Announcement

Collapse
No announcement yet.

À la recherche des cerveaux en fuite

Collapse
X
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • À la recherche des cerveaux en fuite

    Lundi 12 mars 2007 -- La fuite des informaticiens algériens vers l’étranger devient une véritable hémorragie. Rien qu’au niveau de l’Entreprise nationale des systèmes informatiques (ENSI), plus de 90 % des informaticiens ont quitté l’entreprise pour l’Europe et le Canada, a révélé hier la présidente-directrice générale de l’ENSI, Mme Fadila Berkal.

    Cette informaticienne qui s’est exprimée lors d’une conférence au centre de presse d’El Moudjahid sur l’état des lieux dans le secteur informatique en Algérie et plus globalement sur celui des technologies nouvelles, a mis l’accent sur l’inadéquation entre la formation et le marché du travail, sans remettre toutefois en cause la qualité de la formation.

    «Le système informatique algérien a fait ses preuves. La qualité de la formation est bonne mais il faut revoir cette formation et l’adapter aux besoins du secteur économique», a-elle souligné. La P-DG de l’ENSI a préconisé, * ce propos, de tisser des liens entre les entreprises économiques et les structures de formation afin de former des compétences selon les besoins des opérateurs économiques.

    Elle a expliqué que les métiers de l’informatique sont en constante évolution parallèlement * l’évolution économique et qu’en Algérie cette évolution ne suit pas. «Il existe une fracture numérique entre les pays riches et les pays pauvres», a-t-elle regretté tout en assurant que l’Algérie, qui est répertoriée en tant que pays riche financièrement, possède tous les moyens humains et matériels pour réduire cette fracture.

    Pour y parvenir, Mme Berkal a préconisé de définir une politique stratégique nationale globale d’informatisation qui permettrait * l’Algérie de se positionner en tant qu’acteur actif. «A l’état actuel, nous sommes devenu une société de consommation», a-t-elle regretté en expliquant que le secteur qui n’investit plus dans les services et la recherche est en phase de devenir un grand distributeur de matériels informatiques.

    La présidente-directrice générale de l’ENSI espère beaucoup avec la nouvelle stratégie industrielle qui a consacré une branche pour le secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC). L’investissement massif dans ce domaine et l’existence d’un secteur producteur important et compétitif constituera probablement un facteur stratégique de croissance des TIC en Algérie.


  • #2
    À la recherche des cerveaux en fuite


    Lundi 31 Décembre 2007 -- La saignée des universitaires et des chercheurs algériens porte un nom : la fuite des cerveaux. Arrivés en Grande-Bretagne comme boursiers, beaucoup sont devenus des sommités. Leur matière grise n’est pas cotée en Bourse mais dans les universités et les grands groupes industriels. Quel est leur profil, leur parcours et en quoi consiste leur génie ? Pourquoi ne sont-ils pas retournés en Algérie et quel regard portent-ils sur elle ?

    Portraits

    Ce sont d’illustres inconnus en Algérie. Des compétences notoires, des références dans leurs domaines de recherche respectifs au Royaume-Uni. Le professeur Elias Adam Zerhouni, imminent scientifique d’origine algérienne, placé par le gouvernement américain * la tête du prestigieux National Institut of Health, est l’illustration parfaite de ce parcours. Sa carrière auréolée de multiples succès et de consécrations prodigieuses relate leur propre destin hors du commun. Selon des estimations, les chercheurs algériens résidant et travaillant au Royaume-Uni sont 2 000. Les universités et les grands groupes industriels les convoitent car leurs méninges sont d’inépuisables boîtes * idées et de véritables machines * sous.

    Chaque année, le professeur Ali Nadjai rapporte 100 000 livres * l’université d’Ulster (Irlande du Nord) où il dirige un laboratoire de recherche en engineering sur les incendies des structures. L’argent lui est versé * titre de financement pour ses travaux, notamment par des compagnies pétrolières, pour qui l’innovation en matière de prévention et de maîtrise du feu est une priorité. La création du laboratoire du professeur Nadjai, il y a cinq ans, est également le résultat d’un montage financier. 5,6 millions de livres lui ont été octroyés par des entreprises pour la réalisation de son projet.

    “C’était la première fois que l’université d’Ulster arrachait un budget de cette taille”, révèle le chercheur très fièrement. Derrière le titre solennel de “Full Professor”, le grade le plus élevé dans la hiérarchie académique britannique, se dissimule un homme qui depuis 22 ans est en quête de la perfection. À 47 ans, il déroule le fil de son parcours universitaire comme une œuvre loin d’être achevée.

    À l’âge de 25 ans, il quittait Annaba pour l’université de Bristol. Comme beaucoup d’étudiants algériens de sa génération, il est détenteur d’une bourse. En 1992, il décroche son PHD * l’université de Sheffield. À Ulster, il est d’abord recruté en qualité de simple lecteur (chargé de cours), avant de gravir les échelons grâce * son génie. “Ici, on ne donne pas des titres comme ça. Chacun ramène son salaire”, assène le professeur. En 2007, il réunit un budget de recherche d’un million de livres. Ces sommes faramineuses, * la hauteur de son génie, consolident son autorité. “Cela vous donne le pouvoir d’imposer vos idées, d’être influent”, observe M. Nadjai.

    Au lendemain des attaques suicides * New York en 2001, il est sollicité afin d’intégrer l’équipe d’expertise des tours jumelles. Son rôle consistait * détecter les failles dans la résistance des deux gratte-ciel au feu provoqué par l’explosion des avions kamikazes. Cette distinction le met aussitôt sous les feux de la rampe. La chaîne de télévision britannique BBC lui ouvre l’antenne. Sa notoriété dépasse largement les frontières de la Grande-Bretagne. Des autres pays d’Europe, a l’instar de la France, et même Dubaï, des clients s’amassent devant la porte de son laboratoire, lui confiant des matériaux de construction, par exemple, en vue d’optimiser leur capacité de résistance aux incendies. “Même les Tunisiens m’ont sollicité”, confie-t-il...

    Comment


    • #3
      continued.....

      Quand la tribu renie ses enfants

      Mais un seul pays habite ses pensées. Son désir le plus profond consiste * faire don de son savoir * l’Algérie. Lors d’un séjour au pays, il y a un an, il se rend au ministère de l’Enseignement supérieur où il remet * un responsable une série de propositions sur la protection des édifices publics contre le feu. L’idée de cette aide lui est venue après une série d’incidents, notamment * la raffinerie de Skikda, * la salle Harcha et * la centrale électrique d’El Hamma. Depuis, son projet d’assistance dort dans un tiroir. Aucune suite ne lui a été donnée.

      Pour autant, la détermination du professeur Nadjai * rendre service ne fléchit pas. Sortir les universités algériennes de leur autarcie le préoccupe. Mais le contact est souvent très difficile. “Aucune n’a d’adresse Internet. Toutes sont domiciliées sur Yahoo”, déplore le chercheur. Depuis peu, il a réussi * nouer le contact avec des enseignants de l’université de Chlef. Il est l’encadreur informel de deux doctorants qu’il a invités * l’université d’Ulster. Son regard sur les universités en Algérie déborde d’amertume. “Chez nous, la recherche, c’est toujours de la littérature, de l’histoire, alors qu’ici, les universités et les industriels travaillent de concert pour la conception de méga-projets”, constate le professeur dépité.

      Des softwares piratés au statut déplorable des enseignants, le sort de la recherche dans son pays natal lui inspire d’autres commentaires acides * la hauteur de son chagrin. “Les universités algériennes sont pratiquement les dernières en Afrique et donc les dernières dans le monde”, note-t-il. La mésestime du savoir, cette allergie * la matière grise, se résume dans la réponse sidérante qu’un responsable d’université a donné un jour * un boursier rentré au pays au terme de sa formation en vue d’occuper un poste d’enseignant : “Pourquoi ne restes-tu pas * l’étranger comme tous les autres ? Il n’y a rien pour toi ici”, lui avait-il conseillé.

      En décidant de supprimer l’octroi de bourses d’études * l’étranger, le président de la République ignorait sans doute que la fuite des cerveaux n’est pas toujours un acte délibéré et que beaucoup de bénéficiaires ne sont pas forcément les bienvenus dans leur pays * l’issue de leurs cursus. Dans une énième tentative de vaincre l’atonie ambiante, le professeur Nadjai a été séduit par la perspective d’agir en groupe. La proposition émane d’une de ses connaissances, le docteur Mohamed Boudjelal. Ce chercheur dans l’industrie pharmaceutique * Cambridge a pensé, il y a trois ans, * la création d’une association regroupant les compétences algériennes * l’étranger, avec comme objectif, jeter les ponts avec les universités algériennes et surtout mettre leur savoir-faire au service du développement de l’Algérie.

      Son propre CV est impressionnant. Dr Boudjelal a bourlingué avec ses idées près de vingt ans en Europe et aux États-Unis. Le fruit de ses recherches ont fait de lui un homme très courtisé par les laboratoires et les grands groupes pharmaceutiques. Avec modestie, il avoue n’avoir pas préfiguré autant de succès. “Quand je suis arrivé en Grande-Bretagne, j’étais arabisant. J’avais très peu de connaissances en anglais”, confie-t-il. À 20 ans, ce natif de Tlemcen obtient son DESS en biochimie * l’université d’Es Senia * Oran. Détenteur d’une bourse d’études, il est envoyé * Leeds. En 1993, il décroche son doctorat et monte aussitôt un laboratoire de recherche de 3 millions de livres sur la détection par l’odorat de certains produits comme les drogues, les explosifs… Il a * peine 24 ans.

      Le Dr Boudjelal a vécu ce premier couronnement comme l’aboutissement d’un challenge. “Quand je suis arrivé * Leeds, les responsables de l’université m’ont affirmé que l’acceptation d’autres étudiants algériens est tributaire de ma propre réussite. Trois compatriotes ont été admis par la suite”, relate-t-il. Assoiffé de savoir, il se lance de nouveaux défis. Son laboratoire sur pied, il prend la décision d’aller faire ses classes * Strasbourg auprès du professeur Pierre Chambon, une sommité dans la biologie moléculaire et cellulaire. “Mon intention était de connaître le système d’enseignement et de la recherche en France. Le même qui est appliqué en Algérie où je prévoyais de retourner”, explique le scientifique. Il passe quatre ans en France.

      À 28 ans, il fait une découverte de taille. Il identifie le gène responsable du cancer du sein. La revue Nature and Science lui ouvre ses colonnes. Mais, contrairement au Royaume-Uni où seule sa compétence a primée, en France, il fait l’objet de discrimination. Le Centre national de recherche scientifique (CNRS) lui offre un poste permanent, mais en qualité d’ingénieur, pas de docteur. Aussitôt, l’ancien étudiant d’ES Senia largue les amarres. Il va aux États-Unis et décroche un poste * l’université de Michigan. Grâce * un budget de la firme de cosmétiques Johnson & Johnson, il mène une étude sur le processus de vieillissement de l’épiderme et du cancer de la peau causés par les rayons du soleil. Peu de temps après, il est débauché par le groupe pharmaceutique Pfizer qui lui confie la direction d’une de ses filiales.

      Lors de son passage dans la firme, il met au point trois médicaments voués au traitement du cancer cervical, de la leucémie et du diabète type II. Cette expérience permet au Dr Boudjelal de voler de ses propres ailes. Il crée Maxocor, sa propre boîte pharmaceutique. La machine fonctionne pendant huit ans, jusqu’au jour où il décide de retourner avec sa famille en Angleterre où un nouveau poste l’attend * GlaxoSmithKline, un groupe d’envergure dans l’industrie pharmaceutique. Vivre en Amérique exacerbait son sentiment d’exil. “Ici, nous sommes * deux heures d’avion de l’Algérie. Mes enfants pourront y aller plus régulièrement”, explique le Dr Boudjelal. De son côté, il entend profiter de cette proximité pour réaliser une vieille ambition qui ne l’a jamais abandonnée depuis qu’il était jeune étudiant boursier : mettre son savoir * la disposition de son pays.

      Dr Yassine Armani est prêt * donner des cours gratuitement dans des universités algériennes pour satisfaire cette appétence. Sans hésitation, il a intégré l’association mise sur pieds par son ami, Dr Boudjelal. Les deux hommes ont pratiquement le même âge, la quarantaine. En 1990, alors qu’il venait d’obtenir son diplôme d’études supérieures en biochimie, délivré par l’université de Constantine, Dr Armani passe avec succès un concours pour l’octroi d’une bourse * l’étranger. Il est envoyé * Strasbourg. Son projet d’aller poursuivre ses études * l’étranger a mûri sur les bancs de l’amphithéâtre, face * des enseignants diplômés d’universités européennes, chez qui il découvrait une autre façon de voir les choses, de la ferveur dans la transmission de leurs connaissances. “Si on réussit * transmettre la passion, la réussite est garantie”, épilogue l’ancien étudiant de Cirta.

      Aujourd’hui, en sa qualité d’enseignant * l’université de Leicester, il a adopté cette devise. Son parcours personnel, le profil de ses condisciples et de ses élèves lui ont démontré que les étudiants algériens n’ont pas moins d’aptitudes. Ils sont handicapés uniquement par leur environnement. En cinq ans d’études * l’université de Strasbourg, Dr Amrani décroche tour * tour une maîtrise, un DEA et un doctorat en pharmacologie. Ensuite, il s’envole pour les États-Unis où il effectue un stage post-doctoral sur le traitement de l’asthme sévère chez l’enfant notamment. Actuellement, il est considéré comme une référence en la matière. Ses travaux ont permis d’identifier une molécule, le TNF agissant sur les cellules respiratoires et responsable de l’asthme.

      À l’université de Leicester, il est le seul Algérien ayant une position universitaire. Les congrès internationaux sont une occasion pour lui de rencontrer des compatriotes résidant dans d’autres pays. Toutefois, il regrette de n’avoir aucun lien avec ses collègues en Algérie. La susceptibilité et la rivalité professionnelle sont pour lui, les causes qui font obstacle * toute prise de contact. “Il y a des gens qui sont prêts * aller s’investir en Algérie”, martèle-t-il pourtant. Son aveu trahit une profonde frustration, le sentiment d’appartenir * un pays qui chasse d’un coup de balai ses imminences grises, alors qu’il en a tant besoin.

      Comment


      • #4

        Lundi 31 Décembre 2007 -- Elles mettent en exergue la réussite de démarches similaires en Asie, en Chine, en Inde, en Corée du Sud et * Singapour, où l’apport des compétences résidant * l’étranger a imprimé une dynamique exceptionnelle aux politiques de développement local. Dr Boudjelal n’imaginait pas que le projet allait avoir autant de retentissement. À l’origine, il était porteur d’une initiative personnelle consistant * organiser une conférence sur la biotechnologie pharmaceutique * l’université de Tlemcen, sa ville natale. Lors d’un séjour au pays en 2005, il s’entretient avec le doyen. Mais une autre rencontre une année plus tard, avec le professeur Khiati, président de la Forem, lui ouvre de nouvelles perspectives. Les deux hommes pensent * la mobilisation de l’ensemble des compétences algériennes * l’étranger au sein d’une association, en vue de mettre leur talent au service du pays et contribuer * l’effort de développement national.

        Environ 150 000 chercheurs algériens sont disséminés * travers le monde, en Europe, sur le continent américain et en Orient. Parmi eux, beaucoup sont séduits par l’idée d’un regroupement. Ibn-Badis, une association de jeunes universitaires établis au Royaume-Uni a ouvert la voie * ce genre de démarche en organisant sa propre conférence * Alger en 2006, dans l’ambition d’instaurer une coopération académique avec les établissements de l’enseignement supérieur en Algérie. Pour leur part, les initiateurs de l’Association des compétences algériennes * l’étranger proposent un éventail de projets plus large. “Chacun dans son domaine peut apporter une aide”, explique Dr Boudjelal. Les secteurs ciblés vont de la défense au tourisme en passant par l’industrie, la médecine, l’environnement, le commerce, le bâtiment, la biotechnologie, la communication et les médias…

        En avril 2007, l’expert en pharmacie a emmené avec lui * Alger une centaine de ses connaissances (des chercheurs, des enseignants universitaires, des créateurs d’entreprises, des consultants…), venus de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis avec comme premier objectif de se faire connaître. Dr Boudjelal avoue que leur déplacement avait d’abord suscité de la suspicion. “Il y a même un — officiel (ndlr) — qui se demandait si nous n’allions pas en Algérie pour ramasser de l’argent”, confie-t-il. Mais peu * peu, les réticences se sont dissipées. Dans leurs bagages, les membres formant le comité de coordination de l’association emportent une quarantaine de projets. Des réunions sont organisées avec des responsables des départements de la défense, de l’énergie, de l’enseignement supérieur pour cerner les besoins de chaque secteur.

        Par ailleurs, M. Boudjelal et ses compagnons tiennent une conférence de presse pour expliquer leurs motivations. Ils mettent en exergue la réussite de démarches similaires en Asie, en Chine, en Inde, en Corée du Sud et * Singapour, où l’apport des compétences résidant * l’étranger a imprimé une dynamique exceptionnelle aux politiques de développement local. Actuellement, les membres du comité préparent la prochaine conférence en avril prochain * Alger. Selon Dr Boudjelal, le nombre des participants sera encore plus important qu’en 2007. Le professeur Zerhouni fera partie du voyage. En attendant, les textes régissant la création de l’Association sont en voie de finalisation par des juristes algériens résidant * Strasbourg. La demande d’agrément sera déposée au ministère de l’Intérieur. Le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem a promis aux initiateurs du projet de les soutenir. En outre, des groupes industriels privés ont proposé de sponsoriser leurs activités.

        Comment


        • #5
          Sonia Lyes :


          Jeudi 3 Janvier 2008 -- Le Maroc est-il devenu la nouvelle destination préférée pour les compétences algériennes ? Pour gérer d'importants projets d'infrastructures actuellement en chantier, les entreprises marocaines recrutent massivement des ingénieurs algériens. Parmi eux : Amir. Il vient d'être embauché par le bureau d'études koweitien TEM pour la maîtrise d'œuvre du projet de l'autoroute entre Marrakech et Agadir (200 km), l'un des plus importants chantiers actuellement en cours au Maroc.

          A 35 ans, cet ingénieur en travaux publics ne regrette pas son choix d'émigrer au Maroc. Le salaire y est conséquent : près de 2500 euros par mois. Soit quatre fois le salaire qu'il percevait en Algérie quand il travaillait comme haut responsable au sein d’un groupement d’entreprises locales sur le projet de l'autoroute est-ouest. Mais, pour Amir, la rémunération n'est pas la seule motivation. Il a été attiré par « le cadre de vie et les conditions de travail meilleures qu'en Algérie », explique t-il.

          Malgré ses dix ans d'expérience sur les chantiers algériens, Amir découvre au Maroc une autre façon de travailler, avec une meilleure organisation et le respect des contrats. Après trois mois de travail, aucun ministre n'est venu visiter son chantier. Une absence qui n'est pas due au manque d'intérêt des ministres marocains pour cette autoroute, mais pour un ingénieur algérien habitué aux visites du chef de chantier et ministre Amar Ghoul, cela étonne.

          Amir explique : « au Maroc, les études sont ficelées et les projets maturés avant le lancement des travaux. Le contrat est respecté dans sa totalité. Les avenants sont exceptionnels, sinon inexistants. Le travail est basé sur l'organisation et non sur les réunions et les visites. En Algérie, les études sont bâclées et les projets ne sont pas maturés avant le démarrage des travaux ». Résultat : des retards considérables et des révisions de coûts * répétition. En fait, les groupes étrangers ont compris le système algérien : pour décrocher les contrats, ils surestiment les offres commerciales et réduisent les délais de réalisation pour plaire aux autorités qui veulent réaliser rapidement, mais * tout prix des projets colossaux.

          Dans le royaume de Mohamed VI, Amir a retrouvé des camarades de promotion de l'École nationale des Travaux Publics (ENTP) d’Alger, la seule * former des ingénieurs dans ce domaine en Afrique. Depuis une année, au moins une dizaine d'ingénieurs de sa promotion ont rejoint le Maroc pour y travailler dans les autoroutes et les chemins de fer.

          A l’image de Farid, 34 ans, qui s'est installé avec sa femme et ses deux enfants * Tanger au bord de la Méditerranée. Il s'occupe du suivi des travaux de la ligne de chemins de fer de 45 km entre Tanger et Port Med, la plus grande plate forme portuaire du Maroc.

          Grâce * son nouveau travail, Farid a non seulement quintuplé son salaire, mais il apprend de nouvelles méthodes de travail. « Le Maroc applique * la lettre les normes françaises, ce qui n'est pas le cas chez nous où le politique intervient dans la conception et la réalisation des infrastructures de base. Le royaume paie bien ses ingénieurs. Les débutants commencent avec un salaire équivalent * 900 euros en plus de la voiture de service, du téléphone, etc.», explique t-il. « Notre ministre ferait mieux d'envoyer ses cadres pour une formation au Maroc », suggère Farid.

          Pendant que les techniciens algériens émigrent au Maroc, l'Algérie fait appel massivement aux expatriés pour réaliser ses grands projets d'infrastructures estimés * plus de 100 milliards de dollars. Pourtant, avec un système de formation basé sur les grandes écoles, calqué sur le modèle français, l'Algérie a formé des milliers d'ingénieurs et de techniciens dans différents métiers techniques. Mais elle peine * leur offrir du travail.

          Comment


          • #7
            Said Kaced :


            Mardi 26 Février 2008 -- Chercheurs, informaticiens, médecins, personnels hautement qualifiés, l’Algérie se vide de sa matière grise et de ses compétences. La fuite des cerveaux est un des maux endémiques du pays. Un préjudice subi au profit de l’Occident qui récupère les bénéfices de longues années de formation. Depuis 1990, des milliers de cadres ont quitté le pays. Les professionnels algériens tendent * émigrer en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord et, dans une moindre proportion, dans les pays du Golfe. La dégradation des conditions de vie et l’instabilité politique dissuadent un grand nombre de nos «cerveaux» de rentrer au pays.

            La fuite des cerveaux se produit lorsqu’un pays perd sa main d’oeuvre qualifiée en raison de l’émigration. Les pays industrialisés ont de plus en plus besoin de deux catégories d’immigrés : ceux qui sont prêts * accepter des emplois mal payés, durs et dangereux, dédaignés par leurs propres ressortissants, et des professionnels hautement qualifiés, tels les experts en logiciels, les ingénieurs, les médecins et le personnel infirmier. Il manque actuellement des milliers d’infirmiers en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord et les chiffres officiels montrent que le déficit en infirmiers qualifiés pourrait atteindre 800 000 d’ici * 2020. En raison de ces déficits, les pays industrialisés se sont lancés dans de grandes campagnes de recrutement * l’étranger. Le Canada pratique résolument la politique de la carotte pour attirer la main d’œuvre qualifiée en provenance d’Afrique.

            Pour compenser le manque d’effectifs qualifiés, les pays africains consacrent chaque année plusieurs centaines de millions de dollars * l’emploi d’environ 100 000 expatriés non africains. Chez nous, les médecins cubains ont remplacé au pied levé, contre des devises fortes, leurs confrères algériens partis chercher une «vie meilleure» sous des latitudes «plus clémentes».

            Il est grand temps de mettre en place des programmes et des politiques qui inverseront les effets dévastateurs de la fuite des cerveaux, estiment les spécialistes des flux migratoires. Jusqu’* récemment, les pouvoirs publics ne semblaient pas s’inquiéter outre mesure du déficit de main d’oeuvre qualifiée. De plus, nos hommes politiques disaient de leurs compatriotes ayant choisi de travailler et de vivre * l’étranger qu’ils n’étaient pas de bons patriotes. Mais, la montée en flèche de l’émigration de personnes qualifiées et les graves carences du pays sur le plan des ressources humaines hautement qualifiées en ont conduit plus d’un * changer d’avis.

            Les déclarations d’intention doivent se traduire par des actes et des problèmes plus profonds devront être résolus avant que la fuite des cerveaux ne puisse être jugulée. Nombre d’Algériens sont très désireux de rentrer chez eux et de participer au développement, mais leurs aspirations sont sérieusement compromises par des pouvoirs publics négligents et dont les priorités ... ignorent le bien-être social. Le débat est ouvert…

            Comment


            • #8
              Plus de 20 000 étudiants algériens dans les universités françaises


              Jeudi 13 mars 2008 -- Plus de 20.000 (20 304) étudiants algériens poursuivent leurs études supérieures dans les universités françaises. C'est ce qu'a déclaré hier, le conseiller * la coopération et l'action culturelle de l'ambassade de France * Alger, Philippe Georgeais, lors d'une conférence de presse, au centre culturel français (CCF) de la capitale. Aujourd'hui, des étudiants algériens (bacheliers et licenciés) choisissent des universités françaises pour poursuivre leurs études. Certes, ce n'est pas vraiment la saignée, mais les étudiants les plus talentueux obtiennent plus facilement des visas d'études en France. Les chiffres communiqués, hier, par le conseiller de coopération et d'action culturelle de France, Philippe Georgeas, confirment cette donne. Un nombre important de demandes ont été formulées par des étudiants algériens, notamment depuis la mise en place en 2005, du dispositif Campus France Algérie.

              Un dispositif installé dans cinq centres culturels français (Alger, Annaba, Oran, Constantine et Tlemcen) et qui offre, * travers ses services, un accès simplifié pour les étudiants algériens désirant poursuivre leurs études dans les universités françaises. Le campus France a enregistré 12 878 adhésions d'étudiants algériens pour la constitution de dossiers de candidature. Et sur 5 592 entretiens avec les étudiants algériens, 3 207 visas d'études en France ont été délivrés par ledit campus rien que pour l'année 2007. Le campus avait octroyé 3 402 visas d'étude * des étudiants algériens en 2006, ce qui reflète une stabilité dans le nombre de visas délivrés par le campus, selon Philippe Georgeas.

              Pourquoi, les services de Campus France Algérie n'ont pas octroyé de visas pour plus de 2 000 étudiants? Le conseiller * la coopération et l'action culturelle de l'ambassade de France en Algérie, explique que certaines demandes de visas ont été refusées par le consulat de France et non pas par le campus, pour des raisons purement consulaires. Sans donner de chiffres précis, il explique encore, que le reste des demandes sont rejetées principalement par le campus, qui vérifie et étudie avec précision le parcours académique de l'étudiant. «On part du principe que l'étudiant ne doit pas seulement avoir les moyens financiers pour avoir accès aux universités françaises. Si les résultats pédagogiques de l'étudiant sont moins bons, il n'aura pas l'avis favorable même si l'université lui accorde une autorisation», a-t-il expliqué en citant, * titre d'exemple, le cas d'étudiant ayant obtenu une note de 8 en mathématiques et présente un projet d'étude pour une formation de maths/physique. «Ce projet n'aura pas une suite favorable», a-t-il précisé.

              Ceci dit, seuls les étudiants les plus talentueux et les plus brillants auront des facilités pour poursuivre leurs études en France. En fait, la politique de l'immigration choisie prônée par le Président Nicolas Sarkozy fait donc bien son chemin. Le campus France Algérie, installé depuis 2005 permet uniquement aux étudiants les plus brillants d'obtenir des visas d'étude en France. Et une autre mesure a été également prise par Nicolas Sarkozy: l'octroi d'un titre moyen de séjour de 4 ans, pour les universitaires ayant terminé, dans de bonnes conditions, leurs cursus et obtiennent de bons résultats.

              Philippe Gorgeais a affirmé que Sarkozy avait décidé d'aménager le droit de séjour aux étudiants sortants de l'université française en leur permettant une première expérience professionnelle au sein des entreprises françaises. Est-ce que ces étudiants formés dans les écoles algériennes reviendront en Algérie? Le conseiller culturel de l'ambassade de France a reconnu que la grande majorité demeure en France. Et d'ajouter «si des opportunités de travail et de projets sont offertes * ces étudiants, je suis sûr qu'ils seront de retour».

              Et de signaler qu'un travail se prépare entre le campus et les universités de France pour lancer des séances d'information sur les opportunités offertes, aux étudiants étrangers, dans leur pays respectifs. Est-ce que le campus en question suivra les étudiants après leur inscription dans l'université, * travers des rapports d'évaluation de leur niveau et de leur parcours au sein de l'université? Philippe Gorgeais dira que notre accompagnement s'arrête aux inscriptions. Sur la question de l'évaluation, il a reconnu qu'elle ne se fait pas, ajoutant que le côté français a déj* pensé * cette question et qu'il étudie actuellement la possibilité de confier le suivi du parcours des étudiants algériens au consulat algérien en France, dans les années * venir.

              Ce qu'il faut retenir c'est que la «crème de nos écoles» paye cher son accès aux universités françaises: 1 500 DA pour les frais d'adhésion * Campus, 5 000 DA pour le test de connaissance de langue, sans parler autant sur les frais de l'entretien qui s'élèvent * 2 500 DA, si, bien évidemment, le dossier académique est accepté par le campus. L*, il faudra ajouter d'autres dépenses, et pas des moindres, notamment pour s'inscrire dans une université française.

              Comment


              • #9

                Jeudi 13 Mars 2008 -- Le conseiller de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France * Alger, M. Philippe Georgeais, a annoncé, hier, l’existence de plusieurs projets de créations d’écoles supérieures d’excellence en Algérie et ce, en partenariat avec les grandes écoles françaises. Le modèle français semble donc inspirer les responsables algériens qui ambitionnent de mettre en place des établissements destinés * recevoir les étudiants les plus doués dans certaines filières. Il s’agit des branches qui offrent le plus de débouchés vers le marché du travail, donc les plus demandées par les opérateurs économiques, * l’image du commerce international, de l’architecture, de l’informatique et des nouvelles technologies. M. Georgeais a, dans le même ordre d’idées, regretté “la mise entre parenthèses” du projet de création de l’université algéro-française qui, espère-t-il, “reprendra un jour”.

                Le conseiller aux affaires culturelles a animé, hier, une conférence de presse au Centre culturel français d’Alger pour, souligne-t-il, faire le point sur le dispositif d’accompagnement des étudiants algériens désireux de poursuivre leurs études dans l’Hexagone. Le dispositif en question, appelé “Campus France Algérie” a été mis en place il y a deux ans dans les pays qui connaissent un flux d’étudiants vers la France, comme c’est le cas pour l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Vietnam et le Sénégal. Mais d’après M. Georgeais, l’Algérie est le pays qui compte le plus d’étudiants dans les universités françaises et les chiffres des nouveaux arrivants semblent stables après l’entrée en vigueur du système Campus fonctionnel dans les CCF d’Alger, de Constantine, d’Oran, d’Annaba et de Tlemcen.

                Ils sont actuellement quelque 20 300 Algériens * poursuivre leurs études dans les universités de l’Hexagone, dont plus de la moitié versés dans les sciences et technologies, l’ingéniorat et la santé. Les autres sont répartis entre les lettres et les sciences humaines, les sciences économiques, les sciences politiques, le droit et autres. Selon les statistiques de l’ambassade de France, quelque 3 200 étudiants algériens ont rejoint les universités françaises en 2007, un chiffre en légère baisse par rapport * 2006 où l’on a enregistré 3 400 départs.

                M. Georgeais qui dresse un bilan “largement positif” du dispositif, estime que le nombre des étudiants admis est demeuré stable malgré les appréhensions émises ç* et l*. Par contre, le nombre de demandes a diminué, admet-il, imputant cette situation aux problèmes que connaît le logiciel de traitement des demandes. “On travaille d’arrache-pied pour que la connexion soit plus fluide”, promet-il. L’orateur tient, en tout cas, * insister sur “l’attractivité de l’université française qui présente des offres de qualité et * des prix bien meilleurs que ceux des établissements anglo-saxons”. M. Georgeais confie que l’Algérie “est le pays avec lequel les relations dans ce domaine sont les plus fortes”, mettant en avant l’un des programmes mixtes existant et destiné au financement de 6 000 projets de recherche.

                L’on remarque, par ailleurs, que les étudiants partis en France en 2007 sont pour la majorité issus du 2e ou 3e cycle (master 1 et 2 et doctorat). Le 3e cycle représente * lui seul plus de la moitié des étudiants retenus, en nette évolution par rapport * 2006 où ils ne représentaient que 40%. Selon toute vraisemblance, il y a de moins en moins d’étudiants du premier cycle (licence) * être intéressés par la poursuite des études en France.

                Interrogé sur le cas des demandes de visas rejetées par les consulats de France malgré des avis favorables émis par des établissements universitaires français, M. Georgeais a donné une réponse plutôt évasive en expliquant que Campus “n’interfère pas dans le travail des universités” et qu’“en général, tout bon dossier accepté par une université française passe”. Mais, pour le visa, note-t-il, “cela relève des services consulaires”, tout en mettant en relief “la stabilité du nombre de visas” accordés aux étudiants.

                L’orateur reconnaît l’existence d’une “mobilité étudiante” de l’Algérie vers la France. En mettant en place ce dispositif, qui sera, selon M. Georgeais, étendu * une soixantaine de pays, les autorités françaises tendent * effectuer une sélection des plus strictes des candidats. Une manière d’être au diapason de la politique de “l’immigration choisie” chère au président Sarkozy. Seuls donc les meilleurs, ceux qui auront passé avec succès tous les tests seront admis * partir poursuivre leurs études dans l’Hexagone. Mais après, reviendront-ils ou ne reviendront-ils pas ? L*, apparemment, c’est un autre débat, celui de la fuite continue des cerveaux.

                Comment


                • #10

                  Dimanche 6 avril 2008 -- Le réseau Maghtech, l’association A2T2 et le groupe Algérie sur l’économie du savoir, en partenariat avec l’ISGP, organisent, le 8 avril prochain, * partir de 9h, * l’ISGP le Lido, le deuxième séminaire national portant sur “les compétences algériennes * l’étranger : remobiliser et transférer les connaissances, quels enjeux ?” Pour animer le débat, un certain nombre de spécialistes, universitaires, praticiens nationaux et de la diaspora sont invités pour un échange croisé d’expériences et de visions, l’objectif étant de tenter de répondre * deux questions centrales : qu’avons-nous appris de l’expérience des autres ? Et que pouvons-nous apprendre des expériences qui marchent chez nous ?

                  Comment


                  • #11

                    Mercredi 9 avril 2008 -- L’Algérie est tenue d’adopter une nouvelle stratégie pour mobiliser ses compétences * l’intérieur et * l’extérieur. « Il faut se départir des anciennes perceptions et établir des liens de confiance entre les compétences nationales internes et les compétences algériennes établies * l’étranger », estiment les participants au 2e séminaire national sur le thème « Les compétences algériennes * l’étranger : remobiliser et transférer les connaissances », organisé hier * Alger.

                    Se référant * des expériences de nombreux pays émergents, le représentant du Réseau Maghtech, Abdelkader Djeflat, indique que la diaspora algérienne peut apporter sa contribution au développement du pays. Elle est même disponible. Nombreuses, les compétences nationales * l’étranger (80 000 diplômés ont quitté le pays depuis 1979), souligne-t-il, constituent la clé pour le transfert des technologies, tant convoitées par le pays. « Les pays émergents comme l’Inde, la Chine, la Corée du Sud ou le Brésil ont très tôt compris qu’il faut dépasser les problèmes induits par la diaspora et les ont réglés progressivement, vu le formidable concentré de savoir-faire, capital financier et capital réseau que recèle cette frange de la société », illustre-t-il. En Inde, enchaîne-t-il, la diaspora est un moteur puissant de la croissance. « Elle génère 25 milliards de dollars * ce pays, soit 3% de son PIB », affirme-t-il. Les Algériens peuvent aussi, estime-t-il, réaliser de telles performances. « Nous avons actuellement entre 40 000 * 60 000 cadres algériens vivant aux USA et au Canada, 7000 médecins et 3000 informaticiens établis en Europe. Il y a également 100 000 entrepreneurs recensés en Europe. En somme, les compétences algériennes génèrent aux pays d’accueil 45 milliards de dollars », déclare-t-il.

                    Afin de capter ces compétences, l’orateur suggère de faire le passage du brain drain (fuite des cerveaux) au brain gain (gain de compétence). Pour cela, les présents * cette rencontre ont insisté sur la nécessité d’établir, en premier lieu, un fichier des compétences nationales * l’étranger (CNE) et la création d’une agence nationale de valorisation de ces compétences. Déplorant l’insuffisance de la mobilisation des compétences, les spécialistes appellent * encourager les réseaux des CNE * l’étranger et * la mise en place des dispositifs incitatifs et des procédures réglementaires (contrat-type, prix préférentiels, défiscalisation…). « Il y a pire que de ne pas réussir, c’est de ne pas essayer », lance le président de l’association algérienne pour le transfert des technologies en jetant la balle dans le camp des autorités. « L’Algérie ne saurait continuer * temporiser pour mobiliser au maximum ce formidable potentiel et pouvoir faire face au nouveau contexte mondial de la révolution simultanée des TIC, de l’immatériel, du redéploiement du capital international et des nouveaux équilibres géostratégiques », concluent les participants.

                    Comment


                    • #12
                      Sonia Lyes :


                      Jeudi 24 Avril 2008 -- Le gouvernement veut encourager les compétences algériennes établies * l’étranger * rentrer en Algérie. Dernière annonce en date : selon une nouvelle disposition adoptée mardi par l’exécutif, les cadres émigrés qui décident de retourner en Algérie garderont l’ensemble de leurs acquis professionnels. Explication : les cadres émigrés de retour en Algérie garderont leurs statuts, titres, fonctions et le bénéfice des expériences scientifiques acquises * l'étranger.

                      L’information a été révélée, jeudi 24 avril, par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Rachid Haraoubia, lors d’une rencontre avec la presse nationale. Pour la première fois "un texte de loi préserve les acquis de nos cadres émigrés", a souligné M. Haraoubia.

                      Selon des statistiques officieuses, plusieurs milliers de cadres algériens ont été contraints * quitter leur pays durant les dix dernières années, dont un grand nombre sont employés en Europe. Parmi eux de nombreux médecin, enseignants, informaticiens… Pour la seule année 2007, plus de 500 médecins ont quitté l’Algérie pour l’Europe et le Canada. Aujourd’hui, ces compétences craignaient qu'* leur retour ils ne soient pas réintégrés dans leur fonction au niveau qu'ils avaient atteint avant leur départ.

                      Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bouteflika, en 1999, les gouvernements successifs ont tenté de mettre en place une politique pour encourager le retour des compétences établis * l’étranger. Mais ces politiques ne semblent pas avoir donné les résultats attendus.

                      Comment


                      • #13

                        Samedi 26 avril 2008 -- Les cadres émigrés, qui décident de retourner en Algérie, garderont leurs statuts, fonctions, titres et expériences acquises * l'étranger. C'est ce qu'a annoncé, jeudi, * partir de Tlemcen, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Rachid Haraoubia. Le ministre, qui animait un point de presse en marge de la conférence régionale sur la recherche scientifique et le développement technologique * la faculté de médecine de l'université Abou Bakr Belkaïd, a indiqué que cette décision a été concrétisée par un article des nouveaux statuts particuliers adoptés, mardi, en conseil du gouvernement.

                        M. Haraoubia a souligné que, pour la première fois, un texte de loi préserve les acquis de nos cadres émigrés. A l'ouverture des travaux, le ministre avait tenu * rassurer le corps enseignant en annonçant l'adoption, par le conseil du gouvernement, des projets de textes finalisés des statuts de l'enseignant chercheur universitaire, de l'enseignant chercheur hospitalo-universitaire et du chercheur permanent. Le nouveau dispositif réglementaire d'organisation des conditions de recrutement et de déroulement de la carrière de ces enseignants chercheurs marque, selon M. Haraoubia, la volonté de l'Etat, au plus haut niveau, de garantir une prise en charge conséquente de ces emplois, et de leur valorisation optimale dans la haute fonction publique nationale et au sein de la société.

                        Cela, a-t-il poursuivi, afin d'impulser une dynamique nouvelle * l'université nationale, libérée des contraintes socioprofessionnelles et d'autres contingences, facteurs d'instabilité et de démobilisation. « L'objectif de mobiliser, en 2012, plus de 28.000 enseignants chercheurs, soit prés de 60% du potentiel enseignant, et 4.500 chercheurs permanents, passe nécessairement par l'amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles », souligne le ministre qui affirme que « la révision de la situation matérielle des enseignants chercheurs permettra, surtout, de créer une dynamique au niveau de la pédagogie et de la qualité de l'enseignement, car le facteur humain devient l'élément essentiel dans la compétition mondiale... ». M. Haraoubia a rappelé en passant, que ces nouveaux textes définissent les statuts des catégories des personnels d'encadrement des deux missions principales du secteur, * savoir « la mission de formation supérieure » et « la mission de recherche scientifique et de développement technologique ».

                        Le ministre s'est, par ailleurs, longuement attardé sur les mesures prises par son département dans le cadre du programme complémentaire 2008-2012, réitérant la volonté des pouvoirs publics d'accorder * la recherche scientifique un statut de priorité nationale. A ce titre, il rappellera qu'un budget quinquennal de 100 milliards de dinars a été accordé au secteur. « Cela marque la volonté de l'Etat de placer la science et la technologie au centre du processus de construction d'une nation moderne » souligne le ministre.

                        M. Haraoubia a rappelé également la mise en place d'un conseil national présidé par le chef du gouvernement, et qui fixe les priorités en matière de recherche, et de l'agence nationale autonome d'évaluation de la recherche. « Pour cela, nous avons décidé de mettre en place, en associant les chercheurs eux-mêmes, des mesures réglementaires * même d'organiser cette élite » dira le ministre. «Les trois rencontres régionales, tenues * Annaba, Alger et Tlemcen, ont permis, dans ce contexte, * la communauté scientifique nationale de s'associer * de meilleures voies et moyens pour appliquer la loi 08-05 du 23 février 2008, modifiant et complétant la loi 98-11 portant loi d'orientation et de programme * projection quinquennale sur la recherche scientifique et le développement technologique » déclare M. Haraoubia. Tout cela, ajoutera-t-il, préalablement, * l'organisation des assises nationales de la recherche scientifique.

                        Comment


                        • #14

                          Samedi 26 avril 2008 -- Comment ne pas applaudir * cette annonce de bon sens du ministre de l'Enseignement supérieur ? En effet, selon le ministre, les cadres qui ont acquis une expérience, un statut et des titres * l'étranger ne les perdront pas en retournant au pays. C'est bien la moindre des choses. Rien de plus choquant, en effet, que d'apprendre que des expertises étrangères, * compétence égale, soient trois fois plus rémunérées que l'expertise nationale. Envoyer un message aux cadres expatriés pour leur signifier qu'ils n'ont pas * perdre * revenir travailler au pays est donc parfaitement rationnel. Le désencadrement de l'Algérie est une réalité concrète et il est normal que l'on cherche * faire revenir les compétences des nationaux délocalisés. Cela ne fait guère débat.

                          Un calcul économique simple, fondé sur l'impact financier de l'expertise étrangère, montre que l'Algérie a beaucoup * gagner * créer les conditions pour un retour de ces cadres. L'approche est de toute évidence plus sérieuse que les démarches fondées sur les appels - et les stigmatisations aussi - * la fibre patriotique. Ce serait ignorer les raisons élémentaires qui ont poussé ceux qui sont partis et ceux qui aspirent * le faire. Quand ces cadres trouvent * s'employer ailleurs dans de bonnes conditions, avec un meilleur statut et une meilleure qualité de vie, le choix rationnel s'impose. L'irrationalité n'est pas de leur fait, mais dans un système économique qui ne propose pas d'alternatives acceptables.

                          Quand des banques et des entreprises pétrolières étrangères présentes dans notre pays attirent les compétences en offrant des salaires substantiellement supérieurs * ceux des entreprises algériennes, la réponse par l'appel au patriotisme ou par l'interdiction pure et simple est inopérante. Sonatrach l'a compris en adoptant de nouveaux barèmes. L'Association des banques et établissements financiers (ABEF) s'est inquiétée récemment de la forte migration des cadres bancaires vers les institutions étrangères. Ici également la seule réponse est d'ordre économique. Soumises * l'implacable loi de l'offre et de la demande, les entreprises étrangères adoptent naturellement une posture concurrentielle en matière de ressources humaines. Faute de s'aligner, les entreprises algériennes risquent d'en subir les conséquences.

                          Bien entendu, la réalité objective du marché des cadres jouant déj* au niveau national, elle ne peut que jouer également pour ceux qui sont * l'étranger et dont on sollicite les compétences. Pourtant, l'annonce faite par le ministre de l'Enseignement supérieur pour inciter les cadres * l'étranger au retour devrait s'accompagner d'une démarche tout aussi convaincante pour retenir ceux qui sont encore au pays. Si * compétence égale, leurs collègues qui sont passés par l'étranger se retrouvent mieux lotis, le résultat en serait une sorte d'incitation implicite * aller faire le détour par l'expatriation. Comment ne pas songer au long combat des enseignants universitaires algériens qui ne songent pas * partir et qui prennent pour référence, non pas les revenus des universitaires européens, mais ceux plus comparables de leurs collègues maghrébins...?

                          Comment


                          • #15
                            Safia Berkouk :


                            Dimanche 27 Avril 2008 -- Il serait «illusoire de croire en le retour au pays de la diaspora algérienne» qui fait les beaux jours des pays étrangers. Bien installée familialement et sécurisée professionnellement, notre élite ne verrait pas l’intérêt de revenir dans son pays d’origine quand bien même elle serait dotée de la fibre patriotique. L’aveu a été fait par le professeur Ali El-Kenz, éminent sociologue et professeur * l’université de Nantes, * l’occasion de la tenue, hier * Alger, d’un colloque international sur les flux migratoires sélectifs.

                            Pour El Kenz, les pays comme l’Algérie qui souffrent du phénomène de la fuite des cerveaux ont peu de chances de pouvoir ramener leur diaspora au bercail et devraient plutôt se concentrer * rechercher les mécanismes pouvant permettre * cette élite «de participer au développement de son pays». Il s’agit, en effet selon lui, de cadres qui se sont depuis des années installés * l’étranger où ils ont fondé des familles et construit des carrières. Sans compter que les ramener au pays risque de «créer des antagonismes inutiles avec leurs confrères qui, eux, sont restés. La solution résiderait dans la création de conditions qui permettraient * cette diaspora d’intervenir d’une manière ponctuelle en apportant sa contribution et son expertise l* où le pays en a le plus besoin, a estimé le sociologue.

                            Présidant l’ouverture des travaux, le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, a affirmé que «la volonté de l’Algérie est de faire participer notre communauté résidant * l’étranger au développement national en s’appuyant sur elle pour réussir notre intégration dans l’économie mondiale». Toutefois, il importe d’abord, selon lui, de faire un état des lieux de la situation avant de voir les mécanismes * mettre en place pour favoriser le retour de cette diaspora ou simplement pour la mettre * contribution. Dans cette perspective, les spécialistes de l’économie et des finances, tels que le professeur Sid Ali Boukrami et M. Abdelkrim Harchaoui, estiment que la réponse au problème de l’immigration est d’ordre économique et réside précisément dans la croissance car, selon M. Boukrami, «c’est cette croissance économique qui draine les flux migratoires et les IDE».

                            De son côté, l’ancien ministre des Finances, M. Harchaoui, a estimé que ce sont «les élites qui font la compétitivité d’un pays et l’on ne peut pas les retenir administrativement ou par des discours politiques car ce dont elles ont besoin, c’est d’un cadre qui leur permette d’évoluer et d’innover». Pour d’autres intervenants, * l’image de M. Mounir Berrah, professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology), «il est important de tenter une autre démarche que celle de faire revenir les cerveaux en fuite, même si cette aspiration est légitime». Ce qu’il faudrait, selon lui, «c’est d’éviter que d’autres ne partent en mettant en place un système éducatif de qualité et de tenter d’obtenir la contribution au développement de ceux qui sont partis». Sur ce chapitre, il ressort notamment que les transferts de devises des Algériens résidant * l’étranger vers l’Algérie sont énormes, mais restent difficilement quantifiables car ils sont informels, a souligné le professeur El Kenz. Ce sont des transferts qui «au lieu d’enrichir le pays, l’appauvrissent car ils ne passent pas par le circuit bancaire, ce qui ne permet pas aux banques et * l’économie nationale d’en tirer profit», a-t-il souligné.

                            Selon les chiffres relayés, ces transferts seraient de l’ordre de 2,5 milliards de dollars officiellement, mais on estime que ce montant serait beaucoup plus élevé par rapport * celui transféré chez nos voisins par leur communauté résidant * l’étranger. De plus, ces transferts ne contribuent pas de manière visible au développement du pays. Dans ce cadre, le professeur El Kenz a souligné que 80 % du PIB du Liban est le fruit de sa diaspora, alors que les émigrés algériens qui possèdent de l’argent * l’étranger ne l’investissent pas dans leur pays d’origine soit «parce qu’ils n’ont pas confiance dans l’avenir et le devenir de cet investissement soit parce qu’ils n’ont pas confiance dans les banques algériennes», a souligné le sociologue.

                            Comment

                            Unconfigured Ad Widget

                            Collapse
                            Working...
                            X