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Inefficacité gouvernementale et détérioration du pouvoir d’achat des Algériens

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  • Mardi 29 Juillet 2008 -- La vie est de plus en plus chère pour les Algériens. C’est le constat de l’Office national des statistiques (ONS). Dans son rapport évaluant le rythme d’inflation au premier semestre de 2008, il affirme que ledit taux a atteint les 4,9%, un chiffre avoisinant celui publié par le Fonds monétaire international qui le situait à 4,5. Selon l’analyse de l’ONS, cette variation de l’évolution du marché algérien trouve son explication dans l’augmentation substantielle des prix des produits de consommation, qui atteint les 9,2% pour les produits alimentaires, 14,5% pour les produits alimentaires industriels et 4,5% pour les produits agricoles frais.

    Quant aux prix des produits manufacturés et des services, ils ont progressé chacun de 0,90% pendant la période de référence, soit les six premiers mois de l’année en cours, selon les statistiques de l’ONS publiées hier par l’APS. Une étude comparative entre le premier semestre 2008 et celui de l’année 2007, situe le rythme d’évolution de l’inflation autour de 2,5%, relève l’office. Toutefois, l’ONS explique cette progression de l’inflation en Algérie par l’évolution des prix des matières premières sur les marchés internationaux. L’envolée des cours des matières premières serait la cause principale des différentes augmentations sur le marché algérien. Les mêmes analystes font valoir des hausses qui ont touché essentiellement les prix des huiles et graisses. Une évolution qui a atteint 44,8%.

    Quant à la hausse ayant touché le café, le thé et les infusions, elle se situe autour de 29,2%, celle des fruits 17,9%, celle des poissons frais 17,5%, celle du lait, fromage et dérivés 9,8%, celle du pain et céréales 9% et celle de la volaille, du lapin et des œufs autour de 7,7%. La hausse des prix ne concerne pas uniquement les produits frais de cette filiale. Elle s’étend aux viandes et poissons en conserve (1,9%), à la viande et aux abats de mouton (1,8%) et aux boissons non alcoolisées (0,10%). A l’exception du prix de la pomme de terre qui a accusé une baisse de 9,10%, ceux du sucre et des produits sucrés (-6,70%) et à un degré moindre ceux de la viande et des abats de bœuf (0,40%), tous les produits du groupe alimentation s’étaient inscrits en hausse.

    Le taux d’inflation aurait été beaucoup plus important si le mois de juin n’avait pas été plus clément que ses prédécesseurs. L’abondance des produits agricoles frais a endigué la flambée vertigineuse des prix. Ainsi, le taux d’inflation a connu une baisse de 2,1% au mois de juin 2008 par rapport au mois précédent, contre une hausse de 1,6% durant la même période de l’année 2007, selon les chiffres de l’ONS. Cette tendance, qui intervient après une augmentation de près de 0,9% relevée en mai 2008, est le fait des produits alimentaires qui ont baissé de 4,2%, résultat d’une chute de 8,4% des prix des produits agricoles frais. Des baisses tangibles caractérisent certains produits, notamment les légumes dont les prix ont baissé de 25% et la pomme de terre avec une baisse de 15,6%. Pour rappel, le rythme annuel d’inflation est passé de 2,5% en 2006 à 3,5% en 2007, pour atteindre les 4,9% au premier semestre de cette année.

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    • Mardi 29 Juillet 2008 -- Après avoir testé son efficacité sur le terrain de la récolte et son impact sur le circuit de commercialisation de la pomme de terre, le ministère de l’Agriculture a jugé utile d’élargir le système de régulation des produits agricoles de large consommation «SYRPALAC», instauré depuis quelques semaines, à d’autres produits, à savoir, par degré de priorité, les viandes rouges, la tomate et, enfin, les oignons. Cette initiative était attendue tant ces trois produits connaissent des tensions en différentes périodes de l’année. Pour rappel, la surproduction avait fait chuter le prix de la pomme de terre et il avait fallu l’intervention des pouvoirs publics pour réguler le marché. Les producteurs ont repris confiance en apprenant que l’Etat allait acheter leur production selon un tarif de référence. «Depuis, le volume stocké de pomme de terre ne cesse d’augmenter. Pour preuve, il était de 30 000 tonnes la semaine dernière, il est aujourd’hui à près de 52 000 tonnes [51 700 plus exactement], une quantité qui sera certainement revue à la hausse. C’est dire que nous avons réussi à réguler le marché», a affirmé Rachid Benaïssa, qui s’exprimait hier au siège du ministère de l’Agriculture devant les cadres centraux et un parterre de journalistes.

      Le satisfecit du ministre n’est pas inventé dès lors que l’on dénombre l’ouverture de nombreuses structures du froid, dans et près des régions à forte récolte, et un engouement certain chez les opérateurs versés dans ce créneau à multiplier leurs efforts pour tenter d’emmagasiner le maximum de pomme de terre. Cette initiative de prendre en charge par la tutelle la surproduction de pomme de terre a par ailleurs «permis, preuve à l’appui, de protéger les revenus des agriculteurs, de professionnaliser leur démarche et de stabiliser le marché tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs. Ce qui nous a encouragés à étendre cette initiative à d’autres produits. Ainsi, nous allons nous atteler au plus vite à réguler le marché de la viande, une priorité par les temps qui courent», a signifié le ministre. A la question de savoir quelles en seront les modalités, il a rappelé qu’«il est inconcevable de constater que le prix de la viande ovine varie d’une région à une autre. Il est élevé dans les grandes villes et bas à l’intérieur du pays, notamment dans les régions où il y a une forte concentration d’éleveurs. Notre démarche consistera donc à créer des stocks en vifs [moutons vivants] et aussi en congelés. Nous allons cerner tous les éléments partie prenante afin que tout soit clair pour une mise en place efficace de l’outil de régulation». Selon M. Benaïssa il en sera de même pour la tomate et l’oignon.

      L’autre nouveauté annoncée par le ministre qui concerne directement la production est inscrite dans la loi de finances complémentaire 2008 : prise en charge totale par le ministère de l’Agriculture des intérêts des crédits de campagne octroyés aux éleveurs et aux agriculteurs par les banques et les établissements financiers. Il précisera que l’instrument de prise en charge de cette mesure sera le Fonds national de régulation de la production agricole qui vient d’être adopté à cet effet. Il rappellera que la réhabilitation et le repeuplement des étables ainsi que la réalisation des infrastructures de stockage liées à l’exploitation agricole et les investissements pour l’économie de l’eau, les taux d’intérêts de ces actions seront pris en charge par l’Etat. Le ministre a tenu à souligner au sujet du renouveau économique agricole, une orientation qu’il compte mettre en pratique coûte que coûte : «Il s’agira de mettre en place des actions modernes de production en renforçant l’appareil de formation.» Rachid Benaïssa a promis aux journalistes un prochain rendez-vous pour les éclairer sur la mise en place du système de régulation du marché de la viande.

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      • July 30, 2008 -- Algeria's consumer price inflation decelerated sharply to 2.6% in June from 6.3% in May and 6.5% in April, APS reported on Tuesday (July 29th). Reduced prices of fresh fruit and vegetables as a result of the new harvest and increased government subsidies are behind the June deceleration.

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        • Samedi 2 aout 2008 -- Lancé en 2005, le deuxième plan quinquennal de relance économique atteindra fin 2008 la somme record de 200 milliards de dollars, selon des indications officielles du gouvernement. Le montant initial de ce plan présidentiel destiné à consolider la croissance économique était de 140 milliards de dollars. A 18 mois de son expiration, le plan affiche 60 milliards de dollars de dépenses supplémentaires sur les prévisions initiales.

          Aucune explication officielle n'a été fournie sur cette révision à la hausse des investissements publics. S'agit-il tout d'un faux départ du plan d'investissements publics, avec de fausses prévisions sur les coûts réels des projets lancés? Cette somme supplémentaire a-t-elle servi pour couvrir les surcoûts engendrés par les grands projets d'infrastructures et la hausse des matériaux de construction et des tarifs de construction d'une façon générale ? Mystère. Pour la seule année 2008, les frais des réévaluations des projets en cours et des programmes complémentaires en faveur des wilayate s'élèvent à 459 milliards de dinars (4,59 milliards d'euros), selon la Loi de finances complémentaires pour 2008 approuvée la semaine dernière.

          Pourtant, en dépit des sommes engagées, sur le terrain le constat est amer : tous les grands projets d'infrastructures lancés dans le cadre du deuxième plan de relance économique ne sont pas encore livrés en totalité. Le million de logements n'est pas encore achevé, l'autoroute est-ouest n'est pas encore été terminée, les grands transferts d'eaux sont encore en travaux, la majorité des grands projets ferroviaires n'est pas encore lancée comme l'électrification de la rocade nord des chemins de fer, etc.

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          • Jeudi 14 Août 2008 -- L’Algérie souffre des répercussions de la hausse des prix des produits industriels et alimentaires de première nécessité. Cela se voit clairement à travers la hausse record de la facture de l’importation depuis le début de l’année. L’Algérie a déboursé, jusqu’à présent, plus de 5 milliards de dollars supplémentaires, par rapport à l’année dernière. Ce chiffre devrait augmenter suite à la hausse de l’enveloppe de l’importation des produits de première nécessité, qui est passé de 48 à 109% depuis le début de cette année. Ces chiffres, fournis par les différentes institutions, chargées du commerce extérieur, reflètent les fluctuations enregistrées dans les importations de l’Algérie. Ils expriment également la faiblesse du réseau industriel et agricole algérien et l’incapacité de l’Algérie à réduire sa dépendance de l’étranger, notamment en ce qui concerne les produits alimentaire. Selon les chiffres officiels fournis par les services des Douanes, les importations de l’Algérie ont augmenté au premier semestre de l’année de 37,70%, par rapport à la même période de l’année dernière. Elles ont atteint 17,914 milliards de dollars, contre 13,009 milliards de dollars, l’année dernière.Nous constatons que le taux le plus élevé a été enregistré pour les produits alimentaires, atteignant 64,41%. La facture d’importation de ces produits a augmenté de 2 milliards de dollars. Elle devrait augmenter cette année et dépasser le seuil des 7 milliards de dollars.

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            • Dimanche 17 Août 2008 -- Sans motif économique réel, les commerçants balisent pour une hausse des prix des fruits et légumes. Une hausse substantielle est, en effet, enregistrée depuis quelques jours dans les marchés du pays, y compris dans ceux communément appelés marchés de l’informel. Surpris par cette flambée injustifiée, les consommateurs se trouvent obligés de subir la loi des vendeurs. Pour eux, il s’agit bien d’une mercuriale annonciatrice d’un mois de ramadhan dur à gérer pour les ménages tenus d’affronter, quelques jours plus tard, une rentrée scolaire et son lot de dépenses en vertigineuse hausse. La parenthèse des prix abordables de certains produits alimentaires n’a pas duré longtemps. Un constat que chaque Algérien peut vérifier ces jours-ci au marché ou chez le vendeur du coin où les prix ont doublé.

              «La salade est à 80 et 100 DA le kilogramme, alors qu’elle était vendue à moins de 40 DA au cours de la semaine dernière. Même chose concernant le prix du poivron qui a doublé», témoignent des pères de famille estomaqués par la fièvre des prix. La situation n’est pas sans pousser les citoyens à revoir leurs dépenses en espérant voir le gouvernement prendre des mesures porteuses et efficaces. L’attente du consommateur est d’autant plus légitime que le pouvoir d’achat de l’Algérien est jugé très faible. Officiellement, une série de mesures ont été prises dans l’objectif d’empêcher la machine spéculative de sévir. Dans ce sens, le gouvernement a ciblé les produits les plus consommés par les Algériens. Le gouvernement a ainsi pris des mesures visant la régulation des produits de large consommation comme la pomme de terre, la viande, la tomate et l’oignon.

              Doté d’une enveloppe de 3 milliards de dinars, «ce système ne se veut pas une solution de conjoncture, mais sera appliqué dès qu’une abondance de production est enregistrée dans la récolte d’un produit», estime-t-on au niveau du ministère de l’Agriculture. Mais le soutien par l’Etat des prix de large consommation n’arrange pas assez le consommateur qui ne doit pas subir des prix ne répondant pas à la loi du marché. Le marché vit une situation un peu déroutante où l’abondance des produits ne génère pas une réduction des prix. Au niveau de la direction des prix et du contrôle, on estime que l’Etat peut intervenir dès que les prix échappent à toute logique. Les citoyens consommateurs n’accordent pas de crédit à une telle thèse. Pour eux, le marché en Algérie évolue sans tenir compte de la moindre loi. Ce qui est loin d’être faux : l’outil de contrôle des prix étant la facturation, cette dernière n’a jamais été un souci pour les spéculateurs.

              Contrôler la marge bénéficiaire du commerçant ? La réglementation ne prévoit pas des mesures dans ce sens. «Le commerçant a la latitude de pratiquer la marge bénéficiaire qu’il veut, allant de 10 à 100%, dans la mesure où le marché est libéralisé», nous indique un responsable au niveau de la direction de la concurrence et des prix. Le gouvernement prévoit également le plafonnement des prix de la semoule et de la farine, comme il a annoncé la création d’un office dont la mission est de veiller sur une stabilisation des prix du marché. Mais depuis quand une institution, aussi outillée soit-elle, a pesé dans la définition des prix en Algérie. La population n’ignore pas les règles de fonctionnement du marché qui n’obéit à aucune réglementation.

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              • Dimanche 17 Août 2008 -- Ce n’est pas encore le Ramadhan et c’est déjà la fournaise dans les marchés des fruits et légumes à Alger. Les prix augmentent doucement mais sûrement pour saigner davantage les petites bourses qui s’inquiètent d’ores et déjà non seulement pour les dépenses du mois sacré mais aussi pour celles de la rentrée scolaire 2008/2009. Quinze jours avant le jour J, des ménagères reviennent presque bredouilles du marché. «Juste des pommes de terre et des tomates […] Pas de poivron, encore moins de salade pour ce soir», affirme, à la fois outrée et résignée, dans un marché de la commune de Belouizdad, une femme qui soliloque.

                La salade est à 80 et 100 DA le kg, alors qu’il n’y a pas une semaine, elle était seulement à 40 et 50 DA. Le poivron, un légume de saison, était à 30 et 45 DA, et la tomate à 15 et 20 DA. Ils sont montés respectivement à 65 et 25 DA. L’oignon est à 25 DA en attendant d’autres augmentations. La courgette est à 60 et 70 DA, alors qu’elle était à 40 DA il y a seulement quelques jours, et la carotte à 40 DA. Les prochains jours s’annoncent encore plus chauds en ce qui concerne les fruits : 80 DA les poire, 180 DA les pêches, 150 et 165 DA les raisins… Une augmentation sensible des prix est enregistrée pour ce qui est de la viande blanche : 220 et 240 DA le kg (il était à 170 et 180 DA). Pour la viande rouge, celle de veau notamment, la hausse reste pour le moment légère. Les ménagères doivent faire appel à leur ingéniosité dans la cuisine pour bien gérer le budget familial, en attendant les grandes dépenses et les grandes saignées du mois sacré de ramadhan.

                «Chaque jour, quelques dinars de plus. Ça va aller en augmentant […] C’est tout à fait normal. C’est le Ramadhan», lance, d’un air amusé, un jeune vendeur, avant d’annoncer aux hommes et aux femmes qui l’entouraient qu’il allait fermer boutique. Le vendeur, affolé, se presse d’emballer sa marchandise avant l’arrivée des policiers. «Ils vont bientôt arriver», son compagnon, alerté par téléphone par un vendeur qui venait d’être arrêté par la police. Les marchands ambulants, habitués au jeu du chat et de la souris, ramassent leur marchandise, invitant leurs clients à les rejoindre. Les citoyens les suivent à l’endroit désigné. «C’est encore plus cher à l’intérieur du marché couvert ou dans les magasins», affirme un homme qui ne quitte pas des yeux la camionnette qui s’éloigne. Une façon d’expliquer de manière tacite son soutien au marché informel. Il n’est pas le seul à réagir de la sorte. La majorité des citoyens, dans les quartiers populaires et ailleurs, font de même pour préserver leur porte-monnaie.

                C’est en partie la raison pour laquelle les pouvoirs publics n’arrivent pas à éradiquer le marché informel. Les vendeurs à la sauvette trouvent chez le consommateur du soutien et ils le lui rendent bien. Ils lui renvoient l’ascendeur en lui vendant légèrement moins cher que les commerçants légaux qui, eux, mènent une campagne contre cette concurrence déloyale en demandant aux autorités d’éradiquer le commerce parallèle. Mais, et c’est une expérience vécue, une fois les vendeurs à la sauvette chassés, les commerçants, en l’absence de cette «concurrence», deviennent les maîtres absolus des prix qu’ils n’hésitent pas à plafonner. C’est ce qui pousse les consommateurs à soutenir et à encourager le marché parallèle, et c’est ce qui complique le travail des autorités quand elles essayent d’y mettre un terme. C’est un véritable cercle vicieux, et pour en sortir l’Etat doit endosser pleinement son rôle de régulateur de toutes les filières de production.

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                • Dimanche 17 Août 2008 -- Comme à l’accoutumée, Ramadhan rime avec flambée des prix. Les citoyens qui aiment garnir leur table lors de ce mois sacré se voient ainsi contraints de mettre la main à la poche pour quelques sous de plus. Si, côté religieux, les 30 jours de Ramadhan doivent être consacrés à la prière et aux différents rituels, côté dépenses, les choses ne sont pas rassurantes. Et pour cause, les prix de certains produits alimentaires pourraient connaître une flambée inhabituelle. Devant cette situation, qui se réédite chaque année, le gouvernement a voulu couper l’herbe sous le pied aux spéculateurs de tous bords.

                  Plusieurs mécanismes ont été mis en place. La pomme de terre, produit consommé en quantité par les Algériens, est la première concernée. Pour cela, le mécanisme appelé Syrpalac, décidé par le gouvernement, a permis aux pouvoirs publics de stocker 150 000 tonnes de ce tubercule qui seront injectées sur le marché au cas où les prix flamberaient. Cette mesure de régulation des produits de large consommation, qui a concerné d’abord la pomme de terre, a été élargie pour toucher la viande ovine, la tomate et l’oignon. Le ministère de l’Agriculture assure que ce système, doté de trois milliards de dinars, ne vise pas uniquement à réaliser des opérations conjoncturelles mais s’inscrit dans la durée et sera appliqué à l’ensemble des produits agricoles, chaque fois qu’une abondance de la production nationale sera constatée. Idem pour la collecte du lait cru qui a, elle aussi, été concernée par une mesure consistant en l’intégration de ce produit dans la production du lait en sachet.

                  En plus de ces mesures, le gouvernement subventionne déjà un certain nombre de produits tels que le pain, le lait et les céréales. Même si, du point de vue commercial, ces mesures peuvent prémunir le citoyen contre les aléas d’un marché qui, curieusement, ne répond pas à la logique de l’offre et de la demande, le côté contrôle reste un chapitre nécessitant une attention particulière. Le mois sacré demeure une occasion propice et unique pour certains commerçants sans scrupules de remplir leurs caisses en optant pour un commerce et des pratiques sans foi ni loi accentués par l’informel et les différentes reconversions qui se font aléatoirement.

                  Outre les prix des fruits et légumes, auxquels les pouvoirs publics semblent avoir trouvé la parade, d’autres produits n’ont pas été épargnés par la flambée. C’est ce qu’a confirmé un récent rapport de l’Office national des statistiques (ONS). Cet organisme a constaté une augmentation substantielle des prix des produits de large consommation, ayant atteint 9,2% pour les produits alimentaires, 14,5% pour les produits alimentaires industriels et 4,5% pour les produits agricoles frais. Ce qui renseigne sur les nouvelles flambées qui peuvent surgir lors de ce mois. Si le gouvernement a opté pour cette méthode de régulation des produits de large consommation, il n’en demeure pas moins que certains s’interrogent d’ores et déjà sur les méthodes et les procédés avec lesquels il interviendrait s’il constatait des augmentations de prix. Autrement dit, inonder le marché de produits de large consommation aura-t-il l’effet escompté sur les prix des produits ? Peut-être que la réponse à ce problème est à chercher ailleurs, sachant que la culture et le comportement ne sont pas innocents…

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                  • Dimanche 17 Août 2008 -- À chaque approche du mois sacré de ramadhan, comme d’ailleurs à longueur d’année, beaucoup de commerçants qui aiment le gain facile augmentent les prix des produits qu’ils écoulent sur le marché sans aucun contrôle. Les citoyens font ainsi face à une flambée des prix sans précédent qui vident leurs poches et les plongent parfois dans l’endettement. Les commerçants imposent leurs prix et ne se soucient que de gagner des fortunes sur le dos du pauvre consommateur qui ne sait plus où donner de la tête. Cette situation est aggravée par l’effet de la spéculation, surtout à l’approche du Ramadhan, mais l’Etat, vu que l’Algérie est entrée dans l’économie de marché, ne s’occupe plus du contrôle des prix sauf de ceux du lait en sachet, du pain ordinaire et de la farine vendue aux boulangers.

                    M. Abdelwahab Harkas, chef de service du contrôle et du contentieux par intérim au niveau de la Direction de la concurrence et des prix (DCP) nous dit que «depuis l’ouverture de notre pays à l’économie de marché, les prix sont devenus libres sauf le lait, le pain et la semoule qui restent soutenus par l’Etat». Toujours selon lui, «les prix obéissent actuellement à la loi de l’offre et de la demande». Et de rappeler qu’«avant la libéralisation des prix, l’Etat était agent régulateur mais il ne l’est plus aujourd’hui puisque devenu un simple agent de contrôle de toutes les transactions commerciales». Cela étant, «l’Etat peut aujourd’hui intervenir pour réguler le marché lorsque les prix pratiqués sont vraiment excessifs», ajoute notre interlocuteur.

                    De quelle manière s’effectue cette intervention ? M. Harkas dira sans trop de détails que «l’Etat intervient pour essayer de plafonner le prix afin qu’il n’augmente pas davantage». Pour lui, le contrôle s’opère surtout sur la qualité des produits et sur l’affichage des prix de même que sur la facturation. Lorsque les prix ne sont pas affichés, et ce cas de figure se répète dans la majorité des marchés et commerces du pays malheureusement, l’infraction est constatée par les agents de la DCP et un PV (procès-verbal) est dressé. Seulement, faut-il le rappeler, le nombre de ces agents est réduit, ce qui ne rend pas aisée leur tâche. Les autres aspects contrôlés par la DCP sont la facturation à l’achat et à la vente des marchandises. La règlementation en vigueur exige du commerçant qu’il paye une amende lorsqu’il y a un défaut de facturation. Le commerçant ne peut pas vendre ses produits en dessous du prix d’achat, sinon il s’agira d’une concurrence déloyale.

                    Par ailleurs, et s’agissant du contrôle de la marge bénéficiaire du commerçant, M. Harkas nous apprend que là aussi, c’est libre. «Le commerçant est libre de pratiquer la marge bénéficiaire qu’il veut, que ce soit 10, 50 ou encore 100% puisque le marché est libre.»
                    Les citoyens, devant cette situation, ne savent plus à quel saint se vouer ni où donner de la tête, surtout que les grands événements que sont le Ramadhan et la rentrée scolaire, qui engagent beaucoup de dépenses, se succèdent ces dernières années.

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                    • Lundi 18 Août 2008 -- Le lait en sachet devient de plus en plus introuvable. Un luxe ! Le citoyen, qui est fortement pénalisé, a l’impression de faire un voyage dans les années des grandes pénuries et le commerçant, qui est approvisionné d’une façon irrégulière et en quantité réduite, se voit obligé de faire dans la gestion du lait au lieu de sa simple distribution. Les distributeurs, en tant qu’intermédiaires entre l’entreprise et le commerçant, n’échappent pas évidemment, eux aussi, à cette logique de réduction des quantités distribuées.

                      La tension, qui affecte le marché de ce produit de première nécessité, a débuté il y a quelques mois déjà et va en s’aggravant. À son début, la distribution se faisait un jour sur deux. Depuis quelques jours, c’est un jour sur trois, voire sur quatre dans certaines régions. Dans d’autres localités, il ne se vend plus à son prix réel de 25 DA le sachet mais beaucoup plus : 27 DA à Redjaouna, une localité située à environ 5 km de la ville de Tizi Ouzou, et 30 à 35 DA dans certains villages de Draâ El-Mizan, Mekla, Aïn El-Hammam et autres localités de Tizi Ouzou, pour ne citer que cette wilaya où la tension est fortement ressentie. Mais, dans les jours à venir, ce sera sans doute tout le territoire national qui sera touché. Et pour une longue durée si des mesures urgentes ne sont pas prises dans l’immédiat. Les explications des responsables de l’ex-Onalait de Draâ Ben Khedda, devenue, après sa privatisation en juin dernier, une filiale du groupe industriel des productions laitières Giplait, sont là pour le confirmer. La perturbation du marché du lait est engendrée, expliquent les responsables de Giplait, par l’insuffisance de matières premières nécessaires à la production d’une quantité qui permet de répondre aux besoins de la population. Cette matière première, à savoir la poudre de lait, est distribuée en quantités insuffisantes par l’Office national interprofessionnel du lait. Si donc une région est touchée par une pénurie engendrée par l’insuffisance de la poudre de lait, d’autres régions encore seront inévitablement touchées.

                      Pour la seule wilaya de Tizi Ouzou, les besoins en lait exprimés sont de 340 000 litres/jour, selon des inspections effectuées récemment par Giplait de Draâ Ben Khedda. Les affectations de matières premières par l’Office national interprofessionnel du lait ne permettent que la production de 260 000 litres de lait/jour. Avec un quota aussi limité, la laiterie de Draâ Ben Khedda ne peut répondre aux besoins de la population que 25 jours sur 30. Un écart auquel s’ajoutent 6 jours de surconsommation, soit 16 tonnes de matière, hérités lors de la prise de possession de l’entreprise, disent les responsables de cette unité de Draâ Ben Khedda qui couvre une population de 1 400 000 habitants répartis à travers les wilayas de Tizi Ouzou, Bouira et Boumerdès. Plusieurs demandes d’augmentation de quota de matière première ont été adressées à l’office national du lait, en vain. Aucune suite n’a été donnée à Giplait qui dit renoncer, cette année, même au programme spécial Ramadhan consistant à augmenter la production de lait afin de répondre aux besoins qui se multiplient au moins par deux durant ce mois. D’où le risque de l’aggravation de cette crise durant ce mois de Ramadhan.

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                      • Rafik Tayeb :


                        Lundi 18 Août 2008 -- Deux cents vingt milliards de centimes. C'est le montant réservé par le gouvernement pour aider les pauvres durant le mois sacré du Ramadan qui commence le 2 ou 3 septembre. L'annonce a été faite par le ministère de la solidarité nationale. La flambée des prix des produits alimentaires durant le mois de jeûne alourdit les dépenses et complique la situation des familles aux revenus modestes.

                        Le gouvernement compte notamment distribuer des milliers de « couffins du Ramadhan » aux familles nécessiteuses et à ouvrir plus de 400 restaurants à travers le pays pour accueillir les pauvres durant le mois sacré. La confection des listes des familles nécessiteuses a déjà commencé au niveau des communes et les autorités veuillent particulièrement à ce que l'argent de l'aide sociale soit distribué aux vrais nécessiteux. Les cas de détournements du couffin du Ramadhan ont été signalés un peu partout à travers le pays.

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                        • Mercredi 20 Août 2008 -- A quelques jours du mois de Ramadhan, les marchés des fruits et légumes se mettent d’ores et déjà au régime d’une véritable bourse de valeurs. Ça flambe de partout et la spéculation va bon train. Les ménages, eux, entrent dans la peau de victimes arnaquées sans pour autant envisager l’exclusion des fruits et légumes de la table durant le Ramadhan. « Excessif ! », lance une dame à la figure d’un détaillant du marché Ali Mellah (place du 1er mai), commentant les prix affichés sur les étals. Lui répliquant sans détour, le marchand, ferme et inflexible, n’a trouvé à dire que ceci : « Attendez quelques jours et vous verrez les véritables tarifs. » Ça promet ! Les agriculteurs, eux, ne cessent de crier à « l’arbitraire ». Il y a quelques jours, ces derniers avaient dénoncé les tarifs d’achat « injustement bas et les prix de vente scandaleusement élevés ».

                          Visiblement, un dysfonctionnement semble exister sur le circuit de commercialisation. Mais sur les marchés de détail, c’est le duel récurrent entre marchands et clients. Au marché Ali Mellah de la place du 1er Mai (ex-Champ de manœuvre), des vendeurs à la sauvette, postés à l’entrée du marché, proposent de la pomme de terre, des tomates et des fruits à des prix soigneusement calculés. Histoire de séduire les petites bourses, disent-ils. Des pêches à 70 DA le kilo, des raisins cédés à 50 DA et des pommes de terre à 30 DA. Mais ce petit marché de fortune installé clandestinement à l’entrée du « bazar » ne fait pas le bonheur des commerçants dit « réglos » de l’intérieur. Le marché dit formel n’est pas mieux loti.

                          A l’intérieur, c’est une pagaille épouvantable. Outre le mélange d’odeurs acres et repoussantes qui fait fuir le plus téméraire des clients, sur les étals, les prix affichés inquiètent plus d’un. La pomme de terre fraîche affiche 40 DA le kilo, alors que celle provenant des chambres froides est proposée à 30 DA. La tomate est cédée à 40 DA, les haricots verts à 100 DA, la carotte à 50 DA, la courgette à 60 DA, le poivron et le piment à 90 DA et l’oignon à 25 DA, alors que la laitue, qui habituellement orne les tables, est pratiquement introuvable ou commercialisée à des prix qui dépassent l’entendement. Les pics de ces derniers jours semblent être injustifiés d’autant que les prix pratiqués sur les marchés de gros sont inférieurs aux tarifs des marchés de détail, si l’on se réfère aux agriculteurs, premier maillon de la chaîne.

                          Manifestement, les ménages en ont gros sur le cœur. Face à cette situation, la stupéfaction de tout un chacun se fait entendre. Les prix ont connu une envolée en un laps de temps très court. Un vieillard témoigne avoir payé, le week-end dernier, la pomme de terre à 15 DA le kilo sur la route reliant Bouira à Alger. Le vieil homme, à la figure ridée, reste perplexe devant les prix appliqués sur les marchés de l’Algérois. « Tu aurais dû faire le plein au lieu de venir te plaindre chez moi. Ici, je paye ma place et ce n’est point avec 15 DA le kilo de pomme de terre que je vais régler ma facture de location », lui lance un marchand décidément décontenancé par ses propos.

                          De Meissonnier à Bab El Oued, les pieds dans les égouts

                          Les ménagères et chefs de famille risquent de perdre la raison face à cette flambée, qui s’accentue à l’approche du mois sacré. Les commerçants se complaisent dans le rôle de spéculateurs contribuant à tirer les prix vers le haut, au grand dam des consommateurs. A Meissonnier (centre d’Alger), les vendeurs du marché informel font la loi. L’accès principal au marché fermé pour des raisons inconnues annonce la couleur. Avant de recevoir le choc des prix, les clients doivent emprunter une ruelle boueuse à l’aspect bleuâtre longeant de gros containers à ordures pour pouvoir enfin entrer au marché. On est en début d’après-midi. A cette heure-ci, les derniers cageots de fruits et légumes sont habituellement vendus à des prix plus abordables que ceux pratiqués dans la matinée. Ce n’est pas le cas à Meissonnier, où les commerçants sont maîtres des lieux, en l’absence des autorités censées réguler le marché. Le client est loin d’être roi. Les prix sont les mêmes qu’ailleurs, c’est-à-dire élevés.

                          Selon les commerçants, il ne sied plus de parler de prix mais en termes de disponibilité des produits. Le marché repose sur la notion de rareté. « On dirait que vous n’avez aucunement été touché par la crise de la pomme de terre, c’est pourquoi vous parlez aujourd’hui de prix exagérés », nous lance un détaillant de légumes installé à l’intérieur du marché. Et d’ajouter : « Si vous êtes des services d’hygiène, le nettoyage des lieux ne relève pas de mes prérogatives. » Parler des tarifs pratiqués par ces mêmes marchands est considéré comme un péché et/ou outrage impardonnable. Qui osera défier ces mêmes commerçants face au caractère exorbitant des tarifs appliqués ? « C’est l’effet de l’approche du mois de Ramadhan », notera une dame que nous avons interrogée.

                          Au marché des trois Horloges de Bab El Oued, sous un soleil de plomb, les marchands exerçant dans l’informel à l’extérieur du marché attirent plus de foule. Et pour cause : « A l’intérieur, on vous propose des légumes à un prix plus élevé qu’ici. Le prétexte invoqué est lié au fait qu’ils payent une taxe auprès des autorités. C’est complètement insensé car il ne s’agit que d’une petite taxe insignifiante », fait valoir un commerçant exerçant à l’entrée du marché. L’idéal serait que producteurs et vendeurs mangent dans le même plat, payé au même prix qu’ils appliquent sur le marché. Mais en toile de fond de cette problématique, figure une mission non accomplie par l’Etat : celle de réguler le marché.

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                          • Dimanche 24 Août 2008 -- Le taux d'inflation en Algérie a atteint 4,5% durant les sept premiers mois de l'année 2008 par rapport à la même période de 2007, a annoncé dimanche l'Office national des statistiques (ONS). L'indice des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées a augmenté de 6,8% entre janvier et juillet 2008, selon les statistiques de l'ONS.

                            Les prix ont augmenté de 1,2% pour les produits d'habillement et chaussures, de 1,4% pour les meubles et articles d'ameublement, de 0,3% pour logement et charges, de 1,7% pour les produits de santé et hygiène corporelle ainsi que pour l'éducation, culture et loisirs, et de 4% pour les produits divers, selon l'ONS. Durant la même période, les prix des transports et communication ont baissé de 0,2%, selon l'ONS. Le taux d'inflation en Algérie a atteint 3,5% en 2007 contre 2,5% en 2006. Il était de 29,04% en 1994.

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                            • Dimanche 24 Août 2008 -- On nous dit que les prix sont libres et qu’on ne peut empêcher leur flambée, si ce n’est en inondant le marché quand un produit fait l’objet de rétention et de pénurie -organisées par les spéculateurs– pour provoquer la hausse de son prix de vente. Le ministère de l’Agriculture a travaillé dans ce sens et a mis en place un mécanisme visant à réguler le marché. Mais ce mécanisme baptisé Système de régulation des produits agricoles à large consommation (Syrpalac) n’a pris en charge que la pomme de terre, la viande et, en perspective, la tomate et l’oignon. Or, à supposer que le Syrpalac atteigne son objectif, le couffin de la ménagère n’est pas constitué que de pomme de terre, de viande, de tomate et d’oignon. Il y a encore une bonne demi-douzaine des produits non concernés par la régulation et qui, pourtant, sont de première nécessité pour le consommateur. C’est largement suffisant pour les spéculateurs. Ils n’auront qu’à faire jouer la rétention pour diminuer l’offre qui leur permettra d’imposer leurs prix. Et c’est ce qui semble se produire. Un tour dans les marchés des fruits et légumes à Alger et dans quelques villes du pays nous montre que non seulement les prix ont sensiblement augmenté en l’espace d’une semaine, mais que cette augmentation est inversement proportionnelle à la qualité des produits proposés. Certains marchands ont bien avancé comme explication l’entre-saison qui se caractérise par l’épuisement des stocks de l’été alors que les récoltes de l’automne ne sont pas encore sur le marché.

                              Toutefois, il est bien difficile d’accorder crédit à cette explication quand on sait les avancées enregistrées dans le domaine de la plasticulture qui permet de produire des hors-saison tout au long de l’année. Il est encore plus difficile de croire en une quelconque indisponibilité quand on connaît les vertus de l’industrie du froid et de la conservation qui sont d’ailleurs utilisées aussi bien par le Syrpalac pour réguler le marché que par les spéculateurs pour l’objectif opposé. Et si les prix sont libres, la rétention et la spéculation sont, elles, interdites. Les pouvoirs publics peuvent donc intervenir et doivent le faire. Le ministère de l’Agriculture avait promis que, pour assumer pleinement son rôle de régulateur, il contrôlerait toutes les chambres froides et sévirait contre tous ceux qui useraient de la rétention de produits en vue de créer des pénuries. Qu’en est-il ? Les pénuries savamment préparées se profilent et sont aussi cycliques que le mois de jeûne, et rien ne semble pouvoir les arrêter. Est-il aussi difficile pour l’Etat d’assumer son rôle de régulateur, pas du marché des fruits et légumes uniquement, mais de toutes les filières de production ? Le mois de Ramadhan n’est en fait qu’un test aux yeux du citoyen, auquel les autorités ont jusque-là échoué.

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                              • Dimanche 24 Août 2008 -- Le mois de Ramadhan approche. Le repère infaillible pour annoncer l’imminence de ce mois sacré, en attendant de voir le croissant, c’est la mercuriale. Chaque année, le même scénario se répète. A quelques semaines du premier jour du Ramadhan, les prix des produits alimentaires sont revus à la hausse. Particulièrement ceux des légumes et des viandes : produits phares dans les plats ramadhanesques. Malgré les mises en garde récurrentes du ministère du Commerce et de ses directions, les choses ne s’arrangent pas. Les prix augmentent et la danse du couffin se déclenche (forcément, il se sent plus léger). Aux consommateurs de trouver l’équilibre instable entre le pouvoir d’achat et les exigences caloriques multipliées au quintuple par un état psychique obnubilé par la nourriture. Le marché de Badjerrah est réputé pour être le lieu où les fruits et légumes sont à la portée des petites bourses. Un marché populaire et populeux. A une semaine de l’apparition du croissant annonçant le nouveau mois lunaire, les produits agricoles se font désirer sous le regard tantôt doux d’envie, tantôt sévère de colère ou carrément baissé de dépit, des chalands qui, d’ores et déjà, ont l’estomac qui gargouille. Les prix affichés sont certes moins élevés qu’ailleurs, néanmoins, il y eu augmentation. La pomme de terre, star des étals, est proposée entre 22 et 25 DA le kilogramme. La tomate atteint les 25 DA. La courgette, presque boudée toute l’année, se fait désirer avec ses 35 DA le kg. La carotte, l’aubergine et le poivron vert sont à 25 DA. Et pour les amoureux des plats relevés, le piment est aussi à 25 DA. Remarque : 25 DA semble être le tarif de référence !?

                                Notons que, si les prix affichés sont inférieurs à ceux appliqués ailleurs dans l’Algérois, la qualité de la marchandise laisse à désirer. Les légumes ne paraissent pas de «toute fraîcheur». On a carrément l’impression qu’ils ont souffert pour arriver sur les lieux. Les tomates et les aubergines sont desséchées. Mais les gens achètent. «Que voulez-vous qu’on fasse ? Dans une ratatouille, cela ne se verra pas», plaisante un quadragénaire aussi léger que son couffin. «Je profite des prix actuels, car je suis persuadée que ces tarifs seront revus à la hausse», se désole une grand-mère, chétive, remplissant à ras bord son sac à roulettes. Mais à quoi est due, encore une fois, cette augmentation des prix ? Il y a deux mois, l’Office national des statistiques (ONS) avait affiché un indice général des prix à la consommation «en recul de 2,2% sur la période mai/juin 2008». Cette régression a été expliquée principalement par la baisse des prix des produits alimentaires et particulièrement agricoles. Les légumes frais avaient enregistré une baisse de 25%, la pomme de terre de 5,6% pour la même période. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? D’après un commerçant, l’augmentation des prix a d’abord été constatée au niveau des marchés de gros. «La courgette, qui était à 20 DA le kg, se vend à 50 DA. La tomate est passée de 8 à 10 puis à 20 DA.

                                En revanche, la pomme de terre n’a pas connu, elle, une augmentation de prix remarquable» témoigne-t-il. Selon lui, cet accroissement des prix n’est pas seulement du à l’avènement du mois de Ramadhan. «On est entre deux saisons. Les récoltes de l’été commencent à tarir. Et celles de la nouvelle saison ne sont pas encore disponibles. En ce qui concerne la salade, les surfaces cultivées ne sont pas suffisantes. C’est pour cela que le prix avoisine les 90 DA le kg», tente d’expliquer le jeune commerçant de légumes qui s’est rendu le matin même dans les marchés de gros de la région d’Alger. Notons que la viande blanche n’est pas en reste dans ce phénomène d’augmentation des prix. Le poulet a atteint 200 contre 170 DA le kg il y a quelques semaines. La viande ovine coûte, selon le morceau choisi, 620 DA le kg et la bovine avoisine les 550 DA. L’économie de marché libère la concurrence et les prix, mais des mécanismes économiques existent pour mettre un frein à la tendance inflationniste. Si le commerce est surtout régi par la loi de l’offre et de la demande, n’importe qui ne peut et ne doit pas faire n’importe quoi, pour autant. L’Etat régulateur doit se manifester et encadrer cette anarchie. Faire appel au bon cœur des commerçants, des spéculateurs et autres boursicoteurs n’a jamais rien apporté et le citoyen continue à payer le prix fort.

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