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140,000 Algerians live in shanty towns in Algiers

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  • 140,000 Algerians live in shanty towns in Algiers


    May 23, 2007 -- According to statistics of the National Gendarmerie, 25,000 families, i.e. 144,000 people, live in shanty towns in Algiers.

    Mr. Zuheir Sadouk, a member of the environment protection department annex to the National Gendarmerie said 25,000 families lived in shanty towns while another 5,000 families lived in illegal buildings in Algiers.

    Illegal public waste yards have spread in many areas in the shanty towns, said the same source.

    According to the National Gendarmerie, a valley located in the region of Bni Messous (Algiers) has been turned into a dirty waste yard. Several families live next to this valley neglecting the risks it represents.

    Troops of the National Gendarmerie have found out that many families moved from their cities, such as Medea, Chlef, Ain Defla, Bouira, M’sila, Borj Bouarrerij, Setif, Djelfa, Boumerdes and Jijel to Algiers during the black decade of terrorism in Algeria.

    Last edited by Guest 123; 28th February 2011, 01:22. Reason: Picture link fixed

  • #2
    How sad...

    Aren't there any shelters or camps? The government shouldn't let its people live like that

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    • #3
      Some 144,000 people live in shantytowns in Algiers, APS quoted a National Gendarmerie report as saying on Thursday (May 24th). The slums occupy an area of some 450 hectares, not only in the periphery, but also downtown. More than 25,000 families live in districts lacking basic sanitation infrastructure and more than 5,000 live in insecure houses built illegally. Children and elderly people are most vulnerable to the infectious diseases which spread in these areas. There are larger shantytowns in Zeralda and Dar El Baida, not far from the Algiers international airport. The slums rose during the 1990s when Islamic terrorism drove thousands of people to seek refuge in the cities. According to the police source, one of those districts, "the Mountain", is considered to be a major recruitment centre for young jihadists, and was home to one of the suicide bombers who attacked the government palace and a police station in Algiers on April 11th.

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      • #4

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        • #5

          August 13, 2007 -- Yesterday authorities started destroying a shanty town in the Eucalyptus area in Bourouba municipality in Algiers. Several policemen were there to face any attempts at rioting and to ensure the smooth running of the demolition operation.

          This operation came after the increasing phenomenon of shanty towns in this poor area.

          The mayor Mohamed Hajaj supervised the demolition operation and said 60 social houses have recently been built.

          On the other hand, people were against the demolition operation and refused to get out from their houses.

          They said they did not receive any advance notice and they had already submitted many files to get houses but in vain.

          According to them, some people who live in better conditions benefited from houses in an unfair way.

          Some people showed anger over a list of 60 social houses as they were excluded from it. They said it was not transparent and asked for the opening of an inquiry in this regard.

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          • #6
            Dans la commune de Bouzaréah, sur les hauteurs d’Alger :

            Samedi 18 Aout 2007 -- Ordures ménagères, déchets de toutes sortes… jonchent les abords de la rue qui mène au quartier «Bousmaha» sur les hauteurs de Bouzaréah ?* Alger. Les odeurs nauséabondes repoussent les visiteurs. Elles sont d’autant plus désagréables qu’elles sont mélangées ?* d’autres qui se dégagent de l’oued où se déversent les eaux usées des centaines de maisons construites sur les berges.

            Précarité et anarchie

            Des chèvres, des moutons et des vaches broutent les quelques herbes qui poussent au milieu des ordures. Les bêtes semblent se plaire ?* faire le nettoyage des détritus ?* la recherche d’autre nourriture. Un calme plat règne en ce moment même sur le bidonville où résident pas moins de 800 familles. La chaleur torride de ce mois d’août se fait de plus en plus pesante sur les habitants. Seuls quelques jeunes désœuvrés se risquent ?* mettre le pied dehors, ?* la recherche de quelques moments de solitude. Des enfants s’amusent ?* jouer ?* cache-cache, ne prêtant pas attention ?* l’état défectueux des ruelles tortueuses et pleines de poussière.

            C’est une question d’habitude. «Ils n’ont pas où aller. Et même ici, ils sont tout le temps chassés par les habitants sous prétexte que le bruit les dérange», déclarent des femmes. Les enfants s’avancent donc sur les berges de l’oued où des images désolantes de baraques construites de tôle, de planches et de parpaings arrêtent les regards des visiteurs.

            C’est la grande anarchie. La grande pauvreté aussi. Beaucoup de ceux qui habitent ces baraques sont venus de nulle part sans avoir l’autorisation de s’y installer. «J’ai trouvé cette place et je me suis installé avec ma femme et mon enfant de cinq ans», déclare un homme d’une quarantaine d’année, les traits du visage tirés par la fatigue et le désespoir. L’homme travaille un jour et chôme des journées entières.

            Il n’y a presque rien dans sa maison de fortune. Et il n’est pas seul dans ce cas. D’autres habitants vivent dans les mêmes conditions, sans argent… et sans un minimum de sécurité.

            Les propriétaires de ces baraques n’ont même pas de papiers. Ils s’y sont installés sans l’autorisation des responsables locaux, n’ayant pas trouvé refuge ailleurs. «Nous n’avons pas où aller», affirme un homme venu de Médéa. Certains enfants du bidonville «Bousmaha» ne vont même pas ?* l’école. Ils n’y ont jamais été apparemment. «Ils ne sont pas acceptés ?* l’école sans papiers», explique un représentant du comité du quartier, précisant toutefois que ce problème ne se pose que pour les familles qui y habitent illégalement. Les autres y résident légalement.

            Promesses non tenues des autorités locales

            En effet, le quartier «Bousmaha» ou le bidonville «Bousmaha» ou le centre de transit Bousmaha, chacun y va de son appellation, a été créé en 1991, avec la bénédiction des autorités locales qui ont délivré ?* chacune des 87 familles qui y ont élu domicile «une attestation de sinistré». Les familles ont bénéficié chacune d’un espace de 28 m² pour la construction de deux pièces et une cuisine. Sans plus. C’était une condition irréversible des autorités locales pour la délivrance de l’attestation de sinistré. Aucune possibilité donc de s’approprier plus d’espace ou de construire plus de pièces, encore moins de faire une dalle en béton – c’est uniquement en ternit - et de construire sur cette dalle.

            D’autres familles sont venues par la suite - toujours avec la bénédiction des autorités locales et avec des attestations de sinistré - agrandir le bidonville. Celles qui sont venues en 1998 ont bénéficié d’une superficie de 40 m² au lieu de 28 m² mais il leur était aussi interdit de construire plus de deux pièces et une cuisine. «Elles ont au moins l’avantage d’avoir plus d’espace que nous», fait remarquer un homme dont le fils approche les trente ans. Entre-temps, des familles ont eu le choix entre être relogées dans des logements sociaux ou bénéficier de lots de terrain ?* construire avec une aide de l’Etat. La plupart ont opté pour des lots de terrain dans le quartier appelé «Bouscoult B» pour certaines et d’autres dans le même espace qu’elles occupent au quartier «Bousmaha».

            Celles qui ont choisi des lots de terrain ?* Bouscoult B ont payé la somme totale du prix d’achat en 1996. Malheureusement pour elles, 11 ans après, elles n’arrivent toujours pas ?* prendre possession de leur bien. Elles ont pourtant tous les papiers qui prouvent qu’elles sont propriétaires du terrain. L’Etat veut-il reprendre ses terrains ? Apparemment oui. Surtout que ces assiettes ont été vendues ?* des prix nettement plus bas que ceux prix actuels. Y a-t-il des pressions de quelconques parties – la mafia du foncier - pour reprendre ces terrains ? L?* aussi, on est tenté de répondre oui.

            En tout cas, c’est ce que pensent et craignent ces familles. Pour les bénéficiaires de lots de terrain ?* Bousmaha, des travaux de bornage ont été entrepris pour délimiter les espaces. Les piquets de bornage sont encore visibles sur les lieux. «Nous avons payé 1 300 DA chacun.» Depuis, rien de plus. «La wali déléguée de Bouzaréah nous a promis de relancer les travaux en 2002 mais elle est partie sans que cela se réalise», affirme un père qui n’a pas hésité ?* construire une pièce de plus, faisant fi des consignes des autorités locales. «Mon fils a 18 ans. Il ne va tout de même pas dormir avec ses sœurs dans un même espace…» dit-il comme pour se justifier.

            Et si un jour les autorités locales constatent l’infraction ? «Personne ne contrôle. Cette place est abandonnée», répond-il.

            La preuve en est que d’autres – ils ne sont pas très nombreux - ont enlevé le ternit et fait des dalles en béton. Ils ont même construit sur ces dalles.

            Un ?* deux étages… De petites villas dans un grand bidonville en plein milieu des ordures et des égouts. Eh oui ! Ça se passe ainsi ?* Alger.

            Ni eau, ni électricité… ni sécurité

            Autre grand problème dans le bidonville de «Bousmaha», le manque d’eau. Les habitants achètent l’eau ?* raison de 600 ?* 1 200 DA une citerne qui tient une semaine. D’autres l’achètent ?* raison de 100 DA le bidon de 300 ?* 400 litres. «L’eau n’arrive jamais ?* nos robinets. Ceux qui habitent en haut en reçoivent de temps en temps, en petites quantités. Nous, jamais», déclarent des jeunes filles du quartier. Non sans préciser : «Nous ne buvons pas cette eau. Elle n’est pas potable. Nous achetons des bouteilles d’eau minérale ou nous nous approvisionnons auprès de nos proches.» Une jeune mariée, nouvellement installée dans le bidonville, affirme qu’elle regrette d’avoir accepté la proposition de son mari de s’installer dans un endroit pareil. «Je n’aurais jamais dû accepter de venir ici. Il n’y a presque pas d’électricité, encore moins d’eau. En plus, il y a trop d’humidité, sans compter le vol. Ma voisine d’en face a été volée par des jeunes du quartier. Celle d’?* côté aussi. Il n’y a pas de sécurité ici.»

            Le pire, c’est que le nouveau couple a acheté la construction de fortune d’un autre couple qui s’est désisté. Ce désistement leur donne-t-il le droit de se déclarer propriétaire légal de la maison et donc de bénéficier d’un logement social ? Voil?* qui complique davantage l’opération de résorption de l’habitat précaire dans la commune de Bouzaréah. Entre les résidants légaux comme sinistrés, les résidants illégaux qui se sont approprié les espaces sans aucune autorisation de l’APC et ceux qui ont acheté des baraques, d’autres qui se sont désistés, le nombre des habitants du bidonville «Bousmaha» a augmenté de façon très rapide et inquiétante. «Le bidonville ?* lui seul est une wilaya», ironise un ancien du quartier.

            Comment prendre en charge toutes ces familles ?

            C’est la grande question.

            Les autorités locales qui, jusque-l?*, n’ont tenu aucune promesse concernant le relogement des habitants du bidonville «Bousmaha» auront du pain sur la planche. Il faudra assainir les listes des futures bénéficiaires et ce n’est pas chose facile.

            La demande dépasse de loin l’offre.

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            • #7
              Im shocked , beyond words , i never thought i would see Shantytowns in Algiers , with all the money they are raking from gas and oil and all the new wells they are discovering every year , shocking and disgusting .
              Friendship

              [60:8] GOD does not enjoin you from befriending those who do not fight you because of religion, and do not evict you from your homes. You may befriend them and be equitable towards them. GOD loves the equitable.

              [60:9] GOD enjoins you only from befriending those who fight you because of religion, evict you from your homes, and band together with others to banish you. You shall not befriend them. Those who befriend them are the transgressors

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              • #8

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                • #9

                  ALGIERS, December 13, 2007: Larbi Charef grew up in a tough neighborhood in Algiers, alongside other suicide bombers, with none of the advantages of the university students he blew up on Tuesday. A former convict, he was 30 years old.

                  His accomplice was weighted down by even graver troubles, according to local reports. Rabah Bechla, who destroyed a United Nations building with the bomb on his pickup truck, was a 64-year-old man dying of cancer who had lost two sons to death in the Islamist cause. By one report, Bechla had only days to live.

                  To experts, Charef is a textbook example of a militant Islamist in a volatile region.

                  He was born in poverty in the eastern part of the capital, had made two pilgrimages to Mecca, had spent time in prison and in unemployment and eventually had made his way to an insurgent camp in the eastern mountains of Algeria, according to a portrait pieced together from interviews with his family and security officials.

                  "The poverty is the soil, the prison the fertilizer," said a Western diplomat, a student of terrorism in North Africa. He called Charef "in many ways, the classic profile" of a terrorist.

                  Security officials emphasize that there are almost infinite permutations of personal circumstances and societal factors that may lead to militancy. They need only point to the second bomber in the two attacks, which by the official toll killed 34 people, though doctors and rescue workers estimate the deaths at twice that number.

                  Bechla was not from Algiers but was from the east of Algeria, near the city of Reghaia. He joined the Islamist militant movement in 1996 and both his sons died for the cause, in clashes with security forces, according to the daily newspaper Ech Chourouk on Thursday.

                  If Bechla's role as a suicide bomber was individualistic, Charef's fitted a well-known pattern. Charef particularly intrigues specialists who are trying to explain the comeback of the group that claimed responsibility for this week's attacks, Al Qaeda in the Islamic Maghreb. Security experts say that membership in the group, which formerly was called the Salafist Group for Preaching and Combat, once plunged to a few hundred, but could now be back at about 1,000.

                  Described by his shaken parents as a polite and religious young man, Charef grew up in Oued Ouchayeh, a poor neighborhood that was the home of prominent suicide bombers, including one who targeted the prime minister's office in April.

                  Four years ago, his family moved to another neighborhood, Hai Megnouch, a sprawling shantytown with rows of half-finished cement houses. Sitting in one of those unfinished houses, a three-story skeleton of brick and metal, Mouloud Charef, the bomber's father, recalled his son's short life with a surface calm that failed to hide the pain in his face.

                  "He was a good boy, always went to school and was respectful," said Charef, a slight man with a trim gray beard who was wearing a white Muslim cap. "We don't understand. Nobody knows what happened to him."

                  One of eight siblings, Charef left high school a year early to work for a wholesaler, making deliveries to pharmacies, his father said.

                  Then in 2004, he was arrested by the police and accused of being part of a logistical support network linked to the Salafist Group, known at the time by the initials GSPC, the father said.

                  "He admitted that he had given two boxes of paracetamol to the group," he said, referring to a painkiller.

                  He spent nearly two years in prison, and that time, some of his cousins and neighbors said, changed Charef.

                  "He was quieter when he came back," recalled his cousin Muhammad. "Who knows who he met in there. There are a lot of FIS people in prison," he said, a reference to members of the Islamic Salvation Front, a banned party.

                  In March 2006, he was released under a national reconciliation program that gives amnesty to former terrorists and terrorism-related convicts in an attempt to heal the wounds caused by a civil war in 1990s. But despite a high school diploma he obtained while in prison, he failed to get a job. At one point, he tried to set up his own business, selling ice cream in the neighborhood, his cousin said. The business failed.

                  Last December he told his family he would leave the country to find work elsewhere.

                  "From that day on, we never heard from him again," his father said. "I thought he was in Spain until the police came on Tuesday night to show me his burned driving license and to tell me what he had done."

                  Local journalists briefed by the Algerian security services say that Charef had spent the last year of his life in the eastern mountains training with militants.

                  Security officials say that for militants, jail is a fertile recruiting ground. And the national reconciliation program has been prone to abuse, they say.

                  On the second floor of Charef's family home - the only floor that has been completed as a neat apartment with colorful carpets on the floor - Charef's mother, Malika, was looking at the stripped bed that her son had slept in until last year. "National reconciliation is very good, very good," she said, "but when you put young men for two years into prison, you need to follow up. They need guidance."

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                  • #10

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                    • #11

                      Dimanche 23 Décembre 2007 -- « Pays riche, peuple pauvre ». Ce paradoxe qui s’applique sur mesure ?* l’Algérie de 2007 se vérifie au quotidien. La misère sociale se voit et se sent ?* tous les coins de rues.

                      Dans les campagnes, comme dans les grandes villes, les citoyens, délaissés, se débattent avec les moyens du bord contre la cherté de la vie, le chômage, l’insécurité et toutes les pénuries, en particulier celle du logement. Alors qu’on parle d’un programme de construction d’un million de logements, des milliers de bidonvilles, similaires aux favelas brésiliennes, pullulent aux portes de nos villes, surtout ?* proximité de la capitale, Alger. Des familles entières (plusieurs générations) s’entassent, ont constaté des reporters d’El Watan, dans des habitations précaires. Intrus sur le plan administratif puisque les communes dont ils devraient dépendre ne leur reconnaissent par le titre de résident et misérables sur le plan social, ces citoyens sont des clandestins dans leur propre pays. Dépourvus de toutes les conditions de vie, ils sont une proie ?* toutes les maladies et tous les maux de société. La situation dure depuis des années sans qu’elle n’inquiète les autorités. Elles (les autorités) ne réagissent qu’au lendemain d’une catastrophe, comme ce fut le cas lors des intempéries de novembre dernier. Et l?* encore, elles ne font que des promesses qui se dissiperont une fois l’orage passé. Où est l’Etat qui devra prendre en charge « ses citoyens » et éradiquer l’habitat précaire dans le pays ?

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                      • #12

                        Dimanche 23 Décembre 2007 -- Lieudit Bateau Cassé, ex-Haï Stamboul 1. La vue de cet immense bidonville, situé dans la partie est de Bordj El Kiffan, ?* quelques encablures de la capitale du pays, agresse le regard. Le bidonville, où vivent près de 600 familles, est englouti dans une marée de boue et d’égouts. Pour s’y rendre, il fallait contourner plusieurs pâtés de villas (toujours en construction), au bout d’une piste impraticable. Ce sont ces villas qui cachent cet amas de « maisonnettes » insalubres, bâties anarchiquement pour la plupart dans les années 1990. Ce paysage, orné par des niches d’ordures et d’immondices pour le rendre encore plus laid, est tout simplement cauchemardesque.

                        « Mal-vivre, humidité, saleté, namous (moustiques), tobat (gros rats), misère, bref tout y est ici », tel est l’état des lieux que nous résume Azzedine, architecte de son état. Son voisin l’interrompt pour durcir le ton : « Nous vivons comme des hérissons. » Il est vrai que la vie de ce sympathique mammifère au dos hérissé de piquants n’est pas facile ! Bref, les mots ne suffisent pas pour qualifier la situation dans laquelle (sur)vivent encore ces familles sans que les autorités ne daignent s’en occuper. Elles qui ont du mal aujourd’hui ?* reconnaître les dangers qui guettent ces familles, notamment ces dangereux rongeurs qui les côtoient et « cohabitent » avec elles dans ces bidonvilles, mais qui sont obnubilées dans leur grande majorité par le partage de la rente, le clientélisme sur fond de corruption.

                        « Elles sont venues (les autorités) en juillet dernier pour un recensement et depuis personne n’a remis les pieds ici », raconte Selah. Celui-ci, travaillant comme gardien dans un site EPLF, n’est autre que le frère de Sellah, le fameux commentateur des matches de football ?* l’ENTV dans les années 1970. D’après lui, « le wali délégué nous a promis de nous caser après l’Aïd, mais on attend toujours ». En attendant, n’ayant pas d’autres endroits où aller, ces familles sont exposées continuellement ?* toutes sortes de maladies. Les pathologies fréquentes : problèmes respiratoires, dysenteries, maladies chroniques, asthme, diabète…

                        Pis, les patients ne disposent même pas de carte de soins et ignorent même la gratuité de ces derniers. Il n’en demeure pas moins que ce sont surtout les enfants qui sont les plus exposés, eux qui, ne disposant pas d’aire de jeux plus appropriée, se donnaient hier ?* cœur joie en jouant en cette période ensoleillée de vacances scolaires, sur les niches d’ordures, sans se soucier de ces maladies. Smaïl, écolier de 11 ans, en fait partie de ce lot, mais pas pour jouer. Il n’est l?* que pour guetter la moindre bouteille en plastique déposée dans ces ordures pour la revendre afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son père diabétique et sa mère ne travaillent pas.

                        Comme pour ce gosse, la majorité des pères de ces familles ne bosse pas. Ils comptent seulement sur des bricoles. C’est le cas de Sid Ahmed. Panseur de son état, Sid Ahmed doit faire de grandes enjambées pour pénétrer dans sa baraque. Des eaux usées sont partout, même dans ce qui fait office de cuisine. Il vit sur une marée d’eaux usées. Sa voisine, Farida aussi. Cette ex-cadre des assurances a perdu la tête il y a près d’une année. A force d’encaisser des maladies, elle a fini par craquer. « Je suis démoralisée, j’ai demandé un congé de maladie longue durée pour m’occuper de mes enfants », dit-elle, en continuant ?* laver son linge. « On ne demande pas l’impossible, on ne demande qu’un abri digne pour nos enfants », lance-t-elle.

                        La pauvre a dû vendre ces « petits » bijoux pour réparer sa baraque qu’ont détruit les récentes inondations. Amir, la cinquantaine, technicien mécanique d’entretien, originaire de l’Apreval, en fait partie de ces miséreux. Il raconte qu’il avait bénéficié d’une décision pour l’acquisition d’un chalet... qu’il ne verra jamais. Il s’est alors séparé de sa femme et de ses enfants pour élire domicile dans ces bidonvilles. « Je veux subir seul cette souffrance », dit-il. Pourtant, ce n’est pas un brin de nationalisme qui manque ?* Amir, lui qui a affiché ?* la porte d’entrée de son abri l’emblème national.

                        Mais le malheur en a décidé autrement pour cet ex-émigré en Allemagne fédérale. Comme lui, la quasi-majorité de ses voisins n’a pas fêté l’Aïd. Sauf certains que d’aucuns soupçonnent d’avoir des « moyens » ailleurs, et que Selah dénonce. « Il y a parmi nous ceux qui ont des habitations ailleurs et ils fuient leurs bidonvilles dès qu’il y a la moindre goutte de pluie. » Durant ces moments-l?*, les enfants ne vont pas ?* l’école. Paradoxalement, ce sont les élèves qui vivent dans ces bidonvilles qui ont les meilleures notes ?* l’école, nous raconte-t-on. Mais cette donne aura-t-elle un effet positif dans leur vie ?

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                        • #13

                          Est-ce que les bidonvilles sont une fatalité ?

                          Le bidonville n’est pas une fatalité. Ces excroissances urbaines sont le résultat de la mauvaise gestion de la part de la puissance publique. Cette dernière, de par sa déliquescence, permet cette excroissance par une complicité implicite. Qu’on vienne pas nous dire que les communes ne sont pas au courant des bidonvilles ?* Hydra ou ?* Gué de Constantine. La délivrance des permis de construire fait partie des prérogatives du président d’APC. Il faudra attendre le jour où le maire fera appel aux systèmes qui existent et qui doivent gérer la question urbaine.

                          Pourquoi tous les programmes d’éradication de bidonvilles semblent inefficaces ?

                          Tout est fait pour la réapparition des bidonvilles : il n’y a aucune prise en charge en aval, aucun suivi des opérations de recasement. Et c’est en ce sens qu’il faudrait redéfinir la notion de logement social. Ce dernier ne devrait pas être un cadeau providentiel que l’Etat « offre » au citoyen. Le citoyen risque parfois d’avoir un réflexe de rente : il peut par exemple revendre ce logement. C’est une spirale. Le réflexe de la rente est le même qu’on trouve ?* différents niveaux de l’Etat. C’est la logique du « chacun veut sa part ». Le citoyen se dit que lui aussi a sa « part », ?* l’image de tout un système basé sur la rente. On ne peut éradiquer les bidonvilles sans revoir toute la philosophie de ces opérations : il faut casser les mécanismes qui favorisent la rente. Et malheureusement, on ne tire jamais les leçons du passé. Voyez les nouvelles excroissances, ces sortes de « bidonvilles de qualité », comme ?* El Hamiz où la situation est pire. Ces excroissances sont spontanées et illustrent bien l’absence de la puissance publique. Des zones comme El Hamiz s’inscrivent également en marge de la société, particulièrement du point de vue économique. C’est de l’informel au sens le plus large. Ici aussi on voit que l’Etat ne fait que gérer l’impunité.

                          Existe-t-il une réflexion autour des problèmes urbains dans les grandes villes ?

                          Notre pays produit beaucoup de plans, mais il y a peu d’actions. Il existe des réflexions autour de l’urbanisme ?* Alger par exemple, mais on ne réfléchit pas aux moyens d’application. Il faut en tout cas arrêter avec le système de dérogation et surtout sortir des politiques d’achat de la paix sociale.

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                          • #14

                            Dimanche 23 Décembre 2007 -- Le panorama n’est guère enchanteur : des eaux usées pestilentielles, fétides, stagnent dans les ruelles en terre, pourrissent sous la chaleur et attirent des nuées de moustiques. Des baraques montées ?* base de parpaings, de planches et de tôles récupérées des décharges (sauvages) environnantes forment des blocs anonymes, qui n’ont aucune identité publique. Des antennes paraboliques se mêlent au décor qui n’a rien ?* envier ?* celui de Bardo, le plus grand bidonville d’Afrique situé au cœur de la ville portuaire de San Pedro en Côte d’Ivoire.

                            Planté ?* Hydra, sur les hauteurs d’Alger, pas loin des quartiers résidentiels, des somptueuses villas et des salons de luxe qui en font sa réputation, le bidonville Doudou Mokhtar existe depuis l’indépendance et ne cesse de « grandir », amplifiant ainsi le risque de maladies. Erigé sur le lit d’un oued, il compte aujourd’hui plus de 800 baraques qui abritent quelque 3000 âmes. Leurs habitants sont inconsidérés, mal vus et traités comme des énergumènes, des bons ?* rien ou des « sous-citoyens ». On les surnomme « nas chkara hlib (les gens du sachet du lait) », allusion faite ?* leur vie de misère. Aussi, on dénomme le bidonville Mhatma (quelque chose ?* prendre par contrainte ou par absence d’autre choix).

                            Entre les cahutes, des enfants jouent avec un ballon fait d’un tas de sachets et de tissus. Agés entre 7 et 15 ans, ces chérubins profitent ainsi de leurs vacances d’hiver. D’autres tiennent les murs d’une baraque servant de magasin d’alimentation générale. Mohamed Naâmi, âgé de 14 ans et habillé en haillons, ne cache plus sa joie d’être en vacances, non pas parce qu’il déteste l’école, mais parce qu’il est contraint de monter une pente ?* 45° pour atteindre son école primaire. « Venez ! Je vous montre le chemin que je me tape chaque matin pour rejoindre les bancs de l’école », insiste-t-il.

                            L’école primaire se trouve sur une colline surplombant le bidonville, la ruelle y menant est boueuse et devient, comme en témoigne l’enfant, impraticable au temps des crues. En sixième année, le petit Mohamed raconte avec désolation la misère qu’il vit lui, ses cinq frères et son père, sa mère étant décédée. « Nous dormons entassés dans une pièce qui ne peut pas prendre un lit de deux places. Nous n’avons ni d’espace où mettre une table pour étudier ?* la maison ni où nous reposer tranquillement. Lorsqu’il pleut, notre pièce se transforme en lac, inhabitable donc. Les murs moisissent sous l’effet de l’humidité », raconte-t-il en baissant pudiquement la tête.

                            A l’entrée nord de ce bidonville, on rencontre un homme en train de bricoler une vieille carcasse datant de l’époque de la Révolution agraire. Agé de 43 ans et père de 5 enfants, cet homme, qui s’appelle Belhadj Djillali, vit dans une hutte de deux pièces. « Je suis dans cet enfer depuis maintenant 8 ans. J’habitais Salembier (l’actuelle El Madania). Mais après le mariage, comme je n’avais pas de logement et n’avais pas non plus les moyens de louer, je me suis retrouvé ici », relate-t-il.

                            M.Belhadj en a gros sur le cœur. Sans logement ni emploi, il en veut ?* mort aux autorités qui l’ont « abandonné » ?* son sort. « J’ai fait plusieurs dossiers pour le logement social sans que cela n’aboutisse. L’APC nous oriente vers la wilaya d’Alger laquelle rejette la balle, de son côté, aux autorités locales », souligne-t-il avec désolation. Les murs de sa baraque sont devenus noirs d’humidité et M.Belhadj dit avoir peur que sa fille de deux ans chope une maladie. Sa femme Zohra nous montre le petit carré lui servant de cuisine ; juste suffisant pour poser un fourneau de deux feux. « Nous n’existons pas. J’oublie que je suis au cœur de la capitale et ?* deux pas de Hydra », lâche-t-elle.

                            A l’intérieur d’une baraque faisant office d’un magasin nous trouvons Adel, 36 ans, père de deux enfants. « Je suis ici depuis 6 ans. J’habitais ?* Bab El Oued avant de me marier. En 2001, j’ai postulé pour le programme de 20 000 logements AADL. En vain. Pour en bénéficier, il fallait que ton dossier soit appuyé par un haut placé. Moi, je ne connais personne pour m’aider. Les logements ont été donnés ?* ceux qui n’étaient pas dans le besoin », décrie cet employé du secteur touristique. Selon lui, l’APC de Hydra refuse de les reconnaître et leur demande de se rapprocher de la wilaya d’Alger. « Mais ?* l’approche des dernières élections, ils sont venus nous apporter nos cartes de vote comme si le seul droit dont on dispose est celui de voter. Ils nous prennent pour des cons », s’égosille-t-il.

                            Boukhlef Samir, 34 ans, ancien habitant de Belcourt, y vit depuis 8 ans avec ses 4 enfants. « On a tapé ?* toutes les portes. Les services de la wilaya d’Alger sont venus ?* maintes reprises nous recenser, ils ont même établi des listes, mais aucune suite n’a été donnée. On en a marre de cette situation. Je n’ai pas envie que mes enfants grandissent dans un environnement pareil. C’est dangereux pour eux », lâche-t-il avant d’ajouter : « Nous ne demandons pas la lune. Nous souhaitons juste être dans un environnement plus ou moins supportable et convenable, loin de la promiscuité et de la saleté. Qu’ils nous donnent ne serait-ce que des chalets. »

                            Le vœu de Samir est celui de la plupart des habitants de ce douar de misère. Mohamed Bouaza, 55 ans, invalide et père de 8 enfants, se trouve dans ce bidonville depuis maintenant 14 ans. Avant d’atterrir dans ce hameau de tous les maux, Mohamed vivait ?* Diar Chems, avant de louer un modeste appartement dans un quartier de Ruisseau. Lui, il parle de « misère noire ». « Ils nous ont donné des paquets de promesses. A chaque élection, ils viennent nous chanter leurs chansons. Après, on retombe dans l’oubli. Comme si on n’existe pas. Ils ne nous ont jamais écoutés. Leurs préoccupations sont ailleurs. Ils se fichent de notre sort. Pour eux, nous ne sommes qu’une populace importante uniquement pour le vote », fulmine-t-il.

                            Selon lui, il y a ceux qui vivent dans « cet enfer », comme il aime ?* le qualifier, depuis 50 ans. C’est le cas de Mohamed Yeder, un retraité de 57 ans, qui vit ici depuis 1967. Il dit que deux de ses enfants sont mariés et vivent près de lui dans des baraques. « On m’a donné un document en 1984 pour soi-disant bénéficier d’un logement. Que du vent. Je n’ai rien eu depuis et ce ne sont pas les promesses des autorités qui manquent. Je me demande ?* qui va profiter le fameux programme d’un million de logements qu’on nous présente comme le programme du siècle », clame-t-il. La déception de Mohamed est grande. La souffrance des habitants de ce bidonville aussi. Abandonnés ?* leur sort, ils ne savent plus ?* quel saint se vouer.

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                            • #15

                              Dimanche 23 Décembre 2007 -- Haï Saliba 2, ancienne base de la Sempac, bloqué entre une gare de la SNTF et la tentaculaire zone industrielle de Oued Smar (est d’Alger), semble avoir retrouvé une certaine quiétude après les festivités de l’Aïd El Adha. Ici vivent 105 familles. Les plus anciennes sont celles des travailleurs de cette entreprise qui y habitent depuis 16 ans. L’APC a ramené ensuite des familles sinistrées suites aux tremblements de terre.

                              Il y a aussi les « indus occupants » qui espèrent avoir un logement. Sofiane Khattab, 31 ans, marié, deux enfants ?* charge, nous apostrophe. Il a un emploi, mais vivre dans cet endroit le plonge dans un malaise : « Comment peut-on être bien en vivant sous le ternit ? On souffre autant en hiver qu’en été. Les paraboles sont notre unique moyen d’évasion. Tout le monde attend un toit. Dans notre vie, il n’y a rien de spécial ?* raconter. Tu te lèves le matin pour aller travailler et tu retournes le soir pour dormir et voir le train passer. Les autorités connaissent notre situation. Il paraît que deux propriétaires revendiquent l’assiette foncière qui reste en litige. »

                              Heureusement que la majorité travaille. Ishak, 17 ans, stagiaire en mécanique, a soif de vivre pleinement mais se sent enfermé dans sa misère. « C’est la routine, quand il y a un match on va jouer ou on s’entraîne ?* l’OC Beaulieu. » Il habite, pour employer ses propres termes, « dans d’autres baraques de Oued Smar. Notre nom est sorti dans la liste des bénéficiaires de logements mais nous attendons toujours... Je rêve d’aller jouer au football en Europe et devenir une vedette internationale ».

                              Cependant, il « déconseille aux jeunes d’aller sur les traces des harraga, happés par le mirage du Nord où personne ne les attend, ceux qui ont tenté l’aventure n’ont pas échappé ?* la mort et ceux qui ont réussi ont été refoulés ». Nous l’interrogeons : pourquoi partent-ils ? « Ils haïssent le pays, ils n’ont rien, ni travail ni espoir de changement. S’ils avaient les moyens de s’émanciper ou de s’épanouir, pourquoi ils le feraient ? Mais ce n’est pas une solution ?* moins de partir avec des papiers en règle. »

                              Un autre jeune va au bout de sa pensée : « Les jeunes sont totalement marginalisés. A 22 ans, ils sont hittistes et s’adossent aux murs. Ils sont généralement sans emploi ni revenu fixe. » Pour oublier le quotidien, Ishak supporte le MCA : « Je vais voir ses matches lors des grandes confrontations, la dernière a été le duel sportif MCA-USMA au stade du 5 Juillet. Quel bonheur de voir les buts de Badji et Younès. »

                              Les habitants reconnaissent que des fléaux sociaux ont fait leur apparition. Dans les quartiers populaires et surtout dans les bidonvilles, « 75% des jeunes Algériens consomment de la drogue (zatla). La promiscuité et les soucis au sein des familles les poussent tout droit vers ce chemin. La zatla et les comprimés se trouvent plus facilement en Algérie que le pain », nous dit-on.

                              Les jeunes des bidonvilles sont visiblement mal ?* l’aise dans la société et souffrent du vide. « A notre époque, ?* 15 ans, nous ne voyions pas la drogue de nos propres yeux. Aujourd’hui, des adolescents entre 14 et 15 ans vendent ces substances consommées par des jeunes poussés au repli, ?* la lassitude ou au désespoir. Si tu attends que l’APC vienne te donner un logis, tu te goures : il ne faut même pas t’y attendre même dans tes rêves. Il y a aussi le phénomène des intrus qui viennent construire une baraque et bénéficient d’un F3 alors que des dossiers dorment dans les tiroirs », précise Sofiane.

                              Il y a une profonde crise de confiance entre la population en général et l’Etat. Boukhalfa Mustapha, marié, un enfant, attire notre attention sur le fait que ce bidonville n’a pas d’eau potable. « Les nouveaux élus (FLN, MSP) ont promis de faire ‘’rentrer’’ l’eau dès janvier. Jusqu’?* ce jour, il faut aller ?* Naftal pour se ravitailler. Il y avait une citerne mais au bout d’un certain temps, un médecin a demandé ?* l’enlever car elle ne répond plus aux normes d’hygiène. Après une journée de travail, on veut prendre au moins une bonne douche et quand on trouve des bidons ?* remplir devant la porte, on a franchement envie de leur donner des coups de pied sous l’emprise de la colère. Il y a par contre l’électricité. Chaque locataire a son propre compteur. »

                              Il y a aussi le problème de transport : « Un enfant de 6 ans peut-il prendre seul le train ? Et s’il glisse ? Les parents ne peuvent pas s’en occuper continuellement », ajoute-t-il. Pour arriver au travail, certains sortent ?* 5h30, marchent jusqu’?* Oued Smar (3 km). A Haï Saliba 2, la terre en remblai n’est pas couverte de goudron. Quand le train passe, tout vibre, y compris les convictions de cette frange de la population qui veut encore croire au miracle. Mais elle sait aussi qu’il faut plus qu’un miracle pour se voir reconnaître le droit d’avoir une vie décente.

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