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Transplantation et greffe d’organes en Algérie :

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  • #16
    Djamila Kourta :


    Mercredi 6 Mai 2009 -- Des malades nécessitant une transplantation hépatique (greffe du foie) attendent leur programmation depuis plusieurs mois. Le programme de transplantation initié depuis 2003 en Algérie, précisément au niveau du centre Pierre et Marie Curie, ?* Alger, par le chirurgien Karim Boudjema de l’hôpital de Rennes semble rencontrer d’énormes « difficultés techniques, d’où des problèmes d’organisation ». Plus d’une dizaine de malades, dont certains sont atteints de cirrhose, sont sur la liste d’attente, mais les interventions chirurgicales ne se font plus depuis deux mois. Les malades et leurs familles s’inquiètent de cet état de fait et tentent de trouver des solutions auprès des médecins traitants. Les transferts ?* l’étranger ne sont plus possibles et une greffe de foie coûte près de 300 000 euros avec trois mois d’hospitalisation. La CNAS ne délivre plus de prise en charge, puisque cette activité est censée être pratiquée en Algérie et un programme national a été établi. « Les malades sont ainsi pris en otage et attendent tranquillement la mort », nous dit un parent d’un malade qui s’est rendu ?* notre rédaction pour lancer un SOS. « Si cette intervention ne peut pas se faire en Algérie, pourquoi refuser l’envoi ?* l’étranger alors que le patient est assuré. À quoi servent les caisses d’assurances ? Pourquoi lancer des rappels de cotisations sous peine de pénalités si, en cas de besoin, elles ne sont pas l?* pour répondre ? L’Etat, ?* travers les services publics de santé et les assurances obligatoires, est-il capable de respecter la santé promise ou non ? La famille se réserve le droit d’engager des poursuites contre les défaillances l?* où elles se trouvent », a affirmé le frère d’un malade.

    Alertée, la presse est pour la famille l’unique moyen de sensibiliser les pouvoirs publics bien que des correspondances ont été adressées aux hautes autorités du pays. Des lettres ont été adressées au président de la République et au ministre de la Santé, en vain. Les familles sont dans un désarroi total et ne savent plus ?* quel saint se vouer. L’équipe chargée de ce programme affirme qu’effectivement aucune intervention n’est encore programmée pour le moment. À la question de savoir quel est le motif de cet arrêt, le professeur Graba, chef de service chirurgie au CPMC, affirme que la décision ne revient pas ?* lui seul. « L’activité en question dépend d’une équipe multidisciplinaire qui se réunit et étudie les dossiers pour enfin décider d’une date de l’intervention. Le CPMC accueille le malade lorsque il est prêt (bilan, exploration, etc.) ainsi que le donneur vivant », a-t-il souligné avant de signaler que l’activité en question est budgétivore. Elle nécessite des moyens financiers colossaux pour assurer un plateau technique performant. Le professeur Graba signale qu’une telle intervention ne peut pas se faire si toutes les conditions ne sont pas réunies. Elle doit être soutenue de façon permanente et il faut motiver les spécialistes. Il plaide ainsi pour la création d’un comité national de greffe du foie, ?* l’instar des autres comités nationaux de greffes de rein et de cornée. À quand le « déblocage » de la situation ?

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    • #17

      Samedi 23 Mai 2009 -- Fidèle ?* ses traditions pour la formation continue, le professeur en pneumo-phtisio de l'établissement hospitalier de Batna, Dr Abdelmadjid Djebbar, vient d'organiser la quatrième édition des Journées internationales de pneumologie ayant comme thème principal la greffe pulmonaire. Lors de ces Journées internationales des 20 et 21 mai organisées ?* la Faculté de médecine de Batna ont assisté un important nombre de professeurs des CHU d'Algérie et de l'étranger ainsi que des étudiants de médecine, dans le cadre des efforts de sensibilisation déployés dans le secteur de la santé, pour permettre et au staff hospitalier et aux étudiants d'engager la réflexion sur les nouvelles techniques de prévention, de traitement et de transplantation des organes. La synthèse des débats de la première journée a conclu que ces transplantation, banales ailleurs, restent mitigées en Algérie où des paramètres éthiques religieux et culturels nécessitent une ébauche pour un développement médical en Algérie. Pour la wilaya de Batna, qui abrite pour la 4ème fois cette manifestation scientifique internationale, on recense annuellement, selon les services de prévention, 400 cas de pathologies pulmonaires avec l'émergence d'une fatale propre ?* la région de Tkout, sise au sud-ouest de la wilaya, où les jeunes tailleurs de pierres succombent ?* la maladie dite de la silicose. Dans ce contexte, il faut noter qu'en 2008, des journées de sensibilisation ont été organisées ?* Batna et l'on attend toujours la parution du décret réglementaire de ce métier de tailleur de pierres. D'autre part, le Professeur Djebbar voit que les maladies pneumologiques ont réémergé ces dernières années, telles la BPCO (broncho-pneumo-chronique obstructive) la tuberculose et le redoutable cancer. En dépit des moyens gigantesques mis par l'Etat ?* la disposition du secteur, ces pathologies demeurent évolutives et meurtrières.

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      • #18

        Mardi 26 Mai 2009 -- C’est ce jeudi qu’aura lieu, ?* la salle Sennani-Saïd de Boumerdès, la première assemblée générale constitutive de l’Association des donneurs d’organes. Selon le Dr Louni, néphrologue ?* Boumerdès, l’association existe depuis son lancement en 2000 sous l’impulsion de M. Djemaoune, l’actuel président de l’Association des donneurs de sang. “Les conditions aujourd’hui sont plus favorables pour la mise en place de cette association, notamment avec la mise en service prochaine de l’institut du rein de Blida et le nombre de centres de greffe déj?* opérationnels”, a indiqué le Dr Louni, qui précise qu’il ne manque qu’une banque d’organes. “Les pouvoirs publics doivent s’impliquer de même que les citoyens qui sont appelés ?* participer ?* la création de cette association”, a-t-il ajouté, avant d’exhorter les autorités publiques ?* élaborer une carte de donneur d'organes, ?* l'image de la carte de groupage pour faciliter le prélèvement d'organes ?* partir des cadavres. On relève que plus de 50 donneurs d’organes ont été recensés ?* Boumerdès et qu’un accord a été délivré par le ministère des Affaires religieuses en février 2000 lors du lancement de la première association des donneurs d’organes.

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        • #19

          Dimanche 7 Juin 2009 -- Le professeur Abdelaziz Graba, chef de service d’oncologie au centre anti-cancer Pierre et Marie Curie, au CHU Mustapha, a indiqué que sur 100 malades, seules 28 transplantations hépatiques ont été effectuées. Le professeur a confirmé qu’aucune intervention du genre n’est programmée, en faisant entendre que les interventions pour la transplantation du foie sont bloquées pour l’instant. Pourtant il affirme, en marge du 17e congrès national de chirurgie, qui a débuté hier ?* l’hôtel Aurassi, que l’Algérie compte approximativement quelque 5.000 malades demandeurs de transplantation de foie. Pour le professeur Graba, ce blocage est lié au manque de moyens financiers. Il précise que l’activité en question suscite des moyens financiers importants qui devront être spécifiques ?* cette activité et non prélevés du budget de l’hôpital.

          «Si l’Etat décide de budgétiser cette activité, on relancera la transplantation hépatique ?* un rythme acceptable», a-t-il souligné. Et de préciser que la greffe de foie coûte très cher. Il précise qu’une greffe de foie coûte 8 millions de dinars, avec une prise en charge de trois mois d’hospitalisation, sachant que les médicaments que doit prendre le malade après l’opération coûtent excessivement cher. Des médicaments qui devront être assurés par l’hôpital. Il poursuit : «C’est pratiquement la même chose en France , la transplantation hépatique coûte 300.000 euros».

          Enfin, le professeur a réitéré la demande portant création d’une agence nationale de greffe d’organes ?* partir de donneurs cadavériques, et ce pour atténuer la souffrance des nombreux malades qui attendent d’éventuelles solutions ?* leur cas. Le professeur évoque la possibilité de créer des cartes pour les donneurs d’organes, ?* l’instar des cartes des donneurs du sang, ceci pour réduire un tant soit peu les lenteurs administratives.

          Le professeur Graba a évoqué dans la foulée la préparation effective du plan national contre le cancer. Et d’affirmer que le cancer enregistre une progression fulgurante. «On parle de 35.000 nouveaux cas annuellement, mais il y a 35.000 autres qui ne sont pas diagnostiqués annuellement». Pour ce qui est du congrès organisé par la société algérienne de chirurgie, en collaboration avec les associations maghrébines de chirurgie et l’association française de chirurgie, il permettra, selon Graba, aux spécialistes d’échanger des expériences, notamment pour les chirurgies de pointe.

          Le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Saïd Barkat, ayant procédé ?* l’ouverture des travaux de ce congrès, a affirmé pour sa part que ce triple congrès (le 17e congrès national de chirurgie, le 3e congrès maghrébo-français de chirurgie et le 13e congrès maghrébin de chirurgie) est une occasion de nouer des partenariat d’égal ?* égal, notamment entre les chirurgiens du Maghreb et ceux de France. Le ministre a ouvert une parenthèse sur plusieurs sujets en réponse aux questions de la presse. Sur le problème du manque de cliniques d’accouchement, le ministre a assuré que 4 grandes salles d’accouchement seront construites et aménagées ?* Alger prochainement. Et sur le cas de certaines cliniques privées qui font appel, durant les week-ends, ?* des chirurgiens étrangers pour pratiquer des interventions, sans aucune autorisation de la part du ministère, le ministre annonce « de nouvelles mesures dans les jours qui viennent». Enfin, en ce qui concerne la grippe porcine et sur le cas hospitalisé ?* l’hôpital de Béni Messous, le ministre a affirmé en insistant que «nous n’avons aucun cas de grippe porcine, ni aucun cas suspect». Et d’ajouter que deux étrangers ayant subi des analyses ont quitté l’hôpital après 24 heures.

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          • #20

            Lundi 13 Juillet -- «Alors que le ministre de la Santé et de la population parle avec conviction de l'utilité vitale de la greffe d'organes prélevés ?* partir de cadavres, rien n'est encore fait sur ce plan en Algérie. Grâce ?* cette méthode, plus de 4.000 greffes ont été jusque-l?* réalisées en Arabie Saoudite qui est aussi un pays musulman». Ce constat est établi avec une certaine amertume par le professeur Dahdouh, chef du service d'urologie et de transplantation au niveau de l'EHS Daksi de Constantine. Ce dernier précise que ces interventions religieusement qualifiées de «Sadaqa Djaria», c'est-?*-dire de charité pérenne, ont été déclarées légales par le ministère des Affaires religieuses.

            Toujours selon notre interlocuteur, «la décision finale ne relève pas uniquement des deux ministères concernés (Santé et Affaires religieuses) mais d'autres partenaires, entre autres, le ministère de la Justice, la Protection civile, la Gendarmerie nationale qui ont leur mot ?* dire sur ce chapitre. Une chose est sûre aux yeux du professeur Dahdouh : ces greffes d'organes prélevés sur des cadavres seront ?* ne pas en douter d'un apport inestimable pour notre pays qui pourrait épargner la vie ?* une bonne partie des 13.000 dialysés que compte l'Algérie et aux 5.500 patients de l'Est algérien pris en charge ou suivis par l'hôpital de Daksi, et dont plusieurs dizaines ont un besoin urgent de greffe.

            En attendant le feu vert des prélèvements de reins ?* partir de cadavres, Daksi poursuit son cycle d'interventions ?* raison d'une douzaine d'opérations par mois. Trouver les «couples» compatibles n'est pas facile, précise le professeur Dahdouh qui souligne que pour raison de compatibilité, seuls le père, la mère, le frère et la soeur peuvent donner un rein. Le patron de l'EHS de Daksi souligne enfin que « nous maîtrisons toutes les techniques modernes de transplantations et nous sommes disposés ?* faire le maximum pour nos malades. Mais, faute de reins disponibles par dons, les blocs de chirurgie et les malades attendent.

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            • #21
              Souhila Hammadi :


              Samedi 24 Octobre 2009 -- Une législation rigide, des structures inadaptées, un personnel médical spécialisé insuffisant, des logistiques défaillantes… Autant de contraintes qui compromettent l’essor de la transplantation d’organes dans le pays. Les professionnels de la santé décrivent une situation frustrante. “La transplantation d’organes est une chirurgie de pointe qui reflète le niveau médical et scientifique d’un pays”, suggère le Pr Rayane, président de la Société algérienne de néphrologie. En la matière, l’Algérie ne tire pas une grande fierté. Le constat, livré jeudi dernier au palais de la culture, lors des travaux du premier congrès de la Société algérienne de transplantation d’organes (Sato), est plutôt navrant tant les contraintes, pas souvent objectives, s'érigent contre des prouesses chirurgicales qui sauvent des vies humaines, destinées sinon ?* une fin certaine. Le présent et l’avenir de la greffe se construisent dans le prélèvement d’organes sur un cadavre. L’Islam ne s’oppose guère ?* cette pratique. Des croyances ancestrales rejettent néanmoins le prélèvement d’organes sur une personne décédée qu’elles assimilent ?* la profanation du mort. Le Pr Chaouch, président de la Sato, a évoqué, dans ce sens, une charge défaillante de la famille des accidentés dans un moment de douleur intense. “Si vous demandez ?* la famille, dans le pavillon des urgences, que vous voulez prendre les organes du proche qu’elle vient de perdre, c’est normal qu’elle refuse”, a-t-il souligné. “Le manque d’informations induit l’appréhension dans un contexte dramatique”, a complété le Pr Boudjemaâ. “Avec de l’organisation, les gens consentiront certainement ?* faire ce qu’ils refusent si vous le demandez brutalement. D’autant qu’il n’y a aucun obstacle religieux pour ce faire”, a poursuivi le Pr Chaouch. Il a affirmé que les parents doivent d’abord avoir la certitude que les médecins ont tout tenté pour sauver leur proche. “Il faudra aussi une structure adaptée pour les recevoir et leur expliquer la situation”, a-t-il ajouté.

              Le Dr Khomri, chef de l’unité de transplantation rénale au CHU Mustapha, a parlé de l’insuffisance de lits dont dispose le service, des pénuries sporadiques des médicaments, des appareils qui tombent souvent en panne, de déficit de médecins formés dans cette spécialité… “Il n’y a pas assez de personnel pour le suivi des malades en postopératoire. Les médecins sur place sont surchargés. Moi, je me plains de ce problème. Je n’ai pas beaucoup d’aide”, a-t-elle rapporté. “Si tous ces problèmes sont réglés, nous pourrons facilement faire deux greffes par semaine dans mon seul service”, a-t-elle soutenu. “Quoi qu’il en soit, nous serons toujours bloqués tant que le prélèvement d’organes sur des donneurs cadavériques ne se développe pas. On continuera ?* fonctionner en-dessous de nos capacités”, a asséné le Pr Rayane. Il a affirmé qu’environ 6 000 personnes, souffrant d’insuffisance rénale chronique, sont en attente de greffe qui ne leur bénéficiera peut-être jamais car ils n’ont pas de donneurs. La rigidité de la législation algérienne inhibe le développement de la transplantation d’organes, particulièrement la greffe rénale. D’autant qu’il a admis que les algériens sont plus prompts ?* donner un rein qu’une partie du foie. Il n’en demeure pas moins que la loi n’autorise que les ascendants (mère, père et grands-parents) et les collatéraux (frères et sœurs) ?* donner un rein. Les conjoints, les cousins, les tantes et oncles, pour rester dans le cercle familial, sont exclus de la liste. “À cause de ça, nous ne pouvons pas dépasser 150 greffes par an, ?* l’échelle nationale, alors que les besoins minimaux sont de 300 transplantations par an. Le déficit se creuse d’année en année”, a regretté le professeur Rayane. Son confrère, le professeur Chaouch, a estimé important de sensibiliser “les autorités sur ce que nous les spécialistes leur demandons de faire”. À ce titre, il a informé que les recommandations du congrès seront adressées au ministre de la Santé, de la population et de la Réforme hospitalière.

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              • #22

                Mardi 27 Octobre 2009 -- Les techniques de prélèvement d’organes sur cadavre, les expériences de greffes rénales au niveau des différents centres hospitalo-universitaires du pays et la prise en charge péri-opératoire sont autant de thèmes débattus au cours du 1er congrès sur la transplantation d’organes en Algérie, qui s’est tenu au palais de la Culture Moufdi-Zakaria, ?* Alger. À l’ouverture de cette rencontre, le président de la Société algérienne de transplantation d’organes (SATO), le Pr Hocine Chaouche, a appelé les praticiens ?* persévérer dans leurs efforts afin de généraliser la transplantation d’organes dans notre pays. Il a appelé ?* lever tous les obstacles entravant le développement de la greffe en Algérie pour arriver ?* la pratiquer ?* partir de donneurs vivants ou sur des personnes décédées. Le Pr Chaouche a estimé qu’il y a des préalables ?* cela, expliquant qu’avant de procéder au prélèvement d’organes sur les cadavres, l’environnement doit être adéquat et décent pour inspirer confiance aux familles des donneurs et des receveurs d’organes. «Ainsi, ce sera plus facile de demander ?* la famille de la personne décédée l’autorisation de prélever un organe sur le cadavre», a-t-il souligné. Il a également appelé les médecins ?* faire montre de pédagogie pour expliquer la mort cérébrale, précisant qu’un mort cérébral est un mort, même s’il est maintenu sous perfusion pour faire survivre quelques heures seulement les reins, le cœur ou les autres organes ?* prélever. Selon le Pr Chaouche, il y a une série d’éléments qui doivent aboutir ?* la même conclusion pour constater la mort, comme l’absence de respiration spontanée, qui empêche le cerveau d’être irrigué en sang. Il a appelé dans le même contexte ?* ne pas confondre le coma avec la mort cérébrale car, a-t-il insisté, celui qui est mort cérébralement est déclaré comme mort.

                Le Pr Chaouche a évoqué, d’autre part, les contraintes en matière d’infrastructures, estimant que l’on ne pourrait parler réellement de donneur-cadavre que lorsqu’on sera installés dans des locaux accueillants avec des gens inspirant confiance. En ce sens, il a mis l’accent sur la sensibilisation des autorités pour qu’elles respectent, a-t-il dit, les priorités que nous, spécialistes et hommes de terrain, leur demandons de respecter. La médecine d’urgence doit investir dans l’homme et les services des urgences doivent être améliorés par la construction d’un centre des urgences digne de ce nom, a recommandé le président de la Société algérienne de transplantation d’organes. La nécessité d’aller vers des donneurs d’organes en dehors de la famille du patient a été également abordée par des professeurs et médecins spécialistes ?* cette occasion. «Nous souhaitons que la législation algérienne aille vers cette ouverture, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens», a indiqué M. Ahmed Nekhla, médecin au service de chirurgie thoracique et cardiovasculaire du Centre hospitalo-universitaire Mustapha (Alger). Il a expliqué que «le don d’organes n’est permis qu’aux membres d’une même famille du premier degré, c’est-?*-dire, le père, la mère, le fils ou le frère, alors que l’époux n’a pas la possibilité de donner son organe ?* son épouse.

                Pour ce qui est du prélèvement d’organes ?* partir de personnes décédées, l’opération demeure difficile ?* mettre sur pied, car elle nécessite une logistique adéquate et un travail de sensibilisation auprès de la population, a-t-il ajouté. «Il est impératif de disposer de centres des urgences bien équipés, de centres de réanimation très performants et d’une infrastructure permettant le prélèvement d’organes dans les heures qui suivent le décès», a encore recommandé le Dr Nekhla. «Les praticiens algériens disposent de la technicité et de l’expérience», a-t-il fait savoir. À cet effet, il a estimé que «la réouverture du grand centre des urgences du CHU Mustapha, en rénovation depuis six ans, servira ?* régler plusieurs contraintes en matière de prise en charge de la greffe d’organes». Evoquant la greffe rénale en Algérie, M. Ali Benziane, médecin au service néphrologie du CHU de Beni Messsous, a relevé qu’il y a en moyenne 120 greffes annuellement au niveau national, relevant cependant que la demande demeure «beaucoup plus importante». Cette manifestation scientifique, organisée par la SATO, sous le thème «Etat des lieux et perspectives», a vu la participation de spécialistes qui ont évoqué ?* cette occasion leurs expériences en matière de greffe d’organes.

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                • #23
                  Riyad Hamadi :


                  Jeudi 3 Juin 2010 -- Un total de 1.420 greffes de cornée ont été réalisées en Algérie de 2007 ?* 2009 alors que le nombre de demandeurs s’élève ?* 1.500 personnes par an, a indiqué jeudi le chef de service d'ophtalmologie du CHU Nafissa-Hamoud d'Alger (ex-Parnet), le Pr Louisa Chachoua. Le Pr Hamoud qui s'exprimait au cours de la première conférence médico-chirurgicale internationale algéro-jordanienne ?* Alger, a précisé que le nombre de patients nécessitant une greffe de la cornée est de 1.500 cas par an. Autrement, la demande n’est pas entièrement satisfaite alors que l'importation des greffons « est loin de régler ce problème de santé publique », a-t-elle ajouté.

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                  • #24
                    Irane Belkhedim :


                    Mardi 2 Novembre 2010 -- En marge des travaux du 18e congrès national de chirurgie, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould-Abbès, a indiqué que le décret présidentiel portant création de l'Agence nationale de transplantation d’organes sera prêt dès la fin 2010. Située ?* Blida, cette nouvelle structure permettra d'établir un registre national des receveurs de greffes et des donneurs potentiels, devenu une priorité. Promouvoir le don et le prélèvement d'organes, l’organiser, encadrer les services compétents, prendre en charge la législation et l'éthique seront également parmi ses principales missions. Cependant, de nombreux spécialistes ont estimé qu’il ne s’agit pas seulement de mettre en place un établissement de gestion et de régulation, la situation actuelle exigeant de revoir le travail des services des urgences médicales, de spécialiser le personnel et d’impliquer davantage les laboratoires. Plusieurs médecins ont affirmé, lors des travaux du 18e congrès national de chirurgie, qui se sont déroulés dimanche et lundi ?* l’hôtel Hilton, que la transplantation d’organes nécessite une organisation infaillible et une logistique importante. Il y a également un travail de communication ?* assurer pour sensibiliser les citoyens.

                    «Nous sommes prêts ?* vous faire partager notre expertise, nous ne pouvons faire plus. Le reste dépend de vous. Dans mon service, je suis sévère avec mon équipe, je dois dire que je suis adepte de l’esclavage ! Mon équipe travaille sans relâche ; il y a même des médecins qui ne rentrent pas chez eux durant toute une semaine, voire plus. Le service l’exige. Des gens prêts ?* faire ça, il faut en trouver ! Ce n’est pas facile », a indiqué le Dr Castaing de l’hôpital de Rennes. «La transplantation hépatique, a-t-il ajouté, ne se limite pas ?* mettre en place des moyens techniques, c’est tout un projet qui nécessite l’ouverture d’un débat national impliquant différents spécialistes.» «Il y a deux ans, deux opérations de transplantation ont échoué ?* Rennes, cela a été médiatisé de manière telle que les gens ont été effrayés ! Cela a réduit les opérations de don d’organes, je ne sais comment ? Pourquoi on n’en parle jamais quand ça marche ?» s’est-il demandé, recommandant aux présents de privilégier les campagnes de sensibilisation pour engager la société civile. «Nous, médecins, sommes nuls en communication ! Nous devons faire appel ?* des professionnels pour atteindre et sensibiliser. Pourquoi ne pas impliquer dans les débats des philosophes pour nous aider ?* trouver une base morale ?* ces interventions ? C’est important», a-t-il insisté, se référant ?* l’expérience de son service.

                    En matière de greffes d’organes, l’Algérie accuse un grand retard. Entre 2007 et 2009, 305 greffes rénales, 7 greffes de foie, 1.420 greffes de la cornée et 422 greffes de moelle osseuse ont été réalisées. Ces chiffres sont en deç?* des objectifs fixés. Annuellement, 1.500 malades ont besoin d’une greffe de la cornée et 300 autres d’une greffe du foie. En sept ans, 32 greffes de foie ont été réalisées. Le pays dispose d’un centre de greffe hépatique, un centre de greffe de moelle osseuse et sept autres de greffe rénale. La greffe de la cornée est l’unique opération qui se pratique dans toutes les régions. Les autres greffes sont sous-représentées dans le Sud, l’Est et l’Ouest, tout étant centralisées ?* Alger. Les Algériens sont réticents face ?* ce genre d’intervention. Ils sacralisent le corps et refusent tout prélèvement. Les établissements hospitaliers n’encouragent pas ces opérations puisqu’ils ne sont pas équipés. Généralement, les donneurs sont des apparentés et les prélèvements ne se font jamais sur les cadavres. Au Maghreb, la Tunisie reste leader dans ce domaine, elle gère un centre national de transplantation et dispose d’une équipe spécialisée. Une enquête tunisienne a démontré que 8 Tunisiens sur 10 sont favorables ?* une greffe d’organe. Mais dès qu’il s’agit de faire un don, ils ne sont plus que 5 sur 10 ?* y adhérer. Les raisons de ce refus s’expliquent par le fait que plus de 50 % des sondés ignorent tout sur les transplantations. Le refus pour motif religieux, dit-on, n’intervient que dans 4% des cas.

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                    • #25
                      Djamila Kourta :


                      Dimanche 28 Novembre 2010 -- Les programmes nationaux de transplantation d’organes connaissent un véritable ralentissement depuis quelques années, que ce soit pour le rein, le foie, ou la cornée. À peine relancée en 2005, la greffe rénale, par exemple, qui a enregistré un grand essor, semble freiner malgré la volonté affichée des praticiens, notamment les chirurgiens. Les raisons sont multiples, explique le Pr Chaouche, chef du service de chirurgie thoracique ?* l’hôpital Mustapha Bacha, en marge des travaux du deuxième congrès de la Société algérienne de transplantation d’organes dont il est le président. Pour lui, il y a une démotivation des équipes pourtant décidées ?* aller de l’avant et ?* relever le défi. «La pénurie de médicaments et le manque de moyens matériels dans les services sont, entre autres, ?* l’origine de cette situation de léthargie. Comment voulez-vous que ce type d’interventions puissent être réalisés d’une manière fréquente lorsque les ruptures de produits tels que les médicament antirejet, des gants, du sérum, etc. font défaut», a-t-il souligné, et de préciser que «la réussite de ces programmes dépend de la volonté des pouvoirs publics qui malheureusement n’encouragent pas assez les équipes médicales.» Il rappelle que «les 500 greffes réalisées au niveau national, les prélèvements ont été faits sur des donneurs vivants et Dieu merci, aucun d’entre eux n’est mort. Un procédé pas toujours facile, c’est pourquoi, nous demandons et nous encourageons la greffe ?* partir de cadavres.» Ce qui rendra la tâche, bien évidement, plus ardue, mais ?* condition que les moyens nécessaires soient mis en place, ?* commencer par un vrai centre d’urgence et l’implication de toutes les équipes médicales, car la transplantation est une affaire multidisciplinaire.

                      Interrogé sur les cas d’échec et de décès chez les receveurs enregistrés dans certains centres hospitaliers, le Pr Chaouche fait référence au thème du congrès qui traite de l’infection en transplantation pour expliquer qu’il est tout ?* fait normal d’avoir des cas de rejet tout en faisant référence aux expériences exposées par des spécialistes étrangers. «Nous sommes dans les normes. La moitié des malades font des rejets. Les complications existent dans tous les centres de transplantation ?* travers le monde. Nous ne sommes pas plus forts que les Européens. Nous avons eu des résultats où le rein est fonctionnel ?* 90% au bout d’une année. Il peut y avoir effectivement des décès dus aux infections telles que pulmonaires, mais il n’y a pas de survie ?* 100%. Sur le plan quantitatif, nous sommes conformes aux normes et nous pouvons faire mieux», a-t-il répondu. À la question de savoir s’il est aujourd’hui possible d’arriver ?* réaliser une greffe de poumon comme déj?* annoncé, le président de la Société algérienne de transplantation répond par l’affirmative. Il explique que les compétences existent, notamment en chirurgie. Il suffit de mettre les moyens qu’il faut pour pouvoir y arriver. Des stages de formation complémentaire seront organisés pour certaines spécialités et avec l’acquisition de certains équipements, d’ici ?* une année on pourra vraiment réaliser une greffe de poumon», a-t-il signalé, avant de préciser : «Entre 120 et 130 greffes se font actuellement chaque année en Algérie. Nous pouvons réaliser 10 fois plus».

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                      • #26
                        Djamila Kourta :


                        Dimanche 28 Novembre 2010 -- L’infection constitue la première cause de décès lors d’une transplantation rénale ou hépatique, ont souligné les spécialistes lors des travaux du deuxième congrès de la Société algérienne de transplantation. Le manque de moyens nécessaires dans les laboratoires et blocs opératoires pour mener ?* bien une greffe d’organe est un véritable handicap pour les spécialistes. Les travaux du congrès ont ainsi été axés sur le risque infectieux lors d’une transplantation. Ainsi, la Société algérienne de transplantation d’organes, a indiqué le Pr Debzi, hépatologue au CHU Mustapha Pacha, tente d’améliorer ?* travers ces journées, la pratique, les connaissances et la technicité, et de faire en sorte que la transplantation puisse être pratiquée ?* grande échelle. Citant la transplantation hépatique, le Pr Debzi estime qu’elle représentait une avancée considérable dans la prise en charge des maladies hépatiques tout en insistant sur l’acquisition des outils de diagnostic de qualité, comme les techniques de biologie moléculaire. «Les outils classiques ne sont plus performants», a-t-il signalé en rappelant qu’?* ce jour, 33 greffes ont été réalisées, la dernière il y a deux jours. Le Pr Debzi a également insisté sur la nécessité d’assurer un bon suivi des transplantés, notamment tout ce qui a trait au problème du rejet.

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