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Algeria to abolish death penalty ?

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  • #91
    Salima Tlemçani :


    Mardi 9 Juin 2009 -- C’est la consternation ?* Guelma. Mohamed Gharbi, ancien officier de l’ALN, qui a combattu l’armée coloniale pour l’indépendance du pays, a repris sa mitraillette dès le début des années 1990 pour défendre l’Algérie, prise d’assaut par les groupes terroristes qui semaient mort et désolation dans sa ville, Souk Ahras. En 1994, cet ancien moudjahid arrive ?* convaincre ses pairs et les dignes fils du pays ?* constituer le premier Groupe de légitime défense (GLD), au moment où des dizaines de victimes tombaient quotidiennement sous les balles assassines des hordes de l’AIS et du GIA. Composé d’une dizaine de patriotes, le groupe atteindra le nombre de 300 membres quelques années plus tard, qui passaient des jours et des nuits ?* traquer les phalanges de la mort, dirigées par Ali Merad, ex-militant du parti dissous, devenu chef régional de l’AIS. En 2000, les chefs et membres de ces phalanges de la mort bénéficient de la grâce amnistiante, décrétée par le président dans le cadre de la concorde civile. Blanchis, les bourreaux d’hier rentrent chez eux, « avec tous les honneurs » comme si leurs mains n’ont jamais été tâchées du sang des dignes fils de l’Algérie. Mohamed Gharbi, comme tous ceux qui ont affronté les forces du mal, n’a pu accepter que cet ancien émir de l’AIS, Ali Merad, le provoque ?* chaque fois qu’il passe devant sa maison, en le menaçant de mort. Il alerte les services de sécurité, une fois, puis une seconde et une troisième, en vain. Le 2 février 2001, vers 22h, Gharbi est devant le complexe sportif, le chef terroriste, en compagnie d’un autre repenti, passe devant lui et lui lance en exhibant un pistolet automatique : « Espèce de taghout, ton jour est venu. » Le repenti s’y met en brandissant un couteau, avant que Merad ne lui dise : « Viens, nous réglerons son cas plus tard. » Le lendemain, Mohamed Gharbi informe le commandant du secteur militaire de Souk Ahras et les différents services de sécurité, en les avertissant que dans une semaine si des mesures ne sont pas prises pour assurer sa sécurité, il passera ?* l’action. Ne voyant rien venir, le patriote prend la décision de se faire justice.

    Le 11 février 2001, il se dirige ?* la cité des 1700 Logements, située au centre-ville de Souk Ahras, et tire une rafale de kalachnikov sur le repenti, le laissant pour mort, sous les cris de « Tahya Al Djazaïr », « Yahia chaâb el djazairi ! », « Vive la nation algérienne, nous sommes des moudjahidine et des résistants ». Mohamed Gharbi ne bouge pas de l’endroit jusqu’?* l’arrivée des policiers, auxquels il remet son arme et se livre. L’enterrement de l’ancien terroriste draine de nombreux anciens militants du parti dissous et les ex-chefs terroristes de l’AIS et du GIA. Le 21 janvier 2004, le tribunal criminel de Guelma condamne Mohamed Gharbi ?* 20 ans de réclusion criminelle. Le procès se tient dans une ambiance particulière, marquée par une forte présence de repentis dans la salle. La veuve de l’ancien terroriste reconnaît ?* l’audience que son époux avait été doté par les services de sécurité d’une arme, d’un talkie-walkie et d’une voiture. Le patriote accueille avec sérénité le verdict contre lequel un pourvoi en cassation est introduit. Le 24 mars 2007, Gharbi est jugé une seconde fois. À la surprise générale et après une délibération qui n’a duré que 15 minutes, l’accusé est condamné ?* la perpétuité, sous les applaudissements des nombreux repentis ayant envahi la salle d’audience.

    Un moratoire

    C’est la stupeur et surtout l’inquiétude. Mohamed Gharbi, ce héros qui a défendu l’Algérie durant la guerre de libération et répondu ?* l’appel du devoir, au début des années 1990, se transforme en « bourreau » qui mérite la plus lourde sanction. Ses anciens compagnons de l’ONM se murent dans le silence, de peur de gêner la politique de la réconciliation nationale lancée par Bouteflika, qu’ils soutiennent pour un troisième mandat. Un deuxième pourvoi en cassation fait revenir le procès, pour une troisième fois, dimanche dernier. Comme les deux précédentes, la présidente du tribunal criminel, Fatma Kaarar, se contente de quelques questions avant de se retirer pour une délibération d’?* peine 30 minutes, ?* l’issue desquelles elle condamne l’accusé ?* la peine demandée par le parquet général, ?* savoir la condamnation ?* mort, sous les cris de Allah Akbar (Dieu est grand) des nombreux repentis présents dans la salle. Pourtant, cette peine, remarque-t-on, n’est prononcée par les tribunaux criminels algériens que par contumace, lorsque l’accusé est en fuite, étant donné que l’Algérie a demandé un moratoire pour l’application de peine de mort.

    Aucune circonstance atténuante n’a été retenue au profit de Gharbi comme s’il s’agissait d’un « monstre » qu’il faut ?* tout prix exécuter. Pourtant, cet ancien moudjahid, âgé maintenant de 72 ans, était réellement menacé de mort par un chef terroriste, auteur d’une longue liste d’assassinats d’innocentes victimes. Pour bon nombre de juristes, ce procès est révélateur. Il montre que le rapport de forces est actuellement détenu par les anciens terroristes, qui voulaient ?* tout prix arracher un châtiment exemplaire pour cet ancien chef des patriotes, parce qu’il les a, durant longtemps, combattus. Une grave dérive qui ouvre la voie aux anciens terroristes pour intenter des procès contre tous ceux qui ont répondu au devoir national au péril de leur vie et de celle de leur famille…

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    • #92
      Salima Tlemçani :


      Mercredi 10 Juin 2009 -- La condamnation ?* la peine capitale infligée ?* Mohamed Gharbi, chef d’un groupe de patriotes, pour avoir tué un ex-chef terroriste, a suscité la stupéfaction chez son ancien défenseur, Me Abderrahmane Boutamine. Dans cet entretien, il qualifie la sanction de signal fort en direction de ceux qui réclament plus d’impunité, ?* travers une nouvelle loi d’amnistie.

      Le verdict du tribunal criminel de Guelma a choqué plus d’un et suscité de nombreuses réactions notamment de la société civile. En tant qu’ancien défenseur de Mohamed Gharbi, quelle lecture faite-vous de ce procès ?

      D’abord, je tiens ?* préciser que je ne peux commenter la décision du tribunal criminel. Mais, je voudrais rappeler que ce moudjahid a été condamné en 2004, pour les mêmes faits ?* 20 ans de réclusion criminelle et le tribunal lui a accordé les circonstances atténuantes. En 2006, il est jugé une seconde fois et condamné ?* perpétuité. En 2009, après cassation, le procès se termine avec une condamnation ?* mort. Cette gradation dans la peine révèle l’intransigeance ?* l’égard de ceux qui ont défendu l’Etat et la société, au moment où une grande clémence est accordée ?* ceux qui ont déclaré la guerre ?* ce même Etat et cette même société. Cette ségrégation est perçue comme une menace contre tous ceux qui ont combattu hier les terroristes et qui réclament aujourd’hui plus de concessions. Je peux dire que la gradation de la peine constitue un signal fort contre tous ceux qui ont pris les armes pour défendre leur vie et celles de leurs concitoyens. Cela s’apparente ?* un gage de plus ?* ceux qui revendiquent plus d’impunité et une nouvelle amnistie.

      Quand vous parlez de rapports de force, est-ce que vous voulez dire que le procès a montré que les anciens terroristes ont plus de pouvoir que ceux qui les ont combattus ?

      Effectivement, c’est cette gradation dans la peine qui montre que les rapports de force sont en faveur des islamistes qui ne s’arrêtent pas de demander chaque jour un peu plus ?* leurs alliés tapis dans le système. Cette révision ?* la hausse de la peine est pour moi très révélatrice….

      Comment expliquer ce silence inquiétant, pour ne pas dire complaisant, des anciens moudjahidine, notamment ses compagnons (de Mohamed Gharbi) de la guerre de libération ?

      La politique de la concorde civile, puis celle de la réconciliation nationale, ont fait subir ?* la société une forte pression, empêchant toute opposition, contestation ou même toute critique. Vous savez qu’il est interdit ?* quiconque de qualifier un repenti de terroriste sous peine d’être poursuivi et condamné ?* une peine de prison. Les gens ont peur d’exprimer leurs avis, même si au fond, je suis sûr que la majorité des Algériens, sont contre le fait de blanchir les terroristes de leurs crimes et encore moins ?* poursuivre ceux qui ont défendu leur honneur, au moment où des dizaines de milliers de leurs concitoyens se faisaient massacrer…

      Est-ce que cette condamnation n’est que la suite logique ?* la campagne de désarmement des patriotes, mais aussi aux procès intentés ?* certains d’entre eux par des familles de disparus ?

      Je voudrais préciser que personne n’aimerait instaurer l’impunité, qui est une très mauvaise chose pour le pays. Mais dans le cas du patriote Gharbi, il s’agit d’une légitime défense. Il faisait partie d’un groupe de légitime défense, qu’il ne faut nullement ramener ?* l’échelle individuelle. C’est quelqu’un qui n’a fait que se défendre. Il faisait partie d’un groupe de GLD, qui était tout le temps en état de légitime défense, parce que menacé chaque seconde par les groupes terroristes.

      Comment expliquer ce silence des patriotes ?

      Les pressions citées plus haut ont fini par dévitaliser toutes les forces vives de ce pays. Les patriotes n’ont pas réagi parce que, soit ils ont peur, soit ils n’ont plus la capacité d’exprimer leur avis. Vous avez remarqué que même la famille révolutionnaire ?* laquelle Gharbi appartient, subit cette chape de plomb qui la muselle, juste parce qu’elle a soutenu la politique du pardon ?* l’égard des terroristes. Je ne pense pas qu’un seul Algérien puisse être avec une paix faite d’impunité. Les Algériens veulent la vérité et la justice, or les terroristes n’ont ?* ce jour jamais demandé pardon pour les crimes et les horreurs qu’ils ont commis. Et ce n’est certainement pas un texte de loi qui va nous faire oublier leur passé. Mais nous constatons que non seulement les repentis ne veulent pas reconnaître leurs crimes, mais revendiquent encore plus de reconnaissance pour « leurs faits d ’armes » alors qu’?* côté, ceux qui les ont combattus au nom du devoir national, se retrouvent au banc des accusés

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      • #93
        Tayeb Belghiche :


        Mercredi 10 Juin 2009 -- Tout Algérien digne de ce nom a dû sentir une immense tristesse doublée d’une grande colère après ce qui vient de se passer ?* Guelma. Un grand patriote, un héros national, vient d’être condamné ?* mort par la cour criminelle de cette ville. Son crime. Il a abattu un terroriste islamiste qui le menaçait. Gharbi Mohamed est un homme qui, après avoir pris les armes contre le colonialisme pour libérer l’Algérie, a répondu une seconde fois ?* l’appel de la patrie en mettant sur pied dans la région de Souk Ahras des groupes de patriotes pour défendre le pays contre le terrorisme islamiste. Mais la concorde civile est venue. Le chef des criminels de la région, Ali Merrad, se repent mais aspire ?* une chose : tuer celui qui a mené une vie d’enfer aux terroristes. Fort de la passivité des autorités locales, il menace de mort Gharbi chaque fois qu’il le rencontre.

        Abandonné ?* son sort par les services de sécurité, il décide, dans un sursaut de dignité et de légitime défense, de liquider son assassin potentiel puis se rend ?* la police. Certes, nul n’a le droit de se faire justice. Mais ce grand homme a de larges circonstances atténuantes, il est âgé, il a cherché ?* préserver sa vie, c’est un moudjahid et un chef de patriotes. La présidente de la cour n’a tenu compte d’aucun de ces facteurs et a décidé de l’envoyer mourir en prison pour les années qui lui restent ?* vivre, car depuis 1993, l’Algérie a suspendu les exécutions capitales. À moins qu’elle ne fasse exception avec ce cas. C’est en effet un cas rare : les peines de M. Gharbi sont allées crescendo : 20 ans de prison en première instance, perpétuité en appel et condamnation ?* mort pour finir.

        Incontestablement, ces trois verdicts sont, ?* chaque fois, un message politique adressé ?* l’islamisme par un pouvoir qui va de compromission en compromission. L’Algérie a quasiment éliminé le terrorisme islamiste. Malheureusement, l’islamisme politique a repris du poil de la bête. Des criminels sanguinaires, tels que Madani Mezrag, Ahmed Benaïcha, Mustapha Kertali, Ali Belhadjar et Zouabri se promènent librement et sont en train d’amasser des fortunes grâce ?* l’argent du crime. L’affaire Mohamed Gharbi pourrait faire jurisprudence. Un pouvoir ayant un grand penchant pour le wahhabisme pourrait bien faire cas de terroristes qui voudraient se plaindre de nos gendarmes, de nos militaires et de nos policiers pour peu qu’il ait les coudées franches. En attendant, un citoyen de grande valeur, qui a contribué ?* notre libération puis ?* notre liberté, croupit dans des geôles de la prison de Guelma.

        La société se tait. Honte ?* l’ONM qui est étrangement muette devant cette grave affaire qui porte atteinte ?* l’honneur et ?* la dignité et ?* nos moudjahidine et qui est une insulte ?* la mémoire de nos chouhada. Où sont les organisations des enfants de chouhada et de moudjahidine qui ne se manifestent que pour s’aplatir devant le puissant du moment et qui ne savent que demander des privilèges. « J’ai honte pour mon pays » , nous a déclaré hier une universitaire, qui nous a appelés pour exprimer sa révolte et son indignation. Elle exprime le sentiment des véritables Algériens.

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        • #94

          June 10, 2009 -- Algeria on Tuesday (June 9th) rejected a proposed penal code amendment to abolish the death penalty, AP reported. "The fight against terrorism renders it necessary to maintain the death penalty," wrote Prime Minister Ahmed Ouyahia in the government response to a RCD party chief Ali Brahimi's proposal. The abolition of the death penalty could be interpreted by criminals and terrorists as a "lack of firmness and an admission of powerlessness by public authorities", Ouyahia added.

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          • #95
            M.A. Boumendil :


            Jeudi 11 Juin 2009 -- Il est de tradition de ne pas commenter les décisions de justice, quand bien même elles nous semblent poser ?* la fois un problème de moral et un problème politique. Soit. Mais le cas du Patriote Gharbi est assez symptomatique du mal qui ronge le pays.

            Son procès - ou ses procès, puisqu'il est allé d'appel en cassation - est un concentré du calvaire du peuple algérien depuis que les tenants du parti unique, de la pensée unique, et de la langue unique se sont imposés par la violence et se sont maintenus par la terreur ?* la tête de l'Etat.

            Condamné ?* vingt ans de réclusion en première instance, sa peine a été aggravée en détention ?* perpétuité, puis en condamnation ?* mort, respectivement en appel et en cassation. On a, en quelque sorte, appliqué jusqu'?* ses ultimes limites le méchant principe de qui veut le plus, aura le moins.

            À peu de choses près, si l'on se représente le condamné comme symbolisant le peuple et ses juges ?* la place du pouvoir, on obtient l'exact schéma de ce qu'ont enduré les Algériens, des décennies durant, sur une tout autre échelle.

            Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un regard sur les grands virages politiques de ces vingt dernières années. Après le soulèvement d'Octobre 88, la réponse des dirigeants a été la suivante : « vous ne voulez plus le parti unique et l'arabo-baathisme au pouvoir ? Vous voulez la démocratie ? Vous l'aurez, mais on la mettra au service de l'intégrisme islamiste ! »

            Dans les années 90, alors que le terrorisme intégriste faisait rage et que les populations ont décidé de se défendre, le pouvoir a encore une fois répondu : « vous voyez bien que vous aviez tort ! La démocratie est une chimère. Et, face ?* l'ogre intégriste, nous sommes devenus indispensables. Vous êtes donc bien obligé de vous en accommoder. »

            Durant toute cette période, alors que la défaite militaire de l'intégrisme était imminente, l'inquiétude des milieux intellectuels et des élites démocratiques était que l'Algérie s'orientât vers le modèle turc. La réponse n'est pas venue d'un seul bloc, mais par petites touches. Elle est d'une lisibilité affligeante aujourd'hui : « vous ne voulez pas le modèle turc ? Eh bien, vous aurez le modèle soudanais ! »

            À chaque revendication exprimée, ?* chaque aspiration formulée, la punition tombait, encore plus sévère !

            Sous la pression quotidienne et devant la complexité de l'équation, combien d'Algériens, pourtant acquis ?* la démocratie, se sont sincèrement demandés s'il ne fallait pas, pour éviter l'instauration d'un état théocratique, privilégier la modernité au détriment de la démocratie et au bénéfice, malgré eux, du régime ?

            La réponse est des plus dramatiques : la démocratie s'éloigne, la modernité recule, le régime est toujours l?* et la théocratie menace.

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            • #96

              Vendredi 12 Juin 2009 -- Consternation et désapprobation sont les maîtres mots qui caractérisent les déclarations des patriotes de la wilaya de Chlef ?* l’issue de la condamnation ?* mort de leur ancien collègue et moudjahid de Guelma, Mohamed Gharbi, qui avait fait usage de son arme contre un repenti qui le menaçait. Même s’ils ne se faisaient guère d’illusions quant ?* la « clémence » de la justice, pour des raisons connues de tous, ils ne s’attendaient certainement pas ?* une aussi lourde peine contre un patriote de la première heure ,qui avait repris les armes pour sauver son pays de la menace terroriste. « Chez nous, la Rahma n’est accordée qu’?* ceux qui ont mis le pays ?* feu et ?* sang. On voit bien ce qui est arrivé ?* Mohamed Gharbi et ?* d’autres résistants, ici et ailleurs, humiliés et jetés en pâture, après avoir longtemps servi leur pays en guerre », regrette S. L., ancien patriote au nord de Chlef. Mohamed, la quarantaine, ayant fait partie des premiers groupes de l’autodéfense, abonde dans le même sens : « Gharbi ne mérite pas un tel sort, il a été au premier rang de la guerre déclarée aux terroristes dans sa région. Et s’il a tué ce repenti, c’est parce qu’il ne pouvait pas supporter ses menaces et provocations. C’est une honte pour le pays et ?* tous ceux qui se réclament de la résistance populaire, oubliant que c’est grâce ?* des hommes de la trempe de Gharbi que l’Algérie est restée debout. »

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              • #97

                Samedi 13 Juin 2009 -- Requérant la peine de mort dans un plaidoyer très acerbe ?* l'encontre de S.M. (30 ans), accusé d'homicide volontaire avec préméditation, le représentant du ministère public près le tribunal de Relizane, statuant en session criminelle, n'aura pas été contredit par les magistrats, confirmant après une brève délibération la peine capitale dans une affaire d'assassinat survenu en janvier dernier ?* Bendaoud. Le mis en cause, acculé par son ami auquel il devait la somme de cinquante millions de centimes, finit par commettre l'irréparable en entraînant dans une balade en voiture sa victime dans un coin isolé de la RN 7, la mettant en confiance en promettant de lui régler son dû, avant de lui asséner un coup de poignard ?* la poitrine. Ce qui ne l'a pas empêché de sauter du véhicule, roulant il est vrai ?* petite vitesse, attirant sur lui les regards curieux des usagers de ce tronçon routier de la route de Mascara, puis ralentissant pour constater qu'un jeune homme continuait de se débattre contre la mort en tentant de retirer l'arme du meurtre bien plantée très près de son coeur. L'un d'eux put l'évacuer sur l'hôpital, alors que l'autre rejoignait la brigade de gendarmerie locale en tenant ?* la main le poignard entaché de sang de la victime et un bout de papier où celle-ci avait transcrit des chiffres, qui se sont avérés être ceux de la plaque d'immatriculation du véhicule de son tueur, facilitant donc son arrestation. Ce dernier avoua ainsi le forfait commis contre un ami pour une histoire de 50 millions, dont s'acquitta ensuite son père auprès de la famille de la victime.

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                • #98

                  Dimanche 14 Juin 2009 -- L’affaire Mohamed Gharbi vient de connaître son épilogue avec un verdict tombé comme un couperet un certain lundi que les forces vives de la nation et tous les patriotes ne sont pas près d’oublier. C’est le résultat du procès d’un nationalisme qui n’est plus dans l’air du temps et le couronnement d’une réconciliation meurtrière au profit des commanditaires des assassinats sordides d’une décennie faite de terreur et de bilans macabres. Alors que toute l’Algérie tanguait sous le terrorisme et que les hordes islamistes, avides de feu et de sang, frappaient des cibles de choix parmi les cadres de la nation, les policiers, les gendarmes et les magistrats, les anciens moudjahidine étaient les premiers ?* condamner la bête immonde et ?* adhérer au mot d’ordre mobilisateur lancé par l’Etat qui optait pour la fermeté ?* l’égard des instigateurs de la subversion. Mohamed Gharbi a été l’un des premiers membres des GLD implantés dans de la région de Souk Ahras au moment où les groupes islamistes armés devaient changer de tactique pour s’attaquer aux plus vulnérables parmi les citoyens et semer, sciemment, un climat de panique en zone rurale. L’incontestable émir de l’AIS, Ali Merad, sévissait, lui, dans la région nord de la wilaya, et imposait, ?* l’instar des terroristes de Blida et le non moins sinistrement célèbre Z’barbar, « houkoumet ellil » (État de nuit). Des dizaines de faux barrages sanglants, des balades nocturnes et des menaces faisaient la notoriété des groupes islamistes et invitaient aux compromissions.

                  La trêve sera en 2007 et Mohamed Gharbi qui faisait contrepoids au front du crime retrouvera sa vie de citoyen dans la ville qu’il a su défendre une première fois alors que le pays était sous le joug du colonisateur et une deuxième fois quand elle sera menacée par l’hydre intégriste. Sacrifié sur l’autel d’un pacte contre-nature entre les commanditaires des assassinats, des viols collectifs, du racket et les concepteurs d’une amnistie du moins douteuse, ammi Mohamed n’a pas ?* regretter les carriéristes de l’ONM qui s’effacent sans gloire dans les privilèges des organisations relais. Il en a dit trop sur l’authentique moudjahid. Ceux qui savent estimer les hommes nous ont contactés par dizaines. Consternation, injustice, trahison… Ce sont-l?* les mots qui revenaient dans la bouche des citoyens de Souk Ahras. « Ça me replonge dans l’ambiance de l’assassinat de Mohamed Boudiaf. Tout ce monde de barbus arrogants, qui défile devant la maison du terroriste-en-chef pour savourer une victoire offerte sur un plat doré par une justice atone quand il s’agit des intérêts de la nation et sans état d’âme quand le sérail ou relais en font appel », propos d’un universitaire de Souk Ahras qui a juré de quitter le pays ?* la première occasion qui se présentera. Un moudjahid de la première heure nous a rapporté quelques-unes des prouesses de Mohamed Gharbi lors de la Révolution et n’a pas tari d’éloges sur l’homme qu’il fut pendant les années de lutte contre les hordes barbares de la dernière décennie. « Il n’est pas homme ?* chercher noise sans que vous ne le provoquiez. Comment peut-il s’attaquer au terroriste si ce dernier n’était pas en mesure de porter atteinte ?* sa famille ? », nous a confié l’un de ses compagnons de lutte. Le processus de pacification des maquis, initié par l’État, doit donc passer par le déni de justice et la lâcheté institutionnalisée.

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                  • #99
                    Annie Steiner, Jeudi 18 Juin 2009 :


                    Guelma, avec Sétif et Kherrata, les villes martyres du 8 Mai 1945. D’autres villes y ont participé, mais ces trois restent, dans le souvenir populaire, les villes de la résistance et des nombreux massacres qui ont suivi, annonçant le 1er Novembre 1954. Et c’est dans cette ville que s’est tenu le procès de Mohamed Gharbi, moudjahid et patriote. C’est dans cette ville que sa condamnation ?* mort a été prononcée. Quelle vilenie ! J’ai lu dans la presse, attérée, que le prétoire a retenti aux cris de « Allahou Akbar ». Et ces deux mots m’ont ramenée 52 ans en arrière, ?* Barberousse, quand j’entendais les condamnés ?* mort, qu’on venait chercher pour la guillotine (finga), les prononcer. C’étaient ces deux mots qu’ils nous lançaient ?* l’aube, quand ils partaient comme des héros pour ne plus revenir : « Vous étiez fiers et calmes, sûrs de votre idéal, vous cotoyiez déj?* les martyrs de l’histoire... » Et d’après le témoignage d’un condamné ?* mort, ceux qui restaient dans la cellule étaient tétanisés, sans jambes. Les condamnés partaient ?* l’aube, soutenus par tous les prisonniers, debout et révoltés, qui criaient des slogans, chantaient et lançaient des youyous, prévenant ainsi La Casbah. C’étaient eux qui nous donnaient de belles leçons de courage et d’espoir. J’ai encore ce cri d’« Allahou Akbar » ?* l’oreille 52 ans après. Merci mes frères. Nous n’avions pas honte au tribunal militaire, quand on nous traitait de terroristes et que la salle étaient pleine de pieds-noirs qui criaient «?* mort, ?* mort». Et c’est ce même cri qui a été entendu... dans le prétoire du tribunal de Guelma.

                    C’est une femme qui a osé, sous des pressions très fortes je le suppose, prononcer ce jugement. Une femme ! Certes, femmes et hommes sont semblables, étant des êtres humains, et la femme n’est pas, par nature, porteuse de toutes les qualités, de tous les sentiments. Mais tout de même, il fallait oser le faire ! Il y a des choix qui s’imposent dans la vie, des choix souvent difficiles et qui ne sont pas conjoncturels, des choix qui bouleversent totalement notre vie, mais quand on a fait le bon choix, croyez-moi, on se sent beaucoup mieux, on respire. Vous n’avez pas, Madame, accordé les circonstances atténuantes, pourtant vous aviez le choix. Je sais très bien que nul ne peut se faire justice soi-même : c’est un grand principe. Mais en général, la condamnation ?* mort a lieu par contumace, ce qui n’est pas le cas, l’accusé n’ayant pas fui. Vous aviez toute une panoplie de circonstances atténuantes : fréquentes provocations, autorités prévenues par l’accusé ?* plusieurs reprises et surtout son passé.Je ne connais pas M. Gharbi, mais j’ai appris qu’il est moudjahid et chef des patriotes de Souk Ahras. Et cela me suffit amplement.

                    Il a dû en voir mourir, des innocents assassinés, avant de reprendre les armes. J’ai en mémoire, dès les premières années du terrorisme, des centaines de moudjahidine assassinés sans que le ministère des Moudjahidine, qui en était informé, n’en parle. Actuellement, les institutions ne bougent pas pour ne pas contrarier la réconciliation nationale. Mais est-ce l?* une façon de réaliser la réconciliation ? Et peut-être même, tant qu’on y est, pour ne pas contrarier le traité d’amitié avec la France ? M. Gharbi est un vrai moudjahid (il y en a, paraît-il, plus de faux que de vrais) grâce ?* qui nous sommes indépendants ; et cette guerre de 7 ans et demi a été atroce, dure, implacable. M. Gharbi, je n’ai pas eu l’honneur de vous connaître, mais je vous vois toujours digne, en attendant que le peuple surmonte cette léthargie momentanée qui l’a frappé et qu’il ouvre enfin les yeux sur ce qu’a été son silence et, pourquoi pas, malgré toutes les excuses qu’on peut lui trouver, sa lâcheté. Au-del?* des symboles et des calculs sordides qui ont été ?* l’origine de votre condamnation, c’est votre dignité également qu’on vous reproche. À bientôt, M. Gharbi, ?* bientôt.

                    Annie Steiner

                    L’auteure est moudjahida

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                    • Vendredi 19 Juin 2009 -- Le RND, parti qui se targuait d’avoir comme adhérents une majorité de patriotes, n’a rien dit. L’Organisation nationale des moudjahidine non plus. Le président de la commission officielle des droits de l’homme, Farouk Ksentini, a juste exprimé ?* El Watan Vendredi sa consternation : « J’espère qu’il y aura un pourvoi en cassation et que la Cour suprême prendra sérieusement en considération son cas. » La loi interdit de commenter une décision de justice. Pas la morale. Mohamed Gharbi a été condamné ?* mort pour avoir tué un repenti, un ancien émir de l’AIS, Ali Merad, le 11 février 2001. Une condamnation en appel qui, contrairement ?* la logique, a revu la peine ?* la hausse. Une profonde consternation a bouleversé des segments entiers de la société. Une pétition nationale a été lancée, des groupes sur Facebook, une réunion de partis comme mercredi ?* Oran par le MDS. Au-del?* du cas inédit de Gharbi, c’est tout le corps des patriotes qui interpelle la conscience nationale. Les patriotes, ?* travers le pays, se sentent délaissés. Ils ont entendu trop de promesses. « Le peuple algérien tient ?* rendre un vibrant hommage ?* l’armée nationale populaire, aux services de sécurité ainsi qu’?* tous les patriotes et citoyens anonymes qui les ont aidés, pour leur engagement patriotique et leurs sacrifices qui ont permis de sauver l’Algérie et de préserver les acquis et les institutions de la République », lit-on dans la charte pour la paix et la réconciliation. «Les patriotes ne seront pas oubliés par l’Etat», avait déclaré en 2006 le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni. Les pouvoirs publics, selon lui, étaient en train de réfléchir afin de trouver la formule adéquate pour prendre en charge cette catégorie : « Il reste juste ?* définir le cadre légal pour prendre en charge cette catégorie. » En septembre 2005, Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, a promis que le corps des patriotes sera dissous, sans préciser les échéances, et que l’Etat prendra en charge la réinsertion sociale de ses membres. À écouter les patriotes, ces « fameux hommes debout », rien de cela ne s’est réalisé. Écoutons-les.

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                      • Nesrine Sellal, Dimanche 21 Juin 2009 :


                        Mohamed Gharbi, ancien officier de l'ALN et l'un des premiers fondateurs des Groupes de légitime défense (GLD), a été condamné, début juin, ?* la peine capitale par le tribunal criminel de Guelma pour le meurtre d'un terroriste repenti qui l'aurait menacé ?* plusieurs reprises. Sur Facebook, Djamil crie ?* l'injustice et appelle les « facbookistes » ?* adhérer?* son groupe qu'il vient de lancer. But : récolter 1 000 000 signatures en faveur d'une amnistie de Mohamed Gharbi.

                        « Il s'agit, avant tout, de ne pas se taire. », est-il souligné dans le texte de présentation du groupe « Pour l'Amnistie de Mohamed Gharbi, récoltons 1 000 000 de signatures » en dénonçant l'avenir incertain de ce septuagénaire, croupissant dans une cellule insalubre ?* l'heure où « les égorgeurs se promènent librement. »

                        « Défendre Mohamed Gharbi, ce n'est pas défendre l'impunité », souligne le texte de présentation, mais il est un acte de «reconnaissance et de protection». Car enfin, se demande-t-on : « qui s'avisera de défendre la patrie s'il risque d'être "lâché" ?* la première tempête ? »

                        Coté réactions, la consternation est de mise parmi les membres du groupe. En effet, sur le mur de « Pour l'Amnistie de Mohamed Gharbi, récoltons 1 000 000 de signatures », les messages de soutien et d'encouragement se succèdent. Cependant, avec 626 membres, l'on est très loin de l'ambitieux million, mais Djamil rappelle que les statistiques annoncent quelques 2 000 000 internautes en Algérie tout comme il n'est pas interdit d'inviter des « étrangers » pour réunir le nombre espéré. Pour atteindre cet objectif, les présents adhérant sont priés d'inviter un maximum de personnes ?* rejoindre le groupe.

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                        • Mardi 7 Juillet 2009 -- Le crime odieux, qui a ébranlé toute la ville de Constantine dans la journée du 9 novembre 2008, a connu son épilogue hier au tribunal criminel. Ce dernier a condamné Abdellah Amrani, dit Hassan, ?* 20 ans de réclusion criminelle alors que son complice Hamza Benkahoul a écopé de la peine capitale par contumace. Les deux prévenus sont accusés de meurtre prémédité et vol qualifié ?* l’encontre de la victime Hichem Abassi, âgée de 47 ans, dont le corps sans vie a été découvert par son épouse dans son appartement sis ?* l’immeuble des travaux publics, situé ?* l’avenue Kaddour Boumeddous. Hier, durant l’audience, Abdellah Amrani a nié tous les faits qui lui sont reprochés, malgré des aveux faits devant le juge d’instruction. Le procureur général, qui a requis la perpétuité pour l’accusé, a montré que le crime était bel et bien prémédité, surtout que les deux meurtriers ont abusé de la confiance de la victime, pour commettre leur forfait, en prenant soin de se procurer une arme blanche et un ruban adhésif. Le mobile du vol était clair, selon le représentant du ministère public, surtout que la victime était un bijoutier bien connu ?* Constantine.

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                          • Mardi 18 Août 2009 -- Pétition et appels ?* la libération de l’ancien maquisard et patriote, Mohamed Gharbi ! Le comité local pour son amnistie ne cesse, depuis sa condamnation ?* mort par le tribunal de Guelma pour avoir assassiné un ancien terroriste repenti, d’appeler ?* la mobilisation générale pour obtenir sa remise en liberté. Le comité, qui a déj?* lancé une pétition nationale pour demander la grâce présidentielle, renouvelle son action en appelant tous les démocrates et républicains algériens ?* se solidariser avec Mohamed Gharbi. Ces derniers sont exhortés ?* signer en masse la pétition lancée sur Internet pour atteindre l’objectif de 100 000 signatures. « Il s’agit, avant tout, de ne pas se taire. Ne pas laisser un patriote mourir seul dans sa cellule, au pays où les égorgeurs se promènent librement. À l’heure où les criminels intégristes qui se pavanent dans nos villes et villages sont amnistiés et récompensés, Mohamed Gharbi, moudjahed et patriote, vient d’être condamné ?* mort par le tribunal criminel de Guelma. Son crime : avoir réagi aux menaces d’un repenti islamiste qui déclarait vouloir l’assassiner », expliquent les initiateurs de cette pétition. Pour rappel, Mohamed Gharbi a été condamné ?* mort en juin dernier par ledit tribunal. La réaction de Mohamed Gharbi en assassinant le repenti en question est, selon les initiateurs de la pétition, « légitime puisqu’il a répondu aux menaces proférées contre lui par l’ancien terroriste ».

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                            • Rafik Tadjer :


                              Vendredi 9 Octobre 2009 -- Les forces de l’ordre ont empêché, vendredi 9 octobre, des manifestants de marcher dans le centre d’Alger en soutien ?* la Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, profanée fin septembre par des extrémistes et des militaires israéliens. Après la prière du vendredi, plusieurs groupes de jeunes se sont rassemblés ?* la Place Audin, en brandissant des banderoles avec des slogans hostiles ?* Israël et dénonçant les violations israéliennes ?* l’encontre de la mosquée Al-Aqsa. Mais les forces de l’ordre, fortement déployées, ont empêché les manifestants de marcher en direction d’autres quartiers de la capitale. À Belcourt, des manifestants ont tenté de braver l’interdiction de marcher. Mai les forces de l’ordre étaient également fortement présentes, empêchant les manifestants de progresser en direction de la Maison du peuple où un rassemblement devait se tenir en soutien ?* la Mosquée Al-Aqsa.

                              Pour sa part, la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) n’a pas été autorisée ?* organiser une rencontre nationale sur la peine de mort, prévue le samedi 10 octobre. Dans un communiqué, « la LADDH dénonce avec la plus grande énergie cette interdiction non justifiée, et qui ne peut trouver sa justification que dans la gestion arbitraire des affaires de l’Algérie ». « Par cette interdiction, les autorités expriment le refus paranoïaque ?* toute initiative de la société civile qui vise ?* installer un débat national incluant les représentants de l’Etat sur des sujets qui concernent toute la société, notamment la question de la peine de mort », souligne le texte. Malgré cette interdiction, la LADDH a décidé de maintenir la rencontre. Cette dernière se tiendra, samedi ?* partir de 9h au siège de la Ligue ?* Alger, selon le communiqué.

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                              • Samedi 10 Octobre 2009 -- Une autre activité de la Laddh interdite par les autorités. La ligue de Mostefa Bouchachi proclame qu'elle continuera ?* «exister» malgré les interdictions. Une rencontre sur l'abolition de la peine de mort, dont l'organisation était prévue pour ce samedi ?* Alger par la Ligue algérienne pour la Défense des droits de l'Homme, a été interdite par les autorités. La Laddh indique, dans un communiqué de son président Mostefa Bouchachi, avoir reçu jeudi soir, une notification des services de la DRAG (Direction de la Réglementation des affaires générales) de la wilaya d'Alger lui interdisant de tenir la «rencontre nationale sur l'abolition de la peine de mort le samedi 10 octobre, ?* l'Hôtel El-Biar, ?* Alger». La Ligue des droits de l'Homme, qui a déj?* essuyé plusieurs interdits d'organiser des rencontres de la part des autorités, y voit une volonté du pouvoir de l'empêcher d'exister. Le communiqué de M. Mostefa Bouchachi, intitulé «malgré les interdictions, nous continuerons d'exister», dénonce une «interdiction non justifiée (...) qui ne peut trouver sa justification que dans la gestion arbitraire des affaires de l'Algérie». La ligue dénonce un «refus paranoïaque» des autorités face «?* toute initiative de la société civile qui vise ?* installer un débat national incluant les représentants de l'Etat sur des sujets qui concernent toute la société, notamment la question de la peine de mort». À défaut de pouvoir organiser la rencontre dans l'hôtel El-Biar, comme cela était prévu, la Laddh a décidé de la maintenir et de l'organiser au niveau de son siège, ?* Alger. La rencontre s'inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de l'abolition de la peine qui se déroule chaque 10 octobre depuis 2002. Elle avait été lancée ?* l'initiative de la Coalition mondiale contre la peine de mort réunissant des ONG et collectivités (aujourd'hui au nombre de 96).

                                Un moratoire salué par la LADDH

                                L'interdiction signifiée par les autorités ?* l'activité de la Laddh ne semble pas liée ?* la thématique de la rencontre. Si les tribunaux algériens continuent de prononcer des peines de mort - plus de 200 en 2008, ce qui place l'Algérie, selon Amnesty International, au 4ème rang après la Chine (plus de 7.000 condamnations), l'Iran (285) et le Pakistan (236) -, celles-ci ne sont plus exécutées depuis 1993. En octobre 2008, ?* l'occasion de la 6ème Journée mondiale contre la peine de mort, la Laddh avait d'ailleurs salué la «suspension de l'exécution des peines capitales prononcées par la justice algérienne depuis ces quinze dernières années» et appelé les «pouvoirs publics (exécutifs et législatifs) ?* oeuvrer dans le proche avenir ?* l'abolition de la peine capitale dans le code pénal». Ce moratoire sur la peine fait qu'en théorie rien n'empêche un débat sur la question. Des militants de la Laddh sont d'ailleurs convaincus que c'est «l'existence» même de la ligue que les autorités ne veulent pas admettre. Ils rappellent que d'autres activités prévues par la Laddh ont été interdites par les autorités. En mai dernier, les pouvoirs publics ont interdit un séminaire de formation en matière de droits de l'Homme au profit de 25 journalistes. En octobre 2008, une rencontre de la LADDH sur les émeutes d'Octobre 1988 prévue ?* la Fondation Ebert a été également interdite.

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