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Les relations entre Paris et Alger :

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  • Jeudi 10 Mars 2011 -- Les relations algéro-françaises "ont été et sont très sensibles et connaissent des hauts et des bas", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, dans une interview au quotidien El Khabar. "Ce qui est diffusé par les médias français dont les journaux et les télévisions y compris officielles, et l'appel ?* voir se produire, en Algérie, les évènements survenus en Tunisie et en Egypte n'augure d'aucune évolution dans les relations, sachant que la position de la France était prudente concernant la situation en Algérie", a-t-il dit. Selon le ministre, le "fait positif enregistré ?* ce jour est le règlement définitif de la question du diplomate Hasseni", blanchi par la justice française. Mohamed Ziane Hasseni, chef du protocole du ministère des Affaires étrangères avait été interpelé ?* Marseille, en août 2008, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat ?* Paris en 1987 de l'opposant Ali Mecili. Inculpé pour complicité d'assassinat et placé sous un contrôle judiciaire qui lui a un temps imposé de rester en France, le diplomate a bénéficié d'un non-lieu en août 2010. Cette question été "éreintante pour le diplomate, le gouvernement algérien et même le peuple... mais la vérité a fini par éclater", a-t-il dit. Autre fait positif relevé par M. Medelci: "l'entame des négociations non- officielles pour la facilitation d'obtention des visas" et "le fait de permettre ?* la communauté algérienne établie en France, de bénéficier des nouvelles lois de la justice française, et qui sont parfois meilleures que celles existant actuellement dans le cadre de l'accord de 1968".

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    • Yazid Slimani :


      Lundi 21 Mars 2011 -- Avec la nomination d'Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères, le président français Nicolas Sarkozy entend faire oublier les dernières semaines désastreuses de la diplomatie française, notamment pour ses relations avec le Maghreb et le monde arabe. Mais, en ce qui concerne les relations franco‑algériennes, ce choix est‑il le bon ? Alain Juppé a déj?* occupé les bureaux du Quai d'Orsay entre 1993 et 1994. À cette époque, l'Algérie était en proie au terrorisme islamiste. Et les souvenirs laissés par l’homme politique français auprès des dirigeants algériens de l’époque sont loin d’être bons. Ainsi, le 3 août 1994, après un attentat sanglant contre des diplomates et des gendarmes français ?* Aïn Allah, près d’Alger – bilan : 5 morts dont 3 gendarmes, tous des Français – Alain Juppé, ?* la sortie d’un conseil interministériel ?* Paris annonce qu’il se rend ?* Alger en compagnie de François Léotard, ministre de la Défense. Une initiative prise sans que les autorités algériennes n'en soient informées au préalable.

      À Alger, elle est vécue comme un affront. Juppé et Léotard seront reçus par deux ministres algériens mais ils n’ont pas obtenu les explications qu’ils sont venus chercher sur l’attentat. Ils n’ont pas non plus vu le président Liamine Zeroual. Déj?*, un an avant, le 11 août 1993, il affirme «son inquiétude devant le statu quo actuel en Algérie et devant l'absence de réformes économiques et de concertation politique». Une position qui va susciter la colère dans les médias et parmis les officiels algériens. Cette prise de position a été vécue comme une ingérence dans les affaires du pays. Mais Alain Juppé ne sera pas suivi par le gouvernement français qui va continuer ?* aider financièrement l'Algérie et intervenir en sa faveur auprès du FMI afin que le pays puisse rééchelonner sa dette. Progressivement, Alain Juppé ne sera plus l'interlocuteur privilégié avec Alger. Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur, et ses réseaux vont prendre la relève.

      Ce passé aura-t-il des conséquences aujourd'hui sur les rapports entre Alain Juppé et la diplomatie algérienne ? Difficile ?* savoir. Depuis cette période, des ennuis judiciaires ont éloigné l'ex‑premier ministre des plus hautes responsabilités, jusqu'?* son rappel par Nicolas Sarkozy. Il est donc par la force des choses resté ?* l'écart du dossier algérien même s'il est venu en Algérie en 2003 en tant que maire de Bordeaux. Ses dernières déclarations sur l'Algérie concernent l'affaire des moines de Tibéhirine. Après le rebond de l'enquête en France, il s'est prononcé pour la levée du secret défense, affirmant qu'il n'y avait rien ?* cacher dans les dossiers. À Alger, la majorité des hommes qui étaient aux commandes au début des années 1990 ne sont plus directement au pouvoir. Mais, explique un ancien dirigeant algérien de l’époque, «Juppé n’est pas considéré comme un ami de l’Algérie».

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      • Dimanche 27 Mars 2011 -- Le Secrétaire d'État chargé de la Communauté algérienne établie ?* l'étranger, Halim Benatallah, a déclaré que l'Algérie voulait garder les privilèges contenus dans les accords signés avec la France en 1968 en matière de visas, dans des entretiens parus dimanche ?* Alger. Les «accords de 1968 confèrent une préférence aux Algériens du point de vue de la circulation, de l'emploi... Notre souhait est de pouvoir conserver cette préférence», a‑t‑il déclaré au quotidien L'Expression. La France, a-t-il indiqué ?* L'Expression, «estime que la nouvelle législation française pourrait être plus avantageuse que l'accord bilatéral de 1968 sur certains points». M. Benatallah souhaite qu'après examen de ces dispositions il y ait «une situation de préférence ?* conserver». Au quotidien El Khabar, en langue arabe, il a affirmé que «l'Algérie ne fera jamais de concessions sur les accords de 1968». M. Benatallah a également répondu ?* une demande française de réciprocité pour les visas octroyés aux Français en Algérie. «La question ne se pose même pas. Pour la simple raison que les accords de 1968 portent sur la communauté algérienne en France et non pas le contraire». Selon le haut responsable algérien, le nombre de visas délivrés aux Français est «infiniment plus important» que celui délivré par Paris aux Algériens et Alger satisfait 95% des demandes. Les accords de 1968 réglementent la circulation, l'emploi et le séjour des ressortissants algériens et de leurs familles en France. Avec l'arrivée des accords Schengen sur la libre circulation ?* l'intérieur de l'Europe, des conditions supplémentaires présidant ?* la délivrance des visas pour les ressortissants des pays qui ne sont pas membre de cet espace. Paris et Alger tentent depuis plus d'un an de signer un quatrième avenant ?* l'accord bilatéral de 1968.

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        • Ferhat Azouz :


          Mercredi 1 Juin 2011 -- Alger et Paris semblent, encore une fois, avoir enterré la hache de guerre, pragmatisme politique et nécessités économiques obligent. Dans les deux capitales, les feux sont au vert. Comme cela s’est déj?* produit, maintes fois, les déclarations optimistes fusent, mais avec toujours, en toile de fond, cette crainte récurrente de voir surgir, inopinément, un malheureux grain de sable qui enrayera, encore, et une fois de plus, les engrenages et fera grincer des dents des deux côtés de la Méditerranée. Les intérêts économiques des deux pays peuvent être le fer de lance de cette entente, voire de cette amitié algéro‑française, tant souhaitée, tant attendue, ?* condition que, des deux côtés, l’on accepte de mettre quelques bémols aux susceptibilités, aux passions, aux rancunes. Un mariage de raison est souvent plus solide qu’un mariage d’amour. Car, en fait, il n’y a pas d’autre choix que d’opter pour les intérêts vitaux des deux pays, en mettant de côté tout ce qui peut leur nuire, et en laissant l’histoire, source de nombreux malentendus, aux historiens des deux pays qui doivent pouvoir travailler, ensemble et en toute indépendance, pour faire éclater la vérité.

          Le Forum du partenariat algéro‑français, qui s’est achevé mardi 31 mai, a été l’occasion de déclarations dithyrambiques, comme seules les diplomates savent en faire. Ne vont‑ils pas les renier dans quelques années, voire quelques mois plus tard ? Que n’a‑t‑on entendu lors des visites des présidents français en Algérie, ?* commencer par Valéry Giscard d’Estaing, jusqu’?* Nicolas Sarkozy ! Que n’a‑t‑on dit, lors des visites des présidents algériens, Chadli Bendjedid et Abdelaziz Bouteflika, ?* Paris ! Chaque fois, la presse et les responsables politiques avaient multiplié les démonstrations d’optimisme et même d’amitié. Mais ?* chaque petit écueil, on oubliait tout, pour ressortir les vieilles haines, les vieilles rancœurs. Les plus optimistes laissaient la porte ouverte, en parlant de «mésentente cordiale», estimant que ces turbulences entre les deux pays étaient comme une sorte de mal nécessaire avec lequel il faut savoir cohabiter. Les autres évoquaient, souvent avec délectation, un «choc des cultures», une incompatibilité quasi innée, impossible, selon eux ?* transcender.

          Du côté algérien, les sujets qui fâchent et qu’on a mis de côté, comme d’habitude, sont nombreux : la repentance de la France pour les crimes de la colonisation dont le président Sarkozy ne veut pas entendre parler, les victimes des essais nucléaires français au Sahara que les autorités françaises semblent ignorer, la libre circulation des personnes, en termes plus prosaïques la question des visas, remise aux calendes grecques. Côté français, la mise sur le devant de la scène, d’une manière récurrente, de l’affaire des moines de Tibéhirine, est un sujet d’irritation pour Alger. La position ambigüe de Paris, plutôt favorable au Maroc, sur la question du Sahara occidental, n’est pas bien perçue par les autorités algériennes, comme les déclarations sur les harkis. En outre, les sorties intempestives de l’actuel ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, qui semble s’ingénier ?* dépasser son prédécesseur, Brice Hortefeux, ne peuvent qu’inquiéter notre communauté émigrée pour laquelle l’État algérien ne peut que prendre fait et cause. Les sujets qui éloignent semblent être plus nombreux que ceux qui rapprochent, mais tout dépend du regard que l’on porte sur eux et de la hauteur avec laquelle on les observe. C’est l?* toute la difficulté de relations dans lesquelles la passion occupe encore un grand espace.

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