants, où étiez-vous M. le Président ? » Est-ce la raison de l’interdiction ? Je vous rappelle qu’officiellement, à ce jour, mon livre n’est pas interdit. Il est vrai que j’y interpelle le président de la République pour lui demander où il était quand l’Algérie saignait et pleurait. J’attends à ce jour sa réponse et celle de ses proches.

        Votre livre est violent. Correspond-il à ce qu’est l’Algérie aujourd’hui ?

        Il se dit et s’écrit aussi que mon livre est violent, ce qui suggère un auteur « aigri » écrivant au « vitriol ». Ce n’est pas vrai, j’ai toujours été calme et serein. J’écris tranquillement avec certitude et conviction. J’écris avec ma sueur et mon cœur, avec ma mémoire aussi. Ce n’est pas mon écrit qui est violent. Il n’est jamais violent mon écrit. Il ne fait que raconter et restituer les violences et les dénis de vie de la société. Mon métier de sondeur me porte tout naturellement à observer et à mesurer ces colères qui ne sont pas miennes. Les miennes sont trop petites, banales même. Quand Aïcha El Aamia éclate ses colères de maman orpheline, elle pleure et rugit au nom de toutes ces mamans inconsolables qui pleurent toujours et toujours leurs enfants mangés par la mer, dévorés par la mauvaise gouvernance. C’est cela la vraie violence ; pas la photo qui la montre ou le verbe qui l’explique. Poutakhine parle aussi d’amour, beaucoup d’amour dont notre peuple est privé depuis longtemps, depuis toujours. Or ces manques, ces déficits d’amour et de tendresse, portent à des déviances, à des malheurs, à tous les excès. Regardons et lisons autour de nous ; la prostitution fait des ravages, officiellement elle n’existe pas. Les Chinois creusent des trous à notre place, les Français nous apprennent à ouvrir et fermer un robinet, les paysans de la Brie nous préparent notre pain, quelques aventuriers égyptiens nous apprennent à tenir un téléphone, des petits Philippins nous donnent à boire. MM Sellal et Barkat sont toujours ministres. C’est cela la vraie violence faite à tout un peuple. C’est cela que mon livre raconte un peu. C’est cela que je raconterai toujours tant que je serai en vie. Mon deuxième roman, La Vestale rouge, sortira en février prochain. MM. Sellal, Barkat et Rahmani seront toujours ministres. Ainsi va l’Algérie. Ainsi vont les Algériens ! Jusqu’à quand ?

        Le Salon du livre approche, allez-vous vous présenter avec votre livre ?

        Oui, je participerai au Salon du livre où j’ai acheté un petit espace d’expression pour écouter, pour parler, seulement parler aux gens, aux petites oreilles trompées pour leur dire la grosse imposture qui nous enlève et nous empoisonne la vie. Oui j’ai acheté cet espace pour dire et exprimer, plus que mon livre, mes colères d’Algérien humilié tous les jours par les discours officiels et les partants de la mer. J’ai honte de voir nos enfants mangés par la mer, par la bêtise de la mauvaise gouvernance : mon livre le dit.

        Vous avez été torturé en Algérie, comme vous le rappelez en annexe à la fin de votre livre. Dans quelles conditions cela a-t-il été fait ?

        Oui, comme je l’affirme dans mon livre, j’ai été torturé plusieurs fois et pour rien. Mais ces tortures dont je porte encore les traces ne sont rien, vraiment rien par rapport à celles que subissent toujours mon peuple, mes frères, mes sœurs. Il faut qu’on en parle sérieusement. Ecoutez, entendez ces révoltes de petites gens, ignorées, humiliées, oubliées, ne comptant vraiment pour rien et qui veulent tout juste être entendues mais qui ne le seront pas, ne le seront jamais. Mon livre dit que ces révoltes assemblées, associées, feront un jour une seule flamme. Notre brasier national qui nous montrera notre Bastille, notre Octobre pour battre ces tyrans incultes qui nous gouvernent. C’est mon intime conviction.

        Poutakhine, est-ce un gros mot russe ou une allusion au plus vieux métier du monde encore en vigueur dans le pays ?

        Non. C’est un nom composé. De Pouta, celui qui a converti, à Oran, Juana La Loca, la Reine folle, fille de Charles Quint, à l’Islam. Et de Khine, celui qui a converti Sid Ali Nadji au Christianisme.

        Extrait :

        J’ai écrit ce livre pour raconter nos hontes et nos peurs cachées et réprimées de tous nos non, pour dire arrêtez de voler et de détourner nos vies ! Non ! S’il vous plaît, arrêtez de nous manger par vos interdits ; par tous vos « Yadjouz et La Yadjouz ! » Arrêtez de nous réconcilier avec les tueurs, les égorgeurs de bébés, les faiseurs de scrutins gagnants... Dans mon récit frêle et maladroit, craintif des censures et tortures qui ont fait saigner mes pores et mes veines, peu le savent ou ne veulent le savoir, mes silences d’abord, je sonde et fouille les géographies humaines des Algérie lointaines et contemporaines. J’écris ce livre pour rappeler humblement l’odeur des sangs qui ont arrosé cette noble terre, d’Hannibal à Mohamed Boudiaf. J’y raconte surtout et beaucoup, la goutte et les rivières de larmes des mamans mortes de douleur, attendant des retours et des réparations impossibles. Je raconte dans mon livre arraché à mes récréations, la profonde misère des pères orphelins, chargés et cassés pour toujours de chagrin et de larmes invisibles qu’ils ne diront jamais. Jamais. Les vrais souffrants ne parlent pas, ne disent jamais rien. Ils saignent et se saignent en silence. Je saigne moi-même en racontant atrocement cela. Je raconte aussi, dans cette petite chose de livre, parfois quand la conscience me libère, contenant mes rages d’humain, croyez-moi mes amis, en pleurant parfois moi-même, je raconte les terribles batailles entre chiens et humains, tous Algériens, enfants et vieillards finissant, se disputant des poubelles trop pleines dans un ordre sans cesse changeant ; humains contre humains, chiens contre chiens, parfois chiens contre humains. C’est cette Algérie hideuse et humiliante que je montre dans toutes ses forfaitures et ses trahisons contemporaines. Mon livre raconte cette Algérie-là des désespérés et des perdus qui n’ont plus rien à perdre. Je raconte en pleurant, en me faisant violence, en me saignant à vif, l’Algérie des voyous, l’Algérie des dénis et du non-droit, l’Algérie des Texans, l’Algérie des Marocains, l’Algérie d’Oujda, l’Algérie des coopérants la vendant et la revendant à l’encan, au plus offrant, au mieux disant.
        Mehdi El Djezaïri, Poutakhine, Editions à compte de l’auteur, 432 pages, 980 DA

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        • #5

          Vendredi 23 Octobre 2009 -- Docteur en neurologie devenu Harraga, Poutakhine rencontre à bord d’un bateau vers l’Espagne, bien nommé «J’arrive», d’attachants personnages, tous fuyant leur propre pays, aux mains de « corrompus qui ne savent rien faire de leurs mains, à part voler et torturer ». Ce premier roman de Mehdi El Djazaïri, fiction algérienne sur l’exil, n’est pas tendre et n’épargne ni les islamistes ni les militaires, ni d’ailleurs la France ou l’Occident d’aujourd’hui. Seul rescapé de la traversée, Poutakhine déroule toute l’histoire de son pays, depuis les indomptables cavaliers numides jusqu’à la période actuelle, avec des digressions historiques, réelles ou imaginaires. Arrivé de l’autre côté et à travers de nouvelles rencontres étranges, il scrute la mer d’en face, ce « Club des Pins occupé par cette racaille qui a mangé l’Algérie », et son voisin Moretti, « interdit aux chiens et aux Algériens », n’excusant au fond qu’un seul puissant, l’ex-magnat Khalifa, « qui a volé les voleurs , que Dieu le Tout Puissant bénisse le pantalon et la couche qui l’ont fait naître. » Il y a pourtant de l’amour, celui des femmes, « les princesses Hassiba Ben Bouali ou Zohra Drif », ou ces femmes anonymes et aimantes, mères, filles ou maitresses, qui soutiennent le récit et donnent la tendresse nécessaire à cette fiction cruelle mais très réaliste sur l’Algérie d’aujourd’hui. Tout comme cet amour infini pour ce peuple trahi, l’Algérien, véritable héros du livre, sous le joug de l’injustice. « Sur la tête de mon Z. » jure l’auteur, que tout s’arrangera - le Z., « provocation terminologique » comme il l’explique lui-même - malgré ce «pays toujours sous la dictature de quelques casquettes invisibles», d’où l’autre référence au Z., célèbre film de Costa-Gavras sur la dictature grecque des colonels.

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          • #6

            Dimanche 25 Octobre 2009 -- Triste mésaventure que celle que vient de vivre l’écrivain Mehdi El Djezaïri, auteur du sulfureux roman Poutakhine : Journal presque intime d’un naufragé, paru récemment à compte d’auteur. « Neuf policiers ont débarqué chez moi ce vendredi et ont perquisitionné ma maison de fond en comble. Ils avaient pour ordre de saisir mon roman. Ils ont fouillé partout. Ils ont défait mon lit, cherché dans le jardin, même les toilettes et la salle de bains ont été passées au crible » raconte l’écrivain que nous avons joint hier par téléphone, et qui se trouve actuellement à Paris. Et de poursuivre le récit du calvaire vécu par les siens : « Ils ont embarqué mon fils au commissariat central. Ils ne l’ont relâché que vers 23h. Pourtant, il n’a rien à voir dans cette affaire. » Et d’ajouter : « Ils ont saisi l’ordinateur de mon fils ainsi qu’un certain nombre de périphériques et de clés USB. Ils ont tout pris. »

            Mehdi El Djezaïri s’étonne par-dessus tout par le fait que son livre soit au centre d’une telle campagne d’acharnement alors qu’officiellement, il ne fait l’objet d’aucune interdiction judiciaire : « Les policiers avaient un mandat de perquisition mais ils n’avaient aucune décision de justice qui interdise mon livre. » En effet, Poutakhine a été édité et diffusé dans des conditions légales. D’ailleurs, le roman est dûment conforme à la procédure du dépôt légal (sous le numéro 1735-2009) et de l’ISBN (numéro 978-9947-0-2601-4). « J’ai déposé le livre à la Bibliothèque nationale conformément à la loi et je n’ai encouru aucun refus. Par ailleurs, le livre se vend en librairie et il s’est arraché comme des petits pains », explique le romancier qui nous apprend, au passage, que Poutakhine a été tiré à 5 000 exemplaires. « Pour le moment, 1 000 ont été distribués et la police traque le reste. Il y a quinze jours de cela, les policiers avaient fait une descente au niveau de l’imprimerie pour saisir le livre », affirme-t-il.

            Soulignons que le personnage qui écrit sous le pseudonyme de Mehdi El Djezaïri est un éminent spécialiste des sondages d’opinion bien connu des hautes sphères. Il avait tenté, il y a peu de lancer un journal, mais là aussi, le DRS a sorti ses griffes pour lui signifier un niet catégorique. « Pourquoi serais-je devenu un ennemi public alors que ce que je raconte est régulièrement rapporté par la presse ? », s’interroge-t-il. L’auteur subodore que cette hystérie liberticide est certainement en rapport avec cette fiction qui n’en est pas tout à fait une dans la mesure où elle dépeint avec un réalisme troublant une situation sociale pour le moins chaotique dont l’auteur n’hésite pas à désigner les responsables. De fait, la trame du roman se noue autour des péripéties d’un harrag pas comme les autres, un neurologue surnommé Poutakhine, qui se trouve contraint de sauter dans une embarcation de fortune pour fuir un pays devenu anthropophage. Et de dérouler une galerie de destins dérivant vers leur perte par la faute de dirigeants infâmes. Ainsi, le propos politique du roman et sa prose caustique seraient vraisemblablement les « mobiles » de cette campagne.

            Il faudrait toutefois rappeler que ce n’est pas nouveau dans les mœurs de notre « flicaille » qui s’érige ainsi en censeur ès qualité. Souvenons-nous de l’épisode du livre de Benchicou, Journal d’un homme libre, qui a été saisi en septembre 2008 à Cette grave atteinte à la liberté d’expression et de création ne semble pas pour autant décourager Mehdi El Djezaïri qui est déterminé, assure-t-il, à poursuivre son œuvre. Il nous apprend d’ailleurs qu’il n’écarte pas l’idée de mettre son roman en ligne et de le diffuser par Internet. Il entend également l’éditer en France. « Je suis en contact très avancés avec un éditeur français », nous a-t-il affirmé. Une entreprise d’autant plus plausible que le roman se trouve boosté par cette « promo inespérée » assurée au livre par les soins de nos barbouzes. Par ailleurs, Mehdi El Djezaïri finalise son second roman intitulé La Vestale rouge et est sur le point d’entamer un nouvel ouvrage au titre franchement provocateur : Les Noces de Beni Kalboune. Signalons que l’auteur avait loué un espace en prévision du prochain Sila, un espace qu’il est contraint de laisser vide désormais, son livre étant frappé d’imprimatur de la façon la plus arbitraire. À retenir enfin qu’un groupe d’auteurs et autres agitateurs littéraires entend envahir les travées du Salon international du livre d’Alger et organiser une action de solidarité avec Mehdi El Djezaïri en donnant lecture d’extraits de Poutakhine et autres textes indésirables pour dénoncer la chape de censure qui pèse sur les lettres algériennes. Affaire à suivre…

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            • #7

              بوتفليقة، وينتقد بشدة نظام الحكم بالجزائر، وذلك بمنحه ترخيصا للبيع بالإهداء بقاعة سينما محمد زينات بديوان رياض الفتح بالعاصمة، بعد أن حصل الكتاب أيضا على الرقم التسلسلي، وتم إيداعه ضمن الكتب الموجودة على مستوى المكتبة الوطنية.

              وحمل الكتاب المعنون بـ ''بوتا..خين''، الذي ألفه المدعو مهدي الجزائري، قذفا وتجريحا للرئيس بوتفليقة ورجال السلطة، حيث تم نعت الرئيس بأبشع الأوصاف، وحمله مسؤولية ما يعانيه الشباب الجزائريون خاصة ''الحراڤة''، وذهب إلى وصف الرئيس بأنه'' لا يمثل إلا شخصا يدفع الجزائر للخسارة ''.

              الكتاب ''بوتاخين'' لصاحبه الكاتب محمد عباسة صاحب مركز لسبر الآراء المعروف إعلاميا باسم مهدي الجزائري، مكنته وزارة الثقافة من الحصول على رقم تسلسلي، واستطاع صاحبه أن يبيع نسخا من ''بوتاخين'' نهاية الأسبوع المنصرم، وبالتحديد يوم الخميس، بدار السينما محمد زينات بديوان رياض الفتح بالعاصمة، مما أثار تساؤلات حول خلفية ترخيص وزارة الثقافة للترويج له، خاصة وأن خليدة تومي وزيرة القطاع، تتولى إدارة المكتبة الوطنية مباشرة منذ تنحية الأمين الزاوي، في فضيحة مماثلة قبل سنة، بعد السماح بنشر كتاب بن شيكو الجديد، الذي حمل العديد من الانتقادات لنظام الحكم والقائمين عليه، وحمل تطاولا على المجاهدين وشهداء ثورة التحرير وخفف من معاناة الجزائريين أثناء الإحتلال الفرنسي. وقد انتقد مهدي الجزائري؛ وهو اسم مستعار لأحد الكتاب الجزائريين، شغل منصب صحفي، نظام الحكم في الجزائر ومسؤوليه، وحاول إثارة مأساة ''الحراڤة '' في ظاهره، لكنه واقعيا كان يندرج في إطار حملة تقودها أطراف داخلية وخارجية، ضد الرئيس بالقول:''فأصبحت الجزائر لا تفكر سوى في الأكل والنوم''، على حد قوله.


              مهدي الجزائري: ''لم أشتم أحدا في كتابي وما نقلته واقع معيش''

              قال الكاتب مهدي الجزائري في تصريح إعلامي؛ أنه لم يتمكن من الحصول على اتفاق مع دور النشر لنشر كتابه بالجزائر، ''لقد وجدت رفضا مباشرا أو غير مباشر من قبل الناشرين الخواص، لأن محتوى الكتاب لم يعجب عددا من الناشرين، وعلى اثر ذلك فقد تم طبع الكتاب بفرنسا لدى ''هارماتن''، وكذا ببلجيكا بمطبعة ''جرأة القول''، مضيفا أنه لم يشتم في الكتاب أي أحد، وإنما انتقد من يدفعون البلد للهلاك على حد قوله، موضحا بأنه شخص يعمل لصالح الوطن، وأضاف الكاتب في تعليق عما تضمنه الكتاب، أن ما تناوله يعد أمرا واقعيا، ولا يوجد فيه أية افتراءات أو ادعاءات، واصفا شخصيات الكتاب التي حددها في ''الحراڤ المعاني''، وطبيب الأعصاب، وعقيد المهمات الخاصة، علاوة على شخصيات أخرى، يضاف لها شخصية البقرة، موضحا أن ما يؤلمه بالجزائر هو ظاهرة الحرڤة، مضيفا أن الجزائر لا تفكر سوى في الأكل والنوم.

              الصيد في مياه نقد الرئيس.. استثمار مضمون

              أصحبت وزارة الثقافة تلعب دور المتفرج أو المصفق للكتب والإصدارات التي تنتقد نظام الحكم بالجزائر ومسؤوليه، وعلى الرغم من أن حصانة الرئيس مضمونة دستورا، والمساس بشخصه يعد تعديا على القانون يعاقب عليه، فإن الوزارة الوصية على مراقبة الإصدارات، لم يعد لوجودها أي معنى، في ظل السماح للراغبين في الشهرة بالاشتهار، وقد علق متتبعون أن ما جعل الوزيرة تنشغل عن مراقبة الإصدارات، هي مهرجانات ''الرقص والغناء'' التي أخذت كل وقتها، وجعلتها تسمح بإصدار كتب تشتم القاضي الأول في البلاد، ولعل هذا التساهل من قبل وزارة الثقافة، هو ما جعل أصحاب الشهرة ينتقلون من الصحف اليومية والأسبوعية في نقد النظام، إلى الإصدارات والكتب، بما أن المجال أصبح مفتوحا، والحصول على ناشرين وموزعين بات مسموحا، والربح في هذا الاستثمار أصبح مضمونا، كون الصيد في المياه العكرة محبذ من قبل الراغبين في خلق جبهة معارضة، بالمقابل تخلت العدالة عن دورها في متابعة أصحاب الشتائم، بعد أن تحولت هذه الشتائم إلى كتب مرخص لها من قبل وزارة الثقافة، ليبقى الدور الحالي لمعاقبة المتسببين، ملقيا على شخص غير معلوم، قد يتحرك لإنقاذ ما يمكن إنقاذه.

              نزل تحت عنوان''بوتاخين..صرخة رجل ساخط ''
              نفاذ الرواية الأخيرة للروائي الجزائري مهدي الجزائري من الأسواق

              وجد الكثير من القراء الفضوليين، صعوبة كبيرة في الحصول على الرواية الأخيرة للكاتب الروائي''مهدي الجزائري''، الذي يشغل منصب مسؤول في مركز معروف لإجراء سبر آراء، والتي تحمل عنوان ''بوتاخين''، بالرغم من نزولها إلى المكتبات العامة والخاصة يوم الخميس الماضي فقط

              بوتفليقة مادة دسمة للخروج من دائرة ''النكرة'':
              ''مؤلفون'' يبحثون عن الشهرة بالقذف في الرئيس والجيش

              يضاف كتاب ''بوتاخين''، الذي يفتقد إلى أدنى الضوابط الأخلاقية، إلى سلسلة المؤلفات التي انتشرت في السنوات الأخيرة، ويتم طبعها في دور نشر أجنبية، تفتقد إلى أدنى أخلاقيات الكتابة والتأليف. واللافت أن مؤلفي هذه الكتب؛ ليسوا من رجالات السياسة أو معارضين سياسيين، أغلبهم أشخاص مجهولين يكتبون بأسماء مستعارة، في إطار ''أداء مهمة'' بعيدا عن ضوابط التأليف. وكانت في السنوات الأخيرة قد انتشرت عدة كتب ومؤلفات، تقذف في شخص وعائلة الرئيس عبد العزيز بوتفليقة بشكل خاص، ومست خصوصياته وكذلك قيادات الجيش. ويذكر في هذا السياق؛ أن مؤلف كتاب ''من قتل في بن طلحة '' المدعو يوس نصر الله، كان مدمنا على المشروبات الكحولية، و لا علاقة له بالكتابة والتأليف والسياسة، وكان شخصا نكرة في الحي الذي كان يقيم فيه جنوب العاصمة ببن طلحة، لكنه تحول إلى ''نجم''، بعد أن نقل شهادة مجزرة لم يعش تفاصيلها، بعد أن تمكن من النجاة في بداية الاعتداء الإرهابي، وحقق مداخيل مادية كبيرة.

              وقال متتبعون للوضع في الجزائر، أن الشتم انتقل من صفحات بعض الصحف التي تحول القذف في شخص الرئيس بوتفليقة إلى ''مادة دسمة '' لتأليف كتب، مما يثير تساؤلات حول هوية الأطراف التي تتستر وراء مؤلفين لضرب سمعة البلاد و رئيسها، وأيضا الجهات التي تمولها، واللافت أن هذه الجهات تمادت في ''حملتها ''، مستغلة الحرية التي تتمتع بها، وعدم إمكانية ملاحقتها من طرف العدالة، حيث يتوفر كتاب '' بوخاتين''، على ترخيص من وزارة الثقافة، ما حصّنه من أية متابعة قضائية.

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              • #8
                Merouane Mokdad :


                Lundi 26 Octobre 2009 -- Un roman de Mehdi El Djazaïri au titre curieux de Poutakhine : Journal presque intime d’un naufragé, sorti dans les librairies à la mi-octobre, suscite une vive polémique à Alger. Publié à compte d’auteur, il est considéré comme un pamphlet anti-Bouteflika. Lundi, le quotidien arabophone En-Nahar a reproché à Khalida Toumi, ministre de la Culture, d’avoir autorisé la publication d’un livre qui « insulte » le président de la République. Dans Poutakhine, Mehdi El Djazaïri raconte l’histoire des harraga, ces jeunes qui quittent le pays sans papiers à travers la mer pour émigrer en Europe. « C’est cette Algérie hideuse et humiliante que je montre dans toutes ses forfaitures et ses trahisons contemporaines. J’y interroge pour l’avoir fait en réel, en dehors de la fiction, ces jeunes desperados qui se jettent à la mer, presque sûrs de mourir, mais se jetant quand même pour un tout petit bout d’espoir d’arriver... », écrit l’auteur dans son livre. Vendredi 23 octobre, la police a perquisitionné le domicile de l’écrivain à Alger. « Les policiers avaient pour ordre de saisir mon roman. Ils ont fouillé partout. Ils ont défait mon lit, cherché dans le jardin, même les toilettes et la salle de bains ont été passées au crible. Ils ont embarqué mon fils au commissariat central. Ils ne l’ont relâché que vers 23h. Pourtant, il n’a rien à voir dans cette affaire.», a expliqué Mehdi El Djazaïri à El Watan. Pourtant, il n’existe aucune décision de justice interdisant la vente du livre. Le roman a obtenu le numéro ISBN 978-9947-0-2601-4. Il est conforme à la procédure du dépôt légal. Mais les policiers ont débarqué chez l’imprimeur pour saisir les exemplaires encore sous presse. Plus de 5 000 exemplaires ont été déjà tirés. « Pourquoi serais-je devenu un ennemi public alors que ce que je raconte est régulièrement rapporté par la presse? », s’est interrogé Mehdi El Djazaïri qui se trouve actuellement en France où il vient de trouver un éditeur pour publier son livre en Europe. Aucun éditeur algérien n’a accepté de publier ce roman. L’auteur a acheté un stand au quatorzième salon international du livre d’Alger (SILA) qui s’ouvre demain à l’esplanade du 5 juillet. Mais, rien n’est sûr quant à la vente du livre sur place. Smail Ameziane, commissaire du SILA, a voulu rassurer en disant qu’aucune censure ne touchera un ouvrage algérien.

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                • #9
                  Mehdi El Djezaïri, Mardi 27 Octobre 2009 :


                  Je tiens tout d’abord à remercier vivement tous les confrères, amis, associations et personnalités du monde culturel, politique et syndical pour leurs soutiens et marques de sympathie en cette malheureuse épreuve que je traverse. Pour la clarté de la situation et pour l’intelligence des propos de mon livre que la majorité des lecteurs n’a pas encore lu, je me dois d’apporter ici des précisions à propos de certaines insinuations ou écrits incomplets ou inexacts.

                  1 - Je défie quiconque de trouver un seul mot d’insulte sur les 432 pages du livre. Sauf à considérer que poser une question à son Président est en soi une insulte. La question que j’ai posée en exergue « ... Où étiez-vous M. le Président quand l’Algérie saignait et pleurait ses enfants ?... » a été régulièrement posée depuis 1999 par l’ensemble des journalistes et journaux sérieux sans conséquences de représailles et sans réponse à ce jour.

                  2 - Est-ce une une insulte que d’affirmer avec preuves et arguments que le phénomène des harraga est la conséquence directe des mauvaises gouvernances depuis l’indépendance à nos jours. Est-ce une insulte d’écrire que nos jeunes qui se jettent à la mer et à la mort, préférant eI houte aux doud, ou finissant au mieux dans un poulailler ou dans une porcherie, est la conséquence directe des politiques d’exclusion qui organisent la malvie et la non- vie et dont sont responsables tous les hauts dirigeants de ce pays depuis l’indépendance ?

                  3 - Je défie quiconque de trouver une seule fois le terme « Marocains » du pouvoir. Le seul terme que j’ai écrit est « maroquins » du pouvoir, terme précis issu de la maroquinerie, qui veut dire portefeuille ou ministère. Je ne peux pas écrire ce genre d’insanités puisque je dénonce moi-même et souvent ce genre de calomnies. Je ne serai jamais comptable du pays ou de la région de naissance d’un chef d’Etat mais seulement des résultats et des performances de sa gouvernance. Le général de Gaulle, par sa mère, était d’origine irlandaise ; Hitler, autrichienne ; Napoléon, corse ; la reine Elisabeth d’origine allemande ; Sarkozy d’origine hongroise, etc. Qui leur reproche leur origine ? Je ne peux et je n’ai pas écrit ce genre de choses malsaines sur notre Président. Son lieu de naissance ou sa vie privée ne m’ont jamais intéressé. Je ne m’intéresse qu’à sa gestion du pays et à rien d’autre.

                  4 - Oui, j’ai écrit les « Texans » du pouvoir, parce j’ai croisé et vu personnellement un maroquin du pouvoir déguisé en texan. J’ai même lu une loi algérienne votée par un parlement algérien que j’ai trouvée, selon mon appréciation, plus favorable au Texas qu’à l’Algérie. Le président de la République algérienne démocratique et populaire a retiré cette loi pour le motif qu’elle était antinationale. Poutakhine ne dit rien de plus. Il le rappelle seulement.

                  5 - J’ai écrit deux lignes pour dénoncer « les casquettes invisibles de l’ombre... » pour évoquer ceux qui agissent et frappent derrière les rideaux. Ces deux lignes ont été intégralement reprises par l’ensemble des journaux. Mais aucun mot, aucune ligne n’ont été repris sur les 80 lignes que je consacre aux casquettes visibles, agissant à la lumière du jour, dont le courage et le dévouement ont sauvé l’Algérie d’une dictature islamiste et d’être encore, malgré tout, debout et de me permettre d’écrire aujourd’hui. Aucun journal n’a repris un seul mot, une seule ligne de ces 80 lignes que je consacre à ces casquettes de la bravoure ; qu’ils soient soldats anonymes ou généraux célèbres.

                  6 - Poutakhine est un patronyme inventé de deux pièces. Il n’est ni docteur ni neurologue. C’est un être ordinaire : tantôt homme, sous-homme, tantôt surhomme. Homme d’honneur et de bravoure, de foi et de conviction, il incarne la complexité et les violences de la vie d’où qu’elles viennent. C’est pourquoi sa grande liberté de ton et de jugement est sans fard et sans complaisance aucune. Poutakhine n’est pas violent, n’est jamais violent. Il raconte les violences qu’il observe. Qui et que faut-il juger ? Celui qui raconte la violence ou celui qui la crée ?

                  7 - Pourquoi une escouade de 9 policiers pour fouiller mon domicile, y compris mon lit pour chercher un livre qui était déjà en leur possession et en vente libre dans les librairies d’Alger ? Cherchaient-ils autre chose ? Oui sûrement. Cette autre chose que la police cherchait et n’a pas trouvée chez moi, elle ne la trouvera jamais, jamais. Elle est trop bien cachée. Elle est cachée dans ma tête, dans ma mémoire, dans ma foi, dans mon cœur, dans mes convictions, dans mes tripes. Et en ces endroits-là, dans ces territoires-là, aucune perquisition ne peut, ne pourra saisir de livres, de phrases ou de manuscrits. On n’est plus au Moyen Âge où l’autodafé s’obtient par la saisie et la destruction du manuscrit. Cette période est révolue, messieurs. Sachez qu’on est au XXIe siècle, au siècle du numérique où l’interdit, le déni de droit et la hogra suscitent et ajoutent à la curiosité de lire mon livre à la vitesse de la lumière. Mon but n’étant ni marchand ni commercial, par et grâce à l’action policière, mon livre sera lu gratuitement par des millions d’Algériens en Algérie et dans le monde, sauf à pouvoir perquisitionner et réquisitionner Internet et la lumière, opération peu envisageable.

                  La chose que cherchait la police dans mes archives privées, plus que mon livre, est tellement secrète, tellement importante que, depuis 40 ans je l’écris publiquement, je l’enseigne aux cadres algériens y compris à des officiers supérieurs, je la mesure, je la transmets à mes enfants, à mes amis, à mes clients, aux institutions, aux élus et à tous ceux qui en veulent : c’est mon savoir, ce sont mes connaissances, c’est ma conviction, c’est mon amour pour l’Algérie, pour nos enfants y compris les enfants de policiers et de magistrats. Que mangeront-ils demain nos enfants et petits-enfants dans une Algérie bradée et corrompue que je pleure dans mon livre ? Cette richesse-là que le commando de police est venu chercher sous mon lit, aucun magistrat, aucun juge, aucun policier ne peut la perquisitionner, la réquisitionner, la saisir. Moi, on peut me fouiller, me juger, me torturer, me jeter en prison, on peut même me tuer. Mais mon livre non, on ne le pourra jamais ; il ne m’appartient plus. Un livre est éternel ; il ne meurt jamais. On ne peut même pas le saisir. Il est déjà le bien et le protégé de milliers d’Algériens et d’Algériennes. Pour être tranquille, le pouvoir en place (pour combien de temps encore ?) devrait jeter en prison Poutakhine et tous les autres à venir. C’est le seul moyen de m’arrêter, mettre en prison mes convictions et mon amour pour l’Algérie. Une seule question, messieurs : pourquoi vous êtes-vous emparé de l’ordinateur de mon fils ? Son seul outil de travail. Est-ce l’arme du crime ? Sommes-nous déjà dans le territoire et les mœurs de l’Etat voyou ? Tout porte à le croire.

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                  • #10
                    Salima Tlemçani :


                    Mardi 27 Octobre 2009 -- Les libraires d’Alger ont été surpris hier de se voir convoqués par le service de la police judiciaire, pour restituer Poutakhine, un ouvrage signé par Mehdi El Djezaïri publié à compte d’auteur il y a quelques semaines l Ils s’indignent et dénoncent la situation de prise d’otage dont ils font l’objet. Ils s’interrogent sur la légalité de cette saisie, arguant du fait que seule la justice est habilitée à interdire un livre autorisé à paraître. Plusieurs libraires d’Alger ont été convoqués hier, par la brigade de recherche et d’investigation (BRI) du commissariat central, où ils ont été sommés de restituer le reste du quota du livre Poutakhine, sorti il y a quelques jours et dont l’auteur, Mehdi El Djezaïri, fait l’objet d’une grave persécution par les services de police. S’exprimant sous couvert de l’anonymat de peur de représailles, tous les libraires avec lesquels nous nous sommes entretenus affirment que « les policiers avaient le quota exact de chacune des librairies. Ils voulaient connaître le nombre d’exemplaires vendus pour récupérer ceux qui restent en stock. Sur la centaine d’exemplaires que j’avais reçus, j’en ai remis une trentaine aux policiers ». Selon eux, aucune explication sur les raisons de cette décision ne leur a été donnée. « J’ai interpellé un des officiers sur le fait que la saisie de ces livres allait nous causer un préjudice financier auquel nous ne pouvons faire face. Il m’a remis un document officiel qui nous permet, selon lui, d’être remboursé par le distributeur », déclare un autre libraire, qui s’insurge contre cette manière d’agir des autorités et s’interroge sur le devenir de son métier. « Nous sommes vraiment pris en otage. Quel est le tort d’un libraire qui accepte de vendre un livre autorisé, frappé d’un ISBN, dont l’auteur a organisé une conférence de presse et procédé à une vente-dédicace au moins deux semaines avant qu’il ne le reçoive ? Il y a un an, nous avons fait l’objet du même déni avec le livre de Mohamed Benchicou, que les services de police ont saisi des librairies alors qu’il avait obtenu son ISBN. Jusqu’à quand allons-nous subir ces décisions répressives ? Comment se fait-il qu’un livre autorisé à paraître puisse être saisi sans décision d’interdiction du juge ? », s’exclame notre interlocuteur. L’inquiétude des libraires est légitime. Les policiers ont laissé planer le doute quant à la légalité de leur action. En effet, la BRI ou la police judiciaire agissent, à en croire les dispositions du code de procédure pénale, sous l’autorité du parquet et aucun de leurs actes ne peut se faire sans l’accord de cette instance judiciaire. Est-ce que les éléments de la BRI ont perquisitionné le domicile de Mehdi El Djezaïri et saisi les exemplaires de son livre des librairies dans le cadre d’une enquête préliminaire lancée par le parquet d’Alger ?

                    Si c’est le cas, les policiers se devaient d’expliquer et surtout d’exhiber le mandat définissant leurs actions aux concernés. Dans le cas contraire, il s’agit tout simplement d’une grave dérive policière qu’il faudra à tout jamais bannir. La liberté d’expression étant consacrée par la Constitution, seule la justice est en droit de retirer un livre des librairies et, jusqu’à preuve du contraire, à ce jour ni l’auteur ni son œuvre n’ont été frappés d’interdit par un quelconque juge de la République. La descente des policiers dans les librairies en a choqué plus d’un du fait qu’elle rappelle la sinistre période où la libre parole était bâillonnée. Avec Poutakhine de Mehdi El Djezaïri, il fallait s’y attendre. Romancé, l’ouvrage est un vrai réquisitoire contre les dirigeants algériens depuis l’indépendance. Surfant entre la fiction et la réalité, l’auteur plonge le lecteur dans la vie désespérée d’un harrag puis tire à boulets rouges sur le système. Tout se passe dans ce qu’il définit comme une « cour des miracles » où se croisent ce harrag, un professeur de neurologie (Poutakhine), un colonel des services spéciaux, un curé très spécial (le père Clément), Sophie, une biologiste et la vache Marquise. En fait, « c’est cette Algérie hideuse et humiliante que je montre dans toutes ses forfaitures et ses trahisons contemporaines », dit-il à la presse, précisant : « J’interroge, pour l’avoir fait en réel, en dehors de la fiction, ces jeunes desperados qui se jettent à la mer, presque sûrs de mourir, mais qui se jettent quand même pour un tout petit bout d’espoir d’arriver... Mon livre raconte cette Algérie-là des désespérés et des perdus qui n’ont rien à perdre. C’est un journal relatant 2000 ans d’histoire, de Hannibal à Bouteflika. Mon livre est une contribution modeste. Un balayage politique. Je parle de tous les héros nationaux, des harraga... D’ailleurs, au lieu de juger le système, on juge les victimes du système. Un système qui paupérise et humilie le pays. Notre drame, notre calamité, c’est le pétrole ! Mon livre est parfois pamphlétaire. Il relève du baroque, du récit, de la poésie et de la fiction. À propos des personnages, quand j’évoque les Texans, ils se reconnaîtront. Il y a des passages antisionistes mais pas antisémites. » Dès sa sortie, une escouade de policiers a perquisitionné dans son domicile et saisi du matériel informatique et quelques exemplaires dédicacés à des personnalités politiques, culturelles, médiatiques et universitaires.

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                    • #11

                      Mercredi 28 Octobre 2009 -- Après le départ du président de la République, qui a inauguré la manifestation au chapiteau blanc à l’esplanade du complexe sportif du 5 Juillet à Alger, la ministre de la Culture avait le visage déformé par la colère. Aux questions des nombreux journalistes, elle répondait d’un ton inhabituel. Elle n’arrêtait pas d’évoquer « la solitude » de la ministre de la Culture. « Je ne suis pas en colère, je suis triste », a-t-elle lancé. L’interrogation relative à la censure qui frappe le roman de Mehdi El Djezaïri, Poutakhine : Journal presque intime d’un naufragé, paru à compte d’auteur début octobre, était inévitable. Il fallait courir dans les travées du chapiteau surchauffé qui abrite le SILA pour arracher un début de réponse à Khalida Toumi sur cette drôle d’affaire. « Je ne parle que des livres, pas de choses qui s’appellent livre », a-t-elle répondu, en continuant de marcher et sans citer le titre interdit. Plus tard, avant de quitter les lieux, la même question lui a été posée de nouveau. La ministre de la Culture a montré du doigt une chaise : «Ce que vous voyez là n’est pas un livre, non ?» Approché par les journalistes, Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur, a refusé de répondre à la question relative à la censure du livre de Mehdi El Djezaïri. « Posez la question à la ministre de la Culture », a-t-il répondu. Rappel lui a été fait que les policiers de la BRI, qui ont procédé à la saisie de l’ouvrage et à l’interrogatoire des libraires sur « l’identité » des acheteurs, relèvent de la DGSN qui, elle, est sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Même réplique de Yazid Zerhouni. L’ex-haut officier des services secrets restait imperturbable.

                      « La police ne dépend pas de Khalida Toumi »

                      Khalida Toumi a été interpellée sur la saisie du livre. «Je ne suis pas ministre de l’Intérieur. La police ne dépend pas de Khalida Toumi», a-t-elle lancé. Le livre de Mehdi El Djezaïri devait être exposé au SILA, sur le stand C 128 loué par Abassa Com, l’entreprise de communication de l’auteur. Hier en fin de journée, aucun livre n’était déposé au niveau du stand. La pancarte a été enlevée. Dans des précisions publiées hier par El Watan, Mehdi El Djezaïri a lancé le défi de trouver « un seul mot d’insulte dans les 432 pages du livre ». «Sauf à considérer que poser une question à son Président est en soi une insulte. La question que j’ai posée en exergue : “Où étiez-vous Monsieur le président quand l’Algérie saignait et pleurait ses enfants ?” a été régulièrement posée depuis 1999», a-t-il écrit. « Il n’y a pas de censure au Salon du livre. Au salon d’Alger comme aux salons de Tunis, de Casablanca ou de Paris, il existe un décret qui précise les raisons qui font qu’un livre ne soit pas diffusé », a indiqué Khalida Toumi, faisant référence au décret exécutif n°03-278 du 23 août 2003 fixant le cadre réglementaire de diffusion de livres et ouvrages en Algérie. L’article 10 de ce texte stipule : « Sont interdites, sur le territoire national, l’introduction et la diffusion de livres et ouvrages édités sur quelque support que ce soit et dont le contenu se caractérise par l’apologie du terrorisme, du crime et du racisme ; l’atteinte à l’identité nationale dans sa triple dimension ; l’atteinte à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la sécurité nationale ; l’atteinte à la morale et aux bonnes mœurs ; la falsification du Saint Coran et l’offense à Dieu et aux prophètes. » L’article 11 indique que les mêmes interdictions citées à l’article 10 sont applicables aux livres et ouvrages sous tous supports édités et diffusés en Algérie. La ministre de la Culture a rappelé que les œuvres du philosophe français Roger Garaudy sont interdites en France. « Ils disent qu’il est révisionniste. Nos révisionnistes à nous ne peuvent pas accéder au Salon du livre. À chacun, ses révisionnistes », a-t-elle affirmé. Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, de Roger Garaudy, a été qualifié de négationniste en Europe. L’auteur a été poursuivi en justice pour « contestation de crime contre l’humanité et diffamation publique raciale ». Selon la ministre de la Culture, les décisions relatives au contrôle des livres à exposer au Salon ne sont pas arbitraires. « Tout est bien réglementé. Les éditeurs sont avertis. Ils ne sont pas choqués », a-t-elle observé. Revenant sur la polémique qui a précédé l’ouverture du SILA, Khalida Toumi dit être étonnée par le débat sur le coût du Salon. « Jusqu’à la treizième édition du SILA, je n’ai pas entendu des interrogations de ce genre. Aujourd’hui qu’on pose la question, j’ai envie de rire. Vous savez qu’il y a plus de transparence... », a-t-elle soutenu, disant être entourée de gens qui ne savent pas ce que c’est un Salon du livre.

                      « Le seul pays où il y a une rentrée littéraire, c’est la France »

                      « Dans tous les salons du monde, le débat porte sur le nombre de livres vendus et de droits achetés. Qui a posé ce problème à Alger ? J’aime trop mon pays pour qu’il se donne en spectacle parce qu’il y a des gens qui n’ont rien à voir avec le livre et qui écrivent dessus », a-t-elle déclaré. Elle a invité la presse à lire les bilans des Foires de Frankfurt et du Salon de Paris. « Il s’agit de bilans de droits sur les titres vendus. Au lieu que le débat soit sur cela, il est délocalisé vers autre chose qui, d’ailleurs, m’échappe », a-t-elle ajouté, avant d’enchaîner : « Mesurez-vous la responsabilité d’écrire sur le livre. Trouvez-moi un article où l’on a posé la question centrale d’un salon du livre, celle de l’échange de droits. Qui a acheté quoi, à qui, combien ? Il y a des gens incultes qui décident d’écrire et de parler. Certains ont même parlé de rentrées littéraires. Il faut avoir honte et se taire. Le seul pays où il y a une rentrée littéraire c’est la France. » Elle a confié, sans trop de détails, qu’il existe « un lobby » d’importateurs de livres. Selon elle, l’Algérie doit cesser d’importer des livres. Citant l’exemple de Larousse, elle a estimé qu’il serait bien que ce dictionnaire soit fabriqué en Algérie. Elle a plaidé pour une véritable industrie du livre qui pourrait créer des postes d’emploi pour les jeunes. Elle a souligné que des mesures fiscales ont été retenues dans le projet de loi de finances 2010 pour relancer la chaîne de fabrication du livre et pour la production cinématographique. « Notre intérêt est que le livre se développe en tant que produit culturel. Il faut sortir de l’opacité », a-t-elle relevé. Elle a regretté que les droits des grands auteurs algériens tels que Kateb Yacine, Mohamed Dib et Tewfik El Madani soient détenus par des maisons d’édition étrangères. Ces éditions imposent, selon elle, l’achat des livres fabriqués. « Des livres qui coûtent plus cher », a-t-elle noté. D’après elle, le Centre national du livre (CNL) sera bientôt installé avec la nomination d’un directeur. « Le CNL sera l’instrument de mise en œuvre de la politique du livre. On s’est inspiré des meilleurs exemples dans le monde », a-t-elle noté. Elle a qualifié la décision de transférer l’organisation du SILA de l’ANEP au ministère de la Culture de salutaire. « Si l’ANEP a organisé le Salon, c’est qu’on lui a demandé de le faire. En tant qu’entreprise publique, elle n’avait pas le choix », a-t-elle soutenu.

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                      • #12
                        Laura De Santi:


                        ALGIERS, October 28, 2009 (ANSAmed) -- The 14th edition of the International Book Festival of Algiers (SILA) opened today amid controversy with the seizure of the latest book by Algerian author Mehdi El-Djezaïri, Poutakhine : An almost intimate journal of a castaway: a book called 'offensive' against the government of the North African country. About 145 exhibiting firms from Algeria and 343 publishers from 25 countries with a total of 120,000 titles are present at the event dubbed 'King Book', inaugurated by President Abdelaziz Bouteflika. Organised for the first time under tents set up in the parking lot of the 'July 5th' Stadium and not as normal in the rooms of the International Convention Centre of Algiers, SILA is dedicated this year to Palestine and Africa. Authors and journalists, including Italian Paola Caridi and French-national Alain Ghres, will speak at an encounter on ''El Qods and Palestine: the situation and the future,'' while other events will involve Palestinian writers like Ahmed Rafiq and Majed Abou Ghosh. A recital will also be dedicated to poet Mahmoud Darwich. On the agenda until November 6 will also be a tribute to one of the most important Algerian authors, Keteb Yacine, and conferences on literary criticism in Northern Africa, the role of Arab women in the world of books and ''the Amazigh language (Berber) in education and publishing''. In addition to Poutakhine, like in the most recent editions of the book fair, all of the works that ''exalt terrorism, which damages our institutions or which do not respect the values'' of Algeria have been excluded. ''There is a decree that specifies the areas affected by the ban,'' said Hadj Nacer, the head of the book section of the Cultural Ministry, to Algerian national radio, specifying that ''for the event, as in all countries, there is a commission that examines the list of books''. Works that ''damage the country'', explained Smail Amezian, the head of SILA, ''are not sold here, or in Tunisia or Morocco,'' all of the book fairs ''in Arab countries are regulated by laws regarding offenses to the institutions, morals, or extremism,'' but ''only in Algeria is censorship evoked''. Initially authorised, Poutakhine, was then seized during printing and Mehdi El-Djezaïri (pen name) immediately left Algeria due to fear of punishment. On Friday, wrote El Watan, police raided the author's home and yesterday they called various booksellers in the capital to confiscate all copies of the book that were still in circulation. A novel that mixes fiction and reality, Poutakhine, ''demonstrates this detestable and humiliating Algeria,'' said the author, ''these desperate youngsters who throw themselves into the sea, almost certain that they will die, but at least with some hope. A story of 2,000 years from Hannibal to Bouteflika''. The book, defined by the press as particularly harsh on the authorities, contains a dedication that is among the causes for its seizure: ''To the President, request served for a third term and to all the others to come. Where were you, Mr. President, when Algeria was bleeding and cried for its children?''. Last year just before SILA, Mohamed Benchicou's Journal d'un homme librewas blocked.

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                        • #13
                          Mohamed Benchicou :


                          Jeudi 29 Octobre 2009 -- C’est encore sur l’humeur exécrable de Madame la ministre de la Culture, contrariée pour la troisième année consécutive par la sortie d’un livre désagréable, que s’est ouvert le Salon du livre d’Alger et j’en viendrais presque à jubiler d’être enfin innocent de cette goujaterie, moi qui ai eu l’indélicatesse de gâcher la fête de la ministre à deux reprises par deux ouvrages discourtois, j’en viendrais presque à jubiler de mon innocence si l’auteur de la muflerie 2009, la muflerie Poutakhine, n’était un confrère de longue date, doublé d’un gentlemen qu’on ne saurait suspecter d’incorrection envers une dame. Je mesure son émoi. Rien n’est plus violent pour un galant homme que de se surprendre dans la peau d’un butor. On ne s’en remet qu’avec peine. Rien n’est plus blessant, de surcroît, que les propos acerbes d’une femme bafouée. « Cette chose qui s’appelle livre » est allée jusqu’à dire Mme Toumi, avec l’assurance d’une chevronnée en littérature apte à consacrer le chef-d’œuvre comme à vilipender le torchon. Puis, ce fut l’inévitable fadaise. « Nos révisionnistes ne peuvent pas accéder au Salon du livre », comparant l’auteur de Poutakhine au philosophe français Roger Garaudy, insinuant par là que, dans notre beau pays, le genre humain s’est amélioré et qu’il n’y a plus de rebelles, plus d’esprits chagrins, plus de contestataires, seulement des courtisans... C’est là que réside le plus affligeant pour un homme distingué : forcer une dame irritée à la bêtise. Il y avait, une fois de plus, comme une pulsion suicidaire qui poussait Mme Toumi à se couvrir de ridicule et à livrer sa postérité à la redoutable société cancanière d’Alger, quant aux « qu’est-ce qu’elle fut belle ! », s’ajouteront les « qu’est-ce qu’elle fut sotte aussi ! » pour évoquer une ministre de la Culture qui fit métier de s’indigner de tout.

                          Car enfin, l’exemple de Garaudy étant bien celui à ne pas prendre, il nous rappelle que son livre fut interdit selon des voies démocratiques, par le juge de la 17e chambre correctionnelle de Paris, alors que Poutakhine, comme bien d’autres livres interdits sous l’ère Bouteflika, l’a été selon les méthodes abjectes d’une République bananière : par une escouade de policiers. C’est toute notre misère. Les voies de fait. Mme Toumi semble éprouver un sordide bonheur à être en dehors du temps. Qui lui dira que dans les us d’un Etat moderne, c’est la justice et non le gouvernement qui décide du caractère outrancier d’un livre. Quel livre, en dehors de ceux des prévôts, ne serait frappé d’indignité s’il ne dépendait que de l’humeur des dirigeants ? Qui juge quoi ? Qui, en dehors d’un magistrat, a prérogative de conclure à « l’atteinte à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la sécurité nationale ; l’atteinte à la morale et aux bonnes mœurs ; la falsification du Saint Coran et l’offense à Dieu et aux Prophètes » ? Ministre sous Naegellen, Mme Toumi aurait interdit Nedjma ; sous de Gaulle elle aurait interdit Sartre ! En vérité, Mme Toumi s’adonne, avec peu de talent, au complexe exercice de théoriser l’arbitraire. Elle enrobe de mots et de mimiques un ordre venu du président Bouteflika en personne. La tâche est ardue. Historiquement ingrate. Ce fut la tâche de tous les chambellans qui, de leur vivant, ont fait le lit des dictatures et qui, binocle sur le front, en singes savants, escomptaient duper le monde au moyen de futiles minauderies pour toujours finir par nous jeter en enfer. Que dire à l’auteur de Poutakhine sinon qu’il doit y avoir un Dieu pour les écrivains persécutés, sans quoi, les bibliothèques ne seraient pas pleines de livres interdits et le monde se serait rappelé du nom des chambellans plutôt que de celui des plumes pestiférées.

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                              Alger, Vendredi 6 Novembre 2009 -- La ministre de la culture Khalida Toumi a mis fin aux fonctions du directeur général adjoint de la bibliothèque nationale, Ahmed Saâdi, qui a été chargé de gérer la bibliothèque après le limogeage de son directeur Amine Zaoui après la crise qui a suivie la visite du poète syrien Adonis. Saâdi a occupé le poste de Secrétaire général de la bibliothèque nationale pendant deux années sur décision de la ministre de la culture. Il est limogé à son tour après le la procédure du dépôt légal avec un numéro d’ISBN au roman Poutakhine qui a été autorisé à la vente au niveau de la salle du cinéma Mohamed Zinet, bien qu’il contienne des insultes contre le président de la république.

                              Selon les mêmes sources, la ministre de la culture aurait pris cette démarche afin d’éviter la colère du président, qui fait l’objet de graves atteintes pour la deuxième fois de la part d’un ministère sensé prôner la culture et le savoir au lieu du chant et de la danse. Après le roman de Benchicou qui porte atteinte aux symboles de la révolution et aux personnalités nationales et diminuant les souffrances du peuple algérien pendant l’occupation française, la ministre attribue un autre numéro d’ISBN à un autre roman qui insulte le président et le régime. Ce dernier est autorisé à une vente dédicace au niveau de la salle de cinéma Mohamed Zinet à Riad El Feth après la procédure du dépôt légal avec un numéro ISBN déposé à la bibliothèque nationale conformément à la loi.

                              La décision du limogeage du directeur général intérimaire de son poste intervient après cette deuxième grave méprise en une seule année. La ministre avait présenté un rapport détaillé sur la visite du poète Adonis en algérie, s’en démarquant des dérives commises par ce dernier. C’est ce qui est attendu avec le roman Poutakhine dont le responsabilité sera mise sur le dos du directeur général par intérim de la bibliothèque nationale, comme elle a été mise sur le dos de Amine Zaoui, victime d’une erreur qu’il n’avait pas commise.

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