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Les armées arabes face ?* la révolte des populations

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  • Les armées arabes face * la révolte des populations


    Dimanche 20 Mars 2011 -- Les révoltes arabes confirment deux choses que l’on savait déj?* mais la stabilité précaire des états arabes ne permettait pas d’en mesurer l’ampleur. Elles confirment que la sécurité nationale dans le monde arabe se résume ?* celle du régime en place, ?* celle de la famille régnante pour les monarchies et ?* celle de la minorité stratégique pour les républiques. L’absence de notion de sécurité nationale montre ?* quel point des dirigeants sont disposés ?* sacrifier l’Etat au profit du régime. Cette confusion, créée et entretenue, entre Etat et régime fait que les dirigeants élèvent toutes manifestations ou émeutes au rang de menace stratégique ?* leur survie. Et puisque le dirigeant arabe est ?* la fois prince et imam, il met en garde contre la fitna. Curieusement, la fitna est accolée seulement ?* ceux qui s’opposent au statu quo. Le discours religieux est ainsi mobilisé pour délégitimer la révolte et la région sombre dans des guerres de fetwa et contre-fetwa, comme ce fut le cas lors de précédentes crises régionales (guerres du Golfe et invasion de l’Irak).

    Les révoltes confirment aussi que la fonction de l’armée dans ces pays et peu conventionnelle. Logiquement, la mission assignée ?* toute armée est d’agir contre l’ennemi extérieur, celui qui menace la sécurité nationale. Mais puisque celle-ci est réduite ?* celle des gouvernants, il est logique que l’armée vienne ?* leur secours. Et même lorsque des armées arabes sont engagées dans des dispositifs de défense commune, on leur assigne une fonction policière pour la protection des régimes. Le cas de l’intervention des forces du Conseil de Coopération du Golfe ?* Bahreïn témoigne de cette dérive historique des armées arabes qui perdent face ?* l’ennemi (extérieur) et s’enlisent dans des répressions locales. Voil?* qu’une force commune destinée, théoriquement, ?* protéger les émirats contre des menaces régionales de grande ampleur se voit confiée une mission de répression de manifestants. L’appareil répressif national peut désormais compter sur un appareil répressif régional. De plus, pourquoi dépenser autant d’argent pour acquérir des armements sophistiqués si la finalité est leur utilisation dans la répression localement. Le cas de la Libye est ?* cet égard lourd de sens et de conséquences. Kadhafi emploie des armements lourds et des moyens aériens selon des schémas de guerres interétatiques pour finir ?* bout de manifestants, devenus, par la force des choses, des insurgés. Des rebelles. L’attitude des armées tunisienne et égyptienne restera-t-elle l’exception qui confirme la règle ?

    Au plan régional interarabe, le précédent bahreïni est de mauvais augure. Imaginons en effet un instant la nature des relations entre un «nouveau» Bahreïn et l’Arabie Saoudite. Ce qui se jeu ?* Manama n’est donc pas seulement l’avenir du régime en place mais aussi la nature des relations entre les monarchies du Golfe. Animée par la logique de la sécurité du régime, l’Arabie Saoudite risque d’ouvrir la boite de Pandore dans la région qui finira par avoir le contraire de l’effet initialement escompté. Les deux cas libyen et bahreïni montrent ?* quel point l’espace arabe demeure une zone d’intervention – interne et externe – par excellence. En Libye on veut intervenir pour sauver la population contre le régime (opération internationale de maintien de l’ordre), et ?* Bahreïn on est intervenu pour sauver le régime contre la population (opération interarabe de maintien de l’ordre). Or, dans les deux cas, toute proportion gardée, il s’agit d’aspirations ?* la liberté et ?* la démocratie. Certes, le régime libyen est-allé nettement plus loin que le régime bahreïni, mais au fond c’est une différence de degré et non de nature.

  • #2
    Abdennour Benantar :


    Mardi 22 Mars 2011 -- L’exigence éthique impose que l’on apporte son soutien ?* tous ceux qui, en luttant contre l’autoritarisme, aspirent ?* la liberté et ?* la démocratie. Toutefois, cette exigence éthique pose un problème politique majeur : un État qui ne se soucie guère de l’éthique ?* domicile ne peut la prendre en compte lorsqu’il s’agit de l’autre, immédiat ou lointain. De plus, si un État affiche son soutien ?* des mouvements de révoltes, il invite de ce fait son propre peuple ?* se soulever, ?* faire de même. C’est pourquoi, on ne peut pas s’attendre ?* ce que le régime yéménite, par exemple, secoué par un soulèvement populaire, soutienne les revendications démocratiques ailleurs.

    Logiquement, tous les États arabes ne peuvent apporter leur soutien ?* des mouvements de révoltes démocratiques dans la région car s’ils le font, ils doivent assumer les conséquences et accepter de subir l’effet domino. En somme, on ne peut pas interdire les manifestations et fustiger les manifestants ?* domicile et soutenir la revendication démocratique chez le(s) voisin(s). On ne peut pas non plus faire prévaloir des spécificités nationales pour se convaincre de la non‑validité de l’hypothèse – avérée – de la contagion régionale. Cette politique de deux poids, deux mesures – réprimer ?* l’intérieur et soutenir ?* l’extérieur – (contrairement aux démocraties occidentales, démocrates ?* l’intérieur mais qui soutiennent des forces anti‑démocratiques ?* l’extérieur) n’est pas tenable en raison de la contagion régionale, même si nombreux sont les États arabes qui se livrent ?* ce grand écart.

    Pour mieux cerner les attitudes de ces États, on peut proposer une typologie en trois catégories. La première catégorie est représentée par l’Arabie Saoudite dont le régime intervient ?* Bahreïn pour sauver le régime local et met en garde, voire menace, les Saoudiens contre toute aventure démocratique dans les rues (intolérance ?* l’intérieur). L’attitude du Qatar s’inscrit plus au moins dans la même démarche, un verrouillage interne et un interventionnisme ?* l’extérieur (participation symbolique ?* l’intervention en internationale en Libye). Certains États soutiennent la résolution du Conseil de sécurité et participent ?* l’opération contre la Libye pour lui fournir une légitimité arabe mais surtout pour se faire oublier. Leur situation ressemble bien ?* celle de régimes africains issus de coups d’État que l’on a chargé de chasser des putschistes du pouvoir de certains pays africains !

    La seconde est représentée par l’Algérie et la Syrie, intolérantes ?* l’intérieur et qui refusent toute intervention étrangère dans les affaires des États arabes. Cette catégorie se caractérise par sa position minoritaire, par le poids de ses deux acteurs et par l’absence de monarchies. Enfin, la troisième catégorie est celle des États qui sont tous intolérants ?* l’intérieur et qui refusent l’intervention étrangère mais ont tout de même voté la résolution de la Ligue arabe pour l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au‑dessus de la Libye et soutiennent donc celle du Conseil de sécurité (avec ses conséquences sur le terrain). Le principal dénominateur commun entre tous ces États, toutes catégories confondues, est l’intolérance vis‑?*‑vis de la revendication démocratique.

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    • #3

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                  • #10

                    Mercredi 13 Avril 2011 -- Les révoltes démocratiques dans le monde arabe posent la question de la raison d’être des armées arabes, de ce qu’elles représentent réellement et de l’utilité de leurs budgets. On peut dire que ces armées n’ont pas brillé dans les guerres qu’elles ont menées. Aucune armée arabe n’a remporté une guerre dans un conflit régional. La guerre Irak-Iran s’est terminée sans vainqueur ni vaincu. L’armée yéménite n’a pas pu résister, fin 1995, ?* l’armée du tout jeune État de l’Érythrée envahissant, ?* la surprise générale, les îles yéménites de Hanish. Dans les conflits régionaux, seul un acteur infra‑étatique, en l’occurrence le Hezbollah, a malmené l’armée israélienne. Mais force est de reconnaître qu’aucune armée arabe régulière ne peut remporter une guerre contre Israël en raison de son alliance stratégique avec les États‑Unis : toute défaite d’Israël est exclue, c’est en substance l’engagement américain (et occidental) ?* l’égard de la sécurité d’Israël.

                    Nombreux sont les États arabes, ceux du Golfe tout particulièrement, qui ont des armées dotées d’armements ultramodernes. Mais lorsque l’heure de vérité sonne (guerre du Golfe par exemple), c’est le parapluie américain qui les protège d’où l’interrogation sur leur raison d’être et sur leurs budgets pharamineux. Puisque ces États sont protégés par le parapluie militaire des États‑Unis et abritent leurs bases militaires pourquoi dépensent‑ils autant d’argent pour des armées qui ne servent pas ? En fait, la mission réelle qui est leur est assignée est la protection des régimes en place et non celle des États. C’est donc une sorte de corps de police qui a pour nom armée. Mais cela n’explique pas pourquoi elles sont autant équipées, car la répression de la population locale n’a pas besoin d’armements sophistiqués, même si le cas du régime libyen semble indiquer le contraire, mais est‑ce une exception qui confirme la règle ?

                    En réalité, cela peut s’expliquer par deux raisons. D’abord, une armée bien équipée est une question de prestige et, théoriquement, de dissuasion. On joue aussi sur les perceptions des autres indépendamment de la réalité de la préparation des forces et de leurs capacités d’action et de réaction. Ensuite, un certain nombre de contrats d’achats d’armements relèvent plus de contrats de complaisance, pour aider des amis au pouvoir en Occident notamment, que pour répondre ?* des besoins réels au plan opérationnel. Quant aux autres pays, ils peuvent être classés en deux catégories. La première est celles d’États ayant une alliance stratégique avec les États‑Unis mais qui s’arment tout de même et construisent de réelles forces armées. C’est le cas tout particulièrement du Maroc et de l’Égypte dont chacun ?* ses propres considérations sécuritaires et perceptions de la menace. L’armement du Maroc est déterminé par le conflit du Sahara occidental et par la relation avec l’Algérie. Quant ?* l’Égypte, elle a une conception stratégique véritablement régionale : elle regarde notamment l’Iran, et de moins en moins Israël et la Turquie. Mais l’Égypte n’a pas les moyens de sa politique, d’où son recul sur la scène régionale.

                    La seconde catégorie est celle d’États n’ayant pas d’alliance stratégique avec les puissances étrangères et qui poursuivent une politique de sécurité nationale indépendante des parapluies étrangers et une politique d’armement soutenu. C’est le cas notamment de la Syrie, de l’Algérie et de la Libye (après la levée de l’embargo et avant la révolte). L’armement de l’Algérie est aussi lié ?* la relation avec le Maroc et celui de la Syrie aux relations avec Israël et la Turquie. Toutefois, ces facteurs régionaux, arabes et moyen‑orientaux, n’expliquent pas tout. Ils peuvent même se révéler être l’arbre qui cache la forêt. À partir du moment où ces armées ne peuvent remporter de guerres au plan régional, elles deviennent de facto un fardeau économique (budget militaire colossal) et politique (outil de répression en cas de révoltes).

                    Faibles face ?* l’ennemi extérieur, ces armées devaient logiquement se révéler fortes, ou du moins ?* la hauteur, pour réprimer des révoltes internes. Or, beaucoup d’entre elles ont montré leur incapacité ?* agir sur le cours des événements. À Bahreïn, c’est aux forces étrangères, saoudiennes en particulier, qu’on a fait appel pour réprimer la révolte populaire. Dans les autres pays, pour faire face aux révoltes, soit l’armée soit prend ses distances par rapport aux présidents précipitant leur chute (Tunisie), soit elle implose (Libye et plus au moins Yémen), même si en Libye il est difficile de parler réellement d’une armée.

                    L’état de déliquescence des armées arabes, révélée par les révoltes actuelles, explique en partie, l’absence de coups d’État dans le monde arabe ces dernières années : aucune armée n’est intervenue pour rectifier la trajectoire autoritaire du régime. Cela invalide aussi des analyses sur la puissance des armées et l’importance de leur arsenal. Des analyses destinées ?* amplifier la menace de ces armées pour justifier l’intervention étrangère (Irak) ou tout simplement ?* les empêcher de s’armer… Mais tout est relatif car même avec cette déliquescence, ces armées demeurent un acteur majeur de ces crises : de par leur positionnement vis‑?*‑vis des révoltes, elles scellent le sort des dirigeants (Ben Ali en Tunisie), elles leur permettent une sortie plus au moins acceptable (Moubarak en Égypte) ou elles leur permettent de gagner du temps (Ali Saleh au Yémen).

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                    • #11

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                        • #13

                          هال آل سعود وحلفاءهم في إسرائيل ما حدث. بنيان نظام الطغيان العربي، الذي تقوده السعوديّة، بدأ بالتهاوي. غضب الملك السعودي من عدم التحرّك الأميركي لإنقاذ مبارك. لم ينتهِ التفجّع السعودي والإسرائيلي على سقوط مبارك. قرّر الحكم السعودي الإمساك بنظام الطغيان العربي الرسمي خشية المزيد من التضعضع. أطلقت السعوديّة العنان لعقيدة الكراهية والطائفيّة والمذهبيّة ــ وهي عقيدة دينيّة ــ سياسيّة رسميّة للمملكة. الديموقراطيّة تتناقض مع السيطرة السعوديّة على العالم العربي ــ وهي تتناقض مع الوجود الصهيوني على أرضنا

                          لم تتطرّق الصحافة العربيّة السائدة إلى الخلاف الحادّ الذي نشب بين الملك السعودي وإخوته، وبين إدارة أوباما بعد سقوط مبارك. هال آل سعود ما بدر عن الحكومة الأميركيّة نحو حسني مبارك. ليس أنّ إدارة أوباما دعمت مبارك إلى اللحظة الأخيرة، وإن أرادتنا اليوم أن ننسى ما فعلته للتمسّك بنظام مبارك للحفاظ على اتفاق السلام المُشين مع إسرائيل. لكن الملك السعودي ونتنياهو (لا نعلم إذا كانت اتصالاتهما اليوميّة مع أوباما مُشتركة، وهذا جائز بناءً على الغزل الإسرائيلي ـــــ السعودي المُستمرّ) كانا يحثّان أوباما على تبنّي خيار القوّة العسكريّة غير المحدودة، للحفاظ على نظام مبارك.

                          تردّد أوباما: أراد أن يدعم صديق إسرائيل، لكنّه تلقّى مشورة خبراء حوله عن بطلان جدوى القوّة بوجه ملايين مصر. مثلما توصّلت أميركا إلى اقتناع بأنّ الشاه لا يستطيع أن يبقى في السلطة بواسطة القوّة، توصّلت إلى اقتناع بأن الغضب المصري العارم لا يُباد بالقوّة.

                          عندها، حزم النظام السعودي أمره. هذا النظام القمعي والمُتزمِّت (الذي لم يسمح لنفسه عبر السنوات إلا القيام بدور الوكيل الذيلي بالنيابة عن أميركا، إن في اليمن أو الصومال أو أنغولا أو جنوب أفريقيا أو نيكاراغوا أو لبنان أو سوريا أو فلسطين أو أفغانستان أو فرنسا أو إيطاليا) وجد ضرورة ماسّة للتحرّك من دون مشورة واشنطن، أو حتى من دون الحصول على إذنها، أو موافقتها الكاملة المُسبقة. رأى آل سعود أنّ خطراً داهماً يهدّد نظام الطغيان العربي الذي رعته السعوديّة (وأميركا) منذ وفاة جمال عبد الناصر. شكّل سقوط مبارك ضربة قاسية للنفوذ السعودي في العالم العربي، خصوصاً أنّه أوكلت إليه مهمّة خدمة إسرائيل وقضاياها، بالإضافة إلى الإسهام في الفتنة المذهبيّة السعوديّة المنبت، التي أسهم فيها حتى وزير خارجيّة مبارك، أحمد أبو الغيط (كان ضيفاً شبه يومي على محطة «العربيّة»، حيث برعت رندة أبو العزم في تلميع صورة النظام المصري، وإن تصنّعت المهنيّة والجديّة). كما أنّ مبارك كان ضابط الإيقاع في جامعة الطغاة العربيّة، حيث أفنى عمرو موسى سنوات في الخدمة والطاعة.

                          اهتزت صورة راعي الطغاة العرب الأميركي ـــــ في أعين الطغاة أنفسهم، كما اهتزت من قبل عندما سقط الشاه. الحلف السعودي خاف أن يخذله الراعي الأميركي في ساعات الشدّة، وأن يحرمه لذّة قتل الآلاف ومئات الآلاف، إذا ما تهدّد النظام. ضرب النظام السعودي عرض الحائط بكلّ الضوابط اللفظيّة (وتصنّع الحياد والكلام المُجترّ عن كون «المملكة على مسافة واحدة من جميع الأطراف»، فيما هي في الحقيقة لا تترك صراعاً إلا تدخل فيه مُموِّلة ومُسلِّحة لطرفٍ ضدّ آخر ـــــ وها هو سفير الفتنة السابق، عبد العزيز الخوجة، في «ويكيليكس» يحثّ على تسليح 14 آذار ويتحدّث عن «شر» حزب الله). الحكم السعودي خاف على نطاق هيمنته، في المملكة وخارجها، وللمرّة الأولى قرّر أنّه لا يثق بواشنطن للدفاع عن مصالحها ومصالحه. وقد وجد في تحليله خير معين ومُتفهّم في إسرائيل ـــــ وهي أيضاً لم تكن راضية عن عدم دعم أميركا لخيار القوّة العسكريّة المفرطة ضد ميدان التحرير، وكان صهاينة الكونغرس صريحين (وصريحات حتى لا ننسى إيلينا روس ليتنن، وهي من أكثر كارهي العرب والإسلام تعصّباً في أميركا، وإن كانت تحبّ آل الحريري حبّاً جمّاً) في تناديهم للمحافظة على نظام حسني مبارك بأي ثمن، مهما كان باهظاً. إن التفجّع السعودي ـــــ الإسرائيلي المشترك يُفسِّر الزيادة في الحميميّة بين الدولتيْن. قرّرت السعوديّة أن تضرب وحدها في كلّ الدول المعنيّة وأن تشنّ هجوماً لإجهاض الثورات العربيّة المُستمرّة.

                          أوّلاً، قرّرت السعوديّة أن تضع جانباً كل الخلافات (المُستحكمة) بين دول مجلس التعامل الخليجي وأن تتصالح مع قطر (أو أن تتقدّم في المصالحة الباردة مع قطر). أرادت السعوديّة أن ترصّ صفوف المجلس، وأن تتجنّب خطر الجزيرة الذي قضّ مضاجع الأمير نايف (الحاكم الفعلي في السعوديّة). حوّلت السعوديّة دول مجلس التعاون إلى حلف حديدي لا يقبل الانشقاق أو الخلاف: أصبح الإجماع فيه واجباً. والحلف الخليجي يقوم على معارضة الديموقراطيّة (أذكر أنّ أمير قطر ذكر لي في الصيف الماضي أنّه يرفض أن يتقدّم التطوّر السياسي في قطر على ما هو عليه في دول الخليج). أيّ أنّ أعضاء المجلس الذين تناحروا قبل إنشاء المجلس وبعده، قرّروا أن يتوافقوا على أمر استراتيجي: مناهضة الديموقراطيّة في الخليج والانضواء تحت عباءة القيادة السعوديّة.

                          ثانياً، قرّرت السعوديّة تشديد العمل من أجل تأجيج الصراعات والفتنة المذهبيّة في تلك الدول العربيّة التي لا تدور في فلكها. لذلك قرّرت محاربة القذّافي بشتّى الوسائل وعقابه على معارضته السابقة للسعوديّة، وتبنّت (بالاتفاق مع حلف شمالي الأطلسي الذي يُدعى إلى اجتماعات تعنى بتحديد المستقبل الليبي) المجلس الانتقالي الليبي الذي يتزعمه من خدم القذّافي سابقاً مصطفى عبد الجليل، واكتشف قبل أسابيع أنّ قائده طاغية ـــــ هو راسخ في القانون والعدل، يقولون. كما أنّ قرار الحرب الأطلسيّة على ليبيا حظي بمباركة جامعة الطغاة العرب بأمر من السعوديّة. السعوديّة قرّرت أنّ القوّة ضروريّة لإسقاط خصومها وللحفاظ على أعوانِها المخلصين. وفي هذا الصدد، أطلقت السعوديّة خيار استخدام أدواتها في المعارضة السوريّة ضد النظام (وكان الإعلام السعودي واضحاً في مراميه مع أنّ الإعلام السوري لم يتوقّف عن اتهام «جهات خارجيّة» غير محدّدة، خشية أن يوجّه أصابع الاتهام إلى السعوديّة، فاكتفى باتهام جمال الجرّاح، وكأنّ الأخير يتحرّك من دون أمر عمليّات سعودي). طبعاً، لا يعني هذا أبداً أنّ كلّ تحرّكات المعارضة والاحتجاج في سوريا كانت بإيعاز سعودي، لكن هناك عناصر عملت لخدمة مصالح المملكة، كما لهم عملاء ووكلاء في كلّ الدول العربيّة.

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                          • #14
                            continued.....

                            السعوديّة، بعدما خسرت مصر وتونس، أرادت أن تعيد تشكيل منظومة الطغيان العربيّة (ما تسمّيه كتلة الحريري «العروبة») من أجل:

                            1) احتواء أو السيطرة على الأنظمة العربيّة الجديدة من خلال التعامل مع القوّات المسلّحة ومن خلال التحضير للسيطرة على نتائج الانتخابات الديموقراطيّة. 2) تقويض تلك الأنظمة التي لا تتماشى بالكامل مع المصلحة السعوديّة ولا تخوض غمار الصراع العربي الجديد ضد إيران (بعد نعي الصراع ضد إسرائيل في مشروع السلام العربي المُذلّ، الذي وافقت عليه الدول العربيّة جمعاء). 3) مباشرة حروب سريّة ضد حركات مقاومة إسرائيل في المنطقة العربيّة. 4) تسريع وتيرة التحريض المذهبي. 5) الارتقاء بالعلاقة مع إسرائيل إلى مستوى استراتيجي.

                            ثالثاً، رفع وتيرة المواجهة مع إيران، وخصوصاً بعد توصّل السعوديّة إلى الحقيقة المؤلمة ـــــ لهم ـــــ أنّ لا إسرائيل ولا أميركا في وارد شن حرب على إيران. هذا يُفسّر مثلاً خطاب سعد الحريري ضد إيران (والحريري هذا يتلقّى أوامره وشعاراته من مكتب الأمير مقرن ـــــ تذكر وثيقة واحدة من «ويكيليكس» أنّ السنيورة في لقاء واحد مع مسؤول أميركي قطع اجتماعه ليتلقّى اتصاليْن، أحدهما من مقرن والآخر من بندر، كما أنّ السفير الخوجة يذكر أنّ الحريري هذا يردّ على أوامر الملك السعودي بالقول: «حاضر سيّدي»). أرادت السعوديّة أن تصيب هدفيْن في آن واحد: أن تسعّر المواجهة المذهبيّة وأن تقصي كلّ الشيعة في العالم العربي عن دولهم وعروبتهم، وتصويرهم كدخلاء على طريقة العقيدة النازيّة ضد اليهود، وأن تخدم مصالح إسرائيل من حيث رفض أيّ تأييد للقضيّة الفلسطينيّة وتصويره على أنّه سياسة محض إيرانيّة، وأنّ لا مصلحة عربيّة فيها. هاكم نصير الأسعد (الذي أحرج اليسار عندما كان يساريّاً، ويحرج اليمين في يمينيّته) يقول في موقع «ناو (وإلى الأبد) حريري»: «في الوقت نفسه، فإنّ عدم حضور عنوان القضية الفلسطينيّة والصراع مع إسرائيل، يعني أنّ الثورات العربيّة تتواصل خارج التأثّر بأحد جوانب الأيديولوجيا الإيرانيّة». يفتي مسؤول التثقيف في تيّار الأمير مقرن أنّ مناصرة القضيّة الفلسطينيّة أصبحت أيديولوجيا إيرانيّة فقط. أيّ أنّ السعوديّة لم تقرّر مواجهة إيران وحلفائها فقط، بل قرّرت أيضاً مواجهة كلّ أعداء إسرائيل في المنطقة العربيّة. ولو عاد الحزب الشيوعي إلى مقاومة إسرائيل وشن عمليّات ضدّها، لصوّر الإعلام السعودي (والحريري الذيلي) موقف الحزب بأنّه يتبع موقف الوليّ الفقيه.

                            رابعاً، قرّرت السعوديّة احتواء عمليّات التغيير أنّى تحدث. وهي اليوم ناشطة في مصر. وكما سارعت أميركا إلى الإعلان الصفيق عن رصد أكثر من 150 مليون دولار من أجل دعم أحزاب «مُناسبة» للسياسة الأميركيّة واتفاق السلام مع إسرائيل في الانتخابات النيابيّة المُقبلة، فإنّ السعوديّة تكثّف زياراتها وتعاطيها مع المجلس العسكري المُعيّن (في كلّ أعضائه) من الطاغية مبارك نفسه. وسعود الفيصل زائر مُتكرّر في المجلس العسكري، كما أنّ أموال الأمير مقرن التي ابتاعت الانتخابات النيابيّة الأخيرة في لبنان لعيون إسرائيل (لم يلحظ زياد بارود ولا «اللجنة الوطنيّة لنزاهة الأمير مقرن في لبنان» الكمّ المالي السعودي ولا تدخّلات البطريرك العروبي ـــــ ليوم واحد) ستكون جاهزة لشراء موالين للسياسة السعوديّة ولاتفاق السلام بين مصر وإسرائيل. وقد تنبّه الصحافي المصري الشجاع عبد الحليم قنديل (الذي لم يهادن، هو وقلّة من الشجعان مثل حسام حملاوي ومنى عشماوي وحمدي قنديل، يوماً نظام حسني مبارك)، لموقف الحكم السعودي الجائر (الذي يحرص عليه الديموقراطي اللبناني، فؤاد السنيورة، شديد الحرص) ضد الثورة الديموقراطيّة ـــــ غير المنتهية في مصر ـــــ فقال في ندوة في القاهرة: «إنّ من كان يتوهم أنّه يمكن المصريين القيام بثورة ديموقراطية دون الصدام مع أميركا وإسرائيل والمرجعية العربية متمثلة في السعودية، قد سقط عنه هذا الوهم».

                            يخشى النظام السعودي أن تتحوّل مصر إلى مركز ثقل عربي مستقل، على غرار ما كانت عليه أيّام جمال عبد الناصر الذي قضّ مضاجع كلّ أمراء آل سعود، باستثناء الذين انشقّوا عن الحكم (مثل الأميريْن بدر وطلال اللذين عوقبا بعد عودتهما إلى السعوديّة عبر حرمان مجلس العائلة إيّاهما إلى الأبد من المناصب الوزاريّة). مثلما تمنع الإمبراطوريّة الأميركيّة بروز مركز قوى عظمى مُنافس، تريد السعوديّة أن تمنع بروز مركز قوّة إقليمي منافس لها (خارج إسرائيل الحليفة).

                            خامساً، تعمد السعوديّة إلى الاستحواذ على تنظيم الإخوان المسلمين في كلّ أنحاء العالم العربي لسدّ الفراغ الرجعي في الانتخابات النيابيّة بعد سقوط أنظمة موالية للسعوديّة. وكم هو سهل شراء الإخوان: يكفي أن تنظر إلى حالة الفرع اللبناني للتنظيم، لترى كيف تحوّلت «الجماعة الإسلاميّة» من تنظيم يرفع شعارات مقاومة إسرائيل إلى تنظيم متحالف مع أعوان إسرائيل عبر العقود، وكلّ ذلك بفضل المال الحريري ـــــ السعودي. والانتهازيّة السياسيّة سمة تاريخيّة لتنظيم الإخوان: هؤلاء الذين تركوا مصر ولجأوا إلى أكثر الدول العربيّة رجعيّة، وخدموا سياساتها الموالية لأميركا وإسرائيل أثناء الحرب الباردة. وقد بدأت الأنباء تتسرّب عن صفقات سياسيّة بين الإخوان وعمر سليمان أثناء عهد مبارك، بالرغم من التنكيل الذي تعرّض له الإخوان. كما أنّه من اللافت أنّ التنظيم الذي أقام الدنيا ولم يقعدها ضد نظام عبد الناصر، بقي مهادناً لنظام حسني مبارك طيلة حكمه.

                            والإخوان سيقومون بدور الأداة المطيعة على الأرجح في السياسة العربيّة: في البلدان المُحرّرة وفي البلدان الرازحة تحت نير الطغيان العربي. ويوسف القرضاوي سيتقرّب من مصلحة آل سعود أكثر، بعد وضوح ووثوق التحالف السعودي ـــــ القطري، وخصوصاً أنّ القرضاوي الذي لا ينفكّ عن التصريح والإفتاء لم ينبس ببنت شفة ضد أنظمة النفط، ولا حتى عندما تعرّض للإذلال والترحيل من حكومة الإمارات. والتحريض الطائفي للقرضاوي ينسجم تماماً مع الوهّابيّة السعوديّة، وخصوصاً في تحريضها المُستعر بعد اجتياح البحرين. وكعادتهم تاريخيّاً، يسهل الاستعانة بالإخوان من جهات رجعيّة (النظام الأردني ونظام السادات) لضرب حركات اليسار والمقاومة والليبراليّة (ليس هناك من دلائل على تجذّر الفكر الليبرالي في المجتمعات العربيّة الحرّة ربّما لأنّ الليبراليّة العربيّة تحوّلت منذ اندلاع الحرب العربيّة الباردة إلى أداة بيد السعوديّة الوهّابيّة، كما أنّ لها سمعة تستحقّها من مهادنة إسرائيل والمناداة بالتطبيع معها ـــــ يكفي أنّ مروان المعشّر أصبح ناطقاً شبه رسمي في الغرب باسم تلك الليبراليّة). ستتعاون أميركا مع السعوديّة ومع إسرائيل من أجل قولبة نتائج الانتخابات النيابيّة في أيّ بلد عربي على هوى أميركا وإسرائيل. هذه هي قصّة الانتخابات النيابيّة الأخيرة في لبنان، وقد أصبح مفهوماً كيف أنّ السنيورة شكر رسميّاً في واحدة من وثائق «ويكيليكس» دايفيد بتريوس على مساعدته «الأمنيّة» التي كانت أساسيّة في إنجاح فريق 14 آذار ـــــ العروبي طبعاً.

                            سادساً، ستصرّ السعوديّة على تجاهل الموقف الأميركي (المُتردِّد أحياناً بسبب تضارب التحليلات بين الديموقراطيّين والجمهوريّين وبسبب الانشغال الكلّي بملفّات العراق وأفغانستان و... معركة التجديد لأوباما) إزاء تهديدات تواجهها الأنظمة المُوالية لأميركا (وللسعوديّة وإسرائيل أيضاً، إذ إنّ كل دول التعامل الخليجي أقامت علاقات متشعّبة مع إسرائيل بدأت بالاستخبارات ولم تنته بالتجارة) كي تفعل المستحيل للحفاظ على الأنظمة. لا حدود للقمع ولاستعمال القوّة ورفع الشعارات. كانت القوّات السعوديّة تجتاح البحرين الخاضعة لحكم ديكتاتوري أقلّوي، فيما كان الإعلام السعودي يندّد بالتدخّل الإيراني وحتى العربي (حزب الله) في شؤون البحرين. أصبح للعروبة معنى آخر (تعبّر عنه بيانات كتلة المستقبل وحتى كتلة «القوّات اللبنانيّة»): تعني الطاعة العمياء لآل سعود، وقياساً بذلك يصبح كلّ أعوان إسرائيل وحلفائها في عدوان تمّوز على لبنان من عتاة العروبة (الحضاريّة، كما يسمّيها فؤاد السنيورة).

                            إنّ الموقف السعودي في البحرين لم يفاجئ أميركا، كما زعمت الأخيرة. اعترف بعض المسؤولين الأميركيّين الذين ناقض واحدهم الآخر في الإعلام هنا، بأنّ السعوديّة أبلغت أميركا نيّتها اجتياح البحرين قبل نحو يومين من تحريّك القوّات. طبعاً، هذا السلوك جديد في تاريخ العلاقات السعوديّة ـــــ الأميركيّة وينمّ عن نيّة تمرّد أقلقت واشنطن بعض الشيء، لا لشك بنوايا السعوديّة المُتماشية مع النوايا الصهيونيّة في المنطقة العربيّة، بل لشك أميركي قوي في قدرة السعوديّة على إدارة شؤون المنطقة بمهارة. تركت حرب اليمن الأخيرة طعماً مراً في الفم الإمبريالي: لم يؤدِّ إشراف الأمير خالد بن سلطان (راعي الليبراليّين العرب الزائفين) على الحرب السعوديّة على الحوثيّين إلا إلى مزيد من الهزائم والإذلال علي أيدي قوّات لا تتمّتع بمعدّات حديثة. شاهد الأميركيّون، مثل غيرهم، صور الجنود السعوديّين يفرّون مذعورين بوجه النار الحوثيّة على موقع «يوتيوب». كما أنّ سيرة خالد بن سلطان التي كتبها باتريك سيل، وهي غير السيرة التي كتبها عن حافظ الأسد وأخرى عن رياض الصلح، دخلت في باب الفكر الكوميدي.

                            هذا لا يعني أنّ السعوديّة ستدير ظهرها لراعيها الأميركي الذي يقبل منها ما تريد من الوحشيّة ضد مواطنيها للبقاء في الحكم (يعمد الصهاينة، مثل إليوت أبرامز، إلى الانبراء للدفاع عن أنظمة الخليج هذه الأيّام، وللتمييز بين الطغيان الخليجي والطغيان العربي غير الخليجي، كما فعل الكاتب في «واشنطن بوست»، ديفيد إغناطيوس). وهؤلاء إما ينسون أو يتجاهلون ـــــ لا فرق ـــــ تاريخاً من الوحشيّة لدى تلك الأنظمة ضد مواطنيها. هل نسي هؤلاء حرب السلطان قابوس على الجبهة الشعبيّة لتحرير عمان، أو القمع الوحشي لمُضربين ومُحتجّين في السعوديّة في الخمسينيات والستينيات وما بعد، أو تاريخ القمع في البحرين ضد حركات يساريّة وقوميّة قبل أن تولد الجمهوريّة الإسلاميّة في إيران؟ يجب العودة حالاً إلى الكتاب المرجع، «الجزيرة العربيّة من دون سلاطين» للخبير الراحل، فريد هاليداي، وقد صدر في طبعة إنكليزيّة جديدة. لكن السعوديّة قد تتشجّع مع حليفتها إسرائيل للقيام بأعمال سريّة (إرهابيّة) من وراء ظهر أميركا لضرب أهداف مُعادية للحليفيْن (حزب الله وحماس وأهداف إيرانيّة).
                            سابعاً، ستركّز السعوديّة على حزب الله للنيل من سمعته (ولكسب رضى الكونغرس وإسرائيل على حدّ سواء). ويبدو أنّ الحزب وقادته لا يدركون مدى نجاح التبعئة المذهبيّة التي مارستها السعوديّة على مرّ السنوات في العالم العربي ـــــ لا في لبنان فقط. إنّ الهتاف ضد حزب الله في بعض التظاهرات السوريّة (مقروناً بهتافات طائفيّة على وزن «بدنا سنّي يخاف الله») يحمل بصمات وهابيّة (طبعاً، لا يمكن وصم كلّ المعارضة السوريّة بالصبغة الطائفيّة أو المذهبيّة).

                            كم كان سهلاً على أعدائنا الصهاينة في الغرب إصدار الأحكام القاطعة عن العرب وعن رفض المسلمين والمسلمات للديموقراطيّة. ما عادت الحيلة تنطلي. شهدنا كيف تُقاوَم الثورات الديموقراطيّة الحقّة في العالم العربي، وكيف يهرع الغرب لإجهاضها. كانت أحزاب اليسار والقوميّة العربيّة تُتهم بالمبالغة اللفظيّة عندما كنا نلوم إسرائيل أيضاً في مسألة سيادة الطغيان العربي. لا نحتاج إلى برهان بعد اليوم. الدموع الصهيونيّة على حسني مبارك خير دليل.

                            الثورة العربيّة المضادة جارية بهمّة ونشاط. لكن اندفاع الجماهير في تونس ومصر كفيل بأن يُحبط المؤامرات الخبيثة. إنّ بثّ الشريط الصوتي لحسني مبارك في محطة صهر الملك فهد عزّز شكوك المصريّين عن قيادة السعوديّة للثورة المُضادة. إذا كانت الثورة المُضادة قد بدأت بوحشيّة في البحرين، فمن واجبنا أن نسأل عن موعد اندلاع الثورة العربيّة المضادّة للثورة المُضادّة. متى؟

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                            • #15

                              Dimanche 17 Avril 2011 -- Le mouvement de révolte sans précédent dans le monde arabe traverse une période difficile, en Tunisie comme en Egypte, faute d'une aide internationale suffisante, et alors que certains pays sont engagés ailleurs dans la "contre-révolution". Ce constat alarmiste a été fait ce week-end par plusieurs experts et acteurs de ces révolutions, réunis ?* Paris pour un colloque sur "Le printemps arabe" ?* l'initiative du ministère français des Affaires étrangères. Sans parler de la Libye où l'enlisement guette, plusieurs pays "commencent ?* déchanter", a résumé Farhad Khosrokhavar, professeur ?* l'Ecole des hautes études en sciences sociales. "L'Occident doit les aider économiquement pour qu'ils surmontent cette phase de transition", a-t-il demandé. "Il n'est pas possible de penser que la situation va changer en deux ou trois mois dans les pays arabes" en mouvement, a rétorqué Taher Odwan, porte-parole du gouvernement jordanien et ministre des Médias et de l'Information. "D'aucuns pensent que ce qui s'est passé en Egypte et Tunisie peut se passer ailleurs mais ce n'est pas le cas", a-t-il dit. Au Maroc, "il y a une accélération des réformes", a affirmé de son côté la députée Mbarka Bouaïda, jugeant que la monarchie, qui s'est renforcée dans son rôle de garante de l'unité marocaine, avait surtout besoin "d'un changement d'image".

                              Si les intervenants ont semblé en majorité d'accord pour estimer que les révoltes étaient imprévisibles, beaucoup se sont montrés prudents sur leur avenir, tant dans les pays où elles balbutient que dans ceux où des élections sont déj?* prévues. Absence de croissance, morosité du paysage politique, sentiment d'insécurité, existence d'extrémistes de tout bord, sont autant "de menaces pour la révolution tunisienne" et "le risque de désenchantement est réel", a mis en garde Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l'Homme (Fidh) et Tunisienne d'origine. "On est hésitant, entre enthousiasme et inquiétude", a confirmé Mohamed Ben Salem, membre du parti islamiste tunisien Ennahda. En Egypte, "pour conserver la révolution, il faut que les procès se déroulent le plus vite possible", a estimé pour sa part Mohamed Affan, membre des Frères musulmans, alors que le président déchu Hosni Moubarak et ses deux fils ont été récemment arrêtés pour leur implication dans la répression.

                              Il faut aussi que l'aide économique internationale soit décuplée, a convenu le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. L'action la plus efficace pour les pays du nord, "c'est d'investir massivement pour aider les pays en transition démocratique ?* rétablir leur situation économique et ?* retrouver un rythme de croissance suffisant", a-t-il relevé. Selon Guy Sorman, économiste, "la démocratie, pour s'établir, nécessite un taux de croissance de 8 ?* 10%". Actuellement, ce taux est officiellement estimé ?* entre 0 et 1% pour la Tunisie en 2011. "Il n'y a pas une réponse, une recette pour tous les pays", même si les pays riches ont "une obligation (politique, économique) d'accompagner ces évolutions", a fait valoir Patrice Paoli, directeur Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d'Orsay.

                              Le risque de voir des partis radicaux profiter de la période actuelle de flottement a été minimisé par les experts. "Les islamistes radicaux seront marginalisés par le mouvement démocratique", a assuré Farhad Khosrokhavar, pour qui les révoltes vont aider ?* la création de sociétés civiles. Les représentants de partis islamistes ont promis "de surprendre" les Occidentaux en matière de démocratie. "Chiche", a répondu Alain Juppé, en proposant un dialogue ?* ceux qui appliquent les règles du jeu démocratique et refusent toute violence. Face aux pays qui "jouent la contre-révolution", comme l'Iran et la Syrie ou l'Arabie Saoudite ?* l'égard de Barhein, "l'Occident doit prendre ses distances", a enfin demandé Farhad Khosrokhavar.

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