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Inefficacité gouvernementale et détérioration du pouvoir d’achat des Algériens

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    Samir Allam :


    Mardi 7 Juin 2011 -- En cette période de troubles politiques et sociaux, la générosité du gouvernement ne se limite pas aux seuls salariés qui ont obtenu ces dernières semaines d’importantes hausses de salaires. Discrètement, une autre catégorie profite de la situation née des émeutes de janvier dernier : les importateurs de sucre. Depuis le début de l’année, les importateurs de ce produit ont bénéficié de plusieurs mesures financières : une suspension de 5% des droits de douanes et une suspension de 17% de la TVA. Ces mesures, annoncées le 8 janvier en pleine période d’émeutes populaires, avaient pour but de ramener le prix du kilogramme de sucre blanc à 90 DA. À cette époque, les prix du sucre avaient flambé sur les marchés internationaux – à 844 dollars la tonne, un record – et la répercussion de cette hausse en Algérie a fait grimper le prix du kilo de sucre à plus de 140 DA. Mais depuis cette décision, les prix du sucre blanc raffiné – celui qui est importé pour la consommation directe – ont amorcé une baisse continue sur les marchés internationaux (voir le graphe que nous publions). Après avoir atteint un minimum de 582 dollars le 6 mai dernier, ils ont rebondi. Actuellement, le prix est de 695 dollars la tonne. Depuis le début de l’année, la baisse moyenne est de 18%. Malgré cette tendance baissière confirmée, le gouvernement n’a pas suspendu ni même revu à la baisse les mesures en faveur des importateurs. Plus inquiétant : dans les magasins d’Alger, le prix du kilo de sucre oscille entre 80 et 85 dinars, soit presque le même au niveau qu'en janvier dernier après l’annonce des mesures gouvernementales. Autrement dit, les importateurs engrangent ainsi au moins 18% de gains supplémentaires. La situation sur le marché du sucre illustre la puissance du lobby des importateurs en Algérie. Malgré les promesses du gouvernement, la part des importations tous produits confondus est en constante hausse. Si le recours à l’importation est souvent justifié par l’absence de production locale, le gouvernement semble favoriser dans certains cas des intérêts particuliers bien précis. Dans le cas du sucre, le lobby des importateurs est considéré comme un des plus puissants du pays.

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    Rania Hamdi :


    Lundi 6 Juin 2011 -- Le gouvernement a donné son feu vert pour la revalorisation des salaires des travailleurs d’Algérie Poste, en grève depuis plus d’une semaine, paralysant complètement l’activité de l’entreprise. Le ministre des Postes, des télécommunications et des nouvelles technologies de l’information a rencontré, hier dimanche 5 juin, des représentants de la fédération UGTA des Postes et télécommunications pour leur faire part de cette décision. Ainsi, les postiers recevront une augmentation de l’ordre de 30% au minimum sur les salaires nets, avec effet rétroactif à partir de janvier 2008. Le ministre en personne annoncera cette mesure, mercredi prochain au plus tard, selon nos sources. La tutelle a donc cédé à la pression des salariés d'Algérie Poste, déterminés à ne pas suspendre leur mouvement jusqu’à la satisfaction de leurs revendications de manière formelle et officielle. Après les médecins, les policiers, les salariés de Sonelgaz ou encore de Sonatrach, le gouvernement poursuit donc sa stratégie d'apaisement en lâchant une nouvelle fois du lest face aux protestations sociales. Selon le projet de loi de finances complémentaire pour 2011, la dépense publique va ainsi s'élever à plus de 112 milliards de dollars. Une dépense «destinée à prendre en charge des préoccupations sociales des citoyens», expliquait hier le ministère des Finances. Dans les bureaux de poste, la situation devient de plus en plus difficile du fait de l’affluence de la population qui ne supporte plus d’être prise en otage dans ce conflit et surtout de ne pouvoir retirer son argent. Aujourd’hui à la Grande Poste à Alger, des directeurs centraux se sont mis derrière les guichets pour prendre en charge les clients.

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    Hamid Guemache :


    Lundi 6 Juin 2011 -- Karim Djoudi a soigneusement évité de répondre aux questions relatives à la gestion des avoirs algériens à l’étranger et aux conditions de mise en circulation du nouveau billet de 2.000 dinars qui n’est pas reconnu par les instruments de contrôle des banques. Les deux dossiers sont gérés par la Banque d’Algérie et «ça me gêne de répondre» à sa place, a dit le ministre des Finances ce lundi 6 juin sur les ondes de la radio Chaîne 3. Sur le billet de 2.000 dinars, M. Djoudi a simplement expliqué: «le paramétrage des instruments n’était pas effectif, c’est ce que j’ai compris d’après la presse». Le ministre n’a pas démenti les informations publiées par TSA jeudi dernier sur les débuts catastrophiques du nouveau billet.

    Sur le placement à l’étranger des réserves de change de l’Algérie le ministre a renvoyé également la balle à la Banque d’Algérie, en charge de la gestion de ces actifs. Mais il dit que le rendement de ces actifs «ne peut être que positif. Je laisse le soin à la Banque d’Algérie de dire quel est le niveau de rémunération de ces actifs», a dit M. Djoudi qui a expliqué que l’Algérie a fait le choix «de limiter les risques et les rendements» de ces actifs à l’étranger. Il a défendu la gestion peu transparente des avoirs algériens à l’étranger en disant que la Banque d’Algérie s’acquittait convenablement de cette tâche. «La Banque d’Algérie a une logique de gestion sûre», a-t-il répété, en révélant l’existence d’un projet de création d’un fonds souverain pour une gestion plus active des réserves de change de l’Algérie.

    Le ministre a exclu le retour dans l’immédiat du crédit à la consommation. «Le crédit à la consommation doit bénéficier à la production nationale et ne doit pas conduire au surendettement des ménages», a-t-il soutenu. M. Djoudi a expliqué qu’avant sa suppression en 2009, le crédit à la consommation s’orientait à 90% vers l’achat de voitures. «Maintenant, nous avons des constructeurs qui veulent s’installer chez nous», a-t-il ajouté. Autrement dit, le gouvernement attend l’installation effective de constructeurs automobiles pour libérer le crédit à la consommation. Renault et Volkswagen négocient depuis plusieurs mois avec le gouvernement pour implanter des usines de fabrication de voitures en Algérie.

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    Djamel Aklil :


    Dimanche 5 Juin 2011 -- Karim Djoudi a démenti catégoriquement, dimanche 5 juin, le retour au crédit à la consommation. Le ministre des Finances s’exprimait à la sortie d’une réunion de l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée à la présentation et au débat de la Loi de finances complémentaires (LFC) pour 2011. Des rumeurs, relayées par la presse, avaient laissé entendre que le gouvernement pourrait de nouveau autoriser le crédit à la consommation. «Deux contraintes» existent pour ce non retour, a expliqué le ministre : en premier lieu, «il faut soutenir la consommation nationale», et en second lieu, «il faut protéger les ménages et surveiller leur endettement», a‑t‑il précisé. À propos de cette seconde raison, M. Djoudi a indiqué que la Banque centrale enquêtait actuellement sur l’endettement des ménages. Sollicité pour de plus amples précisions sur les fondements du non retour au crédit à la consommation, il a déclaré qu’il s’agissait «d’un choix politique». «On peut, si vous voulez, favoriser les entreprises étrangères, mais nous avons choisi de développer le marché algérien», a‑t‑il dit-il.

    Interrogé sur le déficit budgétaire prévu par la LFC, le ministre a estimé qu’il serait théoriquement couvert, «sans le recours au Fonds de régulation des recettes». Concernant ce fonds, le ministre a indiqué : «nous avons établi la LFC 2011 sur la base d'un baril de brut à 37 dollars, alors que sur les quatre premiers mois de l'année, nous sommes sur une moyenne de 111 dollars le baril, cette différence ira dans le Fonds de régulation». Il a expliqué que la LFC 2011 prévoyait une croissance des dépenses de fonctionnement et d'équipement de 25%, «engendrant un déficit prévisionnel de 33,9%, même si le déficit budgétaire réel doit être autour de 10 à 11%». Évoquant les causes de cette hausse, il a indiqué que «les dépenses de fonctionnement ont augmenté, notamment en raison de la révision à la hausse du régime indemnitaire et la compensation supplémentaire des prix du sucre, de l'huile, des blés et du lait, des dépenses sans lesquelles la fiscalité pétrolière aurait couvert plus de 50% du budget de fonctionnement».

    Sollicité sur le gel par l’Algérie des avoirs de la famille Kadhafi, le ministre s’est montré circonspect, se contentant de lancer : «nous appliquons les résolutions de l’ONU», sans aucune autre précision. M. Djoudi avait signé, le 12 mai, une circulaire aux banques et aux institutions financières, leur enjoignant de geler tous les avoirs libyens en Algérie, justifiant sa décision par l’«obligation» d’appliquer les décisions de l’ONU.

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    Hadjer Guenanfa :


    Dimanche 5 Juin 2011 -- En 2011, l’Algérie prévoit un déficit budgétaire de 4.693 milliards de dinars, soit 33,9 % du Produit intérieur brut (PIB), selon le projet de Loi de finances complémentaire (LFC) pour l'année 2011, présenté dimanche 5 juin par le ministre des Finances, Karim Djoudi, devant l'Assemblée populaire nationale (APN). «Ce déficit a fortement été creusé sous l'effet de la dépense publique, qui est de 8.275 milliards de DA (près de 112 milliards de dollars), destinée à la prise en charge des préoccupations sociales des citoyens», selon les explications du ministère des Finances, rapportées par l'agence APS. Les dépenses de fonctionnement augmentent de 857 milliards de dinars, sous l'effet de l'élargissement du soutien des prix à de nouveaux produits alimentaires de base (huiles alimentaires et sucre) et du renforcement de la dotation budgétaire au soutien des prix des produits subventionnés, antérieurement à 2011 (blés et poudre de lait), selon cette source.

    La hausse du déficit budgétaire est également due à l'application de nouveaux statuts particuliers de la Fonction publique et à l'ouverture de nouveaux postes budgétaires, selon le ministère qui ajoute que ce déficit a fortement augmenté en raison de la dépense d'équipement qui passe à 797 milliards de dinars pour faire face à un programme additionnel de logements sociaux et ruraux et au renforcement de l'action économique de l'État. Début novembre, le gouvernement avait revu à la baisse le déficit budgétaire avec 30,5% du PIB, dans le cadre de la Loi de finances 2011 contre les 32% de la LFC 2010. La commission des finances et du budget de l’APN avait alors élaboré un rapport sur l'évolution inquiétante de ce déficit. Cette instance avait insisté sur la nécessité de rationaliser les dépenses publiques. Mais sous la pression sociale, après les émeutes de janvier dernier, et dans un contexte régional caractérisé par les soulèvements populaires, le gouvernement a dû valider plusieurs rallonges budgétaires.

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    Samir Allam :


    Dimanche 29 Mai 2011 -- Depuis le début de l’année, l’Algérie fait face à une vague de revendications salariales sans précédent. Les salariés de plusieurs entreprises publiques (Sonatrach, Sonelgaz…) ainsi que les fonctionnaires de plusieurs secteurs ont obtenu d’importantes hausses de salaires, allant jusqu’à 80% avec effet rétroactif. Ces augmentations ont été accordées sans aucune condition. Comme un voleur qui distribue une partie de son butin de crainte d’être dénoncé. Pour la première fois, une entreprise a conditionné les augmentations de salaires à la réalisation d’objectifs de production. À l’issue d’une réunion avec le syndicat de l’entreprise après une seule journée de grève, la direction d’Arcelor-Mittal Annaba a en effet décidé d’accorder des augmentations de salaires d’un total de 18%. Mais ces hausses seront étalées dans le temps et surtout conditionnées à l’accomplissement d’objectifs précis.

    Avec cette décision, Arcelor-Mittal vient de donner une leçon au gouvernement et aux managers publics. Même si elle est légitime, une augmentation de salaire doit résulter d’un contrat social entre l’entreprise et le salarié. L’entreprise s’engage à faire un effort de rémunération mais le salarié doit aussi comprendre qu’en échange, il doit s’engager à participer à l’effort collectif pour améliorer la rentabilité de son entreprise et rendre les hausses de salaires supportables. L’État a concédé d’importantes hausses de salaires ces derniers mois pour les salariés du secteur public. Mais à aucun moment, il n’a conditionné cet effort à la réalisation d’objectifs de production ou d’amélioration de la qualité de service. Ce faisant, il a envoyé un message négatif à l’ensemble de la société : il suffit de faire grève et de descendre dans la rue pour obtenir une hausse de salaire. La symbolique de la hausse du salaire a été totalement occultée.

    L’autre leçon qui nous vient du management d’Arcelor-Mittal concerne la gestion de la grève elle‑même. Dès le premier jour du débrayage, la direction a engagé avec le syndicat de l’entreprise des négociations qui ont duré jusque tard dans la nuit, avant de déboucher sur un accord et la fin de la grève. Ainsi, l’activité de l’entreprise n’a presque pas été perturbée. Dans les entreprises publiques et les administrations, le gouvernement a toujours attendu le pourrissement de la situation pour intervenir et accorder des hausses de salaires. Il est vrai que les managers d’Arcelor-Mittal gèrent l’argent de leurs actionnaires alors que le gouvernement ne fait que dépenser l’argent du pétrole.

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    Samy Cherroud :


    Samedi 28 Mai 2011 -- «L'État consacre chaque année près de 3.000 milliards de dinars aux commandes publiques, et près de 1.500 milliards de dinars aux salaires et pensions», a déclaré ce samedi 28 mai, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, à l'ouverture des travaux de la tripartite regroupant le gouvernement, le patronat et l'UGTA. Ouyahia, a affirmé en outre que plus de 1.000 milliards de DA ont été concrétisés depuis janvier 2010 dans les investissements d'entreprises publiques et privées de secteurs divers et hors hydrocarbures. Il a également soutenu que «l'investissement se développe dans notre pays» et il en veut pour preuve les «43 investissements totalisant 156 milliards de DA» engagés par les entreprises privées durant les 14 derniers mois au titre des seuls projets de plus de 500 millions de DA examinés par le Conseil national de l'investissement (CNI). En ce qui concerne les investissements mixtes associant des entreprises algériennes publiques ou privées et des entreprises étrangères, le chef de l'exécutif a souligné que les 14 derniers mois ont connu 120 milliards de DA d'investissement répartis sur 28 opérations. Il a ajouté, par ailleurs, que les entreprises publiques ont bénéficié durant la même période de 52 programmes pluriannuels de financements bancaires pour des investissements d'un montant total de 718 milliards de DA hors hydrocarbures.

    Abordant la règle des «51/49 %», le Premier ministre a rappelé que cette mesure «veut donner une chance au capital national et à l'entreprise algérienne, chez eux, en Algérie». Il a ajouté que cette législation «a été admise et acceptée par nos partenaires, comme en témoignent les importants projets conclus avec les partenaires économiques de l’Algérie». Ouyahia a ajouté qu'aucun projet d'investissement privé national de plus de 500 millions de DA, ni aucun projet d'investissement mixte n'est en attente du feu vert du Conseil national de l'investissement (CNI). Et de préciser qu'au 23 mai, «87 dossiers de ce genre étaient en instance au niveau de l'Agence nationale de l'investissement (ANDI), car il leur manque tous une pièce, ou un élément parmi les pièces et éléments exigés par la loi». Le passage devant le CNI des projets d'investissement national de plus de 500 millions de DA «est uniquement destiné à veiller au respect des normes légales».

    Cependant, le Premier ministre a admis que des changements sont nécessaires pour améliorer le climat des investissements. «Le gouvernement affirme officiellement que le climat des affaires a besoin d'une amélioration. Pour preuve l'Algérie occupe le 136e rang parmi 183 pays selon un classement concernant le climat des affaires établi par la Banque mondiale à la demande de la Banque d'Algérie», a‑t‑il déclaré. «Le gouvernement n'a aucun complexe à vous le dire car c'est la réalité», a ajouté Ahmed Ouyahia. «Vous faites face à des obstacles dans les domaines foncier et bancaire et même pour vous raccorder au réseau électrique... ce sont des vérités», a lancé le Premier ministre aux organisations patronales. «J'ai décidé d'évoquer publiquement cette question pour vous assurer que le gouvernement ne s'est pas enfermé dans une position de vainqueur. Il y a des réalisations dans le secteur économique qui doivent être signalées comme il y a des insuffisances qu'il faudra pallier», a encore dit M. Ouyahia. Le chef de l'exécutif a réitéré, en outre, l'engagement des pouvoirs publics à lutter contre la fraude fiscale sous toutes ses formes dans le champ économique, estimant qu'il s'agit d'une «composante essentielle d'un environnement favorable à l'entreprise».

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    Samir Allam :


    Vendredi 27 Mai 2011 -- La réunion tripartite (gouvernement, patronat et UGTA) aura lieu ce samedi 28 mai. Les patrons privés algériens vont enfin pouvoir rencontrer le gouvernement et essayer d’exposer leurs nombreux problèmes. Depuis plusieurs années, le dialogue patronat‑gouvernement est réduit aux réunions tripartites. Des rencontres formelles qui se tiennent une fois par an. C’est très peu pour construire une économie performante et doter le pays d’entreprises publiques et privées compétitives capables de concurrencer les sociétés étrangères afin de réduire la facture des importations. En Algérie, les ministres reçoivent rarement les patrons nationaux. Certains chefs d’entreprises attendent depuis quelques années des réponses à leurs projets d’investissements. D’autres souhaitent exposer les problèmes auxquels ils sont confrontés au quotidien. Mais les ministres en charge des dossiers économiques méprisent les patrons nationaux. Ils ont d’autres sujets de préoccupation et préfèrent discuter et recevoir les patrons étrangers.

    Le comportement de Mohamed Benmeradi, ministre de l’Industrie, de la PME et de la promotion de l’investissement, illustre cette situation. Depuis quelques mois, il semble n’avoir qu’une seule préoccupation : les investissements français en Algérie. Le 20 avril dernier, il était à Paris pour annoncer en avant‑première aux entreprises françaises que les lois sur les investissements vont changer en Algérie. Cette démarche a de quoi surprendre. Les Français ne sont pas de gros investisseurs sur le marché algérien. C’est le gouvernement lui‑même qui leur reproche depuis des années de ne chercher qu’à faire du commerce avec l’Algérie. Ensuite, de telles annonces devraient être d’abord dévoilées en interne et aux premiers concernés – les députés qui votent les lois, les patrons algériens et l’opinion publique nationale – avant d’être annoncées à l’étranger. Jeudi, Mohamed Benmeradi est allé encore plus loin. Dans un entretien à l’AFP – pourquoi parler dans un média français des problèmes économiques et bureaucratiques en Algérie ? – le ministre a tenté de justifier les récents changements économiques et a multiplié les messages en direction des entreprises françaises. «Ce n'est pas de l'instabilité c'est une rectification de fond», a‑t‑il affirmé concernant les changements de lois sur les investissements. «Notre objectif est de mettre en place un mécanisme» qui permette un développement des partenariats pour acquérir un savoir‑faire, plus important que le simple commerce entre pays, a‑t‑il ajouté.

    Mohamed Benmeradi reconnaît que les entreprises algériennes se plaignent des mêmes problèmes que les groupes étrangers. Mais il semble consacrer une grande partie de ses efforts à essayer de trouver des solutions aux problèmes des entreprises françaises en Algérie. Les négociations sur 12 dossiers phare de collaboration franco‑algérienne sont «totalement réglées à 90%», a‑t‑il ainsi annoncé à l’AFP. Et combien de dossiers de groupes algériens ont été réglés sur la même période par M. Benmeradi ? Et combien d’emplois ces douze «dossiers phare» français ont‑ils créé en Algérie ? Cette obsession à vouloir satisfaire des patrons français qui boudent toujours le marché algérien et à se justifier continuellement devant les Français est incompréhensible de la part d’un ministre censé d’abord écouter et répondre aux doléances des chefs d’entreprises algériens. En se focalisant sur les réclamations françaises, le ministre de l’industrie a même oublié le dossier d’investissement dans la fabrication de voitures présenté en octobre dernier à Alger par le groupe allemand Volkswagen. Il a fallu que les Marocains s’intéressent au projet pour que le ministre algérien affiche de nouveau son intérêt. Cette communication sur les projets français cache aussi un bilan désastreux d’un ministre présenté comme «ne comprenant absolument rien à l’économie». Depuis sa nomination à ce poste il y a deux ans, le 28 mai 2009, M. Benmeradi n’a réussi à attirer aucun grand investissement étranger ni à relancer l’investissement national dans l’industrie qui ne représente plus que 4% du PIB de l’Algérie. On attend toujours les détails de son projet pour l’industrie nationale. Au lieu de cela, il parle aux Algériens des douze projets français.

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    Rafik Tadjer :


    Jeudi 26 Mai 2011 -- Après avoir affirmé pendant plusieurs années que l’Algérie avait besoin uniquement de transfert de savoir‑faire et non d’investissements, le gouvernement est‑il en train de revoir sa stratégie ? Dans un entretien à l’agence AFP, diffusé ce jeudi 26 mai, Mohamed Benmeradi, ministre de l'Industrie, de la PME et de la promotion de l'investissement, a reconnu que l’Algérie avait besoin d’investissements et de savoir-faire pour sortir de sa quasi‑dépendance du secteur des hydrocarbures. «L'Algérie c'est un marché potentiel, elle a des programmes d'investissements, elle a des ressources, elle a des capacités», a‑t‑il dit. «D'un autre côté, nous sommes devant un dilemme : nous avons une économie extravertie qui dépend d'un seul secteur. Nous souhaitons à tout prix la diversifier», a‑t‑il ajouté, reconnaissant que «les 15 dernières années nous ont montré que nous n'avions pas réussi cette diversification».

    Mohamed Benmeradi a tenté d’expliquer et de justifier les mesures prises depuis 2008, notamment celles concernant les investissements étrangers, très critiquées dans les milieux économiques. Il a d'abord expliqué qu'il y avait eu une rectification fondamentale en 2008 avec la loi de Finances complémentaire en vue notamment d'imposer aux investisseurs étrangers des partenariats avec l'Algérie. Celle‑ci a été complétée les années suivantes, affinée. «Ce n'est pas de l'instabilité c'est une rectification de fond», a‑t‑il affirmé. «Notre objectif est de mettre en place un mécanisme» qui permette un développement des partenariats pour acquérir un savoir‑faire, plus important que le simple commerce entre pays. Mais, «dans notre dispositif il y a énormément de lacunes», a‑t‑il reconnu. «Nous faisons face à des incohérences : nous sommes en train de les corriger», évoquant notamment toutes les lenteurs administratives. Selon lui, Abdelaziz Bouteflika a demandé à ses ministres «d'engager de manière radicale une débureaucratisation» dans tous les secteurs. «Malheureusement, nous avons hérité de la bureaucratie du droit français», a déclaré M. Benmeradi, soulignant que les entreprises algériennes se plaignaient des mêmes maux.

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    Samia Amine :


    Mercredi 25 Mai 2011 -- Les salaires des nouveaux médecins spécialistes travaillant dans les hauts-plateaux, le Sud ainsi que dans les régions enclavées dépasseront les 80.000 DA. C'est ce qu'a annoncé, ce mercredi 25 mai, le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès en marge de la cérémonie d'affectation de nouveaux spécialistes. Outre les salaires qui atteindront 84.000 DA, le ministre évoque «des mesures incitatives financières importantes et la disponibilité de services techniques dans les établissements hospitaliers pour faciliter la mission de ces spécialistes et les aider à offrir des prestations de qualité aux citoyens», rapporte l'APS. Il s'est également engagé à mettre à leur disposition des logements de fonction après la conclusion des accords avec les chefs de dairas et les walis. Des centaines de médecins résidents se sont regroupés ce mercredi devant le siège de la tutelle pour réclamer encore une fois l'abrogation du service civil et son remplacement par un autre système. Chose que les autorités semblent donc visiblement toujours refuser.

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    Samy Cherroud :


    Mercredi 25 Mai 2011 -- L’Algérie devrait connaître une croissance de 3,7% en 2011 avec une situation financière extérieure «confortable» mais un solde budgétaire négatif. C’est ce que prévoit la Banque mondiale (BM) dans un rapport rendu public ce mercredi 25 mai et intitulé La région MENA face aux défis et aux opportunités. La BM souligne que le taux de croissance de l’Algérie devrait atteindre 3,6% en 2012 contre 3,3% en 2010. Ces chiffres dépassent légèrement les prévisions faites par le FMI en avril dernier, qui tablait sur une croissance de 3,6% en 2011 et de 3,2% en 2012. L’institution de Bretton Woods note, néanmoins, que le solde budgétaire sera négatif de -3,3% en 2011 avant de baisser à -1,1% en 2012 contre -3,9% en 2010, «en raison des dépenses publiques élevées».

    Quant à la balance des comptes courants, la BM prévoit une bonne performance, en la situant à 17,8% du PIB en 2011 et à 17,4% en 2012 contre 9,4% en 2010, soit les mêmes prévisions du FMI d’avril dernier. Il est constaté, par ailleurs, que la balance des comptes courants de l’Algérie dépasse largement la moyenne de celle des pays exportateurs de pétrole de la région MENA (exception de la Libye en situation de crise) qui devrait se situer à 14,3% en 2011 et à 13,4% en 2012, soit une révision à la baisse par rapport aux prévisions du FMI qui pronostiquait, en avril dernier, un taux de 16,9% en 2011 et de 15% en 2012 pour l’ensemble de cette catégorie de pays. En fonction de ce critère, l’Algérie est classée en 3e position après le Qatar et le Koweït, devançant une dizaine de pays pétroliers de la région dont notamment l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Iran. Toujours selon la BM, la situation financière extérieure de l’Algérie «reste confortable en raison notamment des prix élevés du pétrole».

    La BM prévoit également pour 2011 une inflation de 5%, en hausse donc par rapport à 2010 où elle était de 4,1%. L'Algérie est au qutrième rang des pays les plus touchés par l'inflation dans la région MENA, derrière l'Egypte, le Yémen et la Syrie. S’agissant de la hausse des prix internationaux des produits alimentaires et ses effets sur la région MENA, la BM souligne qu’en Algérie, «la flambée des cours mondiaux a eu peu d’effets sur les prix intérieurs grâce à la politique du gouvernement reposant sur la subvention des prix qui a permis de protéger efficacement les consommateurs contre les chocs des prix alimentaires». L'Algérie a ainsi été moins touchée que d'autres pays par les hausses de prix des produits alimentaires sur les marchés mondiaux.

    En ce qui concerne le reste de la région MENA, la BM souligne que les mouvements de protestations qui ont eu lieu dans plusieurs pays depuis le début de l'année vont forcément affecter l'activité économique. Mais la Banque reste optimiste sur les conséquences à moyen terme «si les changements politiques sont associés à une gouvernance plus ouverte et responsable et à des réformes rapides».

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    Sonia Lyes :


    Mardi 24 Mai 2011 -- Les dernières augmentations de salaires dans le secteur public n’ont pas fait que des heureux parmi les salariés. Conséquence de cette forte hausse des revenus, de nombreux demandeurs de logements de type LSP dont les dossiers n’avaient pas été instruits auparavant se retrouvent exclus de la formule. Les futurs demandeurs qui n’ont pas encore déposé leurs demandes vont se retrouver dans la même situation : ils ne seront pas éligibles à cette formule de logement aidé. «Je suis candidat à un logement LSP. J'ai déposé mon dossier auprès d’un promoteur, j’ai versé l’apport initial en janvier 2009, mon salaire jusqu'à avril 2011 était de 39.000 DA, celui de ma femme de 35.000 DA (revenu global : 74.000 DA). Donc, nous étions éligibles au LSP. Mais malheureusement nos dossiers n’ont pas été remis à la caisse nationale du logement (CNL), ce retard incombe au promoteur et à la bureaucratie de l’administration (délivrance du permis de construire au promoteur à la fin 2010). Entre‑temps, on a bénéficié d’une nouvelle augmentation de salaire durant ce mois de mai 2011 qui a porté nos revenus à 92.000 DA. On sort du plafond fixé qui est de 90.000 DA », témoigne Sofiane.

    De nombreux salariés se retrouvent aussi exclus des aides non remboursées octroyées par l’État pour l’habitat rural et le logement promotionnel aidé (LPA). Ces aides sont de 700.000 dinars lorsque le revenu est supérieur à une fois le salaire national minimum garanti (SNMG) et inférieur ou égal à quatre fois le SNMG. Elle est de 400.000 dinars lorsque le revenu est supérieur à quatre fois le SNMG et inférieur ou égal à six fois le salaire minimum. Le SNMG est de 15.000 DA en Algérie. Enfin, des salariés qui ont bénéficié des récentes augmentations vont se retrouver inéligibles aux crédits à taux bonifiés pour les logements. Comme les aides de l’État, ces crédits sont soumis à des conditions de revenus. Aucune statistique n’est disponible concernant le nombre de personnes qui pourraient être concernées. Il est également difficile de quantifier ce phénomène. Mais depuis le début de l’année, plusieurs fonctionnaires et salariés d’entreprises publiques ont bénéficié d’importantes augmentations de salaires : policiers, médecins, salariés de Sonatrach, de Sonelgaz, d’Algérie Poste… Des hausses importantes – jusqu’à 70% pour Sonatrach par exemple – avec un effet rétroactif et qui concernent des centaines de milliers de personnes. Les plafonds permettant d’accéder aux aides de l’État pour l’acquisition d’un logement n’ont pas été modifiés pour tenir compte de ces hausses de salaires. Les salariés nouvellement augmentés pourraient ainsi se retrouver dans une situation paradoxale : disposer de plus d'argent sans pouvoir l’utiliser pour accéder à la propriété. Car en dehors des formules aidées par l’État, les logements sont souvent hors de prix notamment dans les grandes villes comme Alger.

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    Hamid Guemache :


    Lundi 23 Mai 2011 -- Invité par le gouvernement à participer pour la première fois à la Tripartite le 28 mai prochain, le Forum des chefs d’entreprises (FCE) ne veut pas faire de la figuration. La plus importante organisation patronale par le chiffre d’affaires de ses adhérents a entamé des consultations avec ses membres et les autres organisations patronales pour définir des revendications communes à présenter lors de la Tripartie, a-t-on appris de source patronale. «Nous voulons arriver à une sorte de SMIG de revendications et de propositions à présenter au gouvernement lors de cette rencontre», explique le patron d’un groupe privé. La direction du FCE a décidé d’organiser des rencontres avec ses adhérents à Annaba et Oran pour discuter des propositions et lister les contraintes auxquelles les entreprises privées sont confrontées. Des consultations sont engagées avec les autres organisations patronales. «Nous n’allons plus nous contenter de revendications techniques comme la levée du Credoc, la disponibilité du foncier, des crédits bancaires, affirme le patron d’un autre groupe privé et membre du FCE. Cette fois, nous voulons connaître la vision économique du gouvernement, la place de l’entreprise privée et publique dans l’économie».

    Les chefs d’entreprises veulent en fait rompre avec le débat sur des détails techniques et les lois de finances pour discuter d’une vision claire et durable de l’économie nationale. Ces dernières années, les revendications patronales étaient davantage d’ordre individuel en raison des divisions, du niveau faible de la représentation patronale et du mépris affiché par les autorités à l’égard des entreprises privées. Le gouvernement se méfie du privé et il a repris un contrôle direct sur le secteur public. «Cette situation doit disparaître. Le débat économique ne doit plus se concentrer sur les lois de finances. Il faut une vision économique sur le long terme. Le gouvernement doit compter sur le privé pour développer l’économie et laisser aux managers publics la possibilité de prendre des initiatives, sinon on ne s’en sortira pas», ajoute le même patron. L'absence d'une vision économique sur le long terme ne permet pas aux chefs d'entreprises de se projeter dans l'avenir et de planifier le développement de leurs entreprises.

    Miné par les divisions, le patronat algérien peine toutefois à se rassembler, ce qui l'affaiblit devant les pouvoirs publics. Toutes les tentatives précédentes de constituer une coordination patronale s’étaient soldées par des échecs. Cette fois, la concertation entre les organisations patronales a également peu de chances d’aboutir. «On discute, mais je ne suis pas très optimiste quant à une entente sur des revendications communes», confie le président d’une organisation patronale rivale du FCE. En fait, les autres associations patronales se méfient du FCE, puissant par le poids de ses adhérents. L’association de Réda Hamiani n’a en fait jamais pris au sérieux les autres organisations patronales en raison de la modeste envergure de leurs membres et de leur faible apport au débat économique national.

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  • Guest 123
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    Karima Thizri et Riyad Hamadi :


    Samedi 21 Mai 2011 -- Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a affirmé ce samedi 21 mai à Batna que «l'Etat algérien œuvre pour alimenter» les wilayas de l'extrême est du pays en aliments de première nécessité notamment la semoule. «On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de trafic de contrebande, les services de sécurités font le nécessaire pour, au moins, limiter ce trafic. La situation chez nos voisins (libyens et tunisiens, ndlr), on la connait et on espère qu'ils vont s'en sortir bientôt», a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse en marge des assises régionales du commerce. M. Benbada a reconnu l’existence de tensions sur certains produits alimentaires dans les wilayas limitrophes avec la Libye et la Tunisie, en raison de la contrebande. «Des mesures sont prises pour que ces wilayas soient alimentées en quantités supplémentaires de blés dur et tendre», a-t-il assuré.

    La guerre civile en Libye et l’instabilité politique et sociale en Tunisie ont provoqué des tensions sur la semoule en Algérie. Ce produit a connu une hausse de son prix depuis le début de l’année. Le sachet de 25 kilogrammes de semoule est cédé à plus de 1.200 dinars contre moins de 1.000 dinars avant l’éclatement de la crise libyenne. Dans certaines régions du pays comme à Akbou (Bejaïa), la semoule est rationnée en raison de la pénurie. D’importantes quantités de semoule et de pâtes alimentaires sont exportées illégalement vers les deux pays voisins, en proie à de graves difficultés sociales, politiques et sécuritaires. «C’est avant tout un problème humanitaire. On ne peut pas laisser nos voisins mourir de faim», estime le propriétaire d’une grande minoterie basée à l’est du pays. Les tensions sur la semoule touchent les régions de l’est et du centre du pays. Les contrebandiers ont acheté des quantités importantes de semoule, pâtes alimentaires et blé pour alimenter les marchés tunisien et libyen.

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