Announcement

Collapse
No announcement yet.

L’Algérien aura-t-il de quoi se nourrir après la fin du pétrole ?

Collapse
X
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • L’Algérien aura-t-il de quoi se nourrir après la fin du pétrole ?

    ALGIERS, June 6 (Reuters) - A Mediterranean breadbasket in French colonial times, Algeria today faces an uphill struggle to shed its unhappy status as one of Africa's top food importers.

    The north African giant is spending billions of dollars to try to improve its poor level of food self-sufficiency but must battle red tape, graft and obsolete banking and farming methods.

    The OPEC-member also will have to exert more political will to end its reliance on oil and gas if it ever hopes to resume its colonial-era role as a big food exporter, experts say.

    "Simply put, agriculture here is not a top priority as long as oil revenues cover most of Algeria's needs. But what if oil prices drop?" farming specialist Skander Mokrani told Reuters.

    "Our cereals output in the early 1960s used to cover most of the people's needs. Now, it only covers 20 percent of them."

    For centuries farming dominated the economy and at independence accounted for 63 percent of export revenues.

    But the departure of the French in 1962 set off a decline, with the loss of foreign managers and skilled labour compounded by the introduction of a rigid command economy featuring fixed salaries for farmers and effective state ownership of farms.

    Hydrocarbons took over as the driving force of the economy and the government began to favour heavy industry over farming.

    "We were convinced that oil could boost both industry and agriculture. Obviously we have made a big mistake," agriculture specialist Liess Kadiri told Reuters.

    "We've discovered that oil in effect has stopped the growth of the farming sector."

    A Western academic researching Algerian farming who declined to be identified said allocations of fertile land for industry and housing over the years had also hurt productivity.

    Today Algeria makes yearly average purchases of five million tonnes of cereals worth around $1 billion to help feed a population that has more than tripled since independence.

    Its exports from agriculture, mainly dates and wine, are marginal at under $50 million in 2006, in comparison with over $54 billion of hydrocarbon exports during the same period.

    Energy is the economic backbone, accounting for 60 percent of budget revenues, 30 percent of national wealth as measured by gross domestic product and 98 percent of export earnings.

    On top of bureaucratic incompetence and a recent history of land grabs during political violence in the 1990s, the farm sector also faces the challenge of modernising its techniques, improving management of water and widening access to loans.

    A source at the ministry of agriculture listed the technical challenges as: "A low level of mechanisation, under-use of chemicals, poor crop rotation system and, at the top of the list, very difficult access to bank loans."

    Sixty-two percent of farmed land is private smallholdings where farmers usually lack the assets that would qualify as collateral. The remainder is state land managed in many cases by private farmers under long term concessions who have difficulty in borrowing because they lack title deeds, economists say.

    The state has budgeted $4.2 billion for farming in a 2005-2009 national economic recovery plan, aiming to improve soil quality, grant concessions of land to agricultural investors, carry out reaforestation and promote farm busineses.

    Critics caution that a previous similar plan launched in 2000 that saw big investments in new equipment, loans to farmers and technical studies foundered on graft and mismanagement.

    Government officials are optimistic, but counsel patience, pointing to drought and lack of education as key obstacles.

    "People tend to forget that Algeria is not Switzerland. It is an arid country. It implies that agricultural outputs cannot be guaranteed," a second official source at the ministry said.

    The source added "two thirds of our 1.2 million farmers are illiterate, and only 1.5 percent have a degree. This is why our sector is still lagging behind, but things are improving."

    The stakes are high in a country with a turbulent political history and a long tradition of rural-based rebellion.

    Farming provides work for 1.2 million people or 20 percent of those of working age in the 33 million population, 40 percent of total jobs and about 10 percent of the $110 billion GDP.

    Officials point out that output has recovered from an annual average of 2.3 million tonnes in the 1990s, when production was devastated by political violence in the countryside.

    From 2000 to 2006, Algeria's average cereal output was 3.4 million tonnes per year. Output was 4 million tonnes in 2006.

    But non-irrigated farming dominates, exposing output to the vagaries of rainfall in an semi-arid part of the world.


  • #2
    L’Algérien aura-t-il de quoi se nourrir après la fin du pétrole ?

    Mardi 25 septembre 2007 -- Si une politique globale pour le développement de l’agriculture alimentaire n’est pas mise en œuvre dès * présent, la sécurité alimentaire, déj* très fragile, de l’Algérie sera beaucoup plus menacée après l’épuisement annoncé du pétrole et du gaz, assure M. Ahmed Aït Amara, économiste algérien.

    Pour le moment l’équation est très simple. L’Algérie vend ses hydrocarbures dont les rentes lui permettent de se procurer tout ce dont ont besoin les Algériens sur le marché mondial. En d’autres termes et comme le résuma un intervenant, «tout ce qu’on gagne en énergie de la main droite, nous le payons en alimentation de la main gauche».

    Mais deux questions s’imposent, a dit M. Ahmed Aït Amara lors de la 2e soirée ramadanesque organisée avant-hier au siège et * l’initiative de la fondation Friedrich Ebert * Alger et consacrée * la dépendance alimentaire de l’Algérie.

    Il s’agit de celle, d’abord, de savoir si notre pays aura toujours «l’argent nécessaire» pour se payer tout ce dont il aura besoin pour subvenir aux besoins alimentaires de ses habitants et celle ensuite de savoir si ces produits alimentaires seront toujours disponibles sur la place mondiale.

    Pour M. Aït Amara, qui, il faut le noter, a remplacé au pied levé M. Ahmed Akkache, le conférencier qui devait initialement animer la soirée autour du thème des enjeux de la formation et de l’emploi pour l’Algérie de l’après-pétrole, «la situation est inquiétante».

    Les origines des inquiétudes de M. Aït Amara sont multiples. Le pétrole et le gaz, seules sources, pour le moment, des rentes du pays, sont, et c’est maintenant une évidence, épuisables. Le conférencier a indiqué que «le ratio des réserves prouvées sur la production pétrolière annuelle algérienne est de 17 ans et celles gazières de 53 ans», soulignant que ces chiffres, «qui valent ce que valent d’autres chiffres avancés», lui avaient été communiqués par «des experts et des instances européennes».

    L’essentiel ou l’avéré est que ces réserves en hydrocarbures s’assécheront bien un jour et avec elles les caisses de l’Etat si la situation actuelle de «pétrole contre nourriture» se pérennise. «La facture agricole algérienne (aliments des citoyens et du bétail, semences, engrais…) s’élèvent actuellement * 4,6 milliards de dollars/an», selon le conférencier, qui a indiqué que «la facture alimentaire des ménages algériens représenté 56 % de leurs revenus alors qu’elle n’est que de 40 % en Tunisie voisine».

    Il se référera en outre aux prévisions de la FAO pour préciser que «l’Algérie importera l’équivalent de 8 millions de tonnes de produits alimentaires en 2015». Mais la question de la disponibilité des produits alimentaires sur le marché mondial sera également aléatoire et problématique, selon M. Aït Amara qui fait valoir le fait que les Etats qui subventionnent les producteurs pour l’exportation des excédents de production agricole «ne veulent plus de cette politique».

    Ces Etats penchent désormais pour une autre solution qui consiste «* réduire et contrôler l’offre», a-t-il dit pour économiser le total de 230 milliards de dollars de subventions dépensés par ces Etats. M. Aït Amara a évoqué * ce sujet les exemples des produits agricoles assujettis par les Etats * des limites de production * l’image de celles imposées * la production du lait en Europe et la crise ressentie par les Algériens.

    M. Aït Amara, qui a parlé d’autres phénomènes tels le fort taux de natalité en Algérie, le réchauffement climatique et le fait que notre pays soit un pays semi-aride soumis * la désertification, est convaincu qu’* l’avenir «il y aura des difficultés d’approvisionnement» en produits alimentaires.

    Cela est d’autant vrai qu’au cours des débats les intervenants ont fait ressortir que rien de consistant n’est en train de se faire sur le plan des investissements. Les IDE, point de fixation des autorités, ne viennent pas, selon les intervenants qui citent l’exemple des relations économiques algéro-italiennes.

    Les échanges commerciaux avec l’Italie, qui est le deuxième partenaire du pays, sont de 11 milliards d’euros alors que ses investissements en Algérie ne sont que de 40 millions», a rappelé M. Aït Amara. Le PNDA (plan national de développement de l’agriculture), «une occasion énorme pour la corruption d’autant qu’il est mené selon les normes de la Banque mondiale», ne fera, selon lui, que reproduire les échecs des politiques précédentes s’il n’est pas accompagné d’une politique de recherche scientifique et de formation de personnel qualifié.

    Au fil des débats, il s’avéra toutefois que le tableau n’est pas aussi noir que veut le présenter le conférencier. L’Algérie, qui n’exploite que 7,5 millions d’hectares de terres, dispose d’un potentiel de 20 millions d’hectares susceptibles d’être exploités et rentabilisés.

    Les ressources hydriques sont également suffisantes * condition que les efforts pour leur stockage se poursuivent et qu’elles soient ensuite rationnellement utilisées. Il s’agit pour tout le monde, autorités en tête, de faire travailler sa cervelle et de retrousser ses manches.

    Comment


    • #3
      Lundi 1er Octobre 2007 -- Deux constats qui, par ailleurs, ont une relation de cause * effet : les prix reflètent le niveau de la production et, par conséquent, si les prix sont élevés, cela veut dire tout simplement que la production est faible. Une théorie tout * fait classique mais mal assimilée par le consommateur témoin d’étalages assez fournis en fruits et légumes et sur lesquels les prix affichés sont parfois très élevés. En clair, de la production écoulée * prix fort, un paradoxe qui peut en laisser perplexe plus d’un.

      On a souvent entendu ou ne nous a-t-on pas expliqué que, pour acheter des produits alimentaires moins chers, il faudrait produire plus. En ce qui concerne notre production agricole, il faudrait donc qu’elle passe * une vitesse supérieure. Peut-on comprendre que l’actuelle est encore insuffisante ? On estime au ministère de l’Agriculture qui dressant le bilan des cinq dernières années que l’Algérie récolte ce qu’elle a semé, c’est-*-dire la mise en œuvre du Plan national de développement agricole (PNDA), mettant en relief l’amélioration de la qualité et de la quantité enregistrée dans la production agricole, Saïd Barkat, premier responsable du secteur, faisant même état qu’un excédent de 20% en fruits et légumes a été enregistré en Algérie, durant ces cinq dernières années.

      Par ailleurs, ce responsable n’a eu de cesse de marteler chaque fois que l’occasion lui en était donnée que la production des fruits et légumes, en Algérie, a même acquis les capacités quantitatives et qualitatives pour s’imposer sur les marchés extérieurs, c’est-*-dire avec des atouts lui permettant d’être exportée, comme c’est le cas notamment pour les primeurs. Mais que rencontrons–nous sur le terrain ? On assiste depuis quelques mois * une flambée des prix et des tensions, notamment sur la pomme de terre, suivie de façon conjoncturelle par la tomate et la courgette. Non sans citer la carotte et le navet, deux légumes dont le prix de vente a connu des envolées en hors période. Pour en revenir au cas précis de la pomme de terre, car c’est l’exemple le plus édifiant, en l’espace de deux ans, on est passé d’une année de surproduction (2005 : un excédent de 500 000 quintaux) * une autre de pénurie (au dernier trimestre 2006 et au premier semestre 2007).

      Les responsables et les coupables

      Les consommateurs ont eu vite fait de cibler le ministère de l’Agriculture, le prenant pour responsable de la tension persistante sur ce produit végétal de large consommation car n’ayant pu prendre les mesures qui s’imposaient, c’est-*-dire mettre sur le marché des quantités suffisantes de pomme de terre pour arrêter la flambée des prix. Mais comment équilibrer l’offre et la demande dans la mesure où les dernières récoltes ont été très en deç* des besoins de consommation ? Une équation qu’il a été facile de résoudre. L’alternative d’importer le déficit devenait inévitable. Ainsi, les pouvoirs publics, après la levée de la taxe d’importation sur la pomme de terre, ont décidé d’importer 100 000 tonnes de ce tubercule. Une solution tout * fait conjoncturelle, a expliqué le ministère de l’Agriculture, en attendant l’arrivée des récoltes d’arrière-saison.

      En fait, cette mesure (importer de la pomme de terre) a été rendue nécessaire, car, avant tout, le but recherché * travers cette opération était d’amoindrir un tant soit peu l’écart entre l’offre et la demande. Mais comment en est-on arrivé l* ? Dans le milieu agricole, on explique que la faible production de pomme de terre de la dernière campagne est due * deux facteurs. Les surfaces plantées ont été en net recul car le prix de vente de la semence a connu une forte hausse. Quant au deuxième facteur, il réside dans l’impact de la maladie du mildiou sur les surfaces plantées. Des agriculteurs versés dans la production de pomme de terre soutiennent de leur côté qu’aux causes de cette situation de faible production citées plus haut, il faut ajouter dans bien des cas la mauvaise qualité de la semence importée qui a donné comme résultats de faibles rendements * l’hectare. Voil* ce qu’il ressort dans le cas de la pomme de terre mais toujours est-il que d’autres légumes ont été vendus sur les étals * des prix élevés. Un constat qu’on ne saurait cacher. Car, comme tout un chacun, on s’est demandé le pourquoi d’une telle hausse sur les prix des légumes.

      La tutelle ou le ministère de l’Agriculture expliquant par l* que la flambée des prix des fruits et légumes, notamment, n’est pas liée * un déficit de production mais plutôt * la spéculation. Saïd Barkat de signifier aux médias «la hausse des prix de certains produits de large consommation comme la pomme de terre n’est pas due * la rareté du produit, mais plutôt * l’absence de régulation et d’une industrie agroalimentaire. Les dysfonctionnements sont donc * relever dans les circuits commerciaux et dans la régulation des marchés».

      Production insuffisante ou spéculation ? Deux hypothèses qui tiennent la route. Mais autant dire aussi qu’il y a spéculation seulement s’il y a tension. En effet, quand le produit est abondant, il est préférable d’écouler aussi vite la récolte. Ce n’est généralement pas le cas * partir du moment où l’irrégularité dans les volumes récoltés est devenue monnaie courante car il est rare de constater deux années de suite une surproduction ou une production acceptable.

      C’est devenu une règle dans le secteur : quand il y a surproduction d’un légume, il faut s’attendre * ce que la prochaine campagne accuse un net recul en matière de production du même produit agricole. En somme, on a affaire * ce qu’on pourrait appeler une variable dominante qui revient périodiquement selon un cycle bien déterminé : tous les deux ans. Cette irrégularité persistante dans la production agricole se traduit forcement par des périodes de tension sur tel ou tel légume au niveau du circuit de la commercialisation.

      Sécuriser le revenu des agriculteurs

      Du côté des paysans, on dit que l’irrégularité de la production est due au fait que l’agriculteur est devenu méfiant : quand il accuse des pertes sur une récolte pour cause de mévente, il fera en sorte que, pour la prochaine saison, ou il réduira l’espace cultivé du même produit ou il s’abstiendra de cultiver le végétal qui lui a causé des pertes financières. Une démarche qui pour nos agriculteurs est tout * fait légitime. Alors, comment convaincre les exploitants agricoles d’opter pour une continuité dans ses niveaux de production ? Ils se disent prêts * le faire * la seule condition qu’on leur garantisse un revenu en cas de mévente.

      Ce qui dépend du bon vouloir de la tutelle se chargeant de mettre en place un mécanisme de compensation quand l’agriculteur n’arrive pas * vendre sa récolte car le produit inonde le marché et, du coup, les prix baissent bien en deç* du coût de revient * la production.

      Selon des experts consultants en matière de production, un tel mécanisme est d’autant plus nécessaire si l’on veut faire en sorte que les fluctuations des prix des légumes et fruits ne connaissent pas de grands écarts.
      Sous d’autres cieux, un tel mécanisme existe et sa mise en œuvre par la création de coopératives agricoles est * même d’assurer aux paysans un minimum de bénéfice dans le cas où les rendements enregistrés seraient élevés.

      Cela dit, un travail de coordination et de regroupement des agriculteurs en filières de production devrait se concrétiser sur le terrain car il va de l’intérêt de l’exploitant agricole de travailler sous la conduite d’une coopérative agricole.

      Changement de stratégie de production

      Les milliards de dinars investis dans le secteur de l’agriculture dans le cadre du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR) depuis la date de son exécution (août 2000) ont, certes, porté leurs fruits.

      Des centaines de nouveaux hectares sont entrés en production, les surfaces agricoles ont triplé. Mais en aval, le consommateur ne connaît pas ou ne connaît qu’en partie l’impact du PNDAR. On a réfléchi sur la question pour savoir où se trouve le maillon faible de la chaîne de production/commercialisation.

      Pour l’heure, les responsables et cadres du secteur restent convaincus d’aller vers une optimisation et une rationalisation des systèmes agricoles en place qui, du reste, ont commencé * montrer leur limite.

      Sur un autre volet, celui de la professionnalisation de l’activité agricole, l* encore, il y a beaucoup * faire, affirment les cadres du secteur car, pour eux, moderniser l’activité agricole devient impératif si l’on veut passer * un type d’agriculture intensive tout * fait nécessaire pour pouvoir arriver * une autosuffisance alimentaire. Un défi qu’il faudra relever.

      Comment


      • #4

        Samedi 17 novembre 2007 -- L’Algérie n’a pas réussi * améliorer le niveau de vie de ses habitants et répondre * leurs besoins malgré les politiques initiées depuis des années. Elle reste bien loin de ses voisins qui ont pu assurer une sécurité alimentaire * leurs peuples.

        Dans son rapport annuel, l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, FAO, a indiqué que plus de 1.5 millions d’algériens, soit 5% de la population, souffrent de malnutrition.

        L’organisation met en relief le développement modeste des secteurs de l’agriculture et de la pêche. Ce développement est inférieur * celui des mêmes secteurs dans les pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord.

        Selon les statistiques avancées, le nombre de personnes habitant et activant dans le secteur agricole est supérieur * 7.5 millions. Ce secteur représente 10% du PIB. La production nationale n’arrive pas, cependant, * couvrir plus de 50% des besoins du pays en produits de premières nécessités comme le lait et les grains.

        L’agriculture algérienne est incapable aussi de saisir les opportunités qu’offre l’accord d’association avec l’Union européenne. Elle n’est pas soumise au système des quotas et bénéficie encore des accords bilatéraux conclus avec les membres de l’UE.

        D’autre par, les exportations algériennes n’ont pas franchit le seuil des 60 millions de dollars en cinq ans soit 0.17%. Les importations quant * elles explosent. Elles enregistrent une hausse importante. La facture atteint les 4 milliards de dollars.

        Comment


        • #5

          Mardi 25 Décembre 2007 -- Trois cent quarante milliards de dinars, c’est ce qu’a consommé en sept ans le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR). Sur ce montant, révélé hier par Saïd Barkat, ministre de l’Agriculture, dans une conférence de presse organisée en marge d’une réunion des cadres du secteur, 60% ont été consacrés * la mise en place de systèmes d’irrigation goutte-*-goutte. «L’enveloppe allouée par l’Etat au secteur de l’agriculture ne représente que 2% du budget national. Un pourcentage qui place loin derrière d’autres secteurs d’activité ou de prestations, le département de l’agriculture, contrairement * ce qui se dit * droite et * gauche», a-t-il dit * l’adresse des journalistes.

          «Certes, le PNDAR a englouti beaucoup d’argent pour d’excellents résultats en termes de production, mais le citoyen est en droit de se demander pourquoi de tels investissements ont donné lieu * une cherté des prix par intervalle saisonnier», ajoute-t-il. Un paradoxe qui s’explique en partie, selon le ministre, «par une dérégulation du circuit commercial de son amont vers son aval», tout en signifiant * un journaliste l’apostrophant sur les effets des spéculateurs sur le marché des fruits et légumes : «Nous sommes conscients de la situation qui prévaut, et pour preuve le gouvernement s’attelle * mettre sur pied des mesures tendant * rendre plus transparentes toutes les transactions commerciales dans les marchés de gros de fruits et légumes.»

          La tenue de cette conférence de presse a été l’occasion pour les représentants de la presse d’interpeller le ministre sur la question de la crise actuelle du lait pasteurisé en sachet (LPS). «Malgré tous les efforts de soutien * la production de lait, nous sommes encore tributaires de l’importation de la poudre de lait», reconnaît-il. «En 2002, la production nationale avait atteint 1,2 milliard de litres ; elle est passée, en 2006, * 2,6 milliards pour des besoins de consommation estimés * plus de 3 milliards de litres. Le gouvernement reste conscient de la gravité de la situation. L’initiative de créer un office du lait, qui sera opérationnel dans les plus brefs délais, en est une preuve évidente», soutient-il.

          Et d’expliquer : «Cet office aura toute latitude de mettre en place les voies et moyens d’assurer aux transformateurs de poudre de lait des approvisionnements réguliers sans qu’ils se soucient des fluctuations des cours mondiaux.» Saïd Barkat a tout de même reconnu que «le soutien financier accordé par l’Etat aux éleveurs producteurs de lait devrait être revu * la hausse». A propos de l’importation de jeunes vaches laitières pleines, il avancera : «Un programme d’importation a été retenu * longue échéance mais, compte tenu de la rareté des génisses sur les marchés d’approvisionnement, nous allons nous contenter de ramener au moins, dans un premier temps, 500 vaches laitières.»

          Autre problématique soulevée lors de ce rendez-vous médiatique, celle de la cherté de la semoule. «Le gouvernement va continuer * subventionner les céréales d’importation quels que soient les cours mondiaux. Grâce aux contrats d’achat finalisés par l’OAIC avec ses fournisseurs potentiels, nous sommes * l’abri d’autres hausses des prix», dira-t-il. «Si l’Etat accorde beaucoup d’aides aux céréaliers nationaux pour qu’ils arrivent * de meilleurs rendements destinés entièrement * l’OAIC, certains minotiers ne jouent pas le jeu. Pour preuve, ils sont allés jusqu’* acheter des récoltes entières de blé dur.» Avant de clore ce volet, il évoquera les bonnes récoltes enregistrées ces dernières années : «La moyenne actuelle de récolte tourne autour des 32 millions de quintaux, alors qu’il y a dix ans elle était de 22.»

          La pomme de terre a elle aussi eu sa part lors de cette conférence de presse. D’après le ministre, la crise vécue cette année sur ce tubercule n’est pas près de revenir, arguant «une meilleure offre en quantité et en qualité de semences de pomme de terre». A une question sur l’incontournable question du foncier agricole et les dérives enregistrées dans le domaine public, il répondra : «Laissons la justice faire son travail mais il faut comprendre, pour ce qui est de céder des terres agricoles relevant du domaine de l’Etat au profit de l’urbanisme, que cela est parfois rendu nécessaire tant nos villes ont besoin d’assiettes foncières pour leur besoin d’expansion urbanistique.» A propos de la future loi d’orientation agricole, il fera savoir que les documents sont ficelés et ont été envoyés * la chefferie du gouvernement comme l’exige le règlement.

          Comment


          • #6

            Lundi 28 janvier 2008 -- Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, M. Saïd Barkat, a renvoyé la lancinante question de la flambée des prix des produits de large consommation * l’absence d’une régulation du marché. «Le marché n’est pas organisé. Il faut le faire en mettant en place de nouveaux dispositifs pour barrer la route aux spéculateurs», a-t-il suggéré. Intervenant, samedi soir, au forum de l’ENTV, M. Barkat a accusé les spéculateurs qui imposent des prix exorbitants qui, naturellement, affectent le citoyen lambda.

            Ceci, tout en se disculpant d’une responsabilité quelconque. «Je ne suis responsable que de la production, l’affaire des prix des produits agricoles ne relève pas de ma responsabilité», insiste-t-il comme pour renvoyer la balle * son homologue du Commerce, M. Djaâboub.

            Saïd Barkat annonce dans ce sens des mesures * prendre pour mettre fin * la spéculation. Il s’agit de «mécanismes qui seront mis en place incessamment, au niveau des offices nationaux des différents produits agricoles, * même d’intervenir en cas de spéculation sur le marché».

            Le ministre de l’Agriculture a indiqué que le gouvernement prendra des mesures plus significatives. Il s’agit de l’engagement de l’Etat * poursuivre sa politique d’investissement en direction des exploitations agricoles, mais aussi de politiques visant * protéger le pouvoir d’achat des citoyens, * travers le soutien des produits de base comme le lait, la semoule et le pain.

            «C’est un devoir de l’Etat envers le peuple», clame-t-il. En outre, il dit au sujet de la flambée des prix de la pomme de terre que «le citoyen est compréhensif», estimant que la montée spectaculaire du prix de la patate est l’affaire d’une seule saison caractérisée par la maladie du fioul. «Depuis 2003, nous n’avons jamais importé de pomme de terre (…) Nous n’avons fait que des provisions pour cette année * travers l’importation de 10 000 tonnes», argumente-t-il.

            Sur les autres produits comme l’huile d’olive, l’orateur parle d’un effet d’entraînement dû au bouleversement du marché international. «Faire face efficacement aux perturbations qui caractérisent désormais le marché international des produits agricoles implique un engagement collectif afin de consolider durablement notre sécurité alimentaire», estime M. Barkat.

            Le ministre de l’Agriculture a dressé un bilan positif de son secteur depuis le lancement du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR). «Aujourd’hui, en dépit de certaines insuffisances, il est facile de constater que des résultats probants ont été enregistrés», affirme-t-il.

            Il a cité dans ce contexte l’accroissement de la valeur de la production agricole de 359 milliards DA en 2000, soit 4,9 milliards USD, * 668 milliards de DA, soit 9,2 milliards USD. M. Barkat a avancé quelques chiffres pour appuyer ses dires en affirmant que la production des céréales a connu une augmentation sensible puisqu’elle est passée de 21 millions de quintaux en moyenne annuelle pour la décennie 90 * 31 millions quintaux en moyenne annuelle pour la période 2000-2006.

            «Ceci a permis de réduire les volumes d’importation des blés», note-t-il. La production du lait a également augmenté de près de 700 millions de litres entre 2000-2006 et la collecte de lait cru est passée pour la même période de 96 millions de litres * 220 millions de litres.

            Quant * la pomme de terre, la production a pratiquement doublé en 6 ans passant de 12 millions de quintaux en 2000 * 21 millions de quintaux en 2006. «En ce qui concerne les autres produits agricoles d’origine végétale, hormis le sucre et les oléagineux, la production nationale couvre la totalité de nos besoins», estime encore M. Barkat.

            Interrogé sur les problèmes que rencontrent les investisseurs dans son secteur, Saïd Barkat a accusé les banques nationales d’être * l’origine des blocages. Quant aux affaires liées * la corruption qui caractérise des pans du secteur, l’invité de l’ENTV a déclaré être «le ministre de l’Agriculture et non celui de la Justice».

            Comment


            • #7

              Comment


              • #8

                Mercredi 13 Février 2008 -- Le groupe de réflexion, crée * l’issue du Salon de l’agriculture Filaha 2007, organisé récemment par la société Expovet et dénommé Filaha Innove, vient d’entamer ses activités. Le programme de 2008-2009 a été d’ores et déj* tracé et les thématiques définies.

                Regroupant tous les intervenants du domaine de l’agroalimentaire, ce groupe s’attelle * effectuer un véritable diagnostic du secteur agricole en Algérie. Les membres posent une vingtaine de questions traitant des différentes problématiques auxquelles fait face l’agriculture dans notre pays.

                À commencer par le poids de celle-ci dans l’économie nationale, les diverses productions, les politiques agricoles en cours ou en projet, organisation des producteurs, les innovations technologiques, la tendance de l’économie agroalimentaire, la propriété foncière, la stratégie industrielle dans le secteur, les accords de libre-échange, le développement des filières… Autant de thèmes qui peuvent faire l’objet de longues séances de débats et auxquels des recommandations seront les bienvenues.

                À travers ce cercle de réflexion, ces anciens cadres du secteur, ces consultants et autres spécialistes, œuvrent pour améliorer les revenus des agriculteurs et souhaitent contribuer * la sécurité alimentaire du pays. Ils proposent des solutions pour l’intégration du secteur agricole dans l’économie nationale et mondiale. Pour eux, rien ne doit se faire sans la protection des ressources naturelles. Le potentiel de production tel que l’eau et la terre doit être, selon eux, amélioré. Les unités de production auront également * améliorer leurs performances tout en bénéficiant du financement et de la technologie. Parmi les activités envisagées par le groupe de réflexion est la tenue prochainement des premières journées de Filaha Innove. Le thème principal choisi a trait au foncier agricole et le développement de l’agriculture.

                Lieu de rencontres et carrefour d’affaires des opérateurs économiques, le Salon Filaha n’est pas qu’un rendez-vous des professionnels du secteur du monde agricole, mais évolue ainsi en une association. Celle-ci se veut un véritable trait d'union entre les différents opérateurs économiques de l'amont et de l'aval du secteur agroalimentaire. Cette organisation a été créée en marge des activités de Filaha 2007. “L’objectif recherché dans cette réorientation dictée par les nouveaux enjeux économiques est de rendre Filaha plus dynamique et au service de ses adhérents”, explique le Dr Benssemane, président du Salon Filaha.

                À cet effet, cette association prendra en charge les recommandations et les activités générées durant ces rencontres. Elle les rendra sous forme d’un programme annuel échéancier avec un suivi permanent et une présentation d’un bilan * l’ouverture du prochain salon.

                Elle sera un véritable forum de concertation et un outil mobilisateur et fédérateur de ses adhérents, en vue de permettre le développement de leurs entreprises et de jouer pleinement leur rôle d’opérateurs économiques. Elle constituera, en outre, une force d'assistance vis-*-vis des adhérents, notamment dans les domaines de l'information, du conseil et de la formation.

                Comment


                • #9

                  Nous vous présentons ci-dessous une contribution de cadres du ministère de l’Agriculture défendant l’approche de développement du secteur initiée en 2000 et portée par le Plan national de développement agricole et rural :

                  Dimanche 17 Février 2008 -- L’agriculture algérienne est aujourd’hui un sujet de prédilection pour les commentateurs de tous bords et les pourfendeurs professionnels qui, * l’occasion, découvrent qu’il existe une agriculture algérienne et qu’elle est de surcroît capable, si ce n’est de la “faute” des décideurs, de satisfaire l’ensemble des besoins alimentaires des Algériens.

                  Cette effervescence et cette fébrilité autour de l’agriculture auraient pu constituer une opportunité pour l’Algérie de voir se structurer, au-del* des contingences politiques et des intérêts mercantiles, un débat serein et constructif autour de la question cruciale de la sécurité alimentaire. Malheureusement, ce sont beaucoup plus les intérêts partisans et les ambitions contrariées qui s’expriment aujourd’hui pour “casser” la seule initiative qui, malgré quelques insuffisances, tente réellement de dynamiser et de moderniser l’agriculture algérienne. Si le Plan national de développement agricole et rural est d’abord l’expression d’une volonté politique, il est aussi l’aboutissement d’une réflexion collective de tous ceux, cadres, économistes, agriculteurs, techniciens, chercheurs…, qui ont * cœur d’améliorer au mieux la sécurité alimentaire de notre pays.

                  Si nous nous permettons aujourd’hui de nous départir de la réserve que nous nous sommes imposée, c’est pour apporter la contradiction * tous ceux qui, après plus de 20 ans de silence coupable, tentent par des procédés relevant beaucoup plus du “procès d’intention” que de l’analyse objective, de jeter la suspicion sur une démarche en mesure de briser le carcan de la dépendance alimentaire.

                  Il s’agit pour nous de saisir cette opportunité pour préciser davantage l’approche de développement du secteur initiée en 2000 et portée par le Plan national de développement agricole et rural.

                  En effet, si nous sommes persuadés de l’existence d’une volonté délibérée de nuire aux intérêts de l’agriculture algérienne, nous sommes également convaincus des intentions louables de certains “commentateurs” de la politique agricole dont le seul désir est d’apporter leur contribution désintéressée sur un sujet d’importance nationale.

                  Nous nous devons néanmoins, loin de toute polémique, d’apporter aux uns et aux autres des précisions sur certaines de leurs affirmations qui ne puisent pas leur fondement dans des données objectives, mais s’appuient plutôt sur des lectures empiriques, et le plus souvent erronées, de la réalité.

                  Tout d’abord, nous voudrions rappeler le diagnostic qui, établi en 1999, a servi de base * l’élaboration de la nouvelle politique du secteur.

                  En effet, la situation d’avant le PNDAR se caractérisait par :

                  1 - des systèmes de production inadaptés * nos conditions pédoclimatiques ;

                  2 - une stagnation, voire un recul, de la production et une situation inquiétante de la sécurité alimentaire du pays ;

                  3 - un désinvestissement amplifié par un financement bancaire inexistant ;

                  4 - un désintérêt croissant des opérateurs économiques pour les activités agricoles, avec pour corollaire l’abandon des exploitations agricoles ;

                  5 - une dévitalisation des territoires ruraux et une précarisation des conditions de vie des populations rurales aggravées par la détérioration de la situation sécuritaire ;

                  6 - une rupture marquée des équilibres écologiques, avec pour principale conséquence la désertification de près de 7 millions d’hectares en milieu steppique ;

                  7 - des structures agraires très complexes et inadaptées * une agriculture moderne.

                  Près de 70% des exploitations agricoles algériennes ont moins de 10 hectares, 51% de ces exploitations ne sont pas titrées et 50% d’entre elles sont dans l’indivision.

                  Face * cette situation, que fallait-il faire ?

                  Fallait-il continuer * ignorer cette réalité, avec toutes les conséquences que cela suppose et laisser les importations de denrées alimentaires qui, * l’époque, ne semblaient gêner personne, atteindre des proportions astronomiques ?

                  Ou, a contrario, s’engager résolument dans une politique novatrice, en totale rupture avec les hésitations passées, les convictions arrêtées et les fausses alternatives ?
                  Last edited by Guest 123; 24th April 2008, 05:17.

                  Comment


                  • #10
                    continued.....

                    Le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR) est une réponse sans équivoque * cette interrogation. Il est venu consacrer dans les faits une volonté de changement exprimée par l’ensemble des partenaires et décidée par les pouvoirs publics.

                    Après sept années de mise en œuvre, les résultats sont l* et les impacts avérés. Chacun peut légitimement et librement en apprécier la substance et la portée, * condition de ne pas ignorer les acquis de cette politique qui restent cependant * conforter. Les affirmations développées ici et l* et “les vérités” fallacieuses itérées et assénées par certains appellent de notre part les présentes observations :

                    1 - Effectivement, l’une des priorités de la politique consacrée par le PNDAR concerne la reconversion ou l’adaptation des systèmes de cultures * nos conditions pédoclimatiques. Il s’agit de mettre un terme * un système de culture céréalière qui non seulement ne contribuait pas * améliorer la production mais, bien au contraire, aggravait la détérioration des terres et le phénomène de la désertification. Près de 500 000 ha ont été soustraits, avec la libre adhésion des agriculteurs, * la céréaliculture marginale. Cette superficie a fait l’objet d’un traitement différencié (mise en défens, plantations arboricoles, plantations pastorales…) selon la nature des écosystèmes existants.

                    De ce fait, la sole céréalière, qui était en moyenne de 3,7 millions d’hectares, a été stabilisée * 3,2 millions d’hectares avec une production moyenne annuelle qui est passée de 21 millions de quintaux (1980-1999) * 31 millions de quintaux (2000-2006).

                    Comme on le voit, les programmes de reconversion et d’intensification ont non seulement permis l’augmentation de la production céréalière et des rendements, mais aussi et surtout, ils ont permis la préservation et la valorisation de près de 500 000 ha de terres fragiles vouées * la désertification.

                    L’agronomie est une science * part entière qui ne peut s’accommoder d’affirmation péremptoire d’où qu’elle vienne. Cette conviction profonde a conduit le secteur de l’agriculture * engager, dès 2001, une opération de classement général de nos terres agricoles pour en évaluer le potentiel et la valeur agronomique afin d’identifier les cultures qui peuvent idéalement leur convenir.

                    2 – S’agissant de la mise en valeur, certains s’évertuent * ignorer que pour le seul programme de mise en valeur des terres par la concession, la surface agricole utile (SAU) a été augmentée de 500 000 hectares entre 1999 et 2007. Ce programme a permis la création de 45 000 exploitations et généré 151 000 emplois. Tout cela, sans compter les résultats des autres programmes de mise en valeur mis en œuvre dans le cadre du PNDAR (APFA, amodiation, mise en valeur d’entreprise, etc.).

                    Pour que tous soient * même de mesurer la portée, l’ampleur et les impacts de ces programmes, nous les invitons * visiter les périmètres de mise en valeur situés, entre autres, * Aïn Oussara, Grara, Hassi El-Fehel, El-Ghrouss, El-Maader, Oued El-Touil… Nous nous ferons un plaisir de leur servir de guide dans un monde rural que peu d’esprits critiques semblent connaître.

                    3 - Pour ce qui est maintenant de la facture alimentaire, beaucoup préfèrent verser dans la facilité en reprenant * leur compte des opinions profanes au lieu de recourir * un examen approfondi de l’ensemble des indicateurs y afférents. Effectivement, les importations alimentaires se sont élevées * la fin de l’année 2007 * 3,6 milliards de dollars.

                    Pourquoi une telle augmentation ? Deux constats s’imposent.

                    Premier constat : depuis 2002-2003, les statistiques des douanes faisant foi, l’Algérie n’importe plus de produits maraîchers. La production nationale a augmenté de manière progressive et permet aujourd’hui de satisfaire la demande nationale. Ceci est également vrai pour les viandes blanches, les œufs et les viandes rouges (malgré les importations ponctuelles de viande bovine pour les besoins de la régulation, en particulier durant le Ramadhan). Nous devons néanmoins reconnaître qu’en raison de conditions particulières en grande partie liées au contexte mondial, l’État algérien a été normalement, et exceptionnellement, amené * autoriser et * faciliter l’importation de 100 000 tonnes de pommes de terre en 2007.

                    Deuxième constat : si l’on excepte le café, le thé et certains autres produits exotiques, impossibles * produire localement, quatre produits forment la structure de l’essentiel des importations alimentaires de l’Algérie. Il s’agit des blés, des huiles autres que l’huile d’olive, du lait et du sucre. Ainsi, pour les huiles et le sucre l’Algérie reste, pour l’instant, totalement et structurellement dépendante des importations. Pour le lait et les blés, et contrairement * ce qui est tenu pour acquis, en volume nos importations ont soit stagné, soit diminué depuis 2000. Ceci est particulièrement vrai pour les importations des blés durs, qui ont diminué, et pour les importations des blés tendres qui se sont stabilisées.

                    Par ailleurs, il convient de noter que ces premiers résultats prennent tout leur sens lorsque l’on sait que la population algérienne a augmenté de près de 3 millions d’âmes entre 2000 et 2006 (statistiques ONS) et lorsque l’on sait également qu’une partie des blés importés a permis * l’Algérie de se constituer aujourd’hui un stock stratégique confortable qui nous permet d’être relativement sereins quant * l’approvisionnement régulier de notre marché.

                    Néanmoins, force est de reconnaître que si les importations en volume de ces produits se sont globalement stabilisées depuis 2000, en valeur elles ont connu un accroissement significatif. En effet, et pour illustrer notre propos, les prix moyens des blés durs sont passés de 230 dollars la tonne en 2003 * 790 dollars en 2007, alors que ceux des blés tendres sont passés, pour la même période, de 175 dollars la tonne * 362 dollars. Quant au prix moyen de la tonne de lait, il est passé de 1750 dollars en 2003 * 5 000 dollars en 2007. Il est * noter que de janvier * juillet 2007, le prix de la tonne de lait a augmenté de 2 000 dollars.

                    4 - Nous ne pouvons enfin passer sous silence cette propension * considérer allègrement que des sommes “faramineuses” ont été consacrées au PNDAR.

                    En effet, entre 2000 et 2006, les montants destinés au soutien * l’investissement s’élèvent * 284 milliards de DA (près de 4 milliards de dollars), soit une moyenne annuelle de 40,5 milliards de DA. Le budget global de l’agriculture durant cette période n’a représenté en moyenne que 3% du budget de la nation.

                    S’il est vrai que l’État a consenti des moyens importants pour relancer l’agriculture algérienne et assurer la sécurité alimentaire de nos concitoyens, nous ne pouvons nous résoudre * accepter que, par la magie du langage, on en vienne * qualifier ces moyens de “colossaux” juste pour signifier sournoisement qu’ils ont été gaspillés. Comme on le sait, les pays de l’OCDE, dont la population rurale n’excède pas 4% de la population totale, consacrent chaque année près de 300 milliards de dollars en divers soutiens * leur agriculture. Les soutiens internes que ces pays accordent * cette dernière varient de 19% (USA) * 71% (Suisse). Quant * l’Algérie, où la population rurale représente environ 40% de la population globale, le soutien interne est de l’ordre de 7%, l’État algérien ayant consenti, en l’espace de sept ans, près de 4 milliards de dollars, soit environ 570 millions de dollars par an.

                    Dans son évaluation annuelle, la FAO a constaté, en 2006, que les États qui ont nettement amélioré leur sécurité alimentaire sont ceux qui ont consenti le plus d’efforts en matière d’investissement. Il s’agit des États qui ont consacré 4 000 dollars d’investissement par actif agricole et par an. Notre pays, quant * lui, a enregistré un niveau d’investissement annuel de 300 dollars par actif, et ce, pour une population agricole active de 1 852 000 âmes.

                    Par ailleurs, il convient de souligner que la valeur de la production agricole algérienne représente en 2006, 9,2 milliards de dollars et que notre agriculture contribue * hauteur de 9%, en moyenne annuelle 2000-2006, * la production intérieure brute et totalise la création de plus de 1 million d’emplois. En outre, nous devons rappeler que le PNDAR ne se résume pas au seul soutien * l’exploitation agricole. Il englobe, en effet, d’autres dimensions tout aussi importantes, que d’aucuns s’évertuent * occulter.

                    Ce programme contribue * améliorer les conditions de vie dans le monde rural, lutte contre la désertification, boise et reboise nos montagnes, redonne vie * la steppe, traite les bassins versants pour protéger nos barrages, développe l’irrigation et économise l’eau (près de 60% des soutiens accordés ont été affectés * l’économie de l’eau), assure l’innocuité sanitaire de nos aliments (aucune crise sanitaire n’a été enregistrée depuis 2000), etc.

                    Pour conclure notre propos, nous rappellerons tout simplement * toutes les consciences “bien intentionnées”, une sentence que tous les enseignants s’évertuent * répéter sans cesse : “Les faits sont têtus.” On aura donc beau répété que le PNDAR a échoué, la réalité est l*, tangible et incontournable. Nous aurions aimé que, en dehors de toute considération politique, le débat reste chez nous, * l’instar de ce qui se passe sous d’autres cieux, objectif, serein et constructif. Nos énergies doivent être canalisées pour aider notre pays * disposer d’un appareil productif agricole performant, * même d’assurer durablement notre sécurité alimentaire. C’est la seule ambition qui nous anime.

                    Comment


                    • #11

                      Jeudi 21 février 2008 -- Une fois de plus, le ministre de l’Agriculture, M. Saïd Barkat, a défendu avec des arguments chiffrés les accusations portées contre son secteur et selon lesquelles le ministère de l’Agriculture a gaspillé l’argent accordé par l’Etat au PNDAR. «L’agriculture ne bénéficie que de 2 % du budget de l’Etat. Nous sommes classés au 13e rang, bien après les ministères de l’Education, de la Solidarité… et même les banques nous boudent. Alors, de quel argent parle-t-on ?» a-t-il rétorqué. Chiffres * l’appui, le ministre a affirmé que l’argent consacré * l’agriculture n’excède pas les 500 milliards de dinars par an.

                      «Ce budget, qui englobe la gestion, l’équipement et le financement, n’a pratiquement pas changé depuis 2000 puisque le montant cumulé jusqu’* 2007 ne dépasse pas 360 milliards de dinars», a-t-il argué. Il a ajouté que malgré ces entraves financières, l’agriculture arrive tout de même * se classer après le secteur des hydrocarbures puisqu’elle représente 10 % du PIB. Vantant les résultats du plan national du développement agricole mis en œuvre depuis 2000, le ministre a souligné que l’application du PNDA a permis une croissance substantielle du secteur.

                      Il a donné l’exemple des céréales dont la production a grimpé de 21 millions de quintaux * 36 millions de quintaux, voire plus de 40 millions durant ces trois dernières années pour un besoin national de 70 millions de quintaux. De même que la filière lait dont la production a atteint 1,4 milliard de litres pour un besoin national de 3 milliards de litres pas an. «L’application de ce programme nous a permis de faire face aux fluctuations des prix sur le marché mondial de certains produits de première nécessité», a-t-il affirmé.

                      Concernant la hausse de la facture alimentaire par rapport aux années précédentes, le ministre a admis que les dépenses de l’Etat en biens alimentaires ont nettement augmenté par rapport aux années précédentes, mais cela n’est sûrement pas * cause de la hausse des quantités importées. Cela est dû essentiellement * la flambée des prix conjuguée * la faiblesse du dollar par rapport * l’euro, monnaie avec laquelle est effectuée la plupart de nos achats.

                      Le ministre a enfin évoqué le développement de la production du lait dans les wilayas du Sud en invitant les représentants de ces wilayas présents dans la salle * la création de laiteries dans toutes les localités du Sud.

                      Comment


                      • #12

                        ALGIERS, February 28, 2008 (Reuters) - OPEC member Algeria, one of Africa's top food importers, said on Thursday it aimed to boost its long neglected agricutural sector and increase a level of food self-sufficiency in decline for almost half a century.

                        A Mediterranean breadbasket in French colonial times, Algeria's food production today covers only about 20 percent of its needs. Farming lost its status as the country's economic backbone to the oil and gas sector in the 1970s.

                        A cabinet meeting chaired by President Abdelaziz Bouteflika on Wednesday evening declared that long-term policy should be to devote more land to food output including cereals, a statement published by government newspaper El Moudjahid said.

                        More land should be irrigated and greater effort made to protect "immense territories threatened" by desertification. The policy should also encourage oasis-based agricultural production in 360,000 hectares in the Sahara, it said.

                        "Our farming should be reinvented," the statement quoted Bouteflika as saying, adding that Algeria had to ensure food security and provide a decent income for farmers.

                        "It is a question of reinforcing the country's food security by giving more priority to basic food products like cereals, milk, vegetable oil, potatoes, pulses, red and white meats," the statement said.

                        The nation of 33 million people annually buys 5 million tonnes of cereals worth around $1 billion to help feed a population that has more than tripled since independence.

                        Its exports from agriculture, mainly dates and wine, are marginal at under $50 million in 2006, in comparison with over $54 billion of hydrocarbon exports during the same period.

                        For centuries farming dominated the economy and at independence accounted for 63 percent of export revenues.

                        But the departure of the French in 1962 set off a decline, with the loss of foreign managers and skilled labour compounded by the introduction of a rigid command economy that for years featured fixed salaries for farmers and effective state ownership of farms.

                        Farming suffered further damage in the 1990s when political violence triggered an exodus to the cities by rural families fleeing fighting between the army and Islamist armed groups.

                        The state has budgeted $4.2 billion for farming in a 2005-2009 national economic recovery plan, aiming to improve soil quality, grant concessions of land to agricultural investors, carry out reaforestation and promote farm busineses.

                        The government statement mentioned most of these issues but did not directly address access to bank loans, a big problem for many farmers. Economists say farmers often lack the title deeds that would qualify as collateral, so are unable to borrow.

                        Bouteflika said the question of agricultural land was complex but should not be an obstacle to farming modernisation. The state should provide farmers with a legal status that would ensure their "rights", he said without elaborating.

                        Comment


                        • #13

                          Samedi 1 Mars 2008 -- Le Conseil des ministres de mercredi dernier a été consacré en grande partie au secteur de l’agriculture, lequel a fait l’objet d’un rapport d’évaluation sur la politique en place et présentant notamment les défis qui se posent au secteur. Dossier établi sur la base d’un état des lieux mettant en exergue les atouts et les faiblesses du secteur. L’analyse des bilans des dernières années d’application du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR) trace les perspectives de développement * moyen et long terme * prendre en considération. Celles-ci reposent sur des axes stratégiques. Ainsi, dans le rapport, il est mis l’accent sur la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire du pays en donnant la priorité aux produits alimentaires de base que sont les blés, le lait, les huiles, la pomme de terre, les légumes secs, les viandes rouges et blanches et les œufs. Cependant, cette orientation ne doit en aucun cas s’accompagner d’une marginalisation des fruits et légumes, dont les niveaux actuels de production permettent de disposer d’une ration alimentaire plus équilibrée et de qualité, en adéquation avec les recommandations de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) en la matière, et de contribuer aux exportations hors hydrocarbures. D’autres axes, comme celui de consolider l’adaptation des systèmes de production aux conditions agro-climatiques, sont cités.

                          En d’autres termes : poursuivre le programme d’adaptation des systèmes de production aux conditions agro-climatiques, dont la reconversion de la céréaliculture marginale en fourrages, l’arboriculture rustique et la viticulture, de développer davantage les systèmes économiseurs d’eau et d’étendre les surfaces irriguées dans les limites autorisées par une exploitation durable de la ressource. Il est aussi préconisé, dans le rapport, de mettre en culture une partie des jachères et les terres inexploitées pour élargir la base productive, en complément * la mise en valeur des terres, de poursuivre la lutte contre la désertification pour sauvegarder les immenses territoires menacés. A propos de la lutte contre la désertification, les rédacteurs du rapport proposent de consolider la mise en défense, d’intensifier la production fourragère en zone d’épandage de crues, de réaliser des points d’eau pour l’abreuvement du cheptel et, enfin, de viser une régénération de l’écosystème par l’implication des éleveurs.

                          Cinquième axe : dynamiser le développement forestier et renforcer la protection des forêts par la mise en œuvre d’un programme d’action sectoriel portant sur la réalisation de plantations forestières, de traitements de bassins versants, d’ouverture de pistes, de creusement de tranchées pare-feu, de points d’eau et de travaux sylvicoles.

                          L’agriculture saharienne est aussi concernée par la nouvelle stratégie. Son développement portera sur la mise en valeur de 180 000 ha dans le sud-ouest et le Tassili, soit 50 000 dans la région du Touat-Gourara et 130 000 dans les zones de Debdeb Illizi et Djanet. Le dernier axe cité dans le rapport consiste * achever la recapitalisation de l’agriculture par la mise * niveau des exploitations agricoles restantes.

                          Intervenant * l’issue de la présentation de ce dossier, et après avoir mis en exergue les efforts consentis par l’Etat au profit du secteur * travers, notamment, le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR), dont il est prématuré de faire le bilan, car, en agriculture, les résultats ne sont pas * inscrire dans le court terme, le président de la République a instruit le gouvernement * l’effet d’inscrire son action par de nouvelles orientations. Le premier responsable du pays a dit que notre agriculture est * réinventer. Et de souligner que la politique agricole doit se traduire par une exploitation optimale de tous les facteurs de production (terres, eau, ressources humaines). La priorité sera donnée aux zones * fort potentiel, de manière * rentabiliser au mieux les investissements engagés et accroître quantitativement et qualitativement les productions. Le président de la République s’est aussi intéressé * la question foncière quand il dira : «Sa complexité n’échappe * personne, mais ne doit pas constituer un obstacle * la modernisation et au développement de l’agriculture».

                          En ce sens, il appartient au gouvernement, nonobstant le statut juridique des terres, de se pencher, d’abord, sur le statut de l’exploitation agricole dont il devra définir les contours pour en assurer l’intégrité et la viabilité, et consacrer le statut de l’exploitant agricole pour en fixer les droits, mais aussi les obligations vis-*-vis de la collectivité nationale. Le secteur agricole se doit de relever le défi de la modernisation * travers le remembrement des terres agricoles pour créer des exploitations viables, la mécanisation des exploitations et la fertilisation du sol, la maîtrise des itinéraires techniques de production et des actions de formation et de recherche pour améliorer les rendements. Les aides et concours de l’Etat doivent être orientés vers ces finalités en ciblant particulièrement les projets structurants capables d’imprimer une dynamique au développement du secteur et un effet d’entraînement pour les autres secteurs d’activité.

                          Comment


                          • #14

                            Dimanche 2 Mars 2008 -- La hausse vertigineuse des produits alimentaires dans le marché mondial repose cruellement la question de la sécurité alimentaire: l’Algérie est-elle en mesure d’y faire face? La question paraît invraisemblable, mais la réalité est tout autre pour un pays qui ne peut même pas s’autosuffire en pomme de terre. De ce point de vue, cette question brûlante est tout * fait logique et légitime. Avec un matelas financier qui a atteint 110 milliards de dollars, l’Algérie peut s’assurer deux années d’importations. Un constat purement mathématique qui a, cependant, besoin d’être réajusté. En effet, le marché mondial des matières premières nécessaires * la fabrication des produits de large consommation (blé, poudre de lait, graines de tournesol...) connaît actuellement de sérieuses perturbations. Il est marqué par une flambée des prix jamais égalée.

                            En fin de semaine écoulée, le cours du contrat de blé pour livraison en mai a atteint les 13 dollars le boisseau. Du jamais-vu. Le soja a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 15 dollars. Les cours du maïs se sont, quant * eux, confortablement installés au-dessus des 5 dollars sur le marché * terme de Chicago. Tandis que l’envolée des prix de l’or noir stimulait fortement la demande en biocarburants, qui constituent, selon certains, l’alternative aux énergies fossiles telles que le pétrole en l’occurrence. Ceux-ci sont produits * partir du soja pour le biodiesel et du maïs pour l’éthanol. Il est cependant * retenir que parmi ces trois produits (blé, maïs, soja), c’est surtout le marché du blé qui s’est montré le plus volatile alors que les investisseurs montrent des signes de désintérêt pour la récolte 2007. Et pour tout arranger, le billet vert poursuit sa glissade face * la monnaie unique européenne. 1,52 dollar pour un euro. Ce qui tend * favoriser la hausse des prix agricoles. «Si le pétrole continue de monter et le dollar de s’affaiblir, cela devrait pousser les cours des produits agricoles», a pronostiqué Joe Victor, analyste d’Allen Dale.

                            98% des recettes en devises engrangées par l’Algérie sont dues * ses exportations en hydrocarbures. Ses importations sont libellées en majeure partie en monnaie américaine, le dollar. Son économie est en plein dans cet engrenage. Les prévisions du Fonds monétaire international pour l’Algérie ne sont guère rassurantes. Selon cet organisme, l’importation des produits de consommation durant les quatre prochaines années en Algérie devrait connaître une hausse spectaculaire. De 32 milliards en 2008, elle doit passer * 47 milliards de dollars en 2012. Les importations algériennes ont fait un bond remarquable. Elles sont passées de 21,45 milliards de dollars en 2006 * 27,44 milliards de dollars en 2007. Ce qui représente une hausse de 27,8%, selon les chiffres fournis par le ministère du Commerce.

                            Pour ce qui est des céréales, semoule et farine, la facture était de 1,39 milliard de dollars en 2006. Elle a atteint 1,89 milliard de dollars en 2007. Tandis que pour la poudre de lait les importations pour l’année 2007 ont fait ressortir un chiffre de 1,06 milliard de dollars alors qu’il était de 709,13 millions de dollars en 2006. Une augmentation de 50%. Les crises récurrentes auxquelles fait face la société algérienne (blé, poudre de lait, fruits et légumes et plus récemment l’augmentation vertigineuse de l’huile de table) constituent des indicateurs qui ne trompent pas. Le malaise est plus profond que ce que l’on tente de nous expliquer. La famine guette l’ensemble de la planète. La sonnette d’alarme a été tirée par la directrice générale du PAM, le programme alimentaire mondial.

                            Les prix du blé ont augmenté de 200% depuis le début de ce siècle. Les prix des aliments, libellés en dollars, ont connu une hausse de 75%. Elle représente des hausses que supportent très mal des millions de personnes * travers le monde. L’offre serait-elle insuffisante? Don Mitchell, économiste en chef de la Banque mondiale, constate que «la hausse du prix des céréales n’est pas causée par des problèmes d’offres * court terme, comme cela est normalement le cas, et plusieurs années sont probablement nécessaires avant que l’offre n’augmente suffisamment pour renflouer les stocks et faire baisser les prix». On peut imaginer une famille algérienne aux revenus modestes qui payait le bidon de 5 litres d’huile 100DA il y a une dizaine d’années et qui le paie 950DA aujourd’hui, on alors 10DA le kilo de pomme de terre pour la même époque et 60DA * l’heure actuelle. Des hausses qui peuvent s’avérer «meurtrières». Au Yémen par exemple, le prix du blé qui a doublé pourrait augmenter la pauvreté de 6% dans ce pays, selon un rapport de la Banque mondiale. Parmi les 36 pays qui connaissent une crise relative * la sécurité alimentaire, 21 d’entre eux se situent en Afrique. Le Leshoto et le Swaziland ont connu des sécheresses qui ont nui * leur production. En Sierra Léone, les salaires sont tellement faibles qu’ils ne permettent même pas l’accès aux produits locaux.

                            En Algérie, la flambée des prix des produits de consommation a modifié sensiblement les habitudes alimentaires des citoyens. La confortable aisance financière dont elle dispose n’a pu juguler cette crise. Les quelques mécanismes mis en place ainsi que les subventions allouées risquent de s’avérer inefficaces. Une question s’impose: l’Algérie était-elle assez préparée pour intégrer l’économie de marché?

                            Comment


                            • #15

                              Jeudi 24 Avril 2008 -- La flambée des prix des produits de première nécessité, notamment le lait et la semoule, met de nouveau sur la table la problématique de la sécurité alimentaire en Algérie. Cette problématique a été au centre du 7e Colloque scientifique international sur “la sécurité alimentaire, quelle stratégie pour le développement agricole ?” organisé, hier, * la Bibliothèque nationale, par l’Association nationale des économistes algériens. En dépit de la mise en œuvre d’un colossal programme national de développement de l’agriculture, l’Algérie peine * assurer sa sécurité alimentaire. Au fil des ans, notre pays s’impose comme le principal importateur de denrées agroalimentaires.

                              M. Lebeche, expert au conseil économique et social, a bien résumé cette situation en affirmant que les besoins alimentaires de la population algérienne, sont satisfaits grâce aux importations, dont la facture est passée de 2,8 milliards de dollars en 2000, * 3,59 milliards dollars en 2005 et * 4,8 milliards dollars en 2007. L’inefficacité des politiques agricoles et la régulation administrative ont bloqué le développement de l’agriculture et transformé l’Algérie en un importateur net de céréales, d’huile, de laits industriels, de sucre. Le président de l’Association nationale des économistes algériens, M. Belkacem Hacène Bahloul, parle de malnutrition, “estimée 6,8% de la population”, un taux jugé élevé. Une malnutrition, illustrée par les statistiques présentées par M. Lebeche, faisant ressortir un modèle de consommation, pauvre en protéines animales.

                              La faiblesse de notre agriculture réside, semble-t-il, ailleurs que dans le financement, qu’il faudrait certes aussi augmenter. M. Mesli, ancien ministre de l’Agriculture, a bien résumé la situation, en affirmant qu’en 50 ans le nombre d’exploitations agricoles est passé de 600 000 dénombrées lors du recensement général de l’agriculture de 1958 * 1 000 000 présentés lors du dernier recensement de 2001. Ainsi, le nombre a presque doublé tandis que la surface agricole utile est restée identique. En 1958, la superficie moyenne par exploitation était de 13 hectares, en 1973 elle chutait * 11,5 pour se situer autour de 8 hectares. 600 000 exploitations ont une superficie moyenne inférieure * 5 hectares. 170 000 s’étendent sur moins de 1 hectare et 800 000, soit 80% du nombre total des exploitations ont chacune moins de 10 hectares. “Il faut cesser de dilapider les terres”, souligne-t-il.

                              À cet inconvénient, s’ajoute un autre non moins sérieux : 60% des terres propriétés des fellahs (melk) ne possèdent pas de titre de propriété ! Tandis que le statut des terres de l’État confiées aux EAC et EAI reste entier 20 ans après la promulgation de la loi 87/19. L’agriculture traîne un autre désavantage concernant les hommes : 43% des agriculteurs ont un âge compris entre 41 et 60 ans, 37% ont plus de 61 ans, 5% seulement ont moins de 30 ans, ce qui est loin de refléter la pyramide des âges de la population, 67% des agriculteurs n’ont aucun niveau d’instruction, et 20% ont le niveau primaire. 2% seulement ont un niveau universitaire. “On ne saurait donc s’étonner des résultats qui n’ont jamais été au niveau des moyens mis dans le secteur et des espérances placées en lui”, estime l’ancien ministre de l’Agriculture. M. Mesli estime que la nouvelle “risque de ne pas régler le problème”, si la question de propriété n’est pas tranchée.

                              Quant * la politique agricole, “le soutien de l’État * l’investissement dans le secteur en amont et en aval est jugé faible et ne dépasse pas 3,6% du produit intérieur brut en 2006, alors qu’il est de 17% aux États-Unis et 34% dans les pays de l’Union européenne”, fait remarquer M. Belkacem Hacène Bahloul. “40% des revenus des agriculteurs français proviennent des soutiens de l’État”, renchérit M. Medjitna de l’université d’Alger et membre de l’Association des économistes algériens. La sortie de la crise est-elle possible ? Oui répondent les économistes. À des conditions. Il faut mettre en place une politique agricole globale * long terme. Il faut une implication davantage prononcée de l’État, financièrement mais aussi en organisant profondément le secteur (statut définitif des terres publiques, titres de propriété, refonte des structures agraires, formation et rajeunissement de la population agricole). Le Maroc vient de lancer sa stratégie, “le plan Maroc vert”, doté de 20 milliards de dollars.

                              Comment

                              Working...
                              X