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Harraga : Quelques raisons de partir, de Kamel Boudjadi

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    Lundi 5 Avril 2010 -- Pour sa première expérience littéraire, le journaliste Kamel Boudjadi a choisi de se pencher sur le phénomène des harragas. Une question pour laquelle il a déjà consacré plusieurs enquêtes dans le cadre de son travail. Harraga : Quelques raisons de partir est le titre de son roman, paru récemment aux éditions Le Savoir. L’auteur a laissé libre cours à ses idées pour rendre hommage à cette grande tranche de la société algérienne, malheureusement plongée dans l’amertume d’une réalité et le désespoir. Elle cherche à tout prix un moyen d’évoluer dans de meilleures conditions. Un grand nombre de jeunes a été emporté par l’élan de l’immigration clandestine. Dans les 96 pages de son premier ouvrage, l’auteur a essayé d’élucider les motifs qui poussent les jeunes aux grandes aventures dans la mer pour tenter leur chance sous d’autres cieux. «Ils peuvent dresser autant de frontières qu’ils veulent ces hommes puissants, mais ils n’arrêteront pas la marche de nos rêves», écrit l’auteur dans le préambule.

    K. Boudjadi fait parler un harraga. Ce personnage a risqué comme tant d’autres la traversée. Il raconte son aventure et les raisons qui l’ont motivé, lui et ses compagnons de la barque, à prendre la grande bleu. Le récit a été retrouvé dans une bouteille par un immigré qui a ensuite pris contact avec l’auteur. C’est ainsi que Kamal Boudjadi a préféré entamer son roman. La petite barque, sur laquelle se trouvait le jeune comportait quinze autres personnes. L’auteur raconte dans ce contexte, les déceptions d’un jeune qui a maintes fois tenté sa chance dans son pays natal. La tentative a été faite également en France : vivre au noir sur ce sol. Tel est le quotidien bien dur de ces immigrés en asile. Tout comme lui, tous les autres harragas, qui se trouvaient à bord de la barque, racontaient leurs aventures et leurs raisons d’opter pour un départ risqué. Ce sont des diplômés, des licenciés étourdis par le chômage. Ce sont des jeunes filles et dames battues par leurs parents ou leus maris. Des jeunes qui fuient les mentalités épuisantes et les tabous qui emprisonnent leurs vies.

    L’auteur écrit aussi : «Je sentais déjà une peur qui essayait de prendre place dans mon cœur, mais la lassitude des années de chômage ont rendu cet organe trop dur. Cette crainte s’y heurtait comme une vague à un rocher, elle n’a aucun effet sur ma décision de prendre la mer.» Sur la felouque, le jeune, accompagné de deux de ses amis, se souvenait de sa jeunesse qui n’a jamais vu la lumière, de ses parents qui se sont tant sacrifiés pour lui, de ce gouffre de traditions et mentalités qui ont enterré ses amours et ses amitiés. C’est peut-être la dernière fois qu’il fait ce flash-back dans ses souvenirs, puisque les vagues de la mer peuvent à tout moment mettre fin à cette traversée, écrit l’auteur. Entre les griffes de la prison et les dents de la mer, les harragas se permettent une autre alternative, sans distinction de sexe ni d’âge. Pourvu qu’ils puissent avoir la somme exigée par «le patron» et aillent affronter la grande bleue. L’écrivain a traité dans son récit, le malheur qui comble les projets et les ambitions des enfants de l’Algérie. Le jeune romancier a bien conclu, en imaginant qu’en dépit de la barque trouée et du moteur stoppé, huit jeunes sur les quinze qui étaient sur la barque ont atteint l’autre rive. Les autres ont péri au cours de la traversée.

    Harraga : Quelques raisons de partir, Kamel Boudjadi, Editions Le Savoir, 96 pages

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