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Le ministre du secteur promet du nouveau pour les moudjahidine et les fils de chahid

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  • Le ministre du secteur promet du nouveau pour les moudjahidine et les fils de chahid

    Mardi 19 juin 2007 -- Le gouvernement planche sur l’élaboration de nouveaux décrets exécutifs pour l’application de certains articles des lois du moujahid et du chahid, a révélé hier M. Mohamed Cherif Abbès, ministre des Moudjahidine. M. Abbès a fait cette révélation lors de son discours prononcé lors de l’ouverture d’un séminaire régional sur les préoccupations des grands invalides de la guerre de libération nationale.

    Le ministre a rappelé que la loi fondamentale du moujahid et celle du chahid ont été adoptées en 1999. Mais les conditions financières du pays ont obligé les différents gouvernements qui se sont succédé depuis son adoption ?* bloquer certaines de ses dispositions, a-t-il ajouté.

    «Maintenant, il est possible de satisfaire certains engagements de l’Etat», a-t-il lancé ?* l’adresse d’un parterre d’invalides de la guerre de libération, regroupés au siège de leur organisation. Avant le coup d’envoi des travaux du séminaire, M. Abbès ainsi que certains membres de l’exécutif de la wilaya d’Oran ont remis des cadeaux symboliques ?* certains moudjahidine.

    L’organisation des grands invalides de guerre a menacé ?* plusieurs reprises au courant des derniers mois de recourir ?* des sit-in devant le siège du gouvernement pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation sociale de ses adhérents.

    Soulignons que M. Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement, devait assister ?* cette cérémonie. Mais il s’est contenté, hier matin, d’honorer de sa présence juste le temps de l’inauguration du colloque sur l’apport des femmes ?* la guerre de libération nationale.


  • #2

    Lundi 21 avril 2008 -- Prolixe sur les nombreux sujets qui ne prêtent pas ?* polémique, le ministre des Moudjahidine, Chérif Abbas, invité ce samedi de l'émission Forum de l'ENTV, aura été plutôt succinct, voire évasif sur certaines questions controversées, comme celle des faux moudjahidine, ou encore l'épisode de la visite de Nicolas Sarkozy, ou ses déclarations qui lui ont valu une campagne haineuse de la part d'une partie de la classe politique française. Sur ce dernier point, Chérif Abbas a affirmé qu'il n'a nullement été affecté. S'abstenant de donner un chiffre exact du nombre des moudjahidine ayant participé ?* la révolution de Novembre, le ministre dira que ceux qui avancent des chiffres de 50% et de 80% de faux moudjahidine ne s'appuient sur aucune documentation, qualifiant ces pourcentages de fantaisistes. Le chiffre de 75 000 moudjahids avancé lors du congrès de Tripoli est juste, dira-t-il. Mais pour bien marquer que le chiffre de 600 000 moudjahids recensés par le ministère n'est pas erroné, Chérif Abbas précisera que 75 000 sont les moudjahidine qui ont pris les armes et qui étaient intégrés dans les sériates et autres groupes organisés de l'ALN. Ceci pour bien signifier qu'il faut aussi comptabiliser ceux qui étaient dans le corps diplomatique, ceux qui s'occupaient de l'approvisionnement des troupes en armes et en vivres etc.

    Toujours autour du très controversé sujet des faux moudjahidine, l'invité du Forum tiendra ?* souligner qu'il faut faire la différence entre ceux qui ont participé ?* la révolution et ceux qui ont pris les armes et combattu les troupes coloniales.

    Enfin entre 75 000 et 600 000, le ministre des Moudjahidine ne tranchera pas pour autant en disant que, ni celui-ci ni celui-l?* n'est exact. Le chiffre monte et descend, dira-t-il pour expliquer qu'il y a des personnes ?* qui on retire la qualité de moudjahid, ensuite ces dernières arrivent ?* récupérer cette qualité en présentant des témoins crédibles... Pour clore ce chapitre, le ministre dira que la tutelle a définitivement terminé l'étude des dossiers et le recensement des moudjahidine et ayants droit. Chérif Abbas a par ailleurs annoncé que le ministère des Moudjahidine a décidé d'accorder une pension aux enfants de chouhada au chômage. Selon le ministre, les dossiers relatifs ?* cette pension, qui sera versée avant fin 2008, sont en cours d'examen au niveau des directions de wilaya.

    Sur la question des archives de la période coloniale, Chérif Abbas dira que leur restitution relève du bon vouloir de l'ex-puissance coloniale. Ella garde ce qu'elle veut et elle rend ce qu'elle veut. Concernant les archives qui avaient été restituées ?* la télévision et qui seraient, dit—on, une glorification du fait colonial, le ministre dira qu'il ne pouvait se prononcer n'ayant pas pris connaissance du contenu de ces archives. Et d'affirmer que l'Algérie continuera ?* réclamera son droit ?* la restitution de archives de la période coloniale.

    Concernant les centres de torture de la période coloniale, Chérif Abbas annoncera que 100 de ces centres font l'objet de restauration et annoncera que depuis quatre années, le ministère des Moudjahidine a sollicité le ministère de la Justice pour prendre sous sa coupe la célèbre prison de Serkadji pour en faire un musée. Ce sera aussi le cas de la prison du Koudiat de Constantine et de Lambèse. Le ministre avancera le chiffre de 1 186 cimetières de chouhada et parlera d'un programme de production de films sur les héros de la révolution comme Mustapha Benboulaïd, Benmhidi, Krim Belkacem, Zighoud Youcef... Interrogé sur les tortionnaires français de la période de la révolution, le ministre dira que l'Etat algérien n'interpelle pas des individus mais l'Etat français ?* reconnaître tous les crimes coloniaux.

    Sur un autre volet, l'invité de l'émission indiquera que 157 rues continuent ?* porter des noms d'étrangers, mais soulignera que nombreuses sont les rues qui portent le nom de savants et d'hommes de science. Enfin, Chérif Abbas parlera des essais nucléaires dans le Sahara algérien ?* Reggane, mais aussi des expériences chimiques ?* Oued Namous, pour dire que la France coloniale a sciemment utilisé des Algériens comme des animaux dans ces expériences.

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    • #3

      Mardi 6 mai 2008 -- Le passage de Cherif Abbas, ministre des Moudjahidine, ?* l’émission hebdomadaire de l’ENTV, «Forum de la télévision », a suscité colère et indignation de la famille des fils de chouhada dans la wilaya de Béjaïa.

      Dans une déclaration transmise ?* notre rédaction, intitulée «Nous avons honte pour nos pères», le collectif des fils de chouhada de la Soummam a vivement réagi ?* la prestation du ministre des Moudjahiddine qui, selon eux, a laissé un «goût d’inachevé et de l’humiliation» dans les rangs des authentiques moudjahidine et ayants droit de chouhada. «Manquant de conviction et de sincérité, incapable de traduire les valeurs de Novembre 54 et du Congrès de la Soummam, le ministre a prêté le flanc aux animateurs de l’émission dont la seule image affichée serait celle d’un ministère-vache laitière pour faux moudjahidine et ayants droit de chouhada qui seraient des intrus et escrocs, pillant les caisses de l’Etat» indique-t-on en substance dans la déclaration.

      Rejetant l’appellation «dévalorisante d’enfants de chouhada», pour les fils de chouhada de la Soummam, cette époque est «révolue». «Une époque de 1 DA par jour pour un fils de chahid quand une femme d’un colonel tombé au champ d’honneur exerçait comme femme de ménage au ministère des Moudjahidine ou un rallié, aujourd’hui en retraite avec la qualité de cadre de la nation, occupait un poste de responsable », s’indigne le collectif dans sa déclaration.

      «La réhabilitation de l’histoire de la Révolution, son écriture, les archives, la mort de Abane Ramdane, Zighout Youcef, Ben Mhidi, la séquestration des dépouilles des colonels Amirouche et Si El Houès, le massacre de Mellouza, le rôle de Messali Hadj durant la Révolution, le génocide français en Algérie, la repentance de la France, les faux moudjahidine et aussi le blocage anti-constitutionnel de la loi des chahid dont la pension que l’on prétend aujourd’hui débloquer comme appât ?* l’approche des élections sont autant de sujets plus importants que les animateurs de l’émission auraient pu proposer pour éclairer les citoyens», regrette encore le collectif des fils de chouhada de la Soummam.

      «Tout le monde sait que l’Etat algérien accorde des pensions aux familles et aux sanguinaires qui ont mis et qui continuent ?* mettre l’Algérie ?* feu et ?* sang, bénéficiant même de protection », poursuit encore le même collectif dans son document. S’agissant du cas des faux moudjahidine soulevé lors du forum, les fils de chouhada ont estimé que le ministre se devait d’être plus explicite pour éviter «tout amalgame avec les authentiques moudjahidine», qualifiés par les rédacteurs du document de «chouhada vivants car ayant exercé pour la plupart d’entre eux dans des souspostes dans des administrations, ironie du sort, dirigées par des anciens de la SAS».

      Le collectif des fils de chouhada a sévèrement dénoncé ce qu’il considère comme des «carriéristes des organisations de moudjahidine et ayants droit de chouhada qui n’apparaissent que lors de réceptions protocolaires et durant les campagnes électorales pour soutenir des candidats imposés, ne partageant nullement les mêmes valeurs que leurs pères». Ces mêmes organisations, fait constater amèrement le collectif, désertent le terrain pour la défense des symboles de la Révolution.

      Les protestataires citeront entre autres les accusations de «Ahmed Ben Bella, Ali Kafi ?* l’encontre notamment de Abane Ramdane, Amirouche, le capitaine Arab, Aziel Abdelkader, dit El Bariki, et le capitaine Touati». Pour conclure, le collectif des fils de chouhada de la Soummam affirme avoir «honte pour nos pères qui méritent de meilleurs représentants. Vous représentez la première force du pays que vous avez réduite en tremplin au service d’un système qui dévore ses enfants», s’indigne encore le collectif.

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      • #4

        Mercredi 14 Octobre 2009 -- Le ministère des Moudjahidine vient de décider la reversion de la pension des veuves de chouhada, au cas où elles décèdent, ?* leurs enfants sans emploi. L’annonce a été faite hier par M. Mohamed Chérif Abbas sur les ondes de la Chaîne II. La nouvelle devra certainement rassurer les enfants de veuves de chouhada, dont l’âge dépasse la quarantaine (ils sont nés avant 1962, autrement dit avant l’indépendance de l’Algérie). Par ailleurs, le ministre des Moudjahidine est revenu sur la question récurrente de la repentance de la France coloniale et la reconnaissance de ses crimes commis contre le peuple algérien. L’histoire retiendra la France un jour ou l’autre, selon le ministre qui a déclaré : «La France doit reconnaître ses crimes tôt ou tard.» M. Mohamed Chérif Abbas a toujours réitéré sa conviction que seule la repentance de la France pourra cicatriser un tant soit peu les plaies de ses crimes commis contre les Algériens. Au sujet de l’écriture de l’histoire de l’Algérie, l’invité de la Chaîne II a fait état de la possession par son département de quelque 2 500 cassettes audiovisuelles qu’il met ?* la disposition des écrivains et des historiens qui, dit-il, «veulent participer ?* l’écriture objective de notre histoire». M. Mohamed Chérif Abbas a rappelé l’attachement de l’Algérie ?* la célébration de la journée du 17 Octobre 1961, marquée par les massacres des manifestants algériens qui soutenaient le FLN ?* Paris. Le ministre n’a pas manqué de présenter le programme des festivités célébrant le 55e anniversaire du déclenchement de la révolution du 1er Novembre 1954. Il a fait part des activités historiques, culturelles, artistiques et sportives prévues pour la célébration de cet anniversaire qui sera organisé cette année sous le thème «Réconciliation, édification et continuité».

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        • #5

          ORAN, Vendredi 11 Juin 2010 -- Le ministre des Moudjahidine, M. Mohamed Cherif Abbès, a affirmé mercredi ?* Oran que l'Etat est déterminé ?* déployer davantage d'efforts pour améliorer le situation sociale des moudjahidine. S'exprimant ?* l'ouverture d'une conférence nationale organisée par l'Association nationale des grands invalides de la guerre de libération, le ministre a assuré que "l'Etat ne cessera pas de promouvoir le cadre de vie des moudjahidine", notant que leur indemnisation "ne pourra jamais compenser les sacrifices consentis" pour la libération du pays.

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          • #6
            Imene Brahimi :


            Dimanche 27 Juin 2010 -- Les enfants de chouhada vont marcher de Tizi Ouzou ?* Alger samedi 3 juillet. L’annonce a été faite, dimanche 27 juin, par le président de la Fédération des fils de chouhada (FFC), Mustapha Oudiaï. La marche va démarrer ?* partir de l’ancien marché de gros ?* Tizi Ouzou avant de rallier Alger, via la RN 12 et la nationale 5. Dans une conférence de presse animée ?* Tizi Ouzou en marge d’une rencontre nationale des enfants de chouhada, Mustapha Oudiaï a expliqué les raisons d’une telle action musclée. «Nous allons marcher pour exiger l’application de la plateforme du congrès de la Soummam, mais aussi pour dénoncer le pouvoir qui n’a pas honoré le serment envers nos parents morts en martyrs», a-t-il dit, avant d’ajouter : «les martyrs ne se sont pas sacrifiés pour que des gens aujourd’hui au pouvoir volent l’argent du peuple», dans une allusion aux scandales qui ont agité l'Algérie ces derniers mois. Si les autorités ne répondent pas ?* leur action, les enfants de chouhada comptent initier d’autres actions de protestation. «Nous allons lancer d’autres actions, y compris l’occupation des sièges des wilayas ?* l’échelle nationale», prévient M. Oudiaï, qui dénonce le mépris des pouvoirs publics qui n’ont jamais répondu aux doléances de l’organisation des enfants de chouhada. Se plaçant en défenseurs de la mémoire de leurs pères morts au champ d’honneur, les adhérents de la FFC disent militer pour un changement radical dans le pays.

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            • #7
              Imene Brahimi :


              Samedi 3 Juillet 2010 -- La marche ?* laquelle a appelé la Fédération des fils de chouhada (FFC) a été empêchée, samedi 3 juillet, par les services de sécurité, a-t-on constaté sur place. Des centaines de manifestants ont été bloqués au niveau de l’ancien marché de gros de la ville de Tizi Ouzou. D’autres manifestants ont été empêchés de rallier le point de départ de la marche qui devait partir de Tizi Ouzou ?* Alger. Des enfants de chouhada ont notamment été bloqués ?* Draâ Ben Khedda, Azazga, Oued Aïssi, etc. Pour éviter des affrontements avec les forces de sécurité fortement mobilisées ?* cette occasion, les organisateurs de la manifestation, ?* leur tête le président de la FFC, Mustapha Oudiaï, ont préféré renoncer ?* leur action. Mais ils ont décidé sur place du report de la marche ?* une date ultérieure qui n’a pas été précisée. M. Oudiaï a également exhorté les fils de chouhada ?* ne pas répondre aux provocations et maintenir le caractère pacifique de leur action. «Nous allons revenir ?* la charge pour organiser notre marche ?* tout prix. Pour éviter des affrontements, nous avons préféré reporter la manifestation», a déclaré le président de la FFC. La marche devait démarrer de la ville de Tizi Ouzou pour rallier la présidence de la République ?* Alger. Outre les revendications d’ordre social, les enfants de chouhada exigent le retour aux fondamentaux de la Révolution nationale en demandant aux autorités d’appliquer la plateforme du congrès de la Soummam.

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              • #8
                Dr Boudarène Mahmoud, Dimanche 11 Juillet 2010 :


                Les veuves de chahids ont dû se contenter d’une pension de compensation (article 24 de la loi 99-07), ?* une fois et demie le SNMG (salaire national minimum garanti). Celle du moudjahid est de deux fois et demie le SNMG (article 14 de l’ ordonnance présidentielle 96-18 du 6 juillet 1996). Pourquoi cette discrimination ? Faut-il croire que le moudjahid est plus dans le besoin que la veuve de chahid ? Il les aura spoliés d’un manque ?* gagner financier de neuf années de leur travail. Un déni de leurs droits. Pour autant, la loi 99-07, dans son article 3 (titre l, principes généraux) reconnaît que « les droits des moudjahidine et des ayants droit des chouhada constituent une dette pour la société... et qu’il incombe ?* l’Etat de l’honorer et d’assumer les charges et obligations qui en découlent ». De plus, dans son article 50, (chapitre II, titre IV, cette loi exhorte l’Etat ?* « protéger les moudjahidine et les ayants droit de tout abus susceptible de les priver de leurs droits légaux ». À l’évidence, nous ne serons pas dans ce cas de figure. Les pouvoirs publics algériens auront commis l’abus. La loi 99-07 doit entrer en application ?* partir de la date de sa parution au JO, quand bien même l’Etat a tardé ?* mettre en place le dispositif réglementaire nécessaire ?* sa mise en œuvre. Ce n’est pas l?* un effet de rétroactivité, et aucune entorse aux principes juridiques n’est commise.

                Le lecteur doit se souvenir que les pouvoirs publics ne se sont pas encombrés de scrupules quand il a fallu attribuer un effet de rétroactivité ?* des lois ou ordonnances. Il aura suffi d’introduire l’article qui lève la contrainte légale. Ce qui a été fait, notamment concernant l’ordonnance 08-03 du premier septembre 2008. Un texte, dont la presse nationale a fait un large écho, qui modifie le montant de l’indemnité de base du parlementaire et fixe le point indiciaire ?* 15505. Une modification qui a multiplié par trois le salaire du député et du sénateur et qui prend naturellement effet, par la grâce de son article 2, ?* partir du mois de janvier de la même année. Un effet rétroactif et un gain (financier bien sûr) de 8 mois pour la législature en cours mais avec également — le lecteur doit en prendre connaissance — un nouveau calcul des retraites pour toutes les législatures précédentes. Bien sûr, chacun s’en souvient, ce cadeau est venu en contrepartie du vote de l’amendement de la Constitution par les parlementaires de l’actuel mandat. Il n’est pas inintéressant de rappeler que les précédentes législatures étaient peuplées de députés et sénateurs provenant du parti unique.

                Filles et fils de chouhada n’ont, pour la plupart, pas connu leurs pères ou n’en gardent qu’un vague souvenir. Ils ne leur connaissent pas, non plus, de sépulture. Ils ne sauront jamais si leurs corps ont été ensevelis ou abandonnés, compte tenu des circonstances, ?* la merci des animaux sauvages. Veuves et enfants ont été nombreux, dans les jours qui ont suivi l’indépendance, ?* battre les campagnes pour aller ?* la recherche d’une hypothétique tombe... en vain. Puis, il a fallu se résigner et abandonner les recherches. Le plus dur était de faire le deuil sans dépouille, sans tombeau. L’ont-ils fait, ce deuil ? Sans doute, ils auront essayé. Ils ont été, dans tous les cas, forcés d’aller de l’avant. Le plus urgent était de continuer ?* vivre. C’est ce qu’ils ont fait. Le lecteur, notamment le plus jeune, doit savoir que les autorités algériennes nouvellement installées au pouvoir, ?* la libération du pays, n’ont pas apporté aux familles l’aide attendue dans les recherches qu’elles ont entreprises pour retrouver les corps de leurs martyrs. Ces autorités étaient, sans doute, plus préoccupées par leur maintien au sommet de l’Etat. Il faut souligner que la lutte pour y parvenir était impitoyable.

                Aujourd’hui, les veuves de chouhada commencent ?* disparaître, du fait de leur âge avancé. Les plus jeunes des enfants ont celui (l’âge) de l’indépendance de notre pays, 50 ans. Certains sont grands-pères ou grands-mères et ceux qui sont déj?* ?* la retraite sont sûrement très nombreux. Pour autant, il leur est interdit, au crépuscule de leur vie, de jouir tranquillement de leurs droits légaux. Ils sont contraints de se battre pour les arracher. Si les pouvoirs publics ne se sont guère souciés du devenir des veuves et des orphelins de chouhada, on peut en dire autant des compagnons de lutte, les moudjahidine. Ces derniers qui ont, pour une grande majorité, choisi d’être ?* la périphérie du pouvoir se sont exclusivement inquiétés de leur destin personnel, des intérêts énormes sur lesquels a veillé sans faillir la puissante Organisation nationale des moudjahidine (ONM). Est-il besoin de rappeler que cette dernière est un solide allié (c’est un euphémisme) du régime au pouvoir depuis 1962 ?

                Des pensions de compensation et des pensions d’invalidité — les attributaires sont naturellement tous de grands invalides, handicapés permanents assistés par une tierce personne... (article 22, loi 99-07, relative au moudjahid et au chahid)— sont versées ?* des personnes qui ont souvent continué ?* occuper des postes de travail et ?* percevoir des salaires. Les bénéficiaires de ces largesses sont fonctionnaires et occupent des postes de responsabilité, des commis de l’Etat, quelquefois des ministres, des walis, des magistrats, etc. Parce que, pour accéder ?* de tels postes, toutes ces personnes doivent se confectionner un cv et celui-ci doit bien sûr (obligatoirement) comporter la mention « ancien moudjahid ». Voil?* pourquoi le budget du ministère des Moudjahidine est toujours colossal. Pour l’année 2010, il est de 145 milliards 405 millions de dinars, le sixième budget de l’Etat.

                Le double des budgets réunis des ministères de la Jeunesse et des Sports, de la Culture, de la Formation professionnelle, de la Petite et Moyenne entreprise et de l’Environnement, Tourisme et Aménagement du territoire. Tous des ministères en charge des préoccupations de la jeunesse et pourvoyeurs d’emplois, des départements ministériels qui devraient garantir la paix et la stabilité sociales, et l’avenir du pays. 109 milliards 400 millions de dinars — plus des deux tiers du budget global du ministère — sont réservés aux seules pensions. Une somme considérable et une rente servie généreusement ?* une population qui subit une constante inflation de son nombre, au gré des nécessités et des rapports de force qui agitent le sommet de l’Etat, une population particulièrement convoitée pour les besoins des échéances électorales, une course au recrutement que se partagent, chacun le sait, les partis politiques qui se revendiquent de la « famille révolutionnaire ».

                Les revendications des moudjahidine sont difficiles ?* satisfaire. C’est pourquoi, en plus des pensions et salaires, ils veulent encore obtenir des avantages en nature, des licences de cafés et de bars, de vente d’alcool ?* emporter, d’importation de voitures ... Une gloutonnerie qui n’a d’égale que l’avidité qui la motive, un devoir envers la patrie qui s’échoue dans un lamentable marchandage et un engagement pour la libération de la nation qui se négocie et se monnaye, un déshonneur, ?* moins que la richesse ?* tout prix ne donne l’illusion, « quoi qu’on fasse, on ne peut se déshonorer quand on est riche... ». Les anciens maquisards, les authentiques moudjahidine comprendront que cette allusion ne leur est pas destinée. Ceux-l?* se reconnaitront car ils savent qu’ils ont, comme leurs compagnons tombés au champ d’honneur, simplement accompli leur devoir de patriote. Ils ont libéré leur pays du colonialisme français et sont, sans rien demander, rentrés chez eux. Leur honneur est sauf.

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                • #9
                  continued.....

                  À la fin des hostilités de la Deuxième Guerre mondiale, le président Tito a demandé aux combattants qui n’ont pas été blessés durant le conflit de se mettre au travail pour reconstruire la nation. « Vous avez fait votre devoir pour la patrie », leur a-t-il simplement dit. Les personnes handicapées, du fait des blessures graves occasionnées par le conflit, sont rentrées chez elles avec une pension d’invalidité et les honneurs qui leur étaient dus. Assurément, c’est ce que l’Etat algérien aurait dû faire après le recouvrement de notre liberté. Mais les objectifs des dirigeants de l’Algérie nouvellement indépendante n’étaient pas identiques ?* ceux de Tito. Ceux-l?* avaient déj?* mis en place les conditions pour garder le pouvoir. Les moudjahidine dont le nombre a, depuis l’indépendance, considérablement augmenté, et leur organisation, l’ONM, étaient déj?* des éléments importants de la stratégie que le régime avait mise en place pour durer.

                  La veuve du chahid ne faisait pas partie du système. C’est pourquoi, dès l’indépendance, il ne lui a été manifesté que très peu d’intérêt. Les objectifs assignés aux « maisons d’enfants de chouhada » n’ont pas abouti, non plus. CQFD... Les veuves de chahids ont dû se contenter d’une pension de compensation (article 24 de la loi 99-07), ?* une fois et demie le SNMG (salaire national minimum garanti). Celle du moudjahid est de deux fois et demie le SNMG (article 14 de l’ ordonnance présidentielle 96-18 du 6 juillet 1996). Pourquoi cette discrimination ? Faut-il croire que le moudjahid est plus dans le besoin que la veuve de chahid ? Pour autant, c’est ?* la veuve que la pension complémentaire n’est pas versée quand celle-ci travaille, ce qui n’est généralement pas le cas pour le moudjahid, même si la loi le prévoit (article 26 de la loi 99-07).

                  L’enfant de chahid, quant ?* lui, n’ouvre droit ?* aucune pension sauf s’il est invalide ou handicapé, mariée sans emploi, veuve ou divorcée, s’il s’agit d’une la fille (article 28). Le fils du moudjahid, il est opportun de le souligner, accède au même droit. Quant aux enfants de chouhada chômeurs, ils n’ont aucun soutien de l’Etat. La licence de taxi est quelquefois octroyée ?* la veuve et une autorisation d’importation de voiture lui a été, ?* l’instar des moudjahidine, attribuée, mais durant une très brève durée. Elle a été vite retirée parce que « source de conflits dans les familles », m’a-t-on dit. Les enfants de chouhada se seraient entretués pour accaparer la licence de leur mère ( !).

                  Un argument fallacieux, irrecevable

                  La thèse du conflit dans les familles a bon dos. Un argument qui a été avancé par le ministre des Moudjahidine pour justifier sa réponse ?* mon interpellation sur les droits d’héritage des enfants de chouhada. Beaucoup de filles et fils de chouhada ont été privés, par leurs oncles, de l’héritage du grand-père quand ce dernier vient ?* décéder sans léguer par testament au petit-fils la part d’héritage qui aurait dû revenir au père, mort durant la guerre. Une injustice qui a été réparée par l’article 169 (héritage par substitution) de la loi 84-11 (juin 1984) portant code de la famille. Une disposition qui ne concerne pas les enfants de chouhada, du fait de la non-rétroactivité de la loi. Le chahid étant réputé être décédé durant la guerre de libération, donc avant 1984. Dans ma correspondance du 27 avril 2010, j’avais demandé au ministre de plaider, au sein du gouvernement, pour une application rétroactive exceptionnelle de l’article 169 en faveur des enfants de chouhada du fait, notamment, de l’exceptionnalité de la guerre de Libération nationale.

                  Après m’avoir fait remarquer que j’amplifiais quelque chose qui est sans importance — et qui n’a, de toute évidence, pas d’intérêt ?* ses yeux — le ministre des Moudjahidine m’accuse de vouloir créer la discorde dans les familles, sous le prétexte que je veux mettre au débat un problème marginal. Des cas isolés, selon lui. Alors, pourquoi faut-il aller remuer tout cela ? Demander ?* réparer une injustice commise sur les enfants de ceux qui ont libéré le pays du colonialisme n’est pas important pour le ministre des Moudjahidine et pourtant également ministre des ayants droit. Attitude d’autant plus affligeante qu’il est dans l’erreur absolue.

                  D’abord, parce qu’il y a beaucoup d’enfants de chouhada dans ce cas. Ensuite, quand bien même il n’y aurait qu’un seul cas, justice doit lui être rendue. Je crois que notre ministre ne l’a pas compris. C’est un grand dommage. Les enfants de chouhada ont essayé de mettre sur pied une association, l’ancêtre de l’actuelle FFC (Fédération des fils de chouhada). À contrepied de la stratégie mise en place par le pouvoir pour empêcher l’émergence de toute voix discordante. C’était ?* Tizi Ouzou au début des années 80. Une association qui a voulu défendre les intérêts des enfants de chouhada, mais — et il est très, important de le souligner — qui avait aussi pour objectif de protéger la mémoire des martyrs et l’histoire de la révolution des manipulations, de remettre en cause l’hégémonie de l’ONM, de faire sauter le verrou de l’article 120 et enfin de revendiquer la liberté d’association. Ce qui était, en ce temps, audacieux. Les enfants de chouhada initiateurs de cet « outrage » au régime avaient été arrêtés, emprisonnés puis jugés et libérés au bout de quelques semaines.

                  Le pouvoir n’avait pas reculé, loin s’en faut. Il avait juste changé le fusil d’épaule. Pour réduire les ambitions de cette organisation indocile des enfants de chouhada de Tizi Ouzou, il lui a été fait plusieurs clones, la CNEC (Coordination nationale des enfants de chouhada), l’ONEC (Organisation nationale des enfants de chouhada) et même une Organisation nationale des enfants de moudjahidine (ONEM). Une parade infaillible. Des sigles nombreux et une rivalité féroce qui a ruiné les objectifs premiers de l’association. Aujourd’hui, des sigles au service du pouvoir contre, en retour, des privilèges servis avec prodigalité ?* ceux qui ont fait main basse sur des organisations, désormais devenues, elles aussi, courtisanes. Ceux-l?* sont assurément des enfants gâtés de la République. Quand aux filles et fils de chouhada « ordinaires », ils devront, pour obtenir leurs droits légaux, continuer ?* se battre.

                  Dr Boudarène Mahmoud
                  Psychiatre, Député du RCD

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                  • #10
                    Samir Haddadi :


                    Jeudi 28 Avril 2011 -- Quelque 400 enfants de chouhada de sept wilayas, ?* savoir Bejaïa, Bordj Bou Arreridj, Jijel, Sétif, Bouira, Tizi Ouzou et Boumerdès, affiliés ?* l’organisation nationale des enfants de Chouhada (ONEC) ont organisé une marche, aujourd’hui ?* 11 heures, ?* Bejaïa. La manifestation s’est ébranlée du siège de l’ONEC pour rejoindre la maison de la culture Taous Amrouche en marquant une halte devant le siège de la wilaya. Une lettre portant les revendications sociales des protestataires a été remise au secrétaire général de la wilaya. L’ONEC revendique l’application de la loi 99/07 du 5 avril 1999 relative au Chahid et au Moudjahid. Une loi, précise‑t‑on, adoptée par les deux chambres parlementaires. L’ONEC exige aussi l’amendement de l’article 25 de la même loi afin que tous les ayants droit puissent bénéficier de la réversion de la pension de la veuve de Chahid. Sur un autre volet, l’ONEC demande l’application de la loi de finances 2011 concernant l’octroi de licences d’importation de véhicules (LIV) ; elle réclame en outre un quota de logements sociaux de 20%. Les enfants de Chahid menacent d’investir les rues de la capitale si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

                    Peu après cette démonstration de rue des enfants de chouhada, ce sont les communaux affiliés au Syndicat national algérien du personnel de l’administration publique (SNAPAP) de prendre le relais par une marche de la maison de la culture Taous Amrouche jusqu’au siège de la wilaya. Plus de trois cent communaux environ ont pris part ?* cette manifestation. Devant le siège de la wilaya, un meeting a été improvisé par les responsables dudit syndicat. «Pour un statut particulier et un régime indemnitaire» est le slogan phare exprimant les revendications principales du SNAPAP. Par ailleurs, le personnel du service de distribution est de la Sonelgaz Bejaïa sont en grève illimitée depuis hier pour exiger une revalorisation des salaires ?* hauteur de 70%. L’autre secteur affecté par une grève du personnel depuis hier est celui de l’éducation. Une protestation menée par le syndicat d’entreprise des travailleurs de l’éducation (SETE/UGTA).

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