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Inefficacité gouvernementale et détérioration du pouvoir d’achat des Algériens

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  • #32
    Jeudi 22 novembre 2007 -- Pour mener à bien sa transition vers l’économie de marché, l’Algérie devrait se doter d’un organisme de planification regroupant des experts nationaux et étrangers, a recommandé hier le Dr Abdelhak Lamiri, lors d’une conférence sur les domaines d’activités du secteur public économique organisée à Alger par la Confédération des cadres de la finance et de la comptabilité.

    M. Lamiri a cité l’exemple de la Chine qui a instauré l’Institut de planification qui lui a été d’une grande aide pour réaliser ses réformes économiques dont l’équilibre régional et le développement de son secteur industriel. Pour cet économiste, le rôle initial de l’Etat n’est pas la gestion mais la régulation.

    «L’Etat fait de la politique, établit une législation mais quand il s’agit de planifier ou de gérer, il devrait faire appel à ses compétences et même aux intelligences étrangères». «La Chine et l’Inde ont bien importé l’intelligence étrangère pourquoi l’Algérie ne le ferait pas d’autant qu’elle en a les moyens ?», s’est-il interrogé.

    M. Lamiri a constaté que l’Algérie dispose d’une multitude de centres de décision mais qui ne pourraient jamais être cohérents. «Ainsi, le ministère de l’Agriculture dispose de son centre de décision pour établir et appliquer le plan PNDAR, celui des Finances dispose de son centre de décision pour mener les réformes bancaires et financières, etc.

    Au lieu de disposer d’un cerveau, nous avons une cinquantaine de cervelles», a-t-il ironisé. Le conférencier impute la situation critique du pays au système socialiste qui a régi l’économie nationale depuis l’indépendance. «Un système qui a prouvé son échec à travers le monde», a-t-il argué.

    Formel, M. Lamiri a souligné que l’économie de marché adoptée par l’Algérie depuis plus d’une dizaine d’années ne pourrait pas réussir tant que l’économie reste dominée par le secteur public. «Or, nous avons un secteur public dominant qui représente plus de 30 % du produit intérieur brut».

    Néanmoins, il a estimé qu’il était tout à fait légitime que l’Etat veuille garder la main sur certaines entreprises stratégiques et sur certains banques mais à certaines conditions. «Le secteur public a toujours sa place même dans les pays ultralibéraux.

    Il peut même avoir une part importante dans l’économie nationale mais sa part dans le PIB ne devrait pas dépasser le seuil de 25 %», a-t-il encore souligné. M. Lamiri a insisté d’autre part sur la bonne gouvernance. «Il faut que l’Etat sache bien gérer le secteur public avec un système de transparence et un management efficace», a-t-il recommandé en soulignant que même dans ce secteur public, il doit y avoir un minimum de participation privée, car «elle imposera des comptes et des bilans et donc une transparence dans la gestion».

    Il a également recommandé un audit indépendant et privé pour aider les entreprises à être plus efficace. Insistant sur l’importance des ressources humaines dans le développement de chaque nation, il a affirmé que l’Etat doit injecter un milliard de dollars pour recycler les cadres d’entreprise et le monde universitaire.

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    • #33

      Dimanche 2 decembre 2007 -- Le rythme d'inflation moyenne en Algérie, évalué à 3,4 % au cours des dix premiers mois de l'année en cours, semble évoluer pour atteindre les prévisions du FMI pour l'Algérie pour la fin de l'année, estimées à 3,8 %.

      Juste après les fruits frais qui ont grimpé de 20,5 %, la pomme de terre de 60,6 % et les légumes de 1,5 %, viennent les produits alimentaires avec une moyenne de hausse de 6,30 %.

      Cela a été vérifié durant la semaine écoulée avec le prix de l'huile de table qui a encore augmenté de l'ordre de 7 dinars au litre chez les grossistes des produits alimentaires de la ville d'Oran. Ainsi, une bonbonne de 5 litres d'une marque nouvellement lancée sur le marché est passée de 450 à 485 DA. Pour la marque la plus réputée et produite à l'Est du pays, la même augmentation a été observée et du coup la bouteille de 2 litres, plus prisée par les consommateurs, a atteint 250 DA, autrement dit à raison de 125 DA le litre. Pour la bonbonne de 5 litres, elle plafonne jusqu'à 650 DA, et ce, pour l'huile raffinée, sans cholestérol.

      Selon les marchands de gros contactés, cette hausse paraît excessive, étant donné que même si la matière première a connu une augmentation sur le marché mondial, cette nouvelle augmentation est exagérée et pèse lourd dans le budget des ménages. Concernant le prix pratiqué à Oran, les grossistes estiment que les fortes augmentations constatées s'expliquent par les frais de transport qui sont onéreux et auxquels il faut ajouter ceux de la manutention. En fait, la location d'un semi-remorque d'une charge de 20 tonnes et pour une distance de plus de 500 km ne peut être négociée en deçà de 35.000 DA.

      Par conséquent, cette hausse des prix des huiles à Oran, ne peut connaître une certaine stabilité qu'après l'entrée en service d'une unité de production en cours de réalisation à la zone industrielle de Hassi Ameur par un opérateur saoudien. Sinon, le plus proche producteur est basé à Maghnia.

      Dans son sillage, un autre produit, à savoir la margarine, a connu une hausse substancielle en passant de 78 à 110 DA pour un paquet de 500 grammes. Grossites et détaillants relèvent également l'envolée du prix de la tomate concentrée du fait qu'il est passé de 40 à 50 DA pour la boîte de 500 gr. Idem pour le café torréfié qui est commercialisé dans le marché du gros entre 370 et 380 DA le kilo, pour la qualité supérieure. Certains cafetiers d'Oran ont profité de cette hausse pour augmenter à leur tour le tarif de la tasse de café presse de 15 à 20 DA. Quand on sait qu'un kilo de café peut produire jusqu'à 100 tasses, le seul perdant dans cette spirale reste évidemment le consommateur.

      Le même constat est fait à Constantine, où les ménagères viennent de constater que plusieurs produits alimentaires, dont l'huile de table en particulier, ont connu une énième augmentation. En tête de liste, l'huile de table vendue en bidon de 05 litres, vient d'enregistrer une augmentation de 50 dinars et est passée, sans crier gare, de 470 à 520 dinars. La bouteille d'un litre, vendue récemment 110 dinars, est aujourd'hui proposée à 120 dinars. Suivent ensuite la semoule, les conserves, les légumes secs, les pâtes, entre autres.

      Le sac de semoule de 25 kilo coûte désormais 1.350 dinars, contre 820 il y a de cela deux ou trois mois. La boîte de tomate de 500 grammes est passée de 65 à 75 dinars. Les sachets de pâtes de 500 grammes ont augmenté de 10 dinars, et ainsi de suite. Les consommateurs rencontrés dans quelques épiceries de la ville, n'ont pas manqué d'exprimer leur angoisse et surtout leur ras-le-bol. Finalement, dit-on, «nous continuerons à payer très cher les retombées de la spirale des prix». «Nous avons bien entendu parler, renchérissent certains, d'augmentation importante sur les marchés internationaux du blé et des matières premières pour fabriquer de l'huile de table, etc. Mais rien ne nous explique à priori cette cascade de hausses des prix, qui souvent dépassent les 50 % dans certains cas».

      Certains chefs de familles assurent que les trois quarts des salaires, lorsqu'on a un travail, sont consacrés uniquement à la nourriture de la famille... comment faire pour les soins médicaux, l'habillement, les loyers et autres charges diverses. Et pour arranger le tout, voici l'Aïd El-Adha qui approche. Il va falloir acheter le mouton pour le sacrifice rituel. Comment s'en sortir ? D'autres personnes déclarent tout simplement avoir réduit de manière drastique tout ce qui concerne les huiles, les pâtes et autres semoules, «afin de pouvoir tenir le coup».

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      • #34

        Jeudi 6 Décembre 2007 -- Le taux d’inflation en Algérie a atteint 3,7 % durant les dix premiers mois de l’année et 4,7 % pour le seul mois d’octobre, selon l’Office national des statistiques (ONS). Le tableau fourni par l’office pour la période des dix premiers mois explique ce taux élevé par la hausse vertigineuse des prix qui a touché pratiquement tous les produits, à l’exception de certains services, à savoir les transports et les communications, qui ont enregistré une légère baisse de 0,6 %.

        Les produits alimentaires et les boissons, les plus affectés par la flambée des prix, ont enregistré une hausse de 5,9 % par rapport à la même période de 2006. Les produits divers (lubrifiants, vaisselle, tarifs de stationnement...) et les produits de santé et d’hygiène corporelle ont connu la même tendance haussière avec 2,7 % chacun.

        L’inflation a atteint, à un degré moindre, les meubles et articles d’ameublement, l’habillement et les chaussures ainsi que le logement et les charges (gaz, eau, électricité) avec des taux respectifs de 0,7 %, 0,4 % et 0,1 %. Alger : un taux d’inflation de 3,4 % en dix mois et de 4 % en octobre L’enquête de l’ONS, réalisée mensuellement auprès d’un échantillon de 10 618 ménages, répartis sur 17 villes et villages représentatifs de différentes régions du pays, présente toujours une analyse sur l’évolution des prix à Alger.

        Pour les dix premiers mois de 2007, l’indice des prix à la consommation dans la capitale a connu une hausse de 3,4 % par rapport à la même période de 2006 et de 4 % en octobre dernier. Cette hausse du taux d’inflation s’explique par l’augmentation importante de 6,3 % des prix des produits alimentaires et boissons durant les dix mois de référence.

        Les produits les plus affectés par cette inflation sont la pomme de terre qui a augmenté de 60 %, les fruits (+15 %), les poissons frais (+13,6 %), les huiles et graisses (8,6 %) et le café (6 %). Pour la fin de l’exercice 2007, le gouvernement s’attend à un taux moyen d’inflation de l’ordre de 3,5 %, contre 2,5 % en 2006.

        Un taux qui ne concorde pas avec les prévisions du FMI, lequel anticipe sur une moyenne de 4 %. Pour cette institution internationale, la maîtrise de l’inflation «est primordiale pour l’activité privée, la sauvegarde du pouvoir d’achat des populations et la protection des couches les plus défavorisées, les plus touchées par l’inflation».

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        • #35

          Dimanche 9 Décembre 2007 -- A dix jours de la fête de l’Aïd-el-Adha, les prix des moutons ont atteint un niveau inacceptable. C’est du moins ce que pense la majorité des citoyens rencontrés dans les marchés de bétail de la capitale. A titre indicatif, un mouton pesant entre 20 et 25 kilogrammes, considéré du reste comme moyen, est cédé cette année entre 16 000 et 21 000 dinars, la viande seulement, sans abats.

          Contrairement à l’année précédente où le mouton du même calibre n’avait pas dépassé les 14 000 dinars, soit une moyenne chez le boucher, à raison de 600 dinars le kilo, en plus des abats. Le souk de bétail de Boudouaou, connu par toute la population du centre du pays surtout à l’approche de l’Aïd, les prix pratiqués sont vertigineux.

          Même si les moutons sont disponibles, le choix reste rare pour la majorité des bourses. Puisque les moutons sont cédés à 11 000, voire 12 000 dinars pour des bêtes qui au-dessous de la moyenne. Un mouton moyen a atteint 19 000 dinars, celui qui pèse 28-30 kilos est cédé à prés de 25 000.

          Le plus consistant caracole à 34 000 dinars. Les personnes interrogées ont estimé que les prix des moutons sont hors de portée. En effet, à quelques jours de la fête de l’Aïd-el-Adha, les prix des moutons semblent dépasser l’entendement dans certains endroits proches de la capitale.

          Par rapport à l’année précédente, les citoyens devrons cette année débourser un peu plus pour acquérir un mouton de l’Aïd «potable». Au sujet de ces prix des moutons excessifs, la majorité des citoyens disent que cela contribue encore plus à la diminution de leur pouvoir d’achat, déjà fortement érodé.

          Ils font allusion aux prix des fruits et légumes, aux denrées alimentaires qui ne cessent d’augmenter depuis ces deux dernières années. «Pourquoi pas alors le cheptel», déclare, ironiquement, un citoyen qui dit avoir acheté un mouton «moyen» à 16 000 dinars.

          Il est tout de même fier d’avoir réussi à négocier ce prix car, dit-il, le maquignon avait cédé bien avant son arrivée les mêmes bêtes à 19 000 dinars. A Boumerdès comme dans d’autres wilayas du Centre, à l’exemple d’Aïn-Defla, Chlef, Tipasa et ou Tizi Ouzou, les prix sont pratiquement les mêmes.

          Contacté, un maquignon de la wilaya de Tiaret a indiqué que la plupart du cheptel n’est pas encore arrivé sur les marchés de la capitale. «C’est pourquoi les prix restent toujours élevés», estime notre interlocuteur. Bien que le plus grand nombre du cheptel destiné à la vente pour l’Aïd-el-Adha provienne des wilayas de Tiaret et de Djelfa, qui jouent un rôle considérable dans le maintien de l’équilibre entre l’offre et la demande, les prix pratiqués dans ces wilayas par les maquignons sont aussi exorbitants.

          Les données communiquées à notre rédaction par les services de l’agriculture de cette wilaya révèlent des prix de l’agneau fixés dans une moyenne de 8 000 dinars, soit entre 6 500 et 9 500 dinars. S’agissant des grands moutons, les prix varient entre 15 000 à 33 000, soit entre 19 000 et 26 000 dinars.

          Les éleveurs de la wilaya de Djelfa semblent avantager beaucoup plus la spéculation, préférant temporiser avant de vendre leur cheptel. Contacté hier par nos soins, un agriculteur de cette région a indiqué que les fortes précipitations enregistrées ces derniers jours ont redonnée confiance aux éleveurs, puisque toute la steppe est verdoyante de fourrage.

          Tant qu’il n’y a pas de danger de sécheresse, les maquignons ne s’empresseront pas de vendre leurs moutons. C’est cela la cause de la flambée des prix.

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          • #36
            Said Kaced :

            Lundi 10 Décembre 2007 -- L'Aïd el kébir saignera, comme de coutume, des millions de ménages contraints, pour la plupart, de s'astreindre, devant la pression des enfants, au rite d'Abraham. Le prix du mouton affole les records et enfièvre la bourse du commerce de bétail – ces marchés informels aux abords des villes où ne s'exerce point l'autorité de l'Etat - au grand désespoir de tous ces chefs de famille qui, le couteau sous la gorge, s'endetteront un peu plus juste pour voir fleurir le sourire sur les lèvres de leurs petits héritiers.

            Beaucoup d'enfants resteront en marge du grand sacrifice parce que leurs parents ont rendu les armes, depuis longtemps, sous les coups de boutoir de l'inflation galopante. La moindre boule de laine coûte trois mois de salaire moyen ; ce qui suscite les commentaires assassins de circonstance sur la terrible faillite de la politique agropastorale. Mais, qu'entreprendre de vraiment efficace pour qu'à chaque Aïd des millions de moutons soient mis sur le marché à des prix raisonnables ? Que décider, tout court, pour que l'Algérien puisse manger de la viande le reste de l'année ? Que faire d'important pour que ce produit alimentaire - de base sous certaines latitudes, ne figure plus au rayon inaccessible des produits de luxe ?

            Dans de nombreuses chaumières, on attend l'Aïd pour consommer cette précieuse viande que l'on caresse d'un regard envieux, à longueur d'année, chez le boucher sans pouvoir y toucher. Jusqu'ici, en «serrant» le budget au maximum, ou en profitant des largesses de proches plus aisés, on pouvait satisfaire les enfants en «faisant comme les autres». Mais, comment se débrouiller, cette fois-ci, pour que le rêve reste encore possible à réaliser ? Faut-il troquer contre un semblant d'ovin l'argent nécessaire pour subsister tous les jours ?

            Cruel dilemme pour toutes ces familles à la marge du développement qui n'en peuvent plus de ployer sous le joug de la mal-vie. Le pouvoir d'achat a perdu tous ses attributs de… pouvoir ; les salariés, dans leur écrasante majorité, n'arrivent plus à faire la «soudure» et recourent à l'emprunt pour boucler leurs fins de mois infernales ; les prix s'envolent et le syndicat unique peine à faire entendre ses molles revendications de revalorisation des salaires ; le chômage est endémique et, sur les grands chantiers, les entreprises étrangères ramènent leur main-d'œuvre dans leurs bagages…

            Quel rapport avec les «réjouissances» de l'Aïd el kébir ? Pas le moindre et vous avez mille fois raison : show must go on !

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            • #37
              Jeudi 13 Décembre 2007 -- Un conseil interministériel s’est réuni hier pour examiner l’état du marché des produits de large consommation et a pris des mesures destinées à «préserver le pouvoir d’achat des citoyens». Sous la présidence du chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem, le conseil interministériel a noté que «les produits en question sont disponibles sur le marché mais les prix de certains d’entre eux ont connu des hausses injustifiées».

              Il a, ainsi, constaté, à titre d’exemple, que la semoule est actuellement l’objet de «pratiques spéculatives dans la mesure où l’OAIC fournit aux transformateurs le blé dur à un prix inchangé malgré les hausses enregistrées sur le marché international».

              Le conseil, après avoir étudié la structure des prix, a décidé d’initier des mesures réglementaires et administratives pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens, qui “est une des préoccupations essentielles du gouvernement” comme le souligne son communiqué.

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              • #38

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                • #39

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                  • #40
                    Rosa Mansouri :

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                    • #42

                      Mardi 18 Décembre 2007 -- La flambée des prix des fruits et légumes est de retour et elle apporte, encore une fois, avec elle son lot d’inquiétudes et de découragement. Les citoyens s’en plaignent, s’en offusquent même, mais finissent par se résigner et à acheter. Toute la semaine, l’augmentation n’a cessé d’aller crescendo, jusqu’à atteindre hier des seuils exorbitants et la veille de l’Aïd El Adha y est pour beaucoup. D’autant plus que les citoyens peinent à retirer leur paie des bureaux de poste et des banques en raison de la forte affluence et de la désorganisation.

                      A l’instar des différentes villes du pays, le constat est le même dans tous les marchés de la capitale : les prix des poivrons et des haricots verts, oscillent entre 120 et 160 dinars le kilogramme, alors que les navets, les carottes, les tomates et les oignons sont vendus en moyenne à 50 dinars et frôlent chez certains marchands les 70 dinars le kg. Les oranges ont atteint les 100 dinars tandis que les bananes et les pommes sont cédées à pas moins de 140 dinars le kg. Mais le légume qui se fait le plus désirer n’est autre que la courgette qui était vendue il y a encore une semaine à 60 dinars. Vendredi, elle n’était pas accessible à moins de 100 dinars et elle a franchi hier matin le seuil des 160 dinars le kilo. Et pour cause, elle est un des légumes les plus indispensables pour la préparation des incontournables plats de l’Aïd, le bouzelouf et le osbane.

                      «C’est toujours comme ça ! À la veille de l’Aïd, et au mois de Ramadhan, ils profitent pour augmenter les prix, ils font leur loi !» s’écrie une vieille dame dépitée, dans l’une des allées du marché «tnach» situé dans la commune de Belouizdad. Et beaucoup de citoyens rejoindront son avis. Ils expriment tous une même colère, face à cette inexplicable hausse, même si d’un pas résigné, tous se dirigent vers les étals pour remplir leur couffin. L’un d’eux, rencontré à l’entrée du marché Ali Mellah, explique : «C’est de la spéculation et rien d’autre, ils en profitent parce qu’ils savent que les gens n’ont pas le choix et qu’ils ne peuvent pas passer les fêtes sans certains légumes indispensables pour les plats spécifiques à l’Aïd El Adha.»

                      Les détaillants, eux, rejettent la responsabilité sur les marchés de gros et affirment qu’ils ne font que «suivre le cours du marché». Et ils parleront à cet effet de l’offre et de la demande en expliquant que la demande qui a sensiblement augmenté est à l’origine de cette flambée. Ils évoqueront également l’argument des pluies qui ont empêché la cueillette ou développeront encore l’argument selon lequel l’augmentation des prix est due au fait que les fruits et légumes concernés ne soient pas de la saison. Les raisons maintes fois évoquées, ont encore une fois été ressassées mais des solutions et des mesures efficaces ne sont toujours pas à l’ordre du jour.

                      Encore une fois, la flambée des prix intervient au moment où les familles algériennes ont le plus besoin d’apaisement pour leurs petites bourses, et en matière de contrôle et de régulation, les autorités concernées ont encore une fois, brillé par leur absence.

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                      • #43

                        Mardi 18 Décembre 2007 -- Gare routière du Caroubier à Alger. Hier à 8h30. Un flot impressionnant de voyageurs se déverse continuellement sur la gare. Elle s’avère ridiculement exiguë pour accueillir cette marée humaine. Un seul dénominateur commun réunit ces voyageurs : partager la fête de l’Aïd El Adha avec la famille et les proches. Auparavant, ils devraient pour la majorité passer par cette gare, la plus propre du pays. Sur les lieux, la débandade se dispute jalousement la place au fatras.

                        A l’entrée, une kyrielle de voyageurs, lourdement harnachés, sont massés derrière de minuscules accès. Chacun veut passer le premier. Ce qui est en soi impossible. Des contrôleurs, dépassés, tentent tant bien que mal de fouiller les cabas et autres bagages. De mauvaises surprises (les attentats de mardi dernier sont encore dans les esprits) peuvent bien être enfouies dans les valises. Face au flux, les contrôleurs abattent leur travail à la hâte. Passé le premier écueil, il faudra se procurer un billet de voyage. La tâche est herculéenne. A l’intérieur du grand hall, une marée humaine assiège, au propre et au figuré, les guichets. Il faut jouer des coudes pour pouvoir décrocher un pathétique billet de voyage.

                        Certains, assis à même le sol, loin du tapage ambiant, feuillettent leur journal. Ils gardent un œil anxieux sur des guichets écrasés. D’aucuns affirment avoir été sur les lieux tôt la matinée sans pour autant obtenir le fameux sésame. Il est difficile de se mouvoir tant la foule est compacte. Des monticules de cabas et autres valises bouchent les rares passages. Au moment où les hommes étalent ostensiblement leurs forces de mâles, les femmes, les vieilles et les enfants se sont retirés loin d’une cohue soudainement prise d’un accès de délire. La tension perceptible sur tous les visages est montée de plusieurs crans. Certains, excédés, tapent sur les vitres des guichets. Une manière assourdissante et peu orthodoxe de protester contre le manque de bus.

                        Les vociférations et prises de bec sont légion. Non satisfaits, certains voyageurs escaladent le parapet des guichets. La scène est rocambolesque. Personne n’est là, y compris les hommes en bleu, pour les en dissuader. Les policiers dépêchés sur les lieux sont nerveux. Ils gardent un œil bien ouvert sur les pickpockets. Ces derniers profitent souvent de la promiscuité et de l’imprudence des voyageurs pour soutirer adroitement, mais lâchement, un portable, des bijoux et autres objets de valeur. Des victimes du vol à l’esbroufe, il y en aura toujours malheureusement.

                        De loin, les propriétaires de magasins et autres fast-foods se frottent déjà les mains. «Le malheur des uns fait le bonheur des autres», dirions-nous. Ils vont certainement réaliser un bon chiffre d’affaires. A la direction de l’exploitation de la gare, une femme quadragénaire entre, la mine dépitée. «Ma grand-mère vient de décéder et je ne peux pas acheter un billet de voyage pour rentrer à Béjaïa. La foule est immense», lâche-t-elle d’une voix entrecoupée par un sanglot vite étouffé. Attendri et ému, le chargé de l’accueil décide de l’aider.

                        Le verbe de la majorité des voyageurs est acide. Ils accusent l’administration de la gare du Caroubier de ne rien faire. «Où est l’Etat pour organiser la situation ? C’est de l’anarchie à foutre le camp !» vocifère un homme à l’adresse de ses deux amis. Du côté de Sogral, Société de gestion de la gare, on n’entend pas la chose de la même oreille. Dépassé par la tournure des événements, son directeur, M. Alioui n’a pas ménagé ses efforts pour sortir dans le hall du terminus afin de s’enquérir de visu de la situation.

                        Il considère que les voyageurs eux-mêmes sont à l’origine de cette anarchie. «Ils ne veulent pas faire la queue. Sinon les choses auraient été bien meilleures», se défend-il, et d’ajouter que 30 000 voyageurs devaient transiter, hier, par ladite gare routière. A ce titre, il affirme que 500 départs vers différentes régions du pays ont été prévus hier. «Ordinairement, il y a 350 départs. Mais on a dû augmenter ce chiffre pour répondre à la demande sans cesse croissante», précise-t-il. Selon lui, 120 agents et plusieurs inspecteurs du ministère des Transports sont réquisitionnés depuis quelques jours pour faire face au rush.

                        Dans l’immense hall de la gare, la pagaille ne cesse de s’amplifier. Elle est à la hauteur de la détresse des voyageurs. D’aucuns ont décidé de surseoir au voyage. «Ce sera pour demain», dira un trio de jeunes. Une autre incursion à l’arrêt pour taxis inter-wilayas, en bas de la place de Port Saïd, nous a permis de constater des scènes analogues. Toutefois, la tension est tombée à un degré moindre. Croyant être plus futés en se rendant à l’arrêt des taxis, certains voyageurs ont vite fait de déchanter. Les taxis, devenus un oiseau rare, sont pris d’assaut. A chaque fois qu’un taxi se pointe, c’est la ruée. «Je n’ai jamais vu pareille situation», fulmine un homme trentenaire. Il devrait, à l’exemple de nombreux voyageurs, prendre son mal en patience. A la gare ferroviaire, les quais sont également submergés de voyageurs. L’attente, harassante, est des plus angoissantes…

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                        • #44

                          Mardi 18 Décembre 2007 -- Les petites bourses ont été soumises à rude épreuve en ces fêtes de l’Aïd El Kebir à Oran. Tout d’abord, même si l’on avance par-ci par-là que les prix des moutons du sacrifice sont abordables, il reste tout de même que les acheteurs se font rares. Les marchés à bestiaux restent boudés et ne connaissent pas la fièvre des années passées. Aux abords des routes et périphériques de la wilaya, les maquignons peinent à trouver d’éventuels clients.

                          Contrairement aux années précédentes, la situation sociale est telle que les ménages éprouvent toutes les peines du monde à boucler les fins de mois. Cette fin d’année a été particulièrement rude pour les petites et moyennes bourses notamment, avec les augmentations glissées de manière sournoise et qui ont touché une grande partie des produits de large consommation. Cela, malgré les prix abordables des moutons et ce, comparativement à l’année dernière où un mouton de 25 kilos pouvait dépasser facilement les 26 000 DA.

                          Cette année, pour le même prix, on peut s’offrir un mouton de plus de 35 kilos. «Vous avez des moutons de 12 000 DA et plus. Ce sont de beaux moutons de sacrifice, ils sont bien engraissés et bien nourris. Regardez par vous-même la beauté de la laine et des cornes. Même le poids, regardez, il n’y a que de la viande. Pour 21 kilogrammes de pure viande, je vous le cède à 12 000 DA», nous confie un maquignon établi aux abords de l’autoroute du périphérique. Les traditionnels vendeurs de foin et de charbon qui écument la ville et les routes réalisent peu de profits tant il est vrai que ceux qui fêteront l’Aïd dignement se font rares.

                          Pour une majorité d’Oranais, le cœur n’est pas à la fête et les vicissitudes de la vie ont fini par l’emporter sur la joie de vivre. Parallèlement, les bureaux de poste ont connu un rush sans précédent et certains d’entre eux qui affichaient le plein d’usagers ont fini par déclarer l’absence de liquidités. Tensions et mécontentements ont, ainsi, ponctué ces deux journées de l’Aïd El Kebir au grand dam des fonctionnaires d’Algérie Poste. Au niveau de la Grande Poste de la place du Maghreb, les files d’attente étaient impressionnantes et interminables. L’immense hall de la Grande Poste s’est montré trop exigu pour contenir cette masse humaine imposante.

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                          • #45

                            Mardi 18 Décembre 2007 -- Tlemcen, à l’instar d’autres villes du pays, vit les mêmes scénarios, au niveau des bureaux de poste et des banques, à la veille de l’Aïd El Adha. Des queues interminables sont enregistrées, dont les causes, selon notre enquête, sont la panne des visionneuses et le manque de liquidités au niveau de certaines postes. De nombreux retraités n’ont pas manqué d’exprimer leur souffrance pour l’encaissement de leur modeste pension. Certains, surtout les plus âgés, déplorent une certaine bureaucratie, alors que d’autres se plaignent du retard des virements.

                            Du côté du marché du cheptel, dont la wilaya compte plus de trente points de vente, les acheteurs potentiels tâtent l’épaisseur de la toison du mouton, évaluent son poids et vérifient méticuleusement la dentition du sacré ovidé tout en faisant grand cas de la couleur de sa robe qui doit être de préférence blanche. Fête par essence de recueillement, de retrouvailles et de liesse populaire, l’Aïd Al Adha, qui sera célébré demain, demeure le souci majeur des pères de famille et particulièrement ceux pour qui cette fête sacrée suppose une véritable et périlleuse acrobatie budgétaire.

                            D’emblée, un constat de taille s’impose : flambée des cornes ou pas, les petites bourses en seront après coup réduites à néant d’en prendre un. En effet, l’offre est abondante mais les prix ne sont pas si attrayants que ça et même valsent au niveau de tous les endroits et points de vente. Jusqu’à hier, les parents aux petites bourses préféraient attendre et voir, peut-être que les prix chuteront. Cette période au cours de laquelle les maquignons dictent leur loi est une aubaine pour réaliser des chiffres d’affaires importants, puisque les prix affichés varient entre 20 000 et 32 000 dinars le mouton, alors que la «hawlia» est cédée entre 8 000 et 12 000 dinars.

                            Du côté des marchés des fruits et légumes, c’est une autre histoire, car devant des tomates qui sont cédées à 70 dinars et des petits pois à 130, sans parler de la pomme de terre et des carottes qui affichent les 50 DA, le citoyen mène une véritable corvée à la veille de cet Aïd qui a déjà brûlé les doigts du père de famille. «Je suis au bout du rouleau, il ne me reste pratiquement rien pour terminer le mois, surtout que le prochain virement est loin.»

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