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Les Figuiers de Barbarie, de Rachid Boudjedra

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  • Les Figuiers de Barbarie, de Rachid Boudjedra


    Jeudi 25 Mars 2010 -- Lorsque Rachid Boudjedra évoque l’histoire de l’Algérie, il impose la vision du romancier et incarne le rôle d’un simple observateur de l’évolution des époques vécues par l’Algérie et les changements survenus, les contradictions, mais également les déchirements. Il essaye de tout relier, au travers de son nouveau roman, Figues de Barbarie. Son nouveau roman s’inscrit dans la lignée de ses précédents ouvrages, qui n’hésitent pas à poser des interrogations sur les événements qui ont marqué l’historie d’Algérie. Ce roman commence par la rencontre de deux hommes à bord d’un avion, lors d’un vol reliant Alger-Constantine, soudain, la voix du narrateur, Rachid, qui ne cache pas son admiration pour son voisin. Omar, architecte de son état, il fait le tour du monde pour échapper pour combattre la tristesse. Il y a également le personnage secondaire de Si Mustapha, celui-ci est un agriculteur possédant un champ de figues de barbarie, qui constitue un signe de fertilité et de rendement continu, une allusion à l’Algérie. L’autre personnage du roman est un commissaire de police et le père Kamel que l’on soupçonne de collaboration avec l’armée française, durant la Guerre de libération, et le frère Salim qui est tué dans des circonstances étranges. L’écrivain a, d’ailleurs, présenté le livre en ces termes : « le roman de Boudjedra raconte l’histoire d’une Algérie brisée, depuis la colonisation française jusqu'à l’indépendance, c’est une histoire qui va de l’enfance jusqu'à l’horreur de la torture et du terrorisme.

  • #2

    Lundi 19 Avril 2010 -- L’écrivain Rachid Boudjedra revient avec un nouveau roman, Les Figuiers de Barbarie, édité par Barzakh, et le présentera, aujourd’hui à 16 h à l’Espace Noûn, Alger. Dans Les Figuiers de Barbarie, édité d’abord par Grasset en mars 2010, l’auteur algérien Rachid Boudjedra fait une rencontre en tant que narrateur avec Omar, un cousin, mais aussi un ami d’enfance, de jeunesse et des débuts de l’âge adulte. Durant le vol Alger – Constantine, qui ne dure pas plus de trois quarts d’heure, les deux hommes nous livrent à dix mille mètres d’altitude des années de l’histoire, une fresque remarquable qui s’étale de la période coloniale jusqu’à nos jours. C’est un voyage favorable aux remémorations, aux souvenirs de leur jeunesse, aux questionnements sur la situation de leur pays. «Ils sont unis par de vagues liens de parenté, par l’expérience commune et traumatisante de la guerre d’Algérie, mais aussi par le souvenir d’un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n’ont reparlé, mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur pays. C’est toute l’histoire de l’Algérie, depuis la conquête française jusqu’à l’indépendance et ses ratages – de l’enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture coloniale, des luttes fratricides et du terrorisme des années 1990 – qui défile dans Les Figuiers de Barbarie, emblèmes d’une Algérie sereine dont les deux protagonistes ne cessent de rêver. Avec ce texte habité de bruit et de fureur, élégiaque et épique, politique et intimiste, Rachid Boudjedra nous donne son grand roman sur l’Algérie.» Et le narrateur dit : «Je n’aime pas les gens heureux. Le bonheur m’a toujours ennuyé. Omar était malheureux, c’est pourquoi je l’aimais. J’avais besoin de son malheur et de cette admiration que je lui vouais secrètement. Mes rapports avec lui étaient quand même étranges. Cela ne me ressemblait pas de profiter du malheur des autres, mais le sien, ce destin dramatique et incohérent, me fascinait, car il résumait à lui seul toute l’histoire tragique de mon pays. Il émanait d’Omar, de son histoire familiale, de son refus d’être honnête et lucide face à l’enchevêtrement des événements, une sorte de radiographie sur laquelle on pouvait lire certes difficilement cette histoire collective, effroyable et douloureuse de l’Algérie.»

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    • #3
      Merouane Mokdad :


      Mardi 20 Avril 2010 -- Rachid Boudjedra a ouvertement critiqué, mardi 20 avril, l’œuvre de l’écrivain Yasmina Khadra. M. Boudjedra s’exprimait lors d’un débat à « l’espace Noun » à Alger, à l’occasion de la sortie de son dernier roman, Les figuiers de Barbarie, paru aux éditions Barzakh en Algérie et Grasset en France. « Franchement, je n’aime pas la littérature de Yasmina Khadra. Ce n'est même pas une littérature à mon point de vue. C’est une littérature de loisir. Elle est liée à l’actualité chaude. C’est la seule explication qu’on trouve à des romans tels que L’attentat, Les hirondelles de Kaboul ou Les sirènes de Baghdad », a-t-il dit. « Le plus drôle est que Yasmina Khadra disait que j’étais son écrivain préféré et que je l’influençais. Dans ses livres, je n’ai jamais trouvé cette influence », a-t-il ajouté. Selon lui, Yasmina Khadra n’est pas un écrivain dans le sens noble du terme. « Autrement dit, un écrivain qui pose des questions et qui s’angoisse. Moi, je ne pourrais jamais écrire sur l’immédiat. Il appartient aux journaliste de le faire », a ajouté l’auteur de La Répudiation.

      Directeur du centre culturel algérien à Paris, Yasmina Khadra vient de publier aux éditions Julliard en France, L’Olympe des infortunes, un roman sur les marginaux et les paumés. Yasmina Khadra a choqué beaucoup de monde ces derniers mois avec des déclarations étonnantes sur l’Algérie ou le colonialisme. Il a, par exemple, déclaré au journal canadien La Presse qu’il était plus connu que l’Algérie. «Je suis l'un des écrivains les plus célèbres au monde. Je suis allé en Italie en visite officielle avec le président algérien: je suis passé à la télé, pas lui !», avait-il déclaré. Plus récemment, dans un entretien avec nos confrères de l' Expression, il a décrit les Algériens comme « êtres sans relief et sans réelles convictions ».

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      • #4
        Farès Abdeslam :


        Samedi 15 Mai 2010 -- L’invité au Café littéraire de Béjaïa samedi dernier, l’écrivain Rachid Boudjedra, a fait salle comble au Théâtre régional de la ville. Il a littéralement et… «littérairement» séduit l’assistance, fort nombreuse et de plus en plus mixte. Autant dire et sans nullement vouloir réduire la notoriété des écrivains qui sont déjà passés, jamais le Café littéraire n’a attiré autant de passionnés de littérature et de la «chose» culturelle que cette fois-ci, avec les Figuiers de Barbarie, le dernier roman de Rachid Boudjedra. La grande salle, le balcon de face et même les loges étaient noirs de monde. Au-dessus de tout ce tumulte, les clameurs et autres polémiques que génèrent certains écrits récents de par leurs références à l’histoire de la guerre de libération nationale, mais qui sont, le temps d’une rencontre culturelle, tues, Rachid Boudjedra était clair dans ses propos et parlait avec transparence de ses convictions de tout ordre. Il était remarquablement spontané, clair dans sa dialectique d’exposition qui s’adresse, non sans beaucoup d’humilité, à une assistance l’écoutant dans un silence religieux mais, cependant, loin d’une machinale allégeance ou dévotion, la teneur de la séance consacrée aux questions-réponses n’ayant pas manqué d’attester de la pertinence et de la richesse culturelle de la plupart des interventions au terme desquelles l’illustre conférencier était, bien évidemment, chaque fois sollicité. Si deux ou trois prises de parole ont failli irriter le célèbre auteur et philosophe, il n’en demeure pas moins que, dans l’ensemble, l’atmosphère était plutôt à un respect inspirant l’affection, une sincère admiration. «Mais pourquoi donc insiste-t-on pour que je m’attelle à écrire sur l’histoire de l’Algérie ?» s’interroge le conférencier, avant d’ajouter : «Je ne suis, et je tiens à le rappeler, qu’un simple citoyen algérien ‘’écrivant’’ qui a choisi l’écriture romanesque, la littérature, puisant dans mon imagination bien que demeurant collée à la réalité (…) Je le répète, je ne suis pas outillé et encore moins formé pour m’investir dans l’écriture de l’histoire.»

        Puis, de fil en aiguille et à mesure que fusaient «remarques», commentaires et autres interventions plus ou moins brèves, notre écrivain national ne se privait pas de s’épancher à brides abattues, serein et s’assumant, chaque fois qu’il s’agissait de clamer haut et fort un point de vue, une opinion, une conviction. Ainsi, concernant les écrivains algériens en général, ce fut sur un ton solennel et dans une intonation influente de par sa charge émouvante et émotionnelle que Boudjedra a déclaré sans ambages : «Kateb Yacine est l’écrivain par excellence, il est unique et inimitable. Kateb est un génie tout simplement, et Nedjma est ce que j’appellerai un chef-d’œuvre absolu. C’est cela la grande littérature, la littérature algérienne de haute facture !» Une «tirade» qui n’a pas manqué de susciter un tonnerre d’applaudissements dans la salle. Et le conférencier de se demander : «Pourquoi certaines gens veulent que je dise ce que je pense de Yasmina Khadra. Il est probablement plus connu que le président de la République, il est traduit plus que moi dans plusieurs langues, c’est un écrivain qui appartient à une autre vision des choses et puis, enfin, c’est un Algérien et il faut en être fier !» Boudjedra a précisé qu’il n’a jamais écrit d’essai : «Je ne suis pas du tout essayiste.» Concernant l’écrivain Malek Haddad, Boudjedra a dit : «Malek Haddad a eu un parcours particulier dont je ne parlerai pas (…) Il a été bouffé par la mauvaise conscience de son histoire familiale.» Tout comme il a avoué très franchement ne pas avoir beaucoup aimé Dib… À un «reproche» qui lui a été fait à propos d’une rumeur selon laquelle il avait fait partie d’un comité de censure dans les années d’avant 1988, Boudjedra, dans un calme olympien, a eu cette réponse : «Je n’ai jamais fait partie d’un comité de censure, j’étais plutôt membre d’un comité de lecture, à l’ex-SNED, Kateb Yacine aussi d’ailleurs».

        Quand, au fil de la séance à bâtons rompus, l’auteur des Figuiers de Barbarie a dû revenir à son écriture, il a alors confié : «La plupart de mes romans sont animés par cet intense besoin de réfléchir à la destinée de l’homme, la condition humaine en somme, pour reprendre André Malraux. Je cherche, aussi bien quand j’écris que quand je lis, l’émotion. Quand je suis ému, je suis intelligent ! Quelqu’un qui n’a pas d’émotions est un handicapé.» Nous aurons compris, par cette précaution syntactico-sémantique, que Rachid Boudjedra plaint les «démunis d’émotions» et, par euphémisme, déplore un certain déficit et un déficit certain d’intelligence «chez ces gens-là», comme dans la chanson de Jacques Brel. Que dire d’autre sinon que Rachid Boudjedra a dit tant et tant de choses, toutes en tout cas enrobées de certitudes, cependant saupoudrées d’un scepticisme aussi fin qu’a priori «méthodique» et pourquoi pas quelque peu et par moments «artistiquement» déroutant. Il ne manquera pas de dire : «Même si j’ai presque tout dit, je n’ai à aucun moment déclaré que j’allais m’arrêter d’écrire ! C’est et ce serait ridicule.» C’est Boudjedra et Boudjedra n’est pas n’importe qui… Lui non plus, avec la sympathie et l’humilité qui le caractérisent après l’immense Kateb Yacine.

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        • #5

          Lundi 24 Mai 2010 -- Mardi soir, Rachid Boudjedra, venu d'Etonnants voyageurs à Saint-Malo, fait une étape à la Maison du Champ-de-Mars. Il vient de publier Les Figuiers de Barbarie (Ed. Grasset, 272 pages, 17,50 €), roman qu'il a présenté au festival Etonnants voyageurs, et il sera à Rennes à l'invitation du Mouvement de la paix. L'histoire : deux hommes, Rachid et Omar, se retrouvent dans le vol Alger-Constantine, ils vont revisiter l'histoire de l'Algérie mais aussi leur propre histoire, leur jeunesse perdue, les familles déchirées, l'histoire officielle... Et il est déçu. «Tous les exemplaires que j'avais ici sont partis, regrette-t-il, mais j'ai l'impression que les médias m'ignorent...» En Algérie, aussi, son livre se vend très bien. «Les gens en ont marre de l'histoire officielle.»

          Son roman brasse beaucoup, mais le romancier se défend d'être partial. On lui reproche de citer beaucoup la correspondance des généraux français, mais il y a trouvé les épouvantables concepts d'enfumades et d'emmurades... «Je parle aussi des membres de ma famille qui n'ont pas eu un comportement clair, d'un cousin qui faisait partie de l'OAS... Pourquoi ce malaise ? Pourquoi se recroqueviller ? Il est temps que les écrivains prennent les choses en main.» On lui parle de Hors-la-loi, le film de Rachid Bouchareb. «Ça n'intéresse pas les Algériens...» assure-t-il. C'est une production française. Pour Rachid Boudjedra, il s'agit de broyer la grande et la petite histoire avec ses propres désirs et colères et de faire, dans l'immense chaos qu'est l'Histoire, de la littérature. Ça, il sait faire ! La liste de ses oeuvres (La Répudiation, L'Insolation, La Vie à l'endroit...) le prouve.

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