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Soustara, les années quarante, de Mohamed Boussadi

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  • Soustara, les années quarante, de Mohamed Boussadi


    Jeudi 10 Décembre 2009 -- Dans une époque marquée par les bouleversements que provoqua la domination coloniale, un petit enfant prénommé Mohamed transpire dans les ruelles de la tortueuse Casbah d’Alger. La symbolique citadelle imprenable est le siège de tous ses désirs, de toutes ses peurs et de toutes ses espérances. Mohamed Boussadi grandit, il devient un cadre sérieux et dévoué à son travail, cultivé, généreux et sensible. Cet enfant de La Casbah, né en 1938, est un autodidacte éclairé qui dépasse le temps et l’espace. Il a étudié du mieux qu’il pouvait quand les conditions difficiles de son existence le lui ont permis. Après avoir écrit les Années sombres, un premier roman autobiographique, il rédigea ensuite Soustara, les années quarante, comme une suite logique en flash-back d’une enfance à rebours qu’il nous a fait vivre en direct dans ses mots. Il a d’ailleurs obtenu, en 1998, le grand prix de la ville d’Alger pour le meilleur roman d’expression française. Dans un texte de présentation, l’auteur partage avec nous son œuvre en l’évoquant comme suit : «Une autobiographie de mon enfance. J’y relate la situation de La Casbah des années quarante, une sombre période qui marqua la mémoire collective. Dans les quartiers populaires, les quartiers arabes – comme les désignaient les pieds-noirs – mais aussi, dans les villes et villages du pays profond, des familles meurtries par les affres de la guerre endurèrent les pires souffrances.

    En proie à la malnutrition, confrontées à des épidémies dévastatrices sans pouvoir s’en protéger, méprisées par les gouvernants d’alors, la population arabe fut ainsi abandonnée à son terrible sort. «En douze chapitres, chacun traitant d’un sujet différent, je décris les joies et les peines des personnes que j’ai eu à côtoyer dans mon jeune âge : ma propre famille, mes voisins et mes camarades, leurs aspirations, leurs frustrations et aussi leurs superstitions. Usant d’anecdotes tirées du réel, je dépeins les mœurs qui régissaient la vie de tous les jours dans Soustara, le quartier qui m’a vu naître, et les rapports entre voisins, entre gens honnêtes et délinquants (deux mondes opposés qui se côtoyaient sans se fréquenter), entre Arabes et Français. Je raconte mes frayeurs durant la Seconde Guerre mondiale, notre fuite à la campagne, après la chute d’une bombe, qui heureusement n’explosa pas, et le séjour idyllique dans la région de mes ancêtres. Afin de transcrire aussi fidèlement que possible l’atmosphère de l’époque, j’ai tenté de me plonger dans mon passé, à la recherche de souvenirs vieux de plus d’un demi-siècle. C’est avec beaucoup d’émotion que je me suis remémoré certains événements, certaines scènes. Faire parler un enfant de douze ans quand on en a soixante-douze n’a pas été facile, je l’avoue. Je me suis efforcé de trouver les mots, les phrases que je pensais les mieux adaptées à un langage juvénile, sans être certain d’avoir totalement réussi. Afin de donner un cachet authentique au récit, j’ai introduit des expressions en langue arabe et kabyle. Cette forme d’écriture peut paraître maladroite, j’y ai eu recours sciemment avec, pour arrière-pensée, le désir d’affirmer mon appartenance à mes origines», indique l’auteur.

    Il s’agit donc d’un voyage dans le temps, en plein dans les années de disette et de misère, sous le joug d’une colonisation écrasante. Mohamed Boussadi puise dans son inspiration douze chapitres, peut-être une escale par mois, pour nous livrer une œuvre dans un style épuré de fioritures littéraires gratuites. Entre ghorfas et essouiretts de son enfance, l’écrivain nous fait une généreuse offrande, en nous emmenant dans l’intimité de son enfance et des apports entretenus avec les siens et avec les autres… Entre petites combines de survie, débrouillardise et tendresse immense, nous nous plaisons ainsi à parcourir les rêves les plus fous d’un enfant qui a bien grandi, dans le respect et l’éthique. Voilà pour nous, une jolie aventure pas aussi maussade que cela qui, sur quelque 260 pages bien senties, nous donnera bien plaisir à découvrir.

    Soustara, les années quarante de Mohamed Boussadi, Editions ANEP, Alger, 2009, 267 pages

  • #2
    Ce qui serait formidable, c'est que l'on puisse commander ce genre de livres introuvables ailleurs qu'en Algérie.

    A quand une librairie algérienne online ?

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    • #3
      Peut-être il pourrait être possible d'acheter directement de l'éditeur, ou apprendre d'une autre méthode d'obtention de ces livres?

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      • #4
        Tu crois qu'il y aurait moyen d'avoir une liste de leurs publications ?

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        • #5
          Je suis désolé, je n'ai aucune idée - peut-être envoyer un email à un membre du personnel ?

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          • #6

            Samedi 24 Avril 2010 -- Mohamed Boussadi pense que revenir à la vie sociale des algériens dans les années quarante est nécessaire pour connaitre les repères de l’algérien sous la colonisation et c’est ce qu’il a tenté de traduire dans son autobiographie Soustara, les années quarante parut aux éditions ANEP en 2010, livre dans lequel il rassemble les souvenirs d’un jeune garçon dans l’un des plus célèbres quartiers de la capitale, Soustara, qui était le parfait exemple de la communauté de l’époque, composée d’Algériens, d’espagnols, de maltais et même de juifs. L’auteur déclare d’ailleurs : « Je relate la situation de la Casbah des années 1940, période très sombre qui a marqué la mémoire collective », l’enfant qu’il est alors, se promène entre sa petite et sa grande famille, les voisins et les habitants des quartiers sur les visages desquels il voit les effets de la malnutrition et des épidémies : « toutes les maisons touchées par la maladie était signalées par une croix blanche, ma mère avait peur que je ne tombe malade, elle avait déjà perdu deux enfants à cause des maladies ». L’auteur ajoute, évoquant ses interrogations d’enfant qui comparait les conditions de vie des algériens et celles des français dans leur quartier propres, « j’ai préféré rester un enfant turbulent et libre dans ma façon d’écrire, avec mes proches dans notre grande maison (Douira) pour me certains d’entre nous était privés de la lumière du soleil alors que le ciel et la terre nous appartiennent », l’auteur justifie d’ailleurs son choix du symbolique quartier de Soustara, qui doit son nom aux ottomans, et dont le nom se divise en deux partie « Sour » et « Stara », qui désigne le mur vertical qui était une partie du mur entourant la Casbah et ses six portes (Bab Jdid, Bab Sidi Ramdane, Bab Azzoun, Bab El Oued, Bab Djazira - ou Bab El-Jihad - et Bab El Behar). Une partie du mur a cependant été détruite lors de la colonisation, lorsque les français ont commencé a changé la physionomie de la ville arabe-particulièrement et imposée l’architecture européenne.

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