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Inefficacité gouvernementale et détérioration du pouvoir d’achat des Algériens

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  • #61
    Samedi 29 Décembre 2007 -- Le président du club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja (CEIMI) et président directeur général du groupe « SIM », M. Tayeb Ezzraimi, a révélé que le ministre du Commerce, M. El Hachemi Djaâboub s’est engagé à accorder un délai d’un mois aux moulins algériens, pour appliquer les nouveaux prix de la semoule, qui seront fixés par l’Etat, à la fin du mois de janvier prochain et non à son début.

    M. Tayeb Ezzraimi a expliqué à El Khabar que suite à ses rencontres avec le ministre du Commerce, au courant de la semaine dernière, le premier responsable de ce secteur s’est engagé, Mardi dernier, à accorder un délai de près d’un mois aux moulins algériens, à compter de l’année prochaine, pour l’application des nouveaux prix, avant que les agents de ce ministère ne commencent à contrôler les prix sur le terrain.

    Il a indiqué avoir informé le ministre du Commerce des grandes quantités de blé dur, stockées dans les dépôts de quelques moulins, et importées à des prix non subventionnés. Il a expliqué qu’une quantité de semoule sera commercialisée, le mois prochain, sur le marché local avec les anciens prix, pour éviter les pertes aux opérateurs privés.

    M. Ezzraimi a affirmé qu’un accord a eu lieu avec l’Office algérien interprofessionnel des céréales OAIC, pour augmenter l’approvisionnement des moulins algériens jusqu’à 70% au lieu de 35%.

    Le directeur de la régulation du marché au ministère du Commerce, M. Ouali Yahiaoui, n’a pas écarté la possibilité que les moulins qui importent 30% de la demande locale de blé, soient financés par une banque publique.

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    • #62

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        • #64

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          • #65

            Mercredi 2 Janvier 2008 -- L’année 2007 qui devait être ponctuée par un Conseil des ministres, déterminant, disait-on, dans le débat, engagé sur la scène politique autour de ce qui a été qualifié volontiers d’inertie gouvernementale, s’est finalement achevée sur un gros point d’interrogation : quelles sont les intentions du président Bouteflika ? La question n’aurait peut-être prêtée à aucune attention particulière en d’autres circonstances, d’autant moins que les analystes et commentateurs politiques se hasardent rarement à faire dans la projection quand il s’agit de décrypter les intentions du premier magistrat du pays tellement ce dernier demeure toujours imprévisible dans la prise de décision.

            C’est donc, dans cette veine qu’on devrait normalement inscrire l’annulation du Conseil des ministres que devait présider le 31 décembre Abdelaziz Bouteflika sans trop se formaliser sur les motifs d’un tel report. Sauf peut-être à spéculer sur le silence du président de la République qui a pourtant habitué les Algériens à prendre la parole en public à l’occasion de la cérémonie officielle de signature de la loi de finances. Un silence assurément alourdi par un autre rendez-vous raté. Un rendez-vous, censé remettre de l’ordre dans la gestion des affaires de l’État et surtout attendu pour remettre certaines pendules à l’heure.

            Du moins le penserait-on, en ayant à l’esprit que le dernier Conseil des ministres remonte quand même au 16 septembre dernier. Autant dire trois mois, qui risquent de peser lourd sur une situation sociale qui donne des signes de nervosité et qui appelle un signal fort de Abdelaziz Bouteflika. Dans ce contexte, la rumeur qui donnait le gouvernement Belkhadem partant à l’issue du Conseil des ministres du 31 décembre, même si elle relève de la pure spéculation, procède quand même d’une logique qui tire son fondement d’un moment de vérité qui se décline déjà sur le ton de la détresse socioéconomique de citoyens qui vivent en décalage du triomphalisme des ministres et de leurs statistiques séduisantes qui font sur le papier un paradis de l’Algérie.

            Le gouvernement Belkhadem invoque le développement économique soutenu, d’une croissance exceptionnelle comme s’il parle d’un pays que les Algériens ne connaissent pas, d’une réalité que vient démentir un quotidien du citoyen de plus en plus pénible. Et ce n’est sûrement pas faute de volonté politique, encore moins d’absence de moyens financiers que le gouvernement arrive difficilement à atténuer les effets d’une crise multiforme vécue par le citoyen comme une véritable malédiction qui continue à poursuivre le pays. La multiplication des actions gouvernementales pour la sauvegarde des intérêts des consommateurs, si elle coûte cher au Trésor public, ne profite nullement à l’Algérien moyen dont le pouvoir d’achat, malgré une hausse des salaires annoncée triomphalement se réduit paradoxalement comme peau de chagrin.

            Le gouvernement a décidé de maintenir la subvention des prix de certains produits de large consommation face à la flambée des cours des matières premières à l'échelle internationale. Mais est-ce pour autant qu’il faut le créditer d’une bonne gestion de la crise quand la manne pétrolière est là pour donner l’illusion de mouvement à une véritable panne gouvernementale. Et c’est là que le président de la République est attendu pour apporter les correctifs nécessaires à un Exécutif qui a besoin d’être redynamisé.

            L’échéance de 2009 n’est plus très loin et ce n’est sûrement pas cette manière de gérer les affaires de l’État qui n’est sûrement pas la meilleure pour mener à terme les grands chantiers lancés par Abdelaziz Bouteflika. Il est vrai que sur le plan macroéconomique (balance commerciale excédentaire, déficit budgétaire maîtrisé, taux d'intérêt attractifs à l'investissement) l’Algérie a engrangé de précieux points mais que peuvent signifier ces résultats à la faveur d’une énorme embellie financière qui se traduit par 90 milliards de dollars qui se révèle par ailleurs inopérante pour soulager le simple citoyen.

            Allez donc dire à ce smicard qui se bat contre la pomme de terre, l’huile et le lait, qui vit sur une terrasse ou une cave, et qui a trois enfants à l’âge adulte en chômage que les grands équilibres ont été atteints, que l’État est en train de construire un million de logements et qu’il va créer deux millions d’emplois... Que les résultats des réformes engagés ont été salués par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

            C’est tout dire.

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            • #66

              Mercredi 2 Janvier 2008 -- Quelques commerçants détaillants ont commencé à appliquer le prix de 800 DA pour le jerrican d’huile de table, avant même l’entrée en vigueur de l’augmentation annoncée par le groupe « Cevital » dans les marchés de gros. La subvention des prix de la semoule, décidée par le gouvernement, et prévue à partir du mois de Janvier, n’a pas encore été appliquée.

              Les citoyens ont été très choqués par l’augmentation du prix de l’huile de table, lors de ces deux derniers jours. Quelques commerçants détaillants ont commencé à appliquer cette augmentation, comme a menacé Cevital au cas où le Gouvernement n’allait pas répondre à ses revendications, notamment l’annulation de la taxe sur la valeur ajoutée avant la fin 2007.

              Le prix du jerrican de l’huile de table a atteint 800 DA, dans quelques magasins d’alimentation générale. Les prix de ce produit sont beaucoup plus élevés dans certains endroits, même si cette augmentation n’a pas été officiellement annoncée par le groupe « Cevital ».

              Les grossistes que nous avons rencontrés, hier, à « Kouba » et à « Semmar » à Alger, ont considéré qu’elle n’est que de la contrebande exercée par des opportunistes, qui profitent de ces occasions pour imposer leurs prix exorbitants.

              Les prix de la semoule restent très élevés dans les marchés de gros, en attendant l’application des nouvelles mesures annoncées par le gouvernement, concernant la subvention de ce produit. Suite à cette subvention, le prix maximum sera de 3600 DA/quintal.

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              • #67

                Jeudi 3 Janvier 2008 -- Un groupe de travail interministériel a commencé l’examen et la mise au point de stratégies pour l’élargissement des plafonds des prix du sucre, du café et de l’huile, apprend-on d’une source bien informée au ministère des Finances.

                Cela constitue des mesures d’urgences et de prévention auxquelles l’Etat a décidé d’avoir recours après la période de crise en vue de faire face à la détérioration du pouvoir d’achat des algériens.

                Selon la même source « un groupe de travail constitué de représentants de ministères concernés par la sécurité alimentaire des algériens et du contrôle du marché local afin d’établir de nouvelles procédures relatives à la mise en place d’un prix plafond pour les produits de large consommation ».

                Tout en confirmant ce que El Khabar a déjà publié concernant le prix plafond de l’huile, la même source a souligné que ledit groupe de travail œuvre à étudier un prix plafond pour le sucre et le café comme mesure de subvention afin de prévenir d’autres accidents et une hausse des prix dans les marchés internationaux.

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                • #68
                  Jeudi 3 Janvier 2008 -- Face à la hausse des prix des produits de base, le gouvernement tente de réagir. Il vient de fixer par décret le prix de la semoule. Exemple : le sac de 25 kg de semoule extra de blé dur est ainsi plafonné à 1000 dinars. La même quantité de semoule courante devra être cédée par les détaillants aux consommateurs à 900 dinars. Pas un dinar de plus. Officiellement.

                  Signé par le chef du gouvernement, le décret détermine aussi les différents prix de la semoule, de la sortie d'usine jusqu'aux détaillants en fixant notamment les marges de détail et les prix de cession à détaillants et aux consommateurs.

                  Le décret fixe également à 2280 dinars le quintal le prix du blé dur, entrée semoulerie. La différence entre ce prix et le coût de revient réel du blé dur et celui est pris en charge par l'État, précise le décret. Le texte arrête également les caractéristiques techniques des semoules de blé dur destiné à la consommation nationale.

                  En fixant administrativement les prix de la semoule de blé dur, le gouvernement confirme sa décision de subventionner ce produit de large consommation et sa volonté de mettre fin à la hausse des prix de la semoule de ces derniers mois. Cette hausse a été provoquée par la flambée des prix du blé dur sur le marché mondial et les dysfonctionnements du système de subvention de la semoule. On ignore toutefois comment les autorités comptent faire appliquer sur le terrain les nouvelles directives, dans un pays où la régulation du marché échappe souvent au gouvernement.

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                  • #69
                    Jeudi 3 janvier 2008 -- Le baril de pétrole a dépassé, mercredi 2 décembre en séance à New York, le seuil symbolique des 100 dollars. Les tensions au Nigeria, grand producteur de pétrole, l'instabilité politique au Pakistan, l’attentat suicide de Naciria, la baisse des stocks de pétrole aux Etats-Unis et l'insuffisance des capacités de raffinage sont, selon les spécialistes, les principaux facteurs à l'origine de cette flambée du baril de pétrole.

                    Le maintien des cours du brut à un niveau très élevé constitue une bonne nouvelle pour le gouvernement en ce début d'année. Les hydrocarbures restent la principale source de revenus pour le pays : le pétrole et de gaz naturel représentent en effet 98% de nos exportations. Les recettes pétrolières constituent plus de la moitié du PIB de l'Algérie qui a dépassé 100 milliards de dollars en 2006.

                    Grâce aux revenus pétroliers, le gouvernement pourra tenir facilement ses engagements sociaux cette année de subventionner les prix des produits de large consommation comme la semoule et le lait. Ces produits sont affectés par la flambée mondiale des prix de la matière première, poudre de lait et blé dur. L'huile de table est également sous forte pression : des producteurs comme Cevital ont demandé au gouvernement d'agir rapidement sur les taxes appliquées sur les matières premières importées pour éviter une hausse vertigineuse des prix des produits finis dans les prochains jours.

                    La hausse du prix de l'or noir va également doper les réserves de change du pays et permettre la poursuite du plan de modernisation et de construction des infrastructures de base, entamé en 2001. De grands projets autoroutiers et ferroviaires ont été lancés en 2005 et financés grâce à la manne pétrolière. Un programme de réalisation d'un million de logements sur cinq ans (2004-2009) est également en cours.

                    Toutefois, le gouvernement continue d'utiliser la manne pétrolière pour maintenir la paix sociale à coups de subventions et peine à réduire la dépendance de l'économie du pays vis-à-vis des hydrocarbures. La gestion de l’argent du pétrole reste également sujet à des polémiques récurrentes entre les responsables politiques sur son manque de transparence et le contrôle de la dépense publique, dans un contexte marqué par la généralisation de la corruption dans le pays. Beaucoup s'interrogent aussi sur le refus du gouvernement de lancer un fonds d'investissement souverain comme la Libye et les pays arabes du Golfe.

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                    • #70
                      Loi de finances 2008 et problématique du pouvoir d'achat des Algériens

                      par Abderrahmane Mebtoul

                      «Le principal défi du XXIème siècle sera la maîtrise du temps»

                      ~ Jacques Attali

                      Jeudi 3 janvier 2008 -- Deux débats fort intéressants qui engagent l'avenir du pays ont eu lieu le 01 janvier 2008 sur la loi de finances 2008 et le pouvoir d'achat des Algériens, l'un à la radio algérienne chaîne I avec la participation de membres du gouvernement et l'autre à la radio chaîne III avec la participation du secrétaire général de l'UGTA et le patronat, les deux débats auxquels j'ai participé (1). La majorité des participants, bien qu'ils ont eu des points de vue différents sur bon nombre d'aspects, ont admis un divorce entre l'actuelle aisance financière et une relative régression économique et sociale et le retour à l'inflation entre le second semestre 2006 et toute l'année 2007, entraînant une nette détérioration du pouvoir d'achat de la majorité des Algériens. Je juge utile pour recadrer le débat, dans cette présente contribution au Quotidien d'Oran, de rappeler qu'une loi de finances n'est qu'un document comptable statique. Et pour comprendre sa portée, il est utile de la replacer dans le cadre de la dynamique à la fois politique, économique, sociale et culturelle de chaque pays incluant le volet historique car le résultat de 2007 est l'aboutissement d'un long processus historique de toutes les politiques socio-économiques de 1963 à nos jours.

                      Les caractéristiques fondamentales de la loi de finances 2008

                      1.- Au préalable, il est utile de préciser que cette loi se fonde sur les identificateurs socioéconomiques gouvernementaux qui sont les suivants : produit intérieur brut 8.460,5 milliards de dinars en 2007, soit presque 120 milliards de dollars US contre 3.238,2 milliards de dinars 1999; les importations de 21,4 milliards de dollars contre 9,7 en 1999 dont 4,5 milliards de dollars de factures alimentaires; les exportations de 54,6 milliards de dollars US dont 53,6 milliards de dollars hydrocarbures; une dette extérieure de 4,6 milliards de dollars, soit 4% du PIB, contre 28 en 1999 (58% du PIB) avec pour objectif fin 2007, 3,7% en 2007; des réserves de change de plus de 39 mois d'importation contre 4,6 en 1999, allant vers 100 milliards de dollars fin 2007, dont 43 milliards de dollars placés en bons de Trésor américain à 5% et plus de 10 dans banques internationales cotées appelées AAA (rappelant la dépréciation du dollar de plus de 47% par rapport à l'euro ces 7 dernières années); le taux de chômage serait de 12,3% en 2006/2007 contre 27,3% en 2001. Dans ce contexte, la loi de finances 2008 se fonde sur le cours d'un baril de 19 dollars US donnant ainsi 35% de déficit budgétaire. Mais si l'on prend un cours moyen de 70 dollars le baril, le déficit est ramené à 3% du PIB et en excédent pour 75 dollars. La raison invoquée est une plus grande rigueur budgétaire, stériliser les liquidités au niveau de la Banque d'Algérie afin d'éviter toute dérive inflationniste, de dynamiser le fonds de régulation qui, pour fin 2006, s'établit à 3.000 milliards de dollars US, devant ramener la dette interne publique estimée à environ 1.800 milliards de dinars fin 2006, à 1.200 milliards de dinars fin 2007 et 500 milliards de dinars fin 2009. Notons dans cette loi, l'assainissement des déficits des APC estimés à environ 150 milliards de dinars, d'où l'urgence d'imaginer une refonte de la fiscalité locale. Et les 166 milliards de dinars pour la nouvelle augmentation des salaires de la fonction publique qui ne peut expliquer l'inflation actuelle du fait que cette augmentation n'a pas encore eu lieu, l'explication fondamentale étant l'envolée des dépenses improductives et la mauvaise gestion. Cependant, le problème posé est le suivant : en épongeant toutes ces dettes, comme cette politique de subventions, sans cibler ceux qui ont le plus besoin, et en ne s'attaquant pas à son essence, ne risque-t-on pas, comme l'assainissement des entreprises publiques qui ont coûté au Trésor public plus de 40 milliards de dollars US entre 1991 et 2007 et il est prévu 4 milliards de dollars UIS (loi de finances 2008), de reproduire les mêmes effets à terme, c'est-à-dire le retour à la case de départ, le blocage étant d'ordre systémique.

                      2.- Deuxièmement, l'on table sur des taux de croissance de 5,8% global et 6,8% hors hydrocarbures dynamisés essentiellement par le BTPH et certains segments des services, qui n'ont pas tous un caractère utile comme dans les pays développés, favorisant la création de la valeur ajoutée, moins de 5% des PMI/PME en Algérie sont informatisées. Outre qu'entre 2006 et 2007, la part des hydrocarbures brut ou semi-brut (la pétrochimie créatrice de valeur ajoutée et inductrice d'emplois n'étant pas encore lancée) dans le PIB, avoisine 40/50%, cela est tiré par l'effet des dépenses publiques avec des infrastructures clefs en main souvent mal matures et mal ciblées dont des projets voient des réévaluations incessantes, parfois plus de 300%, et l'importance des dépenses improductives. Cela est démontré par le poids des indépendants, la masse salariale dans le PIB administration et services plus de 60% de la masse salariale globale, laissant aux segments utiles une part négligeable si l'on comptabilise les sureffectifs dans les autres segments et tout cela tiré essentiellement par les dépenses publiques via les recettes des hydrocarbures. Je rappelle qu'en 2006/2007, les pouvoirs publics avaient prévu dans leurs lois de finances presque le même taux alors que, selon les organisations internationales, il a été établi à 2,8% en 2006 et à environ 4% en 2007, en contradiction avec l'importante enveloppe du plan de soutien de la relance économique (2004/2009) qui est passée de 55 milliards de dollars en 2004 à plus de 180 milliards de dinars fin 2007. Or, le fondement de l'économie de marché véritable se base sur l'entreprise privée nationale et internationale créatrice de valeur, la concurrence, l'Etat de droit, la bonne gouvernance, et donc le respect du contrat, qui remplacent les relations informelles non transparentes, la dominance de la sphère privée utile avec un rôle important et stratégique pour l'Etat régulateur. Or, depuis 1986 (date où les recettes pétrolières ont chuté d'environ 2/3), entraînant une profonde crise économique, sociale et politique, à fin 2007, l'Algérie est toujours dans cette interminable transition, d'où la difficulté de la régulation comme en témoignent les expériences malheureuses de l'importation de la pomme de terre, la baisse de la TVA n'ayant pas eu tous les effets escomptés, et elle ne pouvait en avoir car raisonnant dans le cadre d'une économie administrée qui n'existe plus du fait de l'entrée de nouveaux acteurs avec le risque de passage d'un monopole public à un monopole qui est l'antinomie d'une véritable économie de marché .

                      3.- La loi de finances 2008 prévoit un taux d'inflation de 3%, en réalité taux plus élevé, et nos responsables devraient faire le marché. Mais selon les concepteurs de la loi de finances, cet effet serait contrebalancé par les réductions des tarifs douaniers (introduction de la 2ème phase de l'Accord qui lie l'Algérie à l'Union européenne pour une zone de libre-échange), 10% de janvier à août 2008 et de 30% de septembre à décembre 2008. Pourtant, comme j'ai eu à l'affirmer au cours des deux débats, outre que plus de 60% de nos importations se font en euros et 98% de nos exportations en dollars, mais cela n'est pas propre à l'Algérie, et qu'il faille reconnaître la flambée des prix de certains produits au niveau mondial, il y a lieu de reconnaître que n'existe pas à la fois une politique économique de relance de la production interne et une politique salariale fiable, mais des replâtrages conjoncturels sous la pression des événements du fait du manque de visibilité et de cohérence de la réforme globale en panne. Or le SMIG est à environ 120 euros, le salaire d'un professeur d'université en fin de carrière est d'environ 500 euros et 780 euros avec la nouvelle grille des salaires (passant du 1/4 au 1/3 de ses collègues maghrébins, donc une concrétisation de la dévalorisation du savoir, qui est pourtant le fondement du développement du XXIème siècle, au profit de traitements de rente. Et selon les enquêtes du CNEAP, les ménages consacrent environ 60% de leur budget aux dépenses alimentaires, avec seulement 10% pour la viande, traduisant une sous-nutrition, expliquant en partie par la consommation excessive de médicaments, avec un endettement croissant des ménages qui a connu une ascension spectaculaire entre 2005/2007 (emprunts, voitures, logements, électroménagers), amenuisant leur pouvoir d'achat à terme (un prêt de 100 au bout de 5 ans l'on rembourse entre 130 et 150 selon le cas). Par ailleurs, le besoin étant historiquement daté, cela renvoie à l'urgence de revoir le panier de consommation qui préside à l'élaboration de l'indice de l'inflation totalement dépassé, déterminant pour savoir si oui ou non l'on assiste à un amenuisement du pouvoir d'achat.

                      Ce d'autant plus que le revenu global de la comptabilité nationale et le PIB global ont une signification limitée et l'important est d'analyser la destination par couches sociales selon l'importance des strates fonction de l'évolution de la population algérienne. Car la disposition, la réduction de la pression fiscale sur les revenus faibles, a une portée limitée ne concernant qu'une tranche limitée des salariés mais avec le risque d'un nivellement par le bas et privilégier les couches rentières au détriment des couches utiles...

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                      • #71
                        continued.....

                        Les obstacles à la réussite de la réforme globale

                        Il y a unanimité sur le constat de l'effritement du système national d'information, d'où l'urgence de son redressement tant pour la crédibilité nationale qu'internationale de notre pays (2). Comme il est admis et cela s'enseigne à la première année de licence en économie, que l'amélioration du pouvoir d'achat passe par une croissance soutenue hors hydrocarbures avec un taux de 7/8% sur 10 années couplé avec une politique salariale soutenant les segments utiles pour plus de production et de productivité, dans le cadre des nouvelles mutations mondiales, et non rentiers, conciliant efficacité économique et équité pour plus de cohésion sociale, si l'on veut combattre efficacement le chômage et la pauvreté. Cela renvoie toujours à la levée des contraintes d'environnement, à l'urgence d'une cohérence dans la démarche de la réforme globale au sein de l'espace euro-méditerranéen et arabo-africain, espace naturel de l'Algérie, cibler les créneaux à avantages comparatifs en imaginant non pas une politique industrielle globale largement dépassée, vision de l'économie administrée, mais celle d'une politique de l'entreprise dont les organisations actuelles sont en réseaux, tenant compte des mutations profondes du système mondial, basées sur la connaissance et les besoins de plus en plus personnalisés loin des organisations hiérarchiques, ère du XXème siècle, qui se fondaient sur la matérialité. Car les réserves de change ne sont pas un signe de développement car dues à des facteurs exogènes.

                        Pour preuve, on importe presque tout et les exportations hors hydrocarbures ont été moins de 2% entre 2006 et 2007 malgré un taux de change environ 90/100 dinars un euro, et 70 dinars un dollar montrant les rigidités structurelles et la difficulté de l'émergence de l'entreprise (et des compétences qui la fondent) seule créatrice permanente des richesses du fait des contraintes d'environnement (système financier, foncier, non adaptation de la formation, bureaucratie, corruption socialisée), en fait une gouvernance mitigée du fait qu'existe un lien dialectique entre la gouvernance globale et la gouvernance de l'entreprise. Pour preuve, l'importance de la sphère informelle, produit de la bureaucratie centrale et locale, entretenant des relations complexes de corruption, qui draine plus de 40% de la masse monétaire en circulation, selon deux méthodes de calcul, entre 600 et 800 milliards de dinars du PNB avec une intermédiation financière informelle limitant la cohérence de la politique économique globale. Comme nous assistons à la dominance du cash pour plus de 80% dans les importations et la fiscalité pétrolière qui avoisine les 75% moyenne 2006/2007.

                        Dans ce contexte, les rapports internationaux 2007/2008 concernant l'Algérie mettent en relief des dysfonctionnements importants, reflets de la panne de la réforme globale où l'économique, le politique, le social et le culturel sont intiment liés. Ainsi, le classement de World Economic Forum 2007/2008 (Davos) qui porte sur un sondage de 11.000 chefs d'entreprise dans 131 pays pour 2007/2008, l'Algérie perd 4 places par rapport à 2006/2007. L'Algérie occupe la 81ème place sur 131 pays recensés, la Tunisie 32ème, le Maroc 64ème, l'Egypte 77ème, la Syrie 80ème et la Libye 88ème. L'Algérie a obtenu une mauvaise note, notamment en matière d'efficacité du marché de la main d'oeuvre (124ème place), du marché financier (127ème place), du développent technologique (105ème) et enfin le climat des affaires (114ème place) - école primaire et santé, 67ème rang; enseignement supérieur, 94ème rang, corroborant le dernier classement international de l'Université de Shanghai des meilleures universités à travers le monde où l'Algérie est classée 6.995ème sur 7.000, soit parmi les cinq derniers dans le monde. Le rapport de septembre 2007 de « Doing Business », l'Algérie est classée pour le climat des affaires à la 125ème position sur 178 pays contre 116ème position en 2006/2007 reculant de 9 points. Dans un autre rapport, « Trade Logistics in the Global Economy » de novembre 2007 enquête sur 150 pays sur 800 transitaires déterminant la capacité d'accéder aux marchés internationaux pour expédier les marchandise, pour l'efficacité des procédures de dédouanement et autres autorités frontalières, elle est classée 148ème (le dernier étant l'Afghanistan).

                        En ce qui concerne la logistique commerciale, rapport de la Banque mondiale de fin 2007, l'Algérie est classée 140ème sur 150, devançant uniquement des pays pauvres comme le Togo, le Niger ou l'Afghanistan. Lié à cet aspect, le coût à l'export (en dollars par container) : Algérie 1.886 dollars contre 883 pour l'OCDE, soit plus de 50% de surcoût et le coût à l'importation, dollars par container, est pour l'Algérie de 1.606 et seulement 811 dollars pour l'OCDE, soit également 50% de surcoût. En ce qui concerne le taux de chômage, selon le rapport du FMI de 2007, sans le travail informel, serait de 22% en 2004, 21% en 2005 et 20% en 2006, la probabilité d'être chômeur augmentant avec le niveau de qualification. En matière de corruption, lié à l'Etat de droit et à la bonne gouvernance, Transparency International dans son rapport de 2007, l'Algérie qui était classée à la 84ème position en 2005/2006, régresse à la 99ème position en 2006/2007. Pour l'organisme financier de référence, The Economist, en matière de la maîtrise urbanistique, de services culturels, d'hygiène et d'environnement, l'Algérie était classée à la 125ème position en 2005 et régresse à la 129ème position en 2006. Et pour clôturer, récemment en termes d'ouvertures économiques, selon l'Institut américain CATO, l'Algérie est classée pour 2007 en 120ème position sur 123 pays recensés et, selon Héritage Fondation, classement publié en collaboration avec le journal financier de référence mondial, le Wall Street Journal, l'Algérie se classe 137ème sur 157 pays, l'économie algérienne étant une des économies les moins libres dans le monde avec la République du Congo, le Zimbabwe et la Birmanie. Quant à l'indice de développement humain réalisé par le PNUD, beaucoup plus fiable que le PNB par tête d'habitant, incluant les aspects sociaux (éducation, santé), l'Algérie pour 2006 est classée 102ème sur 170 contre 103ème place en 2005.

                        En résumé, pour améliorer le pouvoir d'achat des Algériens durablement, il est urgent d'éviter les replâtrages et d'accélérer la réforme globale en tenant compte de la mondialisation, car le principal défi du XXIème siècle pour l'Algérie sera la promotion des libertés économiques, sociales, culturelles et politiques par la maîtrise du temps. C'est la condition sine qua non pour une croissance véritable devant passer d'une société de rente à une société reposant sur le travail et l'intelligence, et ce, afin atténuer le chômage et la pauvreté.

                        ***


                        1 - Interview donnée par Abderrahmane Mebtoul à la radio algérienne chaîne III le 18 novembre 2007 sur l'effritement du système d'information.

                        2 - Abderrahmane Mebtoul, débat sur la loi de finances et le niveau du pouvoir d'achat des Algériens le 01 janvier 2008 : radio algérienne arabophone chaîne I de 12 h à 13 h et à la radio francophone chaîne III de 12 h à 12 h 30.

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                        • #72

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                          • #73

                            Mercredi 9 Janvier 2008 -- Le secrétaire général de l’UGTA, M. Abdelmadjid Sidi Saïd, qui a assisté hier matin à la cérémonie d’ouverture du 4ème congrès de l’UGTA de la wilaya de Aïn Defla, organisé au niveau de la nouvelle maison de la culture du chef-lieu, a rappelé lors de son discours inaugural les plus importantes étapes ayant marqué le parcours de cette structure syndicale, et ce, dans le cadre de la prise en charge des préoccupations des travailleurs.

                            Abdelmadjid Sidi Saïd s’est longuement étalé sur les négociations qui ont été menées pour aboutir aux différentes augmentations des salaires, et a donné des informations relatives aux nouveaux salaires, avant d’indiquer : «Ceux qui peuvent apporter plus que ce que l’UGTA a obtenu, qu’ils se présentent.» En évoquant la nouvelle grille des salaires de la fonction publique, le SG de l’UGTA a rappelé à l’assistance que l’élaboration des statuts particuliers de la fonction publique suit son cours et que les services concernés font de leur mieux pour finaliser les 54 statuts dont 15 relèvent du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.

                            Dans ce même cadre, l’intervenant a annoncé que la seule voie pour résoudre les problèmes est celle des négociations et que les salaires doivent toujours être en évolution grâce aux pourparlers qui ne doivent jamais cesser. Selon Sidi Saïd, les négociations sont une tradition à l’UGTA qui continue d’œuvrer pour l’intérêt des travailleurs et du pays.

                            Par ailleurs, le SG de l’UGTA a tiré à boulets rouges sur ceux qui veulent déstabiliser les travailleurs en utilisant le dossier des salaires, et ce, avant de déclarer que l’application de la nouvelle grille des salaires se fera avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2008. Avant de clôturer son long discours dans lequel il a appelé ses militants à œuvrer pour l’intérêt des travailleurs et la préservation de l’UGTA, il a annoncé qu’un dossier va être bientôt transmis au chef du gouvernement au sujet du pouvoir d’achat.

                            Ce dossier, selon Sidi Saïd, contient des propositions pour que le pouvoir d’achat n’ait pas un impact négatif sur les nouveaux salaires.

                            S’agissant des retraités, le SG de l’UGTA a déclaré : «Plus de 5 000 lettres de remerciements de la part des retraités ont été transmises à l’UGTA suite au relèvement de leur pension, ça fait chaud au cœur en lisant ces lettres de remerciements qui demandent aussi d’autres augmentations.»

                            Il est à noter que lors de l’ouverture de ce congrès qui a vu la présence des autorités locales, des cadeaux ont été distribués à des retraités.

                            La famille du défunt Bouabi Mohamed, connu par son surnom «El Chaab», a été honorée en cette circonstance, d’autant que ce congrès a été organisé en hommage à cette personne très connue dans cette wilaya et qui nous a quittés il y a quelques années seulement.

                            Les travaux de ce congrès dont l’ordre du jour était la présentation du bilan moral et financier de cette structure et l’élection du nouveau SG de wilaya se poursuivaient au moment où nous mettions sous presse.

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                            • #74
                              Sonia Lyes :


                              Mercredi 9 Janvier 2008 -- Depuis quelques semaines, le gouvernement est en état d’alerte. Et, une fois n’est pas coutume, ce n’est pas la situation sécuritaire qui mobilise fortement l’exécutif. Le cas est jugé plus grave car il est à l’origine d’une situation sociale très tendue qui pourrait déboucher sur des émeutes populaires. Une situation que le pouvoir redoute beaucoup plus que les actions terroristes d’Al-Qaïda.

                              Selon nos informations, l’Algérie fait en effet face à une situation qui devient de plus en plus complexe et risque de s’avérer très rapidement incontrôlable : elle concerne la hausse de l’inflation. A plusieurs reprises, elle a frôlé le dérapage.

                              Sur le terrain, la situation se traduit par une forte hausse des produits de première nécessité et parfois par des pénuries de certains produits issus de l’importation. Le pain, le lait, les fruits, l’huile de table, le sucre…tous les produits sont cernés. La hausse des prix devrait même s’accélérer dans les prochaines semaines, selon les experts.

                              « L’Algérie importe beaucoup de produits. Comme tous les autres pays du monde, elle subi directement la hausse des produits alimentaires et des matières premières sur les marchés internationaux. Mais le cas Algérien est encore plus complexe : le pays exporte en dollars et importe en euros. Or, le dollar ne cesse de baisser face à la monnaie européenne», explique un économiste interrogé par toutsurlalgerie.com.

                              Face à cette situation, le gouvernement tente de réagir. Selon nos sources, trois mesures phares ont été prévues : subventionner les produits de première nécessité ; soutenir artificiellement le dinar face au dollar et à l’euro; et geler les salaires en 2008. En effet, malgré les promesses du gouvernement et de l’UGTA, les salaires pourraient au mieux être augmentés très légèrement dans les prochaines semaines.

                              Or, si les deux premières mesures sont populaires et permettent de réduire la facture alimentaire du citoyen, ce n’est pas le cas pour la troisième. Pire : « ce sont des mesures qui sont efficaces sur le très court terme. Elles ne peuvent en aucun constituer une réponse sérieuse aux vraies problèmes de l’économie algérienne, qui sont structurels. Ces problèmes nécessitent une réforme globale et non des tentatives de réformes séquentielles », souligne l’économiste.

                              Mais pour l’heure, le gouvernement, malgré la mobilisation de nombreux experts algériens et internationaux, ne semble pas en mesure d’endiguer l’inflation.

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                              • #75

                                Samedi 12 Janvier 2008 -- En 2007, l'Algérie a consacré plus de 163 milliards de dinars (1.6 milliards d'euros) pour subventionner les prix de trois produits alimentaires de large consommation - la farine, le lait et la semoule - selon des indications fournies à toutsurlalgerie.com par le ministère du commerce.

                                Dans le détail, le gouvernement a dépensé 55 milliards de dinars pour stabiliser les prix de la farine, 90 milliards pour subventionner la semoule et 18.5 milliards pour maintenir le prix du lait pasteurisé à 25 dinars le litre. Le gouvernement prévoit les mêmes montants pour stabiliser les prix des produits alimentaires de base durant l'année 2008. Par ailleurs, le gouvernement a lancé des études en vue de subventionner d'autres produits de large consommation, comme l'huile de table, dont les prix ne cessent d’augmenter sur le marché.

                                En 2007, l'Algérie a importé pour plus de 3 milliards d'euros de produits alimentaires, selon les chiffres officiels. Cette forte dépendance des importations – essentiellement de la zone euro - a fait bondir l’inflation ces derniers mois, faisant craindre des émeutes populaires dans le pays.

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