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La Chine est encore loin, de Malek Bensmaïl

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  • La Chine est encore loin, de Malek Bensmaïl


    Le 1er novembre 1954, un couple d'instituteurs français et un Caïd algérien sont victimes d'une attaque meurtrière près de Ghassira, un petit village chaoui. Cet acte marque le début de la guerre pour l'indépendance de l'Algérie. 50 ans après, Malek Bensmail pose sa caméra dans cette région considérée comme le "berceau de la révolution" et interroge ses habitants sur leur rapport à l'histoire, à la langue, à la France... Des écoliers d'aujourd'hui aux témoins d'époque, c'est l'Algérie contemporaine qui se donne à voir, entre acceptation et révolte, entre mémoire et présent.





  • #2

    Lundi 26 Avril 2010 -- En posant sa caméra 50 ans plus tard dans le village considéré comme le berçeau de la révolution algérienne, Malek Bensmaïl dresse dans La Chine est encore loin, en salles mercredi, un portrait de l'Algérie contemporaine au plus près de ses contradictions et de ses incertitudes. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, le FLN commet quelque 70 attentats en Algérie pour réclamer l'indépendance. Près de Ghassira, un groupe attaque un autocar. À son bord, le caïd local mais aussi le couple français d'instituteurs du village. Dans la fusillade, Guy Monnerot, 23 ans, est tué, sa femme Jacqueline, grièvement blessée. La nuit d'attentats a fait 8 morts, mais l'assassinat de l'enseignant va susciter une émotion particulière.

    Malek Bensmaïl a passé plusieurs mois à Ghassira. Il a gagné la confiance des chaouis, les habitants de cette région marquée par une forte culture berbère. Il a suivi sans aucun commentaire leur vie quotidienne au coeur des paysages somptueux des Aurès (nord-ouest de l'Algérie). C'est surtout à l'école locale - celle où les Monnerot enseignaient - qu'il s'est attaché, filmant longuement une classe, et les difficultés des enfants tiraillés entre l'arabe classique, "devenu en quelque sorte la langue du pouvoir", le dialecte algérien, la langue berbère et le français, indispensable pour accéder à l'enseignement supérieur.

    "L'école est le noeud gordien de la problématique d'évolution d'un pays, souligne le documentariste. Près d'un demi-siècle après l'indépendance, l'Algérie est loin d'avoir résolu la question lancinante de son identité". Filmant "à hauteur d'enfants", Malek Bensmaïl ne néglige pas pour autant les figures des deux enseignants, l'instituteur principal, arabisant, patriote, sur lequel s'exerce tout le poids du système éducatif, et celui de français, à la pédagogie plus moderne.

    L'histoire, et la mémoire, font irruption presque par hasard dans le film : une stèle est inaugurée sur le lieu de l'attentat, des officiels se disputent pour savoir qui était présent le jour fatidique. Derrière une grille, un petit vieux s'agite, écarté de la cérémonie. Ce n'est que six mois plus tard, après de longues conversations, qu'il raconte devant la caméra comment il a tiré sur l'instituteur. Une scène prenante, comme celle où d'anciens élèves des Monnerot se souviennent de leur vie d'écoliers.

    D'une grande beauté formelle, avec un soin particulier pour le cadre, et des images magnifiées par la lumière exceptionnelle des Aurès, le film est traversée par d'autres personnages : "l'émigré", défenseur de la langue et de l'artisanat berbère dont il entasse les dernières reliques dans une MJC à l'abandon, la femme de ménage de l'école qui témoigne hors caméra des contraintes imposées aux femmes et dont les gestes répétitifs rythment le documentaire.

    "Pour le pouvoir, le principe est d'unir les Algériens en leur donnant une seule identité, arabo-musulmane" et donc "effacer la richesse même des identités multiples d'un peuple", affirme Malek Bensmaïl, dont aucun des films n'a été distribué dans son pays ou diffusé à la télévision algérienne. Et la Chine dans tout ça ? Selon le réalisateur, le titre vient d'une parole de Mahomet : "recherchez le savoir, jusqu'en Chine s'il le faut". "Et là, explique-t-il, je me suis dit +la Chine, elle est vraiment loin !+".

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    • #3

      PARIS, April 28, 2010 (ANSAmed) -- Almost half a century after independence, Algeria is still trying to resolve the piercing issue of its identity. This conclusion was made by Malek Bensmail, author of a documentary acclaimed by French critics for its rigour, beautiful images that stand out ever more due to the luminosity of the Aures mountains, and the power of its evidence. In cinemas from today, La Chine est encore loin (China's still faraway), takes its enigmatic title from the phrase of the prophet: ''Search for knowledge as far as China if necessary'' and was filmed in the village considered to be the birthplace of the Algerian revolution, Ghassira, in the north west of the country. On the night of October 31, 1954, the fight for independence exploded throughout the country with some 70 attacks by the National Liberation Front. A group attacked a car in Ghassira carrying the local caid (the most influential person in the village) and a French couple, who were teachers at the village school. Guy Monnerot, 23, was killed and his wife was seriously injured. Almost half a century later, the school is still there and it is the heart of the documentary. Bensmail spent many months in Ghassira, filming over a class at length, focussing on the difficulties that pupils have in learning classical Arabic ''which has somehow become the language of power'', the Algerian dialect, the Berber language of the region of the pre-Saharan Atlantic marked by a strong Berber culture, and French which is indispensable for moving on to secondary education. A real muddle for the poor schoolchildren who speak only dialect at home and which certainly doesn't help them find identity.

      ''School is the Gordian knot of the problem of the evolution of a country,'' underlines Bensmail who allows the story and the memory to filter as if by chance: a monument inaugurated where the attack took place, people who try to remember who was there that night, an old man who gets worked up behind a grille and months after being filmed tells the camera how he shot Monnerot. Exciting moments such as the tales of ex-pupils of the young teacher who became the symbol of the fight for independence, who talk about a story that is different to the one that the teacher teaches in line with state programmes. In this magnificent landscape that has an austere beauty, there is general poverty, abandonment of the region, dreams that have evaporated, the harsh reality of women's condition summed up in the character of the caretaker Rachida, the most beautiful character in the film. In a five-minute sequence which takes your breath away, Rachida talks of a life full of misery and suffering, without anger or tears, but without joy, because, as she puts it, ''I have never had a single day of joy.'' So far none of the ten documentaries filmed by Bensmail in the last 15 years about the social and institutional reality of his country have been officially shown in Algeria.

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