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Le cimetière de Saint-Eugene, de Nadia Galy

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  • Le cimetière de Saint-Eugene, de Nadia Galy


    Dans l'Algérie des années 1980, un jeune homme beau comme un ange, étouffé par l'affection de sa mère et de son meilleur ami, croise la route d'une Française qui sans le vouloir va provoquer la levée de lourds secrets. Car Slim, élevé dans le culte d'un père martyr du FLN, pleuré par une mère veuve à dix-huit ans, nourrit haine et rancoeur envers l'ancien occupant. Submergé par une foule de sentiments contradictoires, il voit d'un jour à l'autre s'écrouler une identité patiemment tissée de mensonges : son père n'était pas un héros, sa mère n'est pas une modeste brodeuse, et son ami Moka est plus qu'un ami... Nadia Galy, dont le premier roman Alger, Lavoir galant avait été très remarqué, évoque ici avec autant de drôlerie que de pure émotion, dans une langue imagée et inventive, la toute-puissance des mères, le flou de la sexualité, et la douloureuse reconnaissance de son identité quand on a eu pour histoire une légende trop enluminée.

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    Mercredi 26 Mai 2010 -- Edité par Albin Michel en mars 2010, le Cimetière de Saint-Eugène, de Nadia Galy, sera présenté le 1er juin prochain au Mardi littéraire de Planet Dz, à Paris. Entre Bastia, où la romancière Nadia Galy s’est installée en 2006, et Alger, où elle se rend plusieurs fois par an, elle a écrit Le Cimetière de Saint-Eugène (ndlr, le cimetière de Bologhine des chrétiens et des juifs), son second ouvrage après Alger, Lavoir galant, en 2007. Bien accueilli par la critique, son roman est le regard d’une Franco-Algérienne (née de père algérien et de mère française) sur l’Algérie des années 1980. Son personnage Slim, un jeune garçon beau comme un ange, étouffé par l’affection de sa mère et de son meilleur ami, croise la route d’une Française qui, sans le vouloir, va provoquer la levée de lourds secrets. Car Slim, élevé dans le culte d’un père martyr du FLN, pleuré par une mère veuve à 18 ans, nourrit haine et rancœur envers l’ancien occupant. Submergé par une foule de sentiments contradictoires, il voit d’un jour à l’autre s’écrouler une identité patiemment tissée de mensonges : son père n’était pas un héros, sa mère n’est pas une modeste brodeuse analphabète, et son ami Moka est plus qu’un ami…

    «Slim écoute les bruits de la salle 10 comme on écouterait Alger Chaîne 3 sur un transistor. Il suit avec intérêt le manège des barbus. Ils sont légion, toisant spadassins et comptables indélicats, ils se prennent pour l’aristocratie de ce bagne. Ils sont partout, démultipliés, farouches. Ils régentent les lieux comme un camp de scouts, soulageant les gardiens qui farnientent, occupés à élire le souffre-douleur de la semaine. Ils font du zèle, obligent les "membres" de la salle à se sustenter ensemble, en silence. Slim a dû se résoudre comme les autres à ne pas manger, mais ingurgiter. "Une cuillère ? Tu te crois chez Air France ?" avait ricané un long aux yeux khôlés, "T’as qu’à saucer !" C’était vrai. À raison d’un mètre de pain élastique par jour et par homme, il ne fallait pas se priver. Alors, oubliant les manières d’Inès et la chorba de Mhani, les deux compères plongent le pain dans le bouillon. Il est rouge ou blanc, avec des choses à la surface ou au fond, mais jamais entre les deux. Le vendredi, c’est couscous avec un œuf chacun.» L’auteure évoque dans son livre, avec autant de drôlerie que de pure émotion, dans une langue imagée et inventive, la toute puissance des mères, le flou de la sexualité et la douloureuse reconnaissance de son identité quand on a eu pour histoire une légende trop enluminée.

    Le Cimetière de Saint-Eugène, de Nadia Galy Albin Michel, mars 2010 256 pages

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