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Violence contre les femmes, de Sid Ali Mazif

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    Mercredi 10 Mars 2010 -- La projection du documentaire Violence contre les femmes, réalisé par Sid Ali Mazif, a eu lieu à Alger, ce dimanche 7 mars, au Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme, en présence de l’ambassadeur de Hollande et de deux représentants des ambassades de France et des Etats-Unis. La première scène du documentaire annonce déjà la couleur. Une femme ensanglantée sort en criant de son immeuble et se dirige, affolée, vers le plus proche commissariat pour dénoncer son barbare de mari. Les témoignages de femmes aux visages découverts, décidées à briser l’omerta et à braver les tabous, pleuvent ensuite et ne laissent personne indifférent.

    De multiples formes de violence contre la femme sont exposées dans ce documentaire d’une durée de 52 minutes. On en voit de toutes les couleurs, de toutes les plaies : femme mariée depuis quarante ans qui rompt avec le silence imposé par la tradition et le patriarcat, nous montre ses blessures pour le moins inhumaines. La dame affirme avoir été saignée au niveau du cou avec un tournevis et frappée avec une barre de fer à la cuisse. Le mari a passé quarante années à lui faire subir les pires outrages, physiques et moraux, jusqu’au jour où, enfin, elle décide de mettre fin à son calvaire en allant le dénoncer. La commissaire divisionnaire, Mme Messaouden, donne des chiffres alarmants, mais certainement loin de la réalité des femmes victimes de violence. 3 800 victimes en 2006 et 1 873 cas au premier trimestre de 2007. Il ne s’agit bien entendu que de celles ayant eu le courage et la dignité de porter plainte. Ces chiffres se verront sans doute multipliés par million si toutes les victimes de la barbarie pouvaient ou voulaient échapper à cet enfer quotidien.

    Les coups et blessures ne sont cependant pas la seule forme de violence que subit le sexe féminin. Le harcèlement moral et sexuel est l’une des formes les plus répandues dans la société algérienne. Les témoignages recueillis à ce propos démontrent combien il a de tout temps été facile pour un chef d’entreprise véreux de mettre à profit la vulnérabilité physique, morale et financière de ses employées. La syndicaliste Kheira Azizou dresse un portrait ténébreux de la situation : «Aucune femme n’est épargnée. Celles qui ont un poste assez important se retrouvent victimes d’un harcèlement moral, vu les jalousies ou le refus de certains hommes de voir des femmes réussir leur carrière. Quant aux travailleuses moyennes et inférieures, elles en subissent la forme la plus cruelle : le harcèlement sexuel.» Pour ces dernières, il s’agira de choisir entre changer d’emploi, quand elles en ont l’occasion, ou alors céder aux avances du boss !

    Sid Ali Mazif laisse le plus grave pour la fin. Le caractère cruel et infâme de l’être humain nous est dévoilé dans son plus sinistre appareil : les viols incestueux. Une sage-femme d’Annaba nous relate le calvaire d’une jeune fille de 22 ans, arrivée au CHU entre la vie et la mort. Elle a ingurgité des litres d’essence et avait un fœtus mort dans le ventre. Le bourreau n’était autre que son oncle maternel. Les témoignages s’enchaînent et malgré leurs différences, ils retracent le même visage d’une barbarie inqualifiable et surtout…impunie ! Une syndicaliste nous raconte en effet qu’une des victimes de cette monstrueuse boucherie, ayant osé porter plainte contre son frère qui abusait d’elle régulièrement, a été tout simplement insultée par le procureur général. Ce dernier rejetta la plainte et traita la victime de tous les noms pour l’unique raison que le frère demeure un symbole intouchable de la famille algérienne. Cette phallocratie et cette complicité coupable sont malheureusement étendues à tous les niveaux : familles, voisins, collègues et même institutions de l’Etat. Une loi pénale condamnant nommément la violence contre les femmes, en dehors des coups et blessures d’usage, n’existe toujours pas en Algérie. Les bourreaux demeurent, pour la plupart, impunis et la plus grande partie des victimes continuent de subir l’innommable ou bien s’enfuient pour aller se réfugier dans la rue, où elles vivront un tout autre enfer…

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