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Tant qu'il y aura des hommes !

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  • Tant qu'il y aura des hommes !

    Just in case you mist the latest from DZ Press ! Nezzar was portrayed to me as a monster, but I don't think so !

    Here's the Bout dish ! - Going to Iran with his Iranian friend belkhadem ! From my understanding of the interview, it's up to the Algerian society to change the regime and install A PERMANENt NOT WHAT IS THERE NOW ! In his conclusion, he means A REAL CIVIL WAR !the big risk, if Algerians do not choose a true reformist ! Enjoy
    NEZZAR AU SOIR d'Algérie
    BOUTEFLIKA MENE L'ALGERIE VERS LA CATASTROPHE
    Entretien réalisé par : Nacer Belhadjoudja

    Le confrère Le Soir d'Algérie a publié, dans son édition d'hier, un entretien avec le Général en retraite Khaled Nezzar, et vu son importance nous le reprenons dans son intégralité Khaled Nezzar est toujours égal à lui-même. Il parle et assume. D'abord de son livre empêché de paraître par tous les moyens, "mais qui paraîtra quand même". Il en fait brièvement le résumé. On devine que l'impact du contenu fera très mal là où il faut. C'est le bilan d'une mandature, et le mode de gouvernance d'un homme, que Khaled Nezzar évalue avec une sérénité froide à travers 200 pages dont chacune révèle une facette de l'homme qui nous gouverne depuis quatre ans. On passe sans transition à l'actualité nationale.

    Les métaphores de Nezzar empruntent au jargon militaire. Elles sont précises et imagées. La stratégie bouteflikienne est projetée sur une carte au 50 millième puis vue à travers une lunette d'approche qui révèle chaque détail. Nezzar n'esquive aucune question, y compris les plus dérangeantes. Ce qu'il nous apprend sur Abdelaziz Belkhadem est terrible. On se demande comment Belkhadem pourra désormais regarder dans les yeux les cadres du ministère des Affaires étrangères. Bien qu'il se défende de parler au nom de "X ou de Y", ce que dit Nezzar ne contredit pas les récentes sorties médiatiques des plus hautes autorités de l'institution.

    Qui veut empêcher la sortie de votre livre?
    Khaled Nezzar : Selon vous, qui a intérêt à ce que le livre ne sorte pas?
    Quelle a été votre réaction lorsque, successivement, cinq éditeurs connus sur la place d'Alger, après avoir lu le manuscrit et donné dans un premier temps leur accord de principe, ont finalement renoncé à le publier?

    Je suppose qu'ils ont eu peur pour leurs entreprises. Le premier m'a fait perdre beaucoup de temps par des faux-fuyants de toutes sortes. Objectivement, cet éditeur, dont on m'avait vanté l'esprit d'indépendance et l'attachement à la liberté d'expression, s'est révélé, au pied du mur, au-dessous de sa réputation. Croyez-moi, ce n'est pas de gaîté de cÏur - s'agissant de politique intérieure - que je l'ai fait, finalement, imprimer à l'étranger.

    Mais que contient donc votre livre qui fasse tant trembler les frères Bouteflika?

    Il déplaît à Abdelaziz Bouteflika de voir Khaled Nezzar décrire ses comportements et sa politique tels qu'ils sont et de démontrer, par des faits et des arguments irréfutables, qu'ils mènent l'Algérie vers la catastrophe. Il déplaît à Abdelaziz Bouteflika de s'entendre dire qu'il règne en sultan comme si l'Algérie lui appartenait de droit divin, qu'il use de l'institution présidentielle selon son bon plaisir, qu'il vide de leur substance et de leur sens les acquis démocratiques du pays, qu'il fait de l'administration un instrument partisan au service de son ambition, qu'il ridiculise la justice et la décrédibilise, qu'il court, sans raison diplomatique valable, d'un coin à l'autre de la planète, qu'il dilapide l'argent du pays, qu'il sème la discorde entre les Algériens, qu'il ressuscite le contrat de Rome et qu'il donne un second souffle au terrorisme. Il déplaît à Abdelaziz Bouteflika de s'entendre rappeler par Khaled Nezzar que la presse algérienne a fait plusieurs fois état de malversations et de népotisme et qu'elle accuse le président de la République d'en être l'auteur et le bénéficiaire direct et qu'il doit s'expliquer, au lieu de menacer de prison ceux qui donnent des précisions, des adresses et des chiffres. Il déplaît, enfin, à Abdelaziz Bouteflika de s'entendre dire que les Algériens ne sont plus dupes et qu'ils ne le laisseront pas détruire leur pays.

    Est-ce que votre livre évoque les vieilles affaires où le nom d'Abdelaziz Bouteflika a été, jadis, mêlé?

    Je ne règle pas de comptes personnels. Je me place sur un plan purement politique. Ce nÕest pas mon rôle de rouvrir les placards que d'autres ont fermés.

    Votre livre sera-t-il bientôt sur les étals?

    J'y compte bien !

    Général Nezzar, votre livre, que certains ont eu le privilège de lire en "avant-première", parle beaucoup de l'ANP. Vous défendez bec et ongles vos anciens compagnons. Vous tentez l'exercice difficile de transformer les bonnes raisons des "décideurs" en 1999 (qui ont imposé celui que vous pourfendez dans votre brûlot) en faits absolutoires. Selon vous, la bonne foi devrait dispenser ceux qui se sont fourvoyés du moindre mea-culpa ? N'est-ce pas échapper, derrière l'opacité du rideau des bonnes intentions, à la responsabilité morale ? Que reste-t-il de vos dénégations, vous qui dites, à chaque fois que vous en avez l'occasion, que vous ne vous exprimez pas au nom d'une certaine ANP?

    Voyons d'abord ce mot "brûlot". Mon livre n'est pas un baril de poudre lancé contre toute une escadre. Je respecte l'institution présidentielle et je ne la vise pas en tant que telle. Mais n'est-ce pas un tragique paradoxe de voir ce président, protégé par la Constitution et les institutions du pays, qui ont une vision responsable de leur fonction et de leur rôle, scier de sa propre main la branche qui le maintient à une certaine hauteur ? Que devient l'aura dissuasive de l'homme qui a la charge de maintenir l'institution présidentielle hors de toutes les atteintes, lorsque lui-même la rabaisse et la déconsidère tous les jours que Dieu fait ? C'est mon droit d'ancien responsable et de citoyen de dévoiler le mensonge et de déchirer l'artifice. Ce que je dis dans mon livre est dur, mais j'ai tenu à éviter de faire dans le "brûlot", machine infernale qui détruit tout quand elle explose. Il n'y a pas Òune certaine ANP. Il y a l'ANP, tout court ! Il n'y a pas, il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'autres centres de décision dans l'armée algérienne en dehors de celui de son haut commandement. J'ai du respect et de la considération pour les hommes qui sont à la tête de l'institution militaire. Personne n'a le droit de s'ériger en porte-parole de cette dernière en dehors de ses chefs qui ont leurs propres canaux pour communiquer. Cela étant, dois-je mÕinterdire de mÕexprimer parce quÕon insinue, chaque fois que je le fais, que je représente tel ou tel "segment" de lÕinstitution ? Mes anciens compagnons me connaissent, ils savent quelle affection jÕai pour eux et quel respect je leur voue. Ils savent aussi que lorsque les choses vont mal dans le pays, personne nÕa le pouvoir de me faire taire. Est-il si surprenant que cela que nos opinions convergent sur les sujets importants, nous qui avons été ensemble à lÕécole de lÕALN et qui aimons de la même façon désintéressée notre pays ? LÕAlgérie retourne à petits pas vers le Moyen Age. Ses ressources sont dilapidées. Elle est devenue la risée du monde, et on voudrait que Khaled Nezzar se taise ? Je ne me tairai pas ! Le fond du problème est ailleurs. Il faut voir les choses autrement. Que sÕest-il passé au cours de la décennie écoulée ? On pourrait résumer les choses ainsi : La deuxième République algérienne est née à la fin des années 1980. Elle a réaffirmé son credo novembriste le 11 janvier 1992. Dans lÕaffrontement des idéologies et le déchaînement des violences, la transition a été longue et douloureuse, mais elle a servi à régler son sort à lÕespoir de lÕintégrisme armé, et à aboutir à un consensus sur un minimum républicain entre les principaux acteurs politiques. NÕest-ce pas une grande victoire du peuple algérien, lorsque les partis islamistes, nés à Blida ou fabriqués à Peshawar, "surenchérissent" maintenant sur lÕalternance au pouvoir et les bienfaits de la démocratie ? La magistrature dÕAbdelaziz Bouteflika était censée ouvrir lÕère de la convalescence et des grands chantiers qui préparent lÕavenir. Les raisons de ceux qui ont agi en 1999 nÕétaient guidées que par le souci de maîtriser les dynamiques, de mener les transitions à leur terme et de faire redémarrer le pays sur tous les plans pour le plus grand bénéfice de lÕAlgérie. Souvenez-vous, jÕétais plus que réticent en 1999, mais je me suis rallié au consensus. Quatre ans plus tard, où en est-on ? Bouteflika nÕa rien compris aux enjeux vitaux de son temps. En se plaçant à équidistance entre les deux projets antagoniques, il a revigoré lÕun et affaibli les défenses de lÕautre. Sa démarche sinueuse, prudente et ambiguë avait été dÕabord interprétée comme une tactique imposée par des contraintes lourdes, mais que son chemin personnel finirait par converger avec celui, large et droit, de ceux qui nÕont jamais mis sur un pied dÕégalité les Algériens et leurs tueurs. Mais voilà quÕà présent il balaie dÕun revers de la main dix ans de résistance, quÕil fait appel aux fourriers brevetés de lÕintégrisme pour sÕassurer des voix militantes afin de rester au pouvoir. La question nÕest pas de sÕinterroger si Khaled Nezzar parle au nom de X ou de Y, mais de savoir si Khaled Nezzar a une certaine légitimité à affirmer que les professions de foi de ceux qui ont agi ensemble pour sauver la république sont toujours communément partagées ! "Ceux qui prétendraient nous faire revenir à lÕavant janvier 1992 nous trouveront toujours devant eux !" a dit récemment quelquÕun que jÕengage les apprentis sorciers à prendre au sérieux.

    Un certain colonel Samraoui vient de publier un livre dans lequel il attaque lÕANP. QuÕen pensez-vous?

    QuÕest-ce qui fait quÕun déserteur éprouve soudain le besoin de faire parler de lui alors que, si on sÕen tient à la logique, les "basses" entreprises de ceux dont il aurait tout à craindre devraient plutôt lÕinciter à se faire oublier ? CÕest assurément une contradiction que de décrire ses anciens employeurs comme des manipulateurs et des assassins sans foi ni loi et mettre en danger sa vie en les provoquant. La réserve que sÕest imposée lÕANP dans toutes ces affaires de désinformation nÕest la conséquence ni dÕun sentiment de culpabilité, ni dÕune incapacité à communiquer, ni dÕune habitude paralysante héritée du temps où le culte du secret était une véritable paranoïa, elle provient du légalisme de lÕinstitution ciblée qui ne voulait pas sortir de son cadre et de ses prérogatives pour mener une contre-offensive médiatique. Avec les élucubrations de lÕexcommandant Samraoui (ce type nÕa jamais été colonel, il a été loin du pays depuis 1992 et il a déserté en 1996, perturbé par des déboires familiaux), on découvre que cÕest le même noyau, jÕallais écrire la même officine, qui revient à la charge. Cette fois-ci, lÕeffet a été nul ou quasiment nul. La répétition des mêmes affirmations, par les mêmes personnes, ont créé la banalisation et suscité lÕindifférence. Le procès de Paris a eu au moins un mérite, celui de dévoiler ceux qui sont derrière tout cela et de décrédibiliser leurs discours.

    Revenons, si vous le voulez bien, à lÕactualité nationale. Quelle lecture faites-vous du chassé-croisé entre le ministère de lÕIntérieur et la wilaya dÕAlger dans cette affaire dÕautorisation donnée puis retirée au FLN pour la tenue de son congrès?

    Il nÕy a aucune incohérence dans lÕattitude du président candidat. Sa démarche est logique dÕun bout à lÕautre, même si elle relève de la psychopathologie. CÕest lui qui, à partir de Batna, a donné lÕordre dÕautoriser le congrès du FLN et cÕest lui qui a donné, deux heures plus tard, le contre-ordre. Le moral revigoré par la zorna, le tambourin et lÕodeur de cheddite qui accompagnent le décorum protocolaire et aussi par les envolées laudatives de quelques notables hospitaliers par vieille tradition, il a voulu transmettre un message personnel à Ali Benflis. CÕest un message qui porte sa signature et qui signifie : "CÕest à partir de ton berceau natal que je joue avec toi au chat et à la souris et que je te marche dessus !" Sachant de quoi sont capables les montagnards quand un des leurs subit lÕinjustice et la hogra, Abdelaziz Bouteflika a voulu, par ce geste, provoquer lÕémeute populaire afin dÕinscrire lÕirréparable au bilan de son compétiteur. Il sÕest comporté comme un invité puissant et arrogant qui humilie et écrase le fils de la maison. Alors quÕil a été reçu comme le président de tous les Algériens par une région accueillante et généreuse, il a tenté, sciemment et en pleine connaissance de cause, de créer une grave discorde dans le pays. LÕAurès, la Kabylie, lÕOranie, le Sud algérien sont la nation algérienne une et indivisible. Aucun apprenti sorcier nÕarrivera à les diviser. Nous savions depuis plusieurs semaines que le "grand" stratège, Saïd Bouteflika, cherchait à déclencher des zizanies tribales dans lÕAurès et des émeutes à Batna afin de réduire la dimension de Benflis à un trublion régionaliste. Les frères Bouteflika ont des Chaouia lÕimage de gens frustes et brutaux. Les Chaouia viennent de leur donner une leçon de savoirvivre et dÕintelligence politique. Grâce soit rendue à tous les élus, à tous les notables, à tous les citoyens de lÕAurès qui ont refusé de tomber dans le panneau.

    Que vous inspire ce qui se passe actuellement sur la scène politique?

    De la honte et du dégoût. JÕai honte pour mon pays, livré au bon vouloir dÕun homme qui préfère aux institutions de la République sa famille et son clan. Où sont les avancées démocratiques lorsque la Constitution, les lois et les règlements sont violés par le fait du prince ? Le dégoût, quand des commis, censés être au service de lÕEtat, se mettent, sans aucun état dÕâme, au service du puissant du jour et quÕils lui obéissent parce quÕils placent leur carrière personnelle au-dessus du devoir de leur charge.

    Qui visez-vous ainsi Òindirectement?

    Vous employez le mot ÒindirectementÓ ? De ma vie je nÕai pratiqué le tir par ricochet. CÕest un exercice périlleux qui peut provoquer des dégâts collatéraux inattendus. Mes tirs vont toujours dans lÕembrasure. Le ministre de lÕIntérieur a fait ses choix et il les assume. Il prouve tous les jours quÕil a fait de lÕinstitution, dont il assumera, tôt ou tard, les risques locatifs quÕil lui fait prendre inconsidérément, un corps de bataille au service de son ami Abdelaziz Bouteflika. On peut condamner ou sÕindigner, invoquer les lois ou les saines traditions de neutralité et dÕimpartialité de lÕadministration que beaucoup de ses prédécesseurs ont conçues comme des piliers pérennes, afin que cet édifice, qui est le ciment de lÕEtat, ne soit jamais le socle dÕun homme qui aspire à lÕéternité, mais celui de la République, le ministre de lÕIntérieur nÕen a cure. Il sait ce quÕil veut et il continuera à aplanir la route au président candidat tant quÕil pourra le faire.

    Que dire du wali dÕAlger à qui, dans la même journée, on fait signer une chose et son contraire. LorsquÕon accepte dÕêtre humilié de la sorte, on ne doit pas sÕétonner dÕêtre traité dÕopportuniste et de marionnette. JÕai connu des préfets de la République qui ont démissionné de leur poste pour moins que cela. Ce wali peut encore pérorer et commander quelques temps, mais il est mort politiquement. Que lui importe, dira-t-on, il partira gérer ses affaires de lÕautre côté de la mer quand ses commanditaires actuels ne tiendront plus le haut du pavé.

    Nous nÕallons donc pas assister à une saine compétition politique au cours de laquelle les candidats présenteront leurs programmes aux électeurs qui choisiront celui qui saurait les convaincre?

    On veut nous imposer une mascarade où un président candidat, et ses complices tapis dans les rouages de lÕEtat, considéreront toute opposition comme un intolérable crime de lèse-majesté. Pourquoi la campagne présidentielle a-t-elle commencée si tôt ? Elle a commencé à lÕinitiative dÕAbdelaziz Bouteflika qui ne veut laisser aucune chance à ses adversaires potentiels. Il veut les écarter ou les subjuguer par les moyens de lÕEtat. Il a commencé sa campagne au moment même où il a entrepris son marathon interwilayas avec "le geste ample du semeur". Dans quel pays au monde un postulant à un poste électif peut-il dilapider les ressources du Trésor public pour son bénéfice politique personnel ? Sur quelle évaluation des besoins des populations visitées ? Dans quelle loi des finances, votée par quel parlement, ces dépenses ont-elles été prévues ? Comment serontelles dépensées ? Cette opération rappelle ce qui se fait à Boumerdès, à Zemmouri et à Alger et qui indigne nos architectes et nos ingénieurs. Ce nÕest pas lÕintérêt du citoyen qui est pris en compte mais celui du président candidat qui doit, dans lÕurgence, mettre des emplâtres, colmater et soudoyer pour se faire tolérer pour une autre mandature. Je suis un militaire. JÕai donc lÕhabitude de lire toutes les aspérités dÕun panorama. Ce qui se passe est plus dangereux quÕon le croit. Bouteflika a commencé sa compagne très tôt pour avoir le temps de "déblayer" tout ce qui pourrait faire obstacle à sa stratégie. De par ma formation, je prends en compte les éléments essentiels du dispositif qui se présente à moi. Ces éléments sont le but poursuivi réellement par lÕadversaire, ses moyens et sa détermination. Ce qui se passe sur le terrain ressemble à ce quÕon peut appeler un exercice tactique complexe. On voit se développer des attaques de diversion qui préparent lÕoffensive essentielle, celle qui lève, une bonne fois pour toutes, tous les obstacles. Les fumigènes actuels tendent à opacifier lÕapproche pour bénéficier de lÕeffet de surprise. Cet homme, patient, rusé et sans scrupule, nÕest jamais autant dangereux quÕau moment où il multiplie les bonnes paroles et les caresses. Je nÕen dirais pas davantage, sauf que la vigilance doit être de rigueur pour éviter, le moment venu, dÕêtre pris au dépourvu.

    Beaucoup dÕobservateurs sÕinterrogent sur le silence de lÕANP...

    Ils font une fausse lecture de la configuration du haut commandement de lÕANP. Il nÕy a pas une politique de X et une autre de Y. Du moment que, par la bouche de sa plus haute autorité, lÕarmée a affirmé sa neutralité, les concurrents politiques ne doivent compter que sur eux-mêmes, étant bien entendu que lÕinstitution concernée au premier chef par la stabilité du pays est plus que jamais vigilante. JÕentends souvent des gens dire : "Ils lÕont ramené, ils nÕont quÕà nous en débarrasser" et ils ajoutent, sans vergogne, "y compris par le coup dÕEtat". LÕANP est voulue par les demi-soldes de la démocratie comme la canne blanche de lÕaveugle quÕon remise dans le bac à parapluies une fois le gué traversé. Puisque jÕai lÕoccasion, grâce à votre journal, de mÕexprimer, jÕaimerais rappeler aux donneurs de leçons comment ont été traités, après janvier 1992, ceux, qui, en assumant tous les risques, ont dit aux intégristes : "Vous ne détruirez pas la République !" Est-il nécessaire de donner les noms et les raisons sociales des grands "démocrates" qui, une fois le danger passé, se sont mis à bouffer du général algérien ? Lorsque jÕai intenté à Paris un procès aux calomniateurs de lÕANP, jÕai pu mesurer lÕimmense lâcheté de ceux qui nÕont cessé de clamer leur attachement à la République (ils se reconnaîtront). La bêtise politique - lÕégoïsme des chefs - dans un pays comme lÕAlgérie, mène tout droit au tombeau.

    Les citoyens sÕinterrogent sur le sens du mot "neutralité" lorsquÕun candidat à un poste électif utilise tous les moyens de lÕEtat : lÕadministration, la police, la justice et les moyens du Trésor public pour faire aboutir son projet personnel. Ils sÕinterrogent sur lÕintérêt dÕaller aux urnes lorsque ce même candidat avance derrière un tel rouleau compresseur!

    Je sais par expérience que le commandement de lÕarmée, dans son évaluation des situations que vit le pays, ne procède ni par tâtonnement ni par subjectivisme, il ne tient compte que de facteurs objectifs, et le premier dÕentre eux - pérenne et incontournable - est lÕintérêt suprême de lÕAlgérie, au-delà des hommes - quels quÕils soient - et de leurs gesticulations. Les chefs de lÕarmée algérienne affichent, sous leurs treillis, un pli rebelle à tout fer à repasser, ils sont, définitivement et incurablement, patriotes.

    Dans votre livre, vous dites que les futurs compétiteurs de Bouteflika seraient en droit de demander un audit des dépenses présidentielles.

    Je maintiens et je vais plus loin encore, il faudrait une commission indépendante, courageuse et incorruptible - et pourquoi pas parlementaire - pour enquêter sur les affaires de malversations et de détournements, sur les emplois fictifs dont bénéficient des membres de la famille présidentielle, dont vient de faire état la presse algérienne, et qui mettent en cause le président de la République et son frère. Bouteflika tremble à lÕidée que les organismes internationaux qui ont inscrit sur leurs tablettes la lutte contre la corruption aient de lui lÕimage quÕont déjà de lui ses compatriotes. Il tremble à lÕidée de ne plus pouvoir donner dÕaccolades aux grands de ce monde. Que restera-t-il alors du grand diplomate et du donneur de leçons quÕil a mis tant dÕannées à forger lorsque les preuves irréfutables de ses prévarications seront étalées au grand jour ? CÕest lÕopprobre, lÕinfamie, le K.O politique international, qui ont commencé à le menacer - Il nÕest plus reçu, dans certaines capitales, que dans des petits salons et devant témoins - qui ont poussé Bouteflika à vouloir bâillonner la presse indépendante.

    Depuis quelque temps, des relais médiatiques proches du cercle évoquent des cas dÕenrichissement illicite concernant dÕautresÉ personnes. NÕest-ce pas là la réponse du berger à la bergère?

    K. N : Mais ayez donc le courage de les nommer ! Vous voulez dire les généraux ? Je défie quiconque dÕapporter la moindre preuve des prévarications dont on parle ! Ce sont des calomnies, des allégations en carton pâte. Allez à Batna, à Tébessa, à Sidi-Okba, à Bordj, à Monaco, aux Seychelles ou à Tombouctou-les-bains, vous ne trouverez aucun ranch, aucun appartement des Mille et Une Nuits, aucune banque "privée". Les "affaires" dont on nous rabâche les oreilles ont été réalisées par une poignée de retraités insatiables connus. Que les lois du pays sÕappliquent si ces hommes ont fauté ! LÕécrasante majorité des officiers de lÕarmée algérienne vit de sa solde ou de ses indemnités de retraite. Ces hommes ont crevé la dalle pendant longtemps. Je le sais, puisque cÕest moi qui ai réglé lÕembrouillamini administratif qui les empêchait de jouir de certains de leurs droits. Maintenant, si le fait, pour un officier supérieur, de construire, grâce aux économies dÕune vie, une maison pour ses enfants est considéré comme un signe extérieur de prévarication, alors nous sommes en plein délire.

    Est-ce que vous condamnez les agressions que subit le FLN?

    Voilà ce qui arrive lorsquÕune famille aspire à devenir une dynastie et lorsquÕon cède à ses cadets et à leurs copains de grands pans de pouvoir. Je suis indigné par le mépris et par les procédés mafieux qui lÕexpriment. JusquÕoù cela ira-til pour écarter des adversaires politiques ? Verra-t-on le Conseil constitutionnel appelé à la rescousse, par la rhétorique et la casuistique, pour disqualifier une candidature en particulier ? A quelle autre initiative, à quelle nouvelle provocation doit-on sÕattendre ? CÕest de lÕhystérie. Pour la majorité des hommes de ma génération, le FLN a été, pendant longtemps, une émotion et une vibration. JÕai écrit, dans un de mes ouvrages, que cÕétait à mon initiative, lors de lÕavènement du multipartisme, que lÕANP a quitté le Front de La Libération nationale, authentifiant, par le poids spécifique de son retrait, lÕémancipation de cette formation politique du carcan qui en avait fait un simple faire-valoir. JÕai souffert de voir ce parti, au début de la décennie 1990, se transformer en fourrier de lÕintégrisme, et jÕai écouté ensuite avec attention ceux qui ont affiché lÕambition de le ressourcer, de le rajeunir et dÕen faire une institution au service de lÕAlgérie, à lÕinstar de tous les autres grands partis démocratiques. Comment ne pas sÕindigner lorsquÕon constate ces tentatives de lÕasservir de nouveau, de lÕinstrumentaliser et dÕen faire un machin au service dÕune tromperie politique ? Feu Mohamed Boudiaf, guidé par de nobles sentiments, indigné par les tentatives de dévoiement du FLN, avait voulu lÕenvoyer au "musée". Il sÕest ravisé quand il a découvert que la majorité des militants étaient indemnes de la contagion du défaitisme et de la compromission. LÕavenir a fini par donner raison à Mohamed Boudiaf. LÕAlgérie a besoin, pour sa stabilité et son équilibre, dÕun parti du juste milieu, prônant la tolérance, la modernité et le progrès, dÕun FLN crédible, afin que les transitions et les mutations sÕeffectuent par le dialogue et la persuasion et non par les ruptures violentes et les drames. Laisser seuls sur la scène politique les partis extrémistes, cÕest assassiner la démocratie naissante et précipiter lÕAlgérie dans des soubresauts sans fin. Quelle crédibilité aura le FLN lorsquÕil deviendra un rassemblement de fonctionnaires, dÕopportunistes et de comploteurs ? Un FLN version Belkhadem ne pourra quÕêtre à la traîne de ceux qui voudront lÕarrimer à leur croisade rétrograde. Il ne sÕagit pas dÕêtre pro ou anti-Benflis, il sÕagit dÕécarter les écrans fumigènes qui sont déployés pour découvrir où le président candidat a installé ses batteries et en fonction de quels objectifs. Abdelaziz Bouteflika sait quÕon ne remplit pas les urnes avec des incantations et la planche à billets, même en comptant sur des complaisances efficaces au sein de lÕadministration qui connaîtra, le moment venu, les "toilettages" idoines, mais avec des bulletins dÕélecteurs. Il aura besoin, en avril 2004, de bataillons dÕélecteursmilitants, disciplinés et motivés. Il sait qui pourra les lui fournir ! É Dès quÕil sera prêt, dès quÕil pourra compter sur les voix que lui préparent ceux avec qui il a passé un accord (cÕest un secret de Polichinelle), il ira au vote. Ecoutez donc ces partis, dits "réconciliateurs", prôner la réconciliation entre Benflis et Belkhadem. Ils veulent donner une substance charnelle à leur ersatz de FLN pour chanter en chÏur la fameuse partition romaine. Belkhadem nÕest pas simplement un casseur de parti, cÕest une tête de pont politique qui prépare le débarquement des forces que la résistance de la République a contraintes au repli. Abdelhamid Mehri, du fond de sa retraite, vient de tressaillir dÕaise. Il lève le doigt et crie : "Présent !"

    Je répète ma question, général Nezzar : soutenez-vous le F.L.N?

    Pourquoi ne formulez-vous pas votre question plus directement ? Vous voulez savoir si je soutiens Ali Benflis ? Ma réponse est la suivante : les Algériens se sont fait à chaque fois avoir, parce quÕils ont été crédules, et je dirais même naïfs. Ils ont voté pour des hommes au lieu de voter pour des principes de gouvernance. En ce qui me concerne, je rejetterai sans hésitation celui qui voudrait réformer la Constitution pour accaparer encore plus de pouvoir afin de devenir le Messie des Messies, celui qui ne viendrait pas avec des propositions qui définiraient sa vision des contre-pouvoirs et des mécanismes de leurs saisines afin quÕil ne se prenne pas pour un surhomme aspirant à lÕéternité, celui qui ne définirait pas le rôle de lÕinstitution militaire dans les cas de figures où les grands principes républicains seraient en danger, celui qui nÕaurait pas une démarche qui tiendrait compte, avec audace et prudence, des forces de régression que recèle la société algérienne, celui qui ne proposerait pas un canevas institutionnel, un véritable boulevard de modernité et de progrès, balisé par des partis politiques crédibles, des associations citoyennes indépendantes, des mouvements associatifs incorruptibles, une administration au-dessus de la mêlée. Je rejetterai le funambule qui, à chaque fois quÕil trébuche, lÕAlgérie tressaille et retient son souffle. Lorsque cet homme sÕengagera sur ce cahier des charges dont je viens de tracer les grandes lignes, je voterai résolument pour lui !

    Des généraux à la retraite soutiennent Belkhadem. Votre opinion sur la question?

    La belle affaire ! Combien sont ils ? Et qui sont-ils ? Vous en parlez comme si Belkhadem avait rallié à sa subversion tout le corps de bataille de lÕANP. Le jour où Belkhadem exhibera franchement les alliances pour lesquelles il a été "missionné", nous verrons qui restera alors à ses côtés et il sera toujours temps de dire pourquoi ! Belkhadem est un personnage qui vient de loin. Il a jalonné son parcours par des actes et des prises de position qui ont été des références déterminantes pour Bouteflika qui a fait appel à lui ès-qualités. Il a été le premier "appel du pied" fait par le président aux alliés extérieurs du FIS. Le personnage a fait parler de lui au moment où certains "fonctionnaires" iraniens avaient transformé lÕambassade de leur pays en un poste de commandement à partir duquel étaient ordonnées et coordonnées les actions terroristes de Gousmi et consorts. Belkhadem, hôte de lÕambassade dÕIran, en même temps que le responsable de la direction Asie au ministère des Affaires étrangères algérien, fera un compte rendu fidèle au diplomate iranien de la teneur des conversations que lui-même et Abdelhamid Mehri avaient eues avec les membres du HCE. Le chef de la direction Asie, le regretté FÉ fera, bien sûr, un rapport à sa hiérarchie qui met en cause Abdelaziz Belkhadem. Quelques jours plus tard, ce fonctionnaire algérien sera exécuté. NÕest-ce pas une insulte à la mémoire de nos morts, je dirais plus - un blasphème - de voir ce personnage représenter lÕAlgérie à lÕétranger dans des hémicycles qui traitent du terrorisme ? CÕest à la suite des ingérences répétées des agents iraniens dans les affaires de lÕAlgérie, ingérences facilitées par les "amitiés" de personnalités politiques algériennes - dont Belkhadem - et une fois que Lakhdar Brahimi, notre ministre des Affaires étrangères, eut utilisé - en vain - toutes les voies traditionnelles pour inciter les ressortissants iraniens, couverts par lÕimmunité diplomatique, à respecter les lois du pays hôte, que jÕai ordonné la fermeture de lÕambassade et lÕexpulsion des officiers pasdarans qui planifiaient, chez nous, lÕéradication de nos cadres.

    Abdelaziz Bouteflika sÕapprête à se rendre en Iran. Votre commentaire?

    Le pouvoir a changé en Iran. La conjoncture internationale est ce quÕelle est. LÕIran, "sûr de lui et dominateur", au moment où lÕAlgérie était à genoux, est maintenant demandeur. Juste retour des choses.

    Que va-t-il se passer dÕici 2004?

    Les dynamiques, bonnes ou mauvaises, sont tributaires de la volonté des hommes, cÕest aux protagonistes de lÕaction politique - au risque dÕêtre disqualifiés de la plus humiliante manière pour eux par les conséquences de leurs actes - de les maîtriser par la raison et la sérénité.

    Votre opinion sur Ouyahia?

    Qui vivra verra !

    Pensez-vous quÕAbdelaziz Bouteflika a des chances de passer en 2004?

    On ne peut pratiquer le coup dÕEtat permanent, rouler lÕadministration dans la farine, transformer des commis de lÕEtat en une caricature de responsables, gouverner Ð ou plutôt régner - par des méthodes dignes des émirs et des vizirs, privilégier la moubayaâ payée rubis sur lÕongle à lÕadhésion responsable et citoyenne, traiter les ministres de la République comme des valets passibles de la corde et du billot, se construire un tremplin en or massif pour le rebond de 2004 avec lÕargent du Trésor public et pérorer, la bouche en cul de poule, quÕon veut rempiler parce quÕon aime lÕAlgérie ! Je le dis, sans ambages, que cÕest prendre les Algériens pour des cÉ. Quel pacte sacré lÕAlgérie a fait donc avec cet homme et sa famille pour quÕelle doive les subir jusquÕau fond de lÕabîme?

    Yazid Zerhouni parle de lÕAlgérie profonde en opposition de celle qui sÕest réunie à Hydra. Votre commentaire?

    LÕAlgérie profonde est celle qui est plus pauvre quÕavant 1999, cÕest celle qui est dans les camps des sinistrés, cÕest celle qui fait grève pour cause de ras-le-bol, cÕest celle de notre jeunesse désemparée, ce nÕest certainement pas celle des flonflons, des embrassades hypocrites, des cortèges de limousines rutilantes, des discours officiels et des façades ravalées la veille par des ouvriers pressés. Si jamais - ce quÕà Dieu ne plaise - celle-là leur octroyait un second mandat, ils rencontreront tôt ou tard, lÕautre, la première, la vraie Ð lÕincontournable Ñ sur leur chemin.

    in Le Soir d'Algérie

    http://www.lesoirdalgerie.com





    "Journées d'étude parlementaires sur la défense nationale
    "La mission de l'armée n'est pas limitée à l'action armée"
    Par : Souad A

    Le Général retraité Abdelhamid Jouadi a refusé que "la mission de l'armée populaire nationale soit limité à l'action armée, puisque la défense nationale est un concept global qui implique plusieurs aspects, bien qu'il insiste que" l'institution militaire n'est pas, de nos jours un simple outil entre les mains de l'autorité politique, cette dernière, a-t-il ajouté n'a pas tranché si, l'intégrisme est un ennemi ou pas pour le pays".

    Dans son intervention, hier, à la session d' ouverture des deuxième journées d'études parlementaire sur la défense national, tenues par le comité de défense nationale du sénat, le général retraité Abdelhamid Jouadi a démenti que l'armée a actuellement un rôle dans la prise de décision politique , ou qu'il monopolise la décision politique au pays, bien que a-t-il expliqué, l'armée soit un simple outil entre les main du pouvoir politique, elle est, contrairement à d'autre établissement de l'état, elle est géré par un règlement spécial".

    Il a insisté sur le fait que l'armée populaire nationale a sauvé le pays du désastre du terrorisme pendant la dernière décennie"mais, il a ajouté "la balle est maintenant dans le camp du pouvoir, qui n'a pas tranché au sujet de la nature du régime politique dans le pays", et "n'a pas répondu à une question de base, qui consiste à répondre si l'intégrisme est oui ou non l'ennemi de l'Algérie".

    Il s'est demandé "sommes nous capables de mettre en place de nouvelles bases pour l'état algérien?", insistant sur la nécessité de résoudre la problématique de la différence entre la sûreté nationale et la défense nationale, disant que les missions de la défense nationale doivent être claires".

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