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Violence still plagues Algerian women

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  • #76

    ALGIERS, March 6, 2009 (KUNA) -- The Algerian government has devised a strategy to protect women from abuse, Minister of Families and Women Nouara Djaafar said Friday. Djaafar told KUNA during International Women's Day celebrations that the strategy took years of study to be completed, saying that the cabinet, the parliament, and other organizations participated in the formation of this strategy. The strategy would increase cooperation between security forces and civil institutions to provide a violence-free atmosphere at home, stated the Minister, adding that health institutions would play their part in helping to reduce the suffering of women in Algeria. Legal authorities also have a vital part within this comprehensive strategy to protect women, said the official.

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    • #77

      Dimanche 8 Mars 2009 -- Six associations algériennes se sont regroupées dimanche en un collectif qui a adopté une charte dénonçant les violences faites aux femmes et prônant la lutte pour des « lois civiles égalitaires dans tous les domaines », indique le texte. Cette charte du Collectif des associations algériennes contre les violences faites aux femmes" affirme que "l'infériorisation des femmes" institutionnalisée par le code de la famille aggrave ces violences. En outre, le système éducatif entraîne "l'aliénation de la société et la femme en particulier" et fait "reproduire, souvent par ces dernières, des schémas sociaux rétrogrades".

      Les violences peuvent être "institutionnelles, par le code de la famille" ou "physiques, sychologiques, politiques, sexuelles et économiques", au sein de "la famille, de la société et en milieu professionnel", ajoute la charte. Celle-ci énumère "les coups, les sévices sexuels, l'enfermement, les mariages forcés, le harcèlement psychologique, la violence économique et le harcèlement sexuel au travail et dans les établissements scolaires". Elle dénonce le travail "non, ou peu, rémunéré des petites filles" qualifié de "traite".

      Le collectif appelle à lutter pour l'adoption "de lois civiles égalitaires dans tous les domaines", une amélioration du code pénal en ce qui concerne le harcèlement sexuel au travail ou la prise en charge par l'Etat des victimes de violences. La charte exige aussi "la levée de toutes les réserves aux conventions et traités internationaux contre les discriminations à l'égard des femmes".

      Les six associations : SOS femmes en détresse, le Réseau Wassila, la Commission des femmes de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, Djazaïrouna, Tharwa n'fatma N'soumer et le comité femme des l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) s'engagent enfin "à mettre en place des procédures pour œuvrer afin d'apporter un réel changement" dans la société.

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      • #78

        Lundi 16 Mars 2009 -- La violence contre les femmes, ce phénomène, il faut bien le souligner, a tendance à s’amplifier avec la dégradation de la situation socioéconomique du pays, la rareté de l’emploi qui rend la femme en quête d’emploi plus vulnérable, plus fragile et plus exposée à toute forme de harcèlements. Profitant de la célébration de la Journée mondiale de la femme, qui s’est particulièrement distinguée cette année à Sidi Bel- Abbès par la promotion des femmes officiers de police au grade de commissaire, des inspectrices promues officier et des agents de l’ordre public élevés au grade de brigadier, la sûreté de wilaya a présenté un bilan des plus éloquents au sujet de la violence contre les femmes et qui dénote de l’ampleur de ce phénomène dans cette wilaya. Un phénomène qu’il faut bien souligner a tendance à s’amplifier avec la dégradation de la situation socioéconomique du pays, la rareté de l’emploi qui rend la femme en quête d’emploi plus vulnérable, plus fragile et plus exposée à toute forme de harcèlement sexuel et plus particulièrement lors de son recrutement, son renouvellement de contrat de travail, sa titularisation, ou sa promotion. En effet, les cas de violence contre la femme traités par le service de la police judiciaire durant les cinq dernières années (de 2004 à 2008) sont au nombre de 641 cas, toutes formes confondues, soit une moyenne de 100 cas par an.

        Parmi ces affaires, l’on relève 47 cas de violence, dont l’agresseur est soit le père ou le frère, 118 cas de violence conjugale et 476 autres cas d’ordre passionnel. Les autres formes de violence enregistrées et traitées durant cette période sont la violence sexuelle avec 9 cas, 4 femmes ont été victimes de viol, 4 ont fait l’objet d’inceste, 212 ont été maltraitées et 27 autres victimes d’harcèlement sexuel. Les coups et blessures volontaires viennent en tête avec 385 cas, suivis du mauvais traitement avec 215 cas. Les chiffres de la police indiquent que l’année 2004 a eu son lot de violence avec 147 affaires, dont 105 cas de CBV. À partir de 2005 et jusqu’à 2007, les chiffres relatifs aux différents cas de violence ont connu annuellement, une baisse sensible avec respectivement 129, 118 et 113 cas. Par contre durant l’année 2008, le mauvais traitement à l’égard des femmes, les agressions physiques et les violences sexuelles ont considérablement augmenté et ont constitué un ensemble de 134 cas de femmes violentées, dont 31 ont été violentées par leurs conjoints, 16 ont fait l’objet d’harcèlement sexuel et 46 ont subi des mauvais traitements.

        Interrogé par nos soins au sujet de ce phénomène, certaines femmes et psychologues ont signalé que la violence contre la femme est quotidiennement présente, soit au domicile conjugal, dans la rue et parfois même sur le lieu de travail. Certaines orphelines, ou sans emploi n’ont pas où aller pour échapper à la violence des conjoints, ou du concubin, elles sont livrées à elles-mêmes et vivent le calvaire, néanmoins, l’on constate chaque jour des femmes qui se révoltent contre le diktat imposé par leurs agresseurs et elles n’hésitent pas à les dénoncer aux différents services de sécurité. Malgré cela et selon nos interlocutrices, la violence continue toujours à sévir, surtout à Sidi Bel-Abbès, avec ses effets et ses conséquences, qui le plus souvent sont dramatiques. Les praticiens qui examinent souvent les femmes victimes de violence, nous ont révélé que les violences verbales et physiques, causent de nombreux dégâts corporels, notamment des hématomes, des hémorragies, des fractures et des handicaps ou même la mort. Ces derniers engendrent également à leur tour des préjudices moraux, comme la perte de la valorisation de soi-même, la dépression nerveuse, des psychoses, des cauchemars, des angoisses perpétuelles, des maladies nerveuses, la peur des relations sexuelles. Certaines, plus fragiles, se livrent à la prostitution, s’adonnent à la drogue et à l’alcool ou recourent au suicide.

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        • #79

          Mardi 21 Avril 2009 -- Parrainée par plusieurs ONG de par le monde, Wassyla Tamzali est candidate au poste de rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes. L'heureuse lauréate est désignée par le Conseil des droits de l'homme qui siège à Genève par un groupe consultatif composé cette année du Chili, du Sri Lanka, du Sénégal, de la Bulgarie et de l'Espagne. Avant le 17 juin, date de désignation de l'élue par le président du Conseil des droits de l'homme, les tractations de coulisse iront bon train. Malgré le soutien à Wassyla de nombreux pays, celui de son État est indispensable, d'autant plus que le poids de l'Algérie vis-à-vis des pays africains en particulier et des pays du Sud en général reste important. Le rôle de l'ambassadeur algérien à ce poste, Driss Djazaïri, diplomate chevronné, est décisif. Militante de la première heure dans le camp du progrès, où précisément elle croyait que cette cause allait être sérieusement prise en charge, elle était proche du régime socialiste des années 1960 et 1970 de l'Algérie. Dans ses mémoires Une éducation algérienne, livre paru chez Gallimard en 2008, elle raconte son engagement et ses désillusions.

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          • #80

            April 27, 2009 -- Women's rights activists from North Africa, the Middle East and Europe met for a groundbreaking regional forum last week in Tunis, where they launched an ambitious programme to combat gender-based violence in the Mediterranean region.

            The three day conference, part of the EU-funded Euro-Mediterranean Program for the Promotion of Equality between Men and Women, concluded Thursday (April 23rd) with an action plan to gather data and provide more accurate and comprehensive information to governments, media and non-governmental organisations.

            Attendees agreed on a unified approach to collecting information on violence against women and set out guidelines for surveys that participating countries, "especially Tunisia, Jordan and Lebanon, intend to conduct".

            The workshop recognised the progress made in Tunisia in the field of women's rights, and called on the country to "to finalise a model document" on its achievements, expenses and problem-resolution mechanisms so as to help guide other nations.

            The attention of Arab societies to gender-based violence is still far from the desired level, said former Egyptian minister Amina Chafik.

            Heightened attention by non-governmental organisations, however, has "made governments pay attention to violence against women", she added.

            "We are in need of long breath and a change of mentalities, as this must be made step by step and firmly."

            Hassiba Houacine, head of a department in the Algerian Family Ministry, said that Algeria began working up a plan to confront violence against women in 2005. The plan is now in its second stage.

            "We are now about to start a new experiment, which is the establishment of a unified information system to monitor violence against women," Houacine said.

            In Jordan, meanwhile, physical violence against women includes honour killings and rape, journalist Samar Haddadine told Magharebia.

            "The government and civil society organisations have tried to change the existing laws that punish the perpetrators of honour killings," Haddadine said, "but the Parliament rejects that because it is dominated by conservatives and Islamists."

            According to Faiza ben Hdid, a European expert in social gender affairs, one in three women is subject to beatings, forcible sexual assaults, or other attacks. In most cases, the assailant is someone known to the victim.

            "One in four women is subject to attacks during pregnancy," she noted.

            Sarra Jeraya Kanoun, Tunisian Minister of Women, Family, the Elderly and Children's Affairs, said that to "achieve a better understanding of women's rights and protect their future, change must come from the people".

            "We need to strengthen people's awareness to take practical and effective steps to establish policies and joint action plans that can produce a tangible and specific shift in the efforts aimed at combating discrimination and violence against women.”

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            • #81
              Amel Bouakba :


              Mardi 2 Juin 2009 -- Les résultats de la troisième enquête algérienne à indicateurs multiples (MICS3), lancée en 2006 ont été dévoilés hier, lors d’une journée d’étude, à l’Iinstitut national de santé publique (INSP). Réalisée par l’Office national des statistiques en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière et financée par l’Unicef, l’enquête en question a concerné 30 000 échantillons répartis sur 7 régions du pays. Elle a touché tous les aspects, dont les conditions de vie des ménages, la nutrition et la santé des enfants. L’un des résultats qui a soulevé une onde de choc dans la salle des conférences est incontestablement celui qui indiqué que 67,9% de femmes acceptent que leurs maris les battent. Ce qui montre, à en croire l’enquête, que plus de deux femmes sur trois acceptent cette pratique pour une raison ou une autre. La démarche adoptée consiste à demander à l’ensemble des femmes âgées entre 15 à 49 ans, s’«il est justifié qu’un homme batte sa femme» dans des situations bien précises. Ces résultats paraissent démesurés mais révélateurs d’une banalisation de la violence dans la société algérienne. Ce constat inquiétant a interpellé les intervenants qui ont souligné que «le fait que les femmes cautionnent la violence conjugale est une forme d’acceptation de la violence dans la société». «L’acceptation de la violence conjugale est un élément révélateur de la banalisation et de l’existence de ce phénomène ainsi que de la subordination de la femme», souligne l’enquête. Ce phénomène paraît plus généralisé dans l’est du pays où près de 80% sont d’accord qu’un mari batte sa conjointe. Des différences notables sont observées, toutefois, selon le milieu de résidence. Une plus grande acception de cette pratique est en effet constatée en zone rurale (74,6%) contre 62,7% en zone urbaine. «Les femmes âgées de moins de 35 ans sont deux tiers à approuver la violence conjugale», relève encore l’enquête. D’autre part, le niveau de bien- être économique constitue un facteur déterminant dans la perception de la violence conjugale. Ainsi, «plus le ménage est démuni, plus le recours à la violence paraît toléré et normal» est-il rapporté. De même, «plus les femmes sont instruites, plus elles ont tendance à moins tolérer cette pratique».

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              • #82

                Mercredi 17 Juin 2009 -- Selon le chef du service de médecine légale du centre hospitalo-universitaire (CHU) docteur Benbadis de Constantine, le professeur Tidjani Mohamed Bachir, le dit service «a reçu chaque mois, en 2008, pas moins de 114 cas de femmes victimes de violences physiques, dont 40% des cas ont pour auteur le conjoint et 104 autres victimes de violences sexuelles, soit au minimum une moyenne de 5 cas par jour pour chacun des deux registres, soit une dizaine de cas quotidiennement». Les déclarations ont été faites lors de la journée d'information et de sensibilisation organisée durant la journée de lundi dernier, au niveau de Dar El-Imam. Cette rencontre-débat, organisée par l'association locale Nedjma, a été initiée en coordination avec la direction de wilaya des affaires religieuses et en présence de juristes.

                La journée a tourné autour de la sensibilisation sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes par rapport au code de la famille et à ses amendements et s'est déroulée sous le slogan «la protection de la femme, gage de stabilité de la famille». Elle a comporté deux volets, dont le premier s'est déroulé pendant la matinée sous forme de portes ouvertes sur les activités de la Maison Nedjma, qui a créé à l'intention des femmes des guichets d'écoute psychologique, juridique, sociale, etc. qui ont pour rôle la prise en charge des femmes en détresse qui s'y présentent. L'après-midi a été réservée aux interventions de conférenciers, spécialistes en médecine légale et en matière juridique, qui ont évoqué les nouveaux amendements apportés au code de la famille, ainsi que les interventions de deux mourchidates désignées par la direction des affaires religieuses de la wilaya, expliquant la position et les recommandations de la chariaa en faveur de la protection de la femme, et ce pour le rôle cardinal qu'elle joue dans l'édification et le fondement des nations.

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                • #83
                  Farida Hamadou :


                  Samedi 20 Juin 2009 -- La Maison Nedjma, fruit d’une fusion bénévole entre l’association « Rachda » et la représentation des « Femmes travailleuses de l’UGTA », dont le siège se trouve à la rue Meriem Bouattoura, se veut un espace d’écoute psychologique, juridique et sociale, accueillant les femmes en difficultés de samedi à mercredi. Le projet Aida, subventionné par l’Union européenne, avec l’aide de l’IMED, dans le cadre de l’initiative européenne pour la démocratie et les droits de l’Homme, perpétue l’action engagée dans la lutte et la prévention contre la violence, sous toutes ses formes, à l’égard des femmes. Cet espace, réparti et conçu en 5 guichets : accueil, écoute psychologique, écoute juridique, social et mobile, est animé par un personnel féminin incluant les présidentes de « Rachda » et des « Femmes travailleuses de l’UGTA ».

                  À titre illustratif, en 2008, 221 femmes ont bénéficié d’une prise en charge afférente à l’une ou l’autre fonction des guichets. Soixante-dix (70) d’entre elles ont été orientées vers le social, 60 vers le juridique, 27 vers l’écoute psychologique et 8 ont été assistées par le guichet social, notamment pour l’aide à l’insertion professionnelle. Les quarante-sept (47) femmes restantes, jugées cas complexe, car faisant face à des problèmes multiples, et donc relevant des 5 options, ont été tour à tour prises en charge par la totalité des guichets. Jusqu’à mai 2009, la maison aura accueilli 82 femmes, dont 12 dirigées vers le social, 30 (plus un homme) vers le juridique, 19 vers l’écoute psychologique et zéro en matière de travail. Les cas complexes, au nombre de 20, ont concerné tous les services cités. Ces derniers cas, (dits complexes), combinent des profils de grande détresse, notamment des femmes répudiées, s’étant retrouvées sans toit, sans ressources, complètement effondrées, dans un tel désarroi qu’elles ne savent plus quelle voie emprunter. « Cependant, nous ne sommes pas une institution caritative, nous sommes à l’écoute de ces femmes pour les orienter, leur apporter un soutien moral, les aider à trouver un travail, et autant que faire se peut, un abri », tient à préciser Malika Chettouh, la présidente de Rachda.

                  L’espace a eu à accueillir, dans le cadre de ses activités, des mères célibataires, des victimes de viol, d’inceste, de harcèlement, sous toutes ses formes, des enfants issus de l’adoption et qui se retrouvent, une fois adultes, sans repères ni identité, des personnes suicidaires…tous font l’objet d’un suivi psychologique par une équipe formée dans « l’écoute active », souvent couronné de résultats probants. Zohra Mimèche, la présidente des Femmes travailleuses de l’UGTA explique ainsi le concept du guichet mobile : « Nous nous déplaçons vers les institutions où il est signalé des cas de femmes en difficultés ; pour ce faire, nous entretenons des relations avec l’hôpital, notamment la médecine légale, l’association des psychologues, les urgences médicales, la DAS, l’institut islamique… » D’autre part, il est à rappeler qu’il était question, dans le projet Aida, de « l’ouverture d’une maison-refuge » pour ces femmes en danger d’errance. Il est à espérer qu’il y sera donné suite !

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                  • #84
                    Nabila Amir :


                    Lundi 22 Juin 2009 -- Aucun institut privé, aucun organisme étatique ne peut donner la prévalence exacte des femmes victimes de violence en Algérie. Dans la plupart des cas, la femme préfère se culpabiliser que de dénoncer son agresseur », a regretté hier Fadéla Chitour, médecin et présidente du réseau Wassila lors d’un séminaire international de deux jours organisé au Centre national de formation des personnels spécialisés (CNFPS), à Alger. Des représentantes de Médecins du monde France (MMF), du réseau Wassila, des associations, des psychologues, ont pris part à cette rencontre organisée en partenariat avec le ministère de la Solidarité. Hier, c’était l’occasion pour ces parties de faire le point sur les échanges réalisés durant les tables rondes qui ont eu lieu lors du séminaire consacré à la violence à l’égard des femmes le 14 juin. Clarisse Brunelle, coordinatrice au niveau de MMF, a rappelé la genèse de leur projet en Algérie. Le MMF est financé par un organisme qui dépend directement du ministère des Affaires étrangères français. « Nous sommes venus en Algérie avant 2006, lors des inondations de Bab El Oued pour former un personnel dans le domaine du psycho-traumatisme, la société civile nous a alors interpellés pour le développement d’un programme portant sur les violences faites aux femmes », a observé Clarisse. « Nous avons alors formé les écoutantes du réseau et celles activant au sein du ministère de la Solidarité et nous avons développé d’autres petits réseaux, notamment à Tizi Ouzou et à Annaba », a révélé la conférencière, qui a dressé un bilan positif du travail effectué jusqu’à l’heure actuelle. Mme Constance Duplessy, bénévole au sein de Médecins du monde, a évoqué le programme international de lutte contre les violences faites aux femmes, installé dans 29 pays africains pour la plupart. L’objectif de ce programme international est de former des gens qui prendront en charge correctement les femmes violentées, de renforcer la prise en charge globale des victimes et de développer et renforcer également les compétences en différenciant les échanges d’expériences. À la question de savoir pourquoi Médecins du monde active uniquement en Afrique. N’y a-t-il pas des femmes victimes de violence en Europe et dans le reste du monde ? L’oratrice confirme que les projets de programmes sont concentrés en Afrique. « C’est une exigence de notre bailleur de fonds », avant d’ajouter : « Loin de nous l’idée de cibler un pays ou un autre et de le taxer de pays où la violence est de mise. Les zones de solidarité ne sont pas nos priorités. Notre programme est transversal ».Lors des débats, plusieurs intervenants sont revenus sur le phénomène de la violence à l’égard des femmes. Un phénomène universel bâti sur la domination d’un sexe sur un autre et qui prend des proportions alarmantes. Mme Chitour s’est réjouie, certes, du travail entrepris avec les différents partenaires, mais estime que beaucoup reste à faire. « Il faut changer les mentalités si l’on veut éradiquer ce fléau. Il y a des femmes qui subissent la violence au quotidien, mais elles refusent de dénoncer leurs agresseurs. Pis, elles trouvent des justificatifs à cet acte, alors que la violence d’où qu’elle vienne ne peut être justifiée. »

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                    • #85
                      Hafida Ameyar :


                      Lundi 12 Octobre 2009 -- L’Algérie s’attelle à préparer un Plan de communication et de sensibilisation pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes (PCSLVF). L’information a été livrée, hier, par la ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, soit à 13 jours de la commémoration de la Journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes. À l’ouverture des travaux de l’atelier de réflexion sur le PCSLVF, qui se tient à l’Institut national pédagogique de la formation paramédicale (INPFP) de Hussein-Dey (Alger), et qui durera trois jours, Nouara Saâdia Djaâfar a également rappelé que l’élaboration de ce plan intervient à la suite de la réalisation, par son département, d’un certain nombre de politiques, dont la stratégie nationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes et la stratégie nationale d’insertion politique, économique et sociale des femmes. “Les deux stratégies, a-t-elle précisé, ont pour référence l’Islam et les lois de la République.” Par ailleurs, l’intervenante a rappelé que les réformes entreprises aux fins de protéger à la fois les Algériennes de la violence et leurs droits s’inscrivent dans le cadre de l’adhésion de l’Algérie aux conventions internationales, la Convention de l’ONU pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) comprise. Elle citera, entre autres, la révision du code de la famille et celui de la nationalité, l’instauration de mécanismes pour promouvoir la participation politique de la femme. “Beaucoup d’efforts ont été déployés pour améliorer les conditions des femmes, en plus de la volonté politique”, a indiqué la ministre, non sans relever les insuffisances en matière d’application sur le terrain. Plus loin, Nouara Saâdia Djaâfar a fait savoir que “les droits des femmes sont une revendication nationale et une revendication internationale”, insistant sur le rôle de la communication dans la lutte contre les violences. “Le ministère délégué doit se doter d’un centre d’informations centralisées pour mener un travail de suivi et d’évaluation”, a-t-elle soutenu, convaincue que le plan d’informations, “ventilé par sexe”, est “important”, car il aidera à trouver les solutions aux problèmes posés.

                      La lutte contre les diverses formes de violence à l’égard des femmes a été érigée en priorité mondiale. En février 2008, le secrétaire général des Nations unies avait lancé une campagne intitulée “Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes”. Le combat contre les violences faites aux femmes exige le renforcement de l’architecture de l’ONU. Pour cette Organisation, les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ne seront pas réalisés, “à moins de consacrer davantage de ressources à l’égalité entre les sexes”. Dans son rapport 2008/2009, le Fonds de développement de l’ONU pour la femme (UNIFEM), qui accompagne actuellement l’Algérie, a recommandé la mise en place de mécanismes de suivi “bien plus efficaces”, visant à faire respecter les engagements nationaux et internationaux. Le rapport de l’Unifem a attiré l’attention sur le fait que le taux de participation des femmes au Parlement est de 18,4% seulement à l’échelle mondiale, notant que les pays en développement ne dépasseront pas la “zone de parité de 40 à 60% avant 2045”. Ces résultats ont fait dire à la ministre déléguée que “la violence à l’égard des femmes est un phénomène international” et que la question de l’égalité entre les deux sexes, confrontée encore aux “résistances”, demandera du temps. En marge de la rencontre de l’ INPFP, Mme Djaâfar a révélé que l’élaboration du PCSLVF permettra de “poser des garde-fous” et aura pour finalité “la stabilité de la famille algérienne”. La ministre a également annoncé qu’elle animera une conférence de presse, le 25 novembre prochain, et fera le point sur le travail de son département avec les différentes parties : ministères, associations, Gendarmerie nationale, Protection civile, etc.

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                      • #86
                        Hafida Ameyar :


                        Lundi 12 Octobre 2009 -- Les premiers résultats d’une étude, entamée dès 2008 et achevée en juin 2009 au niveau du réseau national des centres d’écoute, viennent confirmer la gravité du phénomène des violences à l’égard des femmes et ses conséquences sur les enfants des victimes. Le projet, mis en place par le Centre d’information sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef), avec l’appui financier d’un organisme onusien (Unifem), appuie la première enquête nationale portant sur ce thème et publiée en 2005 par l’Institut national de santé publique (Insp), puis l’étude de prévalence, financée par le ministère chargé de la Famille et de la Condition féminine, réalisée en 2007, mais dont les résultats n’ont malheureusement pas été rendus publics. Grâce à ses 8 centres d’écoute sur les violences contre les femmes, implantés dans les différentes régions du pays (excepté le Sud), le réseau Balsam révèle les agressions sur des “cas souvent tus”, des “violences souvent ignorées, voire niées ou encore très sous-évaluées”, ceux de 150 femmes étudiées dans 14 wilayas du pays. La victime type serait une femme au foyer, mariée et mère de deux enfants, habitant un appartement dans une grande ville. Elle aurait 32 ans et aurait suivi des études secondaires. Quant à l’agresseur type, il est le mari de la victime, âgé de 45 ans, travaillant comme employé et ayant un niveau d’instruction moyen.

                        Les agresseurs moins instruits que leurs victimes

                        Mais, un regard sur les informations et tableaux fournis montrent que les victimes sont en majorité des femmes instruites (50% ont un niveau secondaire ou universitaire et 23% un niveau moyen) qui ne travaillent pas (68%), âgées entre 25 et 44 ans. Les mariées représentent 58% des femmes violentées, suivies par les célibataires (30%) et les divorcées ou séparées (17%). Sur les 5 formes de violences retenues, dont les femmes sont victimes fréquemment et dans la durée, la violence physique vient massivement (56%), suivie de la violence psychologique (58 cas), socioéconomique (31 cas), sexuelle (12 cas) et juridique (8 cas). Évidemment, les coups et blessures se placent en première loge (82 femmes), accompagnés en général par d’autres violences : tortures et brûlures (24 cas), fractures (13 cas), séquestration et kidnapping d’enfant (12 cas), tentatives de meurtre (7 cas), strangulation (4 cas). Il est remarqué que la proportion des différents types de violence demeure identique, quelle que soit la région, sauf pour la wilaya de Tizi Ouzou qui cumule “un peu plus de violence socioéconomique et moins de violences juridiques que la moyenne”. On note également que le pourcentage des agressions sexuelles est plus élevé chez les célibataires et les femmes séparées (22% + 20% = 44%) que chez les femmes mariées par la Fatiha (17%) et les femmes mariées avec acte (7%).

                        L’étude du réseau national des centres d’écoute attire l’attention sur le fait que les agressions sexuelles comportent “des violences très graves, aux conséquences très lourdes pour les victimes, en nombre important”, en citant l’inceste (7 cas), le viol (6 cas) et les tentatives de viol (5 cas). Sans omettre de relever l’existence du harcèlement sexuel (7 cas). L’étude de Balsam atteste, sur un autre chapitre, que les femmes sans instruction sont “plus à risque de violence économique que les autres”, subissant aussi comme celles ayant un niveau d’instruction primaire “plus d’agressions physiques que les autres”. Elle indique, en outre, que les agressions psychologiques “semblent atteindre davantage les femmes ayant un niveau primaire et les agressions sexuelles, celles ayant un niveau secondaire”. Sur un autre plan, les violences physiques, citées majoritairement dans cette enquête, semblent être celles qui autorisent aujourd’hui encore les victimes à parler. Pour ce qui est des agresseurs, ces derniers sont pour la majorité des hommes et des hommes mariés (79%). De plus, le tableau des violences est dominé par la violence conjugale : 50% des agresseurs sont les maris, suivis par les ex-époux ou les conjoints séparés (15%). Les membres de la famille de la victime sont également sources de violence de toutes sortes. Dans ce cadre, il est constaté que les frères (18 cas) et les pères (16 cas) sont parmi les principaux agresseurs.

                        Les enfants témoins et otages de la violence

                        Les violences contre les femmes affectent en premier lieu leurs enfants. Cet aspect est d’ailleurs mis en exergue par l’enquête, qui montre que 63% des enfants des femmes violentées souffrent de troubles psychologiques, 15% de déperdition scolaire, 8% d’absentéisme et 6% de violence à l’école. Sans oublier les cas d’enlèvements par les agresseurs, souvent les pères, ou les chantages/menaces de ces derniers.

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                        • #87
                          Lynda Louifi :


                          Mardi 13 Octobre 2009 -- La femme algérienne fait face, quotidiennement, à différentes formes de violence. En famille comme en milieu professionnel. Et partout ailleurs dans la société. Pour y faire face, une stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes a été élaborée en 2006. Selon les chiffres des services de la police judiciaire, rendus publics en 2008, près de 4 500 femmes ont été victimes de violences conjugales à l’échelle nationale. 2 675 femmes ont subi des violences physiques, 1 359 ont été maltraitées, 144 ont subi des violences sexuelles, 107 ont été harcelées et 4 ont été carrément éliminées physiquement. Un bilan qui en dit long sur la santé physique et mentale de la femme. Blessures et traumatismes physiques et psychologiques qui font augmenter chez elle le risque d’un certain nombre de problèmes de santé, comme la dépression, les maladies psychosomatiques ou la propension au suicide, estiment des psychologues.

                          «Non» à la violence contre les femmes !

                          Pour mettre un terme à cette violence physique, psychologique ou sexuelle, une stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes a été élaborée en novembre 2006, après un long processus de concertation entre les acteurs des secteurs concernés de la société civile. Cette stratégie est considérée comme «un cadre important» pour l’amélioration de la situation de la femme dans la société et sa protection de toute forme de discrimination. Elle repose sur un cadre de référence religieuse qui prône la justice, l’égalité et l’équité entre tous les croyants. Par ailleurs, la stratégie en question aborde la vision tolérante de la société à l’égard de la violence contre les femmes, le faible soutien réservé aux femmes et aux membres de la famille rescapés de la violence, la position négative des femmes ayant échappé à la violence et aux dangers auxquels pourraient être confrontés les enfants et les filles du fait de l’absence de protection notamment au sein de la famille, outre le manque de structures spécialisées dans l’orientation et l’accueil de cette catégorie de la société.

                          Témoignages de femmes battues

                          Des milliers de femmes souffrent en silence, gardent le secret de leur violence et n’osent même pas le révéler à leurs proches et amies, ou encore dénoncer leur agresseur. Ce silence peut s’expliquer par une certaine peur de la société qui les empêche de se plaindre. Comme c’est déjà le cas pour Fatiha, 35 ans, sans défense devant la violence bestiale de son conjoint. «Il me bat souvent, sans motif précis ; il me donne des coups de poing partout. Cette situation dure depuis la deuxième année de notre mariage. Je n’ose pas le dénoncer car chez nous le divorce est une honte pour la famille », raconte-t-elle, les larmes aux yeux, avant d’ajouter : «Je ne peux pas quitter ma maison et aller habiter chez ma mère. Qui me prendra en charge moi et mes trois enfants ?» D’autres formes de violence sont à l’origine de la détresse de milliers de femmes en Algérie. Nous pouvons citer le cas de Naziha, 30 ans, victime elle aussi d’une violence inouïe de la part de son frère. «Après la mort de mon père, il y a de cela six ans, l’autorité parentale s’est transférée d’elle-même à mon frère. Ce dernier m’a d’abord interdit de poursuivre mes études, et ce pour me garder à son service et celui de sa femme et ses enfants », indique-t-elle avec amertume. Les formes de violence sont diverses et les témoignages mettent souvent l’accent sur le comportement inhumain de quelques hommes. Pas tous puisque il en est qui s’organisent en comité ou association pour défendre les droits de la femme algérienne. Tout compte fait, la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes, qui prend en compte les principes issus de la déclaration des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes, insiste depuis son élaboration sur la nécessité de mettre en place des structures d’écoute, d’accompagnement et de soins, d’enregistrement des plaintes et d’accueil, outre la garantie d’une protection légale.

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                          • #88
                            Nissa Hammadi :


                            Samedi 17 Octobre 2009 -- Parce que le mari vient, de manière récurrente, en tête des statistiques concernant les femmes battues, le centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef), demande à ce qu’une disposition soit ajoutée dans le code pénal pour condamner les auteurs de ce genre d’actes et combler ainsi le vide juridique qui existe dans ce domaine. “Des dispositions générales existent. On parle de coups et blessures, mais sans distinction de sexe. Ce qu’il faut, c’est ajouter un alinéa spécifique au mari violent pour que ce dernier réfléchisse à cent fois avant de lever la main sur sa femme”, déclare Nadia Aït Zaï, avocate et présidente du Ciddef. En effet, cette structure organise, aujourd’hui, à l’Institut national de santé publique, une rencontre sur les premiers résultats de la base de données du réseau Balsam comprenant 8 centres d’écoute des femmes violentées répartis à travers le territoire national. L’opération a été lancée il y a 6 mois et s’est soldée par la récolte de 250 questionnaires dont le compte rendu confirme la prédominance du schéma classique. En l’occurrence, la violence conjugale. Selon les différents témoignages, les femmes subissent les coups du conjoint, surtout après une dispute avec la belle-mère ou la belle-sœur. Ces questionnaires répercutés au niveau du Ciddef constitueront une base de données et un support à la nouvelle politique de prise en charge de femmes violentées sur laquelle travaille déjà le ministère délégué chargé de la Famille qui a initié un projet similaire de récolte de l’information sur le terrain, plus global, basé sur l’apport de plusieurs parties : le mouvement associatif, bien sûr, et les données des secteurs de la santé, de la justice, gendarmerie, Protection civile, police… Annoncée en grande pompe, chaque année, la politique gouvernementale n’arrive pas à prendre une forme concrète. On en est encore à l’élaboration d’un plan de sensibilisation et de communication pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes laquelle violence prend régulièrement davantage d’ampleur. La solution est, peut-être, dans la proposition du Ciddef qui rejoint dans son essence celle du président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme qui préconise, pour sa part, une législation plus sévère vis-à-vis de l’acte de violence envers la femme, assortie d’une circonstance aggravante et l’inclusion d’une loi permettant le déclenchement d’une procédure judiciaire sur le simple témoignage du voisinage. Il s’agit donc d’instaurer des dispositions légales et pénales, suivies d’une application stricte pour que le mari ne puisse plus prétendre à avoir le droit de vie ou de mort sur son épouse. C’est une idée qui fait son chemin mais qui, malheureusement, n’a pas encore eu l’aval de l’Exécutif.

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                            • #89
                              Nabila Amir :


                              Dimanche 18 Octobre 2009 -- Des dizaines, voire des centaines de femmes sont quotidiennement violentées, battues, insultées, humiliées, soit par leur conjoint, leur ex-mari, leur frère ou bien leur père. Les violences touchent toutes les catégories sociales. Parmi les victimes, on trouve des épouses de cadres supérieurs, des femmes qui ont suivi un cursus universitaire, comme on trouve des mères au foyer. Aujourd’hui, en Algérie, le phénomène de la violence contre les femmes commence à être connu. Ce n’est plus un tabou puisque les langues commencent à se délier, mais la prise de conscience reste limitée, car un certain déni subsiste et très peu d’organismes sont mobilisés pour apporter une aide aux victimes. Ce constat a été fait hier par de nombreuses intervenantes lors du séminaire organisé par le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef), autour du thème « La prise en charge des violences faites aux femmes ». Le Ciddef a mis en place un projet permettant de réunir les cas de violence contre les femmes identifiées au niveau des différents centres d’écoute.

                              Dans le projet, présenté hier par Mme Marie-France Grangaud, il est mentionné que les centres d’écoute sont fédérés en réseaux et ont adopté un canevas commun de recueil des données. Quant au Ciddef, il intervient comme prestataire de services pour mettre en place les outils techniques nécessaires. Le réseau porte le nom de Balsam. L’intérêt de ce projet, selon ses initiateurs, est la valorisation du travail d’écoute qui se réalise, il permet aussi un enregistrement assez complet des cas des femmes qui s’adressent au centre, il est pérenne et révèle des cas de violence souvent tus. Avant de détailler le contenu du projet, Mme Grangaud a précisé qu’au moment de la réalisation du projet, le réseau a travaillé sur 150 cas de femmes victimes de violence et l’analyse a porté successivement sur les caractéristiques des femmes victimes, puis celles des agresseurs pour aborder en troisième lieu l’analyse des violences elles-mêmes et enfin l’analyse des effets des violences et des réactions des victimes. Les femmes victimes de violence, qui ont fait appel à un centre du réseau, sont en grande majorité des femmes instruites : 50% ont un niveau secondaire ou universitaire, 23% un niveau moyen, 18% un niveau primaire et 10% seulement sont sans instruction. Ces données montrent que même les femmes instruites peuvent être et sont effectivement victimes de violence. S’agissant de leur profession : 68% des victimes sont des femmes au foyer, 6% des employées, les cadres moyens sont au nombre de 6% et figurent parmi les femmes violentées des cadres supérieurs avec un taux de 4%. 58% des femmes violentées sont mariées, 12% divorcées, 23% des célibataires, la majorité de ces femmes a un ou plusieurs enfants.

                              La violence, d’après Mme Grangaud, n’est pas l’apanage des grandes villes mais elle existe dans des villages et même dans des haouchs. Maintenant, pour ce qui est de l’agresseur, les femmes violentées sont pour la plupart victime d’un seul agresseur, par contre d’autres le sont par deux ou plusieurs. 91% des agresseurs sont des hommes, soit le conjoint, l’ex-mari, puis vient en second lieu avec 10% chacun, le père et le frère, et enfin d’autres membres de la famille. En outre, dans 5% des cas, les femmes sont violentées par des femmes notamment, l’épouse du père, 56% des femmes violentées subissent des violences physiques, les coups dominent le tableau des violences, les violences psychologiques se déclinent en une infinité de formes : insultes, menaces, remarques dévalorisantes, harcèlement moral chantages, accusations variées... Pour ce qui est des violences sexuelles qualifiées de très graves : 69 cas ont été enregistrés, dont 6 viols et 5 tentatives de viol, 7 cas d’inceste (par le père, le grand-père, le frère et l’oncle), 7 cas d’harcèlement sexuel. « Un huitième cas d’inceste commis par le père sur sa fille handicapée est signalé par la mère, elle-même victime de violences de la part de son époux », rapporte Mme Grangaud, qui énumère d’autres cas incestueux notamment celui d’un homme avec sa belle-fille ou alors les viols répétitifs, avec la complicité du mari. Les organisatrices ont parlé également de la violence institutionnelle et salués l’enquête de prévalence, commanditée par le ministère chargé de la Famille et de la Condition féminine et réalisé en 2000, mais regrette que les résultats ne soient malheureusement pas publiés.

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                              • #90

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