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De l'islamisme : Une réfutation personnelle du totalitarisme religieux

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  • De l'islamisme : Une réfutation personnelle du totalitarisme religieux


    "Aujourd'hui, des êtres se déchirent et s'entre-tuent, des jeunes gens assassinent et se sacrifient au nom de Dieu. Des religieux totalitaires poussent une génération entière à l'application pointilleuse et dénaturée des préceptes du Coran. Cette lecture partisane du livre est l'exact contraire de la foi. C'est surtout une construction qui semble solide mais qui ne repose sur rien. En effet, le Coran n'est pas un livre politique. Il n'a jamais eu l'ambition d'enseigner aux hommes la manière d'appréhender problèmes des sociétés de leur temps. Le Coran ne dit pas comment un homme d'aujourd'hui doit utiliser sa raison, étudier les sciences, définir son comportement amoureux et sexuel, décider de ses orientations politiques. Dans cet essai, chapitre par chapitre, Fouad Laroui déconstruit le discours intégriste ainsi que son cortège d'interdits mensongers."

    Fouad Laroui, marocain, né en 1958, a déjà publié plusieurs romans. Sorti ingénieur de l’École des Mines, directeur d’une mine de phosphates, il quitte le Maroc pour l’Europe, en 1989, obtient un doctorat de sciences économiques, et enseigne l’ “économétrie” à Amsterdam.

    Il s’adresse, dans ce livre aux jeunes des quartiers “sensibles” tentés par l’islamisme, résurgence, dans les années 80, parmi des musulmans d’Europe, d’un Islam agressif, et entreprend de “déconstruire” cette idéologie totalitariste et politique qui est selon lui le “contraire même de la foi”. Il regrette que n’ait pas été suivie la voie rationaliste ouverte entre le VIIIe et le IXe siècle par les mutazilites puis par Averroes, défenseur d’une science rationnelle : la voie de ceux qui affirment que s’il y a conflit entre le Coran et la raison il faut réinterpréter le texte et non rejeter la raison. Il s’élève contre toutes les tentatives de concordisme entre le Coran et la science et cite en exemple plusieurs savants chrétiens qui ont su faire la distinction entre leurs recherches et découvertes scientifiques et leur foi, notamment George Lemaitre, prêtre catholique et physicien, le premier à avoir émis l’idée du Big-Bang, disant qu’il “ne peut en aucun cas être confondu avec la création au sens théologique”.

    Le chapitre sur les rapports de la foi et de l’histoire pose le problème, pour nous étrange, des rapports du Coran avec sa “matrice”, qui se trouve “en permanence devant le trône de Dieu”, donc coéternelle à Dieu, donc totalement étrangère à la “misérable histoire humaine faite de hasards, de tâtonnements et de massacres”. Le Coran n’en est la reproduction exacte que sur un plan qui nous échappe : divin, transcendant, ineffable. Quant aux évènements historiques dont il parle, liés à un temps et à un lieu, ils n’ont pas à servir de modèles aux musulmans d’aujourd’hui.

    F. L. enrage que les “obsessions sexuelles des imams” aient piétiné une poésie arabe antérieure qui “libérait les corps dans l’amour physique et les âmes dans l’ineffable”. Il célèbre un poète persan, Ruzeban de Chiraz et une certaine Rabia Adawiya, bagdadienne du VIIIs, qui vantent l’amour réciproque entre Dieu et l’Homme, et son lien avec l’amour humain. L’ “éblouissement de Mohamed” devait être de cet ordre : “Le prophète était un amoureux et un amant”. En ce qui concerne l’amour humain, son message était de “jouir sans entraves, dans une légalité souple”.

    Il est faux que la législation musulmane puisse répondre à tous les besoins des hommes quels que soient l’époque et le lieu, et l’idée d’un monde entièrement islamisé - par le sabre, bien sûr - sous l’autorité d’un Calife, n’est que le rêve de musulmans humiliés d’être depuis au moins un siècle dans le camp des vaincus. “Il est honteux de brandir sans cesse le glaive de la guerre sainte”. Les musulmans devraient être conscients qu’ils ne sont “ jamais plus libres qu’en pays non musulman”. Ne vous occupez pas de ceux qui ne vous plaisent pas, laissez-les tranquilles et ne criez pas quand il font usage de leur liberté d’expression.

    F.L. regrette de ne pas trouver dans l’islam le concept de “nature humaine” engendrant des “droits de l’Homme” et admire St Thomas d’Aquin de l’avoir fait.

    Au terme de ce grand débroussaillage du maquis coranique, on peut préciser les points de divergence et de convergence entre la foi catholique et celle de FL. “foi” et non “religion” puisqu’il rejette avec horreur, la “religion” qui ligote l’homme à l’intérieur de sa tribu. Son credo est bref: “Ëtre musulman, c’est : 1. croire en un Dieu unique, sans égal, dont on ne peut rien imaginer, qu’on ne peut pas représenter, qui est pure transcendance, qui n’est rien, strictement parlant, que mystère incommunicable”. (ce qui est tout de même bien proche de l’athéisme !) 2. “se conduire en toutes choses avec pondération et humilité, faire le bien, rechercher la paix et la concorde” . F L cite plusieurs fois Pascal mais jamais l’Évangile. Il a certainement une ”âme religieuse” mais la “foi” telle qu’il la conçoit, n’est qu’un sentiment religieux purement individuel, “plénitude” ineffable qui échappe aux mots”, sans aucun contenu intelligible. Son éloge du mutazilisme est assez consonant avec le discours de Ratisbonne de Benoit XVI et les passages sur l’amour divin avec l’encyclique Deus caritas est. L’idée de l’Incarnation comme événement historique ne l’effleure pas. On est surpris qu’il écrive une page admirative sur Marie qui “n’est pas loin des scintillements de la matrice”. Les dernières lignes du livre sont “Non seulement on peut rêver, mais on doit rêver. C’est ce que j’ai fait en écrivant ce livre”. On peut rêver aussi d’un Fouad qui, avec l’aide de Pascal, de St Thomas d’Aquin et de la Vierge Marie, enrichirait son credo vraiment minimal des splendeurs du credo catholique…

    Jacqueline Picoche

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