Announcement

Collapse
No announcement yet.

Pauvreté en Algérie / Poverty in Algeria

Collapse
X
 
  • Filter
  • Time
  • Show
Clear All
new posts

  • Pauvreté en Algérie / Poverty in Algeria

    Le ministre des Finances a révélé un aspect quelque peu inédit des dépenses consacrées à la lutte contre la pauvreté et la précarité. Selon lui, l’Etat dépense annuellement 5 millions de centimes pour l’Algérien qui vit en dessous du seuil de pauvreté. Son recours systématique aux statistiques et aux comparaisons a fait réagir les journalistes présents lors des débats sur la loi de finances. Personne ne peut croire que l’Algérie s’est débarrassée de la pauvreté, malgré les explications et les arguments avancés à chaque fois par le ministre des Finances et celui de la Solidarité nationale et de l’Emploi.
    Ce dernier aurait indiqué récemment qu’il y a seulement 137 000 pauvres en Algérie. Se basant sur les critères de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de la Banque mondiale, le ministre crie haut et fort que «personne ne crève de faim» estimant que les enquêtes internationales fournies à cet égard sont justes et infaillibles. «Ce sont des chiffres validés par l’OIT et la Banque mondiale». De plus, il y aurait seulement 176 communes pauvres en Algérie et le nombre des démunis se rétrécit comme peau de chagrin.....infosoir
    il y a seulement 137 000 pauvres en Algérie
    que en Algérie ou on peut entendre des conneries pareille!! vive DZ

  • #2
    Noooormal!
    En octobre dernier, trois ministres differents et a quelques jours d'intervalles donnaient a la presse trois chiffres differents sur la pauvrete en Algerie.
    Comme ils ne sont pas d'accord sur les criteres a utiliser, je propose qu'on demande au gens de lever la main s'ils pensent etre pauvres.
    Avant d'ecrire il faut savoir lire,
    et avant de parler, il faut savoir ecouter
    Par El Bachir El Ibrahimi

    Comment


    • #3
      Originally posted by Domm View Post
      Le ministre des Finances a rйvйlй un aspect quelque peu inйdit des dйpenses consacrйes а la lutte contre la pauvretй et la prйcaritй. Selon lui, l’Etat dйpense annuellement 5 millions de centimes pour l’Algйrien qui vit en dessous du seuil de pauvretй. il y a seulement 137 000 pauvres en Algйrie
      que en Algйrie ou on peut entendre des conneries pareille!! vive DZ
      5 MILLIONS DE DORO PAR JOUR? PAR ANS? dans une peride allons jusqua a 10 ANS??????
      Ces chiffres sont vraiment inйditent par un ministre inйdit, en plus sans portfeuille
      A government that robs Peter to pay Paul can always depend on the support of Paul.
      By: George Bernard Shaw

      Comment


      • #4

        Samedi 30 Août 2008 -- En dépit de l’amélioration des indices de la macroéconomie en Algérie et des revenus, qui devraient atteindre cette année plus de 80 milliards de dollars, on enregistre toutefois, un déséquilibre dans la répartition des richesses. Selon les estimations des programmes des Nations Unies pour le développement et de la Banque Mondiale, le taux des personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté, qui gagnent moins de deux dollars par jour, est estimé à plus de 20% de l’ensemble des habitants, représentant plus de 6,5 millions d’Algériens. Le niveau social d’une grande catégorie d’Algériens n’a pas vraiment changé, suite au partage inéquitable de la fortune et des revenus de Algérie. Les employés qui touchent des salaires variant entre 12 et 35 mille dinars constituent plus de 60% de la masse salariale, alors que employés dont les salaires sont estimés entre 60 et 300 mille dinars constituent moins de 10% de cette dernière. Selon les institutions internationales, 2,8% des revenus de l’Algérie sont répartis sur 10% des classes les plus démunis de l’Algérie, alors que 20% des catégories les plus riches bénéficient de 42,6% de la fortune et des revenus. De ce fait, les classes sociales commencent à apparaître suite à l’ouverture et à la libération du marché. Une partie de la classe moyenne commence à disparaître graduellement et à rejoindre la classe pauvre.

        Comment


        • #5
          Hafida Ameyar :


          Dimanche 7 Septembre 2008 -- Trois milliards trente millions et cent mille dinars. Telle est la cagnotte réservée, cette année, au financement des actions de solidarité, en direction des “familles démunies et des personnes en difficulté”, durant le mois de Ramadhan. Ces actions, chapeautées par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger, devraient concerner 4 à 5% de la population algérienne (voir encadré). Elles comprennent à la fois la distribution d’environ 1,5 million de couffins du Ramadhan au niveau de 1 500 points de stockage, l’ouverture de 500 restaurants et l’attribution de 7 millions de repas chauds, servis à table ou à emporter. Selon le ministre de la Solidarité, la distribution des couffins a commencé le 30 août dernier, soit deux jours avant le début du mois de jeûne, et se poursuivra jusqu'à la fête de l'Aïd, mobilisant quelque 15 000 bénévoles du Croissant-Rouge algérien (C-RA), de l’ex-organisation de masse des Scouts musulmans algériens (SMA) et de certaines associations caritatives. Étrangement, le nombre de ces associations est inconnu. “Je ne saurais vous donner le nombre des associations impliquées dans l’opération Ramadhan”, nous a déclaré M. Lekhlef, directeur du mouvement associatif au ministère de la Solidarité nationale. Ce dernier, chargé de l’opération “Solidarité Ramadhan 2008”, a laissé entendre que sa structure “travaille avec 12 000 associations à caractère humanitaire et sociale durant l’année”. Seulement, a ajouté notre interlocuteur, “les associations ne s’impliquent pas toutes durant le mois de Ramadhan”.

          Dans un document que nous a remis le directeur du mouvement associatif, il est clairement souligné que le ministère de la Solidarité “favorise l’implication renforcée du C-RA et des SMA”, dans la mise en œuvre de l’opération de solidarité. Quant aux autres associations “désireuses” d’y participer, elles doivent “nécessairement travailler de concert avec le C-RA, la DAS (Direction de wilaya de l’action sociale) et les collectivités locales”. Le même document insiste, par ailleurs, sur l’implication “de manière effective (de) la société civile” et l’encouragement des “initiatives privées”, sans donner de détails, en recommandant, dans le même temps, “la mobilisation de 25 000 personnes bénévoles”. Pour ce qui est de la cagnotte des 3 milliards de DA, Djamel Ould-Abbès a précisé très récemment qu’elle se compose de la somme débloquée par son département (130 500 000 DA), d’un budget spécial des collectivités locales (2 473 000 000 DA) et des contributions des donateurs (304 450 000 DA) et du Croissant-Rouge algérien (128 150 000 DA).

          Le ministre a en outre informé que parmi les premiers sponsors, qu’il a d’ailleurs tenu à qualifier de “bienfaiteurs”, se trouvent Mobilis, Nedjma, la banque El-Baraka, le groupe Cevital, la compagnie Sonatrach, l’entreprise Soummam et celle de Hamoud Boualem. “Il nous faut impliquer plus de citoyens, de donateurs et de bienfaiteurs dans l’opération Solidarité Ramadhan 2008, conformément aux instructions du président de la République”, a-t-il soutenu, en s’élevant plus loin contre “toute manipulation politicienne” de l’aide aux nécessiteux. Cela n’a pas empêché notre ministre de s’enorgueillir de toute action qu’il a pilotée pendant les mois de Ramadhan, sous les deux mandats du président Bouteflika, et de mener campagne pour ce dernier, en prévision des prochaines élections, estimant, entre autres, que les chiffres “donnent une idée de ce qu’a fait l’État entre 1999 et 2007”.

          Comment


          • #6
            continued.....

            Impuissance chez Ould-Abbès devant le double emploi

            Le Ramadhan 2008 se distingue par une augmentation de la recette consacrée aux actions de “bienfaisance” des pouvoirs publics. Les chiffres figurant dans le guide d’orientation sur le déroulement de l’opération Ramadhan 2008 du département de Ould-Abbès montrent que l’enveloppe financière allouée par ce ministère était seulement de 51,5 millions de DA en 1999, année de lancement, par l’État, du “couffin du Ramadhan” et des “restaurants de la Rahma”. Cette enveloppe a presque triplé en 2004, atteignant les 114,2 millions de DA, puis s’est stabilisée autour de 100 millions de DA en 2007, avant de grimper jusqu’à la barre des 130 millions de DA en 2008. Les autres aides publiques, provenant des collectivités locales (APW et APC) et destinées aux franges les plus fragilisées de la société, sont tout aussi éloquentes : entre 2001 et 2007, les communes et les wilayas ont mobilisé une somme totale de près de 7 milliards de DA, dont plus de 1,2 milliard de DA en 2006 et plus de 1,5 milliard de DA l’année suivante.

            Sur un autre plan, le ministère de la Solidarité admet, certes indirectement, l’idée de l’érosion dramatique du pouvoir d’achat des Algériens et celle de la montée de la pauvreté dans notre pays. Son guide révèle, en effet, que pour la seule période 2004-2007, le nombre de familles démunies est passé de 1 million à plus de 1,2 million. Selon la même source, cette période a aussi enregistré une hausse des paniers du Ramadhan, dont le nombre est passé de 1,2 million en 2004 à 1,4 million de couffins en 2007. La même tendance ascendante est observée pour les repas servis (6 989 351 repas en 2007 contre 6 618 399 repas en 2004) et les apports financiers, publics et privés (plus de 2,9 milliards de DA en 2007 contre 1,4 milliard de DA en 2004), ainsi que pour la cohorte des bénévoles chargés du déroulement de l’opération Ramadhan (10 911 bénévoles en 2007 contre 8 723 bénévoles en 2005). Même le coût du couffin, qui comprend notamment 20 kg de semoule, 20 kg de farine, du café, du sucre et de l’huile, a été relevé, d’après les représentants du ministère de la Solidarité nationale, qui avancent la somme de 4 900 DA.

            Ce montant est contesté par des mairies qui, comme la ville de Batna, ont supprimé certains produits pour s’en tenir “uniquement à l’essentiel”. L’information faisant défaut dès qu’il s’agit de demander le nombre de personnes démunies recensées pour ce Ramadhan et la répartition des aides (couffins et restaurants) par wilaya et commune, pour se faire une idée des régions les plus demandeuses. “Plus la population est grande, plus l’aide est importante”, s’est limité à dire M. Lekhlef, en promettant de livrer l’information “après évaluation”. “Dans l’ensemble, la distribution des couffins a été réalisée dès le 30 août, excepté dans 5 ou 6 wilayas qui n’ont pas encore transmis leur bulletin quotidien de renseignements. Bien sûr, il y aura des réclamations émanant des citoyens… On complètera, car il y a toujours des mécontents”, a-t-il ajouté. Interrogé sur les cas du double emploi, il finira par admettre son impuissance, en affirmant : “Il y a des gens qui prennent le couffin et qui se font servir en même temps dans les restaurants. Allah ghaleb ! C’est vrai qu’on contrôle, mais ce n’est pas une science exacte.”

            Où va l’argent du Trésor public ?

            La chargée de la communication au ministère de la Solidarité a, de son côté, signalé que la seule information fiable, pour le moment, se rapporte au budget des 3 milliards de DA. Tout le reste est, selon elle, du ressort du “prévisionnel”, en attendant l’élaboration du bilan à la fin du mois de septembre. Pour donner plus de crédit à ses déclarations, Mme Belbal a signalé les imprévus, rappelant que durant le mois de Ramadhan, “il y a des gens qui peuvent se retrouver dans le dénuement du jour au lendemain, et viennent demander de l’aide. D’autres peuvent refuser de récupérer le couffin alors qu’ils sont dans le besoin”. À la question relative aux critères d’accession à l’aide de solidarité et de distribution des couffins en particulier, M. Lekhlef et Mme Belbal nous ont renvoyés à “la définition des personnes démunies”, arrêtée par le département de Ould-Abbès. Ainsi, les catégories sociales concernées sont celles dont le revenu est inférieur au Salaire national minimum garanti (SNMG), qui est de 12 000 DA. Plus concrètement, il s’agit des non-assurées sans revenu, des personnes âgées ou handicapées sans revenu qui perçoivent une allocation forfaitaire de solidarité (AFS), actuellement de l’ordre de 3 000 DA/mois, ainsi que des personnes occupant un emploi temporaire qui touchent une indemnité d’activité d’intérêt général (IAIG). Ces critères de l’octroi du couffin du Ramadhan, devant servir à établir les listes des bénéficiaires des aides de solidarité, ne sont pas suivis par tous, puisque des wilayas, à l’exemple de Batna, tablent sur d’autres priorités comme la famille composée de 6 personnes et plus.

            La problématique de la solidarité, institutionnalisée en 1999, relève de l’événementiel ou du secourisme, tendant à s’assimiler de plus en plus à une opération de charité et aguichant la logique d’assistanat, qui sont loin de se connecter aux règles de rationalité d’un État moderne ni à celles de la citoyenneté. Par ailleurs, la mobilisation annuelle de sommes colossales pour venir en aide aux personnes nécessiteuses, le temps d’un mois, suscite maintes interrogations. Celles-ci renvoient au problème de gestion des grands budgets et de l’argent du Trésor public, d’autant que le terrain est miné d’anomalies où la corruption, la démagogie, l’opportunisme, les spéculations et les complicités, renforcées par les carences de l’outil statistique, les défaillances en matière de coordination entre les différents partenaires et la défection de la fonction contrôle font bon ménage, pour pénaliser avant tout les pauvres. En termes plus clairs, l’enveloppe des 3 milliards de DA ira-t-elle entièrement aux franges de la population les plus vulnérables socialement ou sera-elle, pour une grande partie, déviée vers d’autres destinations, comme le laissent déjà entendre certains confrères ? À défaut d’une politique sociale lisible et conséquente, d’une carte sociale nationale crédible et d’un mouvement associatif puissant, les détournements des couffins et des repas servis dans les restaurants risquent bel et bien de se reproduire.

            Comment


            • #7
              Hafida Ameyar :


              Dimanche 7 Septembre 2008 -- Il ne faut pas se leurrer : la pauvreté gagne de plus en plus les foyers et montre son visage durant le mois de Ramadhan. Le couffin du Ramadhan, assimilé par beaucoup d’Algériens à “l’humiliation” et à une sorte de “conditionnement à l’état de mineur”, voire à “l’état de sujet”, n’est qu’un palliatif à la détresse sociale. D’aucuns le voient comme un signe d’échec de l’État dont la “mission est de proposer des solutions durables” et attestent que “la lutte contre la pauvreté passe par une distribution équitable des richesses”. D’autres, en revanche, attestent que parler de couffins du Ramadhan et d’aide aux nécessiteux est en soi “une flagrante indécence” pour un pays qui n’a jamais autant engrangé des pétrodollars. Les préoccupations du ministre de la Solidarité semblent ailleurs, lorsqu’il déclare que “le rush sur les couffins de Ramadhan donne une image déformée des efforts de l’État en matière de solidarité”, ou encore quand il se met à polémiquer autour du nombre de pauvres en Algérie. En février dernier, Ould Abbès évalue le taux de pauvreté à 5%. “Le taux de pauvreté en Algérie est passé de 12,8% en 2000 à 5% actuellement”, déclare-t-il. C’est loin de correspondre aux estimations du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et de la Banque mondiale qui, eux, pensent que plus de 20% de la population, soit plus de 6,5 millions d’Algériens vivent en dessous du seuil de la pauvreté, et gagnent moins de 2 dollars par jour, malgré l’embellie financière (plus de 80 milliards de dollars de revenus pétroliers prévus en fin d’année). Le même ministre affirmait, en 2005, qu’en Algérie, “il n’existe pas de pauvres, mais des nécessiteux”. L’année suivante, il récidivait en soutenant cette fois que la pauvreté était “éradiquée en Algérie”.

              Comment


              • #8

                Dimanche 7 Septembre 2008 -- El-Djazia, dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi, consacrée l’une des cinq communes les plus pauvres d’Algérie par la conférence nationale sur la pauvreté et l’exclusion, tenue en octobre 2000, à Alger, compte 4 800 habitants. Au titre de la solidarité pour le Ramadhan de cette année, 220 couffins ont été distribués sur un ensemble de 473 familles nécessiteuses recensées. Pères de famille et veuves venus des mechtas éparses se sont rapprochés de l’APC pour réclamer le couffin. Ce dernier d’une valeur de près de 2 300 DA, comprend 25 kilos de semoule, 2 kg de concentré de tomates, 2kg de sucre, 4 kg de pâtes, 2 boîtes de lait en poudre, 2 litres d’huile et 250 grammes de café. Selon le directeur de l’action sociale, le nombre de couffins au niveau de la wilaya s’élève à 14 177. Ce nombre est financé à hauteur de 4 000 couffins par la wilaya, 1 000 par la DAS et 8 777 par les communes. Le Croissant-Rouge algérien, de son côté, distribuera 400 couffins à travers les communes. Cela étant, 15 restaurants sont prévus, 4 par le Croissant-Rouge algérien, 2 par des communes et le reste par des bienfaiteurs sur proposition de la DAS. Le couffin est destiné aux pauvres, à ceux du filet social, aux familles sans ressources financières, aux orphelins, aux victimes du terrorisme et aux familles nombreuses dont les ressources ne suffisent pas. Il n’y a pas de critères bien définis. Ce sont les commissions ou les APC qui les établissent selon les spécificités arrêtées selon la composante des membres de chaque commission.

                Comment


                • #9

                  Dimanche 7 Septembre 2008 -- La somme prévisionnelle de ce que va être le coût total de l’opération de solidarité Ramadhan cette année dans la wilaya de Tizi Ouzou est de l’ordre de 70 millions de DA, soit 7 milliards de centimes. Le chiffre nous a été révélé par le Directeur de l’action sociale (DAS) de la wilaya, expliquant qu’il s’agit là d’un montage financier auquel le budget de wilaya a participé avec 24 millions de DA, le budget des communes avec 28,8 millions de DA, le ministère de la Solidarité avec 4 millions de DA et les bienfaiteurs avec 12,5 millions de DA. Selon les chiffres de la DAS, 24 700 couffins au total seront distribués durant tout ce mois de Ramadhan dans le cadre de cette opération solidarité. Au moins 9 000 de ces couffins sont déjà distribués entre la veille et le 1er jour du Ramadhan et l’opération suit toujours son cours à travers les 67 communes que compte la wilaya de Tizi Ouzou. Mais de quoi est-il composé ce couffin qui fait mobiliser les autorités de wilaya, de daïra et communales ? Quels sont les bénéficiaires, combien sont-ils et suivant quels critères sont-ils choisis ? Le couffin est le même partout. Il est composé d’un sac de 25 kg de semoule, un bidon d’huile de 5 litres, de la farine, du sucre, du café, du fric et des pâtes. Son coût tourne autour des 5 000 DA. “Ça nous aide quelque peu à surmonter la première quinzaine du Ramadhan”, nous dira un bénéficiaire, père de famille. “Les 700 couffins offerts par la Sonatrach sont plus consistants”, nous dira le DAS mais sans s’étaler sur les détails de son contenu. “Le couffin de Sonatrach sera distribué aux familles les plus démunies dans les régions classées comme étant des poches de pauvreté”, nous expliquera-t-il, tout en citant comme exemple de ces poches de pauvreté les communes de Tizi Ghenif, Aït Yahia Moussa, dans la daïra de Drâa El-Mizan et Akarrou, dans la daïra d’Azzefoun. Au sujet des bénéficiaires du couffin du Ramadhan, M. Tigha nous a révélé que leur nombre a baissé. “Il est passé de 22 500 l’année dernière à 22 000 cette année”. Un chiffre, faut-il le souligner, qui ne signifie nullement, si l’on se réfère à d’autres paramètres, que la pauvreté a reculé en Kabylie.

                  S’agit-il donc d’un durcissement d’accès au couffin ? Ils sont toujours les mêmes que ceux des années précédentes, selon les explications de certains responsables en charge de l’opération. “Les listes sont établies par les commissions communales composées de représentants des APC et des associations de quartiers et de comités de villages, dans la transparence la plus totale”, nous a expliqué le Directeur de l’action sociale qui dit qu’une commission de suivi est installée pour s’assurer que le couffin est parvenu au bénéficiaire et que toutes les mesures nécessaires sont prises pour réussir l’opération. Ainsi, l’opération semble ne pas trop souffrir de problèmes, sauf que certaines interrogations demeurent sans réponses. Entre les 24 700 couffins à distribuer et les 22 000 démunis recensés, il reste quelque 2 700 couffins. Où pourraient-ils donc atterrir ? Il y a lieu de souligner que l’opération de solidarité Ramadhan a prévu aussi l’ouverture de 25 points de restauration “Meidat El-Hilal” à travers le territoire de la wilaya. Sur au moins 9 000 couffins, 14 d’entre eux sont gérés par le Croissant-Rouge algérien en collaboration avec certaines APC, 5 autres par des associations parmi lesquelles figurent deux associations religieuses, un par l’APC de Tizi Ouzou et 5 autres encore par des bienfaiteurs. Le C-RA compte servir à lui seul quelque 70 000 repas durant ce mois sacré et la DAS estime le nombre total à 150 000 pour tout le mois. Curieusement, au moment où la DAS parle de la baisse du nombre de démunis, le C-RA passe de 57 000 repas l’année dernière à 70 000 cette année. Au sujet de ces “restos du cœur” aussi, le DAS dira que “des mesures de contrôle d’hygiène, de qualité et contre toute velléité de manipulation partisane ou autre, sont prises pour garantir l’efficacité et limiter l’opération dans son cadre purement humanitaire”.

                  Comment


                  • #10

                    Dimanche 7 Septembre 2008 -- Une enveloppe de 4,8 milliards de centimes, dont 250 millions ont été débloqués par le département de Ould-Abbès, 500 millions par la wilaya et le reste par les APC, a été mobilisée pour garantir 25 000 colis alimentaires et approvisionner les douze restaurants populaires ouverts à travers les importantes communes dont deux à Tiaret. De nombreuses personnes, pour la plupart des mères de famille, font le pied de grue, dès le début de l’après-midi, devant les sièges d'associations, à l'instar du croissant-Rouge algérien, devant les mosquées, devant les locaux de bienfaiteurs ou devant les sièges des APC. “J'ai consacré la journée d'aujourd'hui (mardi ndlr) à la réception des citoyens”, nous affirmera M. Bekki Omar, P/APC de Tiaret qui précise avoir reçu pas moins de 640 personnes, depuis 5h du matin, toutes venues pour réclamer un colis alimentaire. Au demeurant, la commune de Tiaret, la plus importante de la wilaya, a servi 8 000 couffins de denrées alimentaires diverses (farine, huile de table, concentré de tomates, café,…), d'une valeur unitaire de 2 200 DA pour une enveloppe totale de 16 millions de dinars.

                    Pour les communes considérées plus pauvres, nous avons ciblé, comme exemple, la commune de Aïn D'heb où le P/APC affirme avoir distribué 1 025 couffins pour une valeur globale de 200 millions de centimes. Au passage, il y a lieu de mettre en relief le geste, combien honorable, de la Sonatrach qui a contribué à cette opération avec un apport de 500 autres couffins alimentaires améliorés avec une valeur unitaire allant de 5 000 à 6 000 DA, et ce, au profit des cinq communes les plus pauvres de la wilaya, voire à raison de 100 colis par commune. Dès lors, comparativement aux années précédente, l'opération semble s'illustrer par plus de perspicacité et c'est, sans nul doute, le fruit d'une meilleure préparation et d'une planification adéquate auxquelles s'ajoute un suivi approprié des actions de solidarité par des commissions locales présidées par les maires et encadrées par des représentants de différentes structures et de la société civile. “L'installation de telles commissions répond au souci de mener à bien l'opération afin d'éviter les erreurs du passé”, soutient le P/APC de Aïn D'heb qui estime faire de son mieux pour rendre le sourire aux familles démunies.

                    Cependant, à Sougueur, Rahouia, Frenda, Mahdia, Ksar-Chellala, pour ne citer que ces communes, ladite action se déroule dans des conditions irréprochables. Au sein de ces grandes communes, un repas chaud sera servi quotidiennement, et durant tout le mois de Ramadhan, aux personnes démunies et aux passagers. Néanmoins, en ce mois sacré du Ramadhan, derrière chaque couffin se cache une histoire, un drame humain. Kheïra Houaria, une mère de famille apostrophée au milieu d’un groupe de femmes à Tiaret, nous confiera : “Je vous jure devant Dieu que nous survivons, moi, mes enfants et mon époux, depuis des années, voire depuis que mon époux a été versé au chômage. Notre vie est devenue insupportable.” Et d'ajouter : “Nous n'avons plus d’appétit et nous avons une nette impression d'être gagnés par une asthénie et un abattement sans nom dans la mesure où nous nous engageons, chaque jour que Dieu a fait, dans un combat contre la faim.” Toutefois, le drame de cette dernière, comme celui de tant d'autres, résume l'incontournable détresse des classes moyennes.

                    Comment


                    • #11

                      Dimanche 7 Septembre 2008 -- Le premier jour du Ramadhan, quelque 550 personnes ont organisé un sit-in devant le siège de l’APC du Khroub pour protester contre le retrait de leurs noms de la liste des bénéficiaires, cette année, du couffin de solidarité financé par la plus importante APC de la wilaya de Constantine. Depuis plusieurs semaines, Constantine, notamment certains quartiers, ne vit qu’au rythme des actions de solidarité de conjoncture matérialisées par le couffin et les restaurants du Ramadhan. Si ces actions de solidarité mobilisent tous les démembrements locaux de l’État ainsi que les relais de certains partis politiques, elles sont aussi très appréciées par les familles nécessiteuses dont le nombre ne cesse d’augmenter chaque année. Dans la capitale de l’est du pays, le couffin est géré officiellement par la wilaya, les communes et le Croissant-Rouge. Ce dernier a, par contre, le monopole sur les restaurants dit de la Rahma. Côté chiffres, cette année, la wilaya de Constantine a consacré pas moins de 6 milliards de centimes, dont la moitié pour le couffin de Ramadhan. Selon ces mêmes données officielles, une enveloppe de 30 millions de DA a permis l’achat de 7 000 lots de denrées alimentaires d’une valeur unitaire de 3 000 DA pour ce Ramadhan, contre 6 666 lots en 2007 et 6 400 couffins en 2006, au profit des familles titulaires d’attestations ouvrant droit au dit couffin. La commune de Constantine a dégagé, pour sa part, 3 millions de DA pour la même opération, soit pas moins de 5 300 couffins, contre 5 000 au Ramadhan 2007, au profit des familles démunies remplissant les conditions du dossier relatif au droit au couffin à travers les 9 secteurs urbains de la commune. Ce qui prouve que le nombre des démunis est en hausse. Même constat du côté du Croissant- Rouge algérien de la wilaya de Constantine. Ce dernier distribuera durant ce mois sacré pas moins de 4 500 couffins de provisions alimentaires d’un montant de 1,5 milliard de centimes, alors que le nombre des couffins attribués aux familles nécessiteuses en 2007 était de 3 500. Notons que le coût de chaque couffin, qui comprend un sac de semoule de 25 kilos, 5 litres d’huile, 4 kilos de sucre, 4 kilos de pâtes, 1 kilo de café, 1 kilo de lait en poudre, un autre de riz, en plus des légumes secs, est de 3 200 DA. Par ailleurs, la Direction de l’action sociale prévoit la distribution de 1 500 couffins d’une valeur de 4 500 000 DA. À ces couffins s’ajoutent les couverts chauds servis ou à emporter que distribuent les restos de la “rahma” gérés exclusivement par le Croissant-Rouge. Cette année, 220 000 repas gratuits sont destinés aux familles démunies et aux gens de passage, selon le président du comité local du Croissant-Rouge. Selon le même interlocuteur, le nombre de repas servis a augmenté de plus de 40% durant ces 4 dernières années. En effet, il est passé de 113 570 en 2004 à 220 000 en 2008, soit une augmentation de 20 024 repas, ce qui représente un taux de 10%. L’année dernière, il était de 195 976. Ces repas seront servis dans 18 salles, soit 2 de plus que l’année dernière. Un contre-exemple du discours officiel qui prétend que le nombre des restaurants a diminué durant ce Ramadhan. D’ailleurs, le coefficient annuel de croissance depuis des années est de deux restaurants. Ces restos de la Rahma sont approvisionnés grâce au budget du C-RA et aux aides provenant des dons de particuliers qui constituent la principale source de financement.

                      Comment


                      • #12
                        Lounes Guemache :


                        Lundi 8 Septembre 2008 -- A la fin juin 2008, l'Algérie disposait de 133 milliards de réserves de change. Durant les six premiers mois de l'année, la hausse des prix du baril de pétrole sur les marchés internationaux a rapporté aux caisses de l'État plus de 55 milliards de dollars supplémentaires. Ces chiffres ont été rendus publics, dimanche 7 septembre, par le ministre des Finances après une audience avec le président Bouteflika consacrée à la situation économique du pays. A ce rythme, les réserves de change algériennes devraient atteindre 200 milliards de dollars à la fin de l'année.

                        Paradoxalement, ces chiffres ont été dévoilés moins de dix jours après une autre annonce : la distribution de 1,5 millions de couffins destinés aux nécessiteux durant le Ramadhan, pour un budget global de 3 milliards de dinars (30 millions d'euros). Selon des statiques officieuses, plus de 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté. A ce chiffre, on pourrait ajouter tous les autres Algériens qui ont un quotidien difficile, avec des salaires parmi les plus bas de la planète.

                        Ces éléments illustrent ce que les économistes appellent désormais le « paradoxe algérien » : un peuple pauvre dans un pays riche. Ils posent aussi la question de la redistribution de la richesse nationale. La hausse des prix du baril durent depuis maintenant plus de huit ans. Et depuis quelques années, le discours économique du gouvernement n'a pas évolué. Les mêmes indicateurs sont régulièrement mis en avant : des réserves de change en hausse, la croissance du PIB, une inflation artificiellement maitrisée grâce aux subventions des produits de première nécessité... Mais sur le terrain, la situation des Algériens n'a pas évolué dans le même sens que la croissance économique et des performances annoncées régulièrement par le gouvernement.

                        Dimanche, le président Bouteflika, au lieu de se comporter comme un épicier comptant sa caisse à la fin de la journée, aurait dû interroger son ministre de l'économie sur les résultats de sa politique sur l'emploi et le pouvoir d'achat des Algériens. Ce sont les deux seuls indicateurs valables pour mesurer la réussite d'une politique économique. Ce sont également les deux seuls indicateurs qui intéressent les Algériens.

                        Comment


                        • #13

                          Comment


                          • #14

                            September 12, 2008 -- The Algerian government has teamed up with civil society organisations to aid those in need during Ramadan.

                            The Ministry of National Solidarity has already begun to distribute 1.5 million "Ramadan baskets" containing food supplies.

                            The baskets will be distributed to needy families throughout the holy month. Minister of National Solidarity and Family Affairs Djamel Ould Abbas said more than 1,500 distribution outlets were designated to hand out Ramadan baskets.

                            The government also budgeted three billion dinars to support needy families.

                            Hundreds of locations across the country have been set up to host "mercy banquets". These banquets will feed hundreds of thousands of needy people daily. According to estimates by the ministry of solidarity, about 7 million meals will be served throughout the month.

                            To help with organising the banquets, cooking and distributing the food, the Algerian Red Crescent and Muslim Scouts recruited 6,000 volunteers from different parts of the country, said Lahcene Bouchakoure, director of the Red Crescent.

                            Noureddine Ben Ibrahem, general leader of the Algerian Muslim Scouts said that scouts headquarters in the 48 Algerian provinces will be turned into "mercy banquet" offering hot meals. Nearly 20,000 leaders and 85,000 scouts were recruited to collect donations, visit convicts and patients in hospitals.

                            Many students and young people give up the joy of family iftar to work with the Red Crescent and the local elected groups, as well as other NGOs supervising those banquets. Volunteers spend many hours every day preparing and serving meals to the needy.

                            One volunteer, Chafik Chebei, said he scheduled his annual leave for Ramadan to help with the banquets and distribution.

                            Mohamad, who refused to mention his last name, said he opts for banquets that serve free meals since his daily income is barely enough, especially that he travels 360 km between Jijel and the capital to work and support his family.

                            Pedestrians notice that mercy banquets are not located on main streets. Supervisors choose locations in less crowded streets in urban cities to maintain privacy, respecting patrons' wishes to keep a low profile.

                            Assistance was not limited to funds allocated by the government. People donated 65 million dinars. The ministry expects donations to be much more substantial this year.

                            Comment


                            • #15

                              Dimanche 14 Septembre 2008 -- Bureau de poste, sortie de banque ou de pharmacie, souk des fruits et légumes, gare routière, rues à grande circulation piétonne, tous les endroits où l’action caritative est susceptible d’être titillée sont littéralement squattés. Au chef-lieu de wilaya en particulier, mais également au niveau du moindre centre urbain, quotidiennement, en ce mois de jeûne, des flopées d’énergumènes, des deux sexes et de tous les âges, sillonnent souk, artères et grands boulevards, en quête des âmes crédules et charitables. Bureau de poste, sortie de banque ou de pharmacie, souk des fruits et légumes, gare routière, rues à grande circulation piétonne, tous les endroits où l’action caritative est susceptible d’être titillée sont littéralement squattés.

                              Relativement “soulagée”, quelques mois durant, la ville a de nouveau été réinvestie par les mendiants, au sein desquels prédominent les professionnels de la main tendue. À la faveur du mois de Ramadhan, et du tout permis, le retour en force est partout remarquable. Accompagnées parfois d’enfants pour susciter davantage la générosité des passants au cœur peu tendre, des dizaines de femmes ont repris leur droit de cité à travers les grandes artères, les rues commerçantes, au sein des marchés et souk populeux, sur les places publiques et aux abords des organismes financiers de la ville.

                              Concentrant toutes les sortes de fléaux, le chef-lieu de wilaya fourmille d’individus, bien famés et mal famés, dont la place n’est certainement pas dans la rue : des clochards, des vagabonds, des aliénés mentaux, parfois les trois en un, mais également des mendiants. Des mendiants, qui “n’habitent” pas la rue mais qui en font seulement un lieu de travail. Apparemment plus aisé que tout autre, le métier de mendiant ne requiert aucune référence d’âge, de sexe ou de formation. Certains en feront une véritable profession, avec ponctualité et dextérité. Il ne restait que l’organisation en syndicat ! Dans la corporation, on compte des enfants, des femmes, des hommes, des jeunes et moins jeunes, parfois des couples, parfois des mères avec enfants, venus d’horizons divers pour fondre dans l’anonymat que procure la grande ville.

                              À l’instar des autres professions libérales, le “métier de la main tendue” a également été clochardisé, à tel point qu’il n’est plus possible de discerner celui qui y recourt par besoin et indigence réelle de celui qui en fait un apport financier d’appoint ou tout simplement une profession rentière sans mobilisation préalable du moindre capital ! Un métier “libéral”, sans impôts ni horaires fixes, particulièrement lucratif, peut-il y avoir meilleur emploi pour celui qui, manquant de pudeur, occulte superbement l’opinion des autres à son égard ? Tandis que certains se contentent d'avancer le bras timidement au passage des passants, sans même oser prononcer la moindre prière, d’autres n’hésitent point à hurler leur “souffrance”, réclamant la charité jusqu’à l’arracher, si ce n’est injurier le passant qui, par malheur, s’abstient de mettre la main à la poche.

                              Le silence de l’État quant à l’application de la loi réprimant le délit de la mendicité n’a pas tardé à promouvoir le recours à la ruse, aux subterfuges et à l’abus de la confiance du passant crédule. “L’enrôlement” des enfants, innocents en est le comble dont on aura, à coup sûr, grande peine à enrayer. La DAS, qui s’est mise à la délicate tâche, semble préoccupée par d’autres missions de solidarité nationale qu’impose le Ramadhan. Et c’est pour cela que la mendicité a pris des proportions plus que jamais démesurées.

                              Comment

                              Unconfigured Ad Widget

                              Collapse
                              Working...
                              X