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SupĂ©rettes Ă* Alger : La fin des petits commerces de proximitĂ© ?

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  • SupĂ©rettes Ă* Alger : La fin des petits commerces de proximitĂ© ?


    Dimanche 20 Avril 2008 -- A l’heure oĂą les Souk-El-Fellah et autres Monoprix mettaient, l’un après l’autre, la clef sous le paillasson, de nouveaux commerces ont pointĂ© le bout du nez. Les supĂ©rettes. D’abord timide, leur apparition s’est gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans tous les quartiers de la capitale : Hydra, DĂ©ly-Ibrahim, El-Biar, HusseĂŻn-Dey, Bab-El-Oued... De nouvelles habitudes ont commencĂ© ?* s’installer chez les consommateurs.

    Finis les interminables aller-retour chez le boucher, le boulanger, l’Ă©picier, le droguiste du coin. Les supĂ©erettes, c’est du dix en un puisqu’elles offrent un large choix de produits. S’il est vrai que les clients y trouvent leur compte, les petits commerçants de proximitĂ©, eux, grincent des dents. Et pour cause, la plupart d’entre eux ont vu leur chiffre d’affaires chuter brutalement, comme nous le confie cet Ă©picier du boulevard Mohamed V : «Avec l’ouverture de plusieurs supĂ©rettes dans le quartier, j’ai enregistrĂ© une perte sèche.»

    Ouverts 7 jours sur 7, jusqu’?* 22h, ces supermarkets regorgent de produits de large consommation. De la simple baguette de pain au fardeau d’eau minĂ©rale en passant par les surgelĂ©s, les lĂ©gumes, les cosmĂ©tiques et les produits d’hygiène, la mĂ©nagère n’a que l’embarras du choix. Certains supĂ©rettes proposent mĂŞme des plats dĂ©j?* cuisinĂ©s ?* emporter. Le rayon surgelĂ© a Ă©galement la cote, système D pour de nombreuses femmes jonglant entre boulot et foyer. Et pour les accros des gâteaux traditionnels, pas de panique ! Makrout, cha’rek, sablĂ©s, ghribia disposĂ©s dans de jolies barquettes vous attendent. Idem pour la galette, beignet (kh’fef), m’hadjeb et autres gourmandises apprĂ©ciĂ©es par bon nombre d’AlgĂ©riens.

    Superette Tabaân, boulevard Mohamed V. Un ex-parking transformĂ© en supermarchĂ©. Couleur dominante de cette enseigne : l’orange. MĂŞme le personnel (caissiers, chefs de rayon ...) portent des uniformes dans ce ton. TalonnĂ©s par le responsable de cette grande surface, nous pĂ©nĂ©trons dans cette antre de la consommation. Les clients portant dĂ©j?* un sac de provisions sous le bras sont priĂ©s de le laisser ?* la consigne. Chariots et paniers attendent ?* l’entrĂ©e. Une dame s’empare d’un caddie. «Aujourd’hui, c’est jour de paye. Je fais le plein de produits alimentaires et d’entretien pour le mois», lance-t-elle. Les rayons et prĂ©sentoirs bien achalandĂ©s dĂ©filent sous nos yeux : droguerie, cosmĂ©tique, viandes, charcuterie, surgelĂ©s, alimentation gĂ©nĂ©rale, lait et dĂ©rivĂ©s, fruits, lĂ©gumes, olives, Ă©pices ... «C’est tellement pratique de faire toutes ses emplettes dans le mĂŞme magasin, lâche un client. On gagne un temps fou !»

    CĂ´tĂ© prix, ils s’alignent sur ceux pratiquĂ©s dans les autres commerces, exception faite pour les fruits et lĂ©gumes qui affichent une hausse sensible comparĂ©s ?* ceux du marchĂ©. Lors de notre passage, un client a du mal ?* ronger son frein : «Les lĂ©gumes et fruits coĂ»tent jusqu’?* 3 fois plus chers qu’?* l’extĂ©rieur. Rien ne justifie cette hausse», s’emporte-t-il. Mal ?* l’aise, probablement ?* cause de notre prĂ©sence, le responsable lui indique qu’il existe un cahier de dolĂ©ances oĂą il peut consigner son coup de gueule. Passage ensuite par le rayon des surgelĂ©s. La gent fĂ©minine y joue des coudes. Pâte feuilletĂ©e, boureks dĂ©j?* farçis, quiches, poissons panĂ©s, pizzas prĂ©cuites, frites ... Tout un pannel de produits ?* mettre directement dans sa poĂŞle ?* frire ou dans son micro-ondes. Plan de secours pour toutes ces femmes actives prises entre le marteau et l’enclume.

    TĂ©moignage de Houria (fonctionnaire) : «Entre les 8 heures passĂ©es au bureau, les enfants ?* rĂ©cupĂ©rer de l’Ă©cole et les courses ?* faire, plus le temps ?* passer derrière les fourneaux. BĂ©ni soit celui qui a inventĂ© les aliments surgelĂ©s», lance-t-elle. Une autre cliente happe la conversation au vol et renchĂ©rit : «Moi, je ne suis pas d’accord, ces produits prĂ©cuits ont dĂ©j?* perdu la moitiĂ© de leurs vitamines, en plus ils grèvent sĂ©rieusement le budget.» Avant de quitter cette supĂ©rette, nous remarquons la prĂ©sence de plusieurs camĂ©ras de surveillance. Par ailleurs, comme nous l’explique notre guide, certains produits coĂ»tant cher, tels les cosmĂ©tiques made in sont, truffĂ©s d’anti-vols invisibles ?* l’œil nu : «Tous les jours, plusieurs pickpockets sont apprĂ©hendĂ©s la main dans le sac, nous rĂ©vèle notre interlocuteur. RĂ©cemment, l’alarme du portique s’est dĂ©clenchĂ©e au passage d’une femme. Elle avait dissimulĂ© dans ses poches l’Ă©quivalent de plus de 4 000 DA de produits de beautĂ©.»

    Le MĂ©li-MĂ©lo Market, une autre grande supĂ©rette (environ 500 m2) situĂ©e en contrebas de la rue Claude-Debussy. De 9h ?* 19h30, cette enseigne accueille un flot incessant de clients, notamment les riverains. RĂ©gulièrement, ?* l’instar de la plupart des commerces de ce genre, des ventes promotionnelles de produits y sont organisĂ©es. «A l’approche des dates de pĂ©remption, nous cassons les prix, quitte ?* rĂ©duire la marge bĂ©nĂ©ficiaire», nous informe Mohamed, le responsable. Quant ?* l’agencement des produits dans les rayonnages, il obĂ©it ?* des règles strictes, comme tient ?* le souligner notre vis-?*-vis : «Chaque vendeur est responsable de son rayon. Il est tenu de le mettre en valeur, de gĂ©rer les stocks et d’organiser les rayons en disposant les produits de façon attractive. » Plusieurs caisses sont en service. Près de chacune d’entre elles, des barres chocolatĂ©es, des chewing gum et autres confiseries : «C’est une stratĂ©gie commerciale visant ?* inciter les clients ?* faire un achat de plus mĂŞme si celui-ci n’Ă©tait pas portĂ© sur leur liste», indique notre guide.

    CĂ´tĂ© clients, mĂŞme si la plupart se disent ravis par la disponibilitĂ© et la variĂ©tĂ© des produits, d’autres font la fine bouche. Un client nous dira : «Certains produits dont la date de pĂ©remption est proche sont carrĂ©ment immangeables !» Un autre pointera du doigt l’absence de parking : «J’aime bien faire mes courses ici, mais impossible de trouver une place oĂą me garer.» Un autre lièvre est soulevĂ© par une dame : «Très souvent, la petite monnaie fait dĂ©faut, d’oĂą la formation d’interminables queues au niveau des caisses». RĂ©ponse du gĂ©rant : «C’est la Banque centrale qui est responsable du manque de la petite monnaie et qui n’en fournit qu’aux petits copains. Alors, on se dĂ©brouille comme on peut !»

    Devant la multiplication des supĂ©rettes, les gĂ©rants redoublent d’imagination pour satisfaire leur clientèle. La carte de fidĂ©litĂ© ouvrant droit ?* un bonus au bout d’un certain nombre d’achats commence ?* se gĂ©nĂ©raliser. Si certains clients se laissent sĂ©duire, ne manquant jamais de brandir leur carte au moment de payer, d’autres ont la dent dure contre cette stratĂ©gie commerciale. «Pour obtenir un bon d’achat gratuit de 200 DA, il faut totaliser 400 points, l’Ă©quivalent d’environ 15 000 DA d’achats, une goutte d’eau dans l’ocĂ©an, ironise un client rencontrĂ© ?* la superette Khiar, rue Burdeau». Une chose est indĂ©niable : après les annĂ©es de pĂ©nuries (70’s et 80’s), ces magasins de vente en libre service ont apportĂ© une vĂ©ritable bouffĂ©e d’oxygène aux consommateurs effrĂ©nĂ©s que nous sommes devenus, mĂŞme si des imperfections sont relevĂ©es, ici et l?*.

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