Announcement

Collapse
No announcement yet.

Covassi, l'espion qui en disait trop

Collapse
X
 
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • Covassi, l'espion qui en disait trop

    La «taupe» Claude Covassi sera certainement entendue bientôt à Berne. Retour sur sa «mission» au Centre islamique de Genève et sur la version que l'homme donne lui-même de sa cavale:

    «Mon nom est Claude Covassi. Je suis né le 19 mars 1970 à Genève.» D'entrée, la confession prend des allures de présentations à la James Bond. Qui est exactement cet agent dont le nom est Covassi, Claude Covassi? Un ancien délinquant, que le travail de petite «taupe» dans les milieux fondamentalistes a rendu furieusement mythomane? Ou au contraire un quasi-agent fédéral des renseignements qui, au fil de son ascension, a eu accès à des informations de nature à compromettre les services secrets et à mettre en lumière des agissements illégaux?

    Dans quelques jours sans doute, Covassi devrait rentrer de son exil égyptien et donner sa version des faits à la commission parlementaire chargée de vérifier le bon fonctionnement des services de renseignement. D'ores et déjà, après que la Commission a tardé des mois à s'intéresser à cette affaire, le conseiller fédéral Christoph Blocher semble avoir les idées claires à ce propos: «Rien ne m'autorise à dire que les services de mon département ont agi au mépris de la législation de la Suisse», a-t-il fait savoir récemment.

    L'audition prochaine de Covassi apportera-t-elle de quoi faire changer d'avis le conseiller fédéral? Comme dans toute bonne histoire d'espionnage, il y aurait au centre de cette affaire des documents secrets. Covassi l'affirme: il viendra à Berne avec un enregistrement long de «5 heures et 38 minutes» qui recueillerait l'essentiel de ses accusations. Cet enregistrement serait sans appel: fruit de trois rencontres avec son «officier traitant», ce dernier raconterait tout. Oui, la mission consistait bien à «piéger» Hani Ramadan. Non, les services n'ont rien trouvé de probant contre le directeur du Centre islamique de Genève. Ne restait donc que l'ultime recours: lier artificiellement le centre islamique à des «djihadistes» partis faire le coup de feu en Irak, afin de précipiter la chute du directeur.

    Petit-fils du fondateur des Frères musulmans Hassan al-Banna, Hani Ramadan a été exclu de l'enseignement genevois, accusé d'avoir défendu dans un article du Monde les vertus dissuasives de la lapidation des hommes et des femmes adultères. Cet épisode l'a rendu presque aussi célèbre que son frère Tariq, dont des livres entiers s'emploient à démontrer qu'il abuserait du «double langage». Pour Hani Ramadan, au demeurant, le fait que des «infiltrés» s'intéressent à son centre n'est pas une surprise: «Nous avons toujours eu conscience de la présence d'agents, notamment étrangers. Mais cela ne fait que démontrer que notre centre n'a rien à cacher.»

    C'est le 11 décembre que Claude Covassi aurait informé Hani Ramadan de sa véritable identité et des agissements que son ou ses supérieurs du Service d'analyse et de prévention (SAP) tramaient contre lui. Pour quelle raison? Est-ce parce que, parti pour démanteler une organisation terroriste, Covassi se rend compte qu'il est manipulé? Est-ce, comme il le complète lui-même, parce que le discours de Hani Ramadan l'a «fait réfléchir» et que sa conversion à l'islam, d'abord programmée par le SAP, est progressivement devenue réelle? «L'islam a transformé ma vie», résume-t-il.

    Au final, des personnes qui ont côtoyé l'agent infiltré mettent cela sur le compte de «l'instabilité» dont cet homme aurait toujours fait preuve. Volontiers séducteur, de corpulence athlétique, cet adepte de boxe thaïe pendant trois lustres est aussi détenteur d'une licence universitaire en philosophie. Covassi a été condamné à diverses petites peines d'emprisonnement avec sursis, pour menaces, abus de cartes de crédit, escroquerie ou délit contre la loi sur les stupéfiants. Il y a deux mois encore, il était condamné à huit mois de prison pour le rôle qu'il a joué dans un trafic d'anabolisants, dont il est lui-même consommateur. Une décision de laquelle il a fait appel.

    Le jugement note la propension de cet homme «à se croire au-dessus des lois» et, déjà, son «caractère peu fiable». A son procès, il a participé d'un air toujours détaché, comme si l'affaire ne le concernait pas vraiment. Mais, à l'heure de collaborer avec la justice, il s'est montré plutôt de bonne composition. Une seule fois, le jour des plaidoiries, il est arrivé en retard, arguant qu'il avait été retenu pour des questions «liées aux services secrets»...

    Cet étrange profil avait convaincu la brigade des stupéfiants genevois d'avoir recours aux services de Covassi en 2003. Au départ simple informateur, il a joué par la suite un jeu plus important, qu'il qualifie lui-même d'«agent provocateur». Des actes qui vont bien au-delà d'un simple rôle passif et qui flirtent parfois avec l'illégalité. Des actes qui demandent un culot certain et qui ont fini par intéresser des responsables des services secrets. Cela tombe bien: Covassi en a assez de «faire coffrer des petits trafiquants et des requérants d'asile». Déployer ses talents dans le milieu du fondamentalisme islamique n'est pas pour lui déplaire.

    Certes, la brigade des stupéfiants assure qu'elle aurait émis un avis négatif sur son ancien collaborateur. Motif? Toujours le même: l'homme serait «peu fiable». Mais si cette mise en garde a été lancée, elle n'a pas été entendue: Covassi commence sa mission début 2005. Elle est baptisée Memphis.

    Cette mission conduit en Syrie le nouvel agent (qui n'est pas salarié du SAP, mais dont les frais sont remboursés, avec possibilité de «bonus»), afin d'identifier un présumé réseau salafiste. Mission accomplie, même si, en bout de voyage, aucun de ces «djihadistes» ne réussira à entrer en Irak.

    «A mon retour, mon officier traitant était obsédé par l'idée d'un réseau établi à Genève et par l'idée d'y impliquer Hani Ramadan», affirme Covassi. Une nouvelle opération aurait été alors planifiée pour suivre des volontaires au djihad en partance de Genève. Le plan? Recueillir des preuves écrites de ce voyage, puis les introduire dans le centre islamique dirigé par Ramadan.

    C'est alors que les doutes auraient commencé à assaillir Covassi. Il en parle une première fois à la presse et à Hani Ramadan lui-même. Mais aussi, dit-il, à des agents du Service de renseignement stratégique (SRS). Les voyages de Covassi au Proche-Orient l'ont amené à se rapprocher de cette autre branche des renseignements fédéraux: à l'inverse du SAP, en effet, ce service est chargé de recueillir des informations sur l'étranger.

    Commencerait dès lors (comme dans toute bonne histoire d'espionnage...) le chapitre «guerre des services». Le SAP, services intérieurs, est en froid avec Covassi. Le SRS, services extérieurs, s'en amuse, peut-être même s'en félicite-t-il. En tout cas, il ne fait rien pour éclaircir la situation. Mais ses nouveaux amis veulent être sûrs que Covassi ne porte pas de double casquette. On lui aurait demandé d'enregistrer ses adieux formels avec le SAP: cinq heures et 38 minutes d'enregistrements devenus explosifs......

  • #2
    continued.....

    .....Difficile à suivre? Surtout, difficile à croire? Aucune confirmation et aucun démenti officiel ne sont à attendre de la part des acteurs impliqués. Mais certaines conversations semblent permettre d'écarter la thèse d'une affabulation pure et simple: «Nous sommes plusieurs acteurs là-dedans, dit au Temps l'un d'eux. Chacun n'en connaît qu'un petit bout et il n'y a pas de cohérence globale. Si les politiques s'emparent de l'affaire, cela aura au moins le mérite de réorganiser certaines choses»...

    Une déclaration à mettre peut-être en relation avec celle-ci, de Covassi: «Je pense que la situation n'aurait pas si gravement dégénéré si nos différents services de renseignement collaboraient ne serait-ce qu'un minimum. En réalité, il m'a été donné d'observer qu'ils sont en continuelle rivalité, tentant même de se nuire les uns les autres.»

    Une certitude: le 15 février, Claude Covassi se fait agresser dans la rue par deux inconnus et il est admis aux urgences de l'Hôpital cantonal. La veille, dit-il, son appartement a été cambriolé. Covassi prend peur, d'autant qu'on lui fait comprendre qu'il ferait mieux de disparaître un moment.

    Pour Covassi, l'affaire est entendue: converti à l'islam, s'étant rendu en Syrie, au contact avec des groupes islamistes, il pourrait passer pour le parfait terroriste. Il s'enfuit à Las Palmas le 20 février. Son billet d'avion, affirme-t-il, a été payé par le SRS, qui lui aurait en outre donné 10 000 francs.

    Mais Las Palmas n'est pas encore assez loin. Passant par le Sénégal et la Mauritanie, Covassi finit au Caire où de précédentes missions, l'été dernier, lui ont permis de tisser une série de contacts. A-t-il depuis lors, comme il l'affirme, coupé toute communication avec les services de renseignement? Son dernier entretien remonterait au 29 avril dernier. Ce jour-là, il aurait «supplié» le SRS de le rapatrier en Suisse. «J'étais prêt à n'importe quoi, quitte à aller directement en prison, le temps que tout cela se calme un peu. Mais le SRS ne voulait rien entendre. Ils m'ont laissé tomber.» Du coup, Claude Covassi se met à table. Ou plus précisément, il abreuve des médias d'informations de toute sorte. Il balance le nom de ses contacts et leurs numéros de téléphone. Il joue le tout pour le tout.

    Apparaissent ainsi son nom véritable (il usait auparavant de pseudonymes), ainsi que des photos de lui en cavale. Le Blick dispose de tant d'informations qu'il consacre un site internet spécial à «l'espion de la mosquée» http://www.blick.ch/news/moschee-spion.

    D'autres révélations, encore: des arrestations se sont produites en Suisse, apparemment liées à une tentative d'attentat contre un avion israélien au départ de Genève. Covassi n'y a joué qu'un rôle modeste. Mais cela suffit pour qu'il apparaisse en héros dans la presse israélienne.

    «Je rechigne à donner des informations plus sensibles», explique Covassi. Il garde notamment pour les députés le fameux enregistrement. «Mon agent expose les raisons pour lesquelles il faut s'en prendre à Ramadan. Mais il donne aussi des informations fausses. Je ne veux pas qu'elles puissent être exploitées si elles sont rendues publiques.»

    Covassi dit-il la vérité? La suite de l'histoire se passera sans doute de manière beaucoup plus confidentielle. Mais une chose est sûre: le 17 mars dernier, un petit délinquant nommé Covassi était jugé dans une affaire d'anabolisants. Le 27 juin, c'est désormais un espion suisse connu dans la moitié de la planète qui, si l'appel est maintenu, comparaîtra devant la justice genevoise.

    Covassi, l'espion qui en disait trop


    Claude Covassi

    GENEVA — Along with banks and chocolates, this placid lakefront city has another claim to fame: It is full of spies.

    Claude Covassi, a broad-shouldered, gray-eyed martial arts expert, was one of them. He became an informant for Swiss intelligence in early 2004, converted to Islam and infiltrated fundamentalist circles here in his hometown. He followed the trail of holy warriors all the way to mosques in Syria where aspiring foreign "martyrs" are groomed for Iraq.

    But in February, the secret agent went explosively public. He revealed his mission to its prime target, a Muslim scholar here who has been periodically accused of extremism, and gave newspaper interviews accusing his handlers of trying to frame the cleric. Since then, Covassi has unleashed everything from confidential documents to details of clandestine operations.

    The former spy insists that he abandoned his masquerade because he found faith.

    "It is not great speeches that convinced me but the force of prayer and understanding of the Qur'an," Covassi, 36, said in a recent interview by e-mail from his refuge in Egypt. "Islam transformed my existence."

    But Swiss anti-terrorism officials reject his allegations and accuse him of a personal vendetta. It's unclear who was manipulating whom.

    Covassi's story gives a rare street-level view of the fight against Islamic extremism. All across Europe's Muslim communities, security forces conduct aggressive surveillance of mosques, prayer halls, bookstores, butcher shops, Internet cafes and other outposts where legal fundamentalist activity converges with terrorism.

    The case of the turncoat informant also reveals the risks involved for spy agencies — and for a scruffy legion of secret soldiers on the front lines.....

    Continue reading..... Swiss spy in a war of words

    4-page article

    Comment


    • #3
      Tres Interessant ! il va falloir que je lise ça quand j ai plus de temps pour comprendre tous les details , ça a l air d etre explosif !
      Friendship

      [60:8] GOD does not enjoin you from befriending those who do not fight you because of religion, and do not evict you from your homes. You may befriend them and be equitable towards them. GOD loves the equitable.

      [60:9] GOD enjoins you only from befriending those who fight you because of religion, evict you from your homes, and band together with others to banish you. You shall not befriend them. Those who befriend them are the transgressors

      Comment

      Unconfigured Ad Widget

      Collapse
      Working...
      X