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Violence still plagues Algerian women

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  • Salima Tlemçani :


    Vendredi 26 Novembre 2010 -- Alors que le colloque «Stop à la violence ! Les droits des femmes maintenant» qui devait se tenir hier à l’hôtel Es Safir a été interdit par la wilaya, les associations se sont retrouvées pour un débat à l’Association du planning familial. La non autorisation du colloque international sur les violences à l’égard des femmes qui devait se tenir hier a poussé à la tenue d’une journée débat au niveau du siège de l’Association du planning familial, coordinateur de la conférence. C’est dans un bureau trop exigu pour contenir le nombre d’intervenants que les travaux se sont déroulés hier tant bien que mal. Après avoir pris acte de la décision des autorités de bafouer le droit à la libre expression des femmes, Fadéla Chitour a présenté le programme en précisant que la décision de maintenir les travaux, tient du fait de l’importance de la capitalisation des expériences des pays participants à la conférence, à savoir la Tunisie, l’Italie, la France (même si une des conférencières n’est pas venue faute de visa), ainsi que le Maroc et la Tunisie.

    Dans son exposé sur l’état des lieux de la prise en charge des femmes victimes de violence en Algérie, la sociologue Fatma Oussedik est revenue sur l’historique et le contexte dans lequel celles-ci ont eu lieu, mais également sur le combat du mouvement associatif pour arracher les quelques acquis en matière de structures de veille, d’écoute et de prise en charge mais également le dispositif de prévention, qu’il faudra «renforcer et doter de moyens humains et matériels». Dans sa conclusion elle a appellé les participants à trouver des réponses aux question qui restent posées selon elle, à savoir : «Comment saisir l’ensemble du dossier des violences contre les femmes à partir de l’éclairage des conventions internationales qui consacrent la dignité de la personne, démasquer les inégalités pour que les lois ne soient plus ambivalentes à l’endroit des femmes, offrir aux victimes un lieu d’accueil, d’écoute et de parole, en encourageant les ONG, les chercheurs et les intervenants dans les différentes institutions qui travaillent dans le champ de la prise en charge, collecter de façon coordonnée les données statistiques sur les violences pour les rendre visibles, ne plus les banaliser et leur trouver d’excuses pour qu’elles soient sanctionnées pénalement et enfin comment travailler en réseau et articuler les actions pour prévenir cette violence particulière».

    Ce sont en fait ces interrogations qui suscité le débat autour de la nécessité d’une meilleure protection des femmes contre les violences. C’est d’ailleurs ce qu’affirme Faika Medjahed, dans sa présentation de l’argumentaire de la conférence. Le but dit-elle est de s’engager dans la réflexion autour d’un plaidoyer pour une loi cadre contre les violences à l’égard des femmes, et qui selon elle, «constituera la pierre de touche de notre mobilisation et de nos engagements prochains». Farudja Moussaoui a mis en exergue les lacunes et les ambivalences des textes algériens en la matière tout en citant des cas concrets, avant de souligner le problème de la mauvaise et non application des textes. Elle a terminé en réaffirmant la nécessité de combler le vide juridique en la matière et de renforcer certaines dispositions existantes.

    L’exposé de l’expérience italienne par Maria Grazia Ruggerini, a permis de constater que le problème de violence et surtout de prise en charge des victimes ne touche pas uniquement l’Algérie, mais également les pays les plus avancés en matière de protection des droits de l’homme. La conférencière a insisté sur la difficulté de faire avancer les choses, du fait du refus des milieux catholiques qui ont un poids très fort dans la société italienne. La chance précise t-elle, «C’est la décentralisation. Pour éviter les lois nationales, certaines régions ont élaboré des textes qui leur permettent de contourner ou de donner une nouvelle interprétation à certaines dispositions». Elle a fait état du mécanisme de prise en charge instauré par la société civile qui «a fait ses preuves sur le terrain, grâce à la conjugaison des efforts avec les conseils locaux,, souvent très sensibles à la question des violences».

    Mme Graba, professeur en droit, s’est attelée à dévoiler la multitude de textes qui existent en Algérie, et qui méritent d’être rassemblés, revus et corrigés. Selon elle, ils sont plein de contradictions et d’ambivalence au point où leur application suscite plus de problèmes qu’elle n’en résout. Elle a appellé à une loi spécifique relative aux violences contre les femmes, qui définit celles-ci et énonce les procédures claires à suivre afin d’éviter aux victimes toutes les tracasseries qui les empêchent souvent à dénoncer. Lors du débat qui a suivi les conférences, les participants se sont montrés très intéressés par cette expérience qui a mis en relief le rôle de l’Etat avant tout.

    Certaines intervenantes ont insisté sur le rôle de l’école «où l’on doit apprendre aux petites filles qu’elles doivent dénoncer leurs agresseurs», et d’autres ont mis en exergue les difficultés rencontrées par les femmes victimes de viol et les violences morales qu’elles subissent au niveau des commissariats, des tribunaux et des hôpitaux. «Il est important de mettre l’accent sur la formation des policiers, des juges et des médecins sur la prise en charge des femmes victimes de violences» ont-elles plaidé. Mme Chitour a demandé à l’assistance de réfléchir à une action pour dénoncer les violations comme l’interdiction du colloque. Les travaux se sont terminés en fin de journée, avec un goût d’inachevé, mais surtout de frustration en cette journée internationale contre les violences à l’égard des femmes.

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    • Salima Tlemçani, Vendredi 26 Novembre 2010 :


      - Pourquoi un plaidoyer pour une loi cadre ?

      Je préfère parler de loi spécifique que de loi cadre. Il s’agit en fait d’ouvrir le débat sur la nécessité d’un tel texte qui va réunir toutes les lois qui existent, le remanier pour extirper leurs contradictions. Par exemple, le harcèlement sexuel est prévu dans le code pénal au chapitre des violences contre la famille et la morale, ce qui est anormal. Au Maroc, je dirais que c’est pire, parce qu’il est classé au chapitre de la prostitution. Je dis donc qu’il faut reconcevoir la problématique de la défense de la société et la famille, pour revenir à l’individu. Il ne faut pas s’arrêter à la répression pénale seulement, mais aller à la prévention contre ces violences à travers la formation et la refonte du droit de la famille, du devoir conjugal, mais aussi le droit du travail, etc.

      - Cela veut-il dire qu’il y a nécessité de revoir le code de la famille ?

      Tel qu’il a été amendé en 2005, le code de la famille est devenu plus compliqué et engendre plus de problèmes. L’histoire du wali est humiliante. Sa présence est toujours obligatoire, même s’il s’agit de quelqu’un que la femme choisit. Je ne sais pas à quoi il sert. Il n’est pas témoin, donc il est là pour servir de gardien à une institution afin que les excités qui luttent contre la réforme du code de la famille -et qui se projettent dans l’avenir- puissent demain, le rédiger à leur manière. Il y a plusieurs aspects de ce code qui, en réalité, posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Beaucoup de juges préfèrent s’inspirer de l’esprit de l’ancien texte pour éviter l’embarras dans lequel ils sont mis. Prenons le cas de la polygamie : le nouveau code oblige l’époux à avoir l’accord de sa première épouse. C’est une humiliation que d’amener son épouse devant le juge et de lui dire d’affirmer son acceptation. Alger n’est pas l’Algérie. Les femmes de l’intérieur, qui n’ont pas de quoi manger, un toit et ont de surcroît des bouches à nourrir, ne refuseront jamais d’aller avec leur mari devant le juge. Elles subissent cette violence dans le silence, de peur des conséquences.

      - S’agit-il d’une volonté politique ou de l’ignorance de ceux qui l’ont élaboré ?

      Je pense qu’il y a la volonté politique. Il ne faut pas se leurrer. Ceux qui ont rédigé le code de 2005 sont ceux-là même qui ont rédigé celui de 1984. Il ne s’agit pas d’incompétence. La réforme arrangeait ceux qui l’ont pensée. Nous nous sommes fait avoir. En fait, il y a une volonté de refus de sortir du droit musulman en matière de réforme du code de la famille. Une volonté de ne pas aller vers un code civil. Alors appelons à une cohérence des textes pour que la famille soit tranquille et protégée. Il nous faut des mécanismes de protection contre les violences dans les foyers mêmes…

      - Parce que la violence intrafamiliale est la plus répandue ?

      Oui, ces violences sont les plus récurrentes, même si les autres sont tout aussi importantes. Il existe quelques procédures et des textes qui permettent à la femme violentée par son mari d’interdire le domicile à ce dernier et de l’empêcher de la voir, mais ce n’est pas appliqué. Ce sont les référés conjugaux contenus dans le code de procédure pénale et pourtant sur le terrain, rares sont ceux qui les connaissent. Il faut ramasser toutes les procédures, tous les textes, les décrets, les circulaires, etc., et en faire une seule loi pour se prémunir de la violence contre les femmes, la punir et prendre en charge les victimes.

      - Comme pour la loi sur la protection de l’enfance dont on parle depuis des années ?

      Moi-même j’ai travaillé sur la convention internationale de protection de l’enfance et j’ai découvert qu’il y a des milliers de textes consacrés à l’enfance et je les ai dépouillés. En fait pour une meilleure application, il faut ramener cet arsenal à une loi pluridisciplinaire. Le droit social est très mal connu, y compris par les magistrats. Il y a des lacunes qu’il faut combler et si on part du point juridique, nécessairement nous allons traiter tous les autres points socio-économiques, culturels, politiques et cultuels.

      - Voulez-vous dire que nous sommes condamnés à le subir ?

      Ce n’est pas évident. Les problèmes liés à son application sont tellement énormes qu’ils finiront par ouvrir une brèche. Il faudra que les gens qui ont pris leurs responsabilités pour exiger la réforme du code de 1984, reviennent sur le terrain pour revendiquer la refonte de celui de 2005. Je cite l’exemple du certificat prénuptial. Il a été prévu dans le code de manière scandaleuse qui a prêté à de mauvaises interprétations. Nous avons corrigé cette aberration dans la loi sur la santé qui vient d’être achevée, pour rendre cette disposition plus cohérente. Il est important de rappeler que ce certificat a été le fruit de la lutte des médecins professeurs femmes généticiennes. Elles voulaient dire stop aux mariages consanguins dont les enfants sont en général des filles attardées. Ce document doit relever du secret médical, parce qu’il comporte des informations sur la santé des époux. Il ne doit pas être remis au notaire. De plus, le code indique que ce document est exigé pour détecter les maladies qui contreviennent au mariage. Or, aucune maladie ne contrevient au mariage. Il y a des époux qui veulent se marier et ne pas faire d’enfants. Les sidéens aussi peuvent se marier en prenant les mesures de protection connues.

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      • November 25, 2010 -- Algeria will set up a domestic violence hotline in 2011, ANSA reported on Thursday (November 25th). According to Family Affairs Minister Hadjira Ait Mahdi, the "1526" hotline will be operational 24/7 to "help female victims of physical violence to express themselves and report the matter, as well as to directly contact centres for counselling, aid and information''. The line will provide access to psychologists, sociologists, legal experts and doctors.

        In related news, the success of Libya's new domestic violence hotline was discussed Thursday at the Tripoli Police Academy during a workshop held to mark International Day for the Elimination of Violence against Women. Calls to Libya's "1515" domestic violence, launched last March by Wa'atassimou charity head Aisha Kadhafi, have led to 833 legal and penal cases. Some 2,900 women have used the line and received help.

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