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Algeria: Energy news: Oil / gas / electricity / solar / nuclear power developments

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  • Vendredi 29 Janvier 2010 -- Une source judiciaire a révélé que Sonatrach avait pris la décision inattendue de retirer les avocats qu’elle a désigné, dès le début de l’enquête pour la défense des cadres concernés. Cette décision est, en effet, en totale contradiction, selon cette source, avec les précédentes déclarations du ministre de l’énergie, Chakib Khelil, défendant avec conviction les cadres de la société qu’ils soient sous contrôle judiciaire ou en détention. La Sonatrach s’est, aujourd’hui, constitué partie civile devant le juge d’instruction pour défendre ses intérêts dans des marchés de gré à gré qui font actuellement l’objet d’enquêtes. Cette volte-face ne peut être considérer autrement que comme une gifle aux cadres impliqués qui n’ont cessé de répéter, depuis le début de l’instruction, qu’ils n’avaient fait que suivre les ordres en signant parfois ces marchés sans aucune négociation. Les juges de la chambre d’accusation ont de leur coté commencé, avant-hier, à étudier les demandes de liberté provisoire des prévenus en détention, différant les requêtes du parquet de mettre en détention les prévenus qui sont, eux, sous contrôle judiciaire. La liste des accusés comporte, pour rappel, les deux fils du DG de la société qui travaillaient comme conseillers pour certaines compagnies pétrolières ayant des relations commerciales avec la Sonatrach.

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    • Salima Tlemçani :


      Vendredi 29 Janvier 2010 -- La chambre d’accusation près la cour d’Alger a confirmé, tard dans la soirée de mercredi, les mises sous mandat de dépôt prononcées par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed, il y a une dizaine de jours, dans le cadre de l’affaire Sonatrach. Sans surprise aucune, la décision concerne les deux enfants du PDG de Sonatrach, Mohamed Meziane, l’ancien PDG du CPA, et leur associé, un entrepreneur privé, Hachemi Megahaoui et son fils, ainsi que deux vice-présidents de Sonatrach, Benamar Zenasni, chargé de l’activité transport par canalisation (TRC) et Belkacem Boumedienne, chargé de l’activité Amont (exploration et production). Une quinzaine d’avocats avaient plaidé hier, leur mise en liberté provisoire, arguant du fait que les prévenus « présentent des garanties suffisantes pour leur permettre d’être à la disposition de la justice à n’importe quel moment ». Le parquet a, quant à lui, demandé leur maintien en détention, eu égard, a-t-il expliqué, de « la gravité de l’affaire et de l’implication des mis en cause ».

      La chambre d’accusation aura à examiner, dimanche prochain, les demandes d’une quinzaine d’autres avocats qui plaident la liberté pour les sept autres prévenus placés sous contrôle judiciaire, dont le PDG de Sonatrach, son vice-président chargé de l’activité commercialisation, Chawki Rahal, ainsi que d’autres cadres dirigeants. Pour sa part, le représentant du ministère public a contesté la décision du juge, en plaidant la mise sous mandat de dépôt de l’ensemble des mis en cause. À signaler que ces derniers sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation dont corruption, violation de la réglementation des marchés publics, négligence et association de malfaiteurs. Des griefs, pesant très lourd, qui tombent sous le coup du tribunal criminel si la chambre d’accusation les confirme. Il s’agit en fait de passation de plusieurs marchés de gré à gré pour l’installation d’équipement de sécurité au profit d’un groupement algéro-allemand entaché d’illégalité et dont les auteurs présumés auraient perçu des commissions, et surestimé les coûts des réalisations.

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      • Houria Alioua :


        Ouargla, Samedi 30 Janvier 2010 -- Selon nos informations, les dix derniers jours auraient vu l’ouverture, par le Centre territorial de recherche et d’investigation (CTRI), d’une enquête préliminaire concernant l’affaire avec l’audition de plusieurs cadres, notamment ceux de la division forage, de la direction de production de Haoudh El Hamra, de l’ENSP et de l’ENGCB. La « capitale » du pétrole est encore secouée par le scandale de Sonatrach. C’est le règne de la peur et de la rumeur, mais aussi de l’intox, à en croire les échos recueillis sur place. Beaucoup de cadres de Sonatrach et ses filiales font mine de ne plus connaître personne et évitent de répondre au téléphone. Comment perçoit-on cette affaire  ? Comment va le moral des troupes  ? Les rares personnes qui ont bien voulu en parler se sont vite rétractées. Plusieurs contacts ont été établis mais les commentaires se font rares en fin de parcours. Tout le monde craint d’être lié de près ou de loin à cette affaire. Car, faut-il le reconnaître, le scandale semble éclabousser bon nombre de cadres en exercice ou ayant exercé dans les différentes régions de production gravitant autour de Hassi Messaoud et particulièrement à Haoudh El Hamra.

        Peur de parler

        Autant ces zones de production pullulent de cadres, autant elles sont muettes depuis vingt jours. C’est donc motus et bouche cousue en attendant d’y voir plus clair dans cette affaire de corruption et surtout de confirmer la rumeur persistante de la mise sous contrôle judiciaire de plusieurs hauts cadres des filiales dont les sièges se trouvent à Hassi Messaoud. Selon nos informations, les dix derniers jours auraient vu l’ouverture, par le Centre territorial de recherche et d’investigation (CTRI), d’une enquête préliminaire concernant l’affaire avec l’audition de plusieurs cadres, notamment ceux de la division forage, de la direction de production de Haoudh El Hamra, de l’ENSP et de l’ENGCB. Mais là encore, l’officiel se confond avec l’officieux pour alimenter les ragots. Le seul cadre en exercice ayant accepté de parler du sujet, sous couvert de l’anonymat, n’a rien voulu confirmer et semblait même courroucé par l’étalage, dans la presse nationale et étrangère, des détails de cette affaire qui, selon lui, est encore en instruction, donc ouverte sur toutes les possibilités  : «Vous vous attendez à quelle réaction des travailleurs et cadres de Sonatrach  ? On subit cette affaire dans notre chair, bien qu’on soit loin de ces contrats signés à haut niveau. Même s’ils sont mis à exécution au niveau régional, les engagements se font bien loin des pipes.» Notre interlocuteur lit le journal comme tout le monde et se pose mille questions sur la manière dont la procédure a été enfreinte, nous confie-t-il, s’interrogeant  : «Comment ont-ils contourné les cloisons légales pour passer outre les garde-fous ? La seule chose dont je suis sûr, c’est qu’ils ont dûment profité de leur pouvoir et des prérogatives offertes par leurs postes, voire de la complaisance de la hiérarchie.»

        Wait and see

        Concernant le moral des travailleurs, ce cadre confirme l’état de résignation  : « C’est le wait and see car la procédure judiciaire peut prendre des années et beaucoup d’eau coulera sous les ponts, alors que les travailleurs sont sur le terrain et continuent à travailler et produire pour le bien-être de notre pays. Le reste nous dépasse et, croyez-moi, même de l’intérieur, on ne comprend pas toujours l’ampleur de telles affaires qui nous tombent dessus comme la foudre. »

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        • Hocine Malti, Samedi 30 Janvier 2010 :


          Messieurs, Nous avons appris par la presse de ces derniers jours qu’après un travail de fourmi que vous avez mené durant deux semaines, vous avez mis au jour un gros problème de corruption au niveau de l’état-major de Sonatrach. Le président-directeur général, des vice-présidents et des directeurs de la compagnie, l’ex-PDG du CPA, un entrepreneur privé ainsi que les enfants des deux PDG sont, soit sous les verrous, soit sous contrôle judiciaire. Bravo Messieurs, vous avez fait du bon travail. Tous les Algériens honnêtes, tous ceux qui ne vivent que de la sueur de leur front ne pourront que vous féliciter. On nous a dit aussi que ce serait sur injonction du président de la République qu’ont été menées vos investigations. On a également appris, à travers la presse, que les malversations en question concernaient l’octroi de marchés à deux bureaux d’études et de consulting ainsi que l’achat d’installations de surveillance sur des pipelines. Malgré les bons résultats auxquels vous êtes parvenus, je dois cependant vous dire que nous, citoyens, restons quand même sur notre faim à la lecture de ces informations. C’est pourquoi je m’adresse à vous pour vous faire part d’un certain nombre de constatations, de remarques et de questions que celles-ci soulèvent. Parmi les premières constatations qui sautent aux yeux, il en est une que vous avez certainement dû faire vous-mêmes : les affaires que vous avez mises au jour concernent des marchés d’importance «secondaire», dirions-nous. Des études de consulting représentent des contrats dont les montants varient entre quelques dizaines de milliers et quelques centaines de milliers de dollars. Il en est de même de l’achat de matériels et équipements de contrôle et de surveillance électronique installés sur des canalisations de pétrole ou de gaz. C’est un peu plus cher que des études, mais cela reste d’un niveau modeste. Des commissions de 10% à 15% – c’est le « tarif » en général – représentent des petites sommes. Loin de moi l’idée de chercher à diminuer ou à atténuer la culpabilité des personnes concernées, car une malversation reste une malversation, un corrompu reste un corrompu et un vol reste un vol, quel que soit le montant des sommes détournées ou indûment perçues. Il faut mettre fin à ce genre de comportements et à ce fléau social qu’est la corruption même si cela ne porte que sur des petites affaires. Ce qui me gêne néanmoins – autant vous le dire crûment – c’est que bien que vous ayez fait un très bon travail, vous avez quand même tapé un peu à côté de la plaque. Vous avez été, comme qui dirait, bridés ou alors vous vous êtes à dessein confinés dans l’investigation des petits marchés, comme si la corruption ne concernait que les petits contrats. On a l’impression que vous n’avez pas su chercher ou que l’on ne vous a pas laissés aller au-delà d’un certain niveau. Malheureusement, la corruption est partout présente en Algérie. Elle est particulièrement présente dans les grands marchés, ceux qui se chiffrent en milliards de dollars ou éventuellement en centaines de millions. C’est là que les dégâts pour l’économie nationale sont énormes et c’est surtout dans ces marchés que vous devriez aller fourrer votre nez. Je vous fournirai plus loin quelques pistes à explorer.

          La seconde constatation que l’on peut faire à la lecture de ce qui a été publié dans la presse est que la progéniture de certains responsables est également « dans le coup ». Là aussi, on doit vous dire bravo, car vous avez ainsi mis au jour une évidence, dont on ne voulait pas prendre conscience jusque-là, pour je ne sais trop quelle raison. Mais alors, ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Intéressez-vous aux activités de certaines autres progénitures, bien connues à Alger, qui possèdent une double nationalité et qui résident à l’étranger. Vous découvrirez, Messieurs les enquêteurs, que nombre de contrats passés par Sonatrach l’ont été grâce à l’entregent de ces enfants et grâce à l’assistance de papa qui, lui, occupe de hautes fonctions dans l’appareil économique algérien. Ma troisième remarque porte sur le niveau de responsabilité des personnes soupçonnées d’avoir perçu des pots-de-vin. Ce sont, certes, les plus hauts cadres de la compagnie nationale des pétroles, mais pensez-vous sincèrement, Messieurs les enquêteurs, que ces cadres ont agi seuls ? Pensez-vous vraiment qu’ils ont pris seuls le risque de briser leur carrière professionnelle, leur vie familiale et leur avenir, sachant par avance que s’ils étaient découverts, ils passeraient de longues années en prison ? Imaginez-vous un instant qu’ils n’ont pas pris auparavant la «précaution» de solliciter la protection de responsables autrement plus importants, tant au sein du pouvoir politique que du pouvoir militaire ? Une telle protection se paye évidemment en monnaie sonnante et trébuchante. Ne croyez-vous pas que ces cadres ne sont en réalité que des seconds couteaux, des acteurs agissant pour le compte de parrains autrement plus puissants ? Je suis pour ma part convaincu – je suis certain qu’au fond de vous-mêmes vous l’êtes aussi – que ce serait plutôt à la demande et pour le compte de certains puissants du régime que ces cadres ont fait ce qu’ils ont fait, et qu’ils se sont, bien entendu, servis au passage. Encore une fois, ceci ne diminue en rien leur niveau de culpabilité, puisque même s’ils n’avaient rien pris au passage, ils n’en seraient pas moins coupables de corruption en bande organisée. Ce qui me gêne, à vrai dire, c’est que vous n’ayez découvert qu’une partie infime des malversations qui caractérisent le secteur pétrolier algérien. Tout se passe comme si on vous avait demandé de ne pas porter vos investigations vers la partie immergée de l’iceberg. Ce qui me gêne c’est de constater, encore une fois, que les très hauts responsables politiques et militaires algériens semblent être immunisés contre toute tentative de corruption, qu’ils ne sont ni corrompus ni corrupteurs, qu’ils sont blancs comme neige, comme si la corruption s’arrêtait au dernier étage de la technocratie. La situation présente ressemble étrangement à celle de l’affaire Khalifa où les malversations révélées n’avaient atteint que le poste de gouverneur de la Banque centrale ; au-delà, il n’y en avait pas. Elle est aussi identique à celle de l’affaire BRC où le plus haut responsable inculpé était le président-directeur général de l’entreprise et dans laquelle, au-delà de ce niveau, tout le monde était net et propre. Au risque de me répéter, je suis obligé de constater qu’il y a quelque chose qui cloche : ces investigations et ces inculpations qui s’arrêtent à un certain niveau de responsabilité ne sont pas le fruit du hasard. Il y a, visiblement en coulisses, des forces occultes qui agissent et qui décident de stopper les recherches à un certain point, une fois qu’elles ont atteint le but qu’elles visaient. Même quand, comme dans l’affaire Khalifa, un ministre admet devant un tribunal une part de responsabilité dans le scandale ou que le secrétaire général de l’UGTA dit assumer certains actes de mauvaise gestion qui en sont en partie la cause, l’establishment fait comme s’il n’avait pas entendu ces déclarations.

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            Messieurs les enquêteurs,

            J’ai signalé au début de mon écrit que c’est par la presse que nous citoyens avons été informés de ce scandale. J’aurai dû dire – ce que vous avez certainement constaté tout comme moi – qu’il ne s’agissait, en réalité, que d’une partie de la presse. À l’exception de trois ou quatre journaux arabophones et francophones qui ont publié des dossiers bien documentés sur l’affaire, les autres n’ont fait que reprendre ce que leurs confrères avaient déjà porté à la connaissance de leurs lecteurs. Et ce, quelques jours plus tard seulement, comme s’ils attendaient un feu vert de quelque part. C’est là l’autre bizarrerie que l’on relève dans ce grand déballage. Est-ce à dire que certains journalistes, exerçant dans certains titres, ont de grandes capacités d’investigation que leurs collègues n’ont pas ? Ou alors, ont-ils leurs sources d’information auprès de certains services – dont le vôtre notamment, Messieurs les enquêteurs, puisque ce sont les résultats de votre travail qui nous ont été révélés – que les autres ne possèdent pas ? Ou plutôt – autre hypothèse – « on » a fait fuiter que vers certains les informations que l’« on » voulait porter sur la place publique ? C’est là aussi que le bât blesse. Vous n’êtes pas sans savoir, ce que savent d’ailleurs tous les Algériens qui s’intéressent à la vie politique de leur pays, qu’au sein du régime algérien existent des clans qui sont en affrontement quasi permanent pour le pouvoir, chacun essayant d’augmenter et de pérenniser le sien. C’est pourquoi la bizarrerie que nous venons de signaler, ainsi que celle qui veut que les investigations s’arrêtent à un certain niveau, prennent une autre dimension. On a la nette impression que derrière l’avalanche d’informations qui nous est fournie par la presse, il y a un règlement de comptes. Cette sensation de règlement de comptes est d’autant plus perceptible que l’on nous dit donc que ce serait sur injonction du président de la République que ces investigations ont été conduites. Vous n’êtes pas sans savoir que le président de la République et son entourage sont partie prenante dans cette lutte pour le pouvoir.

            On constate, en outre, que les personnes impliquées dans cette affaire, aussi bien celles qui ont été arrêtées ou mises sous contrôle judiciaire, que celle dont le « processus vital » a été engagé, comme l’a si bien dit un journaliste de renom, font toutes partie du clan présidentiel. Doit-on en conclure que le président veut faire le ménage dans la maison, nettoyer les écuries d’Augias, même si cela devait se faire à son « détriment » ? Ce serait alors tout à son honneur. Quand on sait cependant comment certaines affaires ont été étouffées, comment a été dissoute BRC dès que le scandale a pris des proportions qui risquaient de porter atteinte aux puissants du régime, je ne peux m’empêcher de poser la question suivante : pourquoi Abdelaziz Bouteflika s’est-il ainsi « tiré une balle dans le pied », comme on dit en langage courant ? A-t-il été poussé vers cette alternative par de puissantes forces occultes ? Ou bien alors a-t-il voulu, par une telle décision, protéger d’autres personnes de son entourage, plus importantes à ses yeux et plus chères à son cœur, quitte à en sacrifier certaines ? En tout cas, on ne peut que souhaiter d’assister plus souvent à des règlements de comptes de ce genre qui permettent de dévoiler des affaires de corruption. Le pays se débarrasserait ainsi du plus grand fléau social qui ronge la société algérienne qui éliminerait ainsi de ses rangs les brebis galeuses. Venons en maintenant, Messieurs les enquêteurs, aux pistes que je vous ai promises et sur lesquelles vous pourriez travailler. Vous y rencontrerez certainement du plus gros « gibier », vous y découvrirez des malversations autrement plus importantes que celles que vous avez mises au jour jusque-là et vous ramènerez très probablement dans vos filets de plus grosses prises.

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            • continued.....

              1 - Intéressez-vous d’abord aux ventes de pétrole par Sonatrach. Vous constaterez que la compagnie nationale fait peu de ventes spot et que l’essentiel de ses ventes se fait à destination de quatre ou cinq clients seulement. Si vous allez fouiller un peu plus profondément, vous vous rendrez compte que derrière chacun de ces clients se trouve un membre du sérail, que ces « barons » ont leurs hommes de paille à Alger, mais aussi des « correspondants » auprès des bureaux de Londres ou de Houston de Sonatrach. Quand on sait que les ventes de pétrole de Sonatrach génèrent 60 à 70 milliards de dollars U.S. par an, on ne peut qu’être frappés par le montant que représentent les commissions perçues par certains.

              2 - Allez jeter un coup d’œil sur ce que l’on appelle le projet de gaz intégré de Gassi Touil, sur lequel Sonatrach était associée aux Espagnols de Repsol et de Gas Natural, un projet qui était estimé à 3,6 milliards de dollars U.S. et qui devait être réalisé en deux à trois ans au maximum. Puis, voilà qu’il y a de cela quelque trois années, Sonatrach rompait ce contrat pour des raisons pas très nettes et décidait de réaliser le projet toute seule. Aujourd’hui, celui-ci a été saucissonné en deux parties :

              a - une première partie portant sur la construction à Arzew d’un complexe de GNL, d’un coût estimé à 4,7 milliards de dollars U.S. qui a été attribué à l’entreprise italienne Saipem. La presse algérienne de ces derniers temps a relevé que le nom de cette société revenait un peu trop souvent dans les projets de Sonatrach. Elle a de même traité, à deux ou trois reprises, de faits se rapportant à des contrats attribués à cette société qui devraient attirer votre curiosité. À signaler que Saipem a aussi décroché dans le courant de 2009 un nouveau contrat de 1,1 milliard d’euros et 30,45 milliards de dinars, portant sur la construction d’installations de production à Menzel Ledjmet Est.

              b - une deuxième partie, concernant les installations de production sur le champ de Gassi Touil lui-même a fait l’objet d’un contrat attribué à Japan Gasoline (JGC). D’un montant de 1,5 milliard de dollars U.S., les travaux objet du contrat étaient censés débuter à la fin de 2009 et devraient durer 42 mois. Voici donc un projet qui devait coûter à l’origine 3,6 milliards de dollars U.S. qui reviendra finalement à 6,2 milliards, soit 72% plus cher que prévu, qui devait se terminer dans le courant de cette année ou en 2011 au plus tard, mais qui, dans le meilleur des cas, ne sera achevé qu’en 2013. Cela ne vaudrait-il pas le coup de regarder de plus près ce qui se passe dans cette affaire  ?

              3 - Un autre dossier devrait également attirer votre attention. Il s’agit du projet dit d’El Merk, monté en association entre Sonatrach et Anadarko qui porte sur la construction d’un gros hub de production par lequel devrait transiter le pétrole brut en provenance d’une myriade de champs situés tout autour du point central d’El Merk. Dans une première phase, ce projet avait été attribué de gré à gré à BRC, avant qu’il ne soit mis fin au contrat après la dissolution de cette entreprise. Ce projet a été, lui aussi, saucissonné en deux parties, dont la plus importante a été confiée à SNC Lavalin, dans le cadre d’un contrat en trois phases. La première tranche coûtera à elle seule 1,1 milliard de dollars U.S., tandis que le projet global reviendra probablement à plus de 3 milliards de dollars. Quel « Monsieur J’sais tout » que cette entreprise qui, par ailleurs, se trouve toujours bien placée dans les appels d’offres de projets algériens et de plus en plus dans ceux de la Sonatrach ! Après s’être fait connaître en Algérie par la construction de Houbel et de Riadh El Feth, elle s’était lancée en 2005 dans la construction d’une station de traitement et d’une station de pompage dans le cadre du projet de transfert d’eau de Taksebt pour un montant de 750 millions de dollars canadiens. Voilà qu’aujourd’hui, SNC Lavalin s’engage dans la réalisation d’installations de production de pétrole assez complexes, mais aussi dans des projets d’urbanisme. Le montant du contrat qui lui a été attribué pour les études, le suivi, le contrôle et la coordination des travaux de construction de la ville de Hassi Messaoud, s’élève à un peu plus de 500 millions de dollars.

              4 - Autre piste que je vous signale, celle portant sur la construction à Arzew d’une usine de production d’ammoniac et d’urée, une affaire d’un montant de 1,6 milliard de dollars attribuée à Orascom, via la création d’une joint-venture constituée pour l’occasion avec Sonatrach. Voici encore une entreprise du type « Monsieur J’sais tout ». Après la téléphonie mobile, la voilà qui entre dans le domaine de la pétrochimie, avec cependant un gros bémol à signaler. Au lendemain de la signature du contrat avec Sonatrach pour la réalisation de l’usine d’Arzew, Orascom s’est retournée vers une société d’engineering allemande de renom à laquelle elle a sous-traité pratiquement l’ensemble du projet, tout comme on la retrouve également sur le projet El Merk signalé plus haut. Vraiment Orascom sait tout faire, y compris acheter des cimenteries algériennes à un prix nettement inférieur à celui proposé par le cimentier français Lafarge, auquel elle revendait quelques semaines plus tard ces mêmes cimenteries avec un bénéfice de 600 à 700%. Quel est le secret de la réussite de l’entreprise égyptienne ? Réside-t-elle dans le sens des affaires de son PDG, Mohamed Ali Shorafa, ou dans le fait qu’il fut à une certaine époque directeur du protocole du cheikh Zayed Ibn El Nahyane, émir d’Abou Dhabi ? Ce ne sont là que quelques-uns des dossiers sur lesquels vous devriez, à mon avis, vous pencher, car il y en a encore beaucoup d’autres. Il y a tellement de choses à dire et à faire à propos de la corruption. Pour peu que l’on vous lâche la bride que l’on vous a mise au cou, je suis certain que vous parviendrez à des résultats qui dépassent de très loin les dizaines ou centaines de milliers de dollars de commissions que vous avez découvertes. Vous aurez alors rendu un service énorme à votre peuple et vous aurez débarrassé votre pays de cette gangrène qui la ronge. Bonne chance, Messieurs les enquêteurs du DRS.

              Fraternellement,

              Hocine Malti

              Ex-vice président de Sonatrach

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              • ALGER, Samedi 30 Janvier 2010 -- Le Centre de recherche et de développement de l'électricité et du gaz (CREDEG), filiale du groupe Sonelgaz, vient de publier le premier numéro de sa revue semestrielle CREDEG Info qui sera consacrée à la publication d'articles techniques touchant les préoccupations des professionnels du secteur de l'électricité et du gaz. "Avec son caractère informatif, CREDEG Info ciblera une édition des articles scientifiques et techniques en matière d'expertise, de recherche et développement technologique porteurs de richesse et de progrès", a indiqué le PDG du CREDEG, Saïd Guezzane, dans l'éditorial de la revue.

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                • Hakim Arous :


                  Samedi 30 Janvier 2010 -- C'est une longue lettre adressée « à messieurs les enquêteurs du DRS » et publiée dans le quotidien El Watan ce samedi 30 janvier. C'est une tribune libre, écrite par un ex-vice président de Sonatrach, Hocine Malti. C'est une missive qui se veut une contribution citoyenne à l'opération anti-corruption menée en ce moment par la justice algérienne. Car pour Hocine Malti, les enquêteurs ont « tapé un peu à côté de la plaque ». D'abord, il dénonce ou interroge les résultats actuels de l'enquête menée par le DRS au sein de la Sonatrach et qui a abouti à l'implication de hauts cadres de l'entreprise, dont son PDG Mohamed Meziane. Certes l'ex vice-président se félicite « des bons résultats ». Cependant, il estime que les malversations mise à jour ne concernent que des « marchés d'importance secondaire », qui se chiffrent au mieux à quelques centaines de milliers de dollars, une paille ramené au montant global généré chaque année par Sonatrach. « Vous avez été, comme qui dirait, bridés ou alors vous vous êtes à dessein confinés dans l’investigation des petits marchés, comme si la corruption ne concernait que les petits contrats. On a l’impression que vous n’avez pas su chercher ou que l’on ne vous a pas laissés aller au-delà d’un certain niveau », regrette M. Malti. Dans le même genre, il remarque que les personnes impliquées ne sont que des « seconds couteaux » qui ont agi « à la demande et pour le compte de certains puissants du régime ». Et en citant les précédents des affaires Khalifa ou BRC il conclut: « tout se passe comme si on vous avait demandé de ne pas porter vos investigations vers la partie immergée de l’iceberg. Ce qui me gêne c’est de constater, encore une fois, que les très hauts responsables politiques et militaires algériens semblent être immunisés contre toute tentative de corruption (...) comme si la corruption s’arrêtait au dernier étage de la technocratie ».

                  Mais surtout, Hocine Malti suggère aux enquêteurs de s'intéresser à certains contrats passés et marché attribués par Sonatrach et qui pourraient déboucher sur la découverte de « malversations autrement plus importantes ». Tout d'abord, il remarque que la compagnie a peu recours aux ventes spot pour écouler son pétrole. Au contraire, « l'essentiel de ses ventes se fait à destination de quatre ou cinq clients seulement (…) derrière chacun desquels se trouve un membre du sérail, que ces barons ont leurs hommes de paille à Alger, mais aussi des correspondants auprès des bureaux de Londres ou de Houston de Sonatrach ». L'ex vice-président pointe également du doigt le projet Gassi Touil, initialement prévu avec les espagnols de Repsol et Gas Natural. Un contrat annulé par Sonatrach et divisé en deux parts attribuées l'une à l'italien Saipem et l'autre au Japonais Japan Gazoline. La presse a relevé que le premier « revenait un peu trop souvent dans les projets de Sonatrach », note Malti. Sur ce projet, ce changement de stratégie va coûter 72% plus cher à Sonatrach et être achevé deux ans plus tard que prévu dans le premier contrat. Et Hocine Malti pointe d'autres groupes étrangers qui cumulent les marchés octroyés par Sonatrach, s'interrogeant sur les raisons de ce favoritisme. Il cite notamment le canadien SNC Lavalin sur le projet El Maerk (hub pétrolier) et l'égyptien Orascom sur le projet de construction à Arzew d'une usine de production d'amoniac et d'urée, tous deux « monsieur j'sais tout », présents dans plusieurs secteurs d'activité en Algérie et à obtenant quasi à chaque fois les meilleurs marchés, dénonce l'auteur. « Ce sont là quelques-uns des dossiers sur lesquels vous devriez vous pencher, conseille Malti. (…) Je suis certain que vous parviendrez à des résultats qui dépassent de très loin les dizaines ou centaines de milliers de dollars de commissions que vous avez découvertes », conclut-il. Une question subsiste: la justice et les enquêteurs vont-ils suivre les pistes lancées par un ancien haut responsable de Sonatrach.

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                  • Dimanche 31 Janvier 2010 -- Les enquêteurs de la brigade économique et financière (BEF) de la sûreté de wilaya d’Alger ont été instruits par le parquet de Sidi M’hamed de recenser les biens immobiliers du P-DG de Sonatrach, qui est sous contrôle judiciaire, et ceux des autres accusés dans l’affaire qui a défrayé la chronique, pour une éventuelle saisie conservatoire. Cette opération de recensement concernera, par ailleurs, les biens matériels des entreprisse détenues par les mis en cause dans cette affaire. Il convient de rappeler que la chambre d’accusation d’Alger a rejeté, mercredi dernier, la demande de mise en liberté provisoire formulée par les avocats des personnes poursuivies dans l’affaire de Sonatrach et actuellement en détention provisoire. La chambre a opposé en outre une fin de non-recevoir à la demande formulée par le représentant du ministère public concernant sa demande de mise sous mandat de dépôt du P-DG de Sonatrach. Ses deux fils poursuivis dans la même affaire ont été placés sous mandat de dépôt. Le juge instructeur a placé également sous mandat de dépôt d’autres cadres de Sonatrach, l’ex-P-DG du CPA et son fils ainsi et deux entrepreneurs, toujours dans le cadre de cette affaire. Cette opération de recensement concerne, d’autre part, les biens matériels, dont des bâtisses et engins, des entreprises des personnes accusées dans cette affaire, apprend-on d’une source judiciaire. La justice chercherait à effectuer cette saisie conservatoire jusqu’à l’organisation du procès, et empêcher l’utilisation de ces biens tant que les personnes accusées, qui bénéficient de la présomption d’innocence, sont poursuivies dans cette affaire qui apportera des révélations au fur et à mesure des auditions des prévenus ainsi que des témoins par le magistrat. Rappelons que cette affaire a trait à l’octroi de nombreux marchés de gré à gré «en infraction du code des marchés». D’aucuns estiment que «le nombre de marchés de gré à gré attribués par Sonatrach est élevé et que le préjudice financier causé à l’économie nationale est important».

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                    • Dimanche 31 Janvier 2010 -- Les services de sécurité dans les wilayas de Ouargla et de Laghouat ont été instruits pour enquêter sur des marchés signés par les filiales et les directions régionales de Sonatrach à Hassi Messaoud et à Hassi R’mel. Il est exigé dans cette correspondance d’éviter toute démolition de preuves collectées, en mesure de condamner certains suspects impliqués dans des transactions louches. Les services administratifs de Sonatrach ont commencé le transfert de tous les dossiers comportant les contrats signés par les filiales régionales du groupe, à destination d’Alger, sous contrôle sécuritaire renforcé. D’ailleurs, il est exigé, également, dans cette même correspondance de photocopier et de transférer tous les contrats signés depuis 2002. Selon nos sources, tous les contrats de gré à gré sur lesquels on est entrain d’enquêter, ont eu l’accord du PDG de Sonatrach et/ou l’un de ses assistants, qui sont en détention provisoire. Notons que le Directeurs général de Sonatrach, a déjà interdit aux directeurs régionaux de signer un quelconque contrat son avoir son accord, ou celui de son assistant. Les enquêteurs judiciaires ont découvert de nouvelles preuves sur la signature de contrats de maintenance d’équipements inutiles avec des entreprises française, entre 2006 et 2007, ayant coûté au groupe près 10 millions de dollars. Le rapport des services de sécurité a signalé que le contrat d’acquisition d'équipements de surveillance vidéo, signé en 2007 avec une entreprise française, était illégal. Le dépassement des prérogatives de contrôle des marchés de la direction centrale audit avec l’homme fort de Sonatrach, en l’occurrence Boumediene Belkacem, le vice président, qui a crée, en 2008, la commission de contrôle des procédure des marchés. Cette démarche était une violation flagrante à la loi, car M. Boumediene cumulait deux fonctions en même temps. Cela a eu lieu sans que la direction générale ne bouge. Le plus étonnant, c’est que la direction générale a décidé d’annuler la commission de contrôle des procédure des marchés et rendre les prérogatives de contrôle juridique et financier à la direction Audit et ce, deux semaine seulement avant que les suspects ne soient présentés à la justice et que le vice directeur, Boumediene Belkacem, soit mis en dépôt.

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                      • NEW DELHI, February 1, 2010 (Reuters) - Bharat Petroleum Corp (BPCL) plans its first ever term crude deal with Algeria's Sonatrach, as it aims to lift 13 percent more crude in the next fiscal year through annual contracts, an industry source said on Monday. India's second biggest state refiner also plans to resume imports from Iran, although volumes are small, to diversify its crude sources, the official said, adding the refiner may not renew a deal to import Qatar's Al Shaheen grade. BPCL proposes to import 220,000 barrels per day (bpd) in the next fiscal year through term deals compared to 195,000 bpd in the current fiscal ending March, the source, familiar with the matter, said. "In next year's strategy significant changes are relating to Iran, Qatar and Algeria. BPCL will be importing crude from Iran after discontinuing it last year. It will not renew term contract with Qatar and instead tap Algeria," the source said.

                        He said in the next financial year to March 2011, BPCL plans to import 30,000 bpd gasoline-rich Saharan Blend from Sonatrach which owns a storage facility in South Korea for supplies to Northeast Asia. Saharan Blend fits well in BPCL's crude slate which has upgraded its 190,000 bpd Kochi plant in southern India to raise output of superior grade gasoline. India plans to introduce Euro IV-compliant fuel in 13 major cities, while the roll out of Euro-III specs in the rest of the country has been stagerred till October. Flow of lighter grade Saharan Blend to South Asia and the Far East has increased as oil demand slows in the U.S. In the current fiscal BPCL has so far sourced about 12.5 million barrels of Saharan Blend from spot markets, of which 9.5 million barrels were supplied by Sonatrach.

                        The firm plans to import 5,000 bpd Iranian Mix in 2010/11 as it seeks to diversify its crude oil import sources, especially after witnessing cuts by OPEC, the source said. "National Iranian Oil Co has flexibility as far as volume, grade and loading schedule is concerned," the source said. OPEC has kept its official output limits unchanged since late December in 2008, when it agreed to cut supply by 4.2 million bpd in response to lower demand and prices. BPCL is not planning to renew an import deal for 10,000 bpd medium to heavy Al Shaheen grade from Qatar in the next fiscal. "Al Shaheen is a good crude but all I can say is it may not give desired margins to BPCL in next fiscal," the official said without elaborating.

                        The official said BPCL aims to buy 52,000 bpd from spot markets in the next fiscal year, consisting of 12,000 bpd high sulphur and 40,000 bpd low sulphur. In addition, BPCL has term deals to buy 40,000 bpd crude each from Kuwait Petroleum Corp and Abu Dhabi, and 80,000 bpd from Saudi Arabia. It will also continue to lift 10,000 bpd from Libya - mainly Brega and Essider - and 5,000 bpd each from Iraq, Malaysia and Brunei-Shell, the source said. BPCL aims to process nearly 418,000 bpd crude in the next financial year at its Kochi and 240,000 bpd Mumbai refineries. On the domestic front, the refiner hopes to get 146,000 bpd of Mumbai High crude supplies. BPCL also owns a majority stake in a 60,000-bpd refinery in northeast India, run by Numaligarh Refinery Ltd, and buys Assam crude from Oil India Ltd and Oil and Natural Gas Corp Ltd.

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                        • Hakim Arous :


                          Lundi 1 Février 2010 -- Sonatrach devrait signer pour la première fois un contrat de vente à terme avec le groupe indien BPCL. Selon l'agence Reuters qui révèle cette information, le groupe indien prévoit d'importer 30.000 barils par jour de pétrole à Sonatrach, qui possède des capacités de stockage en Corée du Sud pour le marchée nord-asiatique. BPCL est le deuxième plus gros raffineur indien. L'an dernier, le groupe avait déjà importé 12,5 millions de barils de pétrole du Sahara par des ventes spot, donc 9,5 millions fournis par Sonatrach. Pour la société algérienne, le renforcement de sa présence durant cette période sur les marchés asiatiques s'explique notamment par la baisse de la demande des Etats-Unis.

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                          • Salima Tlemçani :


                            Mardi 2 Février 2010 -- Aucune partie ne s’est constituée auprès du tribunal de Sidi M’hamed, près la cour d’Alger, pour défendre les intérêts de Sonatrach dans le scandale qui a éclaboussé ses cadres dirigeants, il y a plus de deux semaines, a-t-on appris de source judiciaire. Selon cette dernière, le dossier n’a connu aucun rebondissement. Plus de deux semaines après l’inculpation du PDG de Sonatrach et de trois de ses vice-présidents, aucune procédure de constitution de partie civile n’a été introduite auprès du tribunal de Sidi M’hamed pour défendre les intérêts de la compagnie pétrolière. Légalement, celle-ci a, certes, suffisamment de temps, même jusqu’à la veille du procès, pour constituer des avocats et aller plaider sa cause. Néanmoins, la rapidité avec laquelle le ministre de l’Energie, Chakib Khelil, a annoncé la prise en charge par son département de la défense des cadres dirigeants poursuivis, laisse sous-entendre qu’à ce jour, il ne croit pas à la gravité des faits reprochés aux mis en cause, même si jusqu’à maintenant, ils bénéficient tous de la présomption d’innocence.

                            Le ministre avait expliqué sa décision en se référant à la convention collective. Or, celle-ci garantit effectivement la protection juridique des travailleurs de Sonatrach, mais uniquement, selon l’article 5, lorsque ces derniers font l’objet « de diffamation, d’outrage, d’injure, de menaces, de brimade, de voie de fait, de pression ou de tentative visant à les influencer ou les inféoder ». Et uniquement dans ces cas-là, la compagnie doit procéder ou faire procéder à la réparation des préjudices matériels et moraux. Ce qui n’est pas le cas pour l’affaire actuellement en instruction. Chakib Khelil, qui avait surpris l’opinion publique avec son « je ne savais pas », a encore plus surpris en annulant la constitution d’un collectif d’avocats pour les prévenus quelques jours seulement après qu’il l’ait annoncée. Ne savait-il pas que Sonatrach ne pouvait rester en dehors d’un dossier judiciaire qui concerne sa gestion et qu’à un moment ou un autre, elle serait obligée de se constituer partie civile auprès du tribunal et de défendre ses intérêts  ? Ne croit-il pas que le dossier qui est entre les mains du juge d’instruction est très lourd et risque d’éclabousser d’autres cadres de la compagnie  ? Encore une fois, le ministre fait preuve d’une ignorance totale de la convention collective qui lie les travailleurs à Sonatrach. Parce que celle-ci, faut-il le préciser, indique également dans son article 12 qu’il est interdit « d’avoir des intérêts directs ou indirects dans une entreprise ou société concurrente, cliente ou sous-traitante, sauf accord de l’entreprise ». Peut-on croire que le ministre ne savait pas que le PDG de Sonatrach a violé cette disposition en accordant plusieurs marchés de gré à gré, qui dépassent les centaines de millions d’euros, à une entreprise algéro-allemande dans laquelle son fils est actionnaire  ?

                            Autant de questions auxquelles la justice tentera d’apporter des réponses, évidemment s’il y a vraiment une volonté de découvrir la vérité. Selon des sources judiciaires, le dossier est actuellement au même stade, et ce, depuis l’incarcération de sept prévenus et la mise sous contrôle judiciaire de sept autres, il y a près de 20 jours. Il faudra attendre l’examen de tous les pourvois introduits par la défense et le parquet auprès de la chambre d’accusation près la cour d’Alger pour contester les premières décisions du magistrat instructeur. Ce dernier ne peut prendre aucun acte tant que la chambre d’accusation n’a pas statué. À ce titre, notre source a indiqué que « le juge n’a ni convoqué les prévenus pour des auditions dans le fonds et encore moins lancé des mandats d’arrêt contre qui que ce soit. L’instruction ne fait que commencer et ne concerne que le dossier lié aux équipements de télésurveillance, c’est-à-dire les marchés de gré à gré décrochés par la société algéro-allemande. Il faudra attendre après mercredi, dernier délai imparti à la chambre d’accusation pour rendre ses décisions. L’instruction reprendra la semaine prochaine ».

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                            • Mardi 2 Février 2010 -- Pas moins de 19 personnes, entre ex-cadres et fonctionnaires de la Sonelgaz, passeront à la barre prochainement pour s’expliquer devant le président du tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs. Les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation liés à la malversation. On les accuse de détournement et dilapidation de deniers publics, de passation de marchés non réglementés, de faux et usage de faux de documents administratifs et comptables. Sur les 19 accusés auditionnés, 6 ont été placés sous contrôle judiciaire. L’enquête préliminaire a été ouverte sur ordres et directives de la présidence de la République, suite à une lettre anonyme dans laquelle les dénonciateurs ont sollicité l’ouverture d’une enquête, estimant que des ex-cadres et fonctionnaires seraient impliqués dans une affaire liée à la mauvaise gestion des différents services de l’entreprise, notamment en ce qui concerne la passation de marchés douteux. L’enquête préliminaire a été menée par des éléments de la brigade économique de la sûreté d’Alger. Ces derniers ont relevé plusieurs anomalies et carences dans la gestion des différentes structures de cette entreprise, notamment la passation de marchés fictifs. Les investigateurs ont par ailleurs constaté que des sommes, estimées à des milliards de dinars, ont été détournées et dilapidées par les mis en cause. Cet argent était destiné à la réalisation de plusieurs projets relevant du secteur de l’énergie et des mines, à l’instar de la construction de bâtisses, de tours et de résidences au profit des employés du secteur.

                              Les investigateurs ont par ailleurs conclu que d’importantes quantités de câbles électriques ont été vendues illégalement. Les mis en cause sont en outre poursuivis pour utilisation des biens de l’Etat à des fins personnelles, notamment en ce qui concerne l’utilisation des véhicules dans les déplacements des parents et proches. Il est à signaler enfin que plusieurs institutions de l’Etat se sont constituées partie civile, à l’instar des ministères de la Défense nationale, de l’Intérieur et des Collectivités locales et celui de l’Energie et des Mines. Ils comptent demander des réparations matérielles pour les préjudices causés suite à la non-réalisation de projets et surtout pour le non-respect des conventions signées. Le dossier sera remis aux magistrats de la chambre d’accusation près la cour d’Alger. Ces derniers statueront sur les demandes formulées par le procureur de la République quant à l’incarcération des mis en cause.

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                              • Mardi 2 Février 2010 -- Nous avons appris de sources sûres que les services chargés de l’enquête sur le scandale de la Sonatrach avaient décidé d’entendre l’ancien vice-président de la société, Hocine Malti, au sujet des révélations que contenait sa lettre adressée au DRS et publiée par El Watan. Notre source a, en effet, rapporté que les enquêteurs ont procédé à une lecture approfondie et ont finalement décidé de l’entendre pour explorer les pistes qu’il dénonce. M Malti s’est dit prêt, dans sa lettre, à mettre les enquêteurs sur des pistes leur permettant de découvrir « les gros poissons », en les orientant sur les contrats de vente de pétrole « Si vous allez fouiller un peu plus profondément, vous vous rendrez compte que derrière chacun de ces clients se trouve un membre du sérail, que ces ’’barons’’ ont leurs hommes de paille à Alger, mais aussi des ’correspondants’’ auprès des bureaux de Sonatrach, à Londres ou Houston » a-t-il déclaré dans sa lettre. Leur indiquant également d’enquêter sur le projet de Gaz de Hassi Touil sur lequel un contrat avait été signé avec la société espagnole « Repsol » avant que celui-ci ne soit rompu. Ce contrat avait été initialement estimé à 3.6 milliards mais il avait atteint les 6.2 milliards. L’auteur de la lettre a également évoqué le projet d’un hub de production pour le transit du pétrole avec la compagnie Anadarko qui avait été attribué à BRC sur la base de la formule gré à gré, mais qui a été lui aussi rompu. Un autre projet évoqué par M Malti, celui de la construction d’une usine d’ammoniac pour un montant de 1.6 milliards de dollars attribué à la société Orascom. L’ancien vice-président de la société a, d’ailleurs, fait part de sa conviction que ce que les enquêtes avaient jusqu'à présent découvert n’était qu’une goutte d’eau dans un océan dans les scandales de la Sonatrach.

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