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Inefficacité gouvernementale et détérioration du pouvoir d’achat des Algériens

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  • Samedi 8 Janvier 2011 -- Issad Rebrab, propriétaire de Cevital, premier producteur d'huile et de sucre en Algérie, s'est défendu samedi d'être à l'origine de la flambée des prix de ces denrées à l'origine d'émeutes qui ont fait deux morts et environ 400 blessés en quatre jours. «Le groupe Cevital n'a procédé à aucune augmentation des prix du sucre et de l'huile, malgré la hausse continue des cours des matières première sur le marché international», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Alger. «Cevital continue de pratiquer des prix inférieurs au prix du marché mondial grâce à une bonne anticipation des approvisionnements en matière première», a ajouté M. Rebrab. Cevital détient entre 60 et 65% des parts de marché dans l'huile et près de 70% dans le sucre. Ses quatre concurrents, les producteurs d'huile de table, Safia, la Belle, Afia et Zinor, avaient auparavant annoncé leur décision de «surseoir à toute augmentation de prix et ce jusqu'à la mise en place par les pouvoirs publics d'un dispositif de régulation équitable», selon un communiqué.

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    • Rania Slimane :


      Samedi 8 Janvier 2011 -- La réunion interministérielle consacrée à la hausse des prix s’est achevée en fin d’après‑midi, a appris TSA de source gouvernementale. En plus du Premier ministre Ahmed Ouyahia, trois ministres directement concernés par la flambée des prix ont pris part à cette réunion. Il s’agit de Mustapha Benbada, Daho Ould Kablia et Hachemi Djiar. La réunion a duré 2 h 30, selon notre source. Plusieurs décisions ont été prises. Un communiqué du Premier ministre devrait être diffusé dans la soirée, a ajouté notre source. La hausse brutale des prix de plusieurs produits alimentaires dès le début de l’année est en partie à l’origine des émeutes qui secouent le pays depuis mercredi. Deux manifestants ont été tués. Les émeutes ont fait 400 blessés dont 300 policiers, selon le ministre de l’Intérieur Daho Ould Kablia. Plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés à travers le pays.

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      • Samedi 8 Janvier 2011 -- Le gouvernement a annoncé, samedi 8 janvier, une série de mesures destinées à faire face à la hausse des prix de certains produits alimentaires. Comme nous l’écrivions dès vendredi soir, le gouvernement a décidé d’agir notamment sur la TVA et les droits de douanes. Voici les mesures annoncées par le gouvernement :

        - Une suspension des droits de douanes est instaurée du 1er janvier 2011 au 31 août 2011, à l'importation du sucre roux et des matières de base entrant dans la fabrication des huiles alimentaires. Ces droits de douanes sont de l'ordre de 5%.

        - Une suspension de la TVA est instaurée du 1er janvier 2011 au 31 août 2011, sur le sucre roux et sur les matières premières entrant dans la production des huiles alimentaires. Cette TVA est de 17%.

        - Une exonération de l'IBS est instaurée du 1er janvier 2011 au 31 août 2011, l'IBS sur l'activité de production, de traitement et de distribution des huiles alimentaires et du sucre. Cet impôt est de 19% pour les activités de production et de 25% pour les activités de distribution.

        - Ces exonérations temporaires et exceptionnelles de droits de douanes, de TVA et d'IBS, sur le sucre roux et sur les huiles alimentaires représentent un total de charge de 41% qui vient en déduction des prix de revient. Le gouvernement attend des producteurs et des distributeurs d'en répercuter en urgence les effets sur les prix de vente aux consommateurs. Une réunion se tiendra à cet effet dans les prochaines heures entre le ministre du Commerce et les opérateurs concernés.

        - Durant la période allant de janvier à août 2011, le gouvernement définira en concertation avec les opérateurs concernés un système de stabilisation permanente des prix du sucre et des huiles alimentaires pour faire face à l'avenir et de façon durable à toute fluctuation des cours sur le marché international.

        - En vue de mettre un terme à la situation actuelle de quasi monopole sur le marché local du sucre, le gouvernement instaure à partir du 1er janvier 2011 jusqu'au 31 août 2011, une exonération temporaire exceptionnelle des droits de douanes et de la TVA exigibles à l'importation du sucre blanc.

        - Le gouvernement rappelle qu'il est interdit à quelque opérateur économique que ce soit de se substituer aux pouvoirs publics dans l'imposition de procédures ou de délais excessifs pour fournir les grossistes distributeurs, notamment lorsqu'il s'agit de produits de base.

        - C'est ainsi que les grossistes sont informés qu'ils n'ont nullement à présenter au producteur de sucre ou d'huile alimentaire ni une documentation nouvelle ni à procéder au règlement de leurs commandes par chèque, cette dernière mesure ne devenant obligatoire qu'à la fin du mois de mars prochain.

        Le gouvernement confirme que les prix du blé fourni aux minoteries sont subventionnés par l'Etat et demeureront inchangés. En outre, et pour contenir les spéculations apparues sur la farine, le quota de blé tendre fourni à chaque minoterie est porté de 50% à 60% de leur capacité de trituration. L'Office interprofessionnel des céréales (OAIC) est chargé de mettre en oeuvre cette mesure à partir du dimanche 9 janvier courant.

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        • Lounes Guemache :


          Samedi 8 Janvier 2011 -- Bourde du gouvernement ou erreur de communication volontaire destinée à calmer les esprits ? Les mesures annoncées, samedi 8 janvier par le gouvernement ne représentent pas une baisse de 41 % des charges sur le sucre et l’huile, comme indiqué par le communiqué final. Mais de seulement 5%. Explications :

          1- Le gouvernement a annoncé «une suspension de la TVA est instaurée du 1er janvier 2011 au 31 août 2011, sur le sucre roux et sur les matières premières entrant dans la production des huiles alimentaires. Cette TVA est de 17%». Cette baisse concerne les matières premières importées (sucre roux et huile) qui servent à la production de sucre et d’huile. Elle est donc récupérable par le producteur. Le gouvernement aurait dû annoncer une baisse de la TVA sur le produit fini vendu au consommateur (sucre blanc et huile de table). Il ne l’a pas fait.

          2 - Le gouvernement a annoncé «une exonération de l'IBS (…) instaurée du 1er janvier 2011 au 31 août 2011, l'IBS sur l'activité de production, de traitement et de distribution des huiles alimentaires et du sucre. Cet impôt est de 19 % pour les activités de production et de 25 % pour les activités de distribution ». Fausse annonce. L’IBS (Impôt sur le bénéfice des sociétés) n’entre pas dans le calcul du coût du produit. Cette baisse ne peut donc pas être répercutée par les producteurs sur le produit final.

          L’unique véritable annonce concerne la suspension des droits de douanes «instaurée du 1er janvier 2011 au 31 août 2011, à l'importation du sucre roux et des matières de base entrant dans la fabrication des huiles alimentaires», selon le communiqué. Ces droits de douanes sont de l'ordre de 5 %. La suspension de ces droits risque donc de n’avoir qu’un impact très limité sur les prix de ses produits sur le marché.

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          • January 9, 2011 -- Algeria's state grains agency will increase by 18 percent the amount of soft wheat it supplies to the local market each month, official media said on Sunday, amidst unrest over rising food prices. The amount of soft wheat the agency supplies to processors will go up from 350,000 tonnes to 430,000 tonnes per month from January 9 until August 31, Kahal was quoted by the APS official news agency as saying. "In terms of availability of raw materials, we have enough to cover our needs," APS quoted Kahal as saying. He said the move was part of a package of measures adopted by the government on Saturday in response to several days of rioting, triggered by price rises for sugar and cooking oil, which killed two people and injured hundreds. Other measures adopted by the government include a suspension of customs duties and value added tax on imports of sugar and cooking oil. But there have been no reports of any bread shortages and bread prices are controlled by the state. Algeria is the world's fifth biggest cereals importer. Kahal said OAIC had supplied flour mills with 4 million tonnes of soft wheat in 2010, up from 3.72 million tonnes the previous year.

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            • Samy Cherroud :


              Dimanche 9 Janvier 2011 -- Les prix du sucre et de l'huile devront baisser à la fin de cette semaine pour atteindre les 90 DA pour le kg de sucre et 600 DA pour le bidon d'huile de 5 litres, a indiqué ce dimanche 9 janvier, le ministre du Commerce, M. Mustapha Benbada, à l’APS à l’issue de sa réunion avec les grossistes (importateurs et producteurs) pour discuter des mesures prises la veille par le Premier ministre, pour juguler la hausse des prix de ces produits. Le ministre a ainsi appelé ses interlocuteurs à notamment respecter les mesures en faveur de la baisse des prix de ces deux produits de base qui ont atteint ces derniers jours les seuils de 130 DA pour le kg de sucre et 160 DA pour le litre d'huile, des mesures, prises lors de ce Conseil interministériel.

              M. Benbada a aussi assuré les grossistes qu'ils «recevront de la part des producteurs des chèques de ristourne», couvrant le différentiel du prix, tout en assurant les producteurs qu'ils seront, à leur tour, «payés par l'Etat». Benbada a par ailleurs assuré que l'Etat «disposait des moyens financiers pour intervenir dès qu'il s'agit de la protection des consommateurs d'une flambée exceptionnelle des prix» et qu'il (l'Etat) était même prêt à «affronter en toute sécurité une éventuelle crise alimentaire mondiale». Évoquant le contenu de sa réunion de ce dimanche avec les principaux opérateurs économiques concernés, M. Benbada a précisé qu'il a été surtout question de «s'accorder sur l'urgence de la mise en place d'un espace de dialogue permanent» entre le ministère du Commerce et les producteurs.

              La réunion a également mis l'accent sur la nécessité de «trouver des formules d'une relation contractuelle entre les grossistes et les détaillants», selon le ministre. M. Benbada a souligné que l'intervention urgente du gouvernement pour contenir les prix n'a été possible que grâce à l'adoption, en 2010, des lois sur la concurrence et sur les pratiques commerciales qui ont donné à l'Etat «le droit d'intervenir pour fixer ou plafonner les prix des produits de base en cas d'une hausse soudaine». Quant au mécontentement affiché par certains opérateurs, à la suite de l'annonce de ces mesures, le ministre a estimé que ces dernières «ne peuvent déranger que ceux qui refusent de se soumettre à la loi». Pour sa part, M. Rebrab a estimé que si les prix de ces produits baissent, ils ne régleront cependant pas le problème de manière définitive.

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              • Lundi 10 Janvier 2011 -- Les commerces de détail en Algérie étaient restés sourds lundi aux appels pressants du gouvernement à baisser le prix des produits de base, comme l'huile et le sucre, dont la flambée a provoqué cinq jours d'émeutes meurtrières. Les autorités algériennes avaient pourtant insisté pour que des allègements d'impôts et de taxes concédés aux producteurs et aux importateurs soient immédiatement répercutés pour calmer la colère populaire. "Nous n'avons pas encore baissé nos prix", a admis à l'AFP la propriétaire de la supérette El Baraka au centre d'Alger. "J'ai lu dans la presse que les prix vont baisser mais j'attends toujours de voir les tarifs que vont fixer les grossistes", a-t-elle précisé. Le gouvernement algérien a décidé une exonération temporaire de 23 % des charges en faveur des importateurs et producteurs d'huile et de sucre, pour tenter de stopper les émeutes qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, depuis le 5 janvier. La patronne de la supérette, dont les étals d'huile étaient quasiment vides, a expliqué que ses clients avaient dévalisé ses réserves durant les quatre jours d'émeutes par "peur d'une éventuelle pénurie". "Mais depuis, mon magasin n'a pas été approvisionné en huile", a-t-elle ajouté.

                Le ministre du Commerce Mustapha Benbada a annoncé dimanche que le prix du kilo de sucre était dorénavant fixé à 90 dinars (environ 0,90 euro), alors qu'il avait atteint au 1er janvier 120 à 140 dinars. Quant au prix du bidon de cinq litres d'huile, il est fixé à 600 DA (quelque 6 Euros) contre 800 et 1.000 DA en pleine flambée. Mais pour le gérant de la supérette Kheyar dont le stock de sucre est épuisé depuis deux jours, la mise en œuvre de ces mesures n'est pas de son ressort. "La baisse des prix dépend des grossistes", a-t-il assuré. "J'attends toujours l'entrée en vigueur des nouveau tarifs décidés par le gouvernement pour commander de nouveau stocks». Dans ce magasin, le bidon d'huile de cinq litres coûte toujours 750 dinars et le kilo de sucre 120 dinars. "Je ne vais pas renouveler mes stocks tant que je ne suis pas fixé sur la date exacte de l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs", explique encore le gérant qui affirme acquérir le kilo à 110 dinars.

                Dans la région de Tizi Ouzou en Kabylie, la plupart des grossistes ont maintenu leur prix élevés dans l'attente de l'évolution du marché. "Nos magasins n'ont pas reçu de nouveaux stocks depuis l'annonce des nouvelles mesures du gouvernement. Nous sommes obligés de maintenir nos tarifs pour ne pas vendre à perte", a expliqué à l'AFP au téléphone un grossiste de la ville de Boghni, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou. La plupart des commerçants estiment qu'ils ne seront pas fixés sur les effets de l'intervention du gouvernement avant la fin de la semaine, voire au début de la semaine prochaine. D'ici là, les grossistes et les commerces de détail maintiendront leurs prix pour écouler leurs stocks d'huile et de sucre, ont-ils précisé. Issad Rebrab, le patron de Cevital, premier producteur d'huile et de sucre, s'était défendu samedi d'être à l'origine de la flambée des prix de ces denrées. Pour lui, la suppression des taxes et des droits de douane va "énormément faire baisser les prix du sucre et de l'huile". Encore faut-il que l'Etat restitue rapidement les taxes déjà prélevées sur les marchandises importées et stockées avant leur revente afin que les baisses de prix apparaissent vraiment chez les détaillants.

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                • Sonia Lyes :


                  Lundi 10 Janvier 2011 -- Le sucre et l’huile, les deux produits dont la hausse des prix serait à l’origine des dernières émeutes, sont-ils plus chers en Algérie que dans d’autres pays ? La réponse est non. Même après les dernières hausses décidées par les grossistes, les prix de ces deux produits étaient dans la moyenne des autres pays. Exemple : en France, le prix d’un kilo de sucre est de 1,55 euros. Le prix d’un litre d’huile de tournesol de base est proposé à 1,65 euros selon des données prélevées sur la boutique en ligne des supermarchés Monoprix. Si on applique le taux de change officiel de l’euro (98 DA pour un euro), ont obtient les prix suivants en dinars : 151,9 DA pour le sucre et 161,7 DA pour le litre d’huile. En appliquant le taux parallèle (130 DA pour un euro) qui est plus proche de la réalité de la monnaie nationale, les prix équivalents sont : 201,5 DA pour le sucre et 214,5 DA pour le litre d’huile. Ces prix équivalents en dinars sont nettement supérieurs à ceux appliqués en Algérie, y compris après les récentes hausses. Ce petit comparatif pose le vrai débat que ni le gouvernement ni l’opposition n’ont encore abordé : le pouvoir d’achat des Algériens. Depuis quelques années, les prix des produits grimpent fortement, conséquence de l’absence d’une offre domestique et d’une hausse des prix sur les marchés internationaux. Dans le même temps, les salaires des Algériens évoluent lentement – à part dans certains secteurs, les hausses sont inférieures à l’inflation – et le taux de chômage reste élevé malgré les affirmations contraires du gouvernement qui situe ce taux à 10%. Résultat, les Algériens peinent à se nourrir correctement. Car ce sont les données sur l'évolution du pouvoir d'achat qui illustrent réellement le niveau de vie et non pas les salaires ou les prix des produits.

                  Selon les statistiques du Conseil national économique et social, entre 2001 et 2007, le pouvoir d'achat des Algériens a diminué de 1,7% par an en moyenne. Certains prix ont été multipliés par dix entre 1990 et 2006. En effet, si l'inflation n'augmente plus au rythme du début des années 90, elle a suivi une hausse de 3,18% par an en moyenne entre 1998 et 2009 selon les données de l'Office national des statistiques. En 2009, elle a bondi pour atteindre 5,7% avant de retomber légèrement à 4,7% en 2010. En 2011, elle devrait atteindre de nouveaux records, selon les aveux du gouvernement. Ces chiffres pourraient être en réalité bien supérieurs selon des économistes qui critiquent la base de calcul de l'ONS. Et cette tendance ne peut que se poursuivre dans la mesure où l'économie algérienne reste dépendante des importations pour la grande majorité des biens de consommation. Malgré les mesures prises par le gouvernement pour atténuer cette dépendance et favoriser la production interne, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous. Le gouvernement, au lieu d’annoncer des augmentations de salaire sans réel effet sur le niveau de vie des Algériens ou des baisses des prix sur quelques produits comme le sucre et l’huile, devrait tenter de relancer la production locale dans tous les domaines, notamment agricole. C’est en augmentant l'offre que les prix baisseront. Et que les salariés retrouveront un peu de pouvoir d’achat. Le gouvernement pourrait alors espérer que les émeutes contre la cherté de la vie diminuent.

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                  • Samir Allam :


                    Lundi 10 Janvier 2011 -- Deux jours après l’annonce par le gouvernement des nouvelles mesures de soutien aux prix du sucre et de l’huile, les modalités d’application commencent à se préciser. Selon nos informations, les services fiscaux ont corrigé la bourde du gouvernement concernant la TVA. Cette dernière sera supprimée aussi bien sur la matière première importée (sucre roux et huile brute) que sur le produit fini vendu au consommateur. Le gouvernement, ignorant sans doute le processus de transformation du sucre et de l’huile, avait dans son communiqué de vendredi limité cette baisse à la TVA sur les matières premières. Or, cette TVA était déjà récupérée par les producteurs. Elle ne constitue pas un élément du coût de calcul du prix du produit.

                    Autre erreur contenue dans le communiqué du gouvernement : l’IBS (impôt sur le bénéfice des sociétés). Contrairement à ce qui a été annoncé, il ne sera supprimé. Selon nos informations, les producteurs vont bénéficier d’un report de paiement des acomptes prévisionnels. Ces derniers étaient versés en mars, juin et octobre. L’IBS sera payé en une seule fois. Cette mesure comme la suppression de la TVA sur la matière première présente un intérêt pour le producteur qui verra sa trésorerie peu sollicitée. Un cadeau du gouvernement difficilement justifiable. Avec la suppression de la TVA sur le produit fini (17 %) et des droits de douane (5 %), la baisse pour le consommateur sera en moyenne de 20%. Un coût qui sera supporté par le trésor public. De combien sera-t-il ? En moyenne l’Algérie consomme 1,1 million de tonnes de sucre par an et 350.000 tonnes d’huile. La subvention porte sur une période allant de janvier à fin août 2011. Une période à laquelle il faudrait ajouter une moyenne de deux à trois mois de stocks actuellement sur le marché et qui seront concernés par les nouvelles mesures gouvernementales.

                    Au total, la subvention portera sur une période d’une année. Avec un prix moyen de 1.000 dollars la tonne de sucre raffiné prêt à la vente, la consommation algérienne représente un milliard de dollars par an. La subvention de l’Etat étant de 20 %, le coût de l’opération sera de 200 millions de dollars. Pour l’huile raffinée prête à l’utilisation, le prix moyen de la tonne est de 1.500 dollars. Les 350.000 tonnes de consommation algérienne par an sont estimées à 525 millions de dollars. La part qui sera supportée par l’Etat est de 131 millions de dollars. Au total, les subventions du sucre et de l’huile vont représenter plus de 330 millions de dollars pour l’Etat sur une période d’une année. Reste à savoir si l’Etat va reconduire la mesure au-delà du 31 août 2011. Il est en effet difficile d’imaginer une nouvelle forte hausse de ces produits dès le 1er septembre prochain. Une date qui interviendra après le ramadhan – souvent éprouvant pour les bourses modestes – et en pleine rentrée scolaire et sociale.

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                    • Hamid Guemache :


                      Mardi 11 Janvier 2011 -- L’épisode de la flambée des prix du sucre et de l’huile n’est qu’un avant‑goût de ce qui attend le consommateur algérien dans les prochains mois. L’obligation de payer par chèque les transactions commerciales supérieures à 500.000 dinars à partir du 31 mars 2011 conduira inévitablement à une hausse générale des prix, préviennent des économistes interrogés par TSA. Cette fois, le sucre et l’huile ne seront pas les seuls concernés. «Les prix de tous les produits vont augmenter. Il n’y a aucun doute», affirme un économiste. Et les hausses vont être brutales, en moyenne de 20%. Comment les prix vont-ils augmenter ? Actuellement, le commerce en Algérie est dominé par l’informel. Les grossistes ne facturent pas la TVA et la TAP. Ensemble, elles représentent un total de 19%. Ils ne paient pas non plus les charges sociales, ne déclarent pas la totalité de leurs employés et trichent sur les salaires. L’entrée en vigueur de l’obligation de paiement par chèque et de facturation à partir du 31 mars va obliger les grossistes à intégrer tous ces éléments dans les prix.

                      Actuellement, les commerçants facturent la TVA aux clients qui exigent une facture pour leurs achats. Mais en échange du document, le commerçant applique la TVA. Exemple : dans les boutiques de matériel informatique, une imprimante est vendue 10.000 DA sans facture mais 12.000 DA avec facture. Actuellement, seules les entreprises exigent une facture car elles récupèrent la TVA. Mais avec les nouvelles lois, la facturation de la TVA devient obligatoire pour tout le monde, y compris les particuliers. L’exemple de l’imprimante s’applique à tous les autres produits, hormis les articles vendus dans les rares magasins qui pratiquent déjà la facturation. Autre exemple plus surprenant : dans les boucheries, le kilogramme d’escalope de dinde coûte 580 dinars, sans TVA. Il est facturé à 850 dinars aux clients qui exigent la facture pour les besoins de leur comptabilité. «Lorsque j’achète de la dinde pour la cantine de la société, on la paie 850 dinars. Lorsque j’achète le même produit pour moi, je le paie 580 dinars», affirme le financier d’une entreprise. Selon des économistes interrogés par TSA, la majorité des produits augmenteront d’au moins 19 % à partir du 31 mars prochain, en raison de l’imposition du chèque dans les transactions commerciales supérieures à 500.000 dinars.

                      Début janvier, les grossistes, pour se préparer à la nouvelle loi, ont augmenté les prix du sucre, de la farine, de l’huile, en facturant la TVA et la TAP aux demi-grossistes, qui à leur tour ont comptabilisé ces deux taxes TVA aux détaillants. Résultat ; les prix ont flambé parce que la TVA et la TAP sont supportées par le consommateur final. «On a fait cela pour se préparer à la venue du chèque. Sans taxes, je prenais une marge d’un dinar sur un kilo de sucre, Avec les taxes, je suis obligé de prendre 10 dinars comme marge pour faire face aux charges», explique un grossiste de produits alimentaires. Les commerçants vont également revoir leur prix à la hausse s’ils sont obligés de déclarer la totalité de leur personnel à la sécurité sociale. «Les charges sociales représentent 9% du salaire d’un employé. Elles seront répercutées sur le prix de vente et supportées par le consommateur final», explique un économiste. Pour réduire le poids de l’informel, le gouvernement a pris une série de mesures visiblement sans calculer leurs conséquences sur le consommateur et la paix sociale. Au lieu de lutter progressivement contre l’informel en l’étouffant via le développement d’un véritable système bancaire et d’un réseau de distribution dans le pays, les autorités ont choisi la voie des décrets et des lois décidées à la hâte par des bureaucrates.

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                      • Samir Allam :


                        Mardi 11 Janvier 2011 -- Les prix du sucre se sont envolés pour le troisième jour consécutif sur les marchés de Londres et de New York, rapportent mardi 11 janvier des agences d’information financière. Cette hausse est due à la décision algérienne de supprimer les droits de douane sur les importations de sucre (matière première et produit fini) dans le cadre des mesures contre la hausse des prix, selon des traders et des analystes. Cette hausse des prix sera en partie supportée par l'Etat algérien qui a décidé de supprimer les droits de douane (5%) et la TVA (17%) sur ce produit. La décision algérienne a été annoncée le samedi 8 janvier. Selon le Département américain de l’Agriculture, l’Algérie prévoit d’importer 1,3 million de tonnes de sucre pour la saison 2010-2011 contre 1,2 million la saison précédente. Le prix du sucre blanc (raffiné) pour une livraison en mars a gagné 12,70 dollars à 788,20 dollars la tonne, mardi à Londres. Le sucre brut a progressé plus faiblement (0,29 dollars). Les vendeurs s’attendent à d’importantes commandes émanant des importateurs algériens. «Il y aura une forte demande pour le sucre blanc», a expliqué Cyril Meyer, courtier chez Starsupply Renewables SA, en Suisse. «Je m’attends à une commande de quelques centaines de tonnes qui iront en Algérie», a-t-il ajouté.

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                        • Mardi 11 Janvier 2011 -- Les mesures annoncées samedi 8 janvier par le gouvernement pour subventionner pendant huit mois les prix du sucre et de l'huile, dont la flambée a provoqué des émeutes meurtrières, vont coûter 260 millions d'euros à l'Etat, soit 330 millions de dollars, a indiqué mardi le ministère du Commerce. Ce chiffre correspond à celui annoncé hier par TSA. «L'intervention immédiate de l'Etat pour faire baisser les prix des stocks du sucre et des huiles alimentaires déjà en circuit doit coûter environ 3 milliards de dinars (30 millions d'euros) au Trésor public alors que les exonérations douanières et fiscales, visibles dès la mi-février, vont engendrer pour l'Etat un manque à gagner de quelque 23 milliards de DA (230 millions d'euros)», a déclaré à l'APS le conseiller du ministre du Commerce chargé de la Communication, M. Farouk Tifour. Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, avait appelé dimanche les grossistes à respecter les prix fixés par l'Etat à 90 dinars pour le kg de sucre et à 600 dinars pour le bidon de 5 litres d'huile. Il avait assuré qu'ils «recevront de la part des producteurs des chèques de ristourne», couvrant le différentiel des prix qui avaient atteint les seuils respectifs de 140 DA et 975 DA dans certains quartiers d'Alger. À leur tour, les producteurs recevront un chèque de l'Etat qui «dispose des moyens financiers pour intervenir dès qu'il s'agit de la protection du pouvoir d'achat des citoyens», selon le ministre.

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                          • Rafik Tadjer :


                            Mardi 11 Janvier 2011 -- Les prix du sucre s’emballent sur les marchés internationaux. Mardi 11 novembre, la tonne de sucre blanc a clôturé à 807,40 dollars sur le marché de Londres, en hausse de 4,2 % par rapport à lundi. Sur une semaine, soit la veille des premières émeutes en Algérie, la hausse est de 6,2 %. Et rien n’indique que le marché pourrait amorcer une baisse dans les prochains jours. «Il faudrait une première baisse en dessous de 731 dollars pour casser des niveaux à la baisse et revenir à 630 dollars», explique un trader interrogé par TSA.

                            Cette nouvelle hausse a été provoquée par deux éléments : une mauvaise nouvelle en provenance d’Inde et une bonne nouvelle émanant d’Algérie. Le premier pays, deuxième producteur mondial, a en effet indiqué que ses exportations pourraient être retardées d’un mois. Une situation préoccupante pour le marché qui redoute des problèmes d’approvisionnement. L’Algérie a pour sa part contribué à cette flambée des prix, après l’annonce de sa décision de supprimer les droits de douane sur les importations de sucre (matière première et produit fini) dans le cadre des mesures contre la hausse des prix, selon des traders et des analystes.

                            Selon le Département américain de l’Agriculture, l’Algérie prévoit d’importer 1,3 million de tonnes de sucre pour la saison 2010‑2011 contre 1,2 million la saison précédente. «Il y aura une forte demande pour le sucre blanc», a expliqué Cyril Meyer, courtier chez Starsupply Renewables SA, en Suisse. «Je m’attends à une commande de quelques centaines de tonnes qui iront en Algérie», a‑t‑il ajouté. Cette hausse de 6,2 % sur une semaine va impacter les mesures du gouvernement à moins que les autorités ne décident de compenser cette évolution. Mais l’Etat algérien pourra‑t‑il compenser toutes les hausses sur les marchés internationaux, surtout qu’il a ouvert les vannes de l’importation ?

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                            • Hamid Guemache :


                              Mardi 11 Janvier 2011 -- Les importateurs de sucre sont les grands gagnants de la révolte des jeunes qui a fait au moins trois morts, de nombreux blessés et causé des centaines de millions de dollars de dégâts matériels. Ils ont obtenu du gouvernement un cadeau inespéré : une suppression de toutes les taxes sur l’importation de sucre blanc, soit un total de 52,1%. Avant les émeutes, le sucre blanc d’importation était frappé de 30% de droits de douane et de 17% de TVA. Aujourd’hui, les taxes sur le sucre blanc importé sont nulles. Les producteurs locaux de sucre ont obtenu la suppression de la TVA (17%) sur le sucre blanc (produit fini qu’ils produisent) et 5% de droits de douane sur le sucre roux (matière première pour la fabrication du sucre blanc). Le lobby des importateurs a donc une nouvelle fois gagné contre les producteurs locaux. En fait, c’est une bataille pour le contrôle du marché du sucre (1,1 million de tonnes par an) qui a donc débordé sur le terrain social provoquant des émeutes meurtrières. Le lobby des importateurs n’a pas cessé ces derniers mois de dénoncer la décision du gouvernement prise en septembre dernier de rétablir les droits de douane sur le sucre importé de l’Union européenne.

                              La décision de supprimer les taxes sur le sucre importé va coûter cher à l’Etat qui doit débourser de l’argent pour financer le plafonnement des prix. En outre, les raffineries de production de sucre blanc risquent de souffrir de cette décision. Si Cevital, par la dimension gigantesque de ses capacités semble à l’abri, trois raffineries privées situées à Mostaganem, Khemis Miliana et Guelma risquent de fermer. La cause ? Leur sucre ne sera pas concurrentiel devant le sucre importé. Autre anomalie dans les mesures prises par le gouvernement : le maintien des taxes à l’importation sur l’huile de table et la suppression des droits de douane sur l’huile brute et de la TVA sur le produit final fabriqué localement. Le lobby des importateurs de sucre a‑t‑il des intérêts dans l’industrie de transformation de l’huile ? Pourquoi le gouvernement a-t-il supprimé les taxes à l’importation sur le sucre et ne l’a‑t‑il pas fait pour l’huile ? Les deux produits sont pourtant touchés par la hausse vertigineuse des prix, à l’origine de la contestation sociale. Mystère.

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                              • Ali Idir :


                                Mardi 11 Janvier 2011 -- Cafouillage dans l’application des mesures prises par le gouvernement pour plafonner les prix du sucre et de l’huile. Selon nos informations, la direction des fraudes du ministère du Commerce a demandé mardi 11 janvier à Cevital de s’expliquer sur sa décision de baisser les prix du sucre et de l’huile au lendemain de la conclusion de l’accord sur le plafonnement des prix de ces deux produits. Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada a annoncé dimanche dernier le plafonnement du prix du kilogramme de sucre blanc à 90 dinars et celui du bidon d’huile de 5 litres à 600 dinars. Contacté par TSA, le président de Cevital, Issad Rebrab s’explique : «nous avons tout de suite appliqué la décision du gouvernement de plafonner les prix de ces produits. Cevital s’était engagé à le faire. Il l’a fait». Cevital a décidé de fixer le prix du kilogramme de sucre à 69,50 dinars et celui du bidon d'huile à 495 dinars. Des prix inférieurs donc aux quotas imposés par le gouvernement et c'est ce qui a suscité cette demande d'explication. «Nous avons soustrait les taxes supprimées par le gouvernement aux anciens prix», a ajouté M. Rebrab.

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