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Inefficacité gouvernementale et détérioration du pouvoir d’achat des Algériens

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    • #92

      Dimanche 27 janvier 2008 -- Le gouvernement envisage de subventionner les prix de plusieurs produits de grande consommation. Le lait en poudre, les légumes secs, l'huile et le concentré de tomate sont les produits retenus par le ministère du Commerce pour d'éventuels soutiens étatiques.

      Les subventions pourraient intervenir sous forme de réductions de droits de douane et de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur ces produits en majorité importés. « Le ministère du Commerce a proposé au gouvernement de soutenir ces produits de grande consommation à travers la réduction de la TVA et des droits de douanes », affirme une source officielle. Le gouvernement n'a pas encore tranché la question. Mais, le principe de stopper la hausse des prix des produits proposés par le ministère du Commerce a été retenu, ajoute la même source. Contacté, le groupe Cevital, principal producteur d'huile de table du pays, se réjouit du projet du gouvernement de subventionner le prix de l'huile. L'autre mesure envisagée par le gouvernement de faire face à l'envolée des prix de grande consommation est la création d'offices spécialisés dans l'importation et la distribution de la matière première. Comme pour les céréales et le lait, le gouvernement veut créer des organismes pour pouvoir influer sur les prix, suivre les cours des matières premières sur les marchés mondiaux et anticiper sur les conséquences des hausses des prix sur le marché national. L'idée ne fait pas sourire les patrons qui redoutent le retour aux monopoles de l'Etat sur le commerce extérieur. Toutefois, le gouvernement reste désarmé face à l'envolée des prix des produits agricoles sur le marché mondial. L'agriculture nationale n'arrive pas en effet à sortir de la crise pour assurer l'autosuffisance alimentaire.

      La hausse des prix de l'huile de table et des légumes secs pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des Algériens, déjà affectés par la flambée des fruits et légumes (pomme de terre, tomate, etc.) et d'autres produits de grande consommation comme le lait et la semoule, pourtant subventionnés par l'Etat. Le prix de l'huile brut a pratiquement triplé en un an. Il est passé de 600 dollars la tonne en mars 2007 à 1.800 dollars en janvier 2008, selon des patrons. Cette augmentation a entraîné des hausses de l'ordre de 200 dinars du prix de l'huile de table sur le marché national. Le bidon de 5 l est passé en quelques mois de 400 dinars à 600 dinars. « Et risque d'atteindre 800 dinars si l'Etat n'intervient pas », avertit le patron d'une petite raffinerie d'huile. En plus des conséquences sur le pouvoir d'achat, cette hausse risque d'être fatale aux petits producteurs d'huile de table et provoquer des pertes d'emplois. L'Algérie importe l'essentiel de ses besoins de produits de consommation. En 2007, la facture d'importation des produits alimentaires a avoisiné 4.7 milliards de dollars, selon les données officielles. Le taux d'inflation aurait avoisiné 10 %, selon des sources patronales.

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      • #93

        Lundi 28 janvier 2008 -- Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, M. Saïd Barkat, a renvoyé la lancinante question de la flambée des prix des produits de large consommation à l’absence d’une régulation du marché. «Le marché n’est pas organisé. Il faut le faire en mettant en place de nouveaux dispositifs pour barrer la route aux spéculateurs», a-t-il suggéré. Intervenant, samedi soir, au forum de l’ENTV, M. Barkat a accusé les spéculateurs qui imposent des prix exorbitants qui, naturellement, affectent le citoyen lambda.

        Ceci, tout en se disculpant d’une responsabilité quelconque. «Je ne suis responsable que de la production, l’affaire des prix des produits agricoles ne relève pas de ma responsabilité», insiste-t-il comme pour renvoyer la balle à son homologue du Commerce, M. Djaâboub.

        Saïd Barkat annonce dans ce sens des mesures à prendre pour mettre fin à la spéculation. Il s’agit de «mécanismes qui seront mis en place incessamment, au niveau des offices nationaux des différents produits agricoles, à même d’intervenir en cas de spéculation sur le marché».

        Le ministre de l’Agriculture a indiqué que le gouvernement prendra des mesures plus significatives. Il s’agit de l’engagement de l’Etat à poursuivre sa politique d’investissement en direction des exploitations agricoles, mais aussi de politiques visant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens, à travers le soutien des produits de base comme le lait, la semoule et le pain.

        «C’est un devoir de l’Etat envers le peuple», clame-t-il. En outre, il dit au sujet de la flambée des prix de la pomme de terre que «le citoyen est compréhensif», estimant que la montée spectaculaire du prix de la patate est l’affaire d’une seule saison caractérisée par la maladie du fioul. «Depuis 2003, nous n’avons jamais importé de pomme de terre (…) Nous n’avons fait que des provisions pour cette année à travers l’importation de 10 000 tonnes», argumente-t-il.

        Sur les autres produits comme l’huile d’olive, l’orateur parle d’un effet d’entraînement dû au bouleversement du marché international. «Faire face efficacement aux perturbations qui caractérisent désormais le marché international des produits agricoles implique un engagement collectif afin de consolider durablement notre sécurité alimentaire», estime M. Barkat.

        Le ministre de l’Agriculture a dressé un bilan positif de son secteur depuis le lancement du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR). «Aujourd’hui, en dépit de certaines insuffisances, il est facile de constater que des résultats probants ont été enregistrés», affirme-t-il.

        Il a cité dans ce contexte l’accroissement de la valeur de la production agricole de 359 milliards DA en 2000, soit 4,9 milliards USD, à 668 milliards de DA, soit 9,2 milliards USD. M. Barkat a avancé quelques chiffres pour appuyer ses dires en affirmant que la production des céréales a connu une augmentation sensible puisqu’elle est passée de 21 millions de quintaux en moyenne annuelle pour la décennie 90 à 31 millions quintaux en moyenne annuelle pour la période 2000-2006.

        «Ceci a permis de réduire les volumes d’importation des blés», note-t-il. La production du lait a également augmenté de près de 700 millions de litres entre 2000-2006 et la collecte de lait cru est passée pour la même période de 96 millions de litres à 220 millions de litres.

        Quant à la pomme de terre, la production a pratiquement doublé en 6 ans passant de 12 millions de quintaux en 2000 à 21 millions de quintaux en 2006. «En ce qui concerne les autres produits agricoles d’origine végétale, hormis le sucre et les oléagineux, la production nationale couvre la totalité de nos besoins», estime encore M. Barkat.

        Interrogé sur les problèmes que rencontrent les investisseurs dans son secteur, Saïd Barkat a accusé les banques nationales d’être à l’origine des blocages. Quant aux affaires liées à la corruption qui caractérise des pans du secteur, l’invité de l’ENTV a déclaré être «le ministre de l’Agriculture et non celui de la Justice».

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        • #95
          Ali Idir :


          Samedi 2 Février 2008 -- Faut-il encore faire confiance aux chiffres de l'ONS sur l'inflation en Algérie ? Pour l'Office nationale des statistiques, la hausse des prix à la consommation a été de seulement de 3.5% en 2007. Un chiffre largement contesté dans les milieux économiques nationaux. Le Fonds monétaire international (FMI) aussi ne croit pas au chiffre de l'ONS. Il estime en effet à 4.5% le taux d'inflation en Algérie en 2007. En 2006, l'inflation a été faible : 2.5% contre 1.6% en 2005 et 3.6% en 2004, selon le FMI. En 2008, l’inflation devrait poursuivre sa hausse et avoisiner 4.3%, selon le FMI. En cause de la hausse des prix plusieurs produits de grande consommation, amorcée en ce début d'année. Comme les légumes secs, l'huile de table, les légumes frais, les matériaux de construction comme le ciment et le rond à béton.

          L'Algérie dépend en fait des importations pour sa consommation interne. Plus de la moitié des produits consommés en Algérie proviennent de l'étranger. Pour certains articles, notamment les matières premières destinées à la transformation comme l'huile brute, la poudre de lait, la dépendance de l'étranger est totale et va s'accentuer dans les prochaines années, préviennent des économistes interrogés par toutsurlalgerie.com.

          Pour remédier à la hausse générale des prix, le gouvernement entend subventionner directement ou indirectement via des réductions de taxes, plusieurs produits de grande consommation. L'huile de table, le lait en poudre appelé « Lahda » et les légumes secs ont été retenus par le gouvernement pour d'éventuels aides qui devraient être appliquées dès ce mois de février. Le gouvernement subventionne déjà la farine, la semoule et le lait pasteurisé en sachet.

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          • #96
            Ali Idir :


            Dimanche 3 Février 2008 -- L'Algérie accélère les préparatifs pour adopter de nouvelles normes comptables, conformes aux standards internationaux. Depuis quelques semaines, le gouvernement multiplie les rencontres et les séminaires de formation en direction des entreprises et des institutions publiques. Objectif : l'adoption dès janvier 2009 d'un nouveau plan comptable national largement inspiré des normes IFRS (normes internationales d'informations financières).

            Selon le gouvernement, l'actuel Plan comptable national (PCN) ne semble plus adapté à la nouvelle situation du pays : il date de 1975, et à l'époque, le pays était sous le régime de l'économie dirigée. A présent, l'économie de marché est la doctrine officielle de l'Etat et l'actuel PCN ne correspond plus aux nouvelles réalités économiques induites par la globalisation et la mondialisation auxquelles les groupes algériens vont devoir se soumettre. Les entreprises algériennes ont besoin d'une bonne visibilité à l'étranger, notamment celles disposant de plans de développement à l'international comme Sonatrach, Sonelgaz et Cevital. Mais ces grands groupes appliquent déjà largement les normes IFRS dans leurs comptabilités, sans avoir attendu la décision du gouvernement.

            Mais l’initiative du gouvernement de modifier radicalement le plan comptable national risque de provoquer un « bug » dans de nombreuses entreprises et les administrations publiques, peu préparées à s’adapter aux nouveaux changements. Souvent, ces entités ne possèdent pas les instruments nécessaires pour réussir la transition annoncée vers les nouvelles normes.

            Parmi elles, les directions des impôts ne sont pas dotées de matériel informatique et leurs agents ne sont pas formés pour lire et faire appliquer les nouvelles normes comptables en vigueur seulement dans les pays industrialisés. L'économie informelle et l'évasion fiscale dans le pays constituent également deux importants obstacles pour l'application des normes IFRS. Valables et lisibles partout dans le monde, ces normes sont synonymes de transparences dans les comptes sociaux des entreprises. Or, beaucoup d’entreprises et d’administrations algériennes restent peu transparentes dans leurs pratiques comptables et managériales.

            Dans ce contexte, le projet de réformer le PCN suscite des réserves dans les milieux économiques. De nombreux chefs d'entreprises ne cachent pas également leur scepticisme. Résultat : le nouveau PCN risque de subir le même sort que la loi sur l'obligation de payer par chèque toute transaction commerciale dont le montant est supérieur à 50.000 dinars. On se souvient en effet du sort réservé à cette loi qui devait être appliquée en septembre 2006 : elle a été abrogée par le gouvernement avant qu'elle ne soit entrée en vigueur.

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            • #97

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              • #98

                February 3, 2008 -- The Algerian government has allocated more than 2 billion dinars for community development projects in 2008, APS quoted National Solidarity Ministry’s Secretary-General Abdellah Khelladi-Bouchenak as saying on Saturday (February 2nd). Some 115 projects, amounting to 455m dinars are part of the Social Development Agency programme aimed at reducing poverty.

                Several new mega-infrastructural projects will also be launched in 2008, Public Works Minister Amar Ghoul said last week, including the 1300-km High Plateaux Highway, for which the government has earmarked 800 billion dinar budget.

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                • #99

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                  • Dimanche 10 Février 2008 -- Le taux de chômage en Algérie a atteint 13,8% de la population active en 2007, contre 12,3 % en 2006, soit 1,37 million de personnes au chômage pour une population active de près de 9 millions, a indiqué dimanche l'Office national des statistiques (ONS). L'Algérie a ainsi enregistré quelque 110.000 chômeurs en plus en 2007, selon une enquête nationale sur l'emploi réalisée par l'ONS.

                    L'enquête de l'ONS a été réalisée durant la période de novembre à décembre 2007, avec comme période de référence la dernière semaine d'octobre 2007, sur un échantillon de 14.866 ménages ordinaires répartis sur tout le territoire national, a précisé cet organisme.

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                    • Lundi 11 Février 2008 -- En 2007, l’Algérie a continué d’afficher de bons indicateurs économiques, selon des statistiques officielles. Le PIB a atteint 135 milliards de dollars, en hausse de près de 32 milliards de dollars par rapport à 2006. Le revenu par habitant a plus que doublé en six ans, passant de 1170 dollars en 2001 à 3968 dollars en 2007. Le taux de croissance réel du PIB durant l'année écoulée a été de 4.6% contre seulement 2.1% en 2001. L'inflation a s'est stabilisée à 4.4% en 2007 par rapport à 2006. La hausse des prix de consommation était de 4.2% en 2001 contre 1.4% en 2002.

                      La dette publique extérieure de l'Algérie n'est plus que de 4.5 milliards de dollars contre 18.1 milliards de dollars en 2002. Ce niveau d’endettement reste insignifiant au regard du niveau des réserves de change qui ont atteint 110 milliards de dollars en 2007. Dopées par la flambée du prix du pétrole, ces réserves ont également évolué d'une façon spectaculaire entre 2002 (23.1 milliards de dollars) et 2007 (110 milliards de dollars).

                      Les exportations d'hydrocarbures qui constituent 98% des recettes en devises du pays sont passées de 18.7 milliards de dollars en 2002 à 59 milliards de dollars en 2007. Un record historique. En volume, l'Algérie a exporté en 2007 un peu plus de 60 milliards de m3 de gaz et un peu plus de 90000 barils de pétrole brut. L'exportation du gaz n'a pas beaucoup changé depuis 2000, mais les exportations de pétrole ont quasiment triplé entre 2000 et 2007. L'Algérie ambitionne d'exporter 2 millions de barils par jour et 85 milliards de m3 de gaz en 2010.

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                        • Inflation et pouvoir d'achat

                          par Farouk Nemouchi

                          Jeudi 21 février 2008 -- Dans le domaine économique et social les citoyens jugent l'action d'un gouvernement à ses performances qui sont mesurées par un certain nombre d'indicateurs économiques et sociaux.

                          La publication de ces données permet à chacun de se faire une idée sur la capacité de gérer et de réaliser les objectifs programmés. Parmi ces indicateurs, le taux d'inflation et le taux de chômage représentent des variables stratégiques fondamentales car ils ont une influence déterminante sur les conditions de vie de la population. Le taux d'inflation sert de base à l'élaboration de la politique économique et aux négociations avec les syndicats sur les questions salariales.

                          Il n'est pas de bon augure pour un gouvernement de présenter un tableau de bord macro-économique qui affiche un chômage et une inflation élevés surtout à la veille d'échéances électorales décisives. Leur publication par les organismes de statistiques donne lieu à de nombreux commentaires, des appréciations divergentes et des conflits entre différents acteurs économiques. Pour les dirigeants, la tendance à minimiser l'inflation constitue un gage de bonne gouvernance et rend illégitime toute revendication salariale sous prétexte d'une perte de pouvoir d'achat.

                          Le taux de 3,5% annoncé pour l'année 2007 est calculé à partir de l'indice des prix à la consommation pour le grand-Alger. Le taux d'inflation établi sur la base de l'indice national atteint pour la même année 3,9%. Le chiffre donné par le Fonds monétaire international est de l'ordre de 4,5%. Les chiffres de l'ONS sur l'évolution des prix suscitent l'interrogation et l'incompréhension de la grande majorité des Algériens qui ont le sentiment que le taux d'inflation est bien supérieur à celui qui est officiellement publié aujourd'hui. Ils éprouvent un sentiment de frustration dans le sens où il est constaté une détérioration des conditions de leur existence qui ne se reflète pas dans l'évolution de l'indice des prix calculé par cet organisme.

                          Il est vrai qu'il n'y a pas un instrument parfait qui mesure l'inflation, cependant il existe une différence constatée entre l'inflation mesurée et l'inflation perçue par les consommateurs qui donne lieu à des controverses sur le niveau de dépréciation du pouvoir d'achat. Parmi les causes qui peuvent expliquer ce décalage on peut citer:

                          Les limites inhérentes à la construction de l'indice

                          La méthodologie retenue par l'ONS remonte à 1988, or depuis cette date la situation économique et sociale du ménage algérien a évolué. Les mutations économiques et sociologiques, l'évolution de la taille moyenne des ménages et d'autres paramètres ont modifié le mode de consommation et le niveau du revenu brut disponible. Tous ces facteurs affectent la méthode de calcul de l'indice tant en ce qui concerne la composition du panier de biens et services que la pondération affectée à chaque poste. L'actualisation et la révision de la méthode de calcul de l'indice des prix, la réalisation d'une nouvelle enquête auprès des ménages peuvent renforcer la fiabilité des données statistiques. Il serait également souhaitable que d'autres organisations (syndicats, patronat) créent leurs propres indices car cette diversité peut conférer une plus grande crédibilité aux données statistiques et éloigner les manipulations.

                          Le choc des réformes au début de la décennie 90 entre 1990 et 1996 le taux d'inflation a augmenté de 397%. La thérapie de choc mise en oeuvre a complètement laminé les revenus dont les effets se font toujours sentir. L'objectif fondamental recherché par les accords avec le Fonds monétaire international était la diminution de la demande des différents agents économiques et pour cela tous les moyens étaient bons: libéralisation des prix, dévaluation de la monnaie nationale, hausse des taux d'intérêt, restrictions budgétaires et licenciements.

                          Les événements tragiques vécus par l'Algérie durant cette période ont relégué à un rang secondaire les conséquences économiques et sociales de ces réformes. 397% d'inflation sur six ans ont mis à genoux les titulaires des bas revenus, évincé les couches moyennes du tissu social et complètement érodé la valeur du dinar. Lorsqu'on applique les coefficients d'érosion monétaire qu'on peut déduire de l'évolution de l'indice des prix à la consommation établi par l'ONS, on s'aperçoit que 1 DA de 1990 est équivalent à 0,18 DA en 2007.


                          Prenons l'exemple d'un salarié de la fonction publique qui percevait un salaire net de 10.000 DA en 1990. A cause de la hausse des prix ce salaire est équivalent à 1.800 dinars en 2007.

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                            L'inflation n'est pas ressentie de la même manière par les algeriens

                            Selon l'ONS, la famille algérienne consacre en moyenne 44% de son budget pour le poste alimentation. La hausse des prix des produits alimentaires a atteint 7,16% en 2007, ce qui veut dire que la part du revenu qui leur est consacré augmente à un taux qui est nettement supérieur au taux d'inflation global estimé à 3,5%. Reprenons l'exemple du salarié de la fonction publique rémunéré à 15.000 DA en 2007.

                            Pour satisfaire les besoins alimentaires de sa famille, il doit consacrer un budget de 6.600 DA. Une augmentation de 7,16% du poste alimentation exige, si le père de cette famille veut maintenir le même niveau de consommation, un revenu supplémentaire de 472 DA. Si son salaire n'augmente pas, il est obligé de réduire les dépenses relatives à d'autres postes: habillement, santé, éducation, etc. L'incidence de l'augmentation des prix des produits alimentaires est encore plus grande pour les titulaires des faibles revenus en raison d'un montant plus important réservé au poste alimentation.

                            L'endettement des ménages

                            Depuis quelques années, les Algériens dont le revenu est limité utilisent le crédit à la consommation comme possibilité d'acquérir un logement, acheter une voiture ou des équipements électroménagers.

                            A l'euphorie provoquée au début par la possession de ces biens tant convoités succède une longue période d'incertitude durant laquelle de douloureux arbitrages doivent se faire pour payer la mensualité due à la banque et assurer la survie de la famille.

                            Cette nouvelle réalité dramatique n'est pas prise en compte par le mode évaluation du pouvoir d'achat. Cela est surtout vrai pour le logement qui n'est pas considéré comme une dépense de consommation mais comme une dépense d'investissement. De ce fait, les sommes consacrées au remboursement du crédit ne sont pas comptabilisées dans le budget-type.

                            Épargne et pouvoir d'achat

                            La baisse du pouvoir d'achat ne concerne pas seulement les revenus destinés à la consommation. Elle touche également l'épargne placée au niveau des banques. Revenons à notre ami salarié de la fonction publique et supposons même si cela relève de la chimère qu'il a réussi à constituer une épargne de précaution de 10.000 DA en prévision des mauvais jours. Cette épargne est placée au niveau de la CNEP ou une autre banque qui lui verse un intérêt qui se situe actuellement aux alentours 2,5% l'an. En réalité du fait de l'inflation il n'aura que 1% d'intérêt, soit 100 DA au lieu de 250. A cela il faut mentionner également la baisse du pouvoir d'achat des 10.000 DA qui est de l'ordre de 339 DA.

                            Lorsque le taux d'inflation est supérieur au taux d'intérêt nominal, le taux d'intérêt réel est négatif. Le retour aux taux d'intérêt réels négatifs est un coup dur pour la réforme financière car les particuliers et les entreprises vont se détourner des placements auprès des banques. Dans sa note de conjoncture pour le 1er semestre 2007, la Banque d'Algérie confirme cette tendance dans la mesure où elle note un accroissement de la monnaie fiduciaire et une baisse des dépôts à terme.

                            Pour conclure, il faut souligner avec force que la dégradation du pouvoir d'achat est un phénomène qui a connu une évolution ascendante et il en est résulté une paupérisation qui touche de larges couches de la population constituées de travailleurs et des retraités. Les hausses de salaires qui ont pu intervenir au cours des dernières années se limitent à assurer le minimum vital.

                            L'un des arguments avancés par les pouvoirs publics pour refuser les augmentations de salaires est de garantir la compétitivité économique. Si on veut attirer les investisseurs, il faut que le coût salarial soit avantageux pour eux. D'abord le salaire n'est pas le seul élément qui entre dans un prix. Dans le classement 2007 effectué par le Forum économique mondial sur la compétitivité, l'Algérie occupe la 81ème place sur un total de 131 pays alors que de nombreux pays figurant en tête ont un coût salarial beaucoup plus élevé. La compétitivité ce n'est pas seulement les salaires, c'est aussi plus de formation pour les travailleurs, moins de corruption et surtout un système de rémunération motivant. Ensuite si l'exigence de compétitivité est inévitable dans un contexte de libéralisation économique, cela ne veut nullement dire que les travailleurs doivent devenir les esclaves des temps modernes au service du capital étranger. Les revendications salariales formulées par le mouvement syndical reflètent une situation devenue intenable d'autant plus que les salariés ne se sentent pas responsables de la gestion économique qui a abouti à l'érosion de leurs revenus. Il est vrai que pour distribuer du pouvoir d'achat, il faut le créer et cette création implique des investissements productifs. Or, il est largement prouvé que la hausse des prix pénalise ce type d'investissement et la création de valeur ajoutée. En période d'inflation les détenteurs de capitaux privilégient les valeurs refuges telles que l'immobilier, le foncier, l'or ou leur exportation vers des pays étrangers.

                            En plus de la production du pouvoir d'achat se pose la question de sa répartition avec équité entre les membres de la société. Mais cela renvoie à une question dont l'analyse dépasse le cadre strictement économique.

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