Announcement

Collapse
No announcement yet.

Modernisation du système pénitentiaire

Collapse
X
 
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • #61

    Jeudi 14 Août 2008 -- Un mouvement des directeurs de centres pénitentiaires est prévu pour la semaine prochaine. Selon nos sources, il s’agit d’une action normale qui s’inscrit dans le plan d’action du ministère de la Justice. Ce genre de mouvement est périodique avec une rotation de 2 à 5 ans. Il est décidé par la tutelle chaque fois que le besoin se fait sentir. Notons qu’un programme d’appui à la réforme du secteur de la justice en Algérie a été mis en place pour permettre à l’autorité judiciaire d’accomplir efficacement son rôle. Parmi les activités de ce programme, on compte des formations au profit des cadres du ministère de la Justice en charge des établissements pénitentiaires. Les cursus ont été lancés en 2007.

    Comment


    • #62

      Jeudi 28 Août 2008 -- M. Felioune Mokhtar, Directeur Général de l’administration pénitentiaire a révélé, hier, que l’Algérie a dressé un programme pour la réalisation de 81 nouvelles entreprises pénitentiaires à travers l’ensemble du territoire national aux normes internationales. Le but de la réalisation de ces prisons sera de réduire la pression sur les entreprises pénitentiaires existantes. En supervisant la cérémonie de promotion de 21 gardiens à leur école nationale à Sour El Ghozlane, M. Felioune a déclaré qu’en dépit de la pression enregistrée dans les entreprises pénitentiaires actuelles, l’Etat a fourni plusieurs efforts afin d’améliorer les conditions de détention des prisonniers. Pour preuve, toutes les organisations internationales qui ont visité les prisons algériennes ont fait éloge de ces efforts. Il a ajouté que la plupart des entreprises pénitentiaires sont héritées de l’ère coloniale et qu’elles sont incapables de contenir un nombre important de prisonniers, ce qui explique la surcharge dans ces dernières. De ce fait, l’Etat a pensé à démolir quelques unes et à en construire d’autres à travers l’ensemble du territoire national. Quelques prisons ont été réceptionnées et d’autres sont en voie de réalisation, a-t-il ajouté, tout en expliquant que l’Etat a décidé de construire 18 entreprises pénitentiaires dans les hauts plateaux et dans le Sud du pays, dont la réalisation sera confiée à une entreprise étrangère. M. Felioune a révélé, dans le même cadre, que 50 entreprises pénitentiaires seront équipées en cabines téléphoniques pour permettre aux détenus de contacter leurs familles.

      Comment


      • #63

        Mercredi 24 Septembre 2008 -- Un détenu condamné à une peine de 20 ans de réclusion criminelle s’est donné la mort, hier, à la prison de Khenchela. Ce dernier, répondant aux initiales B. A., âgé de 35 ans, a récemment été transféré de la prison de Bordj Bou-Arréridj à celle de Khenchela. Les raisons qui l’ont poussé à mettre un terme à sa vie n’ont pas été révélées.

        Comment


        • #64

          Dimanche 5 octobre 2008 -- Une délégation composée de 12 cadres de l'Administration pénitentiaire algérienne effectuera à partir de lundi une visite de plusieurs jours en Grande-Bretagne, a indiqué un communiqué du ministère de la Justice. Le programme de la visite, a ajouté le communiqué, comprend plusieurs activités dont "l'organisation d'ateliers de travail au centre international des études pénitentiaires à l'effet de débattre des normes internationales en vigueur en matière de gestion des prisons, la présentation et l'explication du système pénitentiaire britannique outre des visites de plusieurs prisons britanniques, de deux directions pénitentiaires britanniques ainsi que de la faculté de formation des fonctionnaires des prisons". Cette visite, a précisé le communiqué, s'inscrit dans le cadre "du renforcement des capacités de l'administration pénitentiaire pour l'application du plan stratégique de gestion des prisons algériennes visant à humaniser les conditions de détention, promouvoir les règles comportementales, améliorer la qualité de la prise en charge et consacrer les concepts modernes de rééducation et de réinsertion sociale des détenus".

          Comment


          • #65

            Lundi 6 octobre 2008 -- Le Droit algérien prévoit des dispositions à même de garantir la promotion des droits de l'Homme au sein des établissements pénitentiaires, a affirmé lundi à Alger, le directeur général de l'Administration pénitentiaire, M. Mokhtar Felioune. Invité de l'émission "Fi El Ouadjiha" de la chaîne I de la Radio nationale, M. Felioune a indiqué que la loi sur l'organisation pénitentiaire et la réinsertion sociale des détenus promulguée en février 2005 prévoit des dispositions élargies à 14 textes d'application dont les mesures garantissent la promotion des droits de l'Homme.

            Outre les mesures prévues par la Loi pour l'amélioration des conditions carcérales et du traitement des détenus, la législation autorise également toutes les organisations gouvernementales et non gouvernementales nationales ou étrangères ainsi que la presse nationale et étrangères à effectuer des visites dans les établissements pénitentiaires, a rappelé M. Felioune. A ce titre, 1.286 personnes dont 451 journalistes et 152 délégations étrangères ont visité les prisons algériennes en 2008, a-t-il ajouté.

            S'agissant de la protection des droits de l'Homme pour les détenus, M. Felioune a passé en revue les mesures spécifiques "préférentielles" prévues par la Loi sur l'amélioration des conditions carcérales, notamment au plan de l'alimentation et de la protection sanitaire, pour les femmes enceintes et celles ayant des nourrissons à allaiter. Concernant les mineurs, M. Felioune a rappelé que la Loi prévoit pour cette frange des dispositions "identiques à celles d'un régime scolaire interne et non d'un établissement pénitentiaire".

            Comment


            • #66

              Mardi 7 octobre 2008 -- Les conditions de détention se sont nettement améliorées ces dernières années, notamment depuis la mise en branle des réformes du secteur à partir de 2003. Selon le directeur général de l’administration pénitentiaire, l’Algérie peut se targuer d’être parmi les rares pays où le traitement réservé aux détenus respecte les normes internationales. Mokhtar Fellioune, qui intervenait, hier, sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, s’est longuement exprimé sur la loi de février 2005 organisant l’activité pénitentiaire et la prise en charge des détenus. Cette loi s’inspire des textes relatifs au respect des droits de l’Homme. Depuis, 14 textes d’application ont été promulgués. Cette nouvelle loi permet à toutes les ONG de visiter les prisons. À titre illustratif, jusqu’à fin août 2008, 2.886 membres d’ONG, 451 journalistes ainsi que 152 délégations étrangères ont visité des prisons algériennes. Par cette loi, l’administration pénitentiaire veut jouer pleinement la carte de la transparence et du respect des droits de l’Homme.

              La loi évoque également la situation des femmes détenues, notamment celles enceintes ou qui élèvent leurs enfants en prison. La législation prévoit même des portions alimentaires spécifiques à ces femmes. Il en est de même pour les mineurs qui bénéficient d’un régime semblable à celui de l”internat. La loi donne aux détenus le droit de se plaindre auprès de l’administration. Si cette dernière ne répond pas dans un délai de dix jours, le détenu peut saisir le procureur, sans que son courrier ne soit contrôlé. En plus, un secrétariat général des prisons, prévu dans la loi, sera installé dans les jours à venir. Il aura pour tâche d’étudier les plaintes des détenus et de vérifier les conditions de leur prise en charge sur le terrain. Pour M. Fellioune, ces mesures sont pour beaucoup dans l’accalmie constatée dans les prisons algériennes ces dernières années.

              L’orateur mettra l’accent sur les efforts consentis par son administration, notamment en matière de couverture sanitaire. Ainsi, 96 blocs sanitaires existent à travers les prisons algériennes. Pratiquement, chaque prison dispose d’une structure sanitaire. L’administration emploie 102 médecins, 407 dentistes et 418 psychologues. Les efforts concernent surtout l’enseignement et la formation des détenus. Ainsi, 17.470 détenus suivent des cours, dont ceux de l’UFC et des cours par correspondance. Des mesures incitatives encouragent les détenus à faire des efforts en vue de décrocher leurs diplômes et bénéficier soit d’une grâce présidentielle, soit d’une liberté conditionnée. En 2008, ce sont 455 détenus qui ont décroché le bac et 756 ont réussi à l’examen du BEM. Pour M. Fellioune, “aucun parmi eux, sauf un cas malheureux à Batna, n’est revenu en prison”.

              La formation professionnelle bénéficie à 14.700 détenus qui ont le choix entre 91 spécialités. En tout, ce sont 32.000 détenus sur les 55.000 que comptent nos prisons, qui bénéficient d’un enseignement ou d’une formation professionnelle, soit les deux tiers. Toutefois, tout n’est pas parfait. Il reste le problème récurrent de la surcharge des prisons. Plus de 59 prisons actuellement en service ont été construites avant 1900. Le programme de construction de 81 nouveaux établissements devrait s’achever entre 2011 et 2012 et permettrait de remplacer les anciennes prisons par de nouvelles prisons répondant aux normes internationales et loin des tissus urbains. Parmi elles, 13 seront réceptionnées avant la fin 2009 et seront basées dans les Hauts-Plateaux. Le choix de cette région répond au fait que celle-ci sera le nouveau pôle de développement économique du pays, mais aussi de sa proximité avec les terres agricoles à mettre en valeur où seront mis à contribution les détenus.

              L’autre aspect négatif concerne le taux assez élevé de récidive : 42% des détenus retournent en prison après leur premier séjour. Selon M. Fellioune, le suivi des détenus libérés devrait être l’affaire de tout le monde. Pour le moment, ce sont les scouts qui s’activent dans ce domaine. Il prévoit l’ouverture de bureaux au niveau de toutes les wilayas afin de prendre en charge matériellement (aide pour trouver du travail) et psychologiquement les détenus qui sortent de prison afin d’éviter qu’ils ne retombent dans la criminalité. Ce travail sera complété par la création d’un centre d’études pénitentiaires, dont le projet de loi est au niveau du ministère, afin de cerner tous les aspects liés à ce monde et tenter d’y apporter les réponses idoines.

              Comment


              • #67

                Mardi 7 octobre 2008 -- La commission nationale consultative pour la défense des Droits de l’Homme a entamé la visite de 15 prisons et établissements pénitentiaires pour s’informer de la situation des prisonniers et élaborer des rapports qui seront soumis au président de la République et à la réunion interministérielle qui se tiendra prochainement pour l’étude de la situation des prisons algériennes. M. Mokhtar Felioune, Directeur Général des prisons et des établissements pénitentiaires a déclaré à la chaîne une de la radio nationale, que la commission centrale est composée de députés du parlement et du sénat, d’experts et de médecins et qu’elle visitera les 15 établissements pénitentiaires sélectionnés. Il y aura contrôle de la situation des prisonniers et du respect des lois et des conventions internationales signées par l’Algérie. Une journée d’étude sera programmée Dimanche prochain pour étudier le rapport de la commission, a-t-il affirmé. Il a expliqué que les prisons algériennes sont prêtes à tout contrôle interne ou externe, et indiqué que toutes les organisations Gouvernementales et non Gouvernementales, nationales ou étrangères, la presse nationale ou étrangère ont la liberté de visiter les prisons. Il a annoncé la prochaine installation de l’inspection générale des prisons qui sera en charge de suivre les dépassements contre les prisonniers. M. Felioune a reconnu que les prisons connaissent toujours les problèmes de surcharge et que ces dernières comptent actuellement 55 mille pensionnaires. Chose qui, selon lui, bloque le programme de réforme des prisons. Il a affirmé que le programme concernant la construction de 81 nouvelles prisons ainsi que celui de la réalisation du centre d’études pénitentiaires sont suffisants pour résoudre la situation.

                Comment


                • #68

                  Comment


                  • #69

                    October 7, 2008 -- Algeria's advisory commission for human rights (CNDDH) will submit a report on living conditions in 15 Algerian prisons to President Abdelaziz Bouteflika and the justice minister soon, El Khabar reported on Tuesday (October 7th). The panel of legislators, experts and physicians will evaluate prisons on their respect of laws and international conventions ratified by Algeria, Penitentiary Administration Director Mokhtar Felioune said.

                    Comment


                    • #70

                      Jeudi 4 Décembre 2008 -- Dans le cadre d’un programme de coopération entre les autorités britanniques et le ministère de la Justice, des experts anglais effectuent, depuis hier, une visite dans la prison de M’sila. “Les experts vont étudier le mode de fonctionnement, évaluer les conditions de détention et préparer les établissements pénitentiaires pour être en conformité avec les normes internationales”, dira M. Mokhtar Felioune, le directeur des prisons, à l’occasion de la cérémonie de sortie de la 13e promotion des officiers et agents pénitentiaires de l’école de M’sila. Les deux experts anglais, qui devront assurer des travaux en atelier, font partie de la seconde phase du programme destiné à “mettre en place des procédures de gestion techniques des établissements pénitentiaires”. Cette seconde phase s’étalera sur deux années (2008 à 2010). Pour cette seconde phase, après la collecte des données à travers les établissements du pays, la direction nationale des établissements pénitentiaires a ciblé quatre maisons d’arrêt pilote : El-Harrach, Boufarik, Mila et Constantine. Rappelons que la première phase qui a duré deux années (2006-2008) a été axée autour de la mise en place des mécanismes de consolidation de la réforme pénitentiaire. L’Union européenne avait dégagé une enveloppe de 17 millions d’euros pour la mise en œuvre de ce programme.

                      Comment


                      • #71
                        Salima Tlemçani :


                        Lundi 15 Décembre 2008 -- Dans ce document de 250 pages, remis au président de la République, le plus surprenant est que, dans la conclusion, il est fait état d’une situation toute rose, alors que dans le compte rendu des visites, il est mentionné de graves défaillances et des insuffisances en matière de prise en charge des détenus. En effet, si les auteurs du rapport présentent les prisons sous « un beau visage », les procès-verbaux des visites dans 34 établissements durant la période comprise entre août 2007 et août 2008 font état d’une situation des plus déplorables, notamment du fait de la surpopulation et de l’exiguïté des espaces de détention.

                        À titre d’exemple, la prison d’El Harrach, construite en 1910 avec une capacité de 1800 détenus, accueillait au jour de la visite (août 2007) 3822 prisonniers, dont 157 femmes, 32 mineurs et 60 étrangers. Les remarques sur les conditions de détention sont nombreuses : insuffisance de lits, de l’aération, de la lumière, de l’hygiène et des produits d’hygiène, dans les 26 salles où se tassent les détenus, mais aussi une insuffisance de repas. La prison de Blida, construite en 1836, ne dispose pas de périmètre de sécurité. Prévue pour un maximum de 90 pensionnaires, elle abritait 1043 détenus, dont 17 mineurs. Son équipe médicale est insuffisante du point de vue humain, notamment en cardiologie et en psychiatrie, alors qu’elle compte parmi ses pensionnaires 29 détenus souffrant de maladies mentales, 42 toxicomanes, 9 cardiopathes, 19 diabétiques, 1 épileptique, 1 cancéreux et 1 malade du sida. Son infirmerie est, selon le rapport, exiguë et manque d’aération. En août dernier, la commission a rendu visite à la prison de Serkadji, construite pour une capacité de 800 détenus. Elle en abritait 1442. Les 30 salles prévues pour 25 pensionnaires en abritent 40, voire 50 chacune et les cellules prévues pour 4 à 5 prisonniers accueillent 5 à 6 personnes.

                        Les détenus prennent leur bain une seule fois par semaine du fait que l’établissement ne compte qu’une douche collective pour 19 détenus. « En dépit des moyens humains et matériels dont dispose la prison, le manque d’aération et d’ensoleillement constitue l’un des plus grands problèmes qui affectent la santé des détenus, mais également pour l’équipe médicale », note le rapport, en relevant les bonnes conditions en matière de nourriture, literie, aération, hygiène et équipement médical. La prison de Boufarik (visitée en août 2007), prévue pour 90 détenus, abrite 180 pensionnaires. Dans le quartier des femmes, logent 43 détenues, dont 11 condamnées définitivement qui se trouvent dans une salle de six lits qu’elles partagent. La majorité préfère cependant dormir par terre du fait de la chaleur. « Parmi elles, des détenues enceintes qui réclament la liberté conditionnelle et une mineure qui demande son transfert vers un centre pour mineurs.

                        Les détenues se plaignent de l’insuffisance des repas. Les hommes, entassés à 35 dans une salle, dont la plupart sont des prévenus, étaient très fatigués du fait de la chaleur, de l’exiguïté des lieux et de l’absence d’aération », lit-on dans le rapport qui met l’accent sur le manque flagrant de médecins spécialistes, de personnel paramédical et d’assistants sociaux, d’équipements médicaux, mais aussi sur les mauvaises conditions de travail dans lesquelles exerce l’équipe soignante. La prison de Tizi Ouzou, conçue pour une capacité de 900 détenus, abritant 1419 prisonniers, dont 11 femmes et 3 enfants, est présentée comme un établissement exemplaire en matière de prise en charge sanitaire et de réinsertion.

                        C’est le même cas pour celle de Berrouaghia où logent 1878 détenus, dans un espace conçu pour une centaine de places. La prise en charge sanitaire est significative, surtout lorsqu’on sait que 169 détenus sont des toxicomanes. L’établissement de Médéa, qui compte 156 détenus (dont 7 femmes et 6 enfants), pour une capacité d’une centaine de places, souffre d’exiguïté, notamment dans le quartier des femmes où l’aération reste insuffisante « ce qui accentue le malaise psychologique des pensionnaires ». La prison de Béjaïa, l’une des rares qui abritent 178 détenus, pour une capacité de 200 pensionnaires, est citée aussi comme « bon exemple » en matière de conditions de détention. Tout comme d’ailleurs celle de Sétif. Celle de Aïn Defla, conçue pour une soixantaine de détenus et qui en abrite 180, souffre de surpopulation. Même constat pour l’établissement de Bordj Ménaïl (75 détenus pour une capacité de 50 places) ou encore ceux de Mascara (541 prisonniers pour une capacité de 300 seulement), de Coudiat, à Constantine, construit pour 700 personnes et qui abrite 1097 détenus, Skikda où logent 500 prisonniers dans un espace conçu pour 200 personnes et la promiscuité est telle que la séparation entre prévenus, condamnés et détenus malades devient impossible.

                        La commission a beaucoup insisté sur le manque d’aération, d’insuffisance de repas, le manque d’hygiène et la rareté de l’eau dans les établissements de Jijel, Constantine, Bordj Bou Arréridj, Mascara, Remchi et Aïn Khiar, à Taref, et ce, en dépit des efforts consentis par l’administration pénitentiaire. Ces carences, a expliqué la commission, sont le fait de la vétusté des prisons datant le l’époque coloniale, mais aussi du non-respect des normes de construction dans la réalisation des établissements récents. Maître Ksentini a appelé, entre autres, à l’augmentation de la somme de 56 DA pour le repas des détenus, à plus d’efforts en matière d’hygiène, au recrutement de médecins spécialistes et d’assistants sociaux et au renforcement des moyens matériels et humains en matière de prise en charge sanitaire.

                        Comment


                        • #72

                          Mardi 23 Décembre 2008 -- Il n’y a pas eu de grosse erreur dans la liste des derniers prisonniers graciés par le président de la République. La précision vient du directeur général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, M. Felioune, qui a reconnu cette erreur, mais en précisant qu’elle n’a concerné que deux ou trois cas qui ont été vite réglés. Les personnes, non exclues de la grâce, donc condamnées à de petites peines, relaxées, ont fait l’objet d’une recherche et ont réintégré la prison, a tenu à souligner M. Felioune. Selon lui, c’est juste un simple incident, sans gravité ni incidence.

                          Il a fait cette déclaration rassurante en marge de la réunion de la commission interministérielle de coordination des activités de réinsertion des détenus, qui s’est tenue hier. Il s’agit dans cette rencontre de débattre le bilan de l’exercice précédent et d’élaborer le programme de l’année prochaine. Il a été enregistré, selon le bilan lu par Mme Chorfi, membre de la commission, juge des mineurs, des progrès en matière d’insertion à travers les conventions signées avec différents ministères afin de permettre aux prisonniers de bénéficier des dispositifs d’apprentissage, de travail, d’éducation ou d’investissements dans le cadre des microcrédits et autre emplois des jeunes.

                          Des conventions avec le ministère des Travaux publics afin de permettre aux détenus de travailler par exemple dans l’entretien des routes, la pratique du sport avec compétition dans une convention avec le MJS, la formation dans l’artisanat, mais seules les Chambres de wilaya ont accepté de commercialiser le produit en attendant la convention avec le ministère. Les prisonniers peuvent également, dans le cadre d’un accord avec le ministère de l’Agriculture, travailler pour les forêts, notamment le reboisement. La commission recommande la formation de 130 médecins généralistes, 70 dentistes et 70 psychologues pour assurer une bonne couverture médicale pour les détenus. Le nombre des prisonniers admis aux différents examens scolaires est en constante augmentation. De ce fait, la commission a demandé à ce que des centres d’examens soient installés au sein même des établissements pénitentiaires.

                          Par ailleurs, pour donner plus de chances à la démarche de réinsertion, la commission recommande vivement un assouplissement législatif et une légère révision du volet 3 du casier judiciaire, notamment pour les demandeurs d’emploi, les porteurs de petits projets et les prétendants au registre du commerce. Il s’agit, selon M. Felioune, de lever les sanctions apparaissant dans le troisième volet qui font toujours obstacle au recrutement d’anciens détenus, y compris dans le secteur public. Il en est de même pour les demandeurs du registre du commerce et des candidats aux microcrédits et autres dispositifs de création d’entreprises.

                          Concernant les mineurs, l’introduction d’une mesure de souplesse, en évitant de porter sur casier les motifs et la peine, on contribuera plus facilement à la réinsertion du mineur, étant considéré que cela équivaut à une “réhabilitation”, dit-on. Cela vaut un allégement de la double sanction telle qu’est inévitablement perçu tout emprisonnement. Surtout chez les mineurs.

                          Comment


                          • #73

                            Mardi 23 Décembre 2008 -- Le Directeur Général des Prisons et Etablissements Pénitentiaires, M. Mokhtar Felioune, a réfuté le contenu du rapport élaboré par une division de la Commission Nationale Consultative pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme, présidée par M. Farouk Ksentini. Ce rapport en question a soulevé plusieurs points noirs sur la situation des prisons et des prisonniers, publié précédemment par El Khabar.

                            Dans une déclaration à la presse, en marge de la réunion de la commission interministérielle chargée de la politique de la réforme des prisons et de la réinsertion des prisonniers, M. Felioune a précisé que ce rapport comprend des renseignements faussés et imprécis et qu’il est caractérisé par la subjectivité et que les personnes qui l’ont élaborée ne sont pas bien informées de la loi régissant les prisons.

                            Le Directeur des Prisons a démenti d’une façon officielle l’existence de personnes atteintes du Sida à l’intérieur des prisons et que la loi oblige le procureur général de les transférer dans des cliniques spécialisées. M. Felioune a reconnu l’existence de quelques problèmes dans les établissements pénitentiaires relatifs à la surcharge dans les prisons et la vétusté des lieux.

                            Dans un autre contexte, la commission interministérielle pour la réforme des prisons a appelé le Gouvernement, dans son rapport, à la nécessité d’annuler le casier judiciaire n°12 dans le dossier de Registre du Commerce ou dans les concours de recrutement afin de permettre aux prisonniers qui ont purgé leurs peines de pourvoir à des emplois, à l’exception des postes spécifiques et des emplois sensibles.

                            Comment


                            • #74

                              Mercredi 31 Décembre 2008 -- Depuis ces cinq dernières années, un véritable travail de fond a été réalisé par la direction générale de l’administration pénitentiaire. Le directeur général, M. Mokhtar Félioun, estime que l’Etat a atteint ses premiers objectifs dans la réforme pénitentiaire. Il invite les ONG et la société civile à juger des efforts consentis dans l’amélioration des conditions de détention.

                              Le Jeune Indépendant : Qu’est-ce qui a été réalisé en matière de respect des droits de l’homme et de conditions de détention des détenus ?

                              Mokhtar Félioun : En ce qui concerne l’amélioration des conditions de détention, des efforts méritoires ont été consentis en différents aspects dans les établissements pénitentiaires. Si l’on évoque la question de la prise en charge médicale, il en ressort que, depuis 2003, une évolution qualitative est constatée. Par ailleurs, il existe beaucoup d’activités socioprofessionnelles censées améliorer le niveau des conditions de détention, notamment la formation continue des détenus qui occupe une place primordiale dans le système de la réforme pénitentiaire et le respect des droits de l’homme. L’Algérie, avec ses instances, est un pays qui travaille dans le sens du respect des droits universels. Elle réserve une place de choix à l’amélioration des conditions de détention des détenus et leur insertion sociale. À ce propos, d’ailleurs, la formation, de façon générale, et celle destinée au personnel des centres, de façon particulière, sont censées relever les niveaux de connaissance dans le domaine de la gestion et de l’assistance pénitentiaire. Elle figure dans le programme des réformes engagées par le ministère de la Justice.

                              Dans cette formation, avez-vous prévu des modules en matière de droits de l’homme ?

                              Effectivement, dans le cursus de cette formation dispensée au profit du personnel figure un module des droits de l’homme enseigné par des avocats. Globalement, nous avons aujourd’hui atteint un objectif de 19 640 détenus scolarisés dans différents cycles, et ce avec l’apport des organismes sous tutelle de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale. Ce qui démontre que notre pays se met au diapason des pays développés qui accordent une place prépondérante, dans leur politique, aux questions des droits de l’homme. Partant de ce principe, nous avons aussi un volet de coopération internationale avec nombre de pays, à l’exemple de la Suisse, du Canada, de l’Espagne, de la Grande Bretagne, de la France… Cette coopération se fait soit par l’organisation de séminaires, de visites ou encore par des voyages d’études.

                              Alors, comment interprétez-vous les dernières critiques portant sur les conditions de détention, ou encore le rapport de la Commission consultative nationale de promotion des droits de l’homme, qui révèle des anomalies ?

                              Nous sommes un pays qui respecte les droits de l’homme et nous avons une loi qui consacre une grande partie aux droits des détenus. Cette loi prévoit justement des contrôles au niveau des prisons par les organisations humanitaires, la société civile et les délégations étrangères qui souhaiteraient prendre connaissance des conditions de détention. Cela en plus des contrôles effectués par les magistrats et les cadres de la justice. Je tiens à vous informer que nous avons enregistré dans nos prisons, durant l’année 2008, la visite de plus de 300 journalistes, 1 966 membres de la société civile, 90 personnalités étrangères, dont des experts britanniques. Indépendamment des critiques qui émanent de certains cercles, il demeure que toutes les délégations qui ont visité nos prisons ont formulé par écrit leur satisfaction quant à l’amélioration des conditions de détention. Pas moins de 1 762 articles de presse, parus dans les différents titres durant l’année 2008, relatent les efforts consentis par le ministère de la Justice dans ce sens. Les institutions de l’Etat, tel le ministère de la Santé, ont également fait part de leur satisfaction. Les experts britanniques qui se sont rendus dans les différentes prisons en Algérie ont établi un rapport qui met l’Algérie en pole position en matière de respect des droits de l’homme et d’amélioration des conditions de détention dans les prisons. Nous sommes à la recherche de stratégies à même d’assurer une meilleure prise en charge de nos détenus et leur éventuelle réinsertion sociale. Nous avons décidé d’introduire dans les prisons un système au profit des détenus : des abonnements pour la presse, ainsi que le système de téléphone, en plus de l’assistance technique et morale. À leur libération, les détenus bénéficient aussi d’une prise en charge totale pour leur déplacement, en plus d’une aide financière. Pourtant, le rapport de la Commission consultative des droits de l’homme fait état de la présence de malades mentaux dans les prisons… Il y a eu une mauvaise interprétation dans la lecture du rapport établi par la commission consultative. Il y a effectivement des détenus malades sur les statistiques de la prison de Blida, mais qui sont, en réalité, hospitalisés dans un établissement spécialisé. Le rapport, qui mentionne le nombre de 29 détenus, a été établi sur la base d’une fiche technique de l’infirmerie qui souligne que ces malades ne sont en fait pas dans les prisons mais dans un hôpital. La loi prévoit que les malades mentaux soient admis d’office dans un établissement psychiatrique. Cela prouve que nous avons une gestion transparente et que toutes les données sur les détenus sont à la disposition de toute personne intéressée. Même si le rapport a été mal interprété sur ce point, sur un autre chapitre, il contient les procès-verbaux de visites de 35 établissements, où il fait état d’un saut qualitatif dans les conditions de détention depuis 2003. Toujours en ce qui concerne la question médicale, nous avons enregistré une nette évolution durant l’année 2008 par rapport à 2002. En effet, en 2002, le nombre de médecins ne dépassait pas 146, alors qu’en 2008 ils sont plus de 250 médecins à activer dans les différentes infirmeries des prisons. 180 chirurgiens dentistes en 2008 contre 116 en 2002. Ils sont aussi 422 psychologues aujourd’hui contre 62 en 2002. Le nombre d’assistants sociaux est à présent de 53 contre 14 en 2002. Il y a lieu aussi de souligner l’augmentation significative des équipements médicaux tels que les fauteuils dentaires, les appareils radiologiques ainsi que les laboratoires.

                              Quelles sont les nouveautés prévues pour l’année 2009 ?

                              Les perspectives sont prometteuses et l’administration pénitentiaire est à l’écoute de la société civile. Le département de la Justice entend développer pour l’année 2009 une stratégie pour la réinsertion sociale des détenus, qui consiste à créer des emplois dans le domaine de l’agriculture et des travaux publics. Cette stratégie sera renforcée par la mise en œuvre d’un service externe chargé de la réinsertion des détenus. Ce service, qui sera créé dans 14 grandes villes du pays, notamment à Ouargla, Oran, Chlef et Sétif, sera composé d’assistants éducateurs et de psychologues. Par ailleurs, et dans le souci de réduire le nombre des détenus dans les prisons surpeuplées, 13 nouveaux centres pénitentiaires seront réalisés durant l’année 2009 au niveau des régions du Sud et des Hauts Plateaux. Ces nouvelles prisons d’une capacité de 19 000 places seront une solution pour réduire la surpopulation des établissements pénitentiaires. Elles seront conçues conformément aux normes internationales en la matière. La superficie des cellules individuelles ne devra pas être de moins de 9 m2. Les établissements en question comporteront des infrastructures pour la formation des détenus dans différents métiers et spécialités. L’année 2009 devra aussi voir la création d’une école nationale destinée à la formation des cadres de l’administration pénitentiaire.

                              Comment


                              • #75

                                Samedi 3 Janvier 2009 -- La réinsertion des jeunes délinquants revient sur le devant de la scène. En effet, tout indique qu’au niveau du ministère de la Justice on commence à prendre conscience de la nécessité de mettre en œuvre un plan de lutte globale contre la délinquance juvénile. Cette dernière, longtemps ignorée, marginalisée et minorée par les pouvoirs publics, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un vif débat de société. Ainsi, face à ce fléau très complexe, l’accent est mis par le département de Tayeb Belaïz sur l’ouverture de centres d’accueil dans toutes les wilayas pour permettre l’insertion des délinquants.

                                L’annonce en a été faite mardi dernier par Mme Chorfi Meriem, sous-directrice chargée de la protection des délinquants et des mineurs auprès du ministre de la Justice, qui a indiqué, lors de la cérémonie inaugurale à Tlemcen d’un centre scout pour la réinsertion des délinquants et des jeunes détenus, le 7ème du genre au niveau national, que cette initiative sera généralisée à toutes les wilayas du pays. À ce titre, Mme Chorfi Meriem a fait savoir que huit de ces centres seront opérationnels au cours du premier trimestre 2009. Et pour mieux impliquer la société civile dans la prise en charge des mineurs délinquants, ces centres seront encadrés par des psychologues et des chefs scouts.

                                Il faut savoir à ce propos que la réalisation de ces centres intervient en vertu d’une première convention signée entre le ministère de la Justice et le commandement général des Scouts musulmans algériens (SMA) en 2003, portant sur la réactivation des actions de réinsertion des délinquants au sein des établissements pénitentiaires à Sétif, à Gdyel (Oran) et à El Harrach (Alger). Suite à cette première expérience, ayant enregistré un grand succès et un écho favorable chez les mineurs délinquants détenus, une deuxième convention a été signée en juillet 2007 portant son extension à l’ensemble des établissements pénitentiaires du pays.

                                Par ailleurs, des juristes et des magistrats ont rappelé que, dans le cadre de la réforme du secteur de la justice, la nouvelle loi d’organisation pénitentiaire a ouvert le champ aux associations caritatives et à la société civile en vue d’activer au sein des centres de rééducation pour une meilleure orientation des mineurs délinquants. Ces derniers représentent aujourd’hui une population carcérale qui ne cesse de croître d’une année à une autre. Selon les dernières statistiques, six cents mineurs se trouvent dans les centres spécialisés du ministère de la Justice et dans les pavillons de certaines prisons. Le vol et les coups et blessures sont les délits à l’origine de la condamnation de la majorité des mineurs.

                                Sur un autre plan, il est à signaler que cette délinquance juvénile est imputée, selon plusieurs enquêtes sociales, notamment, à la déperdition scolaire, aux problèmes familiaux et aux mauvaises fréquentations. D’autre part, selon le directeur général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion des détenus, Mokhtar Felioune, 80% des mineurs se trouvant dans ces centres et ces prisons n’ont pas fréquenté l’école, et la majorité est âgée entre 17 et 18 ans. D’où la nécessité absolue de promouvoir les centres de réinsertion et de rééducation qui font cruellement défaut sur l’ensemble du territoire national. Pour preuve, actuellement, il n’existe que 35 centres spécialisés de rééducation et de protection (CSR et CSP), à travers tout le pays, tous placés sous la tutelle du ministère de la Justice. Leur capacité d’accueil est d’à peine 3 770 places. Quant à la capitale, elle est dotée de trois centres de rééducation, deux à Birkhadem (filles et garçons) et un autre à Châteauneuf, à El Biar (garçons).

                                Enfin, le manque de personnel spécialisé chargé d’aider et d’accompagner les délinquants mineurs est également un véritable problème auquel il faut rapidement remédier. Car, en dernier lieu, il est de notoriété publique que les infrastructures à elles seules ne sont certainement pas le remède miracle contre les fléaux auxquels sont confrontés quotidiennement les mineurs.

                                Comment

                                Unconfigured Ad Widget

                                Collapse
                                Working...
                                X